Chapitre 36

POV Bill

Bill n'attendit pas son autorisation pour forcer l'ouverture de la porte face à la résistance de Katia, et d'entrer. Il ferma la porte et se mit devant cell-ci pour plus de précaution.

Il voulait jouer la carte du gars violent, mais devant la panique de la femme, il décida de changer de stratégie.

Il était sûr que sinon ça serait pire, qu'elle se braquerait et que par n'importe quel moyen il ne pourrait rien lui soutirer.

Il voulait à tout prix éviter de devoir utiliser ce qu'il avait dans la poche comme marchandage. Il ne pourrait plus être crédible si c'était le cas.

En plus de pouvoir s'en sortir, il voulait l'aider elle aussi.

Pour cela, il lui devait la vérité, tout lui expliquer sur ce qu'il savait sur elle.

Mais avant tout ça, il fallait qu'il réussisse à lui faire comprendre qu'elle pouvait lui faire confiance.

- Je ne vous veux aucun mal. Commença doucement Bill repassant au vouvoiement exprès.

- Ah ouais ? Fait-elle suspicieuse cherchant du regard un moyen de s'échapper.

Bill se doutait de ce qui passait par la tête de Katia. Il le voyait bien aux regards qu'elle jettait à gauche et à droite.

- Oui, je vous le promets Katia. Je suis...

- Je sais très bien qui vous êtes inspecteur. Le coupe-t-elle sèchement. Vous êtes un dangereux criminel et je vais pour cela appeler la police.

- Faites-le. Le temps qu'ils arrivent je serais loin.

Il vit dans son regard qu'elle savait qu'il avait raison. Elle avait peur de ce qu'il pourrait lui faire, mais surtout si Leidecker apprenait qu'il était venu, ça serait pire pour elle. C'est pourquoi elle hésitait sur le comportement qu'elle devait avoir et ce qu'elle devait faire.

- Je vous le promets. Reprit le brun. Je ne suis pas armé. J'ai juste 2-3 papiers à vous montrer en échange de quelques renseignements.

Pour montrer à Katia qu'il disait vrai et qu'il n'avait aucune arme sur lui, il ôta sa veste, son pull et t-shirt en faisant le tour sur lui-même, puis souleva les bas de son jean avant de se revêtir.

Par contre, il ne lui dit pas qu'il avait un magnétophone pour pouvoir enregistrer éventuellement ce qu'elle lui dirait. Cela pourrait entre autre lui servie de preuve selon ces dires bien sûr.

La femme ne dit plus rien, regardant attentivement le brun, attendant ses explications, ce qu'il attendait d'elle mais surtout savoir ce qu'il avait à lui proposer en échange.

Il le comprit et attaqua directement.

- Vous vous doutez que je suis au courant de ce que vous avez fait chez moi et qui vous y a envoyé. Mais je voudrais savoir les raisons exactes, le pourquoi, et que vous me donniez plus de renseignements sur Donald Leidecker.

Il a à peine prononcé cette phrase qu'il la voit blêmir d'un coup et comprend qu'il a visé juste.

Mais ce dut pire que précédemment cette fois. Elle se précipita vers ce qui devait la salle de bain, et s'enferma dedans avant que Bill ait put bouger

Il souffla d'exaspération, déjà fatigué du peu de conversation, s'il peut appeler ça comme ça. C'est d'un pas las qu'il alla se poster près de la porte d'où Katia c'était enfermée.

De toute façon, il savait qu'elle ne pourrait pas s'enfuir par un autre endroit vu qu'elle était au cinquième étage.

Il toqua à la porte avant de lui demander de sortir.

- Je ne vous veux aucun mal Katia. Je sais ce qui vous fait peur, et je vous jure que Leidecker ne vous fera aucun mal. Je ferais tout pour l'en empêcher.

Il savait qu'en lui jurant elle le croirait, car elle était catholique, et que jurer sans tenir sa parole serait un affront en Dieu.

Il attendit un petit moment vu qu'il n'entendait aucun bruit de l'autre côté. Elle devait réfléchir, mais si ça continuait il allait s'agacer car il n'avait pas toute la journée.

Il allait pour taper de nouveau à la porte et menacer la femme quand il entendit la cliquetis significatif de la serrure.

Apparemment elle avait prit la décision de l'aider. Ce qui l'arrangeait grandement.

- C'est vrai ce que vous me dites, vous me jurez de l'empêcher de me faire du mal ? Fit-elle la tête basse.

- Oui je vous le jure Katia.

- Mais qu'est-ce que je j'aurais en échange des renseignements que vous me demanderez.

- Déjà d'envoyer ce connard en prison, mais aussi des renseignements sur vos origines.

Il voulait éviter d'évoquer la seringue dans sa poche, ne voulant pas l'utiliser et donc tomber aussi bas que l'autre salopard.

En évoquant ses origines, il aperçut les yeux de la femme s'illuminer. Il comprit donc qu'il avait visé juste.

Ensuite elle l'invita à s'asseoir face à elle et lui fit comprendre de commencer sur ce qu'il voulait savoir.

- Tout d'abord, expliquez moi en détail ce que Leidecker, si c'est bien lui, vous a demandé de faire chez moi.

- Oui c'est bien Donald Leidecker qui m'as dit d'aller faire le ménage chez vous. Au début je faisais le ménage, mais au bout de deux jours, il est revenu me voir et m'a obligé à vous dérober certaines choses. Pourquoi ? Ça il ne me l'a pas dit. Je n'avais pas le choix, sinon il me renvoyait directement en prison alors que c'est lui qui m'en faisait sortir.

Elle continua par la suite à raconter au brun tout ce qu'elle savait sur ce que Leidecker voulait. C'est à dire des objets personnels, ou cheveux du brun et qu'en ayant vu les infos, elle avait comprit pourquoi il les lui avait demandé.

Mais elle n'avait jamais su les raisons exacts pour lesquelles il les voulait. Elle avait accepté de le faire car Leidecker la menaçait de la ramener direct en prison et l'y laisser croupir. De plus, c'est lui qui lui fournissait la drogue dont elle avait besoin.

Depuis que Bill était recherché elle n'avait plus eu de nouvelles de lui, ce qui ne la rassurait pas car elle appréhendait énormément un nouvelle rencontre.

Bill avait bu toutes les paroles de la femme, n'oubliant pas d'enregistrer ce qui pourrait en partie le sortir de cette galère.

Il remarqua bien que Katia ne connaissait pas le lien qu'elle avait avec Donald, et donc elle n'avait rien de concret à lui apporter sur le pourquoi il avait fait ça. Mais c'était déjà ça avec ce qu'il venait de récolter.

Maintenant c'était à lui de lui donner sa contre partie. Le seul bémol, c'est que ça allait faire un choc à la femme et il ne savait pas si ça serait bon pour lui ou pas par la suite.

- Donc voilà, comme promis je vous donne des renseignements sur vos origines. Mais avant que vous ne le lisiez, je veux que vous sachiez que cela vient d'un dossier du commissariat. Donc tout ce qu'il a à l'intérieur est exact et vérifié.

Bill lui tendit le dossier en question. Katia le prit avec les mains tremblantes avant de l'ouvrir et commençant sa lecture.

Au fur et à mesure de son avancée, ses yeux s'écarquillaient de stupeur, qui fut vite transformée par de la fureur mélangée à de la peine.

Bill ne pouvait pas la laisser en partant comme un voleur. Il ne voulait pas la laisser comme ça et voulait lui proposer autre chose pour l'aider à s'en sortir en l'éloignant de son frère et de tout ce qui l'entour pour le moment.

Quand elle eut fini, elle leva sur Bill un regard désespéré, le suppliant silencieusement que ça soit faux.

- Non, ça ne peut pas être vrai. Comment se fait-il que ce soit mon frère ? Et lui est-il au courant ? Pourquoi me fait-il ça ? C'est à cause de lui que je me drogue. Elle finit sa phrase, qu'elle s'effondra en pleur.

Bill ne savait pas quoi faire pour la calmer. Il comprenait très bien qu'elle soit sous le choc. Il ne voudrait pas être à sa place. Il ne sait pas comment il réagirait. Surtout avoir un frère comme ça, qu'il l'a fait plonger dans la drogue, et encore plus qui en profite pour se servir d'elle quand il avait besoin.

- Je suis vraiment désolé Katia, mais tout ceci est vrai et j'en suis désolé. Mais je me devais de vous dire la vérité, pour qu'il n'en profite plus pour vous utiliser comme une marionnette.

- Malgré ça, je vous remercie.

- Je veux, pour votre sécurité, que vous partiez de cette ville. Je peux même vous aider à vous en sortir avec la drogue. Je connais quelqu'un qui dirige un institut et il vous aidera.

Il vit dans le regard de Katia qu'elle réfléchissait à sa proposition. Il était vrai qu'il fallait qu'elle parte et elle voulait aussi se sortir de toute cette merde.

Bill resta encore près d'une heure le temps de contacter la personne de l'institut, et aider Katia à préparer ses affaires pour qu'elle parte de cette ville avant que Leidecker ne mette la main sur elle de nouveau.

Quand à lui, Bill, il du donc rentrer à la planque sans avoir les renseignements exacts sur Leidecker, mais assez pour l'aider à se défendre un minimum.

En mettant les mains dans les poches de sa verte pour les protéger du froid, il tomba sur un tube long. Il se souvint alors qu'il avait la seringue d'héroïne.

Il la sortit et la regarda. Il s'était toujours demandé ce que les accros aimaient la dedans. Il aurait bien voulu tester, mais il ne devait pas le faire. Il n'était pas désespéré à ce point.

Alors il jeta la seringue contre un mur sur lequel celle-ci se brisa et le liquide glissa jusqu'au sol, n'ayant pas de regret à son geste.


J'espère que ce chapitre aura plu aussi.

Le prochain arrive bientôt.

Tchuss