Chapitre 02
Qui es-tu ?
Le goût du sang.
Ce fut ce qui me réveilla. Vint ensuite la douleur. Une douleur aiguë dans ma cheville droite et mon épaule gauche.
Je gardais mes yeux clôt tandis que je tentais de me rappeler de tout ce qui s'était passé jusqu'ici, alors que je me laissais aller à la chaleur de l'oreiller et de la couverture qui me recouvrait.
Je me souvenais du départ de la maison, la visite imprévue au temple, le voyage en train, puis l'arrivée à l'hôtel, le déjeuner, la balade de l'après-midi, le dîner et …
Qu'est-ce qu'il y avait ensuite ?
Je sentis soudain mon oreiller et ma couverture bouger… Bouger ?
J'ouvris soudainement les yeux et me redressais légèrement attendant que mes yeux s'habituaient au noir qui régnait autour de moi, seulement rompue par l'éclat de la lune. Minute. La lune ?
Tout à coup, tout me revint en mémoire. Le chemin vers l'Onsen, l'attaque, le cri de Fûko et… la chute.
Qu'est-ce que je faisais là ? Je devrais être morte à l'heure qu'il est, vu le saut que je venais de faire. On n'est pas censé survivre à une telle chute ! Surtout vu l'organisme plutôt fragile que j'avais, je devrais tout simplement être morte sur le coup !
Un autre mouvement sur mes jambes me ramena soudain à l'instant présent tandis que mes yeux s'étaient enfin habitués à la pénombre ambiante, je pue donc enfin regarder ce qui produisait ces mouvements, braquant mon regard sur mes jambes. C'est à ce moment que je me rendis compte de l'horreur de la situation dans laquelle je me trouvais. Ce que j'avais tout d'abord pris pour un oreiller et une couverture n'était autre que la belette qui m'avait attaquée un peu plus tôt et sur lequel j'étais en fait allongée tandis qu'elle semblait inconsciente.
Je réfléchis au quart de tour et décidais rapidement que la meilleure solution était de fuir tant que je le pouvais encore et trouver un chemin menant à l'hôtel pour demander du secours.
Je me dépêchais de m'extirper du poids que la belette inconsciente faisait peser sur moi. Je me rendis compte que mon épaule gauche était partiellement paralysée, probablement à cause du choc et lorsque je tentais de me lever, je m'aperçus que ma cheville était inutilisable et elle était tellement douloureuse que je faillis en retomber aussi sec. Je me rattrapais de justesse à un arbre qui se trouvait à côté de moi. Décidément, j'étais plutôt mal barrée avec une épaule totalement inutilisable et une cheville foulée... Je les accumulais !
Bon, ma préoccupation principale pour le moment était de fuir le plus loin possible et d'aller chercher de l'aide. Ce fut d'ailleurs ce que je fis. De manière plutôt maladroite au début, je l'avoue. En effet, j'étais obligée de me tenir aux arbres sur le chemin afin d'éviter de tomber à cause de ma cheville. Je continuais ainsi pendant une bonne demi-heure, m'écorchant les jambes avec les arbustes qui se trouvaient en bas des arbres, les mains avec l'écorce des arbres et des branches traîtresses et déchirant les bas de mon kimono dans les arbustes. Soudain, alors que je m'approchais d'un endroit dégagé, j'entendis des bruits, ainsi que des éclats de voix. Qui est-ce qui pouvait bien se trouver dans la forêt à une heure pareille à part une empotée comme moi ? Me seraient-ils hostiles ou non si je me montrais ? Une seule façon de la savoir : il fallait que je m'approche. Je me dirigeais donc vers l'endroit d'où provenaient les bruits en étant la plus silencieuse possible. Une fois arrivée assez près pour voir ce qui se passait, j'ouvris des yeux ronds comme des soucoupes.
Bon sang, pincez-moi, je rêve ! Enfin, même si ça ressemblait plus à un cauchemars... Bref, ce n'était pas possible. Je me pinçais même pour vérifier que je n'étais pas en plein délire.
Aïe !Ah, bah non, en fait, je ne divaguais pas...
Devant moi, dans la clairière se tenaient plusieurs personnes et, au centre se tenait une chose dont le corps ressemblait vaguement à celui d'un humain, mais avec des dimensions tout simplement disproportionnées. La créature avait un corps informe, entièrement noir et brillant, tel de l'hématite*, tandis que son visage était recouvert d'un masque de Kabuki* représentant un ogre, tel qu'ils étaient représentés durant l'ère Edo*, c'est-à-dire avec des cornes au-dessus de la tête, des yeux immensément grand, d'un blanc cassé, avec des prunelles noires aussi grosse qu'un grain de riz, deux énormes crocs partant de sa mâchoire inférieure qui s'étiraient jusqu'au-dessus de la lèvre supérieure et pour parfaire le tout un menton pointant vers l'avant. Pour une fois, mes connaissances en légendes anciennes et yôkai* me servaient à quelque chose. Je pouvais d'ailleurs remercier mon cher grand frère de m'avoir enseigné tout ça. En effet, Tatsuya était passionné par tout ce qui touchait au folklore asiatique et pour une fois, ça me servait bien.
La chose qui se tenait au milieu n'était cependant pas la chose la plus bizarre. Non, la chose la plus étrange était sûrement ce qui se passait dans cette clairière en fait. Ils étaient tout bonnement en train de se battre, à coup d'épée, de flèche, de… boomerang et d'autres choses totalement non-identifiés. Des paroles volaient de-ci et de là, me permettant d'en saisir certaines tandis qu'ils se battaient. Certaines parlaient de stratégie de bataille, tandis que d'autres faisaient part de leur inquiétude, voire même de leur souhait de récupérer une chose appelée « Fragment de Shikon ».
Le nom de Shikon me disait quelque chose... Où est-ce que j'en avais entendu parler, déjà ?
Mais bien sûr ! Je l'avais lu dans l'un des livres de mon frère.
La Shikon n'est autre qu'une perle qui posséderait d'énormes pouvoirs, dont celui d'exaucer les vœux. Les idéogrammes qui la composent sont le chiffre quatre « Shi » et Âme « Kon ». Elle représente les quatre parties d'une âme, selon le principe bouddhiste. Pourquoi parlaient-ils de fragments de cette perle ?
Ils étaient en train de tourner un film, ou quoi ? Quoi que, je voyais mal quelqu'un tourner une scène au beau milieu de la nuit, avec pour seul éclairage les rayons de la Lune...
Non, décidément, ça ne collait pas. Instinctivement, je fis un pas, puis un deuxième et ainsi de suite, pas qui m'amenèrent au bord de la clairière, à la limite des arbres.
« Alors, comme ça, on essaye de s'enfuir ? Fit une voix dans mon dos. »
Je me retournais rapidement et hurlais, tentant par la même occasion de reculer, mais c'était trop tard, la bête était déjà sur moi. D'un coup de patte, elle me fit voler sur une distance de plusieurs dizaines de mètres, me faisant atterrir au milieu de la clairière. Non mais je vous jure, elle était définitivement stupide cette belette ou quoi ? Tout d'abord, elle nous faisait tomber dans le vide, ce qui aurait pu nous être mortel et maintenant, elle me projetait en plein milieu d'un combat ! Non mais je vous jure !
Mais bon, à ce moment même, la stupidité ou non de cette chose qui me semblait en fait ressembler à Hagedanuki*, un yôkai blaireau, ou à Ten*, un yôkai belette, même s'il en était tout de même différent, n'était pas ma principale préoccupation. Tout simplement parce que, quelques secondes plus tôt, l'un des combattants avait brandit son épée et lancé une énorme quantité de vent qui ne m'avait pas l'air des plus sympathiques vers moi en abattant son épée sur le sol, hurlant dans un même temps « Kaze no Kizu ! » Morsure du vent ? Intéressant. Cependant, ça l'aurait été encore plus si je ne m'étais pas trouvé en plein sur sa trajectoire. Je vis l'attaque s'approcher de moi, comme au ralenti et les yeux des combattants alentour s'agrandir de stupeur et d'horreur, surtout ceux de celui qui avait lancé l'attaque.
Puis, soudain, par je ne sais trop quel miracle, je fus écartée de la trajectoire de l'attaque. Ou plutôt, je me retrouvais assise sur ce qui s'apparentait le plus à un énorme tigre volant, tandis que l'attaque allait toucher la cible qui ne sembla pas spécialement touchée par l'attaque. Il continua d'ailleurs à attaquer les combattants qui se trouvaient aux alentours.
« -Vous allez bien ? Me demanda une voix masculine dans mon dos.
- Aussi bien que quelqu'un qui vient de frôler une deuxième fois la mort en l'espace de quelques heures, répliquai-je ironique, mais en arborant toutefois un sourire. Qui êtes-vous ?
- Miroku, et vous ? Me demanda-t-il.
- Je m'appelle Tsu- commençais-je avant d'être interrompue par quelque chose qui venait de s'accrocher à ma taille. »
Avant que je ne comprenne quoi que ce soit, j'étais à plus de vingt mètres au-dessus du sol, seulement retenue par une sorte de bras gélatineux autour de ma taille. Je tentais de me libérer, en vain.
La lune était à présent cachée par des nuages, rendant les alentours particulièrement sombres pour moi.
« - Tu seras mon prochain repas, humaine ! Hurla la créature qui me retenait, qui n'était autre que le yôkai au masque de Kabuki.
- Je ne suis le repas de personne, yôkai ! Répliquai-je en me débattant de plus belle.
- Sale impertinente ! Dit-il en commençant à m'entourer d'une espèce de gélatine.
- Relâche-moi, criai-je, tandis que la gélatine atteignait mon cou, ayant déjà recouvert le reste de mon corps.
- Serait-ce de la peur que j'entends dans ta voix, vermine ?
- Et puis quoi encore ! Ripostais-je, acide.
- C'est la première fois qu'une créature de ton espèce me tient tête... Dommage, j'aurais bien aimé m'amuser encore un peu, mais j'ai besoin de forces ! Se plaignit-il. »
À peine avait-il finit sa phrase qu'il commença à recouvrir ma figure de son espèce de gelée. Non mais stop ! Je n'ai pas envie de finir dans l'estomac de qui que ce soit !
Une fois la figure totalement recouverte, je commençais à suffoquer. À ce rythme-là, j'étais sûr de mourir dans les cinq prochaines minutes. Il fallait absolument que je fasse quelque chose ! Mais quoi ? Pour le moment, j'étais totalement immobilisée par cette espèce de gelée. J'allais vraiment mourir cette fois-ci ? Ou un autre miracle allait-il se produire ? Deux miracles dans la même nuit, c'était peu probable... Et voilà, le manque d'air était en train de me faire délirer ! Depuis quand est-ce que j'attendais des miracles, hein ? Ça ne me ressemblait pas... Mais en tout cas... J'étais en train d'étouffer, nom d'un chien ! Des étoiles apparaissaient dans mon champ de vision... De plus, je me rendis compte que je m'affaiblissais de plus en plus vite, beaucoup trop vite. Je compris alors au quart de tour : je n'allais pas vraiment me faire dévorer par ce monstre, mais plutôt « aspirer ». Ce monstre se nourrissait de l'énergie vitale de ces victimes et les tuait en les étouffant dans la matière gélatineuse qui lui servait de corps. C'était fini pour moi...
Ou du moins, c'est ce que je pensais avant d'être soudainement libérée de là. Seul problème : Que fait un corps en suspension à vingt mètres du sol quand on le lâche ? Simple. Il tombe.
Et si ça continuait j'allais m'écraser au sol. Heureusement pour moi, quelqu'un me rattrapa. La lumière de la lune n'était toujours pas revenue, je ne pouvais donc pas voir qui c'était. Néanmoins, vu les bras fin que je sentais me retenir, ça ne pouvait être qu'une femme.
Nous nous posâmes doucement sur la terre ferme et elle me déposa sur le sol.
« - Vous allez bien ? Demanda-t-elle d'une voix douce, ce qui me confirma que c'était une femme.
- Oui, merci. Répondis-je, la gorge un peu sèche.
- Kiku ! J'ai besoin de ton aide ! Cria une voix féminine un peu plus loin dans son dos.
- J'arrive, Hikaru-sama* ! Hurla-t-elle à l'intention de la voix. Surtout, ne bougez pas d'ici ! Ajouta-t-elle à mon intention avant de s'en aller rapidement. »
Bah, en même temps, à part rester ici, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire.
Durant quelques minutes, j'entendis quelques cris, puis un hurlement retentit. Je reconnaissais cette voix, c'était celle du monstre au masque de Kabuki. Le hurlement de douleur dura quelques secondes, puis plus rien. Quelques voix retentirent encore, puis la lumière de la lune revint enfin, dévoilant la scène à mes yeux. Le monstre gisait, apparemment mort, sur le sol à seulement quelques mètres de moi. Il était entouré des combattants que j'avais vus quelques minutes plus tôt.
L'une des combattantes, une jeune fille avec des cheveux noirs coiffés en deux chignons sur le haut de la tête se tourna vers moi. Elle portait un Kimono* court bleu marine, avec un Obi* d'un bleu plus clair, ainsi que des Geta* et des chaussettes lui montant jusqu'aux genoux. Dès qu'elle posa les yeux sur moi, la stupeur se lit dans ses yeux.
«- Hime-sama* ? Cria-t-elle, au comble de choc.
- Hein ? Pardon ? Articulai-je, n'y comprenant plus rien.
- Hime-sama ! Hurla-t-elle en se jetant sur moi, des larmes de joie dans les yeux.
- Aïe ! Mais... Mais... C'est quoi ce délire ?
- Oups, pardon, excusez-moi Hime-sama !
-Kiku, qu'est-ce qui te prend ? Demanda une jeune femme derrière. »
Je me redressais légèrement afin d'apercevoir la personne qui avait parlé. Je fus toute aussi choquée que la dénommée Kiku, qui n'était autre que celle qui m'avait sauvée du yôkai au masque de Kabuki.
Mêmes cheveux noir de jais, même petite taille, même expression, mêmes yeux vairons...
C'était elle. C'était la femme de mon rêve. Je n'en croyais tout simplement pas mes yeux.
« - Vous... Réussis-je à articuler.
- Qui es-tu ? Répliqua-t-elle avec une pointe de colère dans le regard. À moins que ce ne soit une lueur de... reproche ?
- Mais enfin, Hikaru-sama ! C'est Tsukiko-sama ! Répondit la jeune femme qui était encore sur moi.
- Que... Comment connaissez-vous mon prénom ? Dis-je totalement perdue.
- Mais enfin, Hime-sama... s'étonna-t-elle.
- Tais-toi Kiku ! Je répète ce que j'ai dit, qui es-tu ? La coupa la jeune femme qui était face à moi.
- Je suis Tsukiko Kuroga et j'aimerais bien que vous soyez un peu plus aimable si ça ne vous dérange pas !
- Ça ne me dit pas précisément qui tu es, ni surtout, d'où tu viens !
- Mais, Hikaru-sama, ça ne peut être que votre sœur...
- Ma sœur est morte il y a dix-huit ans sous mes yeux et les tiens Kiku, alors arrête de dire n'importe quoi, c'est impossible !
- Hé oh, là, vous pourriez m'expliquer ce qui se passe, parce que là, je n'y comprends absolument rien.
- Dis-moi d'abord qui tu es et peut-être que je t'expliquerai ! Répliqua-telle
- Non mais c'est bon, oui, vous savez, l'amabilité n'a jamais tuée personne ! M'énervai-je
- Elle a raison, Hikaru-sama, vous devriez vous calmer, intervint un moine.
- C'est bon, j'ai compris, puisque tout le monde est contre moi, je m'en vais ! Finit-elle en tournant les talons, fulminant.»
Mais qu'est-ce que c'était que cette furie, bon sang ? Elle n'avait strictement rien à voir avec la femme de mon rêve, exceptée le physique ! Je commençais vraiment à douter que ce soit elle... Et puis, après tout, même si la ressemblance était frappante, ce n'était qu'un rêve, point finale ! C'était simplement le hasard.
« - Désolé pour l'accueil. Habituellement, Hikaru-sama est beaucoup plus gentille, je ne sais pas ce qui lui a prit, me dit le bonze de tout à l'heure.
- Bah heureusement que vous me le dites, parce que j'ai eu la légère impression d'avoir affaire à un pite-bull ! M'indignai-je.
- Un pite-bull ? Qu'est-ce que c'est que ça ? S'étonna-t-il.
- Bah, c'est un chien... Lui répondis-je, surprise qu'il ne connaisse pas.
- Je ne connais pas ce genre de chien... Bref, passons. Que faites-vous ici en plein milieu de la nuit, vous devriez être bien à l'abri dans un village, surtout avec les yôkai qui traînent dans les environs !
- Pardon ? Village ? Moi, j'aimerais surtout rejoindre mes amis et l'Amagi- Aïe ! Criais-je, sentant une douleur vive dans mon épaule qui se répercuta dans tout mon corps, faisant écho à la douleur lancinante de ma cheville.
- Ça ne va pas ? Me demanda-t-il, inquiet.
- Ce n'est rien, je me suis juste fait mal à la cheville et à l'épaule en chutant du chemin tout à l'heure... Le rassurai-je
- Je peux voir ? Demanda Kiku.
- Bien sûr ! C'est l'épaule gauche et la cheville droite, lui dis-je en montrant du doigt mon épaule puis ma cheville. »
Elle jeta un rapide coup d'œil à ces deux derniers et déclara :
« - Je peux faire quelque chose, cependant, vous ne devez pas bouger, Hime-sama.
- D'accord, mais... Pourquoi m'appelez-vous Hime-sama ? Lui demandai-je, intriguée.
- Mais, enfin, vous êtes …! commença-t-elle avant de s'interrompre.
- Je suis...? l'intimais-je à continuer.
- Nous parlerons de ça plus tard, occupons-nous tout d'abord de votre épaule et de votre cheville, finit-elle par dire après une hésitation.
- D'accord, me résignai-je. Et, merci, de m'avoir sauvée tout à l'heure, ajoutai-je. Vous aussi, Hoshi-sama*, c'est bien vous qui m'avez sauvé de l'attaque, n'est-ce pas ? Demandais-je au moine qui se trouvait en face de moi, légèrement sur la gauche, tandis que Kiku s'était décalée à ma droite.
- Oui, c'est bien moi, confirma-t-elle.
- Merci beaucoup, alors !
- Ce n'est rien.
- Au fait, en parlant de l'attaque, où est le garçon qui l'a lancé, je ne le vois pas, le questionnai-je.
- Il est allé aider son demi-frère et Kagome-sama, en compagnie de Sango pour un autre combat.
- Attention, vous risquez de vous sentir bizarre pendant quelques instants, me prévint Kiku.
- D'accord. »
Sa main qui se trouvait au-dessus de ma cheville s'illumina et je ressentis une douce chaleur le long de ma jambe. Ça ne dura que quelques instants, mais la sensation était très agréable. Cependant, je me demandais une chose...
« - Comment faites-vous ça, la questionnai-je, une fois que la lumière et la sensation de chaleur eurent cessés.
- Et bien, c'est simple, je suis une sorcière, dit-elle comme si ça devait tout expliqué.
- Une sorcière ? Dis-je, totalement perdue
- Je me présente, je suis Kiku je suis une sorcière et aussi la servante de la Princesse des Sorcières, Hikaru-sama, expliqua-t-elle.
- Hikaru-sama... Vous parlez de l'autre furie ? Lui demandais-je, peu contente de devoir me rappeler de cette peste.
- Oui … répondit-elle après une hésitation. Comme l'a dit Hoshi-sama, Hikaru-sama n'est pas comme ça habituellement, je ne sais pas ce qui lui a prit, je suis désolée. C'est vrai que sujet de sa sœur est toujours un sujet délicat, mais de là à agresser une inconnue...
- Mais... Qu'est-il arrivé à sa sœur, si ce n'est pas trop indiscret ?
- C'est vrai que j'aimerais bien savoir moi aussi, je n'étais pas au courant qu'elle avait une sœur, intervint le moine.
- Pour être précise, c'était la demi-sœur de Hikaru-sama, elles n'avaient pas le même père. Il y a dix-huit ans, alors que Hikaru-sama, Tsukiko-sama, la servante de Tsukiko-sama, qui elle aussi a été tuée, et moi-même étions en plein combat, un yôkai s'est glissé derrière la sœur d'Hikaru-sama qui n'a pas pu éviter son coup, car elle était au prise avec d'autres adversaires. Il lui a arraché le cœur, ce qui est fatal pour une sorcière. Tsukiko-sama est morte sur le coup et nous n'avons rien pu faire. Hikaru-sama ne s'en est jamais remise... finit-elle avec un regard triste et les larmes aux yeux, preuve qu'elle non plus ne s'en était pas remise. Votre ressemblance avec elle est vraiment frappante, mis à part vos cheveux, ajouta-t-elle.
- Mes cheveux ? M'étonnai-je.
- Les cheveux de Tsukiko-sama étaient plus long, ils lui arrivaient pratiquement aux chevilles, expliqua-t-elle. »
Je méditais ces paroles quelques instants quand tout à coup je fus interrompus de mes pensées par un « Osuwari !* » retentissant. Surprise, je tentais de voir d'où venait le bruit, mais je ne parvins pas à le voir, car Kiku s'était relevée et s'était positionnée légèrement devant moi.
« - Les revoilà, dit cette dernière.
- Toujours aussi discret, ces deux-là, se lamenta le moine. Je me demande comment fait Sesshômaru-sama, lui qui n'est pas spécialement patient, finit-il en soupirant.
- Il faut croire qu'il prend sur lui, puisque de toutes façons, nous n'avons pas d'autres choix que de nous entraider afin de vaincre notre ennemi, expliqua Kiku. »
Une jeune fille apparut dans mon champ de vision. Dès qu'elle me vit, le choc se peignit sur son visage. Le mien ne devait pas être bien différent. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'était la fille que j'avais vue au temple, ce matin. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Nous étions à plus de deux heures de Tokyo !
« - Mais... Mais... Que fais-tu ici, toi ? Cria-t-elle.
- Et bien... J'ai été attaquée par un yôkai alors que j'étais avec une amie... Elle a été blessée, alors je cherchais du secours.
- Mais ce n'est pas possible ! Hurla-t-elle. Nous sommes dans l'époque Sengokujidai* ! Comment as-tu fait pour arriver ici ?
- Pardon ? Lui répondis-je totalement choquée, après un instant d'hésitation. C'est une blague ? Hurlai-je à mon tour, définitivement perdue.
- J'ai l'air de rire ? Dit-elle.
- Non, mais, ce n'est pas possible !
- Qu'est-ce qui se passe, Kagome-san ? Lui demanda une jeune femme qui portait une sorte de tenue moulante noir, avec des protections aux niveaux des articulations et qui portait sur son dos quelque chose ressemblant à un énorme boomerang.
- Elle... Elle est venue me rendre visite au temple ce matin, répondit-elle.
- Au temple ? Mais... Dans ton monde ? S'étonna la jeune femme.
- Oui. »
Tous me regardèrent avec une stupéfaction totale. Soudain, une petite fille s'approcha de moi et me dit d'un air émerveillé :
« - Wouaaaah ! Vos cheveux sont si jolies !
- Ah... Euh et bien merci.
- Je peux les toucher ?
- Bien sûr, lui répondis-je le sourire aux lèvres »
Elle ne se fit pas prier et se mit à coiffer mes cheveux avec ses mains. Cette petite fille me rappelait Koi, ma petite sœur par son caractère et son innocence. Ses cheveux étaient noir et elle portait un kimono couverts de carreaux orange et blanc. Elle avait aussi une petite mèche de cheveux sur le côté, retenue par un élastique. Ses yeux marron reflétaient la candeur et la pureté de l'enfance.
« Explique nous comment tu es arrivée ici, me demanda la jeune fille que j'avais vu au temple le matin même, me tirant de mes pensées. »
Je lui expliquai tout ce qui m'était arrivé, racontant brièvement les causes du voyage et le trajet. Je m'attardais surtout sur les événements qui s'étaient produit après le départ de Fukô et moi de l'auberge.
« - Si je ne me trompe pas... Ça voudrait dire que tu serais passé dans cette époque durant ta chute, conclut-elle.
- Mais... Mais... Mais il faut que je retourne dans mon époque ! Fukô est blessée ! Commençais-je à paniquer.
- Malheureusement, nous n'avons rien pour vous renvoyer dans votre époque ici... Et je doute que vous ne veuillez retenter de sauter comme vous l'avez fait pour arriver ici, intervint le moine.
- Oui, en effet, je ne suis pas suicidaire, approuvai-je.
- Je pense que tu devrais essayer de passer par le « Puits Dévoreur d'Os » avec moi une fois de retour au village, dit-elle.
- Le « Puits Dévoreur d'Os » ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Lui demandai-je.
- C'est un puits qui, comme son nom l'indique aspire les os des yôkais qui sont jetés dedans. Il me permet de passer de l'époque moderne à l'époque Sengoku et vice-versa.
- Ah... Charmant tout ça, conclus-je.
- C'est probablement l'un des seuls moyens de rentrer dans ton époque et la mienne.
- Tu es sûr, Kagome-chan ? Après tout, il n'y a que Inuyasha et toi qui ayez réussies à passer dans l'autre époque, intervint la jeune-femme au boomerang.
- On ne risque rien à essayer... Et puis, je te rappelle, Sango-chan que Hikaru-chan peut elle aussi passer d'une époque à l'autre. Tiens, en parlant d'elle... Qu'est-ce qu'elle a ? On l'a croisé en venant et... J'ai cru qu'elle allait me mordre quand je lui ai demandée où elle allait.
- C'est assez long à expliquer... intervint Kiku. Pour faire simple, elle ne supporte pas Tsukiko-sama.
- Ah.. Et pourquoi ça ? S'étonna la dénommée Kagome.
- Apparemment, je ressemblerais à sa défunte sœur, dis-je de but en blanc.
- Sa sœur ? Quelle sœur ? S'étonna Sango.
- C'est vrai qu'elle ressemble à Tsukiko, intervint un jeune homme aux cheveux argentés qui portait un haori* rouge.
- Tu la connaissais, Inuyasha ? Demanda Kagome surprise.
- Pas qu'un peu ! C'est elle et Hikaru qui se sont occupés de moi lorsque ma mère a disparue. Je ne savais pas qu'elle était morte... finit-il, presque nostalgique.
- C'est vrai que lorsque ça s'est passé, vous étiez encore sous l'emprise du sort de Kikyo-sama, expliqua Kiku. Bon, c'est pas tout ça, mais il faut que je finisse de vous soigner, ajouta-t-elle en se tournant vers moi.
- Ah, oui, c'est vrai, dis-je toujours dans mes pensées.
- Je vais aller voir si je peux récupérer quelque chose sur ce yôkai, dit Sango.
- Je vous accompagne, dit le moine en commençant à la suivre d'un peu trop près.
- Miroku... fit-elle en guise d'avertissement. »
La jeune femme qui avait senti approcher le moine d'un peu près, surtout sa main, se retourna et l'assomma un grand coup avec son boomerang. Le moine s'agenouilla en tenant sa tête entre ses mains, signe qu'il avait mal. Enfin, en même temps, à sa place, si j'avais pris un tel coup, je serais déjà écroulée sur le sol, complètement K-O... Décidément, je ne savais pas où j'étais tombée, mais ils n'avaient pas l'air de s'ennuyer en tout cas !
Kiku descendit légèrement le col de mon kimono afin de soigner mon épaule blessée.
Une fois cela fait, elle alla parler un peu avec les autres qui s'étaient répartis aux quatre coins de la clairière. Elle me fit signe et je me relevais, aidé par la petite fille qui était restée tout ce temps avec moi.
« - Comment t'appelles-tu, lui demandais-je.
- Rin ! Répondit-elle, tout sourire.
- Et quel âge as-tu, Rin ?
- J'ai... Euh … Je ne sais pas, avoua-t-elle, honteuse.
- Hum... À te voir comme ça, je dirais que tu as huit ans.
- Ah bon ? S'étonna-t-elle
- Oui, lui répondis-je en souriant. Tu sais, tu me fais penser à ma petite sœur, lui dis-je.
- Je peux t'appeler Onee-chan*, alors ? Me demanda-telle, alors que nous arrivions à côté de Kiku.
- Bien sûr ! »
Le sourire qu'elle me lança était tellement sincère mignon que j'aurais pu fondre si Kiku n'avait pas commencée à me parler à ce moment-là, tandis que la petite s'accrochait à mon bras, contente.
« - Nous allons rester ici pour cette nuit afin de nous reposer et nous repartirons demain vers l'aube.
- D'accord... lui répondis-je, peu contente de devoir rester encore ici, mais en même temps soulagée de pouvoir dormir.
- Vous pouvez vous installer près du feu, vous aurez plus chaud comme ça.
- Merci, Kiku-chan.
- Oh, mais de rien, c'est normal ! »
Je me dirigeais donc vers le feu qui avait été allumé quelques minutes plus tôt et m'assis. Rin ne tarda pas à me rejoindre avec un animal pour le moins étrange.
« - Qu'est-ce que c'est ? Lui demandais-je
- C'est Ah-Un ! Me répondit-elle.
- Ah-Un ? Répétais-je incrédule.
- C'est un dragon bicéphale, ignorante ! Hurla à côté de moi une chose ressemblant à un crapaud.
- Et ça, c'est quoi ? M'écriais-je en reculant.
- C'est Jaken-sama ! Répondit encore Rin
- On dirait un crapaud, soufflai-je tandis que Rin se mettait à rire aux éclats.
- Impertinente ! Cria le dénommé Jaken faisant rire de plus belle la petite.
- Jaken, tais-toi, tu es bruyant, intervint une voix qui venait d'un endroit totalement à ma droite. »
Après avoir cherché quelques instants, je finis enfin par découvrir le propriétaire de cette voix.
Il était nonchalamment assis sous un arbre, avec un air d'éphèbe, laissant ses cheveux d'argent tomber en cascade sur son haori blanc rehaussé de motifs floraux. Il portait aussi une légère armure sur son torse, continuant pratiquement jusqu'à ses genoux, ainsi qu'une énorme fourrure sur son épaule droite. Son visage était tellement fin qu'on aurait dit celui dune femme avec ses yeux d'ambres. On pouvait voir deux marques sur chacune de ses joues, tels des traces de griffes, ainsi qu'un croissant de lune sur son front.
« - Jaken-sama s'est encore fait gronder par Sesshômaru-sama ! Railla la petite.
- Tais-toi, petite insolente ! S'époumona le petit vert, en vain, tandis que Rin continuait à rire. »
Au vue de sa ressemblance avec Inuyasha et selon ce qui avait été dit plus tôt, je pouvais supposer que c'était le demi-frère de ce dernier. La différence entre eux tenait surtout à leurs oreilles. Là où Inuyasha possédait des oreilles ressemblant à celles des chien sur la tête, Sesshômaru avait des oreilles ressemblant à celles des humains avec un bout pointus que l'on voyait légèrement dépasser de ses cheveux. Leurs visages se ressemblaient beaucoup, même si Sesshômaru était plus efféminé que Inuyasha. Nos regards se croisèrent durant un bref instant et je ressentis toute la froideur dans ses yeux. Cet homme ne me plaisait pas, il semblait détaché de tout, mais surtout... Je n'irais pas jusqu'à dire cruel, mais plutôt désintéressé du sort des autres. En tout cas, c'était l'impression plutôt désagréable qu'il me donnait.
Je me retournais finalement afin de voir ce que faisait Rin dont je venais juste de m'apercevoir qu'elle s'était arrêtée de rire. Elle s'était en fait endormie, prenant appuie sur Ah-Un le dragon afin de dormir, tandis que ce dernier la surveillait avec un air bienveillant. Je décidais de moi aussi m'allonger à côté, face au feu. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le sol n'était pas très confortable... À peine me dis-je ça que je sentis quelque chose me tirer le col de mon kimono et je me retournais. C'était en fait l'une des têtes du dragon qui avait fait ça. Que me voulait-il ? La tête qui venait juste d'attirer mon attention me montra son flanc, juste à côté de Rin. Oh ! Je venais de comprendre...
Je m'allongeais sur le flanc du dragon en murmurant un remerciement à peine audible et en fermant les yeux. Je le sentis me donner un léger petit coup de tête, signe qu'il appréciait ma gratitude. Bercée ainsi par la respiration du dragon, je ne tardais pas à m'endormir.
[…]
« - Dis, Kaiko, tu as déjà choisie ta robe de mariage ? Dis-je à la personne qui marchait à ma droite.
- Non, pas encore, mais je pense que je vais prendre une robe traditionnelle japonaise.
- Tu es sûr ? Je pense pourtant que le style occidental t'irait bien !
- Ce n'est peut-être pas faux, mais tu me connais, j'adore tout ce qui est traditionnel ! J'espère d'ailleurs que la cérémonie japonaise sera réussie... Qu'est-ce que tu en penses Tatsuya ?
- Ne t'inquiètes pas ! Après tout, je te signale qui, le mariage n'est qu'une formalité.
- Oui, mais je te signale aussi que le mariage est le rêve de toutes les jeunes filles, n'est-ce pas Tsukiko ? Me demanda la jeune-femme rousse en souriant.
- Oui, c'est bien vrai, acquiesçais-je avec la même expression.
- Ah, les filles... Toutes aussi fleurs bleus ! S'affligea mon frère.
- N'importe quoi ! Nous défendîmes-t-on en même temps Kaiko et moi, avant d'éclater de rire, bientôt imité par Tatsuya. »
Nous étions dans une partie de forêt pratiquement désert, à l'exception des animaux en tout genre. Tatsuya avait cédé lorsque Kaiko, sa fiancée et moi lui avions demandé de nous emmener en balade. Il ne pouvait rien nous refuser, enfin, surtout à Kaiko... En même temps, le besoin de prendre l'air de cette dernière était compréhensible, vue tous les préparatifs qu'il y avait à faire et toutes les questions que lui posaient les différents membres de ma famille. Comme elle vivait à l'étranger, il avait été décidé qu'elle habiterait avec nous jusqu'à ce que Tatsuya et elle se marie puis emménagent ensemble. Depuis l'annonce du mariage, il y a un mois, toutes la famille était venue nous rendre visite, chacun leur tour. Et dire que le mariage était prévu pour dans deux mois... Beaucoup d'allers et venues en perspective !
Nous arrivâmes finalement à un bosquet où coulait une petite cascade. Après en avoir discuté, il fût décidé que nous nous arrêterions là pour nous reposer un peu.
« - Vous en êtes où, finalement, dans les préparatifs du mariage, leur demandais-je après que nous nous soyons assis dans l'herbe.
- Et bien, commença Kaiko, nous avons seulement réservé la salle, préparé les papiers administratifs et envoyé les cartons d'invitation...
- Tu oublies que nous avons aussi choisis tout le menu, ainsi que la décoration ! Intervint mon frère, comme si faire tout cela avait relevé de l'effort surhumain.
- Oui, c'est vrai. Mais arrêtes de faire cette tête, ce n'était pas si horrible que ça ! Dit elle en riant, énonçant tout haut ce que je pensais.
- Mais si, c'était le cas ! Je ne pensais pas qu'il y avait autant de choses possibles ! C'était horrible ! Finit-il avec une tête de chien battu tandis que nous éclations de rire. »
Nous continuâmes à rire ainsi pendant une bonne demi-heure quand soudain, l'air devint comme oppressant. Nous nous arrêtâmes de parler et regardâmes aux alentour l'origine de ceci.
Tout à coup, une voix s'éleva dans les airs, nous faisant tous sursauter :
« - Je vous ai enfin trouvé... Vous m'en avez donné du fil à retordre !
- Qui es-tu ? Cria Kaiko.
- Que d'empressement, femme... Tu vas le savoir bien assez tôt.
- Kaiko, donne-moi mon sabre.
- Mais, Tatsuya...
- Tu ne peux rien faire dans ton état, alors donne le moi !
- D'accord, mais sois prudent, dit-elle en lui tendant un fourreau qui était glissé dans son sac.
- Qu'est-ce qui se passe, m'écriais-je, ne comprenant rien à la situation.
- Calme-toi Tsukiko, ça n'arrangera pas les choses de paniquer. »
Soudain, une sorte de brume commença à nous entourer et une forme sortie de ce brouillard. Il ressemblait à un humain, mis à part sa longue queue fendue en deux qui ressemblait étrangement à celle d'un chat yôkai*.
« - Que veux-tu ? Lui demanda mon frère.
- C'est simple... On m'a demandé de vous tuer, dit-il de but en blanc »
Joignant le geste à la parole, il se jeta sur mon frère. Celui-ci eut juste le temps de dégainer afin de parer l'attaque de son opposant. Pendant que mon frère se battait, Kaiko me fit reculer jusqu'à la cime des arbres. Soudainement, une lumière vive éclaira le bosquet. Kaiko et moi nous protégeâmes les yeux, tant la lumière était forte. La lumière disparue comme elle était venue.
Cependant, mon frère avait disparu. Il ne restait plus que son sabre posé sur le sol, ainsi que son opposant qui se tenait fièrement au milieu de l'endroit où se trouvait Tatsuya quelques instants plus tôt.
« - Ce n'est pas possible, souffla Kaiko dont les jambes étaient sur le point de flancher. Tatsuya … TATSUYAAAA ! Hurla-t-elle, alors que les larmes coulaient sur ses joues.
- Ne t'inquiètes pas, femme, vous êtes les prochaines sur ma liste, dit le yôkai, tandis qu'il s'approchait dangereusement de nous. »
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il fût sur nous. Ensuite, tout se passa très vite, en quelques instants tout au plus.
Voyant que l'assaillant était pratiquement sur nous, Kaiko m'attrapa le bras et une lumière vive apparut. Je me sentis soudain comme décoller, alors que j'étais happée par quelque chose ressemblant à un tunnel.
« Tu dois vivre, me dit-elle en pleurant. Vis, Tsukiko ! »
Puis, avant qu'elle n'ait pu faire le moindre mouvement, l'opposant fut sur elle et lui trancha la tête.
[…]
Je me réveillais en hurlant et en me redressant d'un seul coup, couverte de sueurs froides.
Qu'est-ce que c'était que ça, bon sang ? Cela avait l'air tellement réel...
« - Onee-chan ? Appela une voix encore endormie.
- Désolé de t'avoir réveillée, Rin, tu peux te rendormir, tout va bien... dis-je à la petite fille que j'avais réveillée et qui se tenait juste à côté de moi. »
Elle ne se fit pas prier et se rendormit instantanément, de même que le dragon bicéphale.
« - Tout va bien ? Me demanda Kiku qui était allongée en face de moi, de l'autre côté du feu.
- Oui, tout va bien, ce n'était qu'un rêve, la rassurai-je.
- Un cauchemars, plutôt, au vue de votre hurlement.
- Pas faux, approuvai-je. Dis, pourrais-tu me tutoyer, ça me gêne que tu me vouvoies...
- Oui, mais..., protesta-t-elle.
- Il n'y a pas de mais qui tienne, la coupai-je avec un sourire.
- Bon, d'accord... Capitula-t-elle avant de bailler. Ce n'est pas tout ça, mais je suis vraiment fatiguée moi... Essaye de retrouver le sommeil, nous devons nous réveiller tôt.
- Ne t'inquiètes pas pour moi, la rassurai-je. »
Elle se rallongea afin de se rendormir, tandis que je replongeais dans mes pensées. Pourquoi un tel rêve ? Tout ça avait l'air tellement vrai, comme si c'était un souvenir... Non mais qu'est-ce que j'étais encore en train de raconter, moi ? Un souvenir ? Et puis quoi encore... C'était tous ces événements qui m'avaient perturbés, un point c'est tout.
Je décidais de me rendormir. Cependant, après quelques instants, je sentis quelque chose dans mon dos, comme une présence. Décidément, il était impossible de dormir tranquille ici... Qu'est-ce que ça pouvait bien être encore cette fois-ci ?
Voulant le savoir, je me redressais légèrement et commençais à contourner le dragon.
Pour l'instant je ne voyais rien... Quand soudain, je vis deux billes vertes dans l'obscurité, précédents une petite poupée roulant sur le sol. Ce n'est pas la poupée en elle-même qui me terrifia, mais plutôt ce qu'elle avait autour du poignet.
Elle portait le bracelet de Kagami.
Et ce n'est pas tout. Je reconnus aussi cette poupée comme étant celle que nous avions vu dans les couloirs du lycée. Même petite taille, même kimono dans les tons de rouge, même cheveux longs et noirs, mais surtout, même yeux...
J'étais pétrifiée sur place, tandis que je la voyais doucement s'avancer vers moi.
Que signifiait ce bracelet ? Pourquoi le portait-elle ? À moins que... À moins que Kagami ait été capturée par cette chose. Voire, même pire...
La poupée s'arrêta soudainement, me ramenant à l'instant présent; un rictus se peignit sur son visage, véritable vision d'horreur. J'aurais voulu hurler, cependant je n'y arrivais pas, j'étais totalement immobilisée. Qu'est-ce qui m'arrivait à la fin ?
La poupée tendit sa petite main de porcelaine vers moi et je vis avec horreur a main droite se lever toute seule vers elle, s'apprêtant à la saisir.
Non, stop ! Nooooon !
Hé ! Rangez tout de suite ces couteaux ! Il est interdit de faire du mal à l'auteur ! uwu
Surtout que je vais essayer de vous publier la suite au plus vite ! Promiiiis ! w
Bah oui ça ne serait pas très sympa de vous faire attendre, surtout au vue du moment auquel je coupe ! x)
Sinon, j'espère que ça vous a plu ! :D
J'ai fait de mon mieux pour écrire ce chapitre, surtout la partie du rêve dont je suis plutôt fière ! Dites-moi ce que vous en pensez, s'il vous plaît, j'aimerais m'améliorer, afin que mes chapitres soient plus agréables à lire !
Et au fait, j'espère que je n'en aurai pas trop traumatisés avec mes poupées ! xD
Mais que voulez-vous, maintenant qu'elles sont entrées dans le récit, elles vont y rester encore un peu... Désolé ! ^-^'
Je pense que les prochains chapitres vous plairont encore plus, alors patience ! :p
Bref, place au Lexique, puis aux Réponses aux Reviews ! Merci à tous mes lecteurs ! :3
Lexique :
Hématite : C'est une pierre noire, brillante et lisse que l'on utilise souvent pour faire des pendentifs de collier, des bracelets ou même des boucles d'oreilles ou des bagues.
Kabuki : C'est un genre du théâtre japonais.
Edo : C'est une période féodale japonaise qui s'étend environ de 1603, c'est-à-dire de l'établissement du shogunat des Tokugawa (en clair, la prise du pouvoir sur le Japon par les Tokugawa, famille très célèbre de l'histoire du Japon) jusqu'en 1868 et la chute du shogunat suite à une guerre civile dans tout le Japon (Conflit qui opposa entre autres les Patriotes et le Shinsengumi)
Yôkai : Les yôkais sont en quelque sorte des démons ou des esprits, voire même dans certains cas des Kami, c'est-à-dire des divinités. Ils sont issus des légendes anciennes et du folklore japonais.
Pour plus d'informations, voir Yôkai, Dictionnaire des monstres japonaispar Shigeru Mizuki aux éditions Pika en deux tomes., c'est un ouvrage complet et très agréable à lire.
Hagedanuki : C'est un yôkai blaireau qui vivrait dans la région de Sanuki, dans le département de Kagawa. Son nom signifie le « blaireau chauve ».
Ten : C'est un yôkai ayant l'apparence d'une belette. Il est dit que « son pelage est noir et jaune, sa tête ronde et fuselée, son cou souple, ses yeux ronds, ses petites oreilles dressées, ses jambes courtes et sa queue épaisse et longue. » Il est aussi dit que voir un Ten et un mauvais présage et qu'il serait capable de se métamorphoser de neuf manières différentes, tandis que les renards ne le peuvent que sept fois et les blaireaux huit et qu'il est donc encore pire que ces deux derniers.
-sama : Ce suffixe est un suffixe utilisé pour montrer son respect envers une personne. On pourrait le traduire par « maître » ou, dans le cas présent « maîtresse ». Il montre un grand respect envers la personne qui est nommée.
Kimono : C'est un vêtement traditionnel japonais qui peut aussi bien être porté par des hommes que par des femmes. Il est porté encore aujourd'hui pour certaines occasions.
Obi : Le obi est la ceinture qui maintient un kimono. Elle est souvent assez lourde et épaisse. On y range souvent ses effets personnels. Elle forme une sorte de nœud dans le dos (sauf exception, comme pour les prostitués ou les concubines dont le nœud est devant).
Geta : Ce sont des chaussures traditionnelles japonaises. Elles sont en bois et légèrement surélevés par des petits talons à l'avant et à l'arrière de la chaussure.
Hime-sama : C'est un titre de noblesse qui se traduit par « Princesse ». Ainsi employé, il montre un grand respect envers la personne qui est désignée.
Hoshi-sama : « Hoshi » peut avoir deux significations : Moine ou Étoile, Dans le cas précis, il désigne le moine et un suffixe honorifique y est pratiquement toujours accolé lorsqu'il s'agit d'un moine.
Osuwari : Formule que l'on pourrait traduire par « Couché » en japonais.
Sengokujidai : C'est une époque japonaise que l'on situe entre 1467, date eurent lieu les troubles d'Onin et 1568, lorsque Oda Nobunaga (célèbre shogun du Japon féodal, il est surtout connu pour avoir entre autre réunifié le Japon) entra dans Tokyo, alors appelée Edo. On fait aussi souvent continuer cette période jusqu'en 1603, date de l'établissement du shogunat des Tokugawa. On raccourcit souvent le nom en Sengoku, qui est composé de deux mots « Sen » qui veut dire « La Guerre » et « Goku » qui signifie « Le Pays ». Ça permet de deviner assez bien l'état du pays durant cette période...
Haori : Sorte de veste traditionnelle japonaise.
Onee-chan : Cette expression signifie « Grande sœur ». Il existe plusieurs variantes de cette expression, plus respectueux et surtout utilisé par les personnes adultes ou dans des familles nobles, tel que « Onee-san » ou, encore plus respectueux, « Onee-sama ». Pour indiquer qu'une personne est sa grande sœur, si on veut utiliser son prénom, on y accole « -nee-chan » comme par exemple « Tsukiko-nee-chan » L'inverse de Onee-chan est Imôto-chan, littéralement « Petite sœur » qui ne possède pas de forme pouvant s'accoler au prénom.
Chat yôkai : Selon certaines légendes, les chats auraient le pouvoir de se transformer en yôkai. Quand ils se transforment en yôkai, leur queue se fend en deux et forme alors deux queues. Dans certaines régions, il est dit que ce sont les chats qui atteignent un certain poids, ou ceux de plus de trois ans. Il est aussi dit que quand quelqu'un meurt, il faut tout de suite donner le chat de la famille à quelqu'un d'autre, sous peine de voir la dépouille volée par le chat transformé en yôkai.
Réponses aux Reviews :
Réponse à Cristaline pour le prologue que j'avais oublié précédemment :
Hello Cristaline !
Je suis contente que tu sois venue lire le prologue de l'histoire !^-^
C'est justement l'impression que je voulais donner x)
En effet, la première est Sesshômaru et la deuxième, bien tu devrais la retrouver dans ce chapitre ! :D
Oui, tu as raison, les rêves ont une certaine signification, mais je n'irais pas en dire plus, il faut bien garder un peu de suspens xD
Oui, en effet, j'ai osée écrire « flouté »... Je ne devais vraiment pas être bien réveillée quand j'ai écrit le prologue je crois xD Mais le plus bizarre... C'est que le logiciel avec lequel j'écris sur mon ordinateur ne me le souligne même pas ! Encore une bizarrerie de ce cher Open Office... Passons ! 8D
Ce n'est pas grave, ne t'excuse pas, je suis pareille du moment que je suis bien réveillée et en état xD
Merci, je suis contente que ça t'ait plu ! ^-^
Ne t'inquiète pas pour la suite xD C'est vrai que je mets du temps à écrire, je l'avoue... Mais en fait, je n'écris pas vraiment, je corrige surtout xD Je dirais que je met quelques jours à écrire un chapitre et tout le reste du temps, je le passe à peaufine mes textes, vérifier mes phrases... Je suis un peu maniaque là-dessus je pense x)
En tout cas, merci pour ta petite Reviews qui m'a vraiment fait plaisir et désolé d'avoir oublié de te répondre, j'ai honte ! _''
Réponse aux Reviews du chapitre précédent :
Momo0302 : Coucou ! :D
Je suis heureuse de ne pas t'avoir déçu, honnêtement, j'avais un peu peur ^-^'
Apparemment, j'en ai vraiment traumatisée plusieurs avec l'histoire de la poupée XD
Mais pour le moment, j'ai besoin de ces adorables petites poupées dans mon histoire, malheureusement pour vous x)
Pour les phénomènes étranges qui se passent, je pense que tu ne tarderas pas à avoir toutes les réponses, dont une partie dans ce chapitre ! :p
Merci pour ton adorable Reviews et j'espère que ce chapitre t'a plu ! :D
Anae : Salut ! :3
Toi aussi je t'ai traumatisée avec mes poupées ? XD
Mais elles sont mignonnes pourtant ! 8D … Okay, okay, j'ai compris, je me tais uwu'
À ce point là ? O_O Et bien dis donc... u_u'
Merci pour le compliment, ça me touche ! Je fais de mon mieux au niveau écriture et je dois dire aussi que vos Reviews me motive ! x)
Oui, tu supposes bien ma chère xD Elle s'est en effet retrouvée à l'époque Sengoku ^-^
J'espère ne pas t'avoir déçu avec cette rencontre assez distante ^-^' Mais disons que je préfère garder la véritable rencontre pour plus tard lorsque les choses se seront un tout petit peu calmés x)
Bon, ne t'inquiètes pas, je ne le ferais pas dans dix chapitres non plus xD Je pense que ce sera dans la prochain :p Enfin, je pense puisque je ne l'ai pas encore fini, loin de là... uwu''
En espérant ne pas t'avoir déçu avec ce chapitre ! w
Merci pour ta magnifique Reviews qui me motive à l'écriture du prochain chapitre ! ^-^
Merci à tous mes lecteurs d'avoir lu ce chapitre et de me suivre ! :D
Oban-chan
