C'était un échec complet. Un désastre. Ils avaient été incapables de sauver quelqu'un. Ils en avaient été loin, bon sang ! ils n'avaient même pas pu entrer dans le souterrain avant que Voldemort ne le veuille. En réalisant que tout se déroulait en leur défaveur, Harry avait confié Teddy à Ginny et lui avait demandé de partir quelques temps. par mesure de précaution… Voldemort ne semblait pas vouloir attaquer frontalement pour le moment mais Harry avait préféré rester prudent. Donc, Ginny et Teddy étaient loin. Pour ce qu'il en savait, ils pouvaient aussi bien être en visite chez Charlie, en Roumanie, ou partout ailleurs. Harry avait voulu que leur destination reste secrète. Encore une fois, par mesure de précaution.

Depuis leur départ, Harry était un désordre complet. Il l'avouait volontiers. Il pensait être tranquille. En paix mais, surtout, débarrassé de Voldemort ! Mais voilà qu'il refaisait surface. Tout aussi sanguinaire, sinon plus, qu'auparavant. Alors, pour évacuer toute sa frustration et sa colère, Harry s'était enfermé dans la chambre d'entrainement. Refusant de voir quiconque. Il voulait se préparer à la confrontation incontournable avec Voldemort. Il n'y échapperait pas Voldemort pouvait être qualifié de beaucoup de choses mais pas imprudent. Il ne laisserait certainement les personnes qui avaient défié et trahi son ancienne version en vie. Donc, Harry s'entrainait avec acharnement derrière une porte close.

C'était, d'ailleurs, cette porte close que James était appuyé contre le mur, face à une porte close. Harry s'était enfermé depuis douze heures, maintenant, dans la salle d'entrainement. Pour évacuer sa colère et sa frustration, sans doute. Jamais Harry ne lui parut plus inaccessible qu'en ce moment. James voulait lui parler, il voulait l'aider mais il ne savait vraiment pas comment procédé. Comment pouvait-il arriver à l'approcher ? Les premières heures, ils avaient, tous, été d'accord pour lui laisser de l'espace. Toutefois, cela faisait trop longtemps, maintenant. Lili aurait su quoi faire. Toutefois, elle n'était pas là pour l'aider, le conseiller. Malheureusement, elle n'était pas là. Depuis six heures maintenant, elle recherchait avec Rogue, Malefoy et Hermione davantage d'informations sur le rituel de Seckmet. Ils avaient eu accès à la bibliothèque des langues de plomb. Les avantages d'être le Sauveur et d'être l'ami du ministre, certainement. Quoiqu'il en soit, Lili n'était pas là pour l'aider.

« Il est toujours enfermé. »

James se crispa une fraction de seconde puis se tourna vers son meilleur ami. Sirius était, de toute évidence, soucieux lui aussi.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ? Tu ne devrais pas être en train de parler avec ton fils.»

James répondit par une grimace irritée et secoua la tête.

« Il veut, de toute évidence, être seul. »

« Oui, Harry a tendance à s'isoler. il n'a pas l'habitude de demander de l'aide. Il n'a pas pu compter sur beaucoup d'adulte dans sa vie et jamais longtemps. Il ne viendrait pas à nous par lui-même, James. »

« Je comprends. » Répondit James mais il ne bougea pas pour autant.

Sirius leva les yeux et le poussa vers la porte. James prit une profonde inspiration et ouvrit la porte. Sans surprise, ils trouvèrent Harry en plein entrainement. Encore. Le jeune homme ne se tourna pas vers eux mais la soudaine raideur de ses épaules leur indiqua qu'il savait très bien qui était entré. Finalement, Harry tourna les yeux vers eux.

« Qu'est-ce que vous êtes là ? »

« On est simplement venu s'entrainer. N'est-ce pas, James ? »

« Oui… »

Harry leur décocha un tel regard qu'il était évident que Harry voyait clair à travers leur acte. Il ne releva pas, toutefois, et fit un léger signe de tête pour pousser les deux hommes à le rejoindre.

L'entrainement débuta. C'était des duels amicaux mais aucun d'eux ne se ménageaient pour autant. Ils ne lançaient pas de sortilèges mortelles ou pouvant gravement blesser mais ils n'étaient pas pour autant inoffensif. C'était un duel de niveau auror… Et, pour être honnête, James fut surpris que son fils soit d'un tel niveau. Il était jeune, après tout, et avait choisi la carrière de médicomage. Sirius, quant à lui, ne montrait aucune surprise. Sans doute, le niveau d'Harry s'expliquait par son adolescence seule. Il avait vécu sous la menace permanente de Voldemort et de ses fidèles. Harry avait dû apprendre à la dure à ne pas rester vulnérable. Il avait dû apprendre à ne pas rester sans défense. Il devait s'entrainer régulièrement. James était fier, bien sûr, mais il maudissait le fait que son fils se sente obliger de faire cela pour se sentir en sécurité.

Une heure de plus passa avant qu'ils ne s'arrêtent et ne s'assoit sur le sol matelassé de la pièce. Ce ne fut que là que Harry prit la parole pour se confier. Ses paroles ne furent pas surprenantes. Le retour certifié de Voldemort bouleversait Harry. Ses projets encore vagues le terrifiaient mais, surtout, Harry se sentait coupable. D'après Harry, les morts du rituel entrepris par Voldemort étaient de sa seule faute. Il avait été chargé de détruire les horcruxes. Or, l'un d'entre eux lui avait échappé ce qui avait permis à cette parodie d'être humain de renaitre. Encore une fois. Et, à présent, Voldemort était proche d'acquérir plus de puissance que jamais ou de libérer une entité oubliée et plus puissante que tout ce que le monde moderne avait connu. Et, malheureusement, toutes les paroles de son père et de son parrain ne purent chasser cette idée de son esprit. Pour lui, il n'y avait qu'un seule moyen de se racheter : c'était de mettre hors d'état de nuire le mage noir.

Lili reposa un autre ouvrage avec un soupir désespéré. Cela faisait des heures qu'ils étaient là, à la recherche d'un complément d'information sur le rituel ou les créatures à laquelle il faisait appel. Ils n'avaient rien trouvé jusqu'à présent. C'était une catastrophe ! Il allait manquer de temps ! Le rituel avait déjà fait trop de morts ! Lili ne voulait pas penser au prochain sacrifice. Ils savaient, tous, en quoi il consistait. C'était l'une des rares dont ils étaient certains. Le dernier sacrifice impliquait que le sang de treize enfants soit versé… Ils ne pouvaient pas laisser ça arriver ! Malheureusement, ils n'en savaient pas assez pour contrer Voldemort.

Ce qui justifiait totalement leur présence dans la mystérieuse et normalement impénétrable bibliothèque du département des mystères. En d'autres circonstances, Lili aurait été plus que ravie de cette opportunité. Elle aurait profité de la lecture de ces ouvrages mais la situation était trop désastreuse. Lili trouvait encore incroyable de se trouver là. Elle commençait à peine à réaliser à quel point Harry était renommé. Assez en tous cas pour lui ouvrir des portes qui, normalement, ne s'ouvraient jamais.

Lili releva les yeux du manuscrit qu'elle lisait et les posa sur ses compagnons de recherches. Hermione, Severus et Draco Malefoy. L'atmosphère était tendue ici. pas seulement en raison du danger qui s'annonçait. La tension qui existait s'expliquait surtout par l'histoire qui existait entre ces trois là. De plus, aucun n'était très à l'aise face à elle. Lili savait qu'aucun d'eux ne savait vraiment comment agir en sa présence. Hermione, bien sûr, était la plus détendue. En raison de son amitié avec Harry, certainement. L'attitude de Severus était facile à comprendre. Toutefois, Lili espérait que le temps résoudrait ce problème. Elle voulait vraiment renouveler son amitié avec Severus. C'était le comportement de Draco Malefoy qui l'avait laissé perplexe pour quelque temps. Le passif de sa famille ne pouvait pas tout expliquer. Puis, Lili avait compilé toutes les informations qu'elle avait recueillies sur le jeune homme et comprit le pourquoi de son comportement prudent presque à l'excès. Harry et ce Draco avaient été adversaire à l'école. Or, connaissant la famille Mafefoy, Lili pouvait deviner facilement que Draco n'avait pas été tendre avec Harry en termes de moquerie. En particulier sur le manque de famille d'Harry. Ce n'était donc pas surprenant que Draco se sente gêné à ses côtés.

« Je crois que j'ai trouvé quelque chose. » S'exclama Hermione.

Elle posa un lourd ouvrage sur la table, soulevant un nuage de poussières. Ils se penchèrent, tous, en avant pour lire ce que leur indiquait la jeune fille. Lili sentit son corps se glacer à mesure qu'elle avançait dans la lecture. C'était plus terrible que tout ce qu'elle aurait pu imaginer.

« Le rituel permet d'invoquer les entités d'avant monde et de leur demander des faveurs. » Commença Hermione.

« Des entités d'avant monde ? » Releva Severus.

« Des êtres qui ont vécu avant toutes créatures vivantes connues. Des êtres qui pouvaient manipuler de la magie puissante. Selon ce qui est noté ici, elles sont quasiment tombées dans l'oubli à la naissance de l'humanité. »

Ils se décalèrent, tous, mal à l'aise. Finalement, Draco se racla la gorge.

« Mais on connait leur existence… »

« Oui parce qu'elles ne sont… mortes. Les hypothèses des langues-de-plombs sont qu'elles sont immortelles ou presque. Elles seraient incorporelles. »

« Comment connait-on leur existence ? »

Hermione glissa un regard vers Lili. Lili ne prit pas ombrage de son expression surprise. Lili avait à peine ouvert la bouche durant leurs séances de recherche.

Apparemment, selon ce qu'il écrit, elles s'adressaient à certaines personnes. On ne sait pas comment les sorciers sont choisis. Les langues-de-plombs ont mis du temps pour réaliser que ce n'était pas que des délires. Au fils des siècles, ils ont réalisé que ce que disait ces soient disant fous étaient toujours sensiblement la même chose.

D'un geste, Severus poussa la jeune fille hésitante à continuer.

« Ils ont compris que c'était des instructions pour contacter ces entités. C'est le rituel. »

« Seulement contacter ? C'est une bonne nouvelle, Non ? » Murmura Draco.

« Sauf si au moins un des sacrifices est pratiqué avec un objet touché par la magie d'une entité. De cette manière, vous vous engagez à faire entrer l'entité dans notre monde. »

« La dague de Griffondor… La légende dit qu'elle a été forgée avec de la puissante magie. De la magie que Griffondor ne comprenait pas. » Apporta Draco.

« Tu en sais beaucoup sur Griffondor ? » S'étonna Hermione.

Le jeune homme haussa simplement les épaules.

« Est-ce qu'on sait ce que veulent ces entités ? » Se renseigna Severus.

« Non... Mais est-ce important ? Une telle créature relâchée dans notre monde serait un désastre. Quelle soit bonne ou mauvaise… »

Aux mots, pleins de vérités, d'Hermione, chacun tomba dans un silence contemplatif.