Bonjour !
Voilà le chapitre 4.
Je tiens à remercier beakjeong pour sa review mais aussi pour sa correction ! :)
Merci à toi aussi China et le point commun c'était le sang, dés l'adolescence ils avaient tous les deux une attirance étrange pour le sang. Pour ce qui est de la saison 3, je l'entame à peine donc je vais voir si celle-ci m'inspire ! En tout cas ça me dérange un peu que Will ne soit plus là mais il faut s'y faire. é_è
Chapitre 4
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Le bruit d'une lame qu'on frottait à une autre parvenait aux oreilles de Will qui commençait à sortir de l'inconscience dans laquelle il avait été plongé brutalement. Il ne bougea pas d'un pouce, écoutant ce qui l'entourait. Le vent était un peu plus frais et venait s'engouffrer sous sa veste un peu ouverte, venant glacer son corps. Mise à part le bruit de couteaux, il n'entendait rien d'autre. Il se décida à ouvrir les yeux. Au début la lumière attaqua ses yeux, l'obligeant à les plisser, mais rapidement il remarqua qu'il se trouvait toujours dans la forêt, à l'endroit où il avait perdu connaissance. Le bruit des couteaux cessa et Hannibal apparu dans son champ de vision.
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- Vous revenez parmi nous, dit-il, accroupi. Will voit dans ses mains deux petits couteaux en main. Deux couteaux aiguisés.
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Le docteur Lecter remarqua son regard posé sur ses "armes" et sourit.
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- Ne vous en faites pas, ce n'est pas pour vous.
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Il se releva alors que Graham se redressait et s'asseyait sans le quitter du regard. Venant d'un psychopathe, cela ne le rassurait pas, même s'il disait ne pas vouloir le tuer. Malgré ce qu'il montrait, Hannibal était un esprit perturbé marqué par une enfance violente qui a engendré le monstre qu'il était aujourd'hui.
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- Jusqu'au jour où je ne vous serais plus utile... Ou quand vous vous lasserez de jouer avec moi, dit Will qui finit par se lever.
- Espérons que ce jour n'arrive pas trop vite, dit-il en regardant autour de lui après avoir rangé ses couteaux.
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Vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête n'était pas une chose à laquelle Will était habitué, c'était désagréable et ça le rendait un peu paranoïaque. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles étaient analysées par le psychiatre et au moindre faux pas, il serait là pour le lui faire payer. C'est pourquoi il devait faire attention, qu'il devait être celui qu'il voulait qu'il soit. Il jeta un coup d'œil aux couteaux accrochés à sa ceinture. Ça l'obsédait presque.
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- Pourquoi cela ?
- Pourquoi des couteaux dans une forêt Will ?
- Chasser..., murmura-t-il.
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Hannibal se mit à marcher sans attendre que Will le suive, il savait qu'il le ferait, il n'avait pas le choix. De plus, il ne connaissait pas cette forêt contrairement au docteur. Ils étaient sur son territoire. Will le rejoignit et marcha à ses côtés.
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- Si vous voulez chasser, ce n'est pas en faisant tout ce bruit qu'on débusquera un animal.
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Tout en continuant d'avancer, Hannibal regarda Will et esquissa un sourire en coin.
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- Qui vous dit que c'est un animal que l'on va chasser ?
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Cette phrase fit l'effet d'une bombe en lui. Ce n'était pas du gibier qu'ils allaient chasser, donc c'était... C'était... Non. Non il refusait de chasser un humain, il n'était pas un monstre, il n'était pas LUI. Will savait que c'est ce qu'il attendait de lui, mais en serait-il capable ? Prendre une vie était une chose difficile, la dernière fois ça l'avait rendu presque fou alors serait-il capable de recommencer ? Son corps continuait de marcher mais son esprit était ailleurs, il menait un combat intérieur. Il devait prendre une décision qui serait difficile. Quoiqu'il fasse, cela définira son avenir, soit il prenait une vie, soit Hannibal lui prendrait la sienne en voyant qu'il ne coopérait pas.
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À une vingtaine de mètres d'eux se trouvait une cage d'environ un mètre de hauteur, un drap se trouvait sur celle-ci, cachant ce qui était enfermé. Hannibal s'en approcha et posa sa main sur le drap.
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- Vous êtes prêt Will ?
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Sans attendre sa réponse, il ôta le drap, dévoilant alors un sanglier qui se mit à grogner et à se cogner contre les barreaux de la cage, effrayé.
En voyant l'air surpris de Will, Hannibal ne put s'empêcher d'étouffer un petit rire alors qu'il laissa le drap retomber au sol.
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- Avez-vous réellement cru que pour votre première sortie je vous ferais tuer quelqu'un ?
- Je dois avouer vous avoir trouvé assez fou pour le faire en effet...
- Je préfère le terme imprudent, dit-il en ouvrant la cage, l'animal hésita un instant puis se mit à courir.
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L'animal courait sans savoir qu'il avait affaire à un des plus grands prédateurs qu'il aurait pu rencontrer dans sa vie. Il n'avait aucune chance.
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- Suivez-moi.
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C'était un ordre, Will n'avait pas le choix. Hannibal se mit à courir, il arrivait à éviter d'écraser trop de feuille, il volait presque au-dessus du sol tant il était silencieux. Graham resta un instant à le contempler puis se mit à courir à sa suite. Il était moins agile et moins rapide, dû au manque de condition physique de ces derniers temps, mais il faisait attention à ne pas faire trop de bruit.
L'animal était bien loin d'eux, mais Hannibal savait où aller, il ne l'avait pas perdu de vue même s'il ne le voyait pas, il savait quelle direction emprunter. Il avait du flair, c'était un bon pisteur. Ça ne l'étonnait pas vu ce qu'il était...
Le corps de Will lui faisait payer cette course, il sentait une douleur dans les côtes et son souffle se faisait plus court, plus saccadé, plus douloureux. Mais pas question de s'arrêter, il ne devait pas céder et continuer à garder la même cadence qu'Hannibal. Malgré tout, Graham ne leva pas assez haut ses pieds et trébucha. Il s'attendait à sentir son visage s'écraser contre le sol, mais des bras puissants le rattrapèrent pour venir le plaquer contre un arbre, un peu trop fort à son goût. Lecter garda une main plaquée contre son torse alors qu'il avait un doigt posé sur ses lèvres, lui intimant de se taire. Il lui montra le sanglier à quelques mètres d'eux, il fouillait le sol avec son groin. Étrangement il n'avait pas remarqué la présence des deux hommes. Hannibal était à peine essoufflé, son torse se soulevait et se baissait à un rythme lent et presque régulier. Cet homme était surprenant...
Hannibal savait que Will ne serait pas encore capable d'agir, c'est pourquoi il avait décidé de tuer lui-même l'animal et ce sous les yeux de son "apprenti". C'est avec agilité qu'il prit ses deux couteaux, il savait comment faire pour que l'animal meurt sur le coup, sans souffrance. Il fit quelques pas vers lui et avant qu'il ne puisse fuir, il lança si rapidement ses couteaux qu'ils échappèrent au regard de Will. L'animal émit un cri avant de s'écrouler sur le sol. Mort. Hannibal eut un sourire satisfait et s'approcha de la bête. Il s'abaissa et enleva les couteaux, ce qui fit un bruit désagréable. Will en aurait frissonné de dégoût s'il n'avait pas déjà vu pire.
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- Qu'allez-vous en faire ? demanda Will qui finit par s'approcher.
- Je vais le ramener et le servir pour le dîner de ce soir.
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Le docteur Lecter ouvrit l'animal dans la longueur de son sternum, le sang coulait déjà sur le sol, maculant les feuilles au passage.
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- Donc... Nous allons manger du sanglier et non une de vos victimes ?
- C'est bien ça, dit Hannibal en vidant l'animal à main nue, sa main était recouverte de sang et la chair s'incrustait sous ses ongles.
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Will détourna le regard un moment avant de reporter son attention sur ce que faisait le psychiatre. Il se demandait pourquoi il voulait soudainement changer leur alimentation, même pour un soir, c'était surprenant. Depuis des semaines il l'obligeait à manger des parties de corps humains.
Étrange...
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- Pourquoi ?
- Je mange ce que je chasse.
- Tout simplement ?
- Tout simplement.
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Hannibal se releva en prenant l'animal à bout de bras. Si avoir les mains pleines de sang ne le dérangeait pas, ses vêtements, eux, devaient rester propre.
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- Bientôt ce sera à votre tour de mettre la main à la patte, ajouta Hannibal en regardant Will dans les yeux un moment avant de se mettre à marcher, faisant craquer les feuilles à chacun de ses pas. Leur odeur remontait jusqu'aux narines de Will, l'enivrant, lui rappelant son enfance lorsqu'il plongeait dans les feuilles et les lançait autour de lui.
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Il ne lui répondit pas et le suivit. Les yeux de l'animal étaient exorbités et semblaient fixer Will. Comme s'il demandait pourquoi lui. Pourquoi lui... Pourquoi pas Will ? Graham aurait presque voulu être à la place de l'animal...
Quand ils furent dans la demeure, Hannibal alla dans le garage où il avait installé un petit atelier. Pour ne rien salir, il avait enroulé l'animal dans une vieille couverture qu'il stockait toujours près de la porte du jardin.
C'était propre du sol au plafond, mais Will savait que c'était ici qu'il devait s'occuper des animaux qu'il chassait. Grâce aux couteaux et outils accrochés aux murs mais aussi à cause des défenses qu'il y avait sur le plan de travail, des peaux animales et ce qui lui semblait être un hibou empaillé.
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- Je ne vous savais pas friand de ce genre de chose.
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Hannibal se retourna et posa son regard sur l'animal empaillé. Il esquissa un léger sourire.
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- Cela ne vient pas de moi. C'est un présent que l'on m'a offert.
- Et il se retrouve dans cet endroit, là où personne ne peut le voir.
- En effet, le travail à été mal fait donc je dois le rectifier.
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Will attrapa le hibou - un Asio Flammeus brun à rayures brun-noir sur le dessus - et l'examina pour voir où étaient les défauts.
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- Vous êtes un perfectionniste.
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Il avait remarqué quelques défauts, mais il fallait bien regarder pour les voir. Ce n'était pas dérangeant, mais ça ne plaisait pas à Hannibal. Alors que celui-ci posait la bête sur le plan de travail, Will avait le regard posé sur un petit scalpel. Il avait dû le poser là pour défaire les coutures du hibou quand il s'en occuperait. La tentation était trop forte, Will devait s'en emparer. De plus Hannibal ne le regardait pas, c'était le bon moment. Il posa le hibou et cacha la lame entre sa paume et la longueur de son bras.
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- Tout est si propre, on dirait que cet endroit n'a jamais été utilisé, dit Will pour faire diversion même si Hannibal n'avait pas vu qu'il lui avait dérobé le scalpel.
- Je n'aime pas le désordre.
- Un psychologue pourrait dire que vous avez un trouble obsessionnel compulsif lié à l'hygiène autant sur vous que dans votre demeure.
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Hannibal cessa de dépecer l'animal et se retourna vers lui. Entre temps il avait enfilé un tablier brun foncé après avoir enlevé sa veste.
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- Essayez-vous de mettre une étiquette sur ma manière d'être, Will ?
- Non. Si je devais le faire, je dirais que vous êtes un dangereux psychopathe qui a dû vivre un événement atroce dans son enfance pour être devenu ce que vous êtes aujourd'hui.
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Bon point. Sans le savoir, Will venait de viser juste. Il ne pouvait croire que quelqu'un devienne un monstre du jour au lendemain. L'élément déclencheur avait dû être terrible pour qu'Hannibal soit ainsi... Mais terrible ou non, Will n'aurait pas de pitié pour l'être qu'il était aujourd'hui et ferait tout pour l'anéantir.
Ce qui arriva ensuite surprit Will. Il s'attendait à ce qu'il se défende avec une réplique sur les fondements humains, mais au lieu de cela, il eut un demi-sourire et se retourna de nouveau pour s'occuper de l'animal. C'était une petite victoire pour Will qui sentait qu'il pourrait reprendre le dessus.
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- Est-ce qu'il vous arrive de penser à ce qu'aurait été votre vie si vous n'étiez pas l'homme que vous êtes aujourd'hui ? poursuivit Will en s'approchant du plan de table.
- Pourquoi penser à une chose à laquelle on n'aura jamais accès ? C'est se faire du mal pour rien.
- Cela vous fait du mal alors ?
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Hannibal stoppa le mouvement qu'il faisait à sa question. Il s'était fait avoir comme un débutant. Qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ? Il n'avait pas contrôlé ses paroles et avait parlé sans réfléchir aux conséquences de ses mots.
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- Vous semblez aller mieux, c'est bon signe, dit Hannibal en reprenant son geste sur le sanglier.
- Il faut croire qu'être sorti m'a fait beaucoup de bien.
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Le docteur Lecter sentait que Will redevenait lui-même, ce qui était une bonne chose. Mais malgré tout, il comptait le façonner à son image.
Une sonnerie retentit, c'était le téléphone d'Hannibal. Il prit le temps d'essuyer ses mains puis prit son portable.
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- Allô ?
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Lecter se retourna vers Will tout en parlant à son interlocuteur. Il ignorait qui c'était, mais la personne semblait insistante. Il traversa la pièce en regardant sa montre, il semblait réfléchir. Il tournait le dos à Will, c'était un signe. C'était SON moment. Il s'approcha lentement vers lui alors qu'il glissa le manche de la lame dans sa main pour le tenir fermement. Il n'avait pas le droit à l'erreur.
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- Bien, je vous dis à ce soir, dit-il en raccrochant.
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Quand il se retourna, Will ne perdit pas une seconde et lui trancha la gorge. Du sang coula à flot de la plaie. Il avait sectionné la trachée ainsi que la carotide. Son coup avait été net et précis, il avait su où frapper. Hannibal porta ses mains à son cou pour essayer de stopper l'hémorragie mais sans succès. Il avait le visage figé par la terreur alors que ses jambes se dérobaient sous lui. Il s'écroula au sol et gisait dans son propre sang. Il palpait l'air, essayant de respirer par tous les moyens, mais c'était peine perdue. Son agonie ne dura pas longtemps, il cessa de bouger, les yeux grands ouverts.
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- Will ?
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L'intéressé ouvrit les yeux et découvrit Hannibal devant lui, vivant et la gorge intact. Tout ceci n'avait été que son imagination à son plus grand regret...
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- Je vais bien, dit Will avant qu'il ne lui pose la question.
- Bien. Nous avons un invité ce soir, vous feriez mieux d'aller vous débarbouiller.
- Qui va venir ?
- Vous verrez.
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Surprise. Il le saurait seulement au moment de dîner. Ça allait être la première fois qu'il allait revoir quelqu'un en dehors d'Hannibal.
Une vive douleur tirailla sa main, plus précisément au creux de sa paume. Il avait du serrer la lame trop fort, elle avait transpercé sa peau. Il ne pouvait pas le montrer à Hannibal alors il hocha la tête et quitta la pièce.
Le sanglier. Il allait le servir ce soir pour leur invité. Exceptionnellement. Alors qu'il allait s'occuper de l'animal, il remarqua une goutte de sang au sol. Une goutte de sang qui n'appartenait pas au sanglier car il avait fait attention à ne pas tâcher le sol. Il fronça légèrement les sourcils et regarda Will s'éloigner dans le couloir. Ça ne pouvait être que son sang…
