Et voilà pour vous un nouveau chapitre. Merci à tous ceux qui me lisent ^^. Merci aussi à Queen-mebd et Taraliel pour leurs review. Je vous souhaite bonne lecture.
Nous étions partit bien plus tôt que prévu. Une journée d'avance pour être exacte. Je n'avais même pas eu le temps de prendre toutes mes affaires, juste le nécessaire, à savoir pratiquement rien. Merlin ainsi que quelques autres étaient venu à ma rencontre pour me trainer à partir. Le chevalier également, aucun de nous n'avaient eu le choix. De ce que j'avais compris, les hommes du grand mur nous avaient trouvé et marchaient vers nous, près à nous attaquer. Notre chef ne tenait pas à ce que notre peuple soit retrouvé d'où sa rapidité d'action. Prévenir mon prisonnier n'avait pas été simple, j'avais demandé un peu de temps à Merlin pour lui expliquer. Évidemment, sa réaction fut plus violente que je ne l'avais imaginé, je me souviens parfaitement de ses yeux gris s'écarquiller et me regarder avec haine. « Aller au nord du mur... » avais-je dit à demi mot, il ne répondit rien, bien trop emplit de rage pour dire quoique ce soit. Il avait suivit, s'était laissé attacher et emmener hors de la forêt. J'eus l'horrible impression de l'avoir trahit, pourtant, je savais très bien que rien ne me rattachais à lui. Mais lorsqu'il m'avais serré dans ses bras pour me réconforter, je m'étais sentie plus proche de lui qu'avec n'importe qui d'autre de ma connaissance. Il avait été si doux et si gentil comparé à maintenant...
Nous avancions lentement, pour ma part, j'étais à pied, d'autres étaient à cheval, dont Galahad, plus en avant du groupe ou à l'inverse surveillant les arrières. Discrètement je lui lançais un regard, il avait les yeux fixés au sol, relevant de temps à autre la tête pour surveiller les alentours. La corde qui attachait ses mains me semblait trop serré, ses poignets avaient commencé à rougir. Il ne se plaignait pas. Ni de ça ni même de sa blessure à l'épaule. Je ne lui avais même pas redemandé si il allait mieux... M'en voulait-il ? Mais après tout, moi non plus je n'étais rien pour lui. Mais à chaque fois que je tentais de me trouver une excuse, la douceur dont il avait fait preuve ce matin me revenait toujours.
Ma main qui tenait fermement les rênes de sa monture se resserra, je restais seule maitre de la destination de son cheval. Devant moi marchaient quelques femmes qui étaient venue pour soutenir les hommes ou pour se battre. Je reconnus mon amie Ardwe à qui je n'avais pas adressé la parole depuis déjà plusieurs jours. Le son de ma voix prononçant son nom la fit regarder par dessus son épaule et elle délaissa les deux autres femmes pour venir me rejoindre.
« Comment vas tu ? Me demanda t-elle avec un faible sourire sur les lèvres et un ton aussi doux que possible.
-Pourquoi tu me demande ça ? M'étonnais-je, avais-je quelque chose sur le visage ?
-Tu as une mine affreuse ma chérie... Tu as réussi à dormir cette nuit ? »
Pas vraiment non... mais je le gardais pour moi. Je n'avais pas encore vu ma tête depuis hier soir, mais je supposais que si Ardwe le disait c'est que je devais pas être très belle à voir. En réalité, je n'avais pas eu le temps de me nettoyer hier soir, la crasse et le sang me collaient encore à la peau et je devais puer la chèvre à plein nez. Mes cheveux bruns semblaient ternes et poussiéreux rien qu'en voyant les quelques mèches qui me tombaient sur les yeux, ils n'étaient même pas coiffés... Et puis, vu la nuit que j'avais passé, des cernes immenses devaient pointer sous mes paupières et creuser mes yeux. Mais inquiéter mon amie était la dernière chose que je voulais faire. Me sentir pitoyable n'était pas dans mes habitudes, loin de la. Mais la mort de mon père n'était plus un secret pour personne. Je savais qu'il gisait avec les autres morts non loin du camp abandonné, interdit de sépulture, nous n'étions pas dans la possibilité de leurs en offrir une. Leurs morts étaient pleurées, c'était le principal. Du moins, il fallait s'en convaincre. En tout les cas, avouer mes cauchemars n'était pas une bonne idée et je préférais me taire, et puis même en affirmant le contraire, Ardwe devinait très bien le mensonge alors à quoi bon lui répondre.
« Pas plus que les autres nuits. » Répondis-je avec conviction.
Mon amie me lança un regard sceptique mais ne releva pas, comme je le disais, elle n'avait pas besoin d'une réponse de ma part pour se faire une idée, et puis ma tête était une bonne excuse. Mais étrangement, le chevalier aussi tourna les yeux vers moi, surement pas convaincu par ma prestation. Remarque, il m'avait bien vu ce matin... À la différence que je ne le connaissait pas aussi bien que Ardwe, donc impossible de savoir ses pensées.
« Tu sais, tu peux me parler si tu veux, je... Commença t-elle avant que je ne lui coupe la parole.
-Non, c'est bon, je n'ai besoin de rien.
-Écoute, ton père est mort et tout le monde sait très bien qu'il était tout pour toi alors...
-Ce qui n'empêche pas le fait que je ne ressens pas le besoin de parler de ce qui c'est passé. »
Et c'était vrai, là maintenant tout de suite je n'avais aucune envie d'aborder le sujet. Mais mon amie m'avait prise en pitié contre mon gré et je ne pouvais rien faire pour l'empêcher de s'inquiéter. Je détestais ça plus que tout... la mort de mon père me touchais vraiment profondément, mais de la à en parler, je ne m'en sentais pas prête, loin de là, j'étais actuellement réfractaire à tout sujet pouvant le concerner. C'était une chose qu'il me fallait dépasser, seule où avec l'aide de quelqu'un, mais celui ci n'était pas mon amie Ardwe.
« Bon, fit-elle lassé. Mais si tu as besoin, tu pensera à moi ? Ne reste pas seule, ce n'est pas bon pour toi dans cette situation.
-Je sais ! Répondis-je légèrement excédé, elle était mon amie mais parfois, elle pouvait se montrer comme une personne un peu trop insistante. Et puis, je ne suis pas vraiment seule, lâchais-je sur le ton de l'humour. J'ai voulu épargner le prisonnier et c'est donc à moi de le garder ! »
Ardwe me fixa avec étonnement et alterna le regard entre moi et le chevalier, lui aussi déconcerté par mes mots. Je devais avouer qu'ils étaient sortis tout seul, que je n'avais même pas eu le temps d'y réfléchir. Il devait me prendre pour une folle, ou du moins quelqu'un d'étrange... Oh et puis après tout ce n'est pas moi qui est voulu arrêter la communication depuis ce matin ! Je répondais à l'interrogation muette du chevalier par un petit sourire qui n'échappa pas à mon amie.
« Je ne pensais pas que vous aviez fait connaissance si rapidement ! S'exclama t-elle. Après tout, ce jeune homme n'est pas très bavard.
-Ça, tu peux le dire ! Je m'amusais à répondre de cette manière à mon amie mais au final, le mutisme actuelle de Galahad était plus que fondé. Même si moi et Ardwe restions plutôt sympathique avec lui, il restait néanmoins un prisonnier et un ennemi aux yeux de mon peuple.
-Ce jeune homme a t-il un nom ? Demanda tout à coup mon amie en s'adressant au chevalier. Je la fusillais du regard pour ça.
-Bien entendu. Répondit-il simplement avant de reprendre un fort intérêt pour la route devant lui.
-Oh, et puis-je savoir ce nom ? Continua doucement mon amie pour ne pas le brusquer. Je remarquais qu'en fait, ce chevalier avait une bonne poignée de points communs avec moi, à commencer par être fortement têtu. Dieu que mon père m'avait réprimandé pendant nombre d'années ce défaut.
-Galahad. Fis-je en répondant à la place de mon prisonnier visiblement décidé à ne rien dire de plus.
-Très joli prénom, à consonance noble en plus. Qui va parfaitement au beau jeune homme que vous êtes ». Complimenta Ardwe en me lançant un clin d'œil.
Je vis les joues de Galahad se teinter légèrement et celui ci baisser la tête pour cacher sa surprise. C'est vrai, il était mignon, attendrissant même, un genre de chevalier protecteur mais si il devait être quelqu'un pour moi, je le rapprocherai plus de l'identité du grand frère, comme il l'avait fait ce matin.
Sa réaction nous fit sourire mon amie et moi. Elle avait réussi à détendre un peu la mauvaise ambiance qui s'était installée entre mon prisonnier et moi. Une voix qui ne m'était pas inconnue vint l'interpeller. Il s'agissait du père d'Ardwe, lui au moins il était toujours vivant pensais-je. Elle me laissa avec Galahad en me lançant un petit sourire désolé avant de s'éloigner vers son parent. Je retombais dans un lourd silence qui fut rapidement coupé par le chevalier.
« Pourquoi avez vous refusé de vous confier à votre amie ? Demanda t-il.
-Il y des choses que je ne peux pas partager avec elle ni avec personne. Fis-je tristement.
-Vous n'aimez pas parler, n'est-ce pas ? »
Alors là, c'était un total inversement de la situation, moi qui croyais qu'il ne voudrait plus m'adresser la parole... Même si nous étions ennemis je crois que je ne pouvais m'empêcher de l'apprécier. Il était bien différent de ce que je pensais trouver dans le camp des romains. Pas de haine particulière envers moi...
« Je devrais plutôt affirmer l'inverse. Lui dis-je en souriant.
-Hum... Vous avez sans doute raison. Soupira t-il en me rendant un faible sourire que j'acceptais avec joie.
-Je crois que vous et moi sommes partit sur de mauvaises bases. Que diriez vous que nous recommencions ? Demandais-je. J'espérais bien le voir accepter.
-Vous ne pensez pas que certains facteurs nous empêchent de nous entendre ?
-Êtes vous en train de dire que vous me considéré toujours comme une ennemie ?
-N'est-ce pas ce que vous êtes ? Ces mots me parurent dur à entendre. Je ne voulais pas croire qu'il me voyait ainsi.
-C'est dommage que vous pensiez cela. Je ne vous veux aucun mal.
-Mais vous m'en avez voulu à un moment. »
De quoi parlez t-il ?
« Vous m'avez attaqué et c'est à cause de vous que je me retrouve ici, continua t-il. Cette flèche, je vous ai vu l'envoyer.
-Je ne vous visez pas en particulier ! Me défendis-je.
-Peut-être mais le résultat est le même, vous ne croyez pas ?
-Donc à vos yeux nous ne pouvons pas repartir sur de nouvelles bases ? Demandais-je un peu amer.
-Pas exactement, mais disons que ce ne sera pas facile...
-Dans ce cas, si nous raisonnons de cette manière, je peux vous en vouloir d'avoir tué mon père...
-Ce n'est pas moi qui l'ai tué. Riposta t-il hargneusement, il me rappela moi quelques instant avant.
-Donc, nous pouvons considéré que nous somme au même niveau.
-Oui, sans doute... soupira t-il à nouveau.
-Bien, nous pouvons donc nous représenter. Fis-je avec amusement. Je suis Judy.
-Drôle de manière d'agir. Murmura t-il avec un sourire. Je suis Galahad.
-Vous voyez, ce n'est pas dur de repartir sur de bonnes bases.
-En effet... »
Il termina sa phrase avec une grimace qui m'interpella. Son épaule devait le faire souffrir atrocement et avec ses mains ainsi attaché, la douleur ne devait pas diminuer.
« Votre douleur est-elle forte ? » S'enquit-je en le regardant douloureusement.
Pour seule réponse il se contenta d'acquiescer. Je m'éloigner vite de lui pour atteindre l'avant de notre groupe là où devait se trouver Merlin. Il ne fut pas dur pour moi de le repérer. Je l'accostais rapidement, ma voix mal contrôlée devait sembler très nerveuse.
« Merlin. M'écriais-je dans notre langue natale. Il tourna la tête vers moi, ses yeux gris me scrutaient.
-Qui a t-il ?
-Il faut que je m'arrêtes avec le prisonnier. Sa blessure risque d'empirer et il pourrait mourir si je ne fais rien.
-Nous ne pouvons pas nous arrêter ainsi, si nous le faisons, les chevaliers du mur nous rattraperons à coup sur ! Tant pis pour le prisonnier. »
Je sursautais d'indignation lorsqu'il termina. Le laisser mourir ? Cela revenait à le tuer dans la souffrance et je ne pouvais pas le faire. Je m'aperçus alors que je ne considérais plus Galahad comme un ennemi, la curiosité qui m'avais aidé à le sauver la première fois s'était transformé en une étrange affection pour lui... je ne comprenais pas comment puisque que je ne le connaissais que depuis deux jours. Je repris avec ferveur, défendant mon point de vue.
« Laissez moi m'arrêter seule ! Le peuple ne craint rien.
-Cela pourrait être très dangereux. Tu risque de te faire tuer. C'est hors de question. Fit l'un des hommes du conseil aux côtés de Merlin, il avait écouté depuis le début. Mais le chef lui coupa la parole.
-Tu le sais n'est-ce pas, que faire ça revient à te livrer aux chevaliers ? Si tu t'arrête c'est toi qu'ils attraperons...
-Je ne peux pas le laisser ainsi, ennemi ou pas. Je n'ai pas été élevé de cette manière !
-Hum... Je le sais. De toute façon tu as choisi. Que je te donne l'autorisation ou non tu serais partie ».
J'acquiesçais. Oui, je ne l'aurai pas écouté. Mon père m'avait apprit il y a longtemps à ne jamais laisser souffrir quelqu'un dans la mort, qu'il soit la pire ordure du monde ou pas. « L' Homme ne mérite pas la souffrance avant la délivrance de la mort. Ce serait faire preuve d'irrespect et tu ne vaudrais alors pas mieux que lui. Souvient toi toujours de ça Judy. » Me répétait-il souvent, je ne l'ai jamais oubliée. J'ai couru en arrière du peloton pour rejoindre le chevalier. Il semblait un peu mieux mais avait le visage moribond ce qui m'incita encore plus à nous arrêter. Lorsqu'il me vit, je compris qu'il m'interrogeait silencieusement. Je montais sur la croupe du cheval, collée au dos de Galahad, je saisis les rênes et fis faire demi tour à notre monture pour nous diriger vers l'ombre des arbres.
« Que faites-vous ? Demanda t-il.
-Il faut nous arrêter pour vous soigner.
-Vous aller vous faire tuer. Vous en êtes consciente ?
-Complètement oui.
-Alors pourquoi ? Je ne suis rien pour vous. Je ne comprend rien à vos actions !
-Dans ce cas laissez moi faire. » Tranchais-je fermement.
Je ne me faisais pas d'illusion sur le futur qui m'attendait, évidemment que les chevaliers du grand mur nous rattraperons. Le tout était de savoir quand...
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Comme prévu, Arthur et les chevaliers trouvèrent le village. Mais ils étaient malheureusement arrivés trop tard, les Pictes avaient eu le temps de plier bagages et de partir vers le nord. Ne restait plus que les décombres de tentes, de feux de camps fraichement éteint ou des carcasses d'animaux mort. Plus loin, en extérieur du village, les corps des cadavres de la veille avaient été balancé dans un trou tel les pauvres dans la fausse commune. L'odeur de putréfaction flottait dans l'air le rendant désagréable à respirer.
« Beurk ! Ces hommes n'ont-ils aucun respect pour leurs morts ! S'exclama Bors en voyant le spectacle.
-Je ne pense pas que ce soit le cas. Ils n'ont pas eu le temps de les enterrer et les brûler aurait été la pire erreur. Ils ne pouvaient pas les transporter non plus, cela les auraient trop ralentit. » Répondit Arthur.
Ses traits étaient tiré et il semblait inquiet. Si les Pictes étaient partit alors leurs chances de retrouver Galahad s'étaient amoindries. Il ne savait même pas si ils l'avaient laissé en vie. Peut être faisait-il parti des cadavres.
« Faite le tour du villages et des alentours. Nous devons savoir par où ils sont partit. » Ordonna Arthur.
Tous les chevaliers obéirent et se séparèrent pour couvrirent plus de terrain. Avec un peu de chance ils n'avaient pas effacé leurs traces et les retrouver serait plus facile. Gauvain se pencha sur les cendre encore chaude pour vérifier quelque chose, Lancelot vint le rejoindre.
« Tu as trouver quelque chose ? Questionna ce dernier.
-Peut-être, ces feux se sont éteint il y a peu de temps.
-Ce qui veux dire ?
-Et bien soit les Pictes les ont laissé brûler jusqu'à extinction et dans ce cas là ils sont loin, soit ils les ont éteint eux même et ils sont partit il y a peu de temps. Dit Gauvain en saisissant un bout de charbon.
-Alors ?
-Hum, tous les morceaux ne sont pas consumés, ils ont éteint les feux. Ce qui veut dire qu'il ne sont pas très loin. Arthur ! S'écria le blond en se relevant. Les Pictes sont partis il y a moins de deux heures, nous avons une chance de les rattraper. »
Alors que le commandant allait répondre une voix au loin lui coupa la parole. C'était celle de Dagonnet. Les chevaliers accoururent dans la direction où était partit celui ci et arrivèrent dans une petite cachette à l'écart du lieu principal. Le grand guerrier était agenouillé près de la paillasse ou quelques heure plutôt dormait Galahad. Les chevaliers le comprirent en voyant le sang qui tapissait en abondance le lit de fortune et l'herbe rougie en était une belle preuve, de même que les vêtements souillé à l'intérieur de la tente. Mais aucune trace de lui ou de son corps.
« Galahad était ici. Soupira Bors. Mais visiblement ils ont fuit avec lui.
-Sans blague Bors. Ironisa Lancelot.
-En attendant nous ne savons pas par où ils sont partis. Coupa Gauvain.
-Si. Intervint Tristan en revenant des bois. J'ai repéré des traces qui partent vers l'est en direction de la côte, il semble qu'ils aient décidé de faire un détour avant de partir vers le nord.
-Dans ce cas, ne perdons pas de temps. Nous partons immédiatement. » Fit Arthur.
La fin d'après midi était déjà présente lorsqu'ils montèrent à cheval et disparurent sur les traces de Pictes. Cependant, ils se rapprochaient plus de Galahad qu'ils ne le croyaient.
Alors ? Franchement je suis pas trop fier de ce chapitre, il m'a pris du temps et surtout il se passe pas grand chose. Bon j'espère qu'il vous à plus quand même. Au prochain chapitre ^^.
