Chapitre 2_À votre service.

Sasuke était attablé dans la petite salle à manger ou il prenait ses repas.

« Bonjour votre Grâce ! » Salua respectueusement un valet en lui apportant son courrier.

Le duc hocha la tête et consultât avec hâte le contenu du paquet d'enveloppes.

Une invitation à un bal, une autre invitation à une soirée de dandy, une demande de prêt venant de marchands de son domaine, une invitation à l'ouverture d'une pièce de théâtre et un courrier donnant des nouvelles du parti que soutenait activement sa grâce.

Sasuke soupira. Aucun courrier intéressant. À dire vrai, seule une lettre de son frère ainé pourrait l'intéresser. Malheureusement, il n'avait toujours aucune nouvelle depuis qu'il avait fait escale 6 mois plus tôt au Caire.

Résigné, il prit le journal et examina les gros titres du Daily. Il se laissa entrainer sur le sujet principal qui faisait à lui seul 3 pages.

« Fiançailles du comte Hyûga et de lady Tenten Ama

Il y a plusieurs jours, nous avions reçu la nouvelle que le très respectable comte Neji Hyûga, futur duc de la région de Kiri, avait demandé la main de la jeune lady Tenten Ama. Pour célébrer leur engagement, le jeune couple avait décidé de célébrer la nouvelle avec tous les grands partis de la noblesse.

Si vous étiez invité à la célébration des fiançailles de Hyûga, vous n'auriez bien sûr pas manqué l'attraction principale de la soirée !
La jeune comtesse Hinata Hyûga, cousine du fiancé, aurait pratiquement volé la vedette des deux personnes mises à l'honneur… Rappelons-le, la jeune lady a seulement fait son entrée (très remarquée) lors du bal des débutantes, il y a maintenant trois semaines. Fille du duc Hiashi Hyûga et d'une beauté à couper le souffle, elle serait apparemment LE parti que tous les dandys essayent de s'arracher cette saison.

Dès lors, de nombreux jeunes hommes ont vainement tenté de la courtiser durant la soirée. Une partie d'entre eux ont essayé d'attirer son attention par tous les moyens mêmes les plus absurdes (le très jeune baron Konohamaru Sarutobi aurait plongé dans la fontaine pour lui rapporter un coquillage poisseux), obligeant le fiancé de congédier les plus intrépides. »

Sasuke soupira. Encore une lady mise à l'honneur grâce à un rang élevé de la société, se dit-il en poursuivant sa lecture.

« Bonjour votre grâce ! » S'inclina un domestique chaleureux en déposant un plateau rempli de confiseries devant lui.

Sasuke hocha la tête comme à son habitude sans relever les yeux de sa lecture.

« En ce qui concerne le clou du spectacle, le jeune marquis Rock Lee aurait tenté d'embrasser le comte Neji Hyûga, lui-même, durant la cérémonie. D'après les témoins, le marquis était dans une totale ivresse. Il aurait, par la suite, provoqué, par inadvertance, un cheval en duel, le prenant pour lady Tenten Ama.
Une source nous a informés que le marquis trouvait son amitié plus forte envers le comte que le soi-disant amour de la jeune fille. Il aurait d'ailleurs, crié à plusieurs reprises qu'il s'agissait d'un mariage de convenance.

Qui sera le vainqueur du duel le plus improbable de l'histoire… »

« Avez-vous passé une agréable nuit ? » demanda le domestique.

« Oui très agréable. » Répondu Sasuke ennuyé d'être coupé dans sa lecture.

Qui sera le vainqueur du duel le plus… relut-il, avant de se rendre compte que ses domestiques ne lui posaient jamais aucune question. Il releva la tête vers l'homme qui le servait. Le valet était vêtu d'une chemise tachée, d'un gilet démodé et d'un pantalon mal ajusté. Malgré tout, la blondeur de ces cheveux et le sourire malicieux qui trônait sur son visage ne pouvait le tromper.

« Monsieur Uzumaki !? » demanda le duc abasourdi, les yeux sortant presque de ses orbites.

Le blond lui offrit un large sourire pour seule réponse.

« Que faites-vous ici !? »

« Eh bien... je vous apporte votre petit déjeuner. À vrai dire, j'ai aussi voulu entamer un brin de conversation avec vous (parce que j'adore discuter avec mes gens, voyez-vous). Mais je me rend compte qu'il ne doit pas être approprié et je m'en excuse. »

Sasuke écoutait à moitié le discours du comte, il était toujours en train de se remettre de ses émotions.

« Non ! Ce que je veux dire… Que faites-vous ici, sur mon domaine, dans ma demeure, chez moi !? » S'énerva le duc.

« Oh ! » s'étonna le comte avant de froncer les sourcils. « Mais c'est vous qui me l'aviez demandé. Que dis-je ordonné. »

« Comment !? » s'étonna sasuke.

« Rappelez-vous, il y a quatre jours, lors de la soirée à laquelle vous avez assisté, nous avons parié lors de parties de rami. Dès lors, je vous dois sept jours de bon et loyaux services en tant que domestique. »

Sasuke commençant à avoir mal la tête, ferma les yeux et se massa l'arrête du nez.

« Monsieur, vous devez bien vous rendre compte que jamais je n'aurais exigé qu'un tel gage soit réellement exécuté ! »

« Ah non votre Grâce ! Sans vous manquer de respect, j'ai donné ma parole durant ce gage. En outre, sachez que si j'avais gagné je vous aurais obligé à respecter votre parole (auquel vous n'auriez pu échapper, témoins à l'appui). »

« Très bien ! Très bien ! Vous êtes honnête, je le reconnais. Je vous relève de vos obligations qui vous liaient à moi. Maintenant, je vous prierais de bien vouloir nous quitter. »

« Je ne peux votre Grâce ! Le comte Uzumaki n'a qu'une parole ! Et tant que je n'aurai pas accompli mes fonctions, je ne peux malheureusement pas admettre de partir de la sorte ! »

« Mais si je vous relève de vos fonctions que voulez-vous faire de plus ? » demanda le duc exaspéré.

« Je crains monsieur que vous ne puissiez me chasser, cela n'y changerait guère. Surtout maintenant que je sais comment m'introduire en toute discrétion ! » s'exclama fièrement le comte

Sasuke soupira lourdement. « Je suis à court d'arguments. Je ne vous comprends vraiment pas. Pourquoi tenez-vous autant à être mon domestique pour la semaine ? Et dieu du ciel, comment êtes-vous rentré, pour commencer ! » Dis las sasuke

« Je suis rentré par la porte de service qui mène droit à la cuisine. D'ailleurs, vos gens sont des personnes très charmantes. Pour ce qui est du reste, c'est juste une question d'honneur, monsieur, je n'ai qu'une parole ! »

« L'honneur d'être mon domestique ? » demanda ironique sasuke

« Oui ! Je comprends que cela peut sembler saugrenu, mais c'est ainsi. »

Sasuke soupira à nouveau. « N'avez-vous rien de mieux à faire ? Vous avez votre propre domaine à tenir. »

« J'ai pleinement confiance en mes domestiques. De plus, mon oncle, lord Jiraya nous fait régulièrement le plaisir de sa visite. Je n'ai donc aucune crainte à ce sujet. Et non, je crains que je n'aie malheureusement rien de mieux à faire que de tenir ma parole. »

« Très bien monsieur ! Comme j'ai la malheureuse impression que rien ne changera votre obsession, faite comme bon vous semble. Par contre, je vous demanderais d'être le plus discret possible. Je ne tiens pas à être dérangé sur mon propre domaine par vos caprices ! Ai-je été assez clair ? »

« Très clair monsieur »

« Bien ! Vous pouvez disposer » le congédia Sasuke.

« Merci votre grâce » s'inclina le comte. « Passez une agréable journée. » Ajouta-t-il avant de s'éclipser tandis que le duc poussa un petit grognement tout juste audible.


« Kyûbiiii ! » appela Naruto en criant.

« Kyyyyyûûûbiiiiii ! »

« Kyûbiiiiii ! »

Un magnifique renard roux arriva gracieusement en trottinant vers le comte.

« Kuybiii » cria à nouveau de joie Naruto. « Où il est le renard à son papa ? » demanda-t-il à l'animal qui était maintenant en face de lui.

« Papa t'as apporté une friandise ! » Dit-il en montrant un os qu'il agita devant l'animal.

Kyûbi se redressa sur ses pattes arrière, prit appui sur la cuisse du comte reniflant avec gourmandise la friandise.

« Hé là ! pas si vite ! » Dit-il en relevant la main. « D'abord, on fait un câlin ! »

Le renard semblait sur le coup beaucoup moins emballé et fit mine de partir avant que Naruto ne l'attrape et le prenne dans ses bras.

« Ce que tu es lourd » souffla le comte à l'oreille de l'animal qui grogna en réponse.

« Mais tu es le plus beau renard au monde ! » dit-il en l'embrassant sur le front.

Kyûbi afficha un air fier avant de poser sa tête sur l'épaule de Naruto.


Naruto retourna aux cuisines, là où il avait passé le début de sa matinée. Le groupe de petites cuisinières avaient été surprises d'un premier abord avant avant de l'accueillir à bras ouverts.

« Alors ! Que prépare-t-on de bon maintenant ? » Demanda-t-il joyeux.

« Qui êtes-vous ? » demanda un gros bonhomme avec un accent russe.

« Euh… » fut surpris Naruto. « Je suis nouveau, on m'a assigné aux cuisines en attendant de savoir où il pourrait manquer de main d'œuvre. » S'inclina-t-il.

« Très bien ! Occupez-vous des pommes de terre ! » gronda l'homme.

« Que dois-je faire avec les pommes de terre plus exactement ? » demanda le comte.

« N'avez vous donc jamais été en cuisine ? » demanda l'homme bourru tandis que Naruto secoua la tête comme un petit garçon pris en faute. « Épluchez, nettoyez, découpez. Après vous les mettrez dans la marmite ! » Répondit le cuisinier en pointant des outils du doigt.

« Bien monsieur » s'inclina-t-il solennellement.


Naruto se promenait dans les couloirs. Le chef russe l'avait chassé après que Naruto se soit coupé pour la 3e fois.

« Ce n'est quand même pas ma faute » marmonna-t-il mécontent.

Il était clairement déçu. Il avait adoré passer sa matinée avec les autres cuisinières à papoter tranquillement. Il le savait depuis toujours la cuisine est un endroit chaleureux. Lui même adorait passer un peu de temps avec ses cuisinières à échanger des ragots.

Mais depuis que le cuisinier russe était arrivé, plus aucun bavardage n'était permis. Qu'à cela ne tienne se dit Naruto en haussant des épaules. Une des domestiques avec qui il avait sympathisé, l'avait tout de même informé qu'il n'était jamais présent pour préparer le petit déjeuner et faisait tous les jours une sieste de 2 h juste après le déjeuner.

« Que faites-vous !? » l'interpella un homme austère aux cheveux grisonnant.

« Je vous cherchais ! » mentit facilement Naruto. « Je suis un nouveau domestique, on ne m'a pas encore attribué de poste. J'ai essayé de me rendre utile, mais je crains que cela n'ait pas fonctionné. »

L'homme haussa un sourcil.

« Qui vous a engagé ? » ne demanda-t-il sceptique

« Sa Grâce » répondit Naruto avec un petit sourire.

L'homme fronça des sourcils ne le croyant pas une seconde.

« Monsieur ! Je ne sais pas qui vous êtes ou ce que vous faites ici, mais sa Grâce n'engage aucun domestique.

Par contre, en mon rôle de majordome, je vois toutes les personnes susceptibles à être engagé dans le domaine. Or, je ne vous ai jamais rencontré auparavant. »

« Demandez-lui si vous ne me croyez pas ! »

Le majordome haussa des sourcils.

« Très bien, suivez-moi. » Ordonna le vieil homme en avançant le long du couloir le comte à sa suite.

Après avoir descendu un escalier, longé un couloir, il s'arrêta et frappa à une porte.

Il entra dans la pièce quelques secondes après, une fois que son maître lui en a donné la permission verbale.

« Monsieur » s'inclina le vieil homme respectueusement devant le duc assis dans un grand fauteuil à son bureau. « Je vous prie d'excuser cette intrusion soudaine. Je crains avoir intercepté un voleur dans la demeure. »

Le duc haussa un sourcil pour seul commentaire.

« Approchez ! » ordonna le majordome à Naruto qui était caché derrière la porte entrouverte.

Naruto baissa la tête et avança dans le bureau spacieux. Il entendit Sasuke soupirer et ne put retenir son sourire de s'élargir.

« Cette personne tournait dans de l'ail Ouest. Il m'a indiqué qu'il n'avait pas de poste et que vous l'auriez engagé. Voilà pourquoi j'ai supposé qu'il s'agissait d'un voleur » s'expliqua le majordome.

Le duc fronçait les sourcils et lança un regard méprisant au comte. Il se massa l'arrête du nez en fermant des yeux. Avant de regarder encore une fois le lord qui visiblement trouvait la situation amusante.

« Malheureusement, il dit vrai. » Soupira sasuke.

L'homme austère était confus. « Pardon ? » demanda-t-il la bouche béante.

« Il n'est là que pour une semaine par contre et je l'avais informé que je ne voulais pas être dérangé de par sa présence… Visiblement, il est un peu sourd ! » soupira le duc.

« Veuillez m'excuser votre grâce. Cela ne se reproduira plus » s'inclina-t-il comme un bon domestique fidèle.

« Bien maintenant, veuillez me laisser ! » ordonna le duc.

« Bi… Bien » balbutia le majordome toujours abasourdi.

« Merci beaucoup votre Grâce ! » sourit le comte malicieux. « Vous êtes d'une telle générosité ! Cela me touche au plus haut point. » Dit-il en mettant la main sur son cœur avant de quitter la pièce hilare tandis que le duc lui jetait un regard noir.