James fixait, les sentiments mitigés, Harry et Sirius dans le petit pré qui appartenait à Harry et qui lui servait, essentiellement, de petit terrain de quiddich et d'aire de jeux pour Teddy. D'un côté, il était soulagé qu'Harry soit aussi proche de son parrain. cela prouvait qu'il faisait confiance en Sirius. Sirius avait été présent auprès de son filleul… Autant qu'il lui avait été possible. Mais James ne pouvait pas s'empêcher de se sentir jaloux de son meilleur ami. A l'heure actuelle, il lui semblait impossible d'approcher ce niveau de proximité avec son fils.
Il jalousait même sa femme ! Harry et elle s'étaient assez vite rapprochés. Du moins, ils parlaient sans trop de difficultés ou de gênes, contrairement à James et Harry.
C'était démoralisant… James ne savait pas à quoi cette différence de liaison était due… Harry s'était peut-être plus facilement lié à sa mère parce qu'il avait moins de présences maternelles dans sa vie. D'après les détails sur l'enfance de leur fils qu'ils avaient pu glaner, ce n'était certainement pas Pétunia qui lui avait fourni amour et conseil. La facilité de liaison d'Harry et Lili étaient donc facile à comprendre. Naturelle.
James ne pensait pas qu'il puisse se lier de cette manière avec Harry. Harry avait eu plus de présences masculines bénéfiques dans sa vie… Arthur, Dumbledore, Sirius, Remus et même Rogue entrait dans cette liste. Comment Harry pourrait-il encore avoir besoin de lui ?
De son côté, Lili ne pensait pas qu'il y a le moindre problème. Elle disait simplement que ce n'était qu'une question de temps. il faudrait du temps à tout le monde pour s'adapter. Ce n'était facile pour personne, selon ses propres mots. James ne le niait pas et il espérait sincèrement que Lili avait raison. il espérait que son enfant avait encore besoin de lui.
Pourtant lorsqu'il voyait Sirius et Harry côte à côte, il doutait à chaque fois.
Teddy réapparut, soudain, brisant la discussion des deux hommes qui rattrapaient certainement le temps perdu. Le garçonnet avait les cheveux couleur blé pour le moment. James avait appris à reconnaitre la signification de certaine manifestation colorée du métamorphomage. Ce blond doré signifiait simplement qu'il était très heureux. Le petit garçon se déplaçait à rythme rapidement à quatre pattes, à la poursuite de tous insectes qui attiraient son regard.
Ce genre de spectacles était aussi un crève-cœur pour Lili et James. Pour eux, c'était encore il y a peu de temps qu'ils vivaient le même genre de scènes avec Harry. Ils n'avaient pas encore totalement intégré le fait que le petit garçon était maintenant ce jeune homme merveilleusement grandi.
Sirius et Harry échangèrent encore quelques mots puis Sirius se redressa d'un mouvement fluide en soulevant le petit garçon dans ses bras.
Sirius ne sembla même pas surpris de trouver James à les observer. James se doutait que Sirius avait perçu sa présence dès la première minute. Sirius avait aussi énormément changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, avant cet horrible halloween. Il n'avait connu Sirius qu'insouciant et joyeux. Bien sûr, son arrogant ami pouvait se montrer sérieux mais c'était assez rare. A présent, c'était le contraire… Son ami souriait rarement. Du moins, le plein et sincère sourire que James lui avait toujours vu était rare. Et son rire l'était encore plus. Mais quoi de plus normal après avoir passé un peu plus d'une décennie à Azkaban…
« James ! Pourquoi est-ce que tu restes dans ton coin ? Tu aurais du nous rejoindre. »
« Je ne voulais pas m'imposer. »
Sirius ajusta son emprise sur Teddy, apparemment inconsciemment, et secoua la tête.
« James, tu vas devoir faire le premier pas sur ce coup. Harry veut une relation père-fils avec toi mais il a peur. »
James laissa son regard glisser encore une fois vers son fils adulte. Le jeune homme n'avait pas regardé en arrière une seule fois. Il s'était laissé en arrière et regardait maintenant le ciel. Sirius l'abandonna sans plus de cérémonie. James prit une profonde inspiration et alla s'assoir près de jeune homme. Harry lui jeta un rapide regard puis se redressa.
« Eh… »
« Salut, Harry. J'ai pensé qu'on pourrait parler. »
Harry sourit plus franchement et se redressa.
« Je dois dire que c'est difficile… Je n'étais pas sûr que tu veuilles de moi dans ta vie… que tu es besoin de moi. »
« … Papa. j'ai besoin de toi. J'ai toujours eu besoin de toi. Et tu as toujours été avec moi. »
Comme lui jeta un regard interrogateur, Harry sortit sa baguette et lança un patronus. James écarquilla les yeux en suivant du regard le cerf argenté qui gambadait devant eux.
« C'est exactement… »
« Ta forme d'animagus… Remus et Sirius m'en ont parlé. J'aime Sirius et Arthur. J'ai aimé Remus… Mais tu es mon père. Personne ne pouvait te remplacer. »
James, ému, détourna les yeux de la protection magique et se racla la gorge.
« Alors, quand as-tu appris à faire un patronus. »
Harry rit un peu puis se lança dans l'histoire.
Le soir venu, l'ambiance était tout autre. Rogue et Hermione avaient, finalement, arrêté leur choix sur le site de Stonehenge. Selon eux, c'est là que Voldemort aurait plus de chances de se trouver. Pour eux, Voldemort choisirait le lieu le plus magique pour effectuer le second sacrifice. Cependant, personne n'avait voulu prendre de risques. Les membres de l'Ordre et les aurors que Kingsley avait réussis à réunir avaient été séparés en plusieurs groupes et envoyés dans tous les sites potentiels.
James et Sirius s'étaient positionnés, avec Harry et quelques autres membres de l'Ordre, sur le site de Stonehenge le jour-j. de bonne heure pour être certains de ne pas rater Voldemort. Ils avaient, en leur possession, les mornilles modifiées d'Hermione pour communiquer facilement.
Seulement, tout indiquait qu'ils ne se trouvaient pas sur le bon site. Qu'aucun des groupes ne se trouvait sur le bon site ! Il n'y avait eu aucun mouvement, nulle part. or, la lune arrivait à son zénith ! Le moment clé du sacrifice arrivait et, pourtant, rien n'indiquait que Voldemort n'ait jamais mi les pieds ici… ou nulle part ailleurs.
Si Harry avait été plus naïf, il aurait pu penser que Voldemort avait choisi d'attendre mais il refusait d'y croire. Il n'arrivait pas à se persuader que le mage noir soit devenu patient. Non, Harry était certain qu'il agirait ce soir. Mais la question était où et comment ? Pour Harry, ils se trouvaient au bon endroit. Quelque chose, au fond de lui, criait que Voldemort était bien là, prêt à agir.
Sur un mouvement d'humeur, Harry rompit la formation qu'il composait avec son père et son parrain et s'avança davantage sur le site, plus en vue. Il provoqua une certaine agitation sur tous les membres du groupe mais seuls les deux membres de sa famille s'avancèrent après lui.
D'un léger mouvement du poignet, Harry alluma sa baguette et étudia les environs avec un regard plus attentif. Ce fut tout à fait par hasard qu'il trouva le petit détail qui révéla tout. Voldemort était bien là, à Stonehenge, mais ils avaient cherché au mauvais endroit. Ce fut un simple bout de tissu qui dévoila l'emplacement de Voldemort. Il était là, coincé sous une lourde pierre ! Voldemort devait se trouver ici même depuis des heures ou peut-être même des jours ! Ce que l'Ordre n'avait pas envisagé, c'était que le mage noir puisse avoir découvert quelques redoutables sur le vieux site de magie. Or, ce bout de tissu dévoilait l'un de ces secrets ! Stonehenge était bien constitué de galeries souterraines dont on avait toujours soupçonné l'existence. Voldemort en avait, de toute évidence, découvert l'accès entre les pages de vieux grimoires.
En faisant cette découverte, Harry resta figé, indifférent aux jurons de son père et de son parrain. Voldemort et ses prochaines victimes étaient là-dessous. Hors d'atteinte ! Pour Harry, c'était évident, il était trop tard ! Ils ne parviendraient jamais à forcer à temps l'entrée de ces galeries souterraines
James et Sirius devaient le savoir, eux aussi, mais cela ne les arrêta pas pour autant. Après avoir rameuté les autres, ils entreprirent de lancer une variété de sortilèges contre la pierre, sans faire de pause. Harry sortit de sa torpeur et suivit leur exemple avec le mince espoir qu'ils aient de la chance.
