Bonjour à tous. Cette fois, voilà un nouveau chapitre du point d'un Edward Cullen, chamboulé.


4) Lima - Point de vue : Edward

Je l'entendis prononcer mot par mot, avec l'intonation identique, la phrase qui se répétait inlassablement dans sa tête.

- Aurais-tu perdu l'esprit, Alice !

La pression qu'exerçaient ses dents les unes sur les autres devait être suffisante pour créer un diamant à partir d'un morceau de charbon qu'on y aurait inséré.

- Non, Rose. Je suis tout ce qu'il y a de plus saine d'esprit.

Si son visage de lutin ne traduisait rien d'autre qu'une expression glaciale, nous autres savions que le choix des mots de Rosalie était offensant. Je ne me privai pas pour le lui faire savoir.

- Bien joué.

Nous nous affrontâmes quelques secondes qui me parurent une éternité. Son air buté cachait mal son incompréhension face à ma réaction. Une incompréhension qui se reflétait dans le regard des autres d'ailleurs. Que pouvais-je y faire ? Je n'étais pas sûr de me comprendre moi-même. La multitude de questions qui se bousculaient dans leur tête à tous me rappelaient sans mal l'absence de logique dont je faisais preuve ces jours-ci. Un comportement si éloigné du mien en temps normal.

Seulement, ces jours-ci pouvaient difficilement être qualifiés de « temps normal » pour ma famille. Pour la première fois, des secrets s'immisçaient entre nous. Je ne pouvais me faire à l'idée de mentir à mes frères et sœurs, et mes parents d'adoption. La raison avait beau être plus que légitime, je détestais ça. Je haïssais plus particulièrement la responsable de tous ces bouleversements.

- Et toi, tu ne dis rien, ragea de nouveau Rose à mon égard cette fois. Des espèces de « tueurs de vampire » vont pénétrer chez nous et ça t'es égal ! L'une d'entre eux a même attenté à ta vie ! Cette garce ! Ils ne sont pas dignes de confiance.

- Ce n'était qu'une réaction normale. Face… à mon manque de contrôle, je te l'ai déjà expliqué, non ? Et je te prierais de modérer tes paroles à son égard.

C'était une faiblesse que je pensais avoir laissé derrière moi, il y a des années. Depuis mon retour parmi les membres de ma famille, mon objectif était de suivre les pas quasi parfaits de mon père. Lui, ne flanchait pas à cause d'un appel du sang trop fort. Lui, savait résister. C'était donc possible, il me fallait trouver la force pour faire de même. J'en étais capable aussi.

Je haïssais admettre mes faiblesses, je haïssais admettre que son parfum avait eu suffisamment d'emprise sur moi pour que je lui cède. Je la haïssais ! Alors, pourquoi éprouvais-je le besoin irrépressible de la défendre ?

- Quelle hypocrite tu fais, murmura lentement Alice, dents serrées. Et Bree, alors ? Elle n'est pas l'une d'entre eux, par hasard ? Tu ne te prives pas en marques d'affection pour elle.

- Elle… est différente. Parce que…

- Oui, je t'en prie. Explique-nous en quoi !

La raison qui avait poussé Rose à la tendresse envers cette jeune fille était si profonde et si touchante, que j'aurai même préféré qu'Alice n'aborde pas ce thème, finalement. Même si l'aborder poussait Rose à se taire, à mon grand soulagement. Dans son esprit, Bree Tanner possédait tant de similitudes avec le nouveau-né d'une ancienne amie à elle, Véra. C'était la seule véritable amie de Rosalie, quand elle était humaine. C'était aussi la dernière qu'elle ait vu avant sa transformation en immortelle, avant le début de son infertilité. Elle avait été si jalouse et amère. En même temps, elle s'était tant attachée à cet enfant qui n'était pas d'elle.

Mais, c'était une explication qu'elle préférait garder pour elle. Elle perdit donc de son agressivité lorsqu'elle répondit à Alice.

- Elle ne leur ressemble aucunement. Elle ne représente pas de danger pour nous.

- Pour l'instant, intervint Jasper. Ça ne durera pas. Nous ne devons pas nous rapprocher des Phoenix, ils sont extrêmement dangereux.

Pour la première fois, Alice et lui se divisaient sur un sujet. Alors que ce dernier avait habituellement une confiance aveugle envers son âme sœur, il considérait le danger comme étant trop grand cette fois-ci. Il attendait une raison, une explication qui l'éclairerait sur l'intérêt soudain que portait Alice pour Isabella et son clan.

- Rose, reprit Jasper. Bree est jeune. D'après ce qu'elle t'a dit, elle a été transformée il y a quelques mois, pas plus. Ses capacités surnaturelles sont limitées ou inexistantes. A cause de cela, notre dégoût naturel pour sa race se fait moins ressentir envers elle. Mais, elle va changer. Nous devons garder nos distances sans tarder.

Jasper était, avec Carlisle, un des seuls de notre famille à avoir côtoyé ces créatures. En ce moment, tout le monde était suspendu à ses lèvres, attendant son témoignage. J'imaginais l'impatience de tous s'intensifier et lui, dut le ressentir, car aussitôt une vague de calme prodiguée par ses soins, se propagea dans la pièce.

- Peut-être devrais-tu nous dire à quoi nous attendre, proposa Carlisle. Ma rencontre avec eux a été si brève à Volterra. Je crains de ne pas vous apprendre grand-chose.

D'un mouvement de tête agacé, Jasper prit une inspiration inutile et débuta un récit que je rêvais (en entier) d'entendre depuis des d'années.

- Le massacre des Andes… s'est déroulé en l'an 1890 en pleine montagne. C'était la première fois que j'entendais parler d'eux. La première que je voyais l'un d'entre eux.

Désespéré par l'idée de replonger dans ce chapitre sombre de son existence, il prit la main d'Alice pour y en lasser ses doigts et plongea ses yeux dans les siens. Ce qu'il y trouva lui assez de force pour continuer.

« Le Sud des États-Unis a subi une importante période de conquête vampirique, comme vous le savez. Les territoires contenant le plus de sang… heu d'êtres-humain étaient prisés par une multitude de clans d'immortels qui se livraient des guerres sans merci.

Mes dernières années humaines ont été dédiées à la prise en charge d'un régiment de l'armée confédérée, où je m'y étais engagé à Houston, au Texas. Ma carrière militaire était prometteuse mais brève. Peu après, je rencontrai ma créatrice, Maria. Elle avait décelé des qualités de leader en moi et me transforma. Dès lors, je fus chargé de sa propre armée de vampires et de l'entrainement constant des nouveaux arrivants qu'elle me ramenait. La nature hargneuse et sauvage des nouveau-nés rendait ma tâche ardue mais puisqu'ils étaient le plus fort durant leur première année suivant leur transformation, le recrutement devait être continu.

Pendant que je m'évertuais à mater et à calmer les plus sauvages de la bande, elle, rêvait déjà de revenir en Amérique Latine, sa terre d'origine. De reconquérir sa ville natale où elle avait été évincée des années auparavant, par d'autres. Cependant, les guerres faisaient rage et attiraient l'attention des humains. Plus aucun d'entre eux ne croyaient qu'une épidémie était la cause de tous ces morts, de toutes ces disparitions inexpliquées et ils se doutaient que quelque chose de plus sinistre décimait leur population.

Évidemment, les Volturi ne tardèrent pas à envoyer une délégation chargée de mettre un terme à ces combats en abattant tous les vampires de la zone. Ils ont traqué chacun d'entre eux pendant des mois. Et Maria attendait simplement que cesse le nettoyage. Environ un an après l'arrivée des Italiens, nous sommes partis en direction de sa ville le plus discrètement possible. »

Fasciné, je regardai le film que constituaient ses souvenirs, au fil de ses paroles. Il avait complètement sombré dans son passé, m'entraînant avec lui.

- Les Italiens étaient déjà partis? demanda Emmett

- Nous le pensions.

- Comment ça ?

« Les Volturi avaient fait le ménage et étaient rentrés chez eux par la suite. Naturellement, nous pensions bien que le Sud était encore surveillé par leurs espions alors nous gardions profil bas. Mais, ce à quoi nous ne nous attendions pas, c'était à leur retour presque immédiat sur les lieux. A Lima, plus exactement. La seule zone non ravagée par les guerres de conquête. La terre que convoitait Maria.

J'ai bien cru qu'elle faisait une attaque cardiaque, si c'était possible, lorsqu'elle entendit dire que les Trois Frères arrivaient ici, aussi. Apparemment, une découverte avait valu qu'Aro, Caïus et Marcus sortent de leur forteresse et entament ce si long voyage. Et nous n'étions qu'à quelques kilomètres de leur lieu d'arrivée avec encore une fois, des « enfants » qui ne savaient pas se tenir et qui ne pouvaient s'empêcher de faire des « bêtises ». Certes, Lima était le but ultime de ma créatrice mais elle tenait à la vie par-dessus tout. »

Jazz déglutit.

« Alors, un à un, suivant ses ordres, j'ai dispersé les jeunes sur le territoire dans le but d'effectuer des missions sans importance. Et l'un après l'autre, j'ai regardé ceux à qui j'avais promis une nouvelle vie bien meilleure que la précédente, ceux que j'avais créé, formé… et aimé. Jusqu'à un certain point. L'un après l'autre, j'ai repris mes promesses. Et je les ai tous tué. »

Je vis des visages inconnus défiler dans l'esprit de Jasper, des personnalités douces comme les plus revêches, la plupart ayant su atteindre son cœur à un moment où un autre grâce à des qualités et des caractéristiques particulières. Des « jeunes » qui n'avaient rien demandé, mais qui avaient fini leur existence dans une guerre où ils n'avaient rien eu à y faire. J'eus mal, certes. Mais je devinai que ce n'était rien face au mal-être de mon frère. A l'horreur d'avoir dû trahir ses frères et sœurs d'arme, s'ajoutait l'effet pervers de son pouvoir qui lui avait fait ressentir toutes les dernières émotions des jeunes vampires proches de leur trépas. Un trépas qui leur serait donné par nul autre que celui qu'ils considéraient comme leur grand frère, leur guide. Leur père…

Surprise… Incompréhension... Colère. Rage ! Pitié... Désespoir… Résignation.

Encore et encore. Infiniment, ce schéma émotionnel se répétait pour chaque vampire tué.

Jasper effectuait de terribles efforts pour contrôler son don afin qu'il ne nous partage pas ce que ces victimes avaient pu ressentir mais était-ce si efficace ? Les traits tendus de son visage témoignaient de ces horreurs.

Je fis revenir Jasper parmi nous où un lourd silence s'était installé. Je lui touchai l'épaule, compatissant à sa douleur mais tout en lui faisant remarquer qu'à présent, il était entouré par une véritable famille qui l'aimait, sur qui il pouvait compter. Esmé aurait pleuré si elle le pouvait encore, telle qu'une mère l'aurait fait en voyant toutes les horreurs que son fils avait connues.

Un sourire fugace apparut sur ses trait lorsque la main d'Alice parcouru tendrement sa pommette. Il la prit et embrassa sa paume, comme si c'était la chose la plus précieuse au monde, avant de recouvrer son sérieux.

- Nous n'étions plus que deux, reprit-il d'une voix rauque.

« Nous pouvions donc aller et venir où bon nous semblait. Nous n'étions après tout qu'un simple couple profitant de leur immortalité. Surtout pas une menace pour qui quiconque. Nous allons juste retrouver des amis sur la montagne. C'était ce que racontait Maria à chaque immortel que l'on croisait. Aux limites de la ville, il ne nous a pas fallu longtemps pour que nous croisions un des témoins qui accompagnaient les Trois Frères Volturi dès qu'ils sortaient de Volterra.

Ce dernier nous indiqua leur arrivée imminente, quelques heures au plus. Ils devaient simplement aider à « préparer » le terrain pour leurs chefs. Nous nous trouvions à deux kilomètres à peine d'un hôtel coincé sous la neige. Les résidents satisferaient grandement le palais des Frères, après leur voyage. »

Carlisle bougea mal à l'aise. Il avait pourtant essayé de convaincre ses « amis » qu'une vie moins barbare, plus respectueuse de l'existence humaine était possible. Se nourrir exclusivement d'animaux, le régime que nous suivions tous ici présent. Mais, tous ses beaux discours et ses démonstrations n'avaient abouti qu'à son départ de Volterra vers le XVIe siècle.

- Désolé.

- Je t'en prie, Jasper. Continue.

« Deux jours plus tard, une délégation plus nombreuse encore que la première avançait vers la ville, menée de front par les Frères. Aro était impatient par tous les rapports qu'on lui avait faits. Et il ne fut pas déçu.

Sous la lumière très faible du soleil, il y avait des... sortes d'humains qui semblaient reluire à peine plus que d'autres. Ils possédaient l'arôme le plus charmant qui soit. Mais, ce qui réjouit Aro encore plus, ce fut ces étranges appendices brillants qui leur sortaient du dos. Ils étaient à peu près une centaine et évoluaient parmi les humains normaux, comme si de rien n'était. Lorsque nous revîmes à la nuit tombée, ils ne semblaient pas surpris de nous voir. Juste résignés. Certains… commencèrent même à pleurer. D'autres criaient et suppliaient vers le ciel nuageux. Aro s'avança :

- Paix, chers amis. Nous venons en paix.

Ce fut comme s'il n'avait rien dit. Les lamentations se firent plus bruyantes. Il s'approcha alors de l'un d'entre eux; une femme, me semblait-il, plus calme que les autres. Résignée. Fataliste. Il lui parla, se présentant à elle et lui promettant sécurité et abondance de retour en Italie. Elle, qui était restée immobile et silencieuse depuis notre arrivée, lui répondit en entamant une prière en portugais. Maria et moi, nous regardions deux autres répéter ce qu'elle disait. Puis ils furent dix à murmurer à l'unisson… Puis une cinquantaine… Tous. Tous sortirent une lame tranchante de leur linge large, provoquant des moqueries tout autour de nous. La garde personnelle d'Aro ne daigna même pas bouger : que pouvait faire une simple lame face à la peau d'un vampire ?

- Chers amis, je vous en prie. Inutile d'en arriver à de telles extrémités. Nous ne…

Mais, avant qu'il puisse continuer, les humains étranges s'enfoncèrent la lame dans le ventre. Les réactions ne se firent pas attendre : les rires cessèrent et une bonne partie de la garde et des témoins foncèrent sur eux, attirés par le sang et n'hésitant pas à mordre. Malgré les cris de rage d'Aro, ils se firent tous attaquer. Maria et moi eûmes du mal à nous contrôler, mais grâce à son instinct de survie surdéveloppé, elle arriva à me dissuader de les rejoindre aussi... »

- Comment, coupa une nouvelle fois Emmett.

- Elle m'envoya contre un arbre alentour et serra ma nuque de toutes ses forces, répondit mon frère en se grattant l'arrière du cou.

« Elle était folle de rage contre mon manque de retenue, elle me criait « Regarde ! Regarde ! ». Alors, je regardai. Et je vis… que peu importait le nombre de vampires qui buvait un seul de ces humains, celui-ci ne mourrait pas. Leur afflux de sang était sans limite. Ou alors était-ce leur sang qui les rassasiait plus efficacement qu'un autre ? Je commençai à comprendre pourquoi Aro voulait les ramener à Volterra, pourquoi il avait fait tout ce voyage,… Pourquoi il était fou de rage face au manque de contrôle de sa garde. Peu d'entre eux restait encore à nos côtés, suffisamment effrayés par leur maître pour tenter quoi que ce soit.

Ils avaient eu raison de craindre. Mais, le danger ne venait pas d'Aro. Un cri déchira de part en part le village silencieux où nous nous situions. C'était un des premiers qui avaient cédé au sang et qui se tordait de douleur, comme s'il était en feu. C'était comme s'il revivait sa transformation en vampire. Puis il y eut un autre cri, puis un autre. Aro réapparut aux côtés de ses frères pour observer.

- Quel gâchis.

- Ne sois pas si pessimiste, mon frère, fit Caïus. Ce n'étaient que des incapables. Nous avons une nouvelle chance de rebâtir une armée plus forte et plus efficace. Une fois que tous ces cris auront cessé.

Si Aro montrait sa fureur et sa déception, son autre frère semblait se délecter du spectacle. Bientôt, le village fut rempli de cris des vampires qui avaient bu, attirant sans difficulté l'attention des autres villageois qui devaient dormir. Des lumières commençaient à s'allumer ci et là dans les maisons environnantes.

- Regarde, me chuchota Maria de nouveau.

Et je les vis fondre. Littéralement. »

De nouveau, un silence. Je fus satisfait qu'Emmett ne lui ait pas demandé plus d'explications cette fois. Les souvenirs de Jasper étaient assez explicites. Effectivement, les membres des Volturi ayant plongé leurs dents dans le corps de ces êtres subissaient l'effet d'un puissant acide qui dévorait tout ce qui avait été en contact avec leur fluide rouge. Même une matière aussi dure et indestructible que la peau d'un vampire. Les victimes mordues ne mourraient pas mais observaient, impuissantes, leurs attaquants se décomposer sous leurs yeux : leur peau blanche ramollissait, des entailles et des fissures apparaissaient de part en d'autres de leur corps et de leur visage, relâchant un liquide rougeâtre; leurs membres tombaient et continuaient, de leur côté, à être dévorés par leur sang acide. Puis enfin, la tête se détachait du cou, et je frissonnai. Quel horrible façon de mourir. Était-ce ce à quoi j'avais échappé dans l'ascenseur avec cette fille ?

« Ils fondaient comme glace au soleil. »

Réalisant à quel point elle avait été proche de ne jamais rencontrer Jasper, et qu'elle devait sa survie à sa pire ennemie, Maria, Alice l'attira doucement contre elle. Avant de renforcer brusquement son étreinte. Elle essayait désespérément de chasser une autre vision : l'image de son unique amour, incapable de résister au sang de celle qu'elle considérait déjà comme une de ses plus proches amies. Sa meilleure amie. Bella. Combien de fois Alice avait-elle rencontré cette fille ? Et, elle l'aimait déjà tant que ça !

Je m'inquiétai aussi. Si Alice et elle étaient destinées à se rapprocher, qu'allait-il advenir de Jasper, lui qui peinait à supporter notre régime de végétarien ? Celui qui avait connu la vie à la dure et la sauvagerie des vampires ? Celui qui n'aurait pas hésité à tuer un être-humain à cause de la brûlure de sa gorge ? S'il avait été à ma place dans l'ascenseur, j'aurais définitivement perdu mon frère dans la pire des agonies.

« Ce n'est pas fini. Il ne restait à présent qu'une viscosité fumante de la plupart des vampires morts. C'est alors que les humains bizarres se mirent aussi à hurler. Pas de souffrance, mais de terreur. Ils voyaient au loin derrière nous, quelque danger qui nous était invisible. Et bientôt, nous les vîmes aussi: d'autres humains tout aussi étranges d'aspect, leurs semblables, mais au lieu de protubérances indistinctes sur le dos, ils avaient des ailes. Grandes, lumineuses et dorées. Elles étaient claires et presque transparentes… Magnifiques !… Ils marchaient silencieusement, passant à travers nous, à travers les arbres. Telle une armée fantomatique parfaitement synchronisée, ils s'arrêtèrent en un seul mouvement entre nos deux clans, faisant face à leurs semblables qui avaient été attaqués.

Je voulus tirer Maria, afin que nous fuyions ensemble mais elle refusa de bouger, choquée par la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Je vis apparaître diverses armes du côté des nouveaux arrivants, des armes dont ils ne tardèrent pas à se saisir : des lames, des filets, des haches, des flèches… Comme une ligne de mort, ils avancèrent en un éclair vers les survivants devant eux et rasèrent toute vie se trouvant sur leur passage. Les humains, tout comme les derniers vampires agonisants. Puis, je... les vis se tourner vers nous. Des paires d'yeux blancs nous méprisaient et je sus que nous étions les prochains. »

Si un humain nous avait regardé par la fenêtre de notre salon en ce moment, il nous aurait sûrement pris pour des statues extrêmement détaillées, exprimant leur angoisse à travers nos diverses positions ou les expressions de nos traits. Cet humain aurait probablement eut une crise cardiaque en voyant une de ces statues se mouvoir d'un coup et soupirer.

Jasper, les sourcils froncés, resserra sa prise autour de la taille d'Alice. Celle-ci, assise sur sa jambe, entourait son cou de ses bras et lui caressait de temps en temps les cheveux d'un geste tendre, essayant de lui apporter le plus de soutien possible. Elle finit par ramener son visage près du sien.

- Et ensuite ? dit-elle, hésitante.

« Un des mâles parla :

- Aro ? Vieil ami. Qu'il est bon de se retrouver. Beaucoup d'années sont passées depuis notre dernière rencontre.

- Qu'est-ce que... ?

Sa voix grave pénétrait mon esprit et résonnait fortement dans mon crane. Celui qui parlait n'avait pas ouvert la bouche une seule fois. Mais, je savais qu'elle provenait du seul mâle du groupe. Brun, les cheveux mi-longs, il tenait en sa main un filet et dans l'autre un long javelot argenté. Aro et Caïus étaient l'incarnation même du choc. Leurs protecteurs aussi hésitaient entre rester et fuir.

- Cela ? répondit-il à Aro, en désignant les cadavres de ses semblables. De simples nouveau-nés turbulents. Ils nous posaient problème.

- Clavius, s'avança Aro avec un sourire. Le temps a, certes, passé depuis notre dernière entrevue. J'espère que ce malencontreux incident n'affectera pas nos bonnes relations.

Le dit Clavius émit un rire.

- Si nos relations étaient si bonnes, pourquoi es-tu venu dans le seul but de faire des nôtres une réserve de sang personnelle ? Comme la dernière fois ?

Aro poussa une exclamation choquée, se tenant le cœur.

- Moi ! oserais-je …?

- Tu es un menteur, Aro, fit une voix féminine séduisante. N'apprendras-tu donc jamais de tes erreurs ?

La femelle à la gauche du mâle, montra ses longues canines en grand sourire menaçant. Sa longue tresse de cheveux auburn se balançait au rythme d'un vent inexistant. Dans son dos, un arc était accroché, tandis que sa main tenait la flèche dont elle s'était servie pour son massacre.

- Nous t'avons testé. Et tu as échoué.

- Néanmoins, Thérèse, reprit Clavius. Il nous a aidés à nous débarrasser de quelques éléments indésirables.

- Pardon ! s'exclama Caïus. Ils étaient déjà condamnés à mort ? Mais, dans ce cas…

J'observais l'expression des Frères Volturi changer face à ce qui pourrait bien être notre mort immédiate. Un flash de compréhension sur les traits d'Aro tandis que Caïus maitrisait comme il pouvait sa rage. Les membres de leur garde étaient effectivement en sous-effectif face à eux. Ils étaient une vingtaine; les Volturi restant, une dizaine. Sans compter la quinzaine de témoins qui en cas de bagarre, n'intervenaient jamais.

- Vous étiez là depuis le début…

- En effet, confirma la femme à Aro.

- Vous vouliez que mes gardes attaquent… Vous nous avez tendu un piège !

Amère, il se tourna vers les restes fumants de ses acolytes. Je devinais que certains d'entre eux avaient des dons exceptionnels. Que certains lui tenaient à cœur. Ces monstres n'avaient pas hésité à sacrifié leurs nouvelles recrues pour affaiblir les Volturi.

- Et maintenant ? demanda-t'-il en se tournant vers les bourreaux.

La mine sombre, il les vit s'effacer l'un après l'autre, d'abord leur arme, puis leurs ailes et finalement leur corps. Ils s'affrontèrent des yeux jusqu'au dernier moment. Lorsque vînt le tour de l'homme et de la femme de disparaître dans les airs, Clavius lui répondit d'un air narquois :

- Tu as volé les miens, je t'ai volé les tiens. Considérons-nous comme quittes.

- Les vampires ont bonne mémoire, repris Thérèse. Les Phoenix, aussi.

Je n'avais aucune idée de ce dont elle parlait. Leur histoire devait remonter à loin, ou alors, être extrêmement secrète. Je n'avais jamais entendu parler de ces créatures. Ces « Phoenix », ces drôles d'humains capables de combattre et de tuer les nôtres.

- Mais, inutile de nous garder rancune, continua-t'-elle. Vois le magnifique cadeau de dédommagement que nous vous laissons.

Son dernier mot résonnait encore tout autour de nous. Les humains, de véritables humains, cette fois-ci, étaient sortis de leur maison et venaient de voir plusieurs personnes disparaitre. L'incompréhension se lisait sur leur visage alors qu'ils s'approchaient lentement et je devinais leur triste sort. »

Je sentis le brusque sentiment de honte, d'humiliation qui s'empara de Jasper. Les autres aussi, probablement. Je devinai la suite, mais pouvais-je lui en vouloir ? Nous aurions tous fait la même chose.

- Alors, j'ai fuis, cracha-t-il indigné par lui-même. J'ai abandonné Maria et ses plans de conquête. J'ai laissé les Volturi s'occuper des témoins. Et j'ai couru pour ma santé, mon équilibre mental. J'en avais trop vu, je ne comprenais pas la moitié des choses dont j'avais été témoin. J'imaginais ces créatures tapis dans les cieux, me regardant courir avec leur expression cruelle, attendant le bon moment pour me tuer. Je ne me suis arrêté qu'à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, avant d'errer vers le Nord, ne sachant trop où aller.

- Jasper, intervint Carlisle. Tu as fait ce qu'il fallait.

- J'ai tellement honte.

- Tu n'as pas à avoir honte, fit Esmé avec tendresse. Que ce serait-il passé si tu avais passé une seconde de plus là-bas ? Tu ne serais peut-être pas là aujourd'hui, avec nous.

C'était une perspective qui lui déchirait le cœur, mais aussi celui d'Alice.

- Comment peut-on être sadique à ce point ? Ils ne sont pas venus aider ces gens qui se faisaient boire par les Volturi ! Ils n'ont rien fait pour les aider, au contraire. Ils sont pires que les Volturi. Ils ne sont pas dignes de confiance.

Il se sépara légèrement d'Alice et mit son visage à la même hauteur que le sien, saisissant son menton entre ses doigts :

- Tu m'entends ? répéta-t'-il doucement.

- Je comprends ton aversion pour eux. Mais, il est injuste de les juger tous par rapport aux actions d'une minorité. Je ne voudrais pas être considérée par rapport à ce que font les Volturi.

Dans son esprit, Alice rejouait la discussion qu'ils avaient eue dans un des restaurants du centre commercial de Port Angeles. Ils avaient même évoqué les relations entre Carlisle avec les Italiens, qu'ils haïssaient. Or, d'après la décision qui en était ressortie, une entente était possible entre nos deux familles.

Du reste, bien que je compatisse avec Jasper et que je comprenne ses craintes, je tentai d'associer l'image de la jeune femme frêle et douce de l'ascenseur avec les monstres dont il avait été témoin. Je pensais à la jeune femme recroquevillée qui m'avait fait perdre mes moyens dans cet ascenseur. J'avais pris sur moi pour la consoler, lui parler, lui demander les raisons de son tourment afin de les effacer un à un, tel que le voulait la bienséance, autrefois. Tel qu'un homme se devait de le faire face à une femme en détresse : prendre sur son temps et lui adresser des mots de réconfort.

Hélas, je m'étais laissé surprendre, chose qui n'était pas arrivée depuis… Chose qui n'était jamais arrivée. La sorcière ! Elle ne m'avait laissé aucune chance. Naïf, je n'avais rien soupçonné lorsque sa cascade de cheveux noirs s'était écartée pour laisser apparaître son visage en forme de cœur. Elle avait alors levé les yeux vers moi… Et les mots m'étaient restés en travers de la gorge.

Je ne me reconnaissais plus.

Bien sûr, les événements suivants auraient dû retenir mon attention tout autant, sinon plus:

Elle était celle qui m'avait attaqué et tenté de me blesser…

Celle, qui s'était transformée en une fraction de seconde, juste en face de moi…

Celle dont le marron doux constituant ses yeux avait transité en une teinte blanchâtre effrayante et menaçante, comme dans les souvenirs de mon frère. Celle, qui précédemment semblait perdue et désemparée, avait muté brusquement en une traqueuse experte et avide, ne désirant autre chose que ma mise à mort. Et quelques minutes plus tard,… Voilà qu'elle me laissait la vie sauve.

Cette femme aurait pu devenir ma délivrance, la clé de sortie d'une existence que je n'aurais pas souhaitée à mon pire ennemi. Elle m'avait fait espérer. Elle m'avait fait entrevoir la lumière au bout du tunnel. Puis, lâchement, cruellement, elle avait repris cette lueur d'espoir et l'avait éteinte, me laissant croupir une fois de plus sous le poids d'une amertume perpétuelle.

Si j'avais des raisons de la craindre, j'avais encore plus de raisons de la haïr.

« Mon Dieu… Qu'en serait-il advenu de nous si elle avait choisi d'exécuter Edward…mon Edward… Mort… »

J'encaissai les pensées d'Esmé et le gémissement qui suivit, telle une gifle. Quoique... Une gifle n'aurait pas été aussi douloureuse. Toutefois, l'effet provoqué était à des années-lumière des intentions de son auteure.

Le menton reposant sur ses mains jointes, elle semblait perdue dans un monde atroce où un seul de ses fils ne serait plus. Frissonnant, elle remerciait silencieusement cette fille de ne pas avoir cédé à l'impulsion qui m'aurait arraché à elle. Elle remerciait celle qui appartenait au camp ennemi! Ravalant ma stupéfaction, je finis par me lever, me poster derrière elle et la serrer contre moi. Suite à cela, j'entendis avec soulagement ses mauvaises pensées s'

J'aurais été parmi les premiers à émasculer celui qui oserait blesser intentionnellement une personnalité aussi pure et tendre que celle d'Esmé. Je n'aurai donc pas dû garder autant de rancune suite au geste de pitié de cette fille. Mais, il en était ainsi. J'étais devenu illogique alors qu'auparavant, je ne vivais que pour la cohérence et la stabilité. Le fardeau qui me permettait l'accès aux pensées d'autrui me confortait dans cet état d'esprit : Humain, j'avais été assez sensible aux autres pour cerner une personne, même sans en connaître les pensées. A présent, lire quelqu'un, le connaitre et ensuite prévoir ses réactions m'étaient d'une facilité déconcertante. Cependant, même cet aspect réconfortant de mon existence, il fallait qu'elle me l'arrache ! Elle m'interdisait l'accès à ses pensées.

Je grognai, agacé, provoquant l'air interrogateur de ma mère. Et la confusion de tout le monde d'ailleurs.

Je les comprenais après tout. Depuis cette rencontre fatidique, je n'étais que le reflet de moi-même pour autrui et total un étranger me concernant. Cette constatation ne m'aida pas à calmer mon ressentiment envers elle. Loin de là. Ce démon, au visage d'ange, tout droit sorti de mon enfer personnel, se faisait comme but existentiel de bouleverser le moindre élément qui rendait ma vie un tant soit peu plus tolérable.

- Eux, ont pourtant accepté de nous laisser une chance, entendis-je Alice affirmer, au loin. Je doute que nous soyons les premiers vampires qu'ils croisent et jusqu'à maintenant… ils nous ont laissé le bénéfice du doute. Ils nous ont laissé leur prouver que nous étions différents.

Ah, ainsi son bouleversement dans l'ascenseur était dû à cela ? Au comportement plus qu'inhabituel que nous observions tous ?

Bien sûr, la fille avait dû croiser des représentants de notre espèce, moins aptes à refréner leurs instincts meurtriers. Elle les avait sûrement vus à l'œuvre, sûrement même les avait-elle traqués puis tués comme le pensait Alice… Les habitudes de ma famille avaient dû lui paraître incompréhensibles, contre-nature même. L'expression figée qu'elle nous lançait dans le parking du lycée, prit d'un coup tout son sens. Elle ne cherchait peut-être pas un plan d'attaque comme je le pensais.

Comment mes frères et sœurs ainsi que moi-même, pouvions partager des heures de cours, enfermés avec des humains dans des salles de classe, sans provoquer au moins un meurtre ? Comment pouvions-nous parler à Bree comme à toute autre personne sans chercher à lui faire du mal, malgré son parfum envoutant ? Et je n'imaginai même pas l'effet que Carlisle avait dû avoir sur elle. Même les autres de notre espèce auraient eu du mal à le croire s'ils voyaient le Dr Cullen, chirurgien renommé, à l'œuvre face au sang humain.

Ah ! Je souris, malgré moi. C'était certes mesquin, mais je ne pus m'en empêcher.

- Ca y est ! Il a pété les plombs !

Emmett leva les bras au ciel de manière théâtrale, en parlant de moi. Ayant toujours le mot pour rire, je détectai malgré cela une certaine inquiétude, partagée par tous.

- Edward, me sollicita Carlisle, aurais-tu l'amabilité de nous faire partager tes réflexions ?

« Je t'en prie, Fils. Quel est la raison de ce comportement ? » Pensa-t'-il presque désespéré. Au même moment, il me rejouait mes différentes expressions faciales qu'il avait observées jusque-là : angoisse, colère, insolence, joie. La remarque d'Emmett me semblait justifiée, d'un coup. Gêné, je m'obligeai à leur dire l'information capitale qui provoquerait la stupéfaction générale.

- Je n'arrive pas à savoir ce qu'elle pense. Et cela me frustre au plus haut point.

Bien entendu, un long silence suivit cette déclaration. Je les laissai digérer.

- Mais, une seconde, intervint Rosalie abasourdie. Tu es pourtant capable de lire les pensées de Bree ? Et celles des autres ?

- Il n'y a qu'elle ! m'emportai-je, puis continuai plus calmement. Il n'y a qu'elle qui me pose problème. Cette… fille….

Ce…démon !

- Isabella, informa Carlisle, toujours surpris par mon attitude.

- Peu importe…

- C'est étrange, en effet, en conclut Alice. Ils doivent avoir des dons tout comme nous. Pour ma part, je n'ai pas de mal à prévoir leur comportement.

- Ouais, bon bref, coupa Rose. Que faisons-nous ? D'après ce que j'ai compris, ils vont venir nous voir, c'est ça ? Parce que l'autre…

- Isabella…

- Parce qu'Isabella, reprit-elle, dent serrées, n'est toujours pas revenue de ses vacances improvisées. Ils vont venir nous demander des comptes ? Pour savoir s'il l'a blessé ?

Elle se tourna d'un coup vers moi, inquiète, les imaginant en train de me faire du mal. J'en fus touché. Ma sœur et moi n'avions jamais été très proches, pourtant, en s'imaginant décapiter tous ceux qui oseraient s'en prendre à moi, elle faisait naître un élan de tendresse en moi.

L'attitude stressante de Rose contrastait avec la désinvolture d'Alice. Ayant vu ce qu'elle avait vu, j'étais tout aussi calme qu'elle. Carlisle et Esmé se basaient sur nos traits pour savoir s'ils devaient s'inquiéter ou non. Enfin, Jasper et Emmett étaient surexcités. Le premier réfléchissait déjà à une stratégie de combat pour protéger Alice et le reste de notre famille. L'autre voulait simplement se mesurer à celle qui avait osé me défier.

« Donc Eddy s'est laissé troublé parce qu'il ne lisait pas ses pensées. Ah ! Qu'elle se ramène, alors, cette traqueuse ! Je vais lui montrer comment un VRAI vampire se bat ! »

Je levai les yeux au ciel.

- Non, répondit Alice à Rose, les yeux perdus dans le vide. Apparemment, ils souhaitent discuter de notre cohabitation.

Elle scruta le futur encore quelques instants avant de revenir à nous en secouant brusquement la tête, son air jovial de retour.

- Ils viendront en voiture…

- Ne savent-ils donc pas voler ? remarqua Rose, sarcastique.

- Une voiture, c'est bruyant, répondit Jasper surpris. On l'entendrait à des kilomètres.

- Ils veulent ainsi nous montrer qu'ils viennent sans danger, conclut Carlisle.

Celui-ci hocha la tête, de moins en moins nerveux. Quant à Jasper, lui aussi se calmait suite à la prévision d'Alice. Il mit en pause ses stratégies et essaya de les imaginer ici, avec nous.

« Nous… cohabitant avec eux ? » Pensa-t' il dépité. « Est-ce possible ? »

- Concernant Isabella, pas de quoi s'en faire. Elle sera de retour dans deux jours à l'aéroport. Le mieux serait que nous soyons réunis tous ensemble.

Un mois d'absence, me dis-je en me sentant sourire de nouveau. C'était ce qu'il fallait à Isabella pour se remettre d'une rencontre avec ma famille ? La pauvre ! Je lâchai un rire cette fois, en tout en faisant signe aux autres de ne pas se préoccuper de moi. J'ignorai les traits préoccupés de Carlisle. S'il savait que les émois de cette fille étaient la cause de ma bonne humeur, son étonnement se transformerait en reproche. Car,... Comment! Lui aussi semblait s'être attaché à elle?… Oh pitié !

- Es-tu sûr de toi, Alice ?

- Parfaitement, Esmé. Tout se passera bien.

- Enfin, fit Emmett en se tordant les mains. J'ai hâte de rencontrer la fameuse Isabella. On va voir si elle est si coriace que ça !

D'un coup, j'entrevis l'image qu'il se forgeait d'elle. Si éloignée de la réalité. Grande, élancée, musclée peut-être, incroyablement forte et robuste. Du moins suffisamment pour me résister.

Ma bonne humeur s'évanouit. Dans deux jours, je serais la cible de ses moqueries incessantes.


Oh... Pauvre Edward!

Alors, ça vous a plu ?