Bonjour à tous! Je vous remercie pour vos reviews, elles font chaud au cœur.
Voilà un nouveau chapitre sur les aventures de Bella. J'espère que ça vous plaira.
7) Intrusion
Je coupai le contact, la mine sombre et fixai un point invisible de mon pare-brise. Encore une fois, j'étais déstabilisée par le comportement anormal de ce « vampire », faute d'un meilleur terme pouvant le qualifier. Cependant, je me sentais mieux vis-à-vis de moi-même. J'étais contente d'avoir pu déceler en Edward suffisamment de conscience pour lui épargner la mort, quelques semaines plus tôt. Je n'étais pas qu'une « chasseresse » ou « tueuse de vampires » sans âme, comme Mike se plaisait à le croire. J'avais conservé une once de compassion en moi.
Je marchai jusqu'à ma résidence, sous une nuit noire, essayant de me détendre grâce au calme et au fond sonore que produisaient mes voisins qui se préparaient à leurs activités nocturnes. La cage d'escalier étant vide, je bondis, dépassant mon palier et atterris sur celui de Jane. Moins d'une seconde après, sa porte s'ouvrit et un inconnu en sortit. C'était juste ! Le grand châtain ralentit et ne se priva pas pour me reluquer de haut en bas. Son minable sourire carnassier ne fit qu'accentuer ma mine revêche.
- Bonsoir, Chérie. C'est quoi ton petit nom ? (Il approcha son visage) Moi, c'est James.
- Moi ? Pas intéressée.
- Fiche-lui la paix, ordonna sèchement Jane restée dans l'encadrement de sa porte.
Le dit James n'avait pas aimé ma réponse et son visage avait revêtu un air plus menaçant. À contrecœur, il m'ignora et lança un clin d'œil à ma charmante voisine, avant de disparaître dans les escaliers derrière moi. Beurk… même la trace olfactive qui le suivait me repoussait : un savoureux mélange de cigarette et d'alcool bon marché.
- Tu m'avais habituée à beaucoup mieux que ça. Je suis déçue.
- Tu ne l'aimes pas ? demanda-t'-elle faussement surprise. C'est dommage, tu viens juste de rencontrer notre concierge remplaçant.
Je la suivis dans son appartement et refermai derrière moi. Elle sourit en entendant le juron que je lâchai.
- Eww… Lui ?
- Hum hum, répondit-elle en hochant la tête. Il est passé jeter un coup d'œil à mon disjoncteur pour des réglages, soi-disant. Il va sûrement passer chez toi un de ces jours, vu que tu n'étais pas là tout à l'heure.
- Tu semblais bien le connaitre, pourtant, murmurais-je agacée de devoir le laisser entrer chez moi.
- Il n'a pas arrêté ses œillades et ses allusions perverses. Il a dû remarquer les mecs qui allaient et venaient chez moi, depuis une semaines. Au fait, on ne t'a pas trop dérangé, hier soir ?
À ton avis ?
- Non, ne t'en fais pas pour ça. J'ai quand même réussi à dormir.
Heureusement que Bree avait passé la nuit chez Maggie. Il était inutile qu'elle reçoive un cours d'éducation sexuelle de ce genre. Jane alluma la télé et s'installa sur son canapé. Je la suivis en silence, la tête ailleurs.
J'appréciais la façon que Jane avait de diminuer son état de stress, avec d'autres hommes. Tout comme Mike le faisait avec d'autres femmes. J'avais admis être jalouse de la facilité qu'ils avaient de se lier aux autres, voire de se donner à eux. Je m'étais demandé si un jour, mon tour viendrait. Que se passerait-il si c'était le cas ? Est-ce que je développerais soudainement une envie soudaine pour une personne particulière ? Ou bien est-ce que je serais capable de me lâcher avec n'importe quel inconnu ?
- Tu veux en parler ?
- Non, répondis-je trop brusquement. Heu... Je veux dire…
Elle était, certes, l'une des rares personnes avec qui j'aurai abordé ce sujet. Cependant, je n'avais pas vraiment envie de débattre de ma vie sexuelle (ou de son inexistence) en ce moment.
- T'as encore fais un mauvais rêve cette nuit, affirma-t'-elle d'un ton calme. Je t'ai entendu parler dans ton sommeil. Et je t'ai entendu sangloter, ce matin.
Mon embarras bloqua toute tentative de réponse. Je me contentai d'éviter son regard. Je n'avais pas cru être aussi bruyante, ce matin.
Je m'attendais à ce que mon état de dépression revienne. Mes derniers souvenirs de ma vie humaine me marqueraient à jamais : ils étaient la source de mon manque de contact avec le sexe opposé… ils étaient la cause de ma peur de souffrir, de mon manque de confiance en moi, de mon détachement envers les autres, parfois même envers les autres membres de ma propre famille...
Mais, j'affichai une expression indifférente lorsque je me tournai de nouveau vers Jane, comme si la perspective de parcourir l'éternité seule n'avait aucune importance. Après tout, mieux valait rester seule que d'être considérée comme un poids ou un boulet par celui qu'on aimait. N'est-ce pas ?
Dans un coin de ma tête, deux yeux marron-clair me méprisaient et tentaient par tous les moyens de me submerger par mes mauvais souvenirs. Des images directement extraites de mes cauchemars de la nuit dernière tentaient de me ramener une vingtaine d'années plus tôt, lorsque j'étais encore humaine. Ces yeux-là me rappelaient la façon dont il serrait ma gorge, la façon dont il me cognait aux murs, sa façon hargneuse ou indifférente de me parler. Oui, ce qui blessait le plus, c'était de ne pas compter pour lui. C'était de savoir que je pouvais mourir d'un instant à l'autre, il n'en aurait rien à faire. Je me souvenais aussi de la peur, la peur constante et effroyable de voir sa maîtrise de lui-même s'affaiblir de jour en jour et disparaisse soudainement pour mettre ses menaces à exécution.
Ces yeux-là me terrorisaient toujours, en fond de moi. Ils me rappelaient d'autres yeux d'une certaine couleur dorée, ceux d'un immortel dont j'avais aussi failli détruire la vie. J'avais faillis détruire l'existence d'une créature aussi exceptionnelle qu'Edward, comme j'avais brisé la vie prometteuse de celui que j'avais aimé, autrefois : Raj.
Cette indifférence, cette haine… Ce dédain, je les méritais amplement.
- Tu sais ce qu'il te faut ? demanda malicieuse Jane, un sourire en coin
Oh, non. Pitié… Quand elle prenait ces airs-là, je savais que rien de bon n'en ressortirait.
- Un homme !
Qu'est-ce que je disais…
Je retins une exclamation agacée. Ou peut-être se voulait-elle désespérée.
- Bella, il faut que ça cesse. Tu es beaucoup trop attirante pour te murer dans un célibat éternel ! Il est temps que tu passes à autre chose. Je pensais que tu aurais au moins pris le temps durant ton voyage pour y réfléchir.
- J'y ai réfléchi.
Et j'en avais conclus que je ne méritais pas un centième de tout ce qu'elle, Mike, Tyler et Charlie m'avaient offert : une famille, de l'amour, la sécurité. Alors, comment pourrais-je me sentir digne de l'amour d'une autre personne ?
Je la vis se pencher et prendre un prospectus sur la table basse devant nous. Les tons noirs et blancs du papier, très simples, m'étaient familiers. Je l'avais déjà vu à l'hôpital sans vraiment y prêter attention. Levant les yeux au ciel, je me demandai si elle plaisantait.
« Groupe d'entraide mutuelle pour femme battue » puis-je lire. « Rejoignez-nous et partagez votre expérience. Soyez à l'écoute d'autres personnes dans votre cas et d'un psychologue qui saura vous aider à traverser cette épreuve. »
- Ça ne m'intéresse pas, déclarais-je. Je n'ai aucune envie d'aller parler à des inconnus de ma vie.
- Des inconnues qui traversent probablement la même chose que toi. Rien ne t'oblige à parler, après tout. Tu y vas, tu regardes comment ça se passe. Et si ça ne te plait pas, je ne forcerai pas à y retourner.
À peine convaincue, je pris le bout de papier. Les séances avaient lieu dans l'hôpital où une petite salle serait réservée. Après tout, il fallait bien commencer quelque part.
- Si je décidais d'y aller, tu… Tu viendrais avec moi ?
- Oui, Bella, assura-t'-elle. Je serai là aussi longtemps que tu le voudras. Ensuite, il y a un autre problème que nous pourrions régler et ce, rapidement.
- Ah, oui ? Lequel ?
Elle tourna ses yeux noirs et sévères vers moi.
- Tu vas dire à Mike de te ficher la paix, une bonne fois pour toutes !
Je souris malgré le malaise qui s'emparait de moi. Repousser Mike ? Mouais, plus facile à dire qu'à faire.
- Je ne veux pas être désagréable avec lui. Je lui dois beaucoup.
- Ce n'est pas une raison pour te harceler. Il n'arrivera jamais à accepter tes refus, sauf s'il te voit sortir avec d'autres hommes.
Heureusement pour son tapis, les immortels ne pouvaient pas devenir malades,... Auquel cas, j'aurai été à genou, à calmer mes haut-le-cœur. Rien ne m'inquiétait plus que ça.
- Ne fais pas cette tête ! Je resterai avec toi. Il faut simplement que tu reprennes confiance et que tu sois de nouveau confortable avec la proximité de quelqu'un.
Je ne me souvins pas d'une seule fois où cela avait été le cas. Enfant, je jouais souvent avec mes voisins, c'est ainsi que j'avais connu Raj, et en étais tombée amoureuse. Par la suite, durant ma vie humaine, mes contacts sociaux avec le sexe opposé avaient été très limités. Du moins, jusqu'à mon mariage. Ma vie d'immortelle a simplement été une continuité de ce que je vivais avant.
- Ok, fis-je faiblement.
- On va s'amuser, je te le promets, affirma-t'-elle, avec un clin d'œil.
Le plan de Jane suffit à faire revenir mon état de stress.
- Qu'y a-t'-il ?
- Rien, mentis-je en affichant un pauvre sourire. J'imaginais simplement… ce que ça ferait. D'être intime avec quelqu'un.
- C'est plus qu'agréable, répondit Jane en réfléchissant. Quoique non, c'est plus que ça. C'est libérateur, c'est fort, si puissant. Etre connecté à une autre personne, c'est presque magique. Même un être-humain est capable de faire ressentir tant de choses ! Je ne suis même pas sûre qu'un couple d'humains soit au courant de leur pouvoir, de l'énergie qu'ils partagent mutuellement.
- Le transfert ? Les humains sont capables de faire ça ?
- Assurément, Bella. Il suffit de trouver la bonne personne.
La bonne… Ou les bonnes personnes ? Cela semblait si facile pour elle.
- Je vois que tes choix sont illimités.
- Disons que je ne suis pas très difficile, conclut-elle d'air narquois. Il n'y a rien de mal à ça.
Non, en effet.
J'eus toute la journée pour décompresser et y réfléchir, cependant. Notre résidence possédait une cour intérieure composée d'un grand espace vert, qui menait plus loin vers la forêt. Habituellement, un ou deux enfants allaient y jouer. Mais, à ma plus grande surprise, le parc resta vide. J'en profitai pour prendre une couverture, mes lunettes, un livre et mon portable afin de profiter d'une journée ensoleillée extrêmement rare.
Je tentai tant bien que mal de me perdre dans l'Angleterre du 18e et 19e siècle. Mais, même un récit aussi drôle et passionnant qu'« Orgueil et Préjugés » ne parvint pas à retenir mon attention plus d'une minute.
Je m'allongeai sur le dos, faisant face à un soleil toujours aussi agité. D'autres tempêtes secouaient sa surface, je le ressentais au plus profond de moi. Malgré tout, son rayonnement me faisait le plus grand bien. Je fis en sorte que mes jambes nues profitent de la lumière en les remontant, l'une après l'autre. Je ne regrettai pas d'avoir mis ce short. Le soleil prenait plus de temps à me nourrir que l'énergie vital de mes proies vampires mais de minute en minute, je sentais ma forme s'intensifier. Au bout d'un moment, mes maux de tête s'effacèrent et j'eus tout le loisir de réfléchir.
Un jeune homme blond, à la carrure élancée apparut derrière mes paupières. La manière dont il plissait ses yeux gris, cachés derrière quelques mèches rebelles, avait su séduire plus d'une jeune fille, humaine ou autre. Sa galanterie d'un ancien temps faisait tout son charme et ramenait au siècle où il était d'usage de courtiser les jeunes filles. Sauf qu'au siècle actuel, il était plus facile d'avoir ce que l'on attendait d'elles, et Mike ne s'en privait pas.
J'avais longtemps espéré n'être rien de plus qu'un défi à relever parmi son défilé constant de jolies jeunes filles. J'espérais que ce n'était pas une autre tactique pour me rendre jalouse. Auquel cas, il aurait dû se rendre compte de l'échec évident d'une telle entreprise. Mais, j'occultai les raisons qui le poussaient à agir ainsi pour l'instant et me concentrai sur les miennes.
Je devrai d'abord m'excuser et reconnaître ma faute dans l'installation de cette situation : dès mon apparition dans le monde immortel, j'avais déclenché une quelconque raison le désir d'autres chefs de groupe de me voir parmi les leurs : soit en tant que combattante ou … en tant que compagne. La disparition de mon créateur, Charlie, avait bien sûr fait empirer la situation. Je m'étais donc servie de Mike comme d'un repoussoir, feignant à la longue une relation qui n'existait pas. Il m'arrivait de le faire encore or il fallait que cela cesse. Je voulais ma liberté. Quel meilleur mot que celui-ci ?
Ensuite, que dire d'autre ? Que j'étais prête à… « Passer à autre chose » comme l'avait dit Jane. À laisser mon passé définitivement derrière moi. Et ainsi, profiter pleinement de ma nouvelle vie.
Les derniers arguments me semblaient bancals, je passais encore quelques minutes à réfléchir dessus. Après tout, était-ce si important ? L'amour et l'attention que me prodiguait ma famille me suffisait. Qu'est-ce qu'un autre homme pouvait bien m'apporter, à part des soucis supplémentaires ? De l'amour ? J'en avais. De l'attention ? Ça aussi…
« Du sexe » murmura la voix de Jane dans un coin de ma tête.
Du sexe ?... Oui. Je l'admettais, j'étais envieuse de Jane et de sa facilité à entamer ses relations avec une personne.
Je tentai de m'imaginer, avec un autre homme, de manière intime. Moi, sortant avec lui, riant avec lui, allant au cinéma. Lui me prenant dans ses bras et m'embrassant langoureusement. Mes lèvres, ma mâchoire, mon cou, sa main fourrageant mes cheveux et mes mains plongées dans ses mèches douces et cuivrées. De mon cou, sa bouche tracerait lentement un chemin humide de plus en plus bas. Peut-être me dirait-il, de sa voix de velours, qu'il m'aime et me désire intensément. Peut-être aimerait-il me faire gémir, affirmant qu'il adorerait m'entendre murmurer son nom ainsi. Peut-être que ressentirai-je enfin ce dont j'avais été trop longtemps témoin. Je pourrais être la femme la plus heureuse du monde, tandis que je succomberais à une folie douce, sous ses longs coups de rein sensuels... Est-ce que je serais capable de l'aimer ? D'en être amoureuse ? Peut-être me ferait-il comprendre au beau milieu de nos ébats que…
« Moi, t'aimer ! Tu as gâché ma vie... » « Je regrette chaque jour de t'avoir rencontré et je le regretterai probablement jusqu'à la fin de mes jours. » « Je veux que ce soit clair entre nous, tu ne m'inspire aucun désir. Je te touche par devoir conjugal, uniquement. »
Je me redressai brusquement, ma tête entre mes mains, mon sourire définitivement disparu. Cela pouvait-il m'arriver… Encore ?
Puis je me rendis compte. Quelque chose avait vraiment éveillé mes sens. Me relevant, je scrutai les environs, mon ouïe élargie au maximum. J'analysai lentement les recoins plus sombres de la forêt me faisant face à plusieurs centaines de mètres. Sans la quitter du regard, je pris mes affaires et revins vers mon bâtiment.
Le bruit habituel de la vie humaine m'atteignit lorsque je refermai la porte d'accès du rez-de-chaussée: l'atmosphère était pesante et la sensation d'être épiée ne me quittait pas. C'était plus que désagréable. Mes pas, pourtant extrêmement souples, me semblaient beaucoup trop bruyants tandis que j'entamais mon ascension dans les escaliers. Le premier palier fut rempli de bruits divers provoqués par les vies humaines qui se déroulaient derrière les portes closes. J'entendais d'autres pas, des conversations, la télévision ou la radio peut-être. Rien n'indiquait un quelconque danger.
Je m'attaquai à la seconde volée de marches. Plus l'endroit semblait calme, plus mes sens s'intensifiaient. Au-dessus de moi, l'appartement de Jane semblait vide. Normale, elle était partie travailler tôt ce matin. Ma voisine de droite aussi semblait avoir déserté ses quartiers. Mon autre voisin allait et venait. Un courant d'air s'infiltra sous ma porte, ramenant avec lui un effluve inconnue. Quelqu'un était chez moi.
J'accueillis volontiers la douleur remontant du bas de mon dos à la base de mon cou et ouvrit brusquement la porte. Elle s'écrasa contre le mur, surprenant l'homme à l'intérieur.
- Heu… Bonjour ?
C'était le type d'hier soir. James. Debout près d'un boitier blanc accroché au mur, muni d'un stylo et d'une feuille, il me considéra un instant, troublé par ma rage. Je l'ignorai royalement. Il y avait un autre parfum que celui du nouveau concierge, un parfum qui n'était pas humain. Un des nôtres était entré chez moi. Une fureur noire m'envahit. M'avaient-ils enfin retrouvé ?
- Je suis juste venu pour le disjoncteur. Je fais mes vérifs et je me casse. Donc, du calme, OK ?
- Quelqu'un d'autre à part vous est-il entré ici ?
Mon expression ne l'aida pas à répondre plus vite. Je tentai donc de me calmer et répétai ma question.
- Non… Enfin, quand je suis arrivé, ton appart était vide. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé avant.
- Ça fait combien de temps que vous êtes là ?
- Dix heu... Quinze….Minutes. Ou vingt. Si tu veux, je peux revenir après.
- Non. Non, faites ce que vous avez à faire.
Je refermai derrière moi et parcouru lentement mon chez-moi. Je fis attention à une touffe du tapis rouge bordeaux dérangé de quelques millimètres je repérai deux de mes livres qu'on avait intervertis je prêtai attention à la chaise rangée à sa place mais dont le rembourrage s'était affaissé…Tous ces détails respiraient l'odeur de l'inconnu et non, de James. Décidément, celui-là n'était pas très discret. Ou peut-être voulait-il que je sois au courant de sa visite ?
J'allai dans ma chambre. Rien de dérangé, rien de différent sauf un bout de papier arraché, posé sur mon lit. Je me laissai encore quelques secondes pour faire l'inventaire d'autres détails manquants ou dérangés : rien d'autre. Je pris le papier froissé, provenant d'un de mes livres. Par-dessus les lettres tapées du roman, je pouvais lire :
Comme tu es belle, au soleil.
Un bruit. Je sursautai. James avait toqué, m'indiquant qu'il était prêt à partir.
- Heu, oui, oui. Très bien. Je vous raccompagne.
Il était plus que temps qu'il s'en aille, de toute façon.
Plus tard, nous étions tous réunis chez moi. Mike, Jane, Bree, Tyler et Maggie. Tous inspectèrent mon appartement et le message laissé. Je n'avais touché à rien d'autre. Je ne voulais pas masquer des indices qui auraient pu se révéler utiles. Je les laissai parler sans intervenir. Un avis différent du mien m'intéressait mais peu à peu, ils en vinrent à la même conclusion que moi :
- Est-ce que Bella est en danger ? s'exclama Bree, me resserrant contre elle. On déménage maintenant ?
- Bella n'était pas la cible, répondit Mike. Cette personne a dû suivre ta trace. Déménager, c'est ce qu'il y a de mieux à faire.
- Non.
Toutes les têtes se tournèrent vers moi. Face à leur surprise, je ne montrai que ma détermination.
- Celui…ou celle qui est entré(e) chez moi est probablement en train de nous observer en ce moment-même. Il ou elle nous suivra où qu'on aille. De plus, le semer efficacement reviendrait à se séparer, or c'est probablement ce qu'il ou elle attend.
- Hé bien, il suffit de…
- Deuxièmement, seuls quatre d'entre nous ont appris à traquer une personne à partir d'un objet ou d'un parfum. Tyler, Jane, Mike et moi pourrions aisément semer l'intrus, vu que nous connaissons les techniques de base, mais nous ne pourrons pas cacher tout le monde.
Plus précisément, nous ne pourrons pas cacher Bree et Maggie. Bree était trop jeune pour apprendre à brouiller les traces que laissait son parfum et Maggie, n'étant pas une combattante, n'avait pas cette capacité.
- Pourquoi ne pas avoir suivi les traces de l'intrus tant qu'elles étaient encore fraiches, demanda Maggie.
- Ça aurait pu être un piège, répondit Tyler.
Non, c'était un piège. Les indices et le parfum étaient bien trop évidents. Mais je remerciai silencieusement Tyler, nous étions constamment sur la même longueur d'onde.
- Alors, on fait quoi ?
Certains se tournèrent vers Mike, d'autres attendaient ma réponse. Une réponse stupide que je détestai, sitôt sortie de ma bouche. Mais, que nous restait-il d'autre comme choix ?
- On se prépare. Et on attend.
A la semaine prochaine pour un nouveau chapitre XOXOXO
