Coucou !

Après un moment (trop long je sais), le chapitre ! Il n'est pas encore corrigé, mais vous pouvez le lire. :)


Chapitre 5

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La main de Will était écorchée à cause du scalpel. Dans sa chambre il avait fait de son mieux pour arrêter le saignement. Heureusement dans la salle de bain il avait put trouver des pansements pour couvrir la petite plaie. À présent soigné, il espérait qu'Hannibal ne remarquerait rien. Mais venant d'un homme aussi observateur, il devait se montrer prudent et plus rusé que lui. Dans son état ça allait être difficile, c'est pourquoi il devait se ressaisir. Ça n'allait pas se faire en un jour, mais il le devait, pour lui, pour la vie qu'il menait avant. Hannibal avait tout détruit en l'enfermant ici. Il devait l'arrêter, par tous les moyens.

Tout en s'habillant, Graham se demandait qui était l'invité de ce soir. Il avait tenu à garder le mystère dessus ce qui ne le rassurait pas. Était-ce quelqu'un qu'il connaissait ? Ami ou ennemi ? Même s'il n'avait pas vraiment d'ennemi il n'était pas apprécié de tous. Depuis toujours les gens le trouvaient bizarre et sa méthode de travail n'était pas validée par tout le monde. Jack avait été fou de faire appel à lui, même s'il l'avait beaucoup aidé, il aurait put être un charlatan qu'il n'y aurait vu que du feu. S'il avait refusé dés le départ d'aider les forces de l'ordre, Will ne serait pas dans cette situation, il serait encore avec ses chiens à donner cours. Sa vie monotone lui manquait, ses chiens lui manquaient. Qu'étaient-ils devenus après son absence ? Étaient-ils seulement encore en vie ? La perspective qu'ils pensent que Will les avaient abandonnés n'aidait pas à lui remonter le moral.

Ses pauvres chiens...

Will avait troqué sa tenue de forêt contre un pantalon noir et une chemise verte foncée. Il était surprit en mettant sa ceinture de voir qu'il devait la resserrer d'un cran, sa perte de poids était impressionnante. Il mangeait à sa faim ici, mais l'anxiété qui le tenaillait constamment ne le lâchait pas, il n'arrivait pas à se détendre un instant. Il avait les nerfs à fleur de peau et risquait d'être marqué à vie par les rides de ce cauchemar.

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- Ne sois pas étonné de ce qui t'arrive, c'est de ta faute si tu en es là.

- C'est faux, dit Will en rentrant sa chemise dans son pantalon.

- À force de chercher des tueurs, c'étaient inévitables qu'ils viennent à ta rencontre et celui que tu as avec toi est tout ce que tu recherchais.

- Je n'ai jamais voulu ça, tout ce que je voulais c'était aidé la...

- Toujours des excuses, quand finiras-tu par accepter que peu importe les décisions que tu as prise le résultat serait le même ?

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Il releva la tête et vit un homme devant la fenêtre qui lui tournait le dos. Depuis quelques jours Will avait des hallucinations. Cet homme était apparu mais il ne voyait jamais son visage, sa voix venait perturber le calme de sa chambre et le tourmentait. Il savait que ce n'était pas réel, mais il ne pouvait s'empêcher de répliquer à ses paroles. De plus sa voix ressemblait étrangement à celle de son père ce qui lui retournait l'estomac. Il avait déjà essayé de le regarder de face, mais il était toujours confronter à une tête sans visage, il n'avait pas d'yeux, pas de nez ni de bouche, c'était difforme. Effrayant.

Il n'avait rien dit à Hannibal car il aurait donné une théorie à ce sujet et ce n'est pas ce qu'il souhaitait. Tout ce que voulait Will c'était qu'il disparaisse et qu'il puisse reprendre le contrôle sur sa vie.

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- Monstre..., murmura la voix à son oreille.

- Je ne suis pas un monstre ! cria-t-il presque.

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Seul l'écho de sa voix lui répondit sur le moment avant que le murmure se fasse encore plus proche de lui, de son oreille. Dans sa tête.

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- Il est là...

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Trois coups se portèrent sur la porte avant qu'elle ne s'ouvre pour laisser place à Hannibal. Celui-ci portait un costume élégant comme toujours.

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- À qui parliez-vous ?

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Will regarda autour de lui et ne vit que l'obscurité, seul la lumière du couloir éclairait la pièce.

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- Personne.

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Le psychiatre n'insista pas et appuya sur l'interrupteur pour faire entrer de la lumière dans sa chambre.

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- Pourquoi restez-vous dans le noir ?

- Car c'est dans l'obscurité que les monstres apparaissent. Oh... Vous voilà..., dit Will en esquivant un sourire.

- De l'humour, c'est nouveau. Cette promenade vous à vraiment redonné un coup de fouet, constata Hannibal. Bien, venez, notre invité est là.

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Les deux hommes se regardèrent un moment sans bouger puis Will quitta sa chambre en frôlant Hannibal, les effluvent d'un parfum léger et délicat se dégageaient de lui. Il savait quelle quantité mettre pour que cela se sente mais aussi pour que ce soit discret. Un maître dans l'art.

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- Y a-t-il un domaine dans lequel vous n'excellé pas ?

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L'incompréhension se lisait sur le visage d'Hannibal, il ne savait de quoi il parlait. Ses cellules grises réfléchissaient à toute vitesse pour y récolter un indice. Peut-être parlait-il de sa tenue ? De ses cheveux ? De l'odeur alléchante qui planait dans la demeure ?

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- Laissez tomber, dit Will en franchissant à petite enjambée le couloir puis les escaliers.

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Naturellement il se dirigeait vers la salle à manger, mais Hannibal dévia sa trajectoire et le guida d'une main posé sur sa hanche vers le salon où un feu crépitait avec un homme devant. Les lumières étaient un peu tamisé ce qui donnait un air chaleureux à l'endroit. Un vrai attrape nigaud, c'était un leurre très réussit, n'importe qui se ferait avoir.

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- Nous sommes au complet, dit Hannibal en se dirigeant vers une petite table où était disposés deux verres de vin.

- Qui est-ce ? demanda Will en fixant l'homme aux cheveux poivre et sel.

- Allons Will, tu ne me reconnais pas ? dit l'homme en se retournant.

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Will ne savait pas quelle expression il devait avoir, mais il lui semblait avoir perdu tout le sang que contenait son visage et la paupière de son œil droit se mit à trembler. Quant à Hannibal, il l'observait avec un malin plaisir. Il savait que cette rencontre allait le chambouler c'est pourquoi il ne lui avait pas donné tout de suite son verre de vin. De plus sa présence ici allait l'aider à en savoir d'avantage sur lui.

Cet homme n'était pas un inconnu pour Will, il le connaissait bien, même très bien. À l'époque ses cheveux étaient blonds et son visage moins marqué par la vieillesse. Mise à part les années passés, il était le même que celui de ses souvenirs.

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- Docteur Delcorps, dit Will dans un souffle.

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L'homme en face de lui fut auparavant son psychologue. Lorsque son père eut enfin décidé de se poser alors que Will avait seize ans, il avait exigé de sa part qu'il aille consulter quelqu'un car il le trouvait trop renfermer. Prétexte idiot pour lui éviter de parler à son fils, il préférait laisser un inconnu se charger de lui.

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- Tu as bien grandis mon garçon, constata le psychologue en l'analysant, il tenait entre ses doigts un verre de vin presque vide, il avait déjà commencé les festivités.

- Ne m'appeler pas mon garçon, dit-il en détachant bien chaque mot, il avait toujours eu horreur de ce terme à son égard.

- Toujours aussi susceptible à ce que je vois.

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Le docteur Delcorps lui sourit et se dirigea vers le maitre des lieux qui lui remplit de nouveau son verre.

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- Il était mon psychologue dans ma jeunesse..., informa Will même s'il se doutait qu'Hannibal était déjà au courant.

- Et à présent ce rôle est celui de ce cher Lecter, tu as de la chance Will, tu es entre les mains d'un expert, complimenta Delcorps en levant son verre vers Hannibal qui fit de même.

- J'ai pensé que ces petites retrouvailles vous serait bénéfique, Will, dit Hannibal en lui donnant son verre de vin.

- En quoi le serait-ce ? questionna Will en prenant son verre.

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Les trois hommes formaient une petite assemblée autour de la petite table où trônait la bouteille de vin à moitié pleine. Will n'avait pas très soif mais il but tout de même une gorgée, se disant que l'ivresse l'aiderait à supporter cette soirée qui allait être pénible pour lui.

Le pansement sur sa main se vit un instant, il referma les derniers doigts dessus alors que les autres tenaient le verre. Tout ça en parfaite équilibre. Il avait bien caché la lame dans sa chambre, il attendrait le bon moment pour s'en servir.

Sa question fut passée sous silence, au lieu de ça les deux hommes discutèrent entre eux. Pendant ce temps, Will s'éloigna pour venir devant le feu de cheminée. Il était constamment geler, peu importe la température de la pièce, son corps ne semblait pas vouloir se réchauffer et peu importe les couches de vêtements qu'il mettait. Seul des bains bien trop chauds qu'Hannibal lui préparait réussissaient à lui donner chaud. Ça et ses gestes déplacés. Il jeta un peu de vin dans le feu et les flammes s'emballèrent quelques instants avant de se calmer. Même en pleine conversation Hannibal avait un œil sur lui et veillait à ce qu'il ne se blesse pas.

Le fait que son psychologue soit là le perturbait beaucoup, il n'arrivait pas à déterminer si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Allait-il empirer la situation ou au contraire serait-il une aide pour s'échapper de cet endroit ?

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- C'est à l'âge adulte qu'un adolescent qui méprisait ses parents les retrouve en lui-même, cita Will dont le regard se perdait dans les flammes.

- Pierre Bourgault, dit avec enthousiasme le docteur Delcorps.

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Will se retourna vers les deux hommes et fixa son ancien psychologue.

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- C'est ce que vous m'avez dit lors de l'une de nos séances.

- C'est fort possible, cela remonte à si longtemps.

- Moi je m'en souviens. Je me souviens à quel point vous vouliez que je vous parle, que je pardonne à mes parents leurs fautes, comme je devais être serviable envers mon père et pardonner à celle qui m'a mise au monde de nous avoir abandonné, lâcha Will en s'approchant de Delcorps.

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Celui-ci le regarda étonné. En effet ça le surprenait d'entendre de la colère dans sa voix et qu'il est de la rancune contre lui après tout son temps. Le psychologue ne se remettait jamais en question et pensait avoir bien fait avec Will. Comme avec tous ces autres patients.

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- Et bien, regarde ce que tu es devenu, tu travailles pour le FBI c'est bien ça ? Ton père ne serait jamais là où tu en es, dit-il en buvant une autre gorgée de vin, l'alcool commençait à voyager dans ses veines, Will ne savait pas combien de verre il avait bu, mais ce n'était pas que son deuxième.

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- Ce n'est pas grâce à vous ni à ce qui me servait de père en tout cas.

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Il n'était pas dans les habitudes de Will de se livrer de la sorte sans qu'on est besoin de lui arracher les ver du nez. Hannibal en avait plus apprit en quelques minutes qu'en quelques semaines. Avoir amené cet homme ici était une bonne idée, il aurait dû y penser plus tôt. Une grande recherche s'était imposé pour qu'il puisse au mieux s'occuper de lui et il avait apprit depuis peu pour le docteur Delcorps. Tout ce qu'il savait c'était que Will l'avait consulté durant une année et que leurs séances c'étaient arrêtées brusquement.

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- Puis-je vous demander qui dans le cas ? demanda Hannibal qui avait gardé le silence durant leur conversation, ce qui n'était pas dans son habitude.

- Oui vous pouvez.

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Hannibal se tut pour laisser poursuivre Will mais il n'en fit rien. Voyant son regard marron-vert sur lui, il fini par dire :

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- J'ai dis que vous pouviez, pas que j'allais y répondre.

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Le docteur Delcorps se mit à rire tout en posant son verre vide sur la table, un peu trop brusquement ce qui fit tiqué Hannibal qui ne supportait pas que l'ont égratigne son mobilier. Il prit le verre pour le poser sur une serviette et passa délicatement ses bois sur le bois qui n'avait aucun coup. Heureusement pour ce cher docteur.

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- Même étant jeune Will a toujours eu un humour plaisant !

- Vraiment ? dirent en cœur les deux hommes.

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Il se remit à rire et donna une claque dans l'épaule de Will qui renversa un peu de vin sur sa main et le sol.

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- Quand allons nous passer à table ? Le vin m'a ouvert l'appétit !

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Il se retourna pour aller près d'une fenêtre qui montait presque jusqu'au plafond. La nuit était bien présente, mais la lune et quelques étoiles éclairaient le ciel et aussi les alentours, seul source de lumière. L'arbre qui s'imposait devant la fenêtre rejetait des ombres lugubres sur la maison, donnant un air sinistre et de maison hanté. Ça découragerait un peureux de s'approcher.

Pendant qu'il contemplait la végétation de dehors, Will fusillait du regard Hannibal et murmura :

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- Pourquoi l'avez-vous amenez ?

- J'ai pensé que voir un visage familier vous ferais du bien, dit Hannibal en relevant un peu son pantalon pour se baisser et nettoyer le vin sur le sol.

- Et bien vous vous êtes trompez.

- Vous connaissez peu de gens, il est donc difficile de faire mieux.

- Je n'aime pas les gens.

- Ça tombe mieux eux non plus.

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Il se redressa et prit le vin de Will pour le poser sur la table. À l'aide d'une serviette, il essuie la main de Will puis remarqua le pansement sur sa paume.

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- Qu'avez-vous fait ? demanda Lecter en ôtant le pansement.

- Je me suis coupé dans ma chambre, mentit Will en retirant sa main.

- Mh..., dit-il en regardant sa main, il se pince les lèvres puis se tourne vers son invité. Nous pouvons passer à table, venez.

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Hannibal indiqua la salle à manger où était dressée une table joliment décorée. Will prit sa place habituelle -à gauche de la place d'Hannibal- tendit que le docteur Delcorps se mit en face de lui. Graham voulait être ivre pour mieux accepter cette soirée mais il semblerait que ce soit le psychologue qui avait prit les devants, ses pupilles étaient légèrement dilater et ses joues avaient prit une teinte légèrement rouge.

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- Je n'ai pas pour habitude de prendre le repas avec mes anciens patients, il est rare que je les revois d'ailleurs.

- Ce n'est pas étonnant, vos méthodes n'aident personne, à part nous rendre encore plus mal, marmonna Will en dépliant sa serviette pour la poser sur ses genoux.

- Tu étais un jeune homme têtu tu sais.

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Il prit la bouteille de vin et la débouchonna. Avant de se servir un fond, il en sentit l'odeur à même la bouteille.

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- Vous ne devriez pas faire ça, ça ne va pas lui plaire, dit Will en suivant chacun de ses gestes.

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Son ancien psychologue se pencha sur la table comme pour être sûr qu'il l'entend. Il lui sourit.

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- Si tu ne dis rien, je ne dirais rien, ce sera notre petit secret, dit-il en buvant le fond de vin qu'il s'était servi.

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À ce moment-là quelque chose se déverrouilla dans son esprit et des images qu'il avait longtemps enfoui resurgir au plus profond de son subconscient. Des images ou plutôt des scènes qu'il avait réussi à oublié.

Hannibal apparu avec deux assiettes qu'il déposa devant le docteur Delcorps puis Will. Il s'éclipsa quelques instants puis revient avec sa propre assiette.

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- J'espère que ça va vous plaire, la viande est fraîche, ça ne sort pas d'un congélateur, dit Hannibal en posant sa serviette sur ses genoux.

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En effet, le pauvre animal s'était fait tué le matin même sans aucune chance de survie, il était voué à la mort.

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- Je suis sûr que le plat est excellent, c'est une œuvre d'art, complimenta l'invité en admirant la position de chaque aliment. C'est un ravissement pour les yeux.

- Et un régale pour les papilles, rajouta Hannibal.

- Je n'en doute pas !

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Hannibal se retourna vers Will qui fixait toujours son ancien psychologue. Son teint était plus blafard que d'habitude donc il comprit directement que quelque chose n'allait pas.

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- Que se passe-t-il Will ?

- Oh rien, il ne doit pas digérer le vin, dit Delcorps en riant.

- Le vin, oui, dit Hannibal en s'emparant de la bouteille, il remplit les trois verres de vin rouge puis reprit sa place.

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Sans attendre plus longtemps, ils commencèrent à manger non pas dans le silence mais avec un fond de musique. Will resta bloqué sur ses souvenirs perdu soudainement présent. Ces quelques mots avaient suffit à faire remonter la raison pour laquelle Will avait cessé de voir le docteur Delcorps.

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- Will, mangez, ordonna doucement Hannibal en coupant sa viande, un petit filet de sang s'en échappa et alla se mélanger à la sauce moutarde qu'il avait fait.

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L'intéressé posa son regard sur son assiette et s'empara de ses couverts en tremblant légèrement. De peur ? De colère ? Lui seul le savait. Il souffla un bon coup et mangea la salade au citron en premier lieu. Will mâchait avec lenteur chaque bouchée qu'il prenait et touchait que très peu au vin. Finalement il préférait avoir l'esprit à peu près clair.

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- Vous travaillez toujours ? demanda Hannibal par pur courtoisie.

- Oui, j'ai abandonné il y a des années l'hôpital pour ouvrir mon propre cabinet, c'est bien mieux ainsi et je choisis moi-même mes patients.

- Vous avez une préférence ?

- Oui, les enfants, leur cas est très intéressant, bien plus que les adultes, dit-il alternant entre aliment et boisson. Tout ce mélange, ça donnait la nausée à Will, il lui donnait la nausée.

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Hannibal termina de manger et essuya ses lèvres.

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- En quoi le sont-ils ?

- Leurs jeunes esprits sont fascinant et complexe, mais facilement manipulable..., commença-t-il.

- Vraiment ? Est-ce qu'avec eux vous employez les mêmes méthodes qu'avec moi ? l'interrompit Will en le fixant de ses yeux perçant.

- La plupart du temps oui, cela fonctionne même si avec toi ce fut un échec à mon plus grand regret, dit-il en soupirant, il prit son verre et but une longue gorgée.

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Ses paroles firent bouillir son sang.

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- À quoi faites-vous références Will ? demanda Hannibal qui était intrigué par la conversation et surtout intéressé. Tout ce qui touchait à son patient était captivant, il voulait tout savoir, sa soif n'était jamais étanché, il en voulait toujours plus.

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- Il... Il..., dit-il sans pouvoir prononcer d'autres mots.

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Will serrait si fort ses couverts que la plaie à sa main s'était rouverte pour saigner légèrement. Mais pour l'heure il s'en fichait, il ne ressentait pas la douleur et n'était pas conscient de sa présence. Tout ce qui le préoccupait en cet instant était le sort de tous ces jeunes enfants confié au soin du docteur Delcorps, une erreur que leurs parents avaient faites. Ils ignoraient quel genre d'homme c'était. Lui aussi lorsqu'il avait commencé les séances.

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- Vous abusez de votre position pour profiter des gens... De vos patients, reprit Will en le regardant.

- Mais qu'est-ce que tu racontes mon garçon ? Tu as trop bus, tu devrais te calmer.

- Je n'ai rien bus et ne m'appelez pas mon garçon.

- Vous devriez vous calmez Will et allez vous reposer, proposa Hannibal qui ne voulait pas perdre le contrôle de la situation.

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Un animal semblait s'être insinué en Will car quand il regarda Hannibal, il avait l'expression d'un animal fou prêt à mordre. Toute trace de faiblesse semblait l'avoir quitté momentanément.

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- Vous l'avez fait venir ici sans savoir ce qu'il est réellement !

- C'est vrai, alors dites-le-moi, dit calmement Hannibal non perturbé par son agitation.

- Il..., commença-t-il, Will reporta son attention sur Delcorps, lors de nos séances, il... Il me touchait en disant que c'était pour mon bien... Pour que j'aille mieux et que ça devait rester notre petit secret..., fini-t-il en serrant les dents.

- Je vois, dit Hannibal, son habituel masque de neutralité sur le visage, a-t-il abusé de vous ?

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La lèvre de Will trembla légèrement sous la rage qui l'étouffait alors qu'une larme qu'il ne put retenir coula le long de sa joue.

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- Non, j'ai arrêté les séances avant que ce ne soit le cas, mais je suppose qu'il y en a certains qui n'ont pas eu cette chance.

- Bien.

- Quoi ? Qu'est-ce... Vous n'allez tout de même pas écoutez les mensonges de cet homme ? Il est clairement perturbé, regardez-le il est...

- Ça suffit, coupa Hannibal d'un ton sec, il prit son verre et but une gorgée de vin. Je vous ai invité ici afin d'aider Will à aller mieux, mais l'effet fut le contraire, je constate que vous êtes l'une des raisons pour lesquels il fuie tant la présence humaine.

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Le docteur Delcorps voulu répondre pour se défendre, mais Hannibal ne lui en laissa pas l'occasion, il planta si violemment son couteau dans sa main que ça transperça la table. Directement un hurlement strident sortit de la bouche puant le vin et la moutarde de Delcorps suivit d'un autre quand Hannibal s'empara de son couteau pour le planter dans son autre main. Un deuxième hurlement déchira l'air suivit de gémissement de douleur.

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- Hurlez tant que vous le voulez, il n'y a personne à des kilomètres à la ronde, dit Hannibal en se levant calmement. Il augmenta le son de la musique et ferma les yeux, se délectant de la mélodie et des hurlements de cet homme qui abusait d'enfant innocent.

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Will resta figer, les yeux écarquillés devant l'homme qui l'avait terrorisé étant plus jeune. Il posa son regard sur son sang qu'il s'était imaginer pourri comme le reste de son corps, mais ce ne fut pas le cas, il était aussi rouge que le sien et celui de l'animal qu'Hannibal avait tué ce matin. il était aussi sensible à la douleur que n'importe qui. Pourtant dans son esprit d'adolescent il l'avait imaginé monstrueux et hors de porté, grand et fort et là... Et là il était minable et à sa merci.

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- Qu'allez-vous faire de lui ? demanda Will en écoutant les gémissements de l'animal.

- Moi ? Rien, mais vous par contre...

- Je ne veux rien lui faire, faite-le vous.

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Hannibal s'approcha de Will et se mit derrière lui, il posa ses mains sur ses épaules et les serra doucement.

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- J'ai amené le docteur Delcorps pour en savoir un peu plus sur le jeune Will que vous étiez, je ne m'attendais pas la révélation que vous avez faites. Au final il nous sera utile pour votre thérapie.

- Comment ça ?

- Vous allez tuer l'élément qui à probablement fait ce blocage en vous.

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Will écarquilla les yeux et se leva brusquement, poussant au passage le docteur Lecter.

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- Je ne tuerais personne.

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Il voulu quitter la pièce mais Hannibal l'attrapa par le poignet et le força à revenir près de lui et encore plus près de Delcorps. Il se replaça derrière lui et se mit à parler près de son oreille.

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- Cela va vous libérer de le tuer, ce sera un premier pas vers la guérison, commença-t-il en le tenant par les épaules.

- Le tuer ne m'aidera pas, ça ne m'a pas aidé de tuer Garret Jacob Hobbs.

- C'est parce que c'était une victime innocente, il ne vous avait rien fait directement, mais lui... Lui vous à touché contre votre consentement...

- Vous aussi vous me toucher...

- Pas comme lui.

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Hannibal se mit à masser doucement ses épaules en fixant Delcorps qui gémissait toujours de douleur mais moins bruyamment que tout à l'heure. Il savait qu'il était fait comme un rat, il n'essayait même pas de se battre. Pitoyable.

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- Tuez-le...

- Non..., dit Will en détournant le regard.

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Le tueur de Chesapeake força Will à regarde de nouveau le psychologue.

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- Repensez à ce qu'il à fait, imaginez ce qu'il a put faire aux autres.

- Non...

- À présent il s'occupe de jeunes enfants, de jeunes et innocents enfants, ils ne méritent pas ça, ils vous supplient de tout cessez...

- Arrêtez...

- Will vous devez le tuez, libérez-vous, libérez-les.

- Arrêter d'entrer dans ma tête ! hurla-t-il en prenant sa tête entre ses mains.

- Vous débattre ne servirait à rien, le choix est inéluctable...

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Hannibal fini par le lâcher et s'éloigna quelques instants. Il entendait encore sa voix répéter sans cesse de le tuer. Tuer tuer tuer tuer. Tel un écho il retentissait encore en lui, martelant son crâne, son visage... Son cœur. Quelque chose de froid et lisse fut glissé dans sa main. Il la referma instinctivement dessus et posa son regard empli de folie dessus. Un couteau dont la lame semblait très tranchant. Il voulu poser son pouce dessus mais Hannibal l'en empêcha.

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- Ne vous blessez pas encore, dit-il en faisant une pression sur sa main.

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Il était au courant de ce qu'il avait prit, Will en était sûr. Il ne répond pas et continua de fixer la lame. Sa respiration était courte et saccadée sous la tension qu'il ressentait. Will n'arrivait pas à réfléchir clairement, tuer le docteur Delcorps ou Hannibal. Ou même lui, tout serait terminé s'il était mort.

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- Tuez cet homme. Tuez cet homme, répéta Hannibal en parlant tout prêt de son oreille pour donner plus de puissance à ses mots.

- Non je ne peux pas...

- Tuez-le..., dit Hannibal en le lâchant.

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Pourquoi l'avait-il lâché ? Il l'avait poussé vers cet homme. Non... En fait c'était lui qui avançait, son corps marchait d'un pas lent vers Delcorps, il ne s'en était pas rendu compte. Pourquoi ? Serait-ce son subconscient qui parlait de lui-même ?

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- Oui... Allez-y..., l'encouragea Hannibal.

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Il observait son poulain faire ses premiers pas sur le chemin auquel il était destiné. Il fallait le pousser, l'encourager pour qu'il y reste et ce n'était pas chose simple car rien qu'un petit détail pouvait tout détruire.

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- Pensez au mal qu'il vous à fait... Le méritiez-vous ? Non, ni ces enfants d'ailleurs.

- Si je le tue...je deviendrais un meurtrier, dit Will en s'arrêtant à quelques centimètres de lui.

- Ce ne sera pas un meurtre, mais un acte de charité, pensez à tout ceux que vous sauvez de sa perversité.

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Will trouvait son argument valable il ne pouvait nier qu'un homme dans son genre en moins ferait une menace en plus d'éliminer. Il sentait qu'il changeait. Avant, même si un homme méritait de mourir, il n'aurait pas donné raison à quiconque aurait voulu faire justice lui-même.

Malgré tout il hésitait encore à abattre son couteau dans sa chair poisseuse, tuer un homme même s'il le méritait n'était pas chose facile. Le docteur Delcorps redressa alors son visage empreint de douleur et baigner de larme, de la bave avait coulé sur son menton lui donnant un aspect miteux. Il faisait pitié, mais Will ne ressentait aucune compassion pour lui.

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- Ne me tue pas... Je ne te faisais aucun mal... Tu n'as jamais dis non, se défendit Delcorps.

- J'étais déboussoler et vous avez profité de la situation.

- C'est faux ! Tu as toujours pus décidé !

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Will leva son couteau, tremblant légèrement. Quand le psychologue vit qu'il n'y avait plus aucun espoir, il se mit en colère et lui cracha au visage.

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- De toute manière tu n'étais qu'un gamin pleurnichard qui ne savait que se plaindre de son malheur. Tu dis que tout est de ma faute ? Tu as aimé ce que je te faisais, ton corps le réclamait mais tu ne veux pas te l'avouer. Quand j'y pense, c'est toi qui m'a séduit !

- Jamais je n'aurai fait ça ! vociféra Will en abattant le premier coup de couteau.

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Delcorps hurla alors que le couteau était planté dans son épaule. Will avait été surprit par la facilité qu'avait eut la lame d'entrer dans sa chair. Il y avait mit tant de force que le premier coup fut facile. C'était comme passer un couteau dans du beurre, il n'y avait eu aucune résistance. Les autres coups porté sur sa personne s'enchaînèrent, il n'arrivait plus à s'arrêter et laissait sa rage s'exprimer. À chaque coup de couteau il voyait le visage d'un enfant sauvé. Le sang coulait à flot sur le corps du psychologue, éclaboussait le sol, la table et même les murs. Ses vêtements aussi en était recouvert et même son visage. La musique accompagnait chacun de ses gestes.

Il ne sait combien de temps cela dura, probablement une ou deux minutes à peine, mais ses cris diminuèrent peu à peu jusqu'à ne plus exister. Il fini par s'arrêter et lâcha le couteau qui retomba lourdement sur le sol.

La musique s'arrêta brusquement alors que Will reculant lentement, à bout de force, il s'appuya contre le mur et fixait le cadavre, ses yeux devaient être aussi exorbiter que les siens. Du coin de l'œil il vit Hannibal s'approcher pour observer tous les coups portés, principalement au même endroit.

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- Il y avait tant d'acharnement dans vos gestes..., murmura Hannibal en soulevant un peu la chemise de Delcorps.

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Will voulu parler mais aucun son ne sortit de sa bouche, il se concentra et détourna le regard.

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- Je n'en suis pas fier.

- Vous devriez, vous avez fait un grand pas vers la guérison.

- Votre guérison, rectifia Will.

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Il venait de tuer quelqu'un. Il avait tué quelqu'un et il avait aimé ça. Alors c'était vrai, Will était un tueur... Il se prit la tête entre les mains et se mit à hurler de toutes ses forces. Il se mit alors à cogner son crâne contre le mur.

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- Will, ressaisissez-vous, intervient Lecter en l'attrapant par les épaules pour l'éloigner du mur.

- C'est à cause de vous tout ça c'est vous le responsable !

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Hannibal donna une gifle qui claqua bruyamment sur sa joue. Il se calma et le regarda.

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- Je suis un monstre...

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La noirceur en lui existait depuis toujours et il en avait à présent conscience. Elle l'envahissait de jour en jour et lui rongeait le cœur et l'esprit, le rendait fou, déchirant son âme en lambeaux, brisant ses convictions les plus profondes. En franchissant le pas auquel il ne se serait jamais cru capable, Will avait laissé une partie de lui s'échapper et disparaître. Il ne serait plus jamais le même.

La suite se déroula sous ses yeux sans qu'il ne puisse rien y faire. Il n'arrivait pas à bouger. Hannibal se débarrassa du corps puis s'activa à laver le parquet. Malheureusement le sang c'était infiltrer entre les planches et ne semblait pas vouloir s'en aller. Mais c'était mal connaître Hannibal qui frotta si fort que le sang s'en alla mais aussi les pigments du sol. C'était une chose qui le contrariait mais il pourrait soit changer tout le parquet, soit il le camouflerait d'une autre manière.

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- Votre table..., dit Will en voyant les marques des couteaux qui avaient maintenu les mains de Delcorps coincé.

- Ce n'est rien.

- Vous n'aimez pas qu'on détruise ce qui est à vous.

- C'est exact, mais là c'est moi qui l'ai endommagée.

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Hannibal s'approcha de Will et l'examina. Il prit son menton entre son pouce et son index et tourna son visage à gauche puis à droite.

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- Vous en avez même dans les oreilles, dit-il en parlant du sang.

- Je n'ai pas encore votre technique...

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Lecter esquiva un léger sourire et lança un "Venez". Il le prit par le poignet et l'obligea à le suivre jusqu'en haut. Pendant que l'eau coulait dans la baignoire, Hannibal déshabilla Will qui se laissa faire tel un pantin. Ensuite il le plongea entièrement dans l'eau qui comme d'habitude était beaucoup trop chaude. Il ressortit la tête de l'eau et prit une grande inspiration en venant coller sa nuque contre le rebord de la baignoire. L'eau était légèrement rose, le sang coulait de son visage vers son cou, son torse puis dans l'eau avait de se dissiper. Il inspira profondément et ferma les yeux.

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- Comment vous sentez-vous ? demanda Hannibal qui mettait les affaires ensanglantés de son protégé dans un sac.

- Comment quelqu'un qui vient de tuer un homme... Minable ? Pitoyable ? Monstre ?

- Ne soyez pas aussi dur envers vous.

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Il posa le sac dans le couloir puis revient dans la salle de bain en fermant la porte pour garder la chaleur dans la pièce.

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- Si pour vous le meurtre fait parti de votre quotidien, ce n'est pas mon cas.

- Ça peut le devenir.

- Il n'en est pas question, je ne serais pas votre acolyte dans cette série meurtrière.

- Vous ne voyez que la partie "ôté la vie" alors que c'est bien plus que ça.

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Une éponge naturelle en main, Hannibal la trempa dans l'eau redevenu clair et la passa sur son torse. L'eau chaude le fit frissonner et créa la chair de poule le long de son torse mais aussi sur ses bras. Il lui prit l'éponge des mains et la jeta dans l'eau.

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- Cessez.

- Je veux juste vous aidez.

- C'est faux, vous voulez me détruire pour mieux me reconstruire à votre façon.

- Je veux vous faire prendre conscience du potentiel qu'il y a en vous. Ce soir vous en avez eu un aperçut.

- Vous m'y avez forcez.

- Encourager.

- C'est la même chose.

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Will le foudroya du regard et s'assoit pour que leur visage soit à la même hauteur.

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- Vous y avez prit du plaisir, dit Hannibal en le regardant dans les yeux.

- Ne prenez pas vos rêves pour la réalité.

- Cette étincelle dans le regard, lorsque vous l'avez poignardé, elle ne vous a pas quitté jusqu'à ce qu'il soit mort, vous avez aimez mais vous ne voulez pas l'admettre.

- Arrêter de penser pour moi, je déteste ça.

- Je le ferais tant que vous vous mentirez à vous même.

- Ne décidez pas pour moi.

- Arrêtez de nier l'évidence.

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Hannibal était têtu et ne laissait jamais rien tomber, s'il voulait une chose il l'obtenait par n'importe quel moyen. C'était là l'une de ses plus grandes qualités, la persévérance. Il reprit l'éponge et voulu la passer sur la peau de Will mais celui-ci attrapa son poignet et le serra. Il ne comptait pas le laisser tranquille, il attrapa ensuite sa gorge, mouillant au passage son costume.

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- Je t'ai dis de me laisser tranquille !

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Le psychiatre ne releva pas le fait qu'il l'avait tutoyé et se redressa pour le dominer de toute sa taille. Il attrape la main qui lui tenait la gorge et la tordu dans son dos en faisant une pression au niveau de son tendon ce qui lui arracha une grimace de douleur. Hannibal le ramena contre lui et approcha son visage du sien. Son regard froid le transperçait de tout part.

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- Dites-moi ce que vous avez réellement ressenti, dites-le.

- J'ai aimé ça vous êtes content ?! Il le méritait, chaque coup qui réduisait son espérance de vie n'était pas assez, j'aurai voulu qu'il souffre dans une agonie lente et douloureuse !

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Sa voix fit écho dans la pièce avant de retomber dans un silence de mort. Will se calma et regarda de nouveau Hannibal qui... Qui souriait. Un vrai sourire, pas un de ceux qu'il servait aux autres pour éblouir la galerie.

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- Il était temps, les choses sérieuses vont pouvoir vraiment commencer.

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Il posa un baiser sur les lèvres de Will avant de le relâcher brusquement. Il retomba dans l'eau en manquant de se cogner la tête.

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- Je vais vous laissez finir votre toilette, bonne soirée Will.

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Il quitta la pièce en reprenant un visage neutre. Il n'y avait que Hannibal pour faire une chose surprenante et s'éclipser comme si de rien n'était. Le baiser n'avait rien de romantique, il n'y avait aucune douceur, aucune passion ni même de rage. Il l'avait juste embrassé subitement avant de le lâcher. S'il était en train de faire sa liste de course l'effet aurait été le même.

C'était pour le perturber, Hannibal voulait le déstabiliser une dernière fois avant d'aller dormir. Will commençait à comprendre et apprenait tout doucement à analyser les gestes d'Hannibal. Parfois ça lui était difficile quand il avait l'esprit embrouiller c'est pourquoi ça lui demandait beaucoup d'effort.

La suite des événements fut comme s'il traversait un épais brouillard. Il avait réussi à sortir de l'eau, se sécher et s'était traîner jusqu'à sa chambre où il avait enfilé son pyjama. Ensuite il c'était écroulé dans son lit et n'eut pas le temps de réfléchir à sa soirée qu'il fut engloutit par des ténèbres sans fin que furent ses rêves. Pour la première fois depuis des semaines, il dormit à point fermé et sans faire de cauchemar.