Hey tout le monde !
Vous semblez assez pris dans cette petite fiction et vous m'en voyez ravie ! Pas plus de mots, je vous laisse à votre lecture quotidienne ^^
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U2 - Christmas (Baby please come home)
Clarke arriva en trombe à l'aéroport International John Fitzgerald Kennedy. Elle avait passé ses derniers sous dans un taxi miteux dont le conducteur ne l'avait même pas aidé à décharger son imposante et luxueuse valise. Presque en retard, chaussée de ses hauts talons à la semelle rouge, lunettes de soleil relevées sur ses cheveux blonds et long manteau blanc sur les épaules, elle courut jusqu'au comptoir d'embarquement que Lexa lui avait indiqué.
Durant toute sa course, elle avait espéré que la brune plaisantait lorsqu'elle lui avait annoncé leur destination, et elle s'attendait à ne pas la trouver devant la compagnie qui les mènerait à Juneau. Malheureusement, après une dernière foulée, elle se rendit compte qu'une jeune femme aux longs cheveux bruns était la seule à attendre devant le comptoir d'Alaska Airlines, deux billets à la main.
Elle approcha de cette femme vêtue d'un blouson de ski et de bottes fourrées. Cela devait surement être une de ces paignot qui rentrait chez elle pour les fêtes, pensa-t-elle. Lexa Woodsen n'était pas là et elle remercia le ciel pour son retard. Elle fit quelque pas de plus, et salua poliment la femme qui se tenait dos à elle. Dans un revers de cheveux digne d'une pub l'Oréal, la brune se retourna et Clarke resta bouche-bée en découvrant son identité.
- Miss Griffin, vous êtes en retard, interpella Lexa sans prendre la peine de la saluer.
- Vous ne rigoliez pas pour l'Alaska ?
- Pourquoi la destination serait-elle sujet à plaisanterie ?
- Je ne sais pas je...
- Vous pensiez que nous allions fêter Noël aux Bahamas ? lui demanda la brune pleine de dédain, et bien non, soyez heureuse de passer des vacances au chaud plutôt que sur une île où vous n'avez sûrement plus rien et où seuls les cochons de mer vous auraient tenu compagnie.
- Je vous rappelle que JE vous tiens compagnie.
- Je vous rappelle que vous le faite parce que vous avez besoin de ces 30 000$, répondit Lexa presque indifférente en déposant son sac de voyage sur le tapis du comptoir.
Lexa venait de lui clouer le bec en une phrase. La répartie de la reine Woodsen était sans égale, et Clarke pensa qu'il ne valait mieux pas envenimer la situation.
- Bien, j'espère que pour la peine vous avez pris des billets en première classe.
- Croyez-moi, je ne l'ai pas fait pour vos beaux yeux, souffla Lexa d'exaspération, prête à saisir la valise de la brune.
Lorsqu'elle vit l'imposant bagage, recouvert de cuir marron et de monogrammes LV couleur or, et capable de contenir l'équivalent de deux cadavres, elle leva les yeux au ciel d'exaspération.
- Quoi ? demanda innocemment Clarke.
- Vous êtes au courant que nous ne partons qu'une semaine ? Et que nous allons en Alaska et pas à Coachella ou je ne sais où ?
Clarke ne répondit pas, sa patronne avait raison. Habituée aux voyages de luxe, elle n'avait pas pensé à tous ces petits détails: d'une tenue confortable à un sac pratique à transporter. Sans plus de mots, Lexa chargea la valise sur le tapis du comptoir et l'invita à passer les portiques de sécurité. Elle venait de foutre le dragon en rogne et le voyage s'annonçait long, très long.
L'avion avait décollé depuis quelques heures, et à cet instant, il devait sûrement survoler les plaines du Nebraska. Clarke Griffin et Lexa Woodsen étaient restées silencieuses depuis le départ, profitant agréablement des petits plaisirs de la première classe. C'était l'heure du repas, et l'hôtesse de l'air annonça le menu avant de servir deux plateaux aux New-Yorkaise.
- Stop ! Vous ne devriez pas manger ça.
- Et pourquoi donc ? Demanda Lexa en relevant un sourcil.
- Aussi délicieux et alléchant que ce Pad thaï puisse paraître, il est cuisiné avec des cacahuètes, et vous êtes allergique à l'arachide. D'ailleurs je pense que se connaître sur le bout des doigts pourrait largement aider à faire illusion devant votre famille.
- Bien… Alors que savez-vous sur moi ? En plus de l'allergie à l'arachide.
- Que vous êtes allergiques aux émotions humaines et…
- Je pourrais dire la même chose de vous Griffin, il paraît que vous jouez la capricieuse au bureau, au point de voler la chemise de vos collègues lorsque vous tâchez la votre… répondit Lexa du tac-au-tac tout en feuilletant un magazine.
- Vous avez aussi un tatouage.
- Comment vous savez ça ?! S'exclama Woodsen en posant vivement son magazine.
- Il y a quelques semaines vous m'avez demandé d'annuler un rendez-vous chez votre dermatologue, plus exactement pour une séance de laser, j'ai supposé que c'était ça et vous venez de me le confirmer… Alors ? Une petite fleur, le nom d'une ex, un tribal ?
- Je ne vous dirai rien…
- Et vous vous êtes fait refaire les seins.
- C'est faux ! J'ai annulé de moi-même.
- Et pour la rhinoplastie ? Votre chirurgien a appelé pour une visite de contrôle.
- Ok… Ce n'était aucunement esthétique, je me suis cassée le nez plus jeune, avoua Lexa.
- Je sais aussi quand vous avez vos règles, que vous détestez les sushis au thon, vous les laissez toujours dans votre boîte déjeuner mais vous vous obstinez à toujours me faire commander la même, je sais aussi que votre grand-mère vous appelle toutes les semaines, que lorsque vous êtes contrariez vous admirez la vue sur Central Park et que lorsque vous êtes concentrée vous mettez votre stylo à la bouche, que vous détestez le vert sauf si c'est du kaki, que vous prenez un gingerbread latte avec du lait de soja et un trait de cannelle à partir du 1er décembre… Et je pourrais citer plein d'autres choses…
- Bien Clarke, on dirait que vous avez développé une petite obsession pour mes petites manies et le fait que vous connaissiez mon cycle menstruel est assez… Angoissant. Devrais-je appeler un psy ?
- Je suis juste votre assistante et tout ce qui vous concerne passe par moi ! Bref… Si nous sommes un couple, vous devez connaître aussi des choses me concernant…
- A part le fait que vous êtes l'héritière Griffin et que vous avez bénéficié d'un piston ou devrais-je dire une rampe de lancement pour obtenir ce poste, que vous êtes un poil arrogante et suffisante, et que vous prenez le même café que moi ? À vrai dire ça me suffit amplement.
- Avec tout votre respect, je pense que vous devriez être plus agréable si vous voulez faire croire à votre grand-mère que c'est l'amour fou entre nous. Je ne comprends même pas pourquoi vous me détestez à ce point.
Lexa qui s'était replongée dans sa lecture leva une nouvelle fois les yeux au ciel et souffla. Elle ne détestait pas Clarke Griffin, elle aimait juste lui mener la vie dur pour qu'elle se rende compte que dans la vie rien n'était acquis et que si un jour elle voulait avoir une vraie place dans son magazine, elle devrait travailler aussi dur qu'elle l'avait fait.
- On vit chez moi ou chez vous ? demanda Clarke pour poursuivre sa série de question et être parfaitement préparée à répondre à celle que lui poserait la famille de Lexa Woodsen.
- Chez moi bien évidemment, j'habite à Central Park tandis que vous galérez à payer votre loyer. Et je vous rappelle que la presse nationale sait pour vos parents et que des huissiers ont possiblement saisit beaucoup de vos biens…
Sur ces derniers mots, Lexa enfila sa paire d'écouteurs pour se plonger dans le film qu'elle venait de lancer, sous le regard ahuri de Clarke, choquée que sa patronne ne se soit pas adoucit.
- Connasse… souffla-t-elle alors que Woodsen n'entendait plus rien.
Le silence s'était fait pesant dans l'avion qui les menaient à Juneau. Mais l'instant de calme fut de courte durée : des turbulences déclenchèrent des violentes secousses, et firent s'éteindre les lumières des cabines. À cet instant Clarke sentit une main broyer la sienne. Sous la douleur, elle tourna vivement le regard en direction de sa patronne qui semblait figée par la peur, elle se demanda même si elle respirait encore. Les secousses ne se calmèrent pas et Lexa commença à haleter se pinçant l'arête du nez pour tenter de calmer sa crise d'angoisse, en vain. Clarke, quelque peu embêtée par la situation et un peu paniquée de voir sa boss dans cet état fut surprise de l'élan de compassion qui la traversa. Elle détestait Lexa Woodsen mais soudainement, elle paraissait un peu plus humaine.
- Hey… Respirez… Ce ne sont que de simples turbulences, ça va se calmer, prononça-t-elle d'une voix douce.
Mais Lexa ne se calma pas, et commença à sérieusement manquer d'air. Face à la détresse de sa boss, Clarke se rapprocha un peu d'elle et commença, avec son pouce, à effectuer des mouvements circulaires sur sa main.
- Lexa, se permit-elle, tout va bien se passer, concentrez-vous sur les mouvements de mon pouce, et suivez ma respiration, on inspire, et on expire.
La brune, ne trouvant aucun autre moyen de se calmer alors que les secousses redoublaient d'intensité, se résolu à faire ce que son assistante lui disait.
- Voilà… Là… Calmez-vous, continuez, c'est bien.
Les secousses se calmèrent et la respiration de Lexa fit de même. Reprenant soudainement conscience de la situation, la brune aux yeux vert fixa son regard sur la main de Clarke qui caressaient délicatement la sienne. Elle avait la peau douce et ses doigts l'avaient plus que détendue. Lexa releva les yeux et plongea son regard émeraude dans les deux océans de Clarke Griffin. Jamais elle ne s'était attardée sur la couleur de ses yeux, et elle ne pouvait pas mentir elle les trouvait magnifiques. Perdue dans ce regard si sincère et plein d'empathie, l'instant lui sembla durer une éternité, une douce éternité qui l'apaisait, soudainement rompue par le malaise de Clarke qui dégagea vivement sa main, se rendant compte qu'elle avait sûrement dépassé les limites.
- Hum excusez-moi, je voulais juste que…
- Ça reste entre nous, dit Lexa qui avait retrouvé toute son autorité.
- Bien évidemment.
