Ils ne croisèrent aucun animal mais ils les savaient proches. Apparemment, la plupart des créatures n'osait pas encore les approcher. Rien d'étonnant, à vrai dire. Ces créatures n'avaient jamais vu d'êtres humains. Il était normal qu'elles gardent leur distance et se montrent méfiantes. D'ailleurs, c'était rassurant pour les quatre sorciers.

Cela aurait pu être dangereux si elles s'étaient approchées. Harry avait déjà vu plus d'une plante mortelle. Il jurerait même avoir vu un filet du diable ! Il n'osait pas imaginer quels animaux pouvaient vadrouiller dans cette forêt dense.

Harry s'immobilisa un bref moment lorsqu'un rugissement retentit. Un rugissement trop familier à son goût! Les chants des oiseaux se turent en réponse et les autres sons moins identifiables s'estompèrent pendant quelques instants avant de reprendre comme si de rien n'était. Heureusement, le reptile géant semblait se trouver de l'autre côté de l'île. loin d'eux tous.

"J'ai rêvé ou c'était bien un dragon?" Murmura sa mère avec anxiété.

Harry vit son père prendre la main de sa femme et lui donner une pression rassurante. Harry partagea un regard avec son père. Dedalus s'agita nerveusement et reprit sa marche, d'un pas plus rapide.

Il sembla, presque, que le dragon ait réveillé toute la forêt ! Peu de temps après le rugissement, un troupeau de licornes traversa le chemin de leur groupe à pas lents. Ils virent, plus tard, des lutins, semblables à ceux de Cornouailles, qui les observaient depuis les branches des arbres, dont certaines bougeaient étrangement. D'une façon que Harry préférait ne pas approfondir.

Rien d'exceptionnel ne se manifesta durant la demi heure qui suivit le rugissement. ils croisèrent ou aperçurent des créatures magiques et non-magiques. Rien de menaçant, toutefois !

Mais il y avait cette sensation... Cette attraction. Ce n'était pas maléfique mais Harry ressentait un malaise certain de la ressentir. Il avait l'impression d'être tiré vers une direction, vers un point particulier de l'île. Il ne pouvait pas s'empêcher de suivre cette traction. Il était évident que les autres ressentaient la même chose même s'ils n'en avaient pas parlé. Ils se sentaient, tous, attirés vers un même lieu. Le centre de l'île d'après la direction qu'ils prenaient sans se concerter. Tout ce qu'ils pouvaient espérer, c'était que cela ne les éloignait pas de leur but final.

"Qu'est-ce que c'est que ça ?!" Grogna Dedalus avec un bruit de dégoût.

Harry tourna son attention sur le petit homme alors qu'il soulevait le pied pour examiner la substance sur laquelle il avait marché. Harry plissa les yeux. C'était de la peau ! Une vieille peau de serpent... Déjà bien trop grande au goût de Harry ! Cela ramenait trop de souvenirs terrifiant à la surface ! Les yeux de Harry tombèrent sur le sol et suivirent le reste de la peau. Jusqu'à des buissons qui cachaient, clairement, une petite clairière. Harry ne pensa pas pendant quelques instants. Comment pouvait-il expliquer son geste autrement? Comment son geste pouvait-il être considéré comme une bonne idée? Quoiqu'il en soit, il écarta les buissons et regarda au delà, poussé par sa curiosité. Le passé avait, pourtant, prouvé que ce n'était jamais une bonne chose que Harry se montre aussi curieux.

Harry, de toute façon, passa devant ses parents et écarta les buissons. Il eut, alors, une pleine vue d'un nid. Le nid était occupé par un serpent, d'au moins deux mètres, enroulé sur lui mê reconnu l'espèce. Harry savait que ce n'était qu'un bébé. Ce qui était un soulagement ! Il ne pourrait pas leur faire de mal ! Un basilic ! Harry frissonna et ne put quitter la créature des yeux. Il se répétait que le bébé ne représentait pas encore un véritable danger. Son regard de tueur n'était pas encore développé ! Toutefois, il avait certainement des parents...

"Harry."

Son père attira son attention en posant une main sur son épaule. D'un signe de tête, James lui montra quelque chose que Harry avait négligé. Merlin seul savait comment le Sauveur avait pu ignorer ces ossements. Des dizaines ! Les squelettes humains étaient éparpillés autour du nid, à des distances variés du petit.

"Il faut partir ! Immédiatement !"

Harry poussa légèrement son père qui, sans comprendre tout à fait l'urgence, suivit le mouvement. Ils furent, bientôt, tous pris par une même frayeur.

Harry pensa vraiment qu'ils pouvaient s'éloigner suffisamment du nid sans être en danger. Mais, encore une fois, il se trompa. Un des parents se dressa, soudain, à travers leur chemin, cherchant les intrus. Heureusement, personne n'avait encore été vu par le monstre.

Harry ne réfléchit pas. il poussa violemment sa mère sur le côté et la rejoignit. Sous l'abri relatif que représentaient les arbres bas. James et Dedalus s'aplatirent à leurs côtés, les yeux sur lui.

"Qu'est-ce que c'est que ça ?!" S'exclama James. A voix basse, heureusement !

Harry plaque, tout de même, sa main sur la bouche de son père.

"Un basilic !" Souffla-t-il.

"Tu plaisantes..." S'étrangla Lili.

Harry ne répondit pas. Il se dit que son attitude et son teint, certainement très pâle, répondrait d'eux mêmes.

"Il faut que l'on file loin de ce nid. C'est notre seule chance."

"Tu as raison." Se résigna James. " Il ne devrait pas s'éloigner du nid. SI on s'en éloigne assez, on est sauvé."

James et Lili ancrèrent, alors, leurs regards. Harry détourna les yeux de ce moment privé. C'était un de ces moments où l'on ignorait si on survivrait. Nul doute qu'il s'agissait, là, d'un "au cas où..." si l'un d'eux ne survivait pas.

Le basilic glissa en silence près d'eux. trop près! Ce fut le signe qu'ils ne pouvaient pas rester plus longtemps sur place. James et Lili échangèrent un dernier baiser, tout en espérant que ce ne serait pas le dernier... A partir de là, ils se mirent, tous, en mouvement.

Pour Harry, les minutes qui suivirent furent un peu floues... mais entre-coupées par des flashs de lucidités abruptes. Lorsque le basilic fut proche de l'abattre, par exemple. Ses yeux fixés au sol limitaient une fuite efficace et réduisaient dangereusement ses réflexes. plus d'une fois, il ne dut sa vie qu'à la présence miraculeuse d'un arbre sur le chemin des crocs de la bête. leurs moyens d'attaques, où même de défense, étaient limités. En tous cas, jusqu'à présent, tous les sortilèges de Harry n'avait eu pour effet que d'énerver un peu plus le serpent géant. Aussi, Harry fut réduit à continuer à courir et à lancer des sorts dans l'espoir de le distraire.

ce ne fut pas une réelle surprise qu'il en réalise pas immédiatement que le basilic n'était plus à sa poursuite. Au bout de longues minutes, Harry réalisa que le serpent avait cessé de le suivre. Il se figea net et se pencha en avant pour reprendre son souffle. Il écoula, par la même occasion, avec attention, ne prenant pas le risque de regarder autour de lui. Il entendait encore du mouvement derrière lui. Le basilic était encore à proximité ! Un mouvement, très près de lui, le fit sursauter.

"C'est moi, Harry." Le rassura Dedalus

Harry poussa un soupir de soulagement et tourna son attention vers le petit homme.

"Pourquoi n'avance-t-il plus ?"

"Une question de territoire, sans doute. Il ne s'éloigne pas trop du nid... Mes parents..."

"Nous allons bien, Harry."

le cou de Harry craqua alors qu'il tournait rapidement la tête. Sa mère et son père étaient sur sa droite. Meurtris et avec des blessures ouvertes mais bien vivant et non pétrifiés...

"Je crois qu'on peut dire que nous avons eu beaucoup de chances." Souffla James.

"Oui. Ne la tentons pas davantage! " Suggéra Dedalus.

Personne ne tenta de protester. C'est,donc, sans attendre qu'ils suivirent cette attraction... ou qu'elle les conduise.

"J'espère que les autres s'en sort mieux." Murmura Lili.