Coucou!

Moi? En retard?

Ben oui, mais je n'étais pas très inspirée par ce chapitre, et comme c'est un chapitre crucial... Bref...

En espérant qu'il vous plaise malgré le retard!

Bises, Plumette


Mon arrivée dans le bureau du Directeur est fracassante. J'apparais dans la cheminée et tombe en éparpillant plein de cendre sur le tapis.

Dumbledore était assis à sa table en train de rédiger une tête. Il lève les yeux.

-Allyson ?

Je ne sais pas comment je fais pour faire de l'humour, mais je marmonne :

-Non, c'est Fumseck.

Il sourit doucement et s'approche de moi pour me lever.

-Que se passe-t-il ?

Il a repris sa mine grave.

Toutes les raisons de ma venue me reviennent brusquement. Et j'ai osé faire de l'humour.

-Je…

Je lui tends le papier des Mangemorts qu'il parcourt rapidement. Son expression passe de grave à soucieuse.

-Ils…

-Oui.

Il s'assoit brusquement sur son fauteuil.

-Raconte-moi tout. Depuis le début.

J'entame mon récit sous son oreille attentive. Il ne m'interrompt pas une fois. Je largue tout. Le réveillon, l'attaque, la fuite, jusqu'au rire de la Mangemort.

Lorsque j'ai fini, je demande, tremblante :

-Que vais-je faire ?

-Tu es fatiguée. Pour l'instant, va à l'infirmerie.

Je n'ai même pas la force de protester.

Juste avant de sortir, il me fait une dernière recommandation :

-Essaye de ne pas te faire voir !

Je descends rapidement l'escalier et me dirige silencieusement vers le domaine de l'infirmière.

Je passe la tête et constate avec soulagement que la pièce se révèle être vide de patients. Je frappe à son bureau.

-Oui ? Oh Allyson ! Mais tu n'es pas censée être rentrée chez toi ?

-Je…

Je lui explique brièvement la situation et elle me donne une potion pour dormir d'un sommeil sans rêve.

Je m'allonge sur l'un des lits et m'endors instantanément.

OoOoOoOoO

-Comment va-t-elle ?

-Bien, mais elle est profondément choquée.

-Ce n'est pas étonnant.

Les voix se taisent et j'en profite pour ouvrir les yeux.

-Allyson ?

-Professeur ?

-Comment vas-tu ?

-Bof…

Il sourit. L'idée de ne plus revoir mes cousins est insupportable. Comment vais-je faire sans les piques de Karl ? Sans la sagesse de Kalie ? Sans les sourires d'Harriet ? Sans la protection d'Edmund ? On vient de m'arracher une part de moi… Comment vais-je vivre ?

Je n'arrive pas à m'y faire. Je ne réalise pas encore.

-Que vais-je faire ? Je demande une deuxième fois.

-Ils te croient morte.

-Je dois partir ?

-Si tu restes ici, ils vont savoir que tu es vivante et te pourchasser dès que tu seras en-dehors de Poudlard. C'est ton choix, et quoi que tu fasses, il y aura un prix à payer.

-Je…

-Réfléchis. Ce n'est pas une décision que l'on prend à la légère.

Je réfléchis, mais je ne sais toujours pas.

-Si je pars, ce sera pour aller où ?

-Je peux te trouver une place à Salem pour que tu continues tes études. Je te laisse réfléchir.

Il sort et je me retrouve confrontée à moi-même.

Que faire ? Partir à Salem ? Rester ?

Je ne sais pas. L'idée de partir m'est insupportable.

Partir à Salem ? Rester ? Partir à Salem ? Rester ? Parti…

-Zut alors !

L'image de ma famille s'impose à moi et une crise de larmes me prend.

Pourquoi moi ? Pourquoi, hein ? Pourquoi ce foutu bombardement ne m'a-t-il pas tué ? Tout aurait été si simple…

Et Tonks alors ? Et Chris ? Et Drew ? Et tous mes amis ?

Tu dois te relever, Allyson. Ils sont morts et tu as survécu. N'oublie pas que tu as tes amis qui sont en train d'attendre que tu te relèves pour continuer à avancer.

Le Monde est injuste.

OoOoOoOoO

Partir ? Rester ?

Je ne sais pas. Qu'aurait fait Kalie ou Leanne ? Pour la première fois, je suis incapable de décider de ce qu'elles auraient choisi.

Partir ? Rester ?

Partir signifie que je ne verrais plus très souvent mes amis. Rester signifierait que je me relèverais plus vite, mais pour mieux replonger à la sortie de Poudlard.

Partir ? Rester ?

Partir, c'est comme m'éloigner d'Eux… Comme si je fuyais leur passé. Rester, c'est insulter leur mémoire car les Mangemorts sauront que je suis vivante et me tueront.

Partir ? Rester ?

Non, décidément, je ne sais pas.

Je me lève silencieusement et prends la direction du bureau de Dumbledore.

Je frappe quatre fois. Je frappe toujours quatre fois aux portes. Une coutume idiote. Ridicule de le dire maintenant, mais j'ai toujours frappé quatre fois à une porte.

-Entrez.

Je m'avance.

-Bonjour, Allyson. Ça va mieux ?

-Oui…

Il me sourit.

J'attaque direct :

-Que signifie partir ?

-… Peux-tu expliquer ta question ?

-Que signifie partir ? Je veux dire, Ils doivent bien avoir des espions, de la famille éloignée, n'importe quoi, en Amérique.

-Tu peux changer de nom.

-Peut-être, mais l'apparence… regardez, une fille anodine, ça ne passe pas si inaperçu que ça. Je suis tellement banale que ma banalité me fait faire remarquer.

-Euh…

-Cela veut dire, que toutes les autres ont quelque chose ne plus, un mini truc en plus des autres, presque rien. Mais moi, rien. Juste rien. Et ça, ça me fait faire remarquer. Parce que vu que je n'ai rien en plus, et bien ça me fait être différente.

-Ton absence de « petit truc en plus » fait peut-être toute la différence…

Ça, c'est ce que m'a dit deux fois Kalie.

-Bref… As-tu choisis ?

-Non. Que veut dire partir ? Dois-je couper les ponts avec l'Angleterre ?

Il me lance un regard qui me fait frissonner. Un regard plein de « oui ». Il choisit ses mots avec soin.

-C'est à toi de choisir. Je ne peux pas te forcer.

Il me sourit encore une fois.

« Mais arrête de sourire sale fou ! » ai-je envie de hurler.

-Réfléchis. Mais dépêches toi, il ne faut pas que ta réflexion s'éternise.

« Cool pour me rassurer le vieux ! Sale idiot ! »

Je m'en vais en claquant la porte. J'ai envie de pleurer. J'ai envie de hurler. J'ai envie de redevenir hystérique. Je ne dois pas. Je ne dois PAS me laisser aller. Il faut que je me redresse.

Je n'ai pas envie de tourner la page.

La Vie est trop dure.

OoOoOoOoO

Partir ? Rester ?

Ces deux mots me font froid dans le dos.

On est le 27 décembre. Deux jours que je suis ici (sans compter le 24 au soir). Deux jours que ces deux mots me hantent. Deux jours que le Cauchemar a commencé. Deux jours que je me questionne, que je me réveille en sursaut la nuit. Deux jours que j'attends le « Haha ! On t'a bien eu cousine ! ». Deux jours que ce mot n'arrive pas. Deux jours de trop.

Mais… si je pars, je resterais en contact avec Tonks, avec Drew, n'est-ce pas ? Je ne sais pas… Rester en contact avec eux, c'est peut-être le mettre en danger de mort, à la sortie de Poudlard… Imaginez qu'ils les capturent… Qu'ils pratiquent l'Occlumancie… Qu'ils découvrent qu'ils savent où je suis cachée… Qu'ils…

NON !

Cette pensée est insupportable.

Imaginez qu'ils les… Qu'ils les torturent…

Mon menton commence à trembler ainsi que mes jambes. La vue de Tonks hurlant devant un sorcier à la baguette pointée sur elle m'est insupportable.

Entendrait-elle le même rire que j'ai entendu ?

Peut-être qu'il faut que je coupe les ponts, que je m'en aille… Que je me fasse passer pour morte…

Je dois protéger ceux que j'aime. Comme Edmund l'aurait fait.

N'oublie pas tes promesses, Allyson.

Si je reste, je les mets en danger.

Si je pars et que je reste en contact, je les mets en danger.

Si je pars et que je me fais passer pour morte, je les protège.

Je sors de l'infirmerie en trombe.

Ma décision est prise.

OoOoOoOoO

-Je pars. Et je coupe les ponts.

-En es-tu sûre ?

- Oui.

OoOoOoOoO

J'inspire profondément. La petite colline sur laquelle j'habitais est recouverte de neige. Je reviens ici une dernière fois. Dumbledore n'a touché à rien, me donnant pour prétexte qu'il allait faire comme s'il ne savait rien. Pour ne pas qu'on se doute de quelque chose.

Mes pas résonnent silencieusement dans le hall de la demeure où j'ai vécu quinze ans.

Je monte les escaliers. A côté de moi, le Directeur de Poudlard sort sa baguette et lance un sort à l'emplacement du bombardement. Du bombardement qui était censé me tuer. Qui m'a à peine égratigné.

Il remet Jonathan à sa place d'origine et fabrique une espèce de clone de moi.

-J'ai besoin d'être seule…

Il hoche la tête et sort.

Je serre les yeux, très, très fort. Malgré tout, une larme arrive à se frayer un chemin.

Je redescends lentement les escaliers, vers la scène de mort. On voit des morts, on sent la mort, presque si on l'entend.

J'enserre Leanne contre moi. Je la serre fort, très fort, je plonge mon nez dans son parfum de vanille qui sent désormais la mort.

-Je t'aime, Leanne.

J'embrasse Jonathan sur la joue et frissonne. Il est froid. Il y a comme un goût de mort.

Je les enserre tous. En dernier, Harriet. Parce que c'est la benjamine. Parce qu'elle n'avait pas encore mordu à pleines dents dans l'allégresse des journées. Douze ans, c'est jeune. On ne s'est pas encore amusé comme il faut.

Je la prends dans mes bras, et essaye de lui insuffler tout ce que j'ai déjà ressenti, tout le bonheur auquel j'ai goûté. Je les regarde tous une dernière fois. Mon regard s'attarde tous sur Eux, ma famille. Mes oncles, mes tantes, ma grand-mère, mes parents, et mes cousins.

Je quitte la salle de mort.

Je vous aime.

OoOoOoOoO

-Que fait-on, maintenant ?

-J'ai contacté mon confrère de Salem.

-Et ?

-Il est d'accord pour que tu ailles te réfugier à Salem.

-Je vais changer de nom ?

-En effet… Si tu veux couper avec ton passé, tu le dois.

Je baisse la tête.

Je n'ai pas envie de partir.

Des larmes coulent sur mes joues.

Je ne veux pas les quitter.

La voix que Kalie aurait prise résonne dans mes oreilles. « On ne te quitte pas. On vit toujours dans ton cœur. On continuera à marcher auprès de toi. Quoi qu'il arrive. »

-Et je m'appellerais comment ? Je dirais quoi quand on me demandera pourquoi je suis venue ?

-On verra…

Gnagnagna…

Je hais le Monde.

OoOoOoOoO

On est désormais le 31. Je pars à Salem après l'enterrement de mes cousins. Je veux être là. Ce sera comme ce qui marque la fin de cette vie.

Je me cache dans Poudlard. Maintenant, même ici je dois me cacher.

Ça ne me dérange pas. Je passe mes journées dans les souvenirs.

J'ouvre mon sac. Machinalement-je fais ça du matin au soir-je prends les cadeaux que mes cousins m'ont offert.

Dans le médaillon de Tonks, j'ai laissé la photo d'elle et moi, j'ai mis sur l'autre face une photo miniaturisée de Chris et Tonks, et j'ai enfermé des cheveux dans cet objet qui me fait pleurer quand je l'ouvre, ou même quand je le regarde.

J'ai pris un cheveu de chacun de mes cousins, un de Tonks (Il s'est accroché au médaillon, surement lorsqu'elle l'a fermé après avoir mis la photo), un de Chris (je l'ai récolté il y a un mois sur sa cape… C'est fou ce que je peux être niaise) et un de Drew (le scotch et les emballages…).

Je les ai emmêlés, formant une petite mèche brune, blonde, châtain avec un cheveu rose au milieu et je l'ai mis dans le médaillon qui ne me quitte désormais plus.

J'ai gardé les chaussures de Chris et le foulard de Tonks.

Ça y est, on a « découvert » le carnage. Hier. Un ami de mon père qui venait lui souhaiter de joyeuses fêtes.

Nous allons être enterrés le 31. Aujourd'hui. La cérémonie commence dans deux heures.

Mes amis ont été prévenus. Je veux dire, de ma mort.

J'attrape un T-shirt noir, un jean noir, des Converses noires, un pull noir. Ne pas se faire remarquer.

Je m'empare de grosses lunettes noires, d'un chapeau noir qui me mange la moitié du visage et de mitaines noires.

Tout ce noir me déprime. Mais ne pas oublier : ne pas se faire remarquer, faire comme tout le monde…

Je me dirige vers le bureau de Dumbledore… Une habitude, en ce moment. Sauf que demain, je ne viendrais pas de sitôt dans ces couloirs. Déprimant…

-Ah, tu es là, Allyson ?

Non, c'est Gaspard !

-Oui…

On sort de l'école et il prend mon bras.

On transplane.

Je n'aime pas cette sensation. On se matérialise devant un petit cimetière.

-Fais attention. On ne doit pas te voir.

Je hoche la tête et il se fraye un chemin vers le devant.

Je me dirige vers le fond et reste à l'écart.

Et Ils arrivent. Eux.

Drew soutient à moitié Tonks toute retournée, qui pleure à chaudes larmes et qui est sur le point de s'écrouler. Chris, lui, regarde dans le vide, choqué, l'air de se dire « Vous nous faites une blague de mauvais goût, là ? ».

Comme moi quand j'ai su que mes cousins n'allaient plus revenir.

Tiens bon, Tonks, ne t'effondre pas !

J'ai envie de me précipiter sur eux, de les prendre dans mes bras, de pleurer… d'embrasser Chris…

Ai-je fais la bonne solution ?

C'est trop tard, maintenant.

Lorsque je me rends compte de quelque chose… Tonks est habillée en noir…

NON !

Pas elle ! Elle n'a pas le droit ! Tonks DOIT s'habiller en couleurs, sinon, ce n'est pas Tonks. Relève-toi mon amie ! Ma meilleure amie ! Tonks qui s'habille en noir est pareille à Leanne qui tombe et à Harriet qui pleure !

Ce n'est pas possible.

Des larmes coulent le long de mes joues.

Dumbledore me regarde.

Eh bien non, je n'abandonne pas, je dois les protéger, je ne bougerais pas vieux fou !

La cérémonie commence. Je n'écoute que d'une oreille distraite, regardant la ribambelle de gens, que je connais, que je ne connais pas ou que j'ai déjà vu.

Mais mon attention est retenue par Tonks. Pourquoi dois-je la faire souffrir autant que j'ai souffert lors de la mort de mes cousins ? Pourquoi ?

J'ai l'impression qu'elle ne va jamais s'arrêter de pleurer. Mais elle doit. Elle doit se relever, comme je dois le faire.

Je ne resterais jamais trop loin, Tonks, c'est promis.

A vous aussi, Chris et Drew. Je veillerais sur vous.

La cérémonie est terminée, les gens déposent chacun leur tour une rose dans la tombe de ceux ou celles qui leur ont été chers, et dans les autres par politesse.

Beaucoup pleurent.

Je vois un fillette de douze ans pleurer et lâcher une fleur blanche dans la tombe d'Harriet. Je reconnais sa meilleure amie, dont elle nous avait souvent parlé. Emily Lambert.

Je reconnais plein d'amis de mes cousins, décrits dans des lettres.

En derniers, mes amis s'approchent.

Drew lâche Tonks qui va se réfugier dans les bras de Chris et s'approche de la tombe.

-Tu sais, Allyson, je t'ai toujours admiré…

Il se tait et mets une rose blanche dans ma « tombe ». Mon ami. Pas besoin de mots, entre nous. Un simple sourire suffit. Sourire ravagé par les larmes qu'il offre au ciel.

Chris lâche une rose rouge et verse quelques larmes qu'il retient. Je le sais. Pleure, Chris. Tu surmonteras plus vite si tu extériorises.

-Tu sais, Ally, je t'aime.

Et il éclate en sanglots.

Moi aussi, je pleure. Moi aussi, je t'aime Chris. Moi aussi… J'ai envie de me précipiter vers toi, de retirer mes lunettes et mon chapeau melon, de détacher mes cheveux que j'ai coincé dans le chapeau et de venir dans tes bras te consoler et hurler « Je suis là, Chris ! »

Tonks, à son tour, la dernière s'avance. Elle lâche une rose multicolore.

Merci, Tonks. Moi aussi je t'aime.

Elle ne dit rien. Elle n'a besoin de rien dire. J'ai compris. Ce qui nous relie va au-dessus des mots. Bien au-dessus.

Moi aussi, je vous aime.

Je m'avance vers les autres tombes et jette des roses de différentes couleurs.

Pour les adultes, je mets des roses noires.

Pour les enfants, je mets des roses de couleur. Je ne connais pas beaucoup la symbolique des couleurs. Je sais que le blanc est le symbole de la pureté et de l'innocence. J'ai donc mis à Harriet une fleur blanche. Il me semble que le bleu est le symbole de la sérénité, donc c'est pour Kalie. Pour moi, le rouge-orangé est optimiste, alors je l'ai mis à Leanne. J'en ai mis une rouge à Karl. Le rouge : la passion. Après, j'ai pris les couleurs qu'il restait : violet à Jonathan, jaune à Oliver et rose à Edmund.

Je recule. On recouvre les tombes de terre. Je pleure.

OoOoOoOoO

Lorsque tout le monde est parti, je reste encore un peu, Dumbledore m'attendant à la sortie du cimetière.

Je regarde les tombes, côte à côte.

Je fais apparaître sur chacune des tombes une guirlande de fleurs colorées. Comme ça, ça fait moins triste.

-Au revoir. A bientôt…

Je me retourne, et m'éloigne lentement à la sortie du cimetière.

Je meurs d'envie de rester ici et de partir en courant à la fois. Je choisis la deuxième option.

Tu dois continuer à avancer, Ally. Tu dois démarrer ta nouvelle vie.