Bonjour ! :)

Voilà le chapitre 3. Avant toute chose, je tiens à préciser qu'il n'a pas été corrigé par quelqu'un (J'ai beau chercher je ne trouve personne :/) Donc j'espère que vous serez un peu indulgent face à mon gros défaut ! mdr

Et je dis merci à MelleMani et belladu57 pour vos reviews c'est quelque chose qui fait toujours plaisir ! :)

Voilà, bonne lecture !

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Chapitre 3

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Le début de leur journée commençait toujours de la même manière ; Hannibal se levait le premier pour préparer le déjeuner et attendait que Will daigne descendre de bonne heure. En attendant il nettoyait le plan de travail sur lequel il avait coupé des fruits pour faire une petite salade, les miettes du pain griller et les quelques gouttes de jus d'orange fraîchement pressé. C'était un homme maniaque qui aimait la propreté par dessus tout et il ne pouvait prendre ses repas en sachant qu'il avait sa cuisine sale.

Will fini par descendre dans un pyjama en soie verre émeraude bien trop grand pour lui mais il refusait qu'Hannibal ne lui en achète d'autres qui serait à sa taille. Il ne voulait pas être entretenu plus qu'il ne l'était déjà par ce psychopathe qui malmenait toujours autant son esprit pour le transformer en monstre. Monstre qu'il disait sommeiller en lui, ce que Will doutait fort. Même s'il n'avait pas toujours été de nature pacifiste, il n'était pas un tueur, assassiner quelqu'un de sang froid ne faisait pas parti de lui. Malheureusement Hannibal s'acharnait à le faire changer et ça commençait à marcher, il devenait plus agressif envers lui et Hannibal le poussait à contrôler cette rage pour qu'il puisse l'utiliser à des fins plus intéressants.

Son esprit vagabonda des années en arrière...

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Will se trouvait dans les couloirs de son lycée, seul comme à son habitude alors qu'autour de lui chaque élève se trouvait en compagnie d'un autre de ses congénères. Il savait qu'il était là pour quelques mois avant de déménager c'est pourquoi il parlait à peu d'élève pour ne pas se lié "d'amitié-provisoire". Enfin, ce n'était pas comme s'il avait le choix étant donné qu'il ne savait pas se faire d'amis, les gens le trouvait trop bizarre pour traîner avec lui.

Malheureusement pour lui le fait que les élèves ne lui parlaient pas ne les empêchaient pas de le malmener physiquement et verbalement. Ce n'était pas un grand bagarreur et ça l'équipe de foot l'avait bien comprit. Depuis qu'il était ici Will ne comptait plus le nombre de fois où il avait fini la tête la première dans la benne à ordure derrière le lycée. C'était le plus vieux cliché au monde auquel il n'y échappait pas.

Se pensant tranquille, il osa tourner le dos aux élèves pour ranger ses affaires dans son casier. Mauvaise idée.

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- Eh loser ! le héla un gars.

- Bande d'attarder..., marmonna Will alors qu'ils s'éloignaient mais l'un d'eux l'entendit pour son plus grand malheur.

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Il ne prit pas la peine de se retourner et continua de mettre ses affaires de chimie dans son casier pour les remplacer par son bouquin d'espagnol ainsi que sa farde. L'élève en question ne comptait pas en rester là et vint le pousser brutalement contre les parois métallisés, lui arrachant une grimace au passage car son visage cogna contre le rebord de son casier. À coup sur il allait avoir un bleu.

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- Fait attention à ne pas te mettre sur notre chemin le mongole, dit-il en ricanant, rejoint par ses amis.

- Enfoiré, grogna Will.

- Eh les gars, il vient de me traiter d'enfoiré !

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Will referma son casier d'un coup sec, lança son sac sur son épaule et marcha dans la direction opposé pour s'éloigner d'eux. En l'insultant il savait qu'il allait avoir des ennuis donc il voulait partir au plus vite. Mais bien entendu Will ne pouvait avoir ce qu'il voulait, les quatre joueurs de foot ne comptait pas en rester là alors ils l'attrapèrent pour s'engouffrer dans les toilettes.

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- Dégager ! beugla l'un des colosses à l'encontre de deux élèves bien plus jeune qu'eux.

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Will leur jeta un coup d'œil, il ne pensait même pas à demander de l'aide de leur part du regard car il savait qu'ils ne lèveraient pas le petit doigt pour lui. Cela faisait longtemps qu'il avait arrêté de compter sur les autres, il n'avait apprit bien assez tôt à se débrouiller seul. Les gens ne sont pas comme dans les films de super-héro, ils ne viennent pas à votre aide dés qu'un méchant vous attaque. Au contraire, ils s'en vont en espérant que le bourreau ne vienne pas s'en prendre à eux. S'il y avait plus de courageux dans le monde et moins de lâche il n'y aurait pas autant de tristesse dans les vies des gens.

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- On va t'apprendre le respect, dit celui qui l'avait attaqué en premier, il avait une tête de rat avec ses grandes oreilles, ses tâches de rousseurs aux joues très prononcé et des dents bien trop grandes pour cette petite bouche.

- Je doute fort que tu en sache même la définition...

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En guise de réponse, face de rat lui assena d'un coup de poing au niveau de la joue. Will tituba en arrière en posant sa main sur la joue. Il l'avait peut-être cherché celle-là. Nom d'un chien qu'est-ce que ça lui faisait mal.

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- Tenez-le, il va goûter aux joies des plaisirs des toilettes.

- Tu parles en connaissance de cause ? Ne put s'empêcher de répliquer Will ce qui n'allait pas arranger sa situation.

- Tu feras moins le malin après.

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L'un des amis de face de rat prit son sac tendit que les deux autres maintenaient ses bras en le guidant vers l'une des cabines où trônait une toilette sur laquelle personne osait s'asseoir tant l'hygiène restait à désirer. Il était hors de question pour Will que sa tête soit plongée dans cette eau nauséabonde. C'est un Will acharné qui donna du fil à retordre aux deux gorilles qui le tenait, il se débattait comme un animal en détresse, ses jambes allaient dans tous les sens, leur donnant des coups de pieds mais aussi pour se reculer de l'endroit fatidique.

Ce petit manège dura plusieurs minutes, Will commençait à s'épuiser face à l'effort que cela lui demandait. Heureusement la sonnerie retentit, obligeant les élèves à retourner en cours. C'était ce qu'il fallait au jeune Graham.

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- T'as de la chance pour cette fois, mais on te retient, tu ne t'en sortiras pas comme ça.

- J'attends ce jour avec impatience...

- On dirait que tu cherches vraiment à te faire cogner, dit l'un des joueurs sans qu'il ne sache lequel avait prit la parole.

- C'est normal, il n'a pas eu de mère pour lui apprendre le respect, à mon avis elle à du fuir en voyant la tronche de son rejeton.

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Will pouvait supporter tout ce qu'on lui faisait subir, mais il détestait qu'on parle de sa mère. Il souffrait toujours de son absence, son père était toujours en vadrouille ce qui l'avait rendu solitaire. Il se demandait souvent ce qu'aurai été sa vie s'il avait eu ses parents à ses côtés. C'est certain qu'il aurait été différent du garçon qu'il était aujourd'hui.

Il lâcha son sac et sauta sur face de rat, il comptait bien lui faire ravaler ses mots. Ils tombèrent sur le carrelage froid et sale dans un bruit sourd, mais cela n'arrêta pas Will qui s'acharna sur ce qu'il considérait son ennemi. Il l'attrapa par le col de son pull et lui donna des coups de poings au visage. La puissance des coups surprit l'élève qui n'arrivait pas à se défendre, ce sont ses camarades qui dû intervenir mais sans succès. Will ne se laissait pas faire, quand ils le tiraient en arrière, il redoubla d'effort pour frappé face de rat et repousser les autres.

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- Mais arrête ! cria l'un d'eux.

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Will allait donner un énième coup quand il remarqua le sang sur son poing, il ne s'était pas rendu compte qu'il avait fait autant de dégât à son visage. Il resta figé un moment, fixant le sang sur sa main. Le liquide était si rouge et chaud.

Face de rat profita de ce moment de calme pour le repousser.

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- Espèce de taré !

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Il se releva et partit en courant avec ses amis, laissant Will assis sur le sol froid. Il allait avoir de gros problème s'ils le dénonçaient. Mais pour l'heure il s'en fichait. Il n'avait jamais fais attention à ce qui coulait dans ses veines, à ce qui le maintenait en vie. Ses iris clairs lorgnaient toujours le sang. Il en était... Fasciné.

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Will battit plusieurs fois des paupières et posa son regard sur des omelettes qu'Hannibal avait du lui glisser dans son assiette sans qu'il ne s'en rend compte.

Le psychiatre avait l'habitude de ses absences, à force il n'y faisait plus attention. Il mangeait quand à lui des tartines grillées beurré avec un peu de confiture d'abricot. Un fruit qu'il aimait particulièrement, pas facile à intégrer dans un plat, mais il y arrivait.

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- Quel est le programme aujourd'hui, commença Will, sa voix était rauque, comme brisé. Déjeuner, lecture puis thérapie intensive, dîné...

- À vous entendre Will, cette routine vous ennuie, le coupa Hannibal après avoir vidé sa tasse de café.

- Je ne vous contredirais pas là-dessus. Si je dois être captif entre ces murs, proposez-moi quelque chose qui puisse alléger ce fardeau.

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Hannibal esquiva un sourire et se leva pour prendre la cafetière. Il avait tenu à instaurer une routine simple pour que Will s'en accommode rapidement pour ensuite passer aux choses sérieuses. De toute évidence il s'en lassait, il devait donc faire quelques changements.

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- Du café ?

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Il se plaça derrière Will et remplit sa tasse en posant une main sur son épaule. Ce simple geste lui indiqua à quel point son "invité" était tendu. Il posa son autre main sur ses épaules et les serra doucement, Will se crispa sous ses mains, il n'aimait pas se faire toucher et encore moins par lui.

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- Will, vous ne devriez pas être aussi tendu.

- Difficile lorsqu'un meurtrier se tient aussi près de vous...

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Cette petite remarque amusa Hannibal qui resserra son emprise sur ses épaules avant de les relâchés. Il inspirait beaucoup de chose aux gens : la peur, l'incertitude, l'admiration et encore d'autres émotions. Mais avec Will c'était différent, il retournait et retournait son esprit dans tous les sens, il lui laissait peu de répit entre leurs séances. C'est pourquoi il ignorait ce qu'il ressentait vraiment. Il savait qu'il ne voulait pas être ici et qu'il éprouvait une immense fatigue autant sur le plan physique que psychologique.

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- Je vais vous préparer un bain et inutile de refuser, dit Hannibal en s'éloignant

- Le refus n'est pas une chose que vous acceptez de toute manière, je sais de quoi je parle, dit-il en regardant autour de lui.

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Will parlait de sa capture même si sur le moment même il n'avait su penser à rien d'autre qu'à l'air qui ne passait plus sous la prise d'Hannibal au niveau de sa gorge. Il avait cru mourir sur le coup, sa gorge l'avait fait souffrir durant plusieurs jours.

Sa captivité était pénible psychologiquement, il avait l'impression qu'il ne savait plus penser par lui-même, que tout ce qu'il pensait venait d'Hannibal comme s'il était dans sa tête et qu'il lui murmurait des horreurs... Mais il devait se montrer chanceux, au moins il n'était pas mort.

Quand il monta dans la salle de bain, Hannibal avait fait couler un bain et préparer des vêtements propres. Will avait l'impression d'avoir un parent en face de lui, il s'occupait de lui tel un enfant et c'était une position désagréable.

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- Qui a-t-il Will ? demanda Hannibal en voyant qu'il le fixait sans bouger.

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Celui-ci se ressaisit et regarde la baignoire fumante. Il s'en approcha et remarqua qu'il y avait une odeur de lavande. Il jeta un coup d'œil à Hannibal qui eut l'ombre d'un sourire. La lavande avait toujours eut un effet apaisant sur lui et il se demandait si c'était une coïncidence ou non s'il avait choisi précisément cette senteur.

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- Je vais vous laissez quelques instants, reprend Hannibal en sortant de la pièce.

- Pas assez à mon goût..., murmura Will.

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Il était plus du genre à prendre des douches, c'était plus rapide et efficace, mais il avait apprit bien tôt ici qu'il n'était plus maître de ses décisions, Hannibal choisissait pour lui ce qu'il devait faire ce qui était frustrant pour un homme de son âge qui avait l'habitude de dirigé sa vie selon ses envies.

Il commença à se déshabiller pour ensuite poser son pyjama sur la chaise, il s'était appliqué à le plier correctement. Dans son esprit c'était le cas, mais c'était tout autre d'un point de vue extérieur : les boutons étaient mal remit et une des manches étaient même replié à l'intérieur, le pantalon quant à lui ressemblait plus à une boule de tissu qu'un bas de pyjama bien plié.

Sans plus attendre, il se glissa dans l'eau un peu trop chaude pour lui et se coucha à moitié. Il inspira profondément et essaya de se détendre un minimum. Les yeux clos, Will plongea ses bras sous l'eau, laissant juste son visage au sec. Comme seul bruit dans la pièce : les gouttes d'eau retombant dans le bain, Will comptait, entre elles il y avait cinq secondes d'intervalle, c'en était presque apaisant...

Le problème avec Will, c'est quand il était enfin au calme, il repensait à toutes les horreurs qu'Hannibal lui avait montré... Mais le pire, c'est qu'il s'imaginait lui-même tuer les victimes qui s'étaient retrouvés dans son assiette, en les mangeant c'était comme s'il les avait tués. Une semaine auparavant, Hannibal leur avait servit une viande qu'il avait qualifié de "viande de truie" en parlant de la pauvre Freddie Lounds. Il revoyait son visage, imaginant la mort qu'elle avait du avoir. Son visage apeuré et ensanglanté semblait danser devant les yeux clos de Will, il essayait de la chasser mais cette vision persistait. Sa respiration s'accélérait et son visage se crispait sous l'effort que ça lui procurait de chasser les pensées négatives qui rongeait son cerveau. Il n'en pouvait plus. Un mouvement dans la pièce le fit revenir à la réalité. Il eut un léger sursaut et ouvrit ses grands yeux clairs. Hannibal se trouvait devant lui et... En tenue d'Adam.

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- Qu'est-ce... Qu'est-ce que vous faites ?

- Cela ne se voit pas ?

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Hannibal enjamba la baignoire ce qui obligea Will à reculer ses jambes et à se redresser en position assise. Le psychiatre se mit à son aise et regarda Will en souriant d'un air énigmatique. À quoi pensait-il ? Il l'ignorait, mais quelque chose lui disait qu'il n'allait pas tarder à le savoir.

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- Cela vous gêne-t-il ? demanda Hannibal.

- Tout homme serait gêné d'être dans la même baignoire qu'un autre homme. Je ne vous connaissais pas de tendance homosexuelle...

- Vous vous détrompez à ce sujet, je ne m'adonne pas à des pratiques sexuels avec des hommes, dit Hannibal en se mettant à son aise, il posa ses bras sur les rebords. Will pouvait remarquer les muscles s'aillires sous ses mouvements.

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Rien n'échappait au regard d'Hannibal et c'est sans surprise qu'il aperçut le regard de l'homme en face de lui. Will ne pensait pas à rester discret quand à son regard posé sur sa personne. Depuis qu'il était ici, il n'était plus maître de son corps ni de ses pensées. L'homme discret qu'il était avait momentanément disparu pour laisser place à un homme qui mettrait mal à l'aise la personne la plus confiante qui existe tant son regard perçant était déstabilisateur. Sauf pour Hannibal. Ce dernier aimait la douce torture qu'il exerçait sur lui et ne comptait pas s'arrêter là.

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- Vous baignez-vous souvent avec vos prisonniers ? demanda Will en essayant de mettre un maximum de distance entre leur corps.

- Non, les autres je les chasse, dit-il en souriant. Un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

- Je me demande qui à le plus de chance...

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La mort lui semblait être un sort plus doux que ce qu'il subissait ces dernières semaines.

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- Vous devez me haïr à un point que je ne peux l'imaginer pour me garder auprès de vous..., murmura Will en regardant Hannibal, ses yeux semblaient fatigués, épuisés à chaque battement de cils.

- Pourquoi pensez-vous cela ?

- Vous... Vous me détruisez... Vous êtes comme un enfant face à une araignée qui lui arrache les pattes pour le plaisir.

- C'est une comparaison intéressante, mais vous ne retenez que le superflue.

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Will le regarda en fronçant légèrement les sourcils. La seule chose à retenir à ça est la cruauté de l'être humain face à plus faible que soit. Il soupira.

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- Que faut-il retenir ?

- L'enfant ne veut pas se montrer cruel envers l'araignée, il est juste curieux de voir combien de temps elle va se battre pour survivre, expliqua le psychiatre en prenant le gant de toilette.

- Donc je suis une expérience...

- En quelque sorte. Approchez.

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Nouveau froncement de sourcil de la part de Will.

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- Pardon ?

- Approcher, répéta Hannibal.

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Voyant que celui-ci n'obtempérait pas, il lui prit le poignet -trop maigre à son goût- et le tira vers lui. Il le fit pivoter sur lui-même et colla son corps contre le sien. Will avait résisté, mais Hannibal avait montré plus de force que lui. Quand il sentit son corps entrer en contact avec le sien, il se raidit. Cette position le mettait mal à l'aise et il n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à l'entre-jambe d'Hannibal appuyé contre son dos.

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- Qu'est-ce qui vous prend...?

- Cela sera plus facile pour vous laver.

- Je sais me laver seul, vous ne devriez pas...

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Will ne termina pas sa phrase en sentant l'eau qu'Hannibal faisait couler sur sa nuque, lui provoquant au passage des frissons. Il voulu s'éloigner, mais Lecter passa un bras autour de son torse pour le maintenir fermement contre lui.

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- Ne bouger pas, c'est pour votre bien.

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Il commença à laver ses épaules, sa nuque puis entama le dos.

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- Je ne vois pas en quoi avoir un dos propre peut être pour mon bien, ça ne va rien changer à mon existence...

- Non mais ça vous gardera propre et puis... J'aime les peaux douces et soignés.

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À ses mots, il passa ses doigts sur ses omoplates puis tout le long de sa colonne vertébrale. Will se cambra un peu en écarquillant les yeux. Que faisait-il ? Pourquoi agissait-il de la sorte avec lui ? Était-ce une ruse pour le rendre davantage fou ?

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- C... Cessez ça tout de suite...

- Cette proximité vous dérange tant que cela ?

- Oui.

- Et bien, prenez votre mal en patience.

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Hannibal se délectait du malaise de son patient, il voyait bien qu'il ne savait plus où se mettre.

Il caressa lentement son torse alors que son autre main déversait de l'eau sur son dos à l'aide du gant de toilette.

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- Que ressentez-vous ? demanda Hannibal en continuant ses gestes.

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Il inspira profondément avant de lui répondre :

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- Rien.

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Ce mensonge amusa Hannibal, il se doutait qu'il n'aurait pas de réponse franche à ce sujet. C'est pourquoi il continua ses gestes pour le provoquer. Il voulait trouver les zones sensibles de son corps alors il frotta doucement l'un de ses petits bouts de chairs. Instinctivement il ferma les yeux et serra les bords de la baignoire. Son esprit pouvait mentir mais son corps le trahissait.

C'était en soi une petite victoire pour Hannibal car il voyait une ouverture dans le domaine de la séduction. Domaine qu'il allait pouvoir explorer avec Will.

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- Je pensais que vous n'aviez aucun penchant pour les hommes.

- C'est exacte, se contenta de dire Hannibal.

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Il cessa tout mouvement et vint murmurer à son oreille, ses lèvres pleines frôlaient le lobe de son oreille, lui arrachant un énième frisson.

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- Vous pourrez me mentir autant que vous le voulez, mais la vérité trouve toujours un chemin pour s'exprimer...

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Il fini par le relâcher pour ensuite sortir du bain. Will ne bougea pas d'un pouce et regarda devant lui. Il n'avait pas tord, ce qu'il venait de faire... Il chassa les idées qui lui venaient en tête et lâcha un petit grognement de frustration.

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- Je sais, il est difficile d'accepter qu'on sache lire en soi, vous vous y ferez.

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Hannibal enfila son peignoir et sortit de la salle de bain pour rejoindre sa chambre, laissant un Will encore plus déboussolé qu'il ne l'était déjà. Il savait qu'il allait se poser mille et une question sur ce qu'il venait de se passer. Il avait perturbé ses convictions et sa façon de voir les choses comme le fait qu'un homme devait toucher de la sorte seulement une femme. Oui, Will était en train de remettre en question sa vision sur l'être humain et leur relation, chose qu'il avait longtemps repoussée.

Quand au psychiatre il se trouvait dans sa chambre qui était à son image : sobre mais élégant. Tout était de couleur sombre mais la grande fenêtre donnait la lumière dont la pièce avait besoin. Il avait dans l'idée de faire une sortie avec Will dans le bois derrière chez lui. Ça allait être la première sortie de son captif qui n'avait pas eu le droit de sortir ne serait-ce que dans le jardin. Il ne lui avait rien dit, mais les vêtements qu'il lui avait préparés devaient lui donner la puce à l'oreille.

Il boutonnait les boutons de sa chemise devant son miroir de plain-pied et cette vision le renvoya à son adolescence...

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Hannibal se trouvait dans le dortoir. Près de son lit il avait accroché un petit miroir pour se regarder ajuster sa cravate, il voulait qu'elle soit parfaitement bien mise. Depuis longtemps il avait quelques manies dont celle d'avoir son uniforme mit correctement. Les autres élèves se moquaient souvent de lui à ce sujet mais il s'en fichait, leurs remarques lui passait au-dessus. Mais s'ils venaient à le toucher, il avait toujours une réplique acerbe à leur fournir pour leur louer le bec. Ou alors il leur réservait une mauvaise surprise...

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- Encore en train de te faire beau Hannibal, lança un autre pensionnaire qui finissait de faire son lit. Il y avait chaque matin une inspection du dortoir, tout devait être impeccable. Hannibal était dans son élément.

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Il ne prit pas la peine de lui répondre et passa son peigne dans ses cheveux sombres, chaque coups de brosse était soigneusement calculé, il répétait ces gestes chaque jour, c'en était devenu un automatisme.

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- Laisse tomber Brent, il est trop bien pour nous, n'est-ce pas Lecter ? lança un autre garçon en s'approchant de son ami. Dépêche-toi, Kazlaukas va bientôt arriver.

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Aussitôt dit, un homme d'un certain âge entra dans la pièce. Monsieur Kazlaukas était l'intendant du pensionnat. Il contrôlait tout et en particulier l'état des lieux, il tenait à gardé une certaine discipline entre ces murs et ça commençait par la propreté des dortoirs. Comme chaque matin, il passa entre chaque lit pour voir s'ils étaient faits comme il le voulait.

Pendant l'inspection, chaque élève se tenait devant son lit. Certains étaient joueurs et l'un d'eux se sentait d'humeur taquine ce matin. La personne en question s'approcha à pas de loup du lit d'Hannibal et tira les pents du drap pour défaire le côté droit. Il retourna ensuite rapidement à sa place sous le regard amusé de ses amis.

L'intendant continua son avancée et arriva près d'Hannibal. Il remarqua directement le défaut de son lit. Il fronça les sourcils.

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- Et bien monsieur Lecter, que vous arrive-t-il aujourd'hui ? J'imaginais mieux de votre part. Refaite-moi ce lit.

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Hannibal ne comprenait pas ce qu'il avait fait de mal. Il se retourna vers son lit et vit le drap dépasser. Il fronça les sourcils et se précipita pour le refaire correctement. Des rires discret mais pas assez parvint jusqu'à ses oreilles. Il regarda dans leur direction pour cibler les auteurs de cette blague. Il leur lança un regard si noir qu'ils arrêtèrent de rire.

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- Bien, vous pouvez allez déjeuner, dit Mr Kazlaukas en sortant le premier, il devait aller inspecter les autres dortoirs.

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Les garçons ne se firent pas prier et quittèrent la pièce. Les rations du petit déjeuné était limité, c'est pourquoi il valait mieux être le premier arrivé. Tous le monde quitta le dortoir sauf Hannibal qui vérifia que son lit était bien fait. Il ne comptait pas en rester là. D'ailleurs pour mettre son plan à exécution, il comptait sauter le petit-déjeuner. C'était un repas important, mais ce matin il comptait se nourrir du plaisir qu'il tirera de sa vengeance...

La journée passa rapidement et le soir arriva plus vite qu'ils ne l'auraient cru. Les élèves étaient exténués car ils n'allaient pas seulement en cours. Quand leur journée scolaire se finissait, c'était celle des étables qui commençaient. En effet l'internat avait ses propres ressources alimentaires et c'était aux élèves de s'occuper du petit bétail et du potager. Chacun avait ses propres tâches à accomplir et cela ne changeait jamais. Le rôle d'Hannibal était de nourrir les porcs avec deux autres élèves. S'il était amené à choisir entre la compagnie des porcs ou des élèves qu'il côtoyait, il chasserait les deux adolescents et choisirait sans hésiter les porcs. Ils étaient de meilleures compagnies.

D'ailleurs, il n'avait pas fait que les nourrir...

À l'heure du repas, Hannibal s'était mit un peu à l'écart, il regardait les voyous qui lui avait joué une mauvaise blague. Il y avait une étincelle dans son regard qui ne présageait rien de bon. D'ailleurs l'un d'eux se sentait mal depuis ce matin, Hannibal était selon lui bizarre et dangereux, il arrivait souvent des trucs horribles à certains élèves et à chaque fois il était là. Donc il craignait son courroux.

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- N'oublier pas, demain nous faisons une excursion en forêt donc allez dormir de bonne heure, dit le surveillant de sa grosse voix, il imposait le respect et la peur rien qu'à sa carrure, mais quand il ouvrait la bouche il devenait plus impressionnant.

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Les élèves se dirigèrent vers les douches après avoir prit leur tenu de nuit, un savon et une serviette. C'était un moment de détende que les élèves appréciaient après une dur journée : ils riaient, chanteraient et s'amusaient à éclabousser les autres qui attendaient leur tour pour se doucher. Hannibal veillait toujours à rester loin de toute cette agitation, il s'amusait peu ou du moins s'amusait pas comme les autres adolescents de son âge.

Après cela, ils allèrent chacun dans leur dortoir. Dans celui d'Hannibal, les élèves sur qui il avait ruminé une vengeance durant la journée était près de leur lit, près à se coucher. Hannibal entra à son tour et se dirigea vers son lit, il se regarda dans le miroir et brossa ses cheveux.

Une odeur étrange planait dans l'air...

L'auteur de la farce remarqua un défaut sur son lit, l'un des pents de son drap avait été tiré, comme ce matin avec Hannibal. D'ailleurs ce n'était pas le seul à avoir cela, ses amis aussi.

Il regarda vers Hannibal.

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- C'est tout ce que tu sais faire ?

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Il ricana et tira sa couverture. Il émit un cri de surprise et recula devant l'horreur qu'il avait sous les yeux. Les autres garçons firent le même geste et reculèrent aussi sous l'atrocité de la scène.

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- C'est quoi ce bordel ?! s'écria l'un des garçons.

- Bordel c'est dégueulasse !

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Du sang et des tripes étaient étalés sur chaque drap, souillant même le matelas et la fine couverture qu'ils avaient. L'odeur qui s'en dégageait était nauséabonde, ils ne pouvaient s'empêcher de plaquer une main sur leur bouche. Certains d'entre eux avaient envie de vomir.

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- Qui à fait ça ?!

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Personne ne répondit, ils ne savaient pas qui avait put faire une telle chose. Tout le monde sauf une personne. Le blagueur regarda vers Hannibal qui continuait de se peigner, faisant sa ligne sur le côté. Il était parfaitement calme, ce qui se passait autour de lui ne l'atteignait pas. À travers le miroir, il croisa le regard de l'adolescent et eut un sourire en coin. À cet instant, il n'eut plus aucun doute sur l'auteur de cette scène rebutante.

Hannibal aimait les cochons et encore plus lorsque ceux-ci lui était utile...

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Il fini de se préparer. Hannibal fut satisfait de son apparence alors il quitta sa chambre pour voir où en était Will.

Celui-ci avait enfilé un pantalon vert foncé avec une chemise et un manteau marron avec de la fourrure à l'intérieur pour lui tenir chaud. Ses chaussures étaient des bottes noirs dont il avait fait les lacets négligemment, il n'avait pas réussi à faire des boucles toute simple. Même un enfant aurait réussi à le faire. Ce détail n'avait pas échappé au regard d'Hannibal.

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- Will, laissez-moi vous aider.

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Lecter s'accroupi et commença à refaire les lacets. Pendant ce temps, Will s'imaginait en train d'enfoncer sa rotule dans son visage, lui brisant son nez si parfait pour en faire jaillir son sang visqueux et maladif de haine et de souffrance. Il s'enfuirait ensuite de la demeure et dévoilerait au monde le monstre qu'il était réellement.

Mais bien sur rien de tel ne se produit et Hannibal se releva sans encombre.

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- Bien, nous pouvons sortir à présent, annonça-t-il-le plus naturellement possible.

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Will le regarda, même s'il ne le montrait pas, il était surprit par ce qu'il venait de lui dire. Sortir ? Jusqu'à présent il ne l'avait jamais fais sortir et cette annonce était si soudaine...

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- On va... Sortir ?

- Oui, je pense que le grand air vous feras du bien après cette petite mise en quarantaine.

- Mise en quarantaine forcée...

- En effet, mais en général, quelle mise en quarantaine est consentante..., dit-il en souriant, il guida Will jusqu'en bas, à la porte de derrière qui menait directement au bois.

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Il le suivit en silence et se stoppa devant la porte vitrée qui lui offrait une vue oublié de sa mémoire.

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- Alors vous me faite confiance, dit Will dont la voix était un peu enrouer.

- Non, je n'accorde jamais réellement ma confiance à quelqu'un.

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Hannibal n'accordait sa confiance qu'en lui-même, les autres pouvaient le trahir à tout instant donc il ne pouvait se fier à eux. Même quand les gens pensaient l'avoir acquis, ils se trompaient, ce n'était qu'un leurre.

Il déverrouilla la porte et l'ouvrit. Un vent frai entra à l'intérieur, venant mordre les parties de leur peau dénudé.

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- Allez-y, dit Hannibal en posant une main dans son dos.

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À ce contact, il s'avança un peu, il ne voulait pas qu'il le touche après ce qu'il s'était passé dans la salle de bain. Son contact le perturbait encore. Cette attitude amusait Hannibal, il avait l'impression d'avoir de l'acide entre ses mains et que Will ne voulait pas se brûler.

Il ne fait aucune remarque sur son attitude et sort après lui.

Will marcha lentement, son regard clair se perdait dans la cime des arbres. Ceux-ci avaient perdu leurs feuilles depuis un moment, recouvrant le sol pour en faire un tapis moelleux, certains de leurs pas les faisaient craquer. Un pas, deux pas, trois pas, Will comptait en regardant le sol. Il marchait comme un chaton effrayé qui découvrait le monde pour la première fois, ses pas étaient incertains. Mais rapidement il prit un peu plus d'assurance et accéléra le pas.

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- Will, doucement.

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Hannibal se trouvait non loin de lui, il marchait à son aise mais tout en le surveillant de près, il ne voulait pas perdre son sujet favori. La forêt était son domaine, d'ailleurs il connaissait celle-ci par cœur à force de l'avoir parcouru. En fait c'était ici qu'il recueillait une partie de ses ingrédients pour faire ses plats.

Ils étaient dehors. Enfin. Était-ce réelle ? Pouvait-il vraiment y croire ?

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- Je crois que..., commença-t-il.

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Il ne termina pas sa phrase et se mit à courir. Cet exercice lui était pénible, son corps n'avait plus l'habitude de faire autant d'effort et la tête lui tournait déjà. De plus, la lumière aveuglante de cette journée rendait sa vue réduite et les sons des oiseaux et bruits naturels couvrait son ouïe de telle sorte qu'il ne savait pas si Hannibal le poursuivait ou non.

Il ne savait pas par où aller pour s'en sortir. Mais la question ne se posa pas bien longtemps quand il fut prit de vertige assez violent. Il ralentit dans ses pas jusqu'à ce qu'il s'effondre sur le sol. Il roula péniblement sur le dos, le souffle court.

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- Pauvre idiot, dit quelqu'un dans un soupir.

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Il ouvrit les yeux et vit Hannibal le dominer de toute sa taille avant de se pencher vers lui tel un aigle fonçant tout droit vers sa proie. Il fut la dernière chose qu'il vit avant de perdre connaissance.

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J'espère que ce chapitre vous aura plus ! J'ai essayé de mettre en évidence un point en commun en faisant référence à leur passé, j'espère ne pas m'être planté ! mdr