Un grand merci à toutes les personnes qui m'ont laissé des reviews (Queen-Mebd, Roselia001, emichlo) et toutes les personnes m'ayant ajouté à leur alert et fav. Et surtout, merci à vous lecteur de cette fic. Je vous apporte enfin ce chapitre quatre qui m'a semblé long, mais passons. Je vous souhaite à tous bonne lecture.


J'ai fait bifurquer le cheval plusieurs fois avant de trouver un endroit calme pour nous reposer. À l'ombre des arbres, nous avions un peu de temps devant nous. Je savais que notre anonymat ne resterait pas secret longtemps, je l'espérais durer assez pour que je puisse soigner mon prisonnier et repartir. Mais vu l'état dans lequel il se trouvait actuellement, je doutais de l'efficacité de mon plan. Il ne descendit pas de cheval, il tomba de la selle et je le rattrapais de justesse avant qu'il ne se fracasse le crane sur le sol. Je touchais sa peau et m'étonnais de la forte chaleur de celle ci. La fièvre était revenue et elle était encore plus forte que la veille. Si intense que Galahad ne parvenait pas à se relever. L'aidant à se coucher, je vérifiais l'état de sa blessure et à mon grand étonnement elle se trouvait propre et en voie de guérison. Si la plaie n'était pas la cause de sa fièvre alors il avait attrapé quelque chose de plus fort.

Un gémissement de sa part me ramena à lui. Il était en sueur et bougeait dans son coma. La maladie avait agi très rapidement et je ne parvenais pas à trouver quelque chose pour soulager ses douleurs. Je n'avais rien dans mes affaires qui puisse le soigner et je n'osais pas m'éloigner de lui pour courir dans la forêt à la rechercher de plantes susceptibles de le guérir. Pourtant, je n'avais guère le choix. Pour le reste, je devais savoir si je pouvais faire confiance à mon prisonnier. Il me fallait agir dès maintenant si je voulais éviter sa mort. Je saisi dans mon dos une petite dague caché que j'utilisais pour couper les liens qui retenaient les mains du chevalier. Comme je l'avais craint, ses poignets avaient pris une teinte violacée indiquant une mauvaise circulation, encore un peu et il ne les sentait plus. Néanmoins, il aurait encore mal pendant quelques temps. Vu son état, il ne risquait pas de bouger beaucoup. Mais d'où pouvait donc bien venir cette malheureuse fièvre enfin ? Tout à coup, la cause me parut évidente. Afin de vérifier mon idée, je soulevais délicatement les manches de mon prisonnier, et ce à quoi je m'attendais me fit face. Il ne l'avait surement pas sentit mais une bête venimeuse l'avait mordu, au vue des marques il s'agissait bien évidemment d'un serpent, les deux trous étaient entourés d'une couleur bleutée signe que le poison avait déjà commencé à faire son office. Mais une chose ma rassura, si il n'était pas encore mort alors le serpent qui l'avait mordu n'était surement pas si dangereux que cela, une chance que je m'en sois aperçut rapidement, qui sait ce qui aurait pu arriver en cas contraire. Maintenant, je savais ce qu'il me fallait trouver.

Je m'éloignais rapidement à la recherche de piste, guettant le moindre mouvement, visualisant parfaitement le chemin que j'empruntais, je m'enfonçais un peu plus dans les bois. Je l'avouais, j'étais nettement plus doué dans la recherche de plantes médicinal que dans les combats. Je ne prétend pas les connaitre toutes non plus, mais je savais en tout cas quelles herbes je recherchais. Malheureusement pour moi, il s'agissait d'une espèce rare à trouver en cette saison, avec le temps chaud et humide de l'air, la plante n'avait pas du survivre. Le peu qui en restait devait se trouver dans les recoins d'une grotte ou sous les racines d'un arbre géant, en tout cas, dans un endroit plus froid. Je trébuchais sur les roches, m'écorchais la peau sur les gravas, abimais mes ongles en grattant la terre, en vain, je ne parvenais pas à la trouver. Que pouvais-je bien faire ? Retourner à ses côtés ou continuer ? Je n'en avais pas la moindre idée... Des gouttes de pluie virent se joindre à moi pour arranger ma situation, tout était vraiment parfait... J'aurais dû abandonner mais je ne le fis pas, repensant à Galahad qui devait souffrir le martyr. Et semble t-il, eut lieu un miracle. Sous un vieil arbre arraché trônait la plante que j'avais tant recherché. Il s'agissait d'une petite fleur dont il me suffirait d'écraser les feuilles et les faire bouillir dans l'eau jusqu'à ce que celle ci change de couleur. Le malade n'aurait plus qu'à la boire une fois la préparation froide. Ce serait un peu long mais très efficace. Je revenais sur mes pas, reconnaissant les lieux que j'avais traversé quelques heures avant, je sus mon retour en voyant mon cheval, occupé à brouter tranquillement sans se douter de ma détresse et celle de mon prisonnier. Galahad était toujours dans le coma, perdu dans ses songes, son corps soumis aux attaques de la maladie. Les crissements de mes pas réussirent à le tirer de son lourd sommeil, se relevant tant bien que mal.

« Han... soupira t-il, c'est vous... »

Il se recoucha doucement, un gémissement franchit ses lèvres sans son autorisation. Je sortis de la sacoche de ma selle un petit récipient de fer et ma gourde d'eau dont je vidais le reste dans la coupelle. Je rassemblais de quoi faire un petit feu et l'allumais avant de poser le bol sur les braises. Pendant que ce dernier chauffait, j'arrachais les feuilles de la plante avant de les écraser entre mes doigts, je les jetaient ensuite dans l'eau brulante et les laissaient infuser. Je retournais pendant ce temps aux côtés Galahad, il était encore chaud et tremblait, ses yeux fermés étaient serrés fortement.

« Ça va aller, lui murmurais-je en épongeant son front en sueur. Je vous ai préparé quelque chose qui va soulager votre douleur.

-Me...Merci. » Sa voix était très fatiguée, presque cassée.

Je jetais un rapide coup d'œil à ma préparation, la couleur de l'eau m'indiqua qu'elle était prête, enfin. Il ne restait plus qu'à attendre qu'elle refroidisse. J'enlevais la coupelle du feu et la posais non loin de Galahad qui avait recommencer à trembler. Pour le rassurer et moi avec, je passais avec tendresse une main sur sa joue qui alla ensuite se perdre dans ses beau cheveux bouclés présentement en bataille. Intrigué, il ouvrit un œil fatigué qu'il posa sur moi, attendant de savoir de quoi il en retournait. Je sentis mes joues rougir faiblement et mes lèvres lancer un doux sourire pour lui assurer que tout irait bien. En cette heure de la journée, le crépuscule avait déjà commencer à pointer le bout de son nez et la lune entamait son ascension alors que le soleil partait se coucher. Du bout de mon doigt, je touchais la surface du liquide pour vérifier sa température, elle était parfaite. J'aidais alors Galahad à se relever sur son séant et lui tendis l'infusion. Je le vit regarder avec dégout le liquide et humer l'odeur peut appréciable.

« Cela risque d'être extrêmement amer et vous risquez de ne pas aimer, mais je vous le demande, buvez tout, c'est le seul remède que j'ai à vous proposer. Il soignera votre fièvre et soulagera vos douleur ». Lui indiquais-je avec fermeté.

Après avoir lancé un dernier regard à ma mixture, il l'avala cul sec en plissant le nez. Au vue de son visage, le goût ne devait vraiment pas être bon, mais cela compensait avec son efficacité, dans ces cas là, il fallait choisir et c'était vite fait. Il se recoucha en lançant un long soupire et passa une main sur ses yeux.

« Dans combien de temps cela fera t-il effet ? Demanda t-il.

-Une à deux heures, ce remède agit plutôt rapidement. Malheureusement, pendant ce laps de temps vous serrez dans l'incapacité de vous mouvoir sans problème. Je vous conseil de rester couché le temps que cela vous fasse effet. »

Il ne répondit pas. Je ne sais pas pendant combien de temps je suis restée là à le regarder, sans échanger un mot, ni même un regard. Lorsqu'il rouvrit les yeux, la nuit était bien tombée et la nature avait reprit son droit, les oiseaux faisaient silence, les petits rongeurs courraient pour trouver leur nourriture, tous ces bruits résonnant telle une parfaite mélodie. La voix du chevalier coupa cette symphonie mais l'harmonie resta, tout s'accordait parfaitement à mes oreilles. Les mots, eux, eurent un drôle d'écho dans mon esprit, ils me firent tellement plaisir.

« Merci de m'avoir aidé.

-Il me semblait normal de vous venir en aide. Fut ma simple réponse.

-Oui mais, vous et moi ont ne se connait pas, où du moins depuis à peine deux jours. Nous venons de deux camps opposé et vous m'avez sauvé au péril de votre vie.

-Oui, bientôt les chevaliers du mur serons là et tomberons sur nous, je risque de perdre la vie dans cette rencontre.

-Mes remerciement ne serons jamais suffisant pour vous montrer ma gratitude.

-Vous n'êtes pas le seul qui doit des mercis... Murmurais-je à demi-voix. Je vous en dois aussi.

-Pourquoi ?

-Je n'ai pas oublié ce matin, votre geste et les mots que vous m'avez dit. Rien ne m'a jamais plus réconforté que ceux ci. Alors merci ».

Des larmes perlèrent sur mes joues à ce moment, un mélange de tristesse et de soulagement. Et comme ce matin, je sentis les bras de Galahad m'encercler et sa chaleur m'envahir. Je tombais dans son étreinte et me laissais bercer par lui. Nos rôles venaient de s'inverser...

Je ne sais combien de temps nous sommes resté là, mais une chose est sûre, je ne comptais pas les minutes. Me défaire de ses bras fut comme un supplice mais je ne pouvais malheureusement pas rester éternellement ainsi.

« Vous devez vous reposer. Fis-je en le repoussant amicalement, un sourire sincère peint sur mes lèvres.

-Oui, sans doute... Est-ce souvent que vous sauvez les prisonniers ?

-Non, pas vraiment, vous êtes le seul.

-Oh. Dans ce cas, désolé de poser la question mais, pourquoi moi dans ce cas ? Je ne demande pas ça par méfiance où quoique ce soit que vous puissiez prendre mal, je m'interroge seulement. J'avoue avoir du mal à vous cerner... Je sais que je vous l'ai déjà demandé lors de notre première rencontre mais, peut-être que maintenant vous auriez plus confiance à me parler.

-J'avoue moi même être un peu étonnée de mes agissements, peut-être à cause de mon éducation, qui sait...

-Votre éducation ?

-Oui. Voyez vous, mon père qui est mort lors de cette bataille était pour moi un vrai guide et un sage parmi les sages. Il ne voyait pas les hommes comme tout le monde et m'a appris à aider l'ennemi comme l'allier. Je ne dis pas que par là il était neutre, non, il défendait avec ferveur notre cause et Merlin. Mais contrairement aux autres de mon peuple, il ne considérait pas la vie d'un homme comme une vulgaire chose. L'ennemi avait le droit au respect, pas à la torture et la souffrance pour la simple vengeance. Il disait que la rancœur tuait l'être humain en nous, que la vengeance n'était qu'une excuse à nos propres faiblesses. Il m'a transmit un peu de sa vision du monde. Lorsque je vous ai blessé sur le champ, je n'avais qu'une idée en tête, vous tuer. Et puis lorsque je vous ai vu la première fois, si calme, aucune peur dans les yeux, je me suis souvenue de mon père et de ses mots. Je savais que si je n'étais pas intervenue, vous seriez mort dans l'instant poignardé. Alors j'ai pris sur moi votre survie, cela me semblait évident, la cause de votre situation s'était moi alors s'était à moi de vous garder en vie tout en étant mon prisonnier.

-Est-ce que l'éducation de votre père vous pousse à mettre votre vie en danger pour la mienne ?

-Peut-être que tout cela vous semble idiot mais maintenant qu'il est mort, je suis la seule qui puisse faire parler ses mots. Votre vie était en grand danger lorsque j'ai quitter le groupe pour vous soigner. Si je ne l'avais pas fait, vous seriez mort dans d'atroces souffrance dans la soirée.

-Votre père était quelqu'un de bien.

-Je le pense aussi.

-Vous l'aimiez tant pour faire cela ?

-Plus que vous ne pourriez l'imaginer... N'auriez vous rien fait pour vos parents ? »

Je me donnais une gifle mentale pour avoir parler sans réfléchir. Les traits de Galahad se renfrognèrent et ses yeux s'assombrirent. Mais sa voix résonna calme, légèrement amer mais calme. Je ne m'attendais pas à ce qu'il réponde.

« J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour eux. Malheureusement, la vie en a voulue autrement.

-Je vous demande pardon... Je ne voulais pas vous rappeler à votre famille. Fit-je en baissant les yeux et tordant avec force mes poignets comme si inconsciemment, je me punissais d'une telle idiotie.

-Non, ce n'est rien. J'ai depuis longtemps tourné la page, même si encore aujourd'hui je pense à eux, et ce surement jusqu'à ce que je sois libre. Me rassura t-il en prenant doucement mes mains.

-Avez vous de souvenirs d'eux ?

-Pas vraiment... Les romains sont venus me chercher je n'avais que huit ans.

-Huit ans ! M'exclamais-je au comble de l'étonnement.

-Oui... Je me souviens de ma mère qui tenait dans ses bras ma petite sœur âgée d'à peine deux ans. Elles pleuraient toutes les deux, ma mère avait le cœur brisé.

-Et votre père ?

-Je ne l'ai presque pas connu, mes souvenirs son flou. Ma mère disait qu'il était mort peu après la naissance de ma sœur. Un duel stupide.

-Je suis désolé...

-Non. Après tout, je ne me souviens pas de lui. Ce n'était pas une figure de guide pour moi, ma mère non plus d'ailleurs. J'ai passé plus de temps sur cette île à combattre que dans ma propre patrie.

-Vous regrettez votre maison ?

-Un peu oui...

-Et, que comptez vous faire une fois votre contrat avec Rome terminé ?

-Je l'ignore. Je ne sais pas si je rentrerais, pour cela il faut que je survive les cinq années qu'il reste. Ce n'est pas chose gagné étant donné que je suis toujours votre prisonnier. »

Oui, il était toujours mon prisonnier. Mais à quoi bon. Ou peut être que non, être avec moi lui donnait une chance d'être libre, de ne pas retourner auprès des romains et de risquer à nouveau sa vie. Je lui offrais une chance de pouvoir vivre. Mais peut-être qu'au fond, c'est ce qu'il cherchait, la bataille. On dit que les Sarmates étaient les meilleurs, les plus puissants, il faisait partit de ces hommes, cela faisait partit de lui. Sa voix me coupa dans mes pensées.

« Judy ? Ça va ? Vous ne dites plus rien. S'enquit-il.

-Non, tout va bien. Je me demandais juste...

-Juste... ? Répéta t-il pour m'encourager.

-Est-ce si dur d'être mon prisonnier ? Demandais-je enfin.

-Pourquoi demandez vous cela ? Dit-il méfiant.

-S'il vous plais, répondez moi.

-Je... Je n'avais jamais été fait prisonnier mais je vous avoue que vous êtes différente de ce à quoi je m'attendais.

-Si vous restez avec moi, vous pourriez être libre, ne pas être obligé de retourner risquer votre vie au mur.

-De quelle liberté parlez vous ? Vivre en fugitif, se cacher continuellement, ne pouvoir me déplacer sans craindre une attaque ? C'est de cette liberté dont vous parlez ? Une vie où je dois m'attendre à être poursuivit par tous les fronts, mes anciens ennemis et mes ex-alliés ? Galahad venait d'échanger sa voix calme avec une colère froide, pas spécialement tournée contre moi mais je sentais l'irritation qu'il m'adressais.

-J'avoue ne pas l'avoir vu de cette manière... Fis-je un peu honteuse.

-Quand je suis arrivé, j'ai essayé de trouver tous les moyens de partir de cet enfers, il n'y en a aucun sauf le chemin habituel, purger mes quinze années au service de Rome. Répondit-il un peu plus doucement.

-Je vois, murmurais-je à moi même, puis je repris à son intention. Je vais vous rendre votre liberté !

-Pardon ? Dit-il étonné.

-Vous avez bien entendu, je vais vous libérer mais je veux poser quelques conditions.

-Ai-je le choix...

-Pas vraiment, répliquais-je avec un sourire. Je veux deux choses, la première, que vous restiez avec moi le temps que vous soyez remis sur pied, bien sur, seulement dans le cas où personne ne nous aura retrouvé.

-Hum, j'accepte... continuez.

-Deuxièmement, je veux que vous me fassiez une promesse.

-Une promesse ? Répéta t-il incrédule.

-Oui, je sais bien que nous ne nous reverrons jamais plus, mais, je veux que vous me promettiez que vous survivrez aux cinq années qu'il vous reste et que vous trouviez des projets pour le futur. Ne restez pas sur le passé, avancez avec l'avenir que vous souhaitez faire. »

Il garda le silence face à ma requête, je me demandais-si il allait accepter. Après tout, cette promesse ne lui coutait rien et elle était dans son intérêt. Mais je voulais le voir continuer à avancer, il le méritait...

« Je veux bien vous faire cette promesse si en retour, vous aussi vous trouvez votre avenir.

-Je vous le promet. Fit-je tendrement en serrant sa main.

-Parfait. Répliqua t-il tout sourire. Alors moi aussi je vous le promet.

-Dans ce cas Galahad, je vous libère. Vous êtes maitre de votre vie et libre de faire ce que bon vous semble tant que vous respectez mes conditions.

-Rassurez vous Judy, pour l'instant je ne me sens pas prêt de bouger ».

Ce qui ne m'étonnais guère. Même si il le disait avec amusement, il restait encore un peu faible. J'avais l'idée de lui donner un peu d'eau mais je m'aperçus que j'avais vidée ma gourde tout à l'heure.

« Je vais aller vous chercher de l'eau. Je n'en ai pas pour longtemps, il me semble avoir vu une rivière tout à l'heure.

-Bon. »

Une nouvelle fois je disparues à travers les arbres sur le chemin du fleuve. La forêt dans la nuit me semblait un véritable havre de paix. J'eus cette fois ci le plaisir de me balader à travers la douceur de l'air de l'été, sans me presser, admirant distraitement les étoiles dans le ciel partiellement caché par les feuilles. Le bruit de l'eau coulante m'indiqua la direction à prendre et j'arrivais sans peine en vu de la rivière. Je m'agenouillais au bord pour remplir ma gourde d'une eau pur et claire. Je ne m'attendais à rien jusqu'à ce que d'un coup quelque chose me tire violemment en arrière, me plaquant une main sur la bouche et collant une lame glacé sous la gorge.

« Ne bougez pas » Me susurra froidement une voix.

OoOoOoOoOoOo

Les chevaliers avaient passé la journée entière à courir après les Pictes. Tristan, qui comme à son habitude était partit en avance sur les autres pour repérer les lieux venait de revenir. Rien qu'en voyant son air, Arthur devina qu'il revenait avec des nouvelles.

« Qui a t-il Tristan ? S'enquit le commandant.

-Leurs traces sont parfaitement visibles, ils n'ont pas pris la peine de les effacer.

-Il y a quelque chose d'autre ?

-Et bien oui, à un kilomètre environ, certaines traces bifurquent. Vue la profondeur je pense que le cheval était fortement chargé. Il y a de grande chance qu'il s'agisse de Galahad et de son garde. »

Les chevaliers furent surpris d'apprendre ça. Gauvain ne put s'empêcher de demander.

« Tu es sur Tristan ?

-Non. »

Le blond fut déçu de la réponse de l'éclaireur. Il savait pourtant qu'il ne pouvait avoir de meilleur information, mais la disparition de Galahad le rendait malheureux et très seul. Il n'avait plus personne avec qui parler, le jeune chevalier était son meilleur ami avec qui il arrivait à tout dire, aucun secret ou presque n'existait entre eux. Il soupira et se renfrogna, s'enfermant dans un lourd silence. Arthur repris.

« On y vas. »

Tous reprirent leur marche, Tristan en tête. Le soir commença à pointer et les bruit de la forêt reprirent leur importance. Les traces aux sol étaient parfaitement visible, et la bifurcation facilement repérable. Cependant, le chemin emprunté était beaucoup trop réduit pour passer à plusieurs sans effrayer les montures, les arbres étant trop rapprochés les uns des autres. Ils décidèrent d'avancer un peu pour trouver un meilleur itinéraire.

« Il faut faire attention à ne pas trop s'éloigner, fit Tristan. Nous risquons de perdre la piste. »

Tout à coup Lancelot stoppa son cheval, ses yeux fixant l'obscurité troublante des bois. Les autres chevaliers suivirent le mouvement et arrêtèrent à leur tour leurs montures. Arthur vint rejoindre son ami.

« Tu as vu quelque chose ? Demanda t-il.

-Je... Non, j'ai entendu des craquements étranges par là bas. Je n'ai pas l'impression qu'il s'agisse d'un animal.

-On dirait que les Pictes qui se sont séparés ont joué la mauvaise carte, dit Bors à demi-voix. Ils n'ont pas fait tellement attention à la discrétion.

-Tristan, vas y. » Fit le commandant en lançant un regard à l'éclaireur.

Ce dernier s'exécuta et disparut dans la forêt à pas de loup. À première vu, tout semblait normal, pas de mouvement ni de sons suspect. Puis, le bruit d'une rivière lui arriva aux oreilles, ainsi que le son de feuilles écrasés et de cailloux déplacé. Presque imperceptible, pas pour Tristan. Il s'approcha sans un bruit de l'eau, caché par les arbres et repéra sans problème la source des sons étrange. Une jeune femme aux long cheveux bruns était penchée au dessus de la rivière et remplissait sa gourde sans se douter du danger. Avec la rapidité d'un félin, le chevalier sortit sa lame et attrapa la jeune femme avant de l'empêcher de crier. Puis, avec le plus grand calme, il lui dit:

« Ne bougez pas. »


Et voilà, en espérant que le chapitre vous ait plu ^^! Bye et au prochain!