Bonjour à tous! Je poste ce nouveau chapitre juste avant le week-end de mon déménagement. Ça aurait été difficile pendant ou après. J'espère que vous aimerez. Bien sûr, merci à tous de me suivre et de me laisser vos commentaires. C'est très encourageant.
Attention pour les plus sensibles: il y a une description d'une scène de sexe non consentie. A mon avis, c'est soft, mais sait-on jamais. C'est écrit en italique vers le milieu du chapitre. Vous voilà prévenu(e)s. Bonne lecture!
« Alleeez »
« Démaaaarre ! »
Je me concentrai toutes mes forces sur cette probabilité, comme si j'étais dotée de quelques capacités mentales et surnaturelles pouvant faire démarrer mon antique Ford. Rien à faire. À bout de nerf, je laissai tomber mon front sur le volant, en soupirant. Heureusement, je ne travaillais pas ce jour-là. Non, je devais simplement accueillir quelques clients du J's Blues qui devaient venir récupérer leur instrument de musique. C'était le moins que je puisse faire : c'était moi qui avais convaincu Jane de prendre un deuxième job en tant que surveillante à Forks High, pour la sécurité de Bree. Comme d'habitude, elles étaient parties de bonne heure, bien avant moi. Et je me retrouvais dans cette situation.
Je sortis et claquai rageusement la portière.
- Je t'avais dit de ne pas acheter ce truc, fit une voix exaspérante. Mais tu ne m'écoutes jamais.
Nonchalamment, Mike se dirigea vers sa voiture et plaça sa mallette sur le siège arrière. Il se tourna enfin vers moi, resplendissant dans son costume noir et professionnel. J'ignorai encore comment il avait réussi à décrocher un poste dans un bureau d'avocat à Port Angeles, mais je n'étais surprise pour autant. Ses talents de manipulateur et de persuasion dépassaient l'entendement.
- Si je t'écoutais, j'aurais été obligée de me trimbaler avec toi à chaque fois que je voulais sortir.
- Ça ne m'aurait pas dérangé. Alors, tu viens ? demanda-t'-il en tenant la portière du siège passager ouverte. Je te dépose.
- Non, merci. Je trouverai un autre moyen.
Je ferais mon trajet par la voie des airs, me dis-je en lorgnant tristement mon fidèle carrosse. Je ferais appel à un technicien dès mon moment de pause.
- Ne commence pas à chercher les ennuis, Bella. Monte, je…
Un coup de klaxon l'interrompit. Nous fîmes face à la camionnette qui venait de se garer juste devant de chez nous.
- Jake, m'exclamai-je, tout sourire.
- Hey, ma Belle !
Il descendit du côté passager, tandis qu'Embry sortait de derrière le volant. Jake fut devant moi en moins de cinq secondes, et comme la dernière fois, ne se priva pas pour afficher sa proximité avec moi. Il me serra d'un coup contre lui, me coupant le souffle. Il était brûlant ! Et très fort… S'il ne m'étouffait pas, je sentis quand même la pression énorme qu'il exerçait autour de mon buste.
- Hey, Mec, intervint son ami. Je crois que tu l'étouffes, là.
- Oh, merde.
Il me relâcha rapidement, observant ma posture bizarre qui montrait la force de ses bras fiévreux autour de moi.
- Humm, est-ce que ça va ?
- Ouais, fis-je avec sarcasme, en me redressant. C'est juste des os, après tout.
Les deux éclatèrent de rire. Je pus, dès lors, avoir une vue d'ensemble sur son corps. Wow ! Il me semblait qu'il avait encore poussé de dix centimètres en plus que la dernière fois où je l'avais vu. Il avait pris en largeur aussi : le garçonnet à la carrure normale pour un jeune de dix-sept ans, s'était transformé en un homme à la musculature saillante. Son sweat, assez fin pour la saison, mettait considérablement les changements de son corps en valeur. Embry aussi s'était métamorphosé. Ce dernier atteignait presque les deux mètres.
Je restai un instant bouche bée. Je savais déjà que Jacob et ses amis, n'étaient pas que de simples humains. Je savais aussi qu'ils haïssaient les Cullen et mais qu'une trêve prévenait tout affrontement direct entre leur clan. Bon sang, le mystère qui les entourait me tuait. Que leur était-il arrivé ?
- Bon ! Alors, tu viens ? demanda Mike de mauvaise grâce.
- Deux secondes, criai-je exaspérée.
- C'est quoi son problème, encore ? maugréa-t'-il. Pourquoi tu ne prends pas ta voiture ?
- Elle vient de me lâcher, en fait. Elle ne démarre plus.
- Ahh, s'exclama Quil. C'est une bonne chose qu'on soit venu dans ce cas. Jacob s'occupe très bien des voitures en rade !
- C'est vrai ? Tu pourrais regarder ce qu'elle a ? S'il te plaît, je ne veux m'en séparer.
- Mais, bien sûr qu'il peut. C'est notre petit génie de la mécanique.
- Hey, Embry, tu t'es décidé à faire toute la conversation à ma place ?
Un klaxon furieux coupa nos fous rires. Je soupirai en lui faisant signe d'attendre encore.
- Je vais devoir y aller.
- Qu'il aille se faire voir, dit Jacob. Allez, viens. On t'emmène où tu veux. Tu es pressée ?
- Non, pas du tout, répondis-je enthousiaste.
- Cool, je vais remorquer ta voiture, en attendant qu'Embry aille embrasser sa nouvelle copine... Aïe !
- La ferme…
- Je suis désolée, Embry, dis-je en contrôlant mon rire. Jane est partie au lycée, il y a presqu'une heure.
- Ah, dommage. Je voulais lui faire la surprise… Je repasserai ce soir, alors.
- Ça lui fera sans doute plaisir. Je vais prévenir Mike, j'en ai pour une minute.
Je tendis les clés à Jacob et me dirigeai vers le chauffeur de l'autre voiture. Bien sûr, Mike avait entendu les moindres détails de notre conversation. Lorsque je fus à quelques mètres de lui, il me dévisagea froidement et longuement, jusqu'à me rendre mal à l'aise.
- Heu… Tu as entendu le principal, j'imagine. Bref, je prendrai le bus pour rentrer, ne t'en fais pas pour m…
Je m'interrompis quand il fit monter sa vitre. J'eus à peine le temps de me reculer quand il accéléra d'un coup. Il sortit de notre allée et déboita sur la rue. Il partit sans un regard en arrière.
Imbécile. D'un autre côté, avais-je vraiment osé croire qu'il lâcherait l'affaire après mon refus d'entamer une relation avec lui ? Je devais cesser d'être aussi naïve le concernant.
- Bella ? s'inquiéta Jake en trottinant vers moi. Ça va ? Tu n'as rien ?
- Non. c'est juste…
- Mais, quel con, me coupa-t'-il. Tu es sure que tout va bien ?
- Certaine.
- Bon, on a fini de la remorquer. Tu viens ?
Je hochai la tête avant de le suivre. Il en profita pour passer un bras brulant par-dessus mon épaule.
- Jake, tu as une fièvre de cheval ! Tu devrais te vêtir plus chaudement.
- Je ne me suis jamais senti aussi bien de toute ma vie, répondit-il tout sourire.
Embry et lui échangèrent des regards complices. Encore une référence à leur secret ? Je laissai tomber pour l'instant et montai dans leur voiture. Peu après, ils rejoignirent leur place respective en parlant mécanique.
- Au fait, jolie caisse, Bella, s'exclama Embry en démarrant.
- Merci.
- Ta Ford Mustang doit dater des années soixante !
- De 1965 plus exactement.
- Tu vois, je te l'avais bien dit !
- Oh, la ferme, râla Jake, avant de se tourner vers moi. Ne t'en fais pas, j'ai tout ce qu'il faut à la maison.
- Tu comptes ouvrir ton propre garage, bientôt ?
- C'est déjà fait, fit-il fièrement. Enfin, presque.
- C'est génial ! Bien sûr, ton prix sera le mien.
- On verra ça plus tard. Je vais déjà trouver ce qui cloche et je te recontacte toute de suite après.
- Ah, et comment ? Tu n'as pas mon numéro, Jake.
Un grand sourire de dessina malicieusement sur ses lèvres et il fit bouger plusieurs fois ses sourcils de manière suggestive. Ridicule ! Il était ridicule. Nous éclatâmes de rire, mais cette fois, je dus le lui donner. Il n'était question que de ma voiture, après tout. Cela ne pouvait pas faire de mal.
Edward ne pourrait pas m'en vouloir à cause de ça.
N'est-ce pas ?
Alors, il n'y avait aucune raison pour que je me sente coupable. Ni pour que je l'imagine à mes côtés, en serrant les dents et les poings. Il n'y avait aucune raison, non plus, qu'il m'incendie silencieusement de son regard colérique. On me tira soudainement de mes pensées.
- Alors, reprit Embry, c'est bientôt le grand jour, hein ?
- De quoi tu parles ?
- Ben, tu sais, Forks High organise un bal en fin de semaine. Le jour d'après celui du lycée de la Réserve. Habituellement, les élèves de deux lycées en profitent pour se faire deux soirées dansantes au lieu d'une.
- Oh, dis-je sans partager son enthousiasme.
Peut-être était-ce l'événement de l'année pour les lycéens, mais moi j'échouais à voir ce qui pouvait être aussi réjouissant. Je n'aimais ni danser, ni mettre des robes d'occasion, donc cela me laissait de marbre. Jane et Bree devaient aller chercher leur robe demain après les cours. Mais, j'avais de suite refusé de participer à leur « shopping-trip ».
Cependant, Embry semblait avoir quitté le lycée depuis longtemps, alors pourquoi un tel enthousiasme ?
- Bah, tu sais, à la Réserve, tout le monde connait tout le monde alors…
- On te laisse entrer comme tu veux, conclus-je.
- Ouais, et… hésita-t'-il. Je me demandais si ça intéresserait ton amie de venir voir le coin. Avec moi.
Oh, je comprenais à présent. Je lui fis un sourire entendu et lui conseillai encore de repasser en début de soirée. Il ne pourrait pas la manquer.
- Et toi, demanda Jake, tu as déjà acheté ta robe de bal ?
- Ce n'est pas vraiment mon truc, tu sais.
- Oh, c'est dommage, répondit-il en regardant au dehors. Parce que… J'aurais bien voulu te montrer le coin aussi. J'imagine que tu n'es jamais venue à la Réserve ?
Oh, oh. Danger.
- Écoute, Jake. Ce sera compliqué. Parce que…
- C'est bon ? On y est ? me coupa Embry. C'est la bonne rue ?
- Heu… Oui, c'est ça. Continue sur une centaine de mètres.
Nous arrivâmes enfin devant le J's Blues. La petite boutique de Jane s'encastrait entre un point de vente de journaux et tabac, et un petit bar-restaurant, fermé depuis des lustres. Le bois, bien entretenu lui donnait une allure plus moderne, moins délétère, qui contrastait fortement avec les locaux voisins. Deux stores masquaient et protégeaient les baies vitrées d'éventuels actes de vandalisme, et une grille protégeait la porte d'entrée. Je sortis de la camionnette d'Embry. J'allais me tourner vers eux pour les remercier, quand je les vis me suivre.
- Qu'est-ce que vous faites ?
- Ben on vient voir la boutique avec toi, s'exclama-t'-il comme si c'était si évident.
- Il ne manquerait une occasion de voir où sa Jane chérie travaille.
Cette fois, Jake put esquiver le coup de poing que lui lançait son pote, et je me dirigeai vers la boutique, de plus en plus mal à l'aise.
Embry m'avait-il volontairement interrompu tout à l'heure, pour que je ne fasse pas de mal à Jake ? Il était plus que temps de lui dire que je n'étais pas libre. Il s'était passé tant de choses depuis la dernière fois où nous nous étions vus. J'espérais qu'il le prenne bien et surtout, que cela n'influe pas sur la relation d'une de mes meilleures amies.
Toutefois, Jake était tenace. Il se rapprocha et je sentais son aura doubler d'intensité, à quelques centimètres derrière moi. Je n'avais pas encore rencontré d'humain capable de faire ça. Quand il m'effleura le bas du dos, j'étais à deux doigts de gronder pour qu'il s'éloigne. Mais, je parvenais à maîtriser mes pulsions… tout en cherchant cette foutue clé qui m'aiderait à ouvrir cette grille. Je me figeai lorsque je sentis son souffle dans mon cou.
- Tu as besoin d'aide avec ça ?
- Je heu… Non, non. Tout va bien… Ah, ça y est.
Je soupirai de soulagement lorsque la petite clé entra facilement et débloqua la première porte qui s'ouvrit en grinçant. Je n'eus pas de mal à ouvrir la dernière porte en bois massif Jane la laissait toujours ouverte, pensant que la protection de ferraille serait suffisante pour empêcher des vols et des dégradations occasionnés par de simples humains. Une fois à l'intérieur, je fis la lumière et filai vers le comptoir au fond de la pièce pour y déposer mes affaires. Embry siffla, impressionné. Je le comprenais.
C'était poussiéreux, mais les grains de poussière sous la lumière chaude et orangée contribuaient au charme antique de la pièce. Cela faisait penser à un musée avec de multiples œuvres d'art cachées sous leur drap blanc. À ma demande, ils enlevèrent précautionneusement les linges protégeant les instruments. Mais, ce fut moi qui fis la plupart du travail, au bout du compte. Ils ne purent s'empêcher d'admirer tout ce qui se cachait en dessous des draps. En ce moment, ils observaient tous les deux la magnifique harpe que Jane s'était faite livrée. Son support était peint d'un magnifique blanc cassé et les fils fins, argentés semblaient si fragiles qu'Embry leva la main dans leur direction mais se ravisa au dernier moment d'y toucher.
- Vous jouez d'un instrument, les gars ? demandai-je en mettant la caisse en ordre.
- Moi, non. Mais, Embry sait jouer de la guitare.
- Super, il y en a quelques une juste derrière vous. On a un peu de mal à les vendre.
Il se dirigea vers l'emplacement que je lui avais indiqué. Il se fit moins timide pour se saisir de l'une d'entre elle et commencer tester les cordes. Il enchaîna quelques rythmes et je trouvai qu'il se débrouillait bien. Quand je relevai la tête, Jake me faisait face. Appuyé contre le comptoir, il m'observait reprogrammer la caisse et organiser les pièces de monnaie. Je levai un sourcil interrogateur.
- Je pense vraiment… qu'une visite à la Réserve te plairait. Il y aura de plus belles décorations de Noël qu'à Forks High, de la bonne musique jouée par un vrai groupe de rock, une meilleure ambiance…
Je souris à la pensée de passer un soir avec lui. C'était impossible, mais il ne lâchait pas le morceau facilement lui non plus.
- Et tu sais, quand la nuit tombe, la lumière des décorations se reflète sur l'océan. Ça fait comme un miroir. Je t'emmènerai faire un tour, c'est vraiment magnifique.
Sa voix devint plus grave, plus doucereuse. Peut-être plus séductrice ? Son jeune visage me fit une expression située entre l'amusement et la supplique, qui le rendit adorable. C'était définitivement un Don Juan. Il me regardait, la tête penchée, attendant que je lui cède.
- Je suis désolée, Jake. Je pense que je vais passer cette soirée avec… Un autre.
C'était un demi-mensonge. J'ignorais les plans d'Edward pour le week-end. Mais, j'imaginais voler un peu de son temps durant une soirée. Il ne se laissa pas démonter, se rapprochant encore plus.
- Si jamais il y a un changement de plan, n'hésite pas à m'appeler.
- Je ne me suis pas montré assez claire peut-être ? demandai-je surprise.
- Ma Belle, la vie est trop courte pour ne pas profiter au maximum des opportunités qui s'offrent à nous. On est jeune… Donc…
J'en ris, abasourdie par ce qu'il venait de me dire. Cela aurait sûrement dû m'énerver mais il était difficile d'être en colère contre Jake. Pour quoi me prenait-il au juste ? Je ne serais en aucun cas capable d'agir de cette manière avec Edward.
- Ce n'est pas mon genre, Jake. Désolée.
- Très bien, fit-il en se relevant. Je pense simplement qu'il est important de toujours avoir un remplaçant. Tu sais,… Au cas où l'acteur principal déciderait de se barrer.
- C'est vraiment ce que tu veux être pour moi ? Un plan B ? Un filet de secours ?
- Tu prends les choses beaucoup trop à cœur, Bella. Bon, Embry, tu as fini ?
Celui-ci revînt lentement, espérant avoir donné à son pote suffisamment de temps et d'espace pour qu'il puisse mon convaincre. Il fit la grimace en remarquant ma posture tendue, puis haussa les épaules :
- Cet endroit est super. Je reviendrai ici plus souvent. Vous ouvrez tous les jours ?
- Non, on est à la boutique à chaque fois que quelqu'un appelle, soit pour des renseignements ou pour récupérer un article.
- Oh.
- Tu n'as pas encore vu la salle arrière, exclamai-je. Il y a une petite scène pour des groupes qui voudraient jouer le temps d'une soirée.
Je leur racontai en détail les soirées rock ou jazz organisées par la gérante de la boutique. Nous attirions généralement des personnes entre la vingtaine ou la trentaine, mais des lycéens parvenaient toujours à se glisser dans le public. Qu'importe. Les événements s'étaient toujours très bien terminés. Elle pouvait être fière qu'aucun mineur n'ait terminé sa soirée, complètement saoul, vomissant ses tripes dans son bar. Par ailleurs, ces derniers repartaient souvent déçus du peu d'alcools que l'on pouvait trouver dans ce genre d'événement.
- On vous invitera la prochaine fois. Promis.
- J'y compte bien, Bella ! Bon, on va y aller.
- Mouais. Je vais utiliser mon temps libre pour m'occuper de ton carrosse.
- Merci Jake. Merci de m'avoir emmené, Embry.
Je les raccompagnai à la sortie et leur fit signe lorsqu'ils démarrèrent et s'éloignèrent. Enfin seule, soufflais-je. J'eus l'impression que ce n'était pas arrivé depuis des lustres. J'allai dans l'arrière salle, chercher une toile ainsi qu'un produit dépoussiérant et je me mis à l'œuvre. J'ouvris une fenêtre et avec précaution, je passai le linge fin à travers les différentes beautés de la pièce.
Midi approchait quand la clochette au-dessus de la porte tinta de nouveau. Le premier client, un quinquagénaire referma derrière lui et me sourit. Les cheveux grisonnant, il était mince et grand, vêtu d'une veste en cuir, par-dessus un pull épais. Il était venu chercher un trombone avec une gravure.
- « Aux seize ans de ma fille chérie, Mélinda », puis-je lire. C'est bien cela ?
Il se contenta d'acquiescer, ravi, et je pus mettre l'instrument dans son coffre. Je m'excusais un instant avant d'aller dans la pièce arrière pour l'emballer de papier cadeau. L'encaissement fut rapide : je lui rendis la monnaie et il partit en me remerciant chaudement.
- J'avais bien cru qu'il n'arriverait jamais à temps, fit-il soulagé en partant.
Je retournai à la lecture de « Les Hauts de Hurlevent », ce qui devait bien faire la deuxième fois que je le relisais en deux heures. Quelque chose dans ce livre me permettait de le lire en continu sans m'en lasser une seconde. Peut-être était-ce la tristesse et la pitié pour certains personnages qui me permettait d'évacuer ma peine de temps en temps. Ou alors était-ce le caractère détestable des protagonistes principaux, Catherine et d'Heathcliff, que j'aimais en dépit de tout parce qu'ils se vouaient un amour inconditionnel. Un amour que je commençais à peine à saisir.
Vers quinze heures, je posai le bouquin et levai les yeux vers mon dernier rendez-vous : une jeune femme dans la trentaine, à l'aura troublée, me dévisageait avec mépris. Elle ne s'excusa pas pour ses trois quart d'heure de retard. D'ailleurs, elle me salua à peine, trop occupée à cacher sa tristesse derrière son masque de dédain. Oh ! Elle m'adressait la parole.
- Mademoiselle, vous m'entendez ? Ou dois-je faire appel au propriétaire de la boutique ?
- Heu… Veuillez m'excuser. Vous désirez ?
- Ma clarinette ! s'exclama-t'-elle, exaspérée.
- Ah, oui. Oui, bien sûr…
Ses yeux noirs suivirent le moindre de mes mouvements tandis que je me détournai d'elle pour disparaitre à l'arrière : je pris la longue boite blanche qui lui était réservée sur l'une des étagères et revins. Serais-je restée l'humaine faible et impressionnable que j'étais, quelques années auparavant, cette femme m'aurait fait perdre tous mes moyens. Or maintenant, j'avais suffisamment d'assurance et d'expérience pour ne plus prêter attention à son attitude. Grâce à cela, la transaction se passa pour le mieux et la cliente se pressa vers l'extérieur, sans autre mot.
Je repris mon livre et allai rejoindre la pénombre confortable de la pièce adjacente. Un petit couloir menait à l'arrière salle, située derrière une porte battante. D'épais rideaux masquaient les fenêtres donnant sur l'arrière-cour. Je n'eus pas besoin d'allumer. Ma vision s'ajusta aussitôt au manque de lumière et je vis comme en plein jour. Une petite scène en bois me faisait face. Nous l'avions construite en à peine une heure. À l'arrière, un grand rideau pourpre séparait l'estrade des coulisses d'où devaient sortir les artistes. L'estrade surplombait un espace pouvant accueillir une cinquantaine de spectateurs. Plus en avant, des escaliers menaient au « carré VIP » où je m'étais installée. Le carré VIP en lui-même était très simple : il ne s'agissait que deux canapés miteux mais confortables, séparés de quelques mètres l'un de l'autre et d'un distributeur de boissons réservé à cette zone. Je m'allongeai de tout mon long, m'étirant et me perdant dans la draperie rouge bordeaux qui tapissait aussi le plafond. J'avais toujours aimé cette couleur calme et réconfortante, chaude. Elle me semblait d'autant plus agréable à regarder grâce au léger bruit de la pluie qui avait recommencé à tomber.
Bientôt, le rouge sombre vint obstruer totalement ma vision sans que je ne m'y oppose. Je me sentais bien et je me laissai partir.
Je desserrai ma poigne et relâchai les draps à présent froissés.
Je ne ressentais presque plus d'inconfort, ni de gêne. J'attendis silencieusement que cessent ses coups de rein, impatiente. Raj gardait le regard fixé sur la tête de lit, comme toujours. Il ne me regardait jamais durant nos devoirs conjugaux. Je n'avais pas envie de lui demander pourquoi, par peur de représailles. Je ne pouvais qu'en imaginer les raisons. Il devait probablement songer à l'autre pour atteindre la jouissance et en finir. L'autre qui était si belle, si attentionnée, si gracieuse… L'autre qui était tellement différente et mieux que moi, d'après ce qu'il pensait. Et peut-être avait-il raison sur ce point.
Je soupirai. Erreur. Il l'entendit et stoppa net. J'évitai aussitôt son regard noir. Mes joues me brulèrent, et mon estomac se tordit douloureusement.
- J'espère que je ne t'ennuie pas trop.
- Non… Désolée, je ne voulais pas… Aïe.
Brusquement, il reprit ses mouvements avec force, allant plus loin, plus fort et plus vite. Aïe ! Je retins un nouveau gémissement et fermai les yeux qui commençaient à me piquer. Je serrai les dents. C'est presque fini maintenant, me dis-je. Il bougea encore quelques secondes, la peau de ses bras bandés, luisait sous la chaleur et l'effort. Je l'entendis gémir faiblement avant que je ne le sente se déverser en moi en un râle contenu. Il se retira sans ménagement, me ferma les jambes brutalement et s'allongea à l'autre bout du lit, le plus loin possible de moi.
Même durant le sexe, Rajesh refusait de se laisser aller. Son éducation strictement traditionnelle se faisait sentir dans les moindres recoins de sa vie personnelle ou professionnelle. Il avait tellement changé et ne ressemblait presque plus au garçon avec lequel je m'amusais quand j'étais petite. Celui dont j'étais tombée amoureuse. Mais, je continuais de lui garder une place dans mon cœur. Peut-être reviendra-t'-il à lui, un jour ? Peut-être que mon ami était toujours là, caché derrière cet homme colérique, froid et distant, qui ne cessait de détruire ma vie plus encore ? Qui sait ? Peut-être devais-je continuer d'espérer ? Je n'avais plus rien d'autre, après tout. Rien d'autre que l'espoir.
- Quoi encore ? murmura-t'-il. Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Je me détournai de lui. Je n'avais même pas remarqué que je le fixais. Je murmurai un « pardon » et me tournai dans l'autre sens. Après un autre long silence, je pensais qu'il s'était enfin endormi. Quant à moi, mon entrejambe m'élançait moins qu'avant mais je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Je restai allongée sur le côté, en silence. Une brise passa par la fenêtre entr'ouverte et me fit frissonner. J'hésitai à prendre la couverture à mes pieds. J'avais peur de faire le moindre mouvement et d'attirer son attention à nouveau.
Plus jeune, je rêvais souvent de ma première fois, puis des relations suivantes. Naïve, j'avais cru que je trouverais une personne qui partage mes sentiments et que je vivrai ce qu'on voyait dans les films. Ce n'était que des rêves d'une adolescente en pleine puberté. Des rêves dans lesquels je parvenais à me défaire des devoirs familiaux qui allaient bientôt me tomber dessus. C'était si bon de rêver : de sentir des bras chauds s'enrouler autour de soi. D'être avec une personne qui me traite comme sa princesse, sa reine. Je rêvais de pouvoir dire :
- Je t'aime, Raj.
Et de l'entendre me répondre de la même manière.
- Bonne nuit, Indira, répondit-il d'une voix morte.
C'était ce que je regrettais le plus, une personne qui m'aime… Aussi fort que je l'aimais. Pourtant, je devais m'habituer à l'idée que ma vie serait ainsi. Pas d'amour, juste des obligations. Mon seul but devait être de contenter ma belle-famille et mon époux. Je n'étais et on ne me verrait jamais que comme une simple machine à enfanter une machine défectueuse, qui plus est. Ma poitrine fut saisie de hoquets silencieux et mes yeux cédèrent à la brulure. Mon oreiller fut bientôt inondé de larmes sans que je ne puisse l'en empêcher. Durant deux heures, je fis enfin le deuil de tous ces espoirs imbéciles : du retour du Raj que j'aimais, d'une histoire d'amour que j'aurais pu vivre, de relations sexuelles que j'aurais pu apprendre à apprécier et à désirer, d'une personne qui m'aurait accepté telle que j'étais. J'imaginais que je faisais mon propre deuil : sans espoir, je me sentais mourir à petit feu. Ma belle-famille commençait à douter du bien-fondé de ce mariage et mes proches m'en voulaient de les laisser penser cela sans rien faire… j'agonisais seule et isolée.
Lorsque je me calmai enfin, je sentis la couverture remonter jusqu'à mon épaule. Surprise, j'osai me tournai vers Raj. Je m'attendais à des réprimandes pour l'avoir tenu éveillé aussi tard, mais il avait enfin laissé tomber son masque de dureté et de sévérité. La tristesse se lisait dans ses yeux noisette et sa bouche se tordait de chagrin. C'était probablement insensé, mais je crus revoir l'ami que j'avais perdu l'espace d'un instant. Malgré le deuil que je venais de faire, je tentai une dernière fois de me rapprocher de lui. Je me fondis rapidement dans son corps chaud et enfouis ma tête sous la sienne, attendant sa réaction. Attendant qu'il me repousse. La tension monta d'un cran tandis que je sentis ses muscles se raidir.
Puis, son bras vint enserrer ma taille, avant de caresser lentement mon dos. Comme s'il tentait de me consoler.
D'autres larmes s'échappèrent. Elles coulèrent de soulagement cette fois. Et de bonheur.
Tout espoir n'était pas perdu.
Je fixais un point invisible depuis plusieurs secondes déjà, appréciant les douces notes de Clair de Lune. C'était réconfortant après un rêve aussi déprimant. Je fermai encore les yeux, laissant la mélodie dissiper mes angoisses. Des angoisses qui n'avaient plus lieu d'être.
« Je suis en sécurité ».
Je m'étirai, faisant tomber le livre sur le plancher. Le bruit sourd qu'il produisit me ramena d'un coup à moi. Je ne me souvenais pas avoir allumé la radio et encore placé le CD de Debussy dans celle-ci.
« Mike a raison. Je suis complètement à l'ouest, ces temps-ci. »
Ou alors…
Je me levai silencieusement, remontai le couloir et passai la porte battante. Ce ne pouvait être un humain, le manque de légèreté propre à leur démarche m'aurait réveillé à la seconde où il serait entré dans la boutique. D'ailleurs, la clochette de la porte était restée silencieuse. Mais, je cessai bientôt de m'inquiéter, à la seconde où je captai son parfum suave et masculin, délicieux. Une source d'énergie énorme se cachait derrière l'étagère où étaient entreposées les flutes en bois et les clarinettes. Disposé en face de la baie vitreuse fumée, un piano à queue continuait de produire cette mélodie agréable sous les longs doigts experts d'Edward Cullen.
Je ne pus m'empêcher de le contempler : brillant légèrement à la lueur d'un jour nuageux, il caressait chaque touche avec le plus grand soin tel le virtuose qu'il était. Il était magnifique et donnait au piano une aura mystérieuse et attrayante que je ne lui connaissais pas.
- Il n'est pas aussi grand que le tien, commençai-je, mais c'est tout de même un très bel instrument, tu ne trouves pas ?
- Tout à fait d'accord.
J'eus l'impression de regarder une œuvre d'art, hésitant quant à m'approcher pour la voir de plus près ou rester à distance pour l'admirer. Les dernières notes de Clair de Lune résonnèrent entre nous et je me rendis compte que je n'avais jamais rien entendu de plus beau. Bien sûr, c'était un de mes morceaux préférés et il avait rejoué la mélodie à l'identique. Cependant, observer l'artiste en pleine prestation magnifiait considérablement le plaisir de l'écoute.
Il se retourna, m'adressa son fameux sourire en coin qui m'électrisait de la tête aux pieds. Il me fit signe de son index et je m'avançai vers lui, mal assurée. Mon rêve m'avait profondément secoué et j'en ressentais encore les répliques. Je ne savais pas si je devais m'isoler pour reprendre contenance, ou… si j'avais besoin de lui, tout simplement. J'étais parfois tellement habitué à vivre dans la douleur de mes souvenirs que je me surprenais parfois à avoir peur de guérir et laisser tout cela derrière moi.
Ses doigts parcoururent de nouveau les touches d'ivoire et d'ébène pour produire une autre mélodie douce, presque mélancolique. Elle m'était inconnue. Mes connaissances et mes goûts en matière de musique classique étaient limités mais je me laissai rapidement emporter par ce magnifique morceau.
- Elle te plait ?
- Oui, beaucoup, répondis-je, plus calme. C'est de qui ?
- C'est une de mes compositions. En fait, c'est toi qui me l'as inspiré.
Mon souffle se coupa. Il fut secoué de rire en lisant la stupéfaction sur mon visage. Ce n'était pas un cadeau anodin, personne n'avait jamais créé quoi que ce soit en mon honneur. Encore moins une personne que je ne connaissais que depuis quelques mois. Quelques semaines… Ça me touchait profondément.
- Tu vas pleurer ?
- Non, m'exclamai-je. Non, c'est juste que… C'est un cadeau merveilleux, Edward. Merci.
- Je suis heureux qu'elle te plaise.
- Rejoue-la encore… S'il te plait ?
Et il s'exécuta pendant plusieurs minutes. Des minutes pendant lesquelles je ne pus détacher mon attention de lui. Ses mains parcoururent le clavier en répétant les mêmes notes de musique qui me faisaient tomber de plus en plus sous son charme. Nous étions si proches, en cet instant. Quelques petits centimètres nous séparaient et ma cuisse touchait la sienne. J'étais complètement submergée par son odeur et sa présence, au point que les pensées qui ne tournaient pas autour de lui s'embrumaient, puis finissaient par s'éteindre. Il captait toute mon attention, déclenchant la brulure réflexe dans ma colonne vertébrale et le reste de mon corps.
Depuis quand ne m'étais-je pas nourrie ? Je regardai mes mains prises de tremblements en me disant que c'était peut-être une mauvaise idée de me trouver aussi proche de lui, en ce moment. Et en même temps, je désirais sa présence à mes côtés. J'en voulais plus.
- À quoi penses-tu ? s'enquit-il avant de rire. C'est encore tellement étrange de le demander.
Je me joins à la blague, tentant d'imaginer à quel point cette situation devait lui paraître bizarre.
- Je pense que… J'ai envie de t'embrasser.
- Alors qu'attends-tu ?
- J'ai peur que tu me repousses, marmonnai-je.
- Et pourquoi ferais-je cela ? demanda-t'-il doucement en se tournant vers moi.
Sa main gauche continua de pianoter tandis que l'autre enserrait ma taille et me ramena au plus près de lui, jusqu'à ce que je sente son souffle frais sur mon visage. Je réussi à me détacher de ses prunelles d'or pour fixer ses lèvres tentantes. Je cessai de respirer, et pris mon courage à deux mains. Je m'avançai vers elles et les frôlai, testant ma retenue. Soudain, un feu ardent me consuma entièrement tandis que ses lèvres prenaient possession des miennes, annihilant toute pensée concernant notre sécurité.
J'étais une chasseresse, bon sang ! J'étais le prédateur, celle qui menait les batailles… Et celle qui les remportait toujours.
Oui. Presque toujours, du moins. En ce moment, la redoutable chasseresse était prisonnière, totalement soumise à ses propres sensations qui ne cessaient d'augmenter en intensité. Comment se pouvait-il qu'une simple pression de ses lèvres me soumette et réduise à néant toute volonté de le repousser ? Comment un simple contact pouvait à ce point obnubiler tous les réflexes qui, précédemment, m'avertissaient et me préparaient au danger qu'il représentait ? Sa langue vint titiller ma lèvre inférieure et un soupir m'échappa. Je le laisser entrer et jouer avec la mienne, sans hésitation. Je désirais la goûter depuis des semaines. Un sourire étira ses lèvres, tandis qu'il me rapprochait de lui. J'enfouis mes mains dans ses cheveux de bronze et savourai leur texture douce.
Quand il se détacha de moi, j'avais l'air essoufflé. Or, ce n'était d'air dont j'avais besoin. J'inspirai son parfum autant qu'il m'était possible de le faire. L'autre partie de moi qui aspirait à sa mort s'était tue.
- Hum Bella…
Sa voix semblait résonner au plus profond de moi et je me contentai de reprendre ses lèvres, insatisfaite concernant notre bref baiser. J'en voulais encore plus.
- Bella ?
Je traçai sa bouche de mon index, puis sa mâchoire carrée et enfin son menton. Je l'attirai vers moi sans comprendre ce qu'il tentait de me dire. Tant pis ! Cela pouvait bien attendre. Je m'installai à califourchon, au plus près de son buste et le savourai encore. Il m'appela encore à travers nos baisers, augmentant la douce chaleur qui s'installait en moi. J'adorai l'entendre prononcer « Bella ». Je n'avais rien entendu de plus excitant que les syllabes de mon prénom sur sa langue. Mes mains s'agitaient furieusement, essayant de le toucher autant que possible : son visage, ses cheveux, son cou, son dos, ses bras…
- Bella… Bella… Attends…
- Quoi ? chuchotai-je, agacée.
Je retraçai son menton avec ma bouche de plus en plus vorace, prenant plaisir à entendre sa respiration devenir saccadée. Prenant plaisir à savoir que j'étais la cause de tous ses effets sur lui. J'arrivai jusqu'à son lobe d'oreille avant de descendre jusqu'à son cou. Son autre main avait quitté le piano et s'était glissée dans le bas de mon dos, sous mon pull. Ses caresses froides me rendaient folles, mais lorsqu'un de ses doigts effleura ma marque, une chaleur différente m'envahit. Aïe ! La partie meurtrière de moi-même revint en force et se mêla sans mal à mes autres désirs pour lui. Son parfum devint si… Alléchant qu'à chaque contact entre sa peau et mes lèvres, celles-ci risquaient de se retrousser et de dévoiler mes dents.
Je fis l'effort de me détacher, juste de quelques millimètres. Juste un instant, pour pouvoir lire au fond de ses prunelles devenues sombres la même faim que devait sûrement refléter les miennes. Je fermai les yeux et revins à moi, peu à peu, calmant mon rythme cardiaque affolé, et essayant de faire rentrer mes dents. Ce n'était pas chose facile en le sentant tirer sur mon pull pour savourer ma clavicule. Il eut le bon sens de ne pas s'attarder sur mon cou et d'embrasser directement mon menton, cependant que ses mains jouaient encore au bas de mon dos. Je n'arrêtais pas de geindre, sans aucune honte. Et j'avais si chaud.
D'un coup, il s'arrêta et s'éloigna de moi.
Je l'observai sans comprendre. Peut-être aurais-je dû prêter plus attention à la raison pour laquelle il fronçait les sourcils. Mais, c'était la dernière de mes préoccupations. Je ne désirais que retrouver la sensation de ses lèvres contre les miennes. Cette fois, je n'hésitai pas à les saisir. J'eus l'impression de retrouver ma drogue favorite après une période de sevrage longue et intense. Et quand il me serra pour me ramener au plus près de lui sur lui, je ne voyais pas comment je pouvais m'arrêter. Je ne voyais pas pourquoi j'en aurais eu envie. Je gémis lorsque ses doigts froids passèrent à travers mes cheveux, en les tirant légèrement. Ses mains aussi s'activaient à me découvrir : mon dos, mes bras, et mes hanches… malgré la couche fine de mes vêtements. J'ouvris les yeux et me confrontai à son regard assombri par le désir et… inquiet ? J'osai enfin demander :
- Qu'y a-t'-il ?
J'avais cru que c'était ce qu'il désirait lors de notre dernier rendez-vous. Étais-je allée trop loin ? L'avais-je blessé sans m'en rendre compte ? Je passai une main sur sa joue dure, me refusant à croire que j'ai pu faire le moindre mal, même inconsciemment à l'être le plus important de mon existence. Mais, avant que j'aie pu poser d'avantage de questions, la sonnette tinta et une odeur familière me frappa. Je sursautai et fis volteface.
- Je ne vous dérange pas, j'espère ? s'exclama-t'-elle.
Et merde…
Jacob rode toujours autour de Bella. Mais, le désir monte entre elle et Edward... Jusqu'à ce que quelqu'un vienne casser l'ambiance. Vous avez deviné qui c'est ? Laissez vos commentaires.
A bientôt pour un nouveau chapitre.
