Chapitre 24

- Quoi ? S'écria Jost en lançant furtivement un regard sur Tom avant de reporter rapidement celui-ci sur Leidecker.

- Oui commissaire. D'après les indices que nous avons trouvé sur les lieux des différents meurtres, le coupable s'avère être Bill Trümper. Recommença Leidecker avec toujours son sourire accroché au visage.

Ce que Tom aimerait pouvoir le lui faire passer avec deux trois coups bien placés. Mais il ne pouvait se le permettre vu les circonstances, et qui se trouvait avec eux. Alors il se contenta de serrer les poings, jusqu'à s'enfoncer les ongles dans la paume et sentir quelques gouttes de sang sortir des petites plaies.

Malheureusement ou heureusement pour lui, David Jost, leur commissaire, le remarqua.

- Tom, pouvez-vous nous laisser seul avec votre supérieur ? Je vous ferais appeler quand j'en aurais fini avec Donald.

- Oui Monsieur. Fit Tom juste avant de partir jusqu'à son bureau.

Il aurait aimé pouvoir écouter à la porte, mais il savait que si on le surprenait, il en prendrait pour son grade.

De toute façon, il savait qu'il pouvait compter sur le commissaire. Alors il patienta dans son bureau essayant de remettre ses idées en ordre.

Depuis le début, il avait apprit tellement de choses en si peu de temps, que tout était chamboulé en lui. Il se demandait même comment il avait fait pour ne pas craquer ou même péter un câble avec tout ce qu'il avait dû emmagasiner en ce laps de temps si court.

Il fallait qu'il mette ses idées dans l'ordre pour pouvoir les sortir correctement quand il serait convoqué.

Le problème, c'est qu'il ne savait pas par où commencer, surtout par rapport à sa relation avec Bill. Il pourrait toujours faire passer ça pour une forte amitié.

Donc tout d'abord, avec l'éloignement progressif de l'androgyne au fur et à mesure que l'enquête avançait.

Quoi que le week-end précédent qu'ils avaient passé montrait le contraire. À se souvenir, Tom ne put empêcher un sourire niais de naître sur son visage.

Ensuite, il y a eut Leidecker qui avait l'air de vouloir toujours s'en prendre à Bill, ou vouloir le mettre à l'écart.

Le début des indices trouvé sur les lieux des crimes et Bill qui a dû être mit en arrêt de travail... Quoi que, c'est à partir de ce moment là que l'éloignement a commencé.

Puis, on en arrive a aujourd'hui, l'annonce de Bill qui est "suspect" et l'étrange comportement de Leidecker.

C'est surtout de ça dont Tom devrait parler.

Tom resta dans son bureau à tourner en rond. Il n'a rien à faire et il n'aime pas ça. Ça l'agace tellement qu'il fait valdinguer tout ce qu'il a sur son bureau à travers la pièce - sauf l'ordinateur - et qu'il pousse un cri de rage. Heureusement pour lui, aucun collègue ne peut le voir avec les vitres sans teint. Mais lui peut les voir, et il remarque qu'ils ont tous tournés leurs têtes dans sa direction. Le pire, c'est que ça l'énerve encore plus.

Bill serait là, il trouverait le moyen de le calmer rapidement. Quoi que, il serait là, Tom ne s'énerverait pas pour les même raisons.

Par contre, il se calma directement en entendant frapper à sa porte.

Il permit à la personne d'entrer. Celle-ci n'était autre que le commissaire.

- Heu... Commença Jost en pénétrant dans le bureau et voyant l'état de celui-ci.

- Oui, vraiment désolé, je vais tout ranger et j'arrive de suite dans to/votre bureau. S'empresse de dire Tom en se mettant directement à remettre à sa place correctement.

Mais il fut coupé par le commissaire.

- C'est bon Tom, rangez tranquillement, puis rentrez vous reposer. Vous viendrez me voir demain dès que vous arrivez... et c'est un ordre. Finit Jost en voyant que Tom allait protester.

- Bien pa... Monsieur. Fait Tom baissant la tête.

Il avait honte qu'on ait pu le surprendre dans cet état. Surtout venant de David Jost.

- Bon, repose toi Tom. Il faudra être en forme avec ce que je viens d'apprendre.

Tom lui fit un sourire timide avant que le commissaire ne fasse demi-tour et le laisse de nouveau seul, avec toute la pagaille qu'il avait mit.

Il lui fallut un bon quart d'heure pour remettre en ordre tout le bazar qu'il avait mit.

Il était tellement peu motivé à se retrouver seul chez lui, qu'il prit son temps pour tout remettre à sa place.

C'est en rangeant qu'il posa, pour la première fois depuis l'annonce, ses yeux sur le bureau habituellement occupé par Bill. Il revoyait celui-ci le regarder amoureusement. Ainsi que les fois où il se concentrait sur ce qu'il faisait, avec sa petite langue qui ressortait au coin de ses lèvres et ses sourcils froncés. Ou encore les fois où il ressemblait à un enfant de six ans, quand il gagnait contre Tom a un quelconque jeu auquel ils jouaient en réseau.

Ce que Bill pouvait lui manquer, ainsi que sa petite frimousse, ou encore lui. Tout simplement.

Il quitta l'enceinte de l'établissement sans un regard pour qui que se soit, alors qu'il sentait les leur peser sur lui.

C'est sans conviction qu'il rentra chez lui.

C'est en ouvrant son appartement qu'il remarqua quelque chose de bizarre. Il sentait une odeur bien familière beaucoup plus présente que celle du matin. Il ne lui en fallut pas plus pour reconnaître à qui appartenait cette si délicieuse odeur.

Il s'empressa alors de faire toutes les pièces dans l'espoir de retrouver le propriétaire de cette senteur. Mais dans chacune d'entre elles, il fit chou blanc. Il fut déçut, mais tout de même content, car si Leidecker le surveillait, il trouverait Bill.

Car oui, l'odeur qu'il avait reconnu, appartenait à Bill.

C'était un mélange de douceur avec la vanille de son gel douche, et de mystère avec l'épice de don parfum.

Tom revint donc dans le salon après s'être prit une bière du frigo, comme il aimait le faire de temps en temps. Surtout quand il avait des journées comme celle-ci assez éprouvante.

Et apparemment, Bill connaissait vraiment bien ses habitudes, car il retrouva sur sa table basse une grande pochette, ainsi qu'une enveloppe blanche avec son prénom apposé dessus?

Il reconnu facilement l'écriture du brun.

Il la prit entre ses doigts, la faisant tourner plusieurs fois avant de enfin se décider à l'ouvrir.

Il lui fallut plusieurs lectures pour comprendre correctement ce qu'il y avait d'écrit dessus. Il y avait pas mal de ratures au début. À cette constatation, il comprit que Bill appréhendait beaucoup la réaction de Tom.

"Mon Tom,

Quoi que, je ne pense plus avoir ce droit de t'appeler comme ça.

Avec tout ce qui s'est passé aujourd'hui, tu dois plus me haïr qu'autre chose. Tu dois te sentir trahis, humilié, avoir honte ne serait-ce que d'avoir croisé ma route. Pourtant, pour moi, c'est la plus belle chose qui me soit arrivé.

Tu dois m'en vouloir de t'avoir dissimuler tout ce qu'on t'a annoncé.

Oui j'ai un casier judiciaire à cause de différents petits délits. C'est grâce à celui-ci qu'on a pu trouvé mon ADN sur les meurtres dont on m'accuse.

Je ne sais pas comment il a put être trouvé, car je suis réellement convaincu que je suis innocent malgré les preuves qui montrent le contraire.

Tu pourra regarder dans le dossier qui est avec cette lettre que j'ai des alibis.

Les dates et heures des meurtres ne concordent pas avec les lieux où j'étais.

À chaque fois, c'était avec toi que je me trouvais ou au téléphone avec toi.

C'est vrai que ça risque d'être dur car personne ne sait qu'on est ensemble. Après, tu fais ce que tu veux. Tu me crois ou pas.

En tout cas, je te laisse tout ce que j'ai trouvé. Tu en fais ce que tu veux.

Juste... fait vraiment attention à Leidecker. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que se soit.

Je tiens à toi, c'est pour ça que je te demanderais de ne pas chercher à me joindre, ou essayer de me trouver... à moins que ça soit pour m'arrêter.

Par contre, je veux que tu saches que quoi qu'il se passe, je t'aime plus que tout et que tu es le gardien de mon cœur.

Je te promets qu'on se reverra. Je prendrais toujours soin de toi comme toi tu l'as fait avec moi.

Bill qui t'aime de tout son cœur et à jamais."

Une larme solitaire coula le long de sa joue. Il avait un nœud dans sa gorge qui s'était formé. Ce que Bill lui avait écrit, il avait envie d'y croire.

De toute façon, Tom ne pourrait jamais lui en vouloir. Et encore plus en ayant feuilleté le dossier.

Ce que Bill lui avait dit était vrai.

À chaque fois que les meurtres ont été commis, ils étaient soit ensemble, soit au téléphone. Ce qui le rassurait grandement.

Mais en relisant la lettre, cette fois-ci, il ne put s'empêcher d'éclater en sanglot. Il avait prit conscience qu'il ne reverrait peut-être jamais Bill ou si ça se trouve, derrière des barreaux.

Car malgré les alibis, les autres preuves accablaient le brun. Et que Tom soit son collègue et entre autre petit amis, cela risquait de ne pas suffire puisqu'il avait aucun autre témoins, vu que personne n'étais au courant pour eux.

Il lui fallut un long moment pour se calmer avant de prendre une décision. Lors de l'entretien le lendemain avec le commissaire, il montrerait ce que Bill lui avait confié. En évitant de cité leur relation spéciale, et plutôt dire qu'ils étaient proche dû à leurs passés difficiles.

Ça David devrait le comprendre. Du moins il l'espérait.

Il avait besoin d'une cigarette. Rare les fois où il fumait, mais là il ne pouvait plus se retenir.

Alors il prit son paquet avec le briquet et s'en alluma une en sortant sur le balcon.


Ç a y est, c'est dit. Maintenant que va-t-il se passer ?

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La suite au prochain chapitre. ^^

Bon, j'espère que ce chapitre vous a plu et qu'il permet peut-être de découvrir certaines choses.

A bientôt pour la suite.

Tchuss.