Coucou !

Après une longue absence voici le premier chapitre !

Avant qu'on me le dise, il y aura des fautes d'orthographe que je vais corriger par la suite, mais je tenais à vous le faire lire étant donné la longue attente.

Voilà bonne lecture !


Chapitre 1

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Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis la libération de Will de cette pièce sombre. Plusieurs jours au cours desquels Hannibal exerçait sans relâche une pression psychologique sur lui.

Le médecin avait tenu à maintenir les vieilles habitudes avec Will, c'est pourquoi ils continuaient leurs séances de thérapie dans son bureau.

Will parlait peu, il ne voulait pas rentrer dans le jeu du psychiatre même si parfois ses paroles faisaient écho en lui alors il ne pouvait s'empêcher de contrer ses dires.

Aujourd'hui Will était perché à l'étage à parcourir des yeux le titre des innombrables ouvrages qui constituaient la bibliothèque d'Hannibal. Certains devaient être là pour la décoration car il ne voyait vraiment pas ce que Lecter pouvait y trouver d'intéressant. Mais la bibliothèque de quelqu'un dévoilait la personnalité profonde de son propriétaire : Anglais, français, allemand et même du latin. Anatomie, science du comportement, essais de psychanalyse, rien de moins étonnant, l'homme était un éminent psychiatre après tout. Classiques, recueils de poèmes, manuscrits anciens, Edgard Allan Poe, Dante, Voltaire, Lacan, Heidegger, Platon. La bibliothèque d'un fin érudit.

Will s'arrêtait, prenait en main certains livres au titre prometteur et en lisait distraitement quelques passages, n'enregistrant dans sa mémoire que ceux intéressants, ou frappants, ou les deux, comme celui sur la psychologie animale considérée par l'auteur comme très proche de celle l'Homme, notamment dans des circonstances où le sujet était confronté à la peur sans échappatoire possible :

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« Même émergence d'instinct primale, même réaction d'auto-défense face au danger : l'attaque, un déchainement de violence dans sa forme la plus brutale, la plus cruelle, le sujet saute à la gorge de son ennemie, en oublie dans le processus le plus élémentaire prudence, et attaqu…, attaque, jusqu'à détruire son adversaire, ou perdre la vie, mais à ce stade d'abandon cela n'a plus d'importance. Les neurobiologistes parleront de cette perte de contrôle comme de compulsions par une surstimulation du système limbique, une surproduction de neurotransmetteurs comme l'adrénaline et la dopamine et qui modifient tout autant qu'ils dérèglent le comportement et la personnalité du sujet, pour un temps donné. Face à un danger imminent dont elle ne peut s'échapper, dans un cycle de violence toujours plus important, la victime devient bourreau. Et de la même manière que certaine espèce animale comme le chien, le tigre ou le piranha il n'est pas rare qu'un homme se surprenne à apprécier cette rencontre avec l'autre, avec lui-même, cet instant où il devient puissant, sans peur, immortel (dans sa tête), vindicatif, il a gouté au sang et découvre qu'il aime ça. Un nouveau prédateur vient de naître, aux pulsions similaires à une addiction, une addiction à la violence. »

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Passionnant. Et effrayant, pensa le jeune homme qui remit précipitamment l'ouvrage à sa place. Il suffisait de si peu… si peu…

Et il poursuivit son inspection, ignorant les fins tremblements dans ses mains et son cœur aux battements légèrement plus rapides qu'avant sa lecture.

Quant à Hannibal, il était assis dans son fauteuil et ne quittait pas Will du regard, l'analysant, disséquant chacun de ses gestes, chacune de ses réactions, notant les manuels étudiés et dont il connaissait le contenu sans même avoir à lire le titre.

Hannibal portait un costume acajou avec une cravate bleu cobalt. Un mouchoir de soie sortait de sa poche à la poitrine, de couleur rouge cramoisi, accessoire de décoration, jusqu'à présent Will ne l'avait jamais vu l'utiliser.

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- Voulez-vous descendre Will ? Cela serait plus facile pour discuter.

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Pas de réponse de sa part ce qui ne l'étonna pas. Hannibal n'était pas du genre à abandonner facilement aussi poursuivit-il la conversation.

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- À quoi pensez-vous ?

- Mes pensées ne sont pas aussi savoureuse que vos plats, je doute fort que cela vous intéresse, répondit Will sarcastique, sans même se retourner. Il attrape délicatement la couverture d'un vieux livre écrit en lituanien. Il n'y comprit rien, mais en voyant les quelques illustrations, il put aisément en déduire que cela traitait de guerre.

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Qu'Hannibal ait ce genre de livre ne l'étonna pas car c'était après tout un fin stratège et eut-il été un personnage influent dans un conflit il aurait sans aucun doute fait gagner son camp. C'était un homme dangereux qui savait utiliser ses capacités intellectuelles comme personne. D'ailleurs physiquement aussi comme il l'avait prouvé lorsqu'à plusieurs reprises il avait eu à le dominer par la force, à maitriser ses épisodes d'agitation son corps en était encore meurtri, marqué par les nombreux hématomes, surtout au niveau des bras et des poignets.

Will finit par descendre par l'échelle en bois, robuste malgré son apparence frêle, en tout point similaire au jeune homme. Il semblait au premier regard fragile et sur le point de s'effondrer, mais intérieurement il se battait encore, il refusait de s'avouer vaincu. Hannibal n'aurait pas raison de lui, il ne le permettrait pas.

Malgré ses convictions, son esprit restait embrouillé et il lui arrivait de faire des absences ou d'oublier ce qu'il venait de dire. La nuit Will dormait peu, il n'arrivait pas à rester serein face à la situation. Il ne se sentait pas en sécurité. Mais le serait-il un jour ? Tôt ou tard mon absence soulèvera des questions, vous ne pourrez pas me garder cacher indéfiniment.

Beaucoup de personne disparaissent chaque année sans explication ou interrogation et vu votre instabilité psychologique, il ne sera pas difficile à croire que vous avez tout simplement prit la fuite, refusant de faire face plus longtemps à toutes les horreurs des scènes de crime que Jack vous obligeait à analyser, dit Hannibal, énonçant une vérité que Will ne pouvait nier.

Vous semblez tellement sûr de vous... mais chaque plan a une faiblesse, chaque homme est par nature faillible et aussi brillant êtes-vous, vous n'y faites pas exception. Vous finirez par tomber.

Hannibal, amusé, suivit du regard son interlocuteur qui se dirigeait vers le piano qui trônait dans la pièce. La musique tenait une grande place dans la vie du psychiatre. Il savait jouer de plusieurs instruments dont le piano. Il était doué et n'hésitait pas à le montrer tout en subtilité, commençant par des notes simples que ses invités pouvait reproduire pour ensuite finir avec un enchaînement rapide et fluide, lent et maitrisé que seul un pro pouvait faire sans une fausse note.

Will passa ses doigts sur le bois vernis tout en regardant dans la direction de Lecter, veillant toutefois à ne pas croiser son regard, il ne regardait personne dans les yeux et ce depuis toujours. Une manière de fuir le contact social qu'il détestait tant et de ne pas rentrer dans la tête de son interlocuteur. Et après ces derniers jours, après avoir eu un aperçu de la monstruosité de son hôte, explorer intimement le subconscient de celui-ci, quand bien même le pourrait-il, était bien la dernière chose dont il avait envie. Et qui pourrait l'en blâmer ?

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- Vous en jouez souvent ? demanda-t-il à la place.

- Pas vraiment, quand l'humeur y est, lui répondit Hannibal en croisant les jambes ce qui fit remonter un peu son pantalon, dévoilant ainsi ses chevilles habillées de chaussettes noires.

- Et quel doit-elle être pour en jouer ?

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Pour réponse le plus âgé se contenta de sourire brièvement avant de reprendre son masque imperturbable. Il restait toujours très vague sur ce qu'il ressentait et pensait. Il préférait psychanalyser les autres plutôt qu'être étudié lui, comme tout homme qui avait quelque chose à cacher.

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- J'ai toujours voulu jouer d'un instrument, exprimer mon art en musique me semble plus poétique qu'en dessin ou par écrit, dit Will, ses doigts caressant les touches, les frôlant délicatement.

- C'est une façon de voir les choses. Qu'est-ce qui vous à empêcher d'apprendre ?

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Will trouvait cette question intrusive et horriblement personnelle, abordant une zone douloureuse et mal cicatrisée de sa psyché, touchant du doigt ce jeune enfant assis au regard triste et aux bras encerclant ses genoux comme pour se protéger, ou empêcher les morceaux brisés en lui de s'éparpiller. Il pensa directement à son passé, à son enfance qui n'avait pas été facile. Il avait toujours pensé que son côté asocial et insécure venait de son vécu. Il était issu d'une famille monoparentale, son père était toujours absent ou lorsqu'il était là se montrait totalement indifférent, éteint. C'est pourquoi il avait créé des liens plus fort avec les animaux -particulièrement les chiens- qu'avec les humains.

Et bien sûr Hannibal étant ce qu'il était, il savait. Il savait comment l'atteindre, savait comment le perturber, le renvoyer à son insécurité, à des peurs enfantines avec juste un mot, une question anodine.

Comment avait-il pu autrefois rester aveugle, ignorer cette capacité terrifiante qu'avait l'homme de lire en vous, d'en déchiffrer, déchirer les pages, de finir par vous connaitre mieux que vous ne vous connaissez vous-même et de se servir de cette connaissance pour vous briser, vous modeler, vous manipuler ?

Comment ?

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- Vous essayez de créer un lien entre nous en me faisant parler de mon passé, constata Will à voix haute.

- C'est exact. Cela vous gêne-t-il ?

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Nonchalance, un brin d'amusement. Hannibal en soi.

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- Vous connaissez déjà la réponse.

- Pouvez-vous m'apprendre quelque chose que je ne sais pas dans ce cas ?

- Impossible, on ne peu remplir une coupe déjà pleine..., dit Will, un bref sourire apparut sur son visage. Pouvez-vous m'apprendre à jouer du piano ? Je ne suis pas prêt de partir, alors autant occuper mon temps.

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Hannibal arqua un sourcil à sa demande. Il ne s'y attendait pas. Il sourit d'un air énigmatique et se leva pour se rapprocher de lui. Il avait investi une certaine somme pour faire de la garde-robe de Will quelque chose de présentable et pourtant le jeune homme persistait à ne pas marier harmonieusement ses vêtements. Le faisait-il seulement pour le contrarier ? En tout cas il ne trouvait vraiment pas les couleurs des plus assorties. Will avait mis un pantalon couleur bleuet et une chemise noire et par-dessus un pull composé de différents mélanges de vert avec des motifs de feuille. Un pan de la chemise ressortait de son pantalon ce qui avait sauté aux yeux d'Hannibal qui devait résister à l'envie de réajuster tout cela.

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- Pensez-vous que vous pouvez me manipuler en jouant les soumis ? demanda Hannibal, parfaitement calme et assez amusé d'avoir démasqué sa petite stratégie. Ça aurait pu fonctionner, avec une personne moins intelligente, moins ingénieuse qu'il ne l'était. Il était maître dans l'art de la manipulation après tout, et même si Will montrait des aptitudes réellement prometteuses ils n'en étaient pas encore au même niveau.

- C'est à vous de me le dire... que pensez-vous que je crois ?

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Lecter s'installa malgré tout au piano et en effleura les touches. Il ferma un instant les yeux, comme pour se préparer, puis commença à interpréter une musique aux accents doux et légers. Will s'écarta un peu et l'écouta jouer. Ses yeux restaient posés sur ses doigts, comme hypnotisés, son regard refusait de quitter ces doigts fins et agiles qui dansaient sur les touches blanches et noires de l'instrument. Le son qui en ressortait était beau mais tellement triste qu'elle le plongea dans un monde de solitude et presque... d'abandon. La mélodie le berçait, le manipulait pour l'emmener avec elle dans son chagrin douloureux. Mais Hannibal brisa ce moment assez tôt, ce qui ne fut pas pour lui déplaire.

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- Allez voir sur mon bureau, j'ai disposé de nouvelles photos pour vous, dit Hannibal qui continuait de jouer sa mélodie aux airs mélancoliques.

- Je n'aime pas ça, vous savez ce que cela me fait, signifia le jeune homme en se ressaisissant.

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Il va tout de même vers le bureau en bois dont la surface n'avait pas un seul coup, pas une imperfection. Cela lui rappelait quelqu'un...

Sur le bureau était disposé trois photos. Trois photos de scène de crime, toutes les mêmes, représentant trois famille différente. Enfin, famille était un grand mot, il n'y avait qu'un petit garçon et une femme. Il se demanda comment il se les était procurées. Sans doute par le biais de Jack… Ce qu'elles représentaient... Il déglutit et en prit une qui montrait une femme brune et un enfant aux cheveux de la même couleur, tous les deux couchés dans un lit. Ils étaient bien habillés, leur maintien dégageait quelque chose d'harmonieux et de paisible dans cette mort plutôt révoltante. Il n'y avait aucune blessure apparente.

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- Dites-moi ce que vous voyez, demanda Hannibal sans s'interrompre de jouer.

- Suis-je obligé ?

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Un seul regard d'Hannibal suffit à le faire obtempérer. Il soupira et focalisa son attention sur l'image, l'exercice était plus facile lorsqu'il se trouvait en personne sur les lieux du crime. Pour se concentrer il ferma les yeux. Tout d'abord une lumière clignota lentement et un pendule géant passa devant ses yeux. La femme et le garçon étaient de nouveau vivants et souriants, du moins dans sa tête. Il narra comme s'il était le tueur. Il se mit à conter la scène telle qu'elle se créait dans son esprit, d'une voix détachée, perdu dans un monde fait d'obscurité et d'horreur, aux monstres arborant toujours le même visage : le sien.

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- Une mère et son fils, un tableau des plus insignifiants mais pas pour moi. Ça doit être eux et personnes d'autres. Je tiens l'enfant par les épaules, ainsi sous mon emprise je sais que sa mère fera ce que je lui demande. Nous montons à l'étage et allons jusqu'à la chambre. À ma demande elle s'allonge sur le lit, pendant ce temps j'enferme l'enfant dans le placard et lui demande de rester sage, je ne veux pas qu'il assiste à ce qui va se passer. Je m'approche de la femme, ce n'est pas n'importe qu'elle personne à mes yeux. C'est ma mère...

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Will s'interrompit un instant, observant toujours la scène sous ses yeux. La femme restait couchée, l'air terrifiée. Il ne sait comment, mais la voix d'Hannibal parvint à arriver jusqu'à lui.

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- Continuez Will.

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Étrange...

C'est ma mère, du moins celle que j'imagine en cette femme. Je m'allonge à ses côtés et me blottit contre elle comme un enfant le ferait. C'est tout ce que je voulais, tout ce que j'aurai voulu avoir, une mère et on ne m'a pas donné l'occasion d'en avoir une. Cette envie assouvie, je ne peux la laisser encore en vie, elle ne le mérite pas. Je lui fais payer son abandon et l'étrangle jusqu'à ce qu'elle expire son dernier souffle, je me délecte de chaque parcelle de sa peur... la tristesse et la rage me tenaillent, mais je ne peux pas la laisser en vie. Quand j'ai finis, je m'occupe du fils, je ne veux pas le laisser sans mère, je sais que ce sort est cruel car on me l'a fait subir. Sa mort est rapide et nette, je ne veux pas le faire souffrir, il n'est qu'une victime innocente. Je les couche l'un à côté de l'autre, la main du petit garçon dans celle de sa mère. Dans la vie je n'étais pas lié à eux, mais la mort nous liera pour l'éternité.

Quand il rouvrit les yeux Will fut pris d'une migraine qui l'obligea à aller s'asseoir dans le canapé. Il avait de plus en plus du mal à faire ça sans en ramener quelque chose avec lui, un substrat des tueurs qu'il personnifiait et qui ne le quittait plus, lui montrait toutes sortes d'atrocités qu'il n'arrivait à oublier.

La pièce était plongée dans le silence, Hannibal avait arrêté de jouer, il observait son patient, analysant chaque partie de son corps comme le ferait un chirurgien. Il se leva et garda le silence jusqu'à ce qu'il fut assis en face d'un Will agité par ce qu'il venait de traverser.

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- Que vous inspire ces images ? demanda-t-il calmement.

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Et après un temps celui-ci murmura doucement, buttant sur certains mots :

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- Ma mère... Ce que j'aurai pu être susceptible de lui faire... Je ne vous ai jamais parlé d'elle n'est-ce pas ? Mon histoire -notre histoire- est similaire.

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Et la vérité vint le frapper en pleine figure. Combattant des années de conditionnement il leva la tête et se força à faire face à son interlocuteur, le regardant droit dans les yeux sans flancher :

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- Est-ce une coïncidence si vous m'avez montrez ceci ?

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Et le chat du Cheshire prit possession quelques secondes du visage d'Hannibal. Même sourire, même regard ironique et front hautain :

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Il n'y a jamais de coïncidence avec moi Will, vous le savez.

Le concerné se tut un moment, il essayait de chasser cette migraine qui heureusement commençait à s'atténuer. Il prit une grande inspiration et expira. Il le fit plusieurs fois comme pour chasser par la même occasion toutes les images cruelles qu'il avait en mémoire. Jamais ça ne s'en irait, il le savait, il serait hanté à jamais. Tout comme avec le meurtre de Garrett Jacob Hobbs, son assassinat était inévitable, il allait tuer sa fille. Même s'il savait qu'il avait sauvé la vie d'Abigail, il revoyait sans cesse cette scène... tout ce sang...

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- Ce sang sur mes mains... il y en avait tellement, murmura Will en regardant ses mains intacts.

- De quel sang parlez-vous ?

- Jamais je ne tuerais ma mère, je ne suis pas comme le meurtrier qui a fait subir ce sort à ces trois familles, dit Will en jetant les photos aux pieds d'Hannibal.

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Le médecin les ramassa et les posa sur son accoudoir. Ensuite il se leva et se dirigea vers une petite table où était disposé un plateau. Il s'empara de la théière et fit couler du thé dans deux tasses. Will s'imagina -entre les coups de butoir de sa migraine- la prendre et la briser sur le crâne du psychiatre, le sang coulerait à flot, du sang chaud et épais salirait enfin la perfection que son corps dégageait, une perfection cachant un côté obscur et terrifiant. Gangréné.

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- Will, je dois vous avouer que je n'ai pas été très honnête envers vous, dit Hannibal en apportant les tasses. Il lui en offrit une.

- Quelle surprise..., ironisa Graham.

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Lecter esquiva un sourire et se rassit en déboutonnant les boutons de sa veste pour être plus à l'aise. Hannibal appréciait faire de l'humour même si le sien était un peu spécial, plus sombre et caustique, plus raffiné dans sa violence.

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- Les photos que je vous ai présentées aujourd'hui, elles sont truqués, ce sont des acteurs, ils ne sont pas mort, annonça-t-il en buvant une gorgée de son thé au jasmin et thé vert, il cultivait lui-même les plantes pour ses plats mais aussi pour en faire du thé.

- Pourquoi avoir fait ça ? demanda Will surpris, il n'y avait vu que du feu.

- À votre avis Will ? Que s'est-il passé lorsque vous avez regardez ces photos ?

- J'ai... J'ai imaginé ce que le tueur aurait fait... en l'occurrence moi.

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Nouveau sourire d'Hannibal.

Un tremblement parcourut Will. De colère ? De peur ? De dégoût envers lui-même car il avait imaginé ce qu'il ferait s'il revoyait sa mère ? Une mère aux cheveux châtains et à l'absence de joie et d'amour dans les yeux lorsqu'ils se posaient sur lui, juste de la tristesse… et du dégout. Et toute cette mystification pour quoi ?

Du thé se renversa un peu sur le sol et sur sa main, le liquide était bouillant mais cela ne lui fit rien. Rien comparé à la douleur psychologique qu'il endurait depuis plusieurs jours, le côté physique pouvait bien attendre son tour.

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- Vous êtes un être abjecte et cruel, ce monde ne devrait pas connaître des personnes telles que vous, dit Will, ses émotions faisaient trembler sa voix et la rendait plus grave.

- Venant d'une personne qui vient de tuer sa mère dans son esprit, je prends cela pour un compliment, dit Hannibal en levant sa tasse vers lui avant d'en boire une nouvelle gorgée.

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Will se leva brusquement en lâchant sa tasse qui se brisa sur le tapis. Il avait envie de se jeter sur Hannibal et d'en finir. Mais agir de la sorte serait du suicide, son heure n'était pas encore venu, ni pour lui, ni pour Hannibal.

Le calme et le sang-froid d'Hannibal face à un Will incontrôlable et perturbé était déconcertant. Déconcertant et fascinant à la fois. Surtout face à un Will acculé, psychologiquement déchaîné, en proie à ses démons, à ses propres ténèbres. La mâchoire serrée et aux muscles tendus, les poings crispés le long du corps, la respiration haletante mais surtout des yeux enfiévrés aux pupilles si dilatées par la rage qu'ils en devenaient noir ébène. Tout cela était déconcertant pour ne pas dire étonnamment fantastique. Il pouvait se faire attaquer à tout moment et pourtant il ne montrait aucune crainte. Soit il était très fort, soit plus rien ne pouvait l'effrayer.

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- Un monstre existe en chacun de nous et c'est à nous de voir si nous voulons le laisser s'exprimer ou au contraire l'étouffer pour vivre une vie « normale ». Ce à quoi tout être humain aspire : la normalité, expliqua Hannibal en buvant son thé. Je pense qu'avec un peu de citron il serait parfait, il ne faut pas mélanger trop de saveur au risque de s'y perdre.

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La séance était visiblement terminée pour aujourd'hui.

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- Peu importe ce que vous ferez, tout ce que vous touchez à un goût amer...

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Une autre personne aurait été blessée par ses propos, mais pas Hannibal. Non, il savait que Will finirait par rentrer dans les rangs et verrait les choses comme lui les voyaient.

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- Et bien le repas de ce soir devrait vous faire changer d'avis.

- J'en doute fort, qu'est-ce que c'est ?

- Foie avec des fèves au beurre et sa verdure printanière. Je verrais bien ce repas avec un chianti pour l'accompagner, il est excellent, dit Hannibal en visualisant déjà le plat dans sa tête. Vous devriez aller vous reposer le temps que je cuisine, je doute fort que vous vouliez m'aider.

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Même si le plat avait l'air alléchant, Will ne voulait pas participer à sa conception. Lui donner un coup de main serait trop d'attention à lui accorder, en fait la simple idée le révulsait. Il ne répondit pas et quitta la pièce sous le regard d'Hannibal. Il ne pouvait aller nulle part, c'était comme une prison doré, il en était conscient. Il longea le couloir qui menait à sa chambre et s'y enferma.

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La pièce que lui avait attribué Hannibal était spacieuse, trop même, comme le reste de la demeure. Des objets lui appartenant étaient disposés dans la pièce pour qu'il se sente un peu plus chez lui. Charmante attention. Ça aurait pu fonctionner s'il avait pris des objets qu'il affectionnait comme sa canne à pêche ou un de ses chiens. Will le soupçonnait de l'avoir fait exprès. Rien de dangereux ne se trouvait dans sa chambre. Les objets qu'il avait ramenés étaient deux cadres, sa chaise à bascule, quelques bouquins et une vieille lampe qui trônait en général dans son salon. Il y avait peu d'objet pour un si grand espace. Bizarrement il avait l'impression que cette pièce était aussi vide que lui, il était une coupe vide qu'Hannibal essayait de remplir de ce qu'il voulait.

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- Prisonnier tel un cafard... voilà à quoi j'en suis réduis.

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À une dizaine de mètre de là, Hannibal était en cuisine. Son art ne se limitait pas à une séance de thérapie ou au dessin. En cuisine il excellait et son talent était reconnu par toutes les personnes qui avaient eu la chance d'y goûter.

Comme promis, il préparait le plat énoncé. Pour commencer il mit de la farine sur chaque face des tranches de foie. Avec un peu d'huile d'olive il les fit revenir tout en ajoutant du sel et du poivre. Il les déglaça ensuite avec un peu de vinaigre de framboise et ajouta des échalotes confites. Une fois cela fait il grilla les fèves qu'il plaça délicatement sur la viande une fois dans l'assiette. Pour ce qui était de la verdure printanière, il prépara une petite salade qu'il disposa à côté du foie avec trois tomates cerise coupé en fine tranche. Chez Hannibal, chaque soir était un festin, il aimait prendre le temps de se confectionner de bons plats. Les saveurs fondant contre le palet, la texture de la chair chatouillant ses papilles, un orgasme en bouche comme dirait les français.

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- Comme toujours, tout est parfait, constata Will en venant dans la salle à manger.

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La table était déjà dressée.

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- Merci Will, dit Hannibal en lui tirant la chaise ce qu'il trouva très étrange. Il n'était pas une femme après tout. Il décida de ne rien dire et s'assit. Hannibal posa une serviette sur ses genoux avant de repartir en cuisine pour prendre les assiettes.

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Quand il revient, Will fixait un point dans le vide. Il posa les assiettes sur la table et le contempla. Le jeune homme ne semblait pas conscient de ce qui se passait autour de lui. Son corps se balançait très légèrement d'avant en arrière et il murmurait des mots incompréhensibles. Hannibal s'accroupit près de lui et tendit l'oreille.

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- Il fait si sombre et pourtant si clair...

- Will reprenez-vous, dit Hannibal en claquant des doigts devant ses yeux ce qui provoqua aucune réaction chez son patient.

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Will semblait dans un second état, déconnecté du moment présent. Hannibal allait peut-être un peu trop fort, trop loin, trop rapide avec lui ? Il n'était peut-être pas aussi robuste qu'il le pensait. Qu'importe.

Avec douceur il lui saisit le menton entre son pouce et son indexe pour tourner son visage vers le sien, il le força à le regarder dans les yeux.

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- William, revenez vers moi, ordonna Lecter sans le lâcher du regard. Il claqua des doigts.

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Will cligna plusieurs fois des paupières. Il vit flou durant un petit moment puis sa vision se stabilisa. il fallut quelques secondes à sa vision pour se réapproprier la réalité de ce qui l'entourait, reconnaître ce flux et ce reflux apaisant qui traversait son corps comme un profond soulagement. Les murs n'étaient plus une prison mais une protection, une protection contre ce monde créé par son esprit torturé dans lequel il s'était égaré, plongé jusqu'à disparaître où tout y est si sombre, si claire qu'il n'y distinguait rien... Si confus et pourtant ordonné que la compréhension même des choses qui composaient cet univers était effroyablement terrifiante mais aussi séduisante. Un univers-paradoxe qui ne faisait qu'accorder plus de crédit encore à Hannibal lorsque le médecin pointait la double entité en lui. Sa personnalité à deux facettes antagonistes : le bien et le mal, le sauveur et le tueur. Ce monde dans lequel il s'était noyé, c'était lui, c'était sa part qu'il niait de tout son être, cette part éthérée, inaccessible bien qu'à portée de main et qui déjà s'effaçait peu à peu de son esprit. Sa conscience, son sens moral ne pouvait permettre pareille désordre.

Désordre. Destruction. Chaos. Dissimulés par les apparences et le refus d'admettre l'inacceptable, ce qui blesse et détruit.

Sa conscience l'avait déjà fait, il n'y avait pas si longtemps. Elle avait repoussé ce que cette part tentait de lui montrer, cette attraction morbide et mortifère qui le poussait à côtoyer Hannibal pour autre chose qu'une analyse ou une amitié qu'il pensait partager.

Sa conscience avait eu tord. Elle l'avait aveuglée. Il s'était retrouvé piégé.

Il ferme une nouvelle fois les yeux et secoue la tête, comme pour s'éclaircir les idées, les remettre dans leur contexte. Comment pouvait-il se sentir protégé en compagnie d'un assassin incapable de remord et dont il était la proie ?

Et être protégé de quoi, de qui ? Il ne se rappelait pas, sauf que c'était angoissant, comme si un combat s'effectuait en lui et sa tête en était le terrain d'entraînement.

Devenait-il fou ?

Il regarde autour de lui et se rappela de l'endroit où il se trouvait et surtout avec qui.

Will se racle la gorge et jeta un coup d'œil à Hannibal.

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- Vous êtes avec moi ? demanda celui-ci.

- Je ne suis même pas sûr d'être réveillé..., murmura-t-il en baissant les yeux sur la main posé sur son bras.

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Hannibal ne s'attarda pas sur le sujet et se releva. Il déboucha une bouteille de vin -le fameux Chianti- et remplit deux verres comme si de rien était. Etrange, mais qu'est-ce qui ne l'était pas ce soir, alors Will décida d'ignorer l'épisode à son tour.

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- J'espère que ce petit contre-temps ne vous empêchera pas d'apprécier le repas, dit-il en sentant le bouquet que dégageait le vin. Il ferme un instant les yeux pour en savourer chaque senteur. C'est d'un raffinement exquis, il devrait vous plaire.

- Je vous prie de m'excusez... mon état se dégrade depuis un certain temps, dit-il de sa voix rauque.

- Cela s'arrangera, quand finalement vous accepterez la partie sombre qui sommeille en vous. Mangez, appréciez ce que j'ai préparé.

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Hannibal commença par le foie, en le découpant soigneusement. Will, se remettant de ses émotions, mangea les fèves avec lenteur -lenteur qui aurait énervé un hyperactif- sous le regard de Lecter. Depuis qu'il était ici, Will avait adopté un rituel ; il mangeait toujours la viande en dernier. Ça lui était encore pénible de savoir qu'il mangeait une partie prélevé d'un corps humain. Exceptionnellement Hannibal ne l'obligea pas à parler, il le laissa tranquille, ce qu'il apprécia.

Quand il dut manger le foie, cela lui fut difficile car que ce soit du foie d'humain ou d'animal, il n'avait jamais été très friand de ce morceau.

Comme l'avait promis Hannibal, le vin était parfait pour ce repas, il relevait chaque saveur que les aliments dégageaient, même pour l'abbat.

Pour le dessert c'était trois boules de sorbet aux fleurs -anis hysope, cerfeuil et tagète- avec par-dessus une fleur appelée Haricot d'Espagne, un petit rappel aux fèves du plat.

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- J'ai pensé à quelque chose de frais pour terminer le repas. L'anis hysope est fort en goût à cause de l'anis et la réglisse, mais la saveur légère d'estragon et de citron des deux autres boules allège le tout, donnant une variante de goût très intéressante, argumenta Hannibal. La fleur est comestible, vous pouvez la manger.

- Je n'aime pas la réglisse, mais il est agréable de constater qu'en petite dose cela donne un autre aspect qui n'est pas déplaisant.

- Content que cela vous plaise.

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Will mangea un peu de chaque saveur tout en analysant chaque goût. Son préféré restait le citron, c'était frais et son goût acide émoustillait ses papilles gustatives en plus de le faire saliver plus que de raison. Il n'avait jamais été du genre à faire des repas gastronomiques chez lui, c'est à peine s'il se nourrissait sainement, c'était un amateur de plats rapides à préparer. Ici c'était différent, Hannibal veillait à ce qu'il mange bien comme une mère le ferait pour son enfant ce qui était déstabilisant. Devait-il voir en lui une figure paternelle ? Ce serait une situation étrange à laquelle il ne voulait pas penser.

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- Quelque chose vous contrarie ? demanda Hannibal en essuyant sa bouche.

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L'intéressé regarda son interlocuteur. Il sentait son visage crispé, sourcils froncé ce qui avait soulevé des questions chez le psychiatre. Il se força à se détendre et esquiva un sourire presque imperceptible.

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- Aucunement. Comment pourrais-je être contrarié en si bonne compagnie ? Même si je suis là contre mon gré

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Hannibal esquiva à son tour un demi-sourire.

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- Nous sommes tous un jour confronté à des endroits qui nous déplaise, mais nous finissons par nous en accommoder. Vous apprendrez je n'en doute pas à en faire de même.

- Je me demande bien quel endroit vous a déplu, dit Will en se levant, la fatigue commençait à se faire ressentir alors qu'il était encore tôt -vingt et une heure-.

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Comme réponse Hannibal s'illumina d'un deuxième sourire. L'endroit auquel il pensait était à des années lumières, il faisait parti de ses plus anciens souvenirs, des plus douloureux et horribles. À présent il pouvait y penser sans trop avoir de peine, mais jamais il ne s'en remettrait. Personne ne se doutait des tourments qu'il avait traversés étant enfant, pas même Will. Will pourtant si perceptif et empathique lorsqu'il s'agissait des blessures intérieures des autres., Non, il avait pris soin d'enterrer son secret en même temps que les corps mutilés des responsable, ces premiers meurtres, et cette première sensation de puissance, de jouissance. Tout ce que voyait son entourage était ce verni savamment entretenu : une politesse extrême, un hôte accompli à la conversation brillante, un médecin profondément soucieux du bien-être de ses patients, un expert qui n'hésitait pas à sacrifier son temps et sa personne pour aider le FBI. Bien entendu il avait d'autre talent comme la cuisine, le dessin, la musique, son odorat surdéveloppé et même son art du combat, il avait appris avec une des meilleures... Non personne ne voyait rien. Ou plutôt tous voyait ce qu'il voulait qu'ils voient, rien de plus rien de moins.

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- Allez-vous coucher, je vais débarrasser, dit Hannibal en se levant.

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Son "patient" quitta la pièce sans un mot de plus, il n'était plus que l'ombre de lui-même, mais ça n'allait pas rester ainsi, Hannibal veillerait à ce qu'il devienne la personne qu'il était destiné à être. Will finirait par voir ce que lui voyait, et il comprendrait.

Hannibal débarrassa comme prévu la table et fit la vaisselle avec dans les airs une douce musique de violon. Il était transporté par la musique, il ne voyait plus rien d'autre qu'une symphonie de violon jouer devant lui. Il avait un esprit très imagé. Lorsqu'il voyait ou entendait quelque chose, il l'a regardait dans son intégralité. C'est pourquoi la musique lui parlait tant, il pouvait presque citer le nombre d'instrument utiliser pour l'air qu'il écoutait.

Après avoir fait ça, il alla dans son bureau pour ranger des documents, mais ce qu'il trouva à la place le surprit, enfin pas tellement quand il y réfléchissait. En effet assis dans son fauteuil se trouvait une personne qu'il connaissait. Que faisait-elle là ? Il ignorait comment elle était entrée et ça ne lui plaisait pas, il allait devoir vérifier comment elle s'était introduite chez lui.

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- Je me suis toujours demandé ce que ça faisait d'être assise dans le fauteuil du grand psychiatre Lecter.
- Et quel effet cela vous faites-il ? demanda Hannibal en s'approchant, parfaitement calme.
- L'effet d'être à la place d'un imposteur.
- Vraiment... Que puis-je pour vous, mademoiselle Lounds ?
- Freddie, ça suffira. Où est Will Graham ?

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Freddie resta assise en passant ses mains sur les accoudoirs. Elle n'était peut-être pas aussi forte à ce jeu, mais elle analysait tout de même le comportement d'Hannibal pour voir si sa question avait fait écho en lui. Mais rien. Il lui sourit d'un air énigmatique.

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- Je l'ignore et vous aussi, ce qui est bien mieux ainsi, il n'a pas besoin que quelqu'un comme vous soit constamment derrière lui à déblatérer des mensonges.

- Tout ce que je dis est véridique Docteur Lecter.

- Selon vous.

- Selon les autres. Je ne suis pas la seule à penser qu'il se cache un tueur sous la façade instable de Will, il ne devrait pas être en liberté.

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Elle ne savait pas à quel point elle avait raison, selon Hannibal. Il était conscient de cette vérité et c'est pourquoi il s'acharnait sur sa structure psychologique pour que le vrai Will surgisse tel un phénix renaissant de ses cendres. Mais bien entendu, il ne donnerait pas la satisfaction à Freddie d'avoir raison, elle s'empresserait d'écrire un article sur les aveux du psychiatre que consultait Will. C'était une femme têtue qui avait beaucoup de persévérance. En temps normal il aurait admiré ce côté-là chez une personne, mais dans le cas de Lounds c'était plus une épine dans le pied qu'une béquille sur qui compter.

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- Ce n'est qu'une spéculation de plus de votre part.

- Où est Will Graham ? Vous le cachez n'est-ce pas ?

- Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?

- La dernière fois que je l'ai vu, il partait pour venir chez vous. Je sais qu'il est ici.

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Elle se leva enfin et regarda vers la porte qui menait aux quartiers privés d'Hannibal. Mais jamais elle ne franchirait cette porte, il n'en était pas question, elle ficherait tout en l'air.

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- Je pense qu'il est temps pour vous de vous en allez, dit Hannibal en lui indiquant la porte de sortie.

- J'ai raison, j'ai assez interviewé des tueurs en série pour en reconnaître un quand j'en vois. Et c'est ce que je vois avec Will Graham.

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Sans s'en rendre compte, elle venait de signer son arrêt de mort. Il ne pouvait plus la laisser partir. Alors qu'elle allait sortir, il l'attrapa par derrière et l'étouffa assez longtemps pour qu'elle perde connaissance. Il la tenait contre lui et passa sa main dans ses cheveux roux pour les dégager de son visage.

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- Désolé mademoiselle Lounds, je ne peux vous laissez partir.

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Hannibal transporta le corps dans sa chambre stérile où il lui arrivait d'emmener ses futurs repas pour ne pas être obligé de faire ça en pleine nature, parfois il aimait la simplicité. Lecter travaillait de manière propre et efficace, c'est pourquoi il avait pris soin de laver Freddie et de la poser sur une table stérile. Il avait fini de mettre tout en place à temps, car la journaliste venait enfin de se réveiller.

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- Bon retour parmi nous mademoiselle Lounds, dit Hannibal alors qu'il portait une tenue verte pâle avec un bonnet assorti sur les cheveux.

- Où suis-je... Que m'avez-fait ?

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Elle essayait de bouger mais sans succès, son corps ne lui obéissait pas, elle n'en avait plus le contrôle.

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- Ne vous en faites pas, c'est temporaire, malheureusement vous ne serez plus là pour le découvrir.

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Il prit un scalpel et se retourna vers Freddie en souriant.

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- Alors, par quoi commençons : l'aile ou la cuisse ?


Fin de ce chapitre, j'espère que vous avez aimé le lire !