Hey !

Voilà le chapitre 7, sans plus attendre je vous souhaite une bonne lecture et une bonne journée !

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River - Tore Bojsten (Clarke et la photo)


Tous les invités avaient quitté la demeure des Woodsen, embrassant Lexa, la félicitant ainsi que Clarke et leur promettant de se revoir le plus vite possible. Épuisées, c'est sans rechigner qu'elles avaient accepté que la grand-mère et la sœur de la brune les conduisent à leurs quartiers.

Anya et Mrs Woodsen firent entrer les deux jeunes femmes dans une immense chambre toute de bois recouvert, largement réchauffé par le feu qui crépitait dans la cheminée.

- C'était la chambre de Lexa quand elle était petite ! Indiqua la grand-mère.

Clarke déposa ses yeux un peu partout, sur les pierres de la cheminée, sur la sublime vue sur le lac gelé, sur les murs recouverts de photos de famille, sur les immenses tentures amérindiennes et enfin sur l'imposant lit recouvert de peaux de bêtes et de fourrures.

- Si elles ne sont pas synthétiques vous devrez rajouter un zéro sur le chèque pour que je me taise auprès du service plaidoyer, chuchota Clarke pour plaisanter.

- Rassurez-vous ce sont des fausses.

- Bon sur ce… Je vais gagner mes quartiers… annonça Clarke.

Quand la grand-mère et la sœur de la brune avaient dit qu'elles allaient les mener à leur « quartiers », Clarke avait bien entendu que la proposition avait été faite au pluriel. Malheureusement, encore une fois, les choses ne se déroulèrent pas comme elle l'avait prévu.

- Allons Clarke ! Nous ne sommes pas nées de la dernière pluie, et on sait bien que notre Lexa et vous, vous adonnez à certains plaisirs ! S'exclama Mrs Woodsen en riant. Et en plus de ça, j'ai placé au-dessus de votre lit l'attrape-rêve faiseur de bébés !

- Grand-mère… Tu sais bien qu'on ne peut pas…

- Faire des bébés ? Oh je le sais bien ! Mais peut-être que l'esprit Alonakwenoa pourrait faire des miracles !

- L'esprit Alonakwenoa ? Interrogea Clarke.

- Lexa ne vous en a jamais parlé ?

- Mais si ma chérie, tu sais, mes très lointains ancêtres amérindiens, tenta faussement la brune aux yeux verts.

- Oh oui bien sûr ! feinta la blonde. D'où viendraient ces jolis yeux en amande, aussi perçant que des flèches d'apaches, n'est-ce pas ? Répondit Clarke pour piquer Lexa.

- Bon grand-mère laissons-les, elles doivent être fatiguées, dit Anya, prévenante.

- Oui bonne nuit mes chéries ! Et faites plein de bêtises !

- Grand-mère… soufflèrent en chœur les sœurs Woodsen.

La porte se referma sur la blonde et la brune, qui relâchèrent enfin leur respiration.

- Sérieusement Clarke ?!

- Quoi sérieusement ?

- La demande en mariage !

- Oh je vous en prie Lexa… Un peu d'humanité même pour votre famille ne vous fait pas de mal !

- Chhhht ! Ne criez pas ! On entend tout dans cette maison ! Et puis qui vous dit que je ne suis pas humaine avec ma famille !

- Votre réaction !

- Je vous demande juste de jouer le jeu ! Pas d'inventer des règles !

- Très bien ! Et bien je serais muette comme une carpe et je vous laisserai vous débrouiller la prochaine fois ! Comme vous l'avez d'ailleurs très bien fait pour ce baiser !

Sur ces derniers mots, Clarke claqua la porte de la salle de bain attenante pour se changer. Elle en ressortit quelques minutes après, vêtue d'un mini short en satin et un haut à bretelles de la même matière, sous les yeux ahuris de Lexa qui elle portait un ensemble bien moins sexy.

- Vous plaisantez Clarke ?

- Pour ?

- Vous auriez du prendre quelque chose de plus chaud.

- Oui et bien je pensais que l'Alaska était une vaste blague !

Lexa roula des yeux, oui, chassez le naturel il revenait toujours au galop, mais elle reconnu qu'elle aurait du insister sur la destination.

La brune se glissa dans son lit, et pointa le canapé qu'elle avait préparé pour Clarke.

- Je vous pensais plus gentlewoman… souffla la blonde, peu ravie d'être traité de la sorte.

- On échangera demain.

Clarke se coucha, détendit ses jambes et sursauta en hurlant avant de s'extirper d'un bond de sous les couvertures.

- Oh bordel ! hurla-t-elle.

- Quoi encore ? demanda Lexa, fermement en se relevant.

- Il y a quelque chose de velue sous ma couette, affirma Clarke, pleine d'effroi, qui n'osait plus retourner sur le canapé.

Lexa souffla d'exaspération. Elle se leva, marcha jusqu'au canapé, retira la couette et en sortit une bouillotte en forme de renne revêtue de faux pelage.

- Vous parlez de ça ? demanda-t-elle en relevant un sourcil, je l'ai mis pour que vos pieds de princesses ne souffrent pas du froid.

Clarke, toute penaude baissa la tête et détourna les yeux de honte sous le regard moqueur de Lexa. Sans un mot la brune la reposa et se recoucha. Clarke fit de même et s'installa confortablement alors que le silence avait gagné la pièce. De sa position elle pouvait observer les aurores boréales danser dans le ciel.

- C'est magnifique, chuchota-t-elle alors qu'elle pensait que Lexa dormait.

- Ça fait partit des avantages quand on habite ici.

- Ça fait longtemps que vous n'avez pas rendu visite à votre famille ?

- Quatre ou cinq ans, à vrai dire je ne sais plus…

- Ils sont adorables en tout cas… Pourquoi n'êtes vous pas venue plus souvent ?

- J'ai eu beaucoup de travail, mais vous partez toujours plus tôt que moi, vous n'avez jamais du le remarquer.

- Vous vous trompez. Ce que vous a dit Charles la dernière fois, c'était méchant, mais il y avait une part de vrai : vous êtes mariée à votre magazine, et si aujourd'hui vous vous trouvez dans l'obligation de me payer pour vous tenir compagnie c'est bien parce que vous n'avez pas accordé assez de temps à votre compagne.

- Qu'est-ce que vous en savez ?

- Je ne sais pas, vous êtes… Riche, avec un certain statut, intelligente, vous vous battez pour beaucoup de cause qui nous touchent toutes, et à vrai dire vous n'êtes pas trop désagréable à regardern je pense que beaucoup se battent pour être à vos côtés.

- Pas trop désagréable, hein ? Pourtant je vous ai vu lorgner plus d'une fois dans mon décolleté… taquina Lexa.

Clarke, telle une enfant prise la main dans le sac, et les joues en feu se cacha sous sa couverture, confirmant les dires de sa patronne.

- Détendez-vous Clarke, j'ai l'habitude qu'on me regarde. Bonne nuit.

- Bonne nuit Lexa.


Clarke se réveilla avant Lexa. Avec tout le travail qu'elle abattait tout le reste de l'année, la brune devait avoir besoin de sommeil. Doucement elle s'approcha d'elle et remarqua à quel point elle pouvait être mignonne lorsqu'elle dormait sur le ventre, la bouche entre-ouverte et les cheveux en bataille.

A cet instant Lexa Woodsen était une jeune femme comme les autres, une loque comme les autres à vrai dire, et un sourire taquin s'afficha sur le visage de Clarke. Tout doucement elle marcha jusqu'à son téléphone, le déverrouilla et le mit en mode photo. Un cliché de Lexa Woodsen en survêtement et complètement amorphe dans son lit pourrait valoir de l'or, même bien plus que ces 30 000$ qu'elle lui avait promit.

Clarke sentit son coeur s'arrêter de battre lorsque sa patronne se tourna en marmonnant des choses incompréhensibles. Si elle la surprenait téléphone à la main au dessus de sa tête,s'en était finit d'elle. Mais la brune ne se réveilla pas, Clarke regarda son visage à travers l'écran et la trouva extrêmement belle sans tout son maquillage, Lexa était une beauté naturelle. Comme subjuguée par cette image, la blonde ne pu se retenir de la capturer, Lexa Woodsen dormant comme un bébé, elle garderait ça jalousement pour elle.

Dans un geste prévenant qu'elle ne reconnu pas, elle saisit un des pans de la couverture et le réajusta sur le corps de la brune pour lui tenir chaud avant de quitter la chambre sans un bruit. Mais chassez le naturel, il revint au galop, et en bonne gossip girl qu'élle était, elle envoya la photo de son téléphone personnel au professionnel : deux exemplaires, c'était plus sûr si elle voulait la faire chanter un jour.

Il faisait un froid de canard dehors, et l'épais manteau qu'elle avait piqué à Lexa ne lui tenait pas bien chaud. Elle se demanda même comment Fluffy, le petit Loulou de Poméranie de la grand-mère de Lexa, faisait pour ne pas en porter alors que tout ses congénères New-Yorkais étaient à cette période de l'année vêtue des plus belles doudounes taille "canin".

- Saleté de réseau… marmonna-t-elle en tentant d'appeler Raven.

Alors que la tonalité se brouillait, Clarke remercia finalement le ciel lorsqu'elle entendit la voix de son amie à l'autre bout du fil.

- Rae !

- Yo Clarkie, bien tes petites vacances ?

- L'enfer.

- Comment ça l'enfer ? Ah je sais… ils ont réglé la température du jacuzzi sur 38.2 au lieu de 38.4…

- Très drôle Raven… Pour info je suis perdue au fin fond du cul de l'Alaska.

- L'Alaska ?! Qu'est-ce qu'il lui a pris ?

- Sa famille vit là-bas !

- Tu sais quoi ? Il y a du positif dans le négatif.

- Je ne crois pas non…

- Si ! Imagine Lexa Woodsen seulement vêtue d'un débardeur en train de couper du bois à l'aide d'une méga grosse hâche, son corps brûlant dégageant de la vapeur dans ce froid glacial…

- Il fait moins huit mille Raven, et mes doigts de pied sont actuellement en train de congeler à vrai dire… Alors je ne crois pas que Lexa se mettra en débardeur.

Alors que Raven lui donnait les dernières nouvelles de New-York, Clarke leva la tête apercevant qu'un aigle l'observait. Son cri déchira le silence paisible du début de matinée et l'oiseau piqua droit sur le petit chien de Mrs Woodsen qui jouait dans la neige.

- Ouais, hum, hum, écoute, là, Raven je suis dans la merde, un aigle me poursuit.

- T'as découvert le thé amérindien toi !

Clarke n'eut pas le temps de répondre que l'immense animal ralentit son vol, s'empara du petit chien de la grand-mère de Lexa et commença à l'emmener un peu plus loin entre ses serres.

- Lâche ce chien sale bête ! S'exclama Clarke alors qu'elle-même s'accrochait à la boule de poils.

- Clarke ? Clarke ? Appelait Raven de l'autre côté du fil.

Téléphone à la main, tentant de sauver le petit chien, l'aigle royal finit par lâcher la petite bête en emportant son téléphone.

- Non pas le téléphone ! Rends le moi ! Hurla-t-elle sur l'aigle, tiens ! Prend Fluffy allez !

Clarke tendit le chien en direction de l'aigle. Un échange nécessaire selon elle, le chien de la grand-mère contre son seul moyen de rester en contact avec New-York, le choix était vite fait. Mais l'oiseau n'en fit qu'à sa tête et s'envola au loin avec son téléphone.

- Qu'est-ce qu'elle fait ? Demanda Lexa à sa sœur en observant la scène par la fenêtre.

- Je crois qu'elle joue avec le chien de grand-mère… Elle est mignonne quand même.

- Clarke ne sortirait pas par moins dix, je vais voir ça.

- Putain fais chier ! S'exclama-t-elle complètement dépitée et en donnant des coups de pied dans le vide.

- Bien dormi ? Demanda Lexa, intriguée par le comportement de la blonde.

- Oh Lexa ! Vous tombez bien ! Un aigle est arrivé ! Il a voulu enlever Fluffy, j'ai voulu le sauver ! Et j'ai du échanger mon portable personnel contre lui ! Dit-elle d'une seule traite, finissant son histoire un peu essoufflée.

- Clarke ? Vous avez un peu forcé sur le rhum dans le lait de poule ?

- Non ! Mais je n'ai plus de téléphone… s'exclama la blonde complètement dépitée en donnant des petits coups de tête sur l'épaule de la brune.

- Au moins ce n'était pas le téléphone professionnel, je n'aurais pas supporté un nouveau caprice pour le dernier Iphone… Là… Ce n'est rien, venez dans mes bras, on nous observe par la fenêtre.

Clarke se laissa aller à l'étreinte, nichant sa tête au creux du cou de Lexa, profitant une nouvelle fois de la chaleur de son corps, et de cette tendresse parfaitement feinte. Son téléphone, sa vie toute entière reposait sûrement au fond du lac ou dans un nid, et elle avait bien besoin de ce câlin.

- Prenez moi dans vos bras, lui ordonna doucement la brune.

L'assistante n'y réfléchit pas à deux fois et s'exécuta, passant ses mains dans le blouson de Lexa, effleurant de ses doigts son ventre légèrement musclé avant de venir entourer sa taille et de la coller un peu plus à son corps.

- Voilà… Et on ira acheter un téléphone en ville, d'accord ? Mais aujourd'hui les filles vous ont prévu une petite sortie.

- D'accord… Et Lexa, ne profitez pas de ma détresse pour me donner un fougueux baiser, plaisanta Clarke.

- Mais ! Je… balbutia la brune les joues complètement en feu alors que son assistante venait de quitter son étreinte et s'éloignait d'elle un sourire taquin aux lèvres.