Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.


Hello !

Ouah ! Je suis super touchée et heureuse par toutes vos reviews et vos mises en alerte ! Merci énormément ! Merci ! Je suis ravie que mon histoire vous plaise ! Encore un immense MERCI !

Bon, maintenant, avec tout ça, j'ai la pression ! J'espère que la suite vous plaira.

Bonne lecture !


Réponses aux reviews anonymes :

Ilonka : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira tout autant. Encore merci ! Bonne fin de week-end. Bises.

Kikou 13400 : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que la suite te plaira ! Bonne fin de week-end.

Tacha Vaillant : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis heureuse que tu ais autant accroché avec mon histoire, du coup, maintenant, j'ai la pression, lol. Encore merci ! Bonne fin de week-end.


Chapitre 2 : Tueur en série

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Edward se leva doucement pour ne pas réveiller son fils, ce dernier dormait comme un bienheureux blottit contre lui. Il déposa un baiser sur son front avant d'aller dans la salle de bain pour panser ses plaies. Une fois face au miroir surplombant le lavabo, il pesta, certaines de ses plaies semblaient mal cicatriser. Il imbiba un coton d'alcool et serra les dents lorsqu'il l'appliqua sur ses plaies suintantes. Edward soupira de soulagement quand il ôta le coton, il souffla doucement et s'appuya contre le lavabo. Pourquoi certaines de ses blessures s'infectaient-elles ? Bon, il n'avait pas fait venir une infirmière pour soigner ses plaies, mais il était fils de médecin et savait comment faire un bandage correct. Il soupira. Les antibiotiques ne semblaient l'aider en aucune manière et il allait devoir se décider à consulter un médecin. Cependant, il était hors de question qu'il se présente aux urgences de Forks, malgré le secret médical, il était certain que cela parviendrait aux oreilles de son père. La meilleure solution serait d'aller à Seattle, au moins là-bas, peut-être que personne ne ferait le rapprochement avec le Docteur Cullen ? Mais rien n'était moins sûr. Que pouvait-il faire ? Sa conscience lui criait une réponse évidente, mais il ne pouvait s'y résoudre. Peut-être pouvait-il…

« -Papa !

Edward oublia immédiatement ses petits soucis pour enfiler rapidement son tee-shirt et rejoindre sa chambre. Il sourit à son fils et le prit dans ses bras pour déposer des baisers sur ses joues.

-Bien dormit jeune homme ?

-Oui.

La réponse de son fils l'emplit de joie. Stefan avait recommencé à parler, plus précisément à lui parler et depuis deux jours, il acceptait aussi parfois de parler à ses grands-parents. Edward, son fils dans les bras, rejoignit la cuisine.

-Bonjour, mes chéris, les accueillit Esmé.

Ils l'embrassèrent tous deux, il déposa ensuite Stefan sur un tabouret. Il prépara un bol de céréales pour son fils qui avait accaparé la télécommande de la télé pendant que sa mère lui versait une tasse de café. Il déposa le bol devant son enfant qui s'empressa de prendre une cuillerée des céréales au chocolat.

-Hey ! Protesta doucement Edward.

-Merchi.

-Mon Dieu, soupira le jeune père, on dirait Emmett !

Esmé éclata de rire alors que Stefan les ignorait trop concentré sur son dessin animé, sa mère entoura sa taille et posa sa tête contre son épaule.

-Ça fait plaisir de le voir ainsi, avoua Esmé.

-Oui, il va mieux.

-Et toi ?

Edward se tourna pour faire face à sa mère, il déposa un baiser sur son front avant de lui offrir un sourire rassurant.

-Moi aussi, je vais mieux.

Esmé lui offrit un petit sourire, il caressa alors sa joue, plongeant son regard dans le sien et aussitôt elle se détendit oubliant ses doutes.

-Papa n'est pas là ? Demanda-t-il envieux de changer de sujet de conversation.

-Non, il a été appelé à l'Hôpital pour une urgence, lui répondit-elle.

-Ai fini ! S'écria Stefan en se dressant sur son tabouret pour lui montrer son bol vide.

-C'est bien, mon cœur. On va aller faire ta toilette, puis, on jouera dans le jardin.

Edward descendit son fils de sur le tabouret et lui prit la main pour l'entraîner à l'étage.

-Edward ? Le rappela sa mère.

-Oui ?

-Tu n'as rien mangé, mon chéri.

-Je n'ai pas très faim, dit-il avant de croiser son regard soucieux, je m'occupe de Stefan et je prendrais quelque chose à manger pendant qu'il jouera.

Esmé acquiesça et le laissa quitter la cuisine. En réalité, Edward n'avait pas faim et depuis que Bella lui avait confisqué ses médicaments son appétit avait disparu sans l'aide des antidépresseurs. Il lava et habilla Stefan qui tint absolument à enfiler son short de bain et un débardeur. Edward n'étant pas dupe, il se doutait bien que son fils avait envie de jouer dans l'eau, malheureusement, il ne pouvait pas l'accompagner. Cependant, il pourrait le surveiller et jouer avec lui depuis le rebord. Ils gagnèrent rapidement la maison et Stefan trépigna d'impatience alors qu'il lui enfilait ses brassards.

-Tu viens papa ? S'impatienta Stefan, les pieds déjà dans l'eau

-Non, mon cœur, mais papa reste là, dit-il en s'asseyant sur le rebord, tu veux qu'on joue au ballon ?

-Voui !

-Stefan ! Doucement ! Le freina-t-il. Entre doucement dans l'eau, mon grand !

Le petit garçon ne tint pas compte de son avertissement et sauta carrément en bas des marches. Les brassards ne tardèrent pas à le ramener à la surface et l'enfant secoua la tête avant de fixer avec un air de défi l'autre bout de la piscine. Il comprit que son fils avait oublié son envie de jouer au ballon quand il le vit plus ou moins nager vers l'autre rebord.

-C'est bien, Stefan, mais étire tes bras. Doucement. Bravo, continue ! L'encouragea Edward.

Il se leva et suivit son fils le long de la piscine. Une fois arrivé à l'extrémité de cette dernière, Stefan s'agrippa au rebord, un sourire emplit de fierté peint sur son visage, et il s'agenouilla pour le féliciter.

-D'ici votre départ, ce jeune homme nagera comme une petite grenouille !

-Papi ! Suis pas une grenouille ! S'indigna Stefan.

-D'accord, alors, un crapaud ?

-Non ! S'énerva Stefan avant d'agiter ses bras et ses jambes pour nager jusqu'à son grand-père.

-Comment va mon petit crapaud ce matin ? Questionna le médecin en s'agenouillant.

-Croa ! Croa ! Répondit Stefan avant d'asperger Carlisle.

Son père se releva en riant alors que Stefan repartait en nageant vers les marches.

-Peux zouer avec le dino ? Questionna Stefan essoufflé.

-Doucement, lui répéta Edward, je vais te le chercher.

-Et les autres zeux ?

-Oui, bien sûr. Papa tu le surveilles ?

-Oui, vas-y, c'est dans l'abri à jardin, précisa son père.

Edward acquiesça avant d'aller tout chercher. D'après les cris de Carlisle et les rires de son fils, il comprit que ce dernier s'était remis à arroser son grand-père. Il entra dans l'abri jardin dont il alluma la lumière. Il trouva sans difficulté le dinosaure ainsi que les longues barres en mousse de toutes les couleurs. Il allait ressortir quand il se rendit compte que le dinosaure était un peu dégonflé. Il chercha du regard la pompe et l'aperçut sur la plus haute des étagères. Edward se hissa sur la pointe des pieds pour l'attraper et tendit le bras, cependant, une violente douleur lui arracha un cri de souffrance avant qu'il ne retombe sur ses pieds, le souffle court. Il fit quelques pas et s'assit sur une chaise de jardin le temps de reprendre ses esprits.

-Edward ?

Il se redressa vivement en voyant la porte s'ouvrir et son père entrer, cependant, son geste ne fit que raviver la douleur.

-Tout va bien ? S'inquiéta Carlisle.

-Oui.

-Stefan ?

-Ta mère le surveille, je me demandais ce qui te prenait autant de temps ?

-Le dinosaure a besoin d'être regonflé, je cherchais la pompe.

-Elle est là, dit Carlisle en l'attrapant. Tu es sûr que tout va bien ?

-Oui.

Edward détourna la tête, ne pouvant soutenir davantage le regard de son père qui était beaucoup trop lucide à son goût. Pourtant, Carlisle n'insista pas, il se contenta d'attraper la pompe et de regonfler le dinosaure. Une fois que ce fut fait, son père sortit et il se leva aussi normalement que possible pour prendre les barres en mousses et le suivre à l'extérieur. Stefan leur jeta un coup d'œil impatient et ils se dépêchèrent de lui donner ses jouets.

-Tu viens papi ?

-Oui, pourquoi pas, répondit Carlisle. Edward ?

-Non, je n'ai pas envie de me baigner.

Son père l'observa quelques secondes avant de déposer un baiser sur la main d'Esmé et de regagner l'intérieur de la villa.

-Ton petit-déjeuner.

Edward sursauta en entendant la voix de sa mère. Cette dernière l'avait rejoint sur le transat où il était assis et lui tendit une assiette avec un baggel beurré, elle posa un verre de jus d'orange sur l'un des accoudoirs.

-Merci, maman.

-De rien.

-Mamie !

-Oui, Stefan ?

-Tu veux zouer ?

-Non, il faut que je m'occupe de mon jardin, mais je te regarde mon cœur et grand-père va arriver.

Stefan hocha la tête avant de s'amuser à essayer de grimper sur le dos du dinosaure. Edward l'encouragea tout en picorant le baggel que sa mère lui avait préparé. Carlisle ne tarda pas à revenir, son père posa sa serviette sur un transat avant de rejoindre Stefan qu'il aida à grimper sur le dinosaure. Bien installé sur ce dernier, Stefan fit le tour de la piscine poussé par son grand-père. Il les observa jouer pendant un moment, regrettant de ne pouvoir se joindre à eux. Edward prit quelques gorgées de jus d'orange avant de se lever pour ramener la vaisselle dans la cuisine, il la nettoya et revint vers la piscine. Lorsqu'il arriva à proximité de cette dernière, il remarqua que seul son père était dans l'eau.

-Où est Stefan ? Questionna-t-il.

-Je ne sais pas, répondit son père amusé.

Edward observa le jardin, scrutant chacune des parties de celui-ci alors qu'il attendait les rires étouffés de son fils derrière lui. Il appela plusieurs fois son enfant quand il sentit deux mains humides se poser sur ses fesses pour le pousser, ce qu'Edward n'avait pas prévu c'est que malgré le peu de force de son fils, il déraperait sur le sol mouillé. Il tenta de se rattraper, mais il tomba tout de même dans la piscine. L'eau s'infiltra dans sa bouche alors qu'il poussait un cri étouffé par cette dernière, le chlore attaquant ses plaies de manière insupportable. Alors qu'il tentait de reprendre ses esprits pour revenir à la surface, il sentit une poigne ferme entourer sa taille pour le propulser à l'air. Edward recracha l'eau qu'il avait avalée avant de se mettre à tousser. Il secoua la tête alors que son père le ramenait vers les marches. Sa mère s'était précipitée vers eux quand elle avait entendu Stefan crier et pleurer, maintenant, son fils était blotti dans ses bras. A peine fut-il assis sur la première marche que son père se figea, Edward suivit son regard et se crispa à son tour quand il vit que l'eau avait rendu son tee-shirt blanc transparent.

-Il va bien ? S'inquiéta Esmé.

-Oui.

Son père sortit rapidement de l'eau pour prendre la serviette, il l'aida ensuite à se relever et Carlisle l'enveloppa dans le drap de bain, dissimulant son torse aux yeux de sa mère.

-Papa ! Cria Stefan en larme en tendant ses bras vers lui.

-Je vais bien, mon cœur, le rassura-t-il en serrant les dents, ce n'est rien, papa a été surpris par ta blague.

-Pardon, sanglota son fils.

-Ce n'est rien, lui répéta-t-il en embrassant son front.

-Tu vois, Stefan, papa n'a rien, confirma Carlisle, mais pour te rassurer tu veux que je mette ma blouse blanche de Docteur et que je le soigne ?

-Voui ! Acquiesça Stefan tout en hochant la tête.

Edward sut à cet instant qu'il ne pourrait pas s'en sortir avec une pirouette, il allait devoir répondre aux questions de son père, même s'il n'en avait aucune envie. Carlisle passa un bras autour de ses épaules pour l'entraîner vers la villa, Edward fit un clin d'œil rassurant à son fils avant de disparaître à l'intérieur.

-Allons dans mon bureau, ordonna son père d'une voix qui n'admettait aucune protestation.

-Je vais mouiller ton parquet, tenta-t-il tout de même.

-L'état du parquet est la dernière de mes préoccupations.

-Maman…

-Maman ne dira rien. Bon, tu montes ou je dois t'y forcer ?

Edward soupira et comme quand il avait 12 ans, il monta les marches en traînant des pieds. Une fois arrivé au premier, son père alla récupérer d'autres serviettes pendant qu'il attendait devant la porte, hésitant à entrer. Carlisle ne tarda pas à revenir, son père déposa un peignoir sur ses épaules avant de le faire entrer dans le bureau dont il verrouilla la porte.

-Tu peux te déshabiller ou tu as besoin d'aide ?

-Ça va, grogna Edward.

Il attrapa le rebord de son tee-shirt, mais au moment de lever le bras, il se retrouva coincé par les douleurs que la tension provoquait sur ses plaies et ses côtes qui n'appréciaient pas qu'il lève les bras.

-Tu tiens à ton tee-shirt ? Questionna son père en attrapant une paire de ciseau.

-C'est un cadeau d'Alice.

-Oh, et bien nous dirons à ta sœur que tu l'as oublié chez toi à Quantico.

Edward grimaça, il n'osait imaginer la réaction du petit lutin et préférait ne pas y être confronté. Il ferma les yeux quand il sentit la lame frôler sa peau, il savait que jamais son père ne le blesserait, du moins pas intentionnellement, mais il ne put empêcher son corps de trembler.

-Tout va bien, souffla Carlisle à son oreille. Ca y'est, c'est fini.

Edward ne sentait effectivement plus le vêtement humide contre sa peau. Cependant, il n'ouvrit pas les yeux, ne souhaitant pas croiser le regard de son père. Il tressaillit en sentant ses doigts se poser sur l'élastique de son pantalon en toile.

-Je peux le faire, dit-il en rouvrant brutalement les yeux, mais il était trop tard, son pantalon gisait déjà à ses chevilles.

-Tiens, enfile le peignoir.

Il apprécia l'aide de son père qui fit glisser le vêtement le long de ses bras, Edward attacha ensuite la ceinture du vêtement. Il remarqua alors les sourcils froncés de son père.

-Quoi ?

-Ton boxer doit être humide, lui fit remarquer Carlisle.

-Euh, ouais, tu pourrais…

-Je ne me rappelais pas que tu sois aussi pudique, murmura son père en lui donnant une serviette avant de lui tourner le dos.

-Je devais avoir 11 ans la dernière fois que tu m'as vu à poil, marmonna Edward qui l'avait entendu.

-Faux, tu en avais 17.

-Quoi ?

-Tu te rappelles ta violente crise d'appendicite ? Cela faisait plusieurs jours que tu avais mal, que tu souffrais, mais tu avais tout fait pour que nous ne nous en rendions pas compte. J'ai dû moi-même t'opérer en urgence tu étais à deux doigts de nous faire une péritonite.

-Et ? Questionna Edward perplexe.

-Tu crois vraiment que tu étais habillé lors de l'intervention ? Lança son père amusé.

Edward marmonna une réponse inintelligible, bien sûr, son père l'avait vu dans le plus simple appareil ce jour-là, mais aujourd'hui c'était différent, il approchait de ses 30 ans !

-Décidément, tu ne changes pas, chuchota son père avec une pointe de tristesse, pourquoi t'échines-tu à porter ton fardeau seul ? Tu sais pourtant qu'à plusieurs on est plus fort. Que dois-je faire pour gagner ta confiance ?

Les paroles de son père le blessèrent, il eut l'impression qu'on venait de lui décocher une flèche en plein cœur.

-Je te fais confiance, assura-t-il, j'ai confiance en vous tous, vous êtes ma famille.

-Vraiment ? Insista Carlisle qui lui tournait toujours le dos. Alors pourquoi ne partages-tu pas tes problèmes ? Tu aurais pu mourir à 17 ans pour ne pas nous avoir dit que tu allais mal.

-Je… Je ne pensais pas… Papa, j'ai confiance c'est juste que maman et toi vous avez sacrifiez beaucoup de choses quand vous êtes venus me chercher, vous m'avez redonné le sourire, vous m'avez adopté et donné un frère et une sœur et j'avais peur… Enfin, je ne voulais pas être un fardeau.

-Tu sais que c'est la première fois que tu me parles ainsi à cœur ouvert, lui fit remarquer son père en se retournant pour le fixer, cela fait 20 ans que j'attends que tu me le dises.

-Tu… Tu savais ?

-Je m'en doutais. Edward, d'un point de vue biologique tu es mon neveu, mais dans mon cœur et c'est pareil pour Esmé tu es notre fils. Emmett et Alice se confient à nous, ils nous parlent de leurs problèmes et nous faisons de notre mieux pour les aider, toi, tu n'es jamais venu et tu faisais tout pour ignorer nos invitations à te confier.

-Je suis désolé, je ne voulais pas vous blesser.

-Ce n'est pas ton obstination à vouloir te débrouiller seul qui nous blessait, non, c'était de te voir souffrir dans ton coin sans que nous ne puissions rien y faire. Edward, je sais que tu ne peux pas changer du jour au lendemain, mais promets-moi d'essayer de te reposer sur nous ou sur un membre de la famille, s'il-te-plaît.

-D'accord.

-Bon, maintenant, ôte-moi ce boxer !

Carlisle lui sourit avant de lui tourner à nouveau le dos. Edward regrettait le mal qu'il avait fait, mais il s'était toujours senti redevable envers les Cullen qui avaient tout fait pour qu'il soit heureux, qu'il s'était promis, du haut de ses 10 ans, de ne jamais leur causer de soucis. Apparemment, il n'avait guère réussi. Il serra les dents et ôta son boxer avant d'enrouler la serviette autour de sa taille.

-C'est bon, dit-il à son père.

-Allez viens t'allonger sur le divan.

Edward hésita, mais vue la conversation qu'il venait d'avoir avec son père, il ne pouvait qu'obéir et puis Carlisle avait raison, il avait besoin d'aide. Il s'allongea pendant que son père préparait tout son nécessaire médical avant de s'installer sur un tabouret qu'il régla à la bonne hauteur. Pendant que Carlisle enfilait des gants, il défie le nœud de son peignoir, mais il n'écarta pas les pans de ce dernier. Ses paupières se fermèrent quand son père le fit pour lui. Rapidement, les doigts recouverts de latex se posèrent sur son torse, ôtant les pansements, il serra les dents pour retenir un gémissement de douleur.

-Quand es-tu sorti de l'Hôpital ? Questionna Carlisle d'une voix professionnelle.

Edward tressaillit. Le ton distant de son père le blessait, mais il l'avait bien cherché.

-17 jours.

-Ils t'ont laissés sortir aussi vite ? S'étonna son père.

-J'ai signé une décharge, avoua-t-il à contrecœur.

-Pourquoi ne pas avoir pris le temps de te reposer ?

-Ils menaçaient de m'enlever Stefan, c'était lui ou l'hosto, la question ne se posait même pas. Je suis resté chez Russell.

-Si même lui t'a soutenu dans ta décision stupide de quitter l'Hôpital, j'imagine que tu devais être d'une humeur massacrante.

-C'était pour Stefan.

-Je comprends, même si je n'approuve pas. Tu n'as pas eu une ordonnance pour des soins infirmiers ? Demanda son père après avoir ôté tous les pansements.

-Si.

-Regarde-moi, Edward.

Il ne put qu'obéir à l'ordre et plongea son regard dans celui de son père. Ce dernier était en colère, mais il pouvait lire autant d'inquiétude dans son regard.

-Certaines de tes plaies se sont infectées, cela peut être grave et dangereux, peux-tu me dire ce qu'aurait fait Stefan quand son père se serait retrouvé hospitalisé en urgence ?

Edward baissa les yeux comme quand il était enfant et qu'il se faisait gronder, ce qui était le cas aujourd'hui, mais en plus il avait déçu son père, son modèle.

-Tu es perdu, je le vois bien, Edward, tu es à bout. Tu as besoin de repos et de te faire dorloter. Maman et moi allons prendre soin de Stefan et toi. Tu n'es pas réellement en vacance, n'est-ce pas ?

-En arrêt maladie.

-Ca va faire un peu mal, prévint son père.

Un sifflement s'échappa de ses dents serrées quand son père commença à nettoyer ses plaies, ses mains agrippèrent tant bien que mal le cuir du divan alors qu'il faisait son possible pour rester tranquille.

-Prends ça !

-C'est quoi ? Demanda-t-il en observant le comprimé que lui tendait Carlisle.

-Ca va t'étourdir pendant une vingtaine de minutes.

-J'en ai pas besoin.

-Edward, j'ai à peine nettoyé une plaie et si je sais encore compter, il en reste 4. Tu crois vraiment que tu vas tenir le coup ?

-Oui.

-Arrête de t'entêter et prends-le.

Edward n'eut d'autre choix que de prendre le médicament. Carlisle patienta quelques minutes, la pièce commençait à devenir floue et il vit vaguement la main de son père s'agiter devant ses yeux. Il sentit la douleur lorsque Carlisle reprit son travail, mais il ne la ressentait plus de la même manière, il était détendu et indifférent.

-Que s'est-il passé Edward ?

La voix douce de son père résonna agréablement à ses oreilles, il avait envie de lui répondre, chose qui l'étonna, pourtant, il lutta contre ce besoin et mordit sa lèvre inférieure pour ne pas parler.

-Qui t'a fait ça, mon fils ?

Ne pas répondre, il ne devait pas lui répondre. Il devait protéger son père, il le devait.

-Edward, parle-moi, mon cœur, parle à papa, lui demanda la voix doucereuse de son père.

-Peux pas, dit-il refusant d'articuler quoi que ce soit d'autre.

-Chut, c'est rien, murmura Carlisle.

La main de son père quitta son torse pour caresser tendrement ses joues. Il ferma les yeux et se laissa envahir par une douce torpeur. Il pouvait toujours entendre la voix de son père. Edward avait l'étrange impression que ses lèvres bougeaient, mais il se rassura en se disant qu'il ne devait articuler que des sons indistincts. Tout à coup de légères tapes sur ses joues le firent reprendre contact avec la réalité.

-Edward ! Edward, reviens, s'il-te-plaît, l'encouragea son père.

Il sentit ses paupières papillonner avant de distinguer une forme floue en laquelle il sembla reconnaître son père.

-C'est bien, le félicita Carlisle alors qu'il distinguait de mieux en mieux les traits de son père. Je vais te faire une prise de sang pour contrôler ta VS et ta CRP, je veux vérifier que l'infection ne soit pas trop importante.

Edward acquiesça de la tête et peu de temps après, il sentit un aiguille mordre le creux de son coude.

-Tu prends des antibiotiques ?

-Oui, répondit-il d'une voix étrangement pâteuse.

-Je vais demander un antibiogramme au laboratoire car je ne suis pas sûr que l'antibiotique que tu prends soit efficace. J'ai remarqué que tu manges peu ces dernier temps, as-tu cessé de prendre tes médicaments ?

-Bella m'a confisqué mes somnifères et mes anti-inflammatoires.

-Quoi ? S'étonna son père perplexe.

-Elle a cru que je me shootais, avoua-t-il avec un sourire.

-Sacrée Bella, sourit Carlisle, je vais t'en prescrire d'autres, tu en as encore besoin. Bien, maintenant, tu vas aller t'allonger avant le déjeuner, un peu de repos ne sera pas superflu.

Edward acquiesça, il se sentait encore groggy par les effets du médicament. Carlisle l'aida à se relever et bras dessus, bras dessous, ils regagnèrent sa chambre. Son père l'aida à se glisser sous sa couette.

-Dors, mon grand, on prend soin de Stefan. »

Il sentit les lèvres de son père se poser sur son front, ses paupières bien trop lourdes finirent pas s'abaisser. Edward luttait contre le sommeil qui menaçait de l'envahir, il y avait quelque chose, quelque chose qui le dérangeait. Aurait-il dit sans le vouloir la vérité à son père ? Non, il ne le pensait pas. Sur cette dernière pensée, il sombra dans le sommeil.


Bella s'agrippa à son siège quand Emmett négocia un virage serré à une vitesse bien trop élevée. Assit à l'arrière, Jacob et Quil pestèrent contre leur supérieur en lui demandant s'il avait décidé de les tuer. Emmett répondit par un grognement indistinct avant d'accélérer encore, zigzaguant entre les voitures qui ne roulaient pas assez vite à son goût et ne s'écartaient pas de son chemin malgré la sirène hurlante. Cela faisait une semaine qu'ils avaient découvert le corps de Jackson Williams. La vie tranquille de la victime contrastait étonnamment avec la violence de sa mort. En effet, Monsieur Williams travaillait dans une banque à Seattle et son entourage, profondément choqué par sa mort, ne lui connaissait aucun ennemi. Leur enquête avait permis de corroborer les propos de ses proches, jamais Jackson Williams n'aurait dû mourir d'une manière aussi horrible. Bella frémit quand elle repensa au rapport du légiste, la victime avait été longuement torturée avant qu'on n'abrège sa souffrance par la mort. Rien dans l'enquête de voisinage ne leur avait permis d'avancer, hormis la voisine à moitié sourde, mais elle n'avait rien vu, d'ailleurs, personne n'avait rien vu, pas de voiture suspecte, pas de rodeurs, rien ! Au bout d'une semaine d'enquête, ils en étaient toujours au même point ! C'est alors qu'ils avaient reçu un appel de la police de Portland, ils venaient de découvrir le corps d'un homme dans une usine désaffectée qui semblait avoir été assassiné dans les mêmes conditions que leur victime. Voyant la tournure que prenait l'enquête, Emmett voulut la dessaisir du dossier et elle avait dû se battre bec et ongles pour pouvoir continuer. Son supérieur l'avait longuement observé avant de lui ordonner de monter en voiture. Depuis, Emmett conduisait comme un fou furieux en direction de Portland.

Bella, tout comme Jacob et Quil, poussa un soupir de soulagement lorsqu'ils arrivèrent devant une usine qui tombait en ruine. A peine le moteur de leur voiture était-il éteint qu'Emmett se précipita vers le cordon jaune qu'il traversa en montrant sa plaque. Ils le suivirent et à son plus grand regret, Quil leur ordonna de se renseigner sur l'enquête de voisinage pendant qu'il rejoignait leur lieutenant à l'intérieur. Bella leva les yeux au ciel, quelle enquête de voisinage ? Les lieux étaient déserts ! Elle se rapprocha tout de même de leurs collègues de Portland avec lesquels Jacob avait entamé la conversation. Ils apprirent que le coin était surtout fréquenté par des SDF et des drogués, ils auraient donc du mal à obtenir des informations. Le peu de personnes qu'ils avaient pu trouver à proximité ne leur avait rien dit d'intéressant. Bella soupira. Ils avaient maintenant deux victimes, mais rien sur le tueur ! Cet état de fait l'agaça, mais elle tenta de se calmer en se disant que peut-être cette scène de crime serait moins propre que la dernière, le tueur aurait peut-être commis une erreur, laissé une trace, une empreinte. Cependant, la mine renfermée d'Emmett lui apprit que ce n'était pas le cas. Il discutait avec son vis-à-vis de Portland et tous deux se promirent de se tenir informé de l'avancée de leur enquête, ils avaient déjà deux cadavres sur les bras en une semaine, rien ne leur permettait de croire qu'il n'y en aurait pas un troisième dans une semaine ! Emmett revenait vers eux pour voir ce qu'ils avaient quand il se figea, Quil et les autres policiers l'imitèrent. Bella se retourna pour voir un immense 4x4 noir aux vitres teintées se garer devant eux. Deux hommes en uniformes, lunettes de soleil sur les yeux malgré les lourds nuages qui obstruaient le ciel, passèrent sous le cordon jaune en brandissant leurs cartes.

« -Eh, merde ! Manquait plus que les fédéraux, marmonna Emmett à son homologue.

-Agent Delannoy et Agent Lawson, se présenta le plus âgé des deux en mettant sa carte sous le nez d'Emmett.

-On sait qui vous êtes, grogna le lieutenant Dirthy de Portland.

Apparemment, aucun des deux lieutenants ne semblait apprécier les fédéraux et elle put remarquer que les autres policiers suivaient l'échange avec intérêt, leurs corps raides dénotaient une certaine tension.

-Bien, où est le corps ? Repris Delannoy en rangeant son insigne.

-Jusqu'à preuve du contraire, il ne s'agit pas d'une enquête fédérale, rappela Emmett d'un ton dur, donc, fichez le camp !

-Allez ne soyez pas stupide, Lieutenant Cullen, nous savons tous ici que vous n'avez pas les moyens de mener cette enquête, railla l'agent Lawson.

-Je suis sûr que votre dossier de preuves ne doit contenir que des feuilles blanches, ironisa l'agent Delannoy, allez, faites nous gagner du temps en nous laissant reprendre l'affaire.

-Cette affaire est la nôtre, articula froidement le Lieutenant Dirthy, et elle le restera tant que nous n'aurons pas reçu un ordre contraire. Maintenant, dégagez !

-Vous allez le regretter, prévint Delannoy, vous allez vous faire lyncher par la presse quand un troisième corps fera son apparition.

Bella s'avança vers le petit groupe, certains de ses collègues, l'imitèrent quand ils virent Emmett s'avancer vers les deux agents, les poings serrés, la mâchoire crispée, il était furieux.

-Ça suffit, partez ! Intervint Quil en posant une main sur l'épaule d'Emmett.

Les deux agents leur jetèrent un regard hautain avant de tourner les talons et la jeune femme dut se retenir pour ne pas leur coller une droite. Une fois que l'énorme tout-terrain eut disparu de leur vue, l'ambiance s'allégea aussitôt.

-Ils vont pas facilement lâcher l'affaire, soupira Dirthy.

-Ouais, approuva Emmett, mais tant que le ou les meurtriers ne sortent pas de l'état, ce n'est pas de leur ressort et je suis sûr que le commissaire Dubois ne les appellera pas à la rescousse.

-Le notre non plus, enfin, tant que la situation ne s'aggrave pas, précisa le lieutenant de Seattle.

-On va faire en sorte que cela ne se produise pas, déclara Emmett. Bella, Jacob, vous avez terminé ?

-Oui, répondit-elle.

-Bien, Dirthy, on vous fait envoie nos résultats dès notre arrivée, informa Emmett en serrant la main de son homologue.

-Je fais de même, Cullen, dès que j'ai le rapport du légiste et l'identité de notre gars, mais ça risque de ne pas être simple.

-Pourquoi ? Demanda doucement Bella qui ne savait pas si elle pouvait intervenir ou non.

-Simplement parce que c'est un SDF, soupira Emmett, et que malheureusement pas grand monde n'est là pour signaler leur disparition. »

Bella hocha la tête. Ils saluèrent leurs collègues avant de se remettre en route pour Seattle. La nuit était tombée lorsqu'ils arrivèrent au commissariat. Ils se dirigèrent vers l'une des salles de repos qu'ils avaient réquisitionné où ils entreposaient tout ce qui concernait l'affaire, c'est-à-dire pas grand-chose pour le moment. Jacob et Quil actualisèrent les dossiers pendant qu'elle notait sur le grand tableau blanc tout ce qu'ils savaient pour le moment concernant Monsieur X leur deuxième victime. Alors qu'elle rebouchait le feutre dont elle venait de se servir, Bella remarqua le regard soucieux d'Emmett, les doigts de ce dernier jouaient nerveusement avec son téléphone portable et il semblait en proie avec un cruel dilemme. Finalement, son grand frère de cœur passa une main dans ses cheveux, geste copié chez son père, avant de composer un numéro. Aux propos d'Emmett, elle comprit qu'il demandait l'aide de Jasper. Le fiancé de sa meilleure amie était consultant pour leur service, Emmett voulait un œil neuf sur l'enquête et peut-être une autre approche qui pourrait leur apporter un début de piste. Dès qu'il eut raccroché, Emmett les renvoya chez eux pour prendre un peu de repos tout en leur demandant d'être là pour neuf heures.


Edward s'était réveillé plus tard dans la journée, alors que ses yeux papillonnaient, son estomac grogna. Il se leva et savoura le fait de ne plus sentir son corps en feu, les soins et les médicaments que son père lui avaient donné faisaient effets. Il s'habilla et rejoignit le rez-de-chaussée qui était plongé dans une douce pénombre. Jamais il n'aurait cru qu'il puisse faire aussi chaud et beau à Forks, le réchauffement climatique semblait même toucher cette bourgade habituellement grise et pluvieuse ! Des rires le sortirent de ses pensées tout en l'attirant vers la cuisine. Il s'arrêta sur le seuil de celle-ci et un sourire se dessina sur son visage. Stefan, jugé sur un tabouret, était en train de jeter une poignée de farine sur le visage de Carlisle qui riposta en déposant un peu de chocolat fondu sur le bout du nez de l'enfant dont le pourtour des lèvres en était déjà couvert. Sa mère était en train de faire cuire des crêpes et riaient des facéties de ses deux apprentis cuisiniers. Il s'avança dans la pièce et dès qu'il le vit, son fils lui tendit les bras. Edward le prit contre lui et Stefan se fit une joie de l'embrasser, en profitant au passage pour lui mettre du chocolat sur le visage. Après s'être nettoyés et avoir rangés la cuisine, ils s'assirent autour de la table de la terrasse pour déguster les crêpes qui avaient survécu avec un peu de glace. La soirée se passa tout aussi paisiblement, même s'il pouvait parfois sentir le regard inquiet de son père posé sur lui. Au moment du coucher, Carlisle vint lui apporter les médicaments qu'il avait été cherché pour lui, il lui en fit prendre un immédiatement. Edward s'allongea dans son lit et ferma les yeux. Il put sentir les mains expertes de son père sur son corps, il était en train de vérifier l'état de ses blessures. La suite fut vague, il était tellement exténué qu'il ne savait même plus si son père était sorti ou non. Cependant, un léger grattement et le bruit de sa porte s'entrouvrant le fit réagir, enfin, il se contenta simplement de se pousser sur le côté et de repousser le drap qui le couvrait. Stefan et son doudou vinrent se blottir contre lui et ils s'endormirent.

Edward sursauta en entendant un bruit étrange et qui ne cessait de se répéter. Stefan ! Pensa-t-il aussitôt en ne sentant pas son fils à ses côtés. Il ouvrit un œil et distingua les contours de sa chambre chez ses parents. Non, il ne devait pas s'inquiéter, son fils était en sécurité avec ses grands-parents. Le bruit revint, entêtant, énervant. Il se hissa sur un coude et chercha la provenance de ce dernier. Son regard se posa sur son téléphone portable qui sonnait tout en vibrant sur son chevet. Il l'attrapa et fronça les sourcils en voyant qu'il avait 5 appels en absence d'Emmett et un message qu'il ouvrit.

Hey, frérot ! Ai besoin de ton aide. Question de vie ou de mort. Enfile ta panoplie de super héros et vient à mon secours ! Emmett.

Edward fronça les sourcils face au message plus que déconcertant de son frère. Il s'assit dans son lit tout en essayant d'éclaircir son esprit confus, il tapa rapidement un message pour demander des explications.

Ai des problèmes ! Ramène-toi !

Son sang ne fit qu'un tour dans ses veines, son frère l'appelait au secours ! Edward sortit rapidement de son lit et se dirigea vers son armoire pour attraper le seul costume qu'il avait emporté avec lui. Il alla ensuite dans la salle de bain pour se changer et passer un peu d'eau froide sur son visage. Il observa alors son torse bandé, il ne se souvenait pas que son père l'ait fait. Ce dernier avait dû remarquer que ses côtes le faisaient souffrir et il était vrai que le bandage compressif le soulageait. Il se changea et au moment d'enfiler son pantalon, il se figea. Pourquoi la douleur au niveau de ses membres inférieurs était beaucoup moins vivace ? Il frissonna à l'idée que son père ait pu constater ces blessures qu'il tenait tant à cacher. Non, il devait se faire des idées. Ses plaies s'étaient sûrement cicatrisées. Rassuré par cette idée qu'il ne cessait de se répéter, il noua sa cravate avant de revenir dans sa chambre, il s'accroupit devant sa table de chevet dont il ouvrit le panneau en bois révélant un petit coffre-fort, il tapa le code et prit ce dont il avait besoin à l'intérieur avant de le refermer. Une fois ses chaussures enfilées, il gagna le rez-de-chaussée, ses parents ainsi que Stefan étaient installés sur un canapé et feuilletaient un vieil album photo.

« -Edward ? S'étonna sa mère en le dévisageant de la tête au pied. Que fais-tu ainsi vêtu ?

-Emmett a besoin d'aide, je fais un saut au Commissariat pour voir de quoi il en retourne et je reviens, annonça-t-il en fuyant le regard désapprobateur de son père. Je peux emprunter ta voiture maman ? S'il-te-plaît ?

-Euh, oui, bien sûr, mais je ne pensais pas qu'un jour tu accepterais de conduire ma mini, avoua sa mère dans un sourire.

Edward dissimula sa grimace, il n'avait pas envie de prendre la voiture de sa mère, mais il savait que son père ne lui prêterait pas sa Mercedes, pas après ce qu'il avait vu hier.

-Tu devrais te reposer, déclara Carlisle comme s'il avait lu dans ses pensées, je suis sûr qu'Emmett peut se débrouiller tout seul.

-Papa, s'il-te-plaît, implora-t-il dans un murmure tout en plongeant son regard suppliant dans le sien.

-Veux pas que tu partes, papa ! S'écria Stefan qui venait de comprendre la situation.

Son fils quitta le canapé et vint s'accrocher à sa jambe. Edward tenta de défaire doucement son emprise, mais Stefan le tenait fermement.

-Je vais revenir, Stefan, promit Edward, mais je dois aller aider tonton Emmett. Tu vas rester avec papi et mamie pendant ce temps, d'accord ?

-Veux pas !

-Stefan, souffla-t-il en s'agenouillant pour le prendre dans ses bras, je ne pars que pour quelques heures, mon cœur.

-Stefan, intervint Carlisle, serais-tu rassuré si j'accompagnais papa ?

Son fils les yeux emplis de larmes les observa à tour de rôle, indécis. Edward se pencha alors pour murmurer quelques mots à l'oreille que lui seul put entendre.

-Je ne risque rien avec mon papa, assura Edward à son fils, il me protège comme moi je te protège.

Stefan réfléchit quelques secondes avant d'hocher solennellement la tête. Edward lui sourit et posa un baiser sur sa joue avant de le prendre dans ses bras pour un câlin. Il confia ensuite son fils à Esmé et ils gagnèrent le garage. Sans un mot, son père s'installa au volant de la Mercedes pendant qu'il essayait de distendre sa ceinture de sécurité pour qu'elle n'appuie pas sur les plaies mises à vif par les soins de son père.

-Tu as pris un antalgique ? Questionna ce dernier en voyant son manège.

-…

-Tu es impossible, tu le sais ? Soupira son père avant de lui tendre un flacon orange. Prends en deux.

Edward obéit avant de lui rendre le flacon, mais son père le refusa et lui fit signe de le conserver.

-Bien, je vais te laisser au Commissariat pour que tu voies ton frère, je te donne deux heures. Pendant ce temps, j'irais récupérer les résultats de ton analyse de sang et j'en profiterais pour voir des collègues.

-Papa, si Emmett m'a appelé c'est que ça doit être grave et…

-Et rien du tout, tu es convalescent et ton fils t'attend à la maison. Tu rentres dans ce Commissariat, tu fais ton possible pour aider ton frère et je te reprends dans deux heures et ne m'oblige pas à venir te chercher ! Compris ?

-Oui, papa, marmonna-t-il.

-Je fais ça pour toi, pour ton bien, mon grand et puis demande à ton frère puisqu'il t'a tiré du lit de t'offrir un petit-déjeuner ! »

Edward sourit à son père, il le comprenait, si Stefan agissait de cette manière avec lui, cela ferait longtemps qu'il l'aurait enfermé dans sa chambre pour qu'il se tienne tranquille. Cependant, Carlisle n'était pas ainsi, non, il le soutenait peu importe la situation. Rapidement, son père se gara devant le Commissariat où travaillait son frère. Il sortit de la voiture tout en le remerciant. Son père lui demanda de passer le bonjour à Emmett et à Bella tout en lui rappelant qu'il l'attendait sur ce même trottoir dans deux heures. Edward acquiesça, puis, il se redressa et boutonna la veste de son costume noir et mit ses lunettes de soleil, autant ne pas se priver des clichés avec ce beau soleil, se dit-il en esquissant un sourire et en grimpant les marches menant à l'entrée du Commissariat.


A neuf heures tapantes, Bella poussa la porte de la salle de conférence. Elle salua Emmett et Jasper, le blond tenait déjà le rapport concernant Williams entre ses mains. Quil et Jacob ne tardèrent pas à les rejoindre, puis, Bennett arriva en compagnie du Lieutenant Dirthy qui était venu leur porter les premiers résultats en main propre.

« -Et vous êtes ? Demanda le Lieutenant de Seattle en se tournant vers Jasper.

-Voici mon beau-frère, le Docteur Jasper Whitlock, il est psychologue et aussi consultant pour nos services, présenta Emmett.

-Ravi de vous rencontrer Docteur Whitlock.

-De même, mais appelez-moi Jasper, demanda Jazz avec un sourire qui gagnait tous les cœurs.

Aussitôt, Bella vit le Lieutenant Dirthy se détendre, il faudrait qu'elle pense un jour à demander à Jasper comment il faisait pour mettre aussi facilement les gens en confiance.

-Alors, Jasper, pouvez-vous nous apprendre quoi que ce soit sur ces meurtres ? Questionna Dirthy avec espoir.

-Je suis désolé de vous décevoir, mais comme je l'ai dit à Emmett cela ne rentre pas vraiment dans mes attributions, avoua Jazz, je ne suis pas un spécialiste en criminologie.

Bella mordilla sa lèvre quand elle vit la déception sur les visages de ses collègues, Jasper leur adressa un petit sourire d'excuse.

-Vraiment désolé, répéta le fiancé de sa meilleure amie.

-Et si tu prenais le problème à l'envers, proposa-t-elle.

-Pardon ?

-Nous n'avons pratiquement rien sur le tueur, mais tu pourrais essayer de voir si les victimes avaient des traits communs, quelque chose qui nous aurait échappé, expliqua Bella.

-Pas bête, approuva Emmett.

-Oui, mais il ne faut pas oublier qu'il frappe peut-être au hasard, fit remarquer Quil.

-Mais ça vaut quand même le coup d'essayer, non ? L'épaula Jacob.

-Oui, convint Jasper, s'ils ont quelque chose en commun, je devrais pouvoir le trouver.

Jazz était en train de reprendre les dossiers en main quand Bennett les rejoignit avec les résultats du légiste de Portland, son visage laissait entrevoir son mécontentement.

-Que se passe-t-il ? Demanda Emmett qui l'avait lui aussi remarqué.

-Les fédéraux sont dans le bureau du Chef, leur apprit-il.

-Fais chier ! Grondèrent en même temps les deux lieutenants.

-Vous croyez qu'on a le temps d'aller se planquer avec tous les dossiers ? Risqua Quil pendant qu'Emmett pianotait comme un dingue sur son téléphone portable.

-Ce serait une bonne idée, approuva le Lieutenant Dirthy, mais pas très réalisable.

Tous soupirèrent de dépit sauf Emmett qui trépignait tout en lisant le message qu'il venait de recevoir, un sourire indéchiffrable se dessina sur son visage. Au même moment, la porte s'ouvrit sur le Commissaire Dubois qui affichait une mine désolée.

-Navré, les enfants, mais le FBI reprend l'affaire. Veuillez leur donner les dossiers.

-Mais, Chef…

-Non, Emmett, je viens de recevoir un ordre officiel, je ne peux pas m'y opposer.

Les agents Lawson et Delannoy les observèrent avec un air victorieux avant de s'approcher des dossiers pour les saisir. Lawson arracha des mains de Jasper le rapport qu'il était en train de lire.

-Je n'ai pas terminé, remarqua Jazz d'un ton acide en retenant le dossier.

-Et vous êtes ? Questionna l'agent Lawson avec le dédain qui le caractérisait.

-Docteur Jasper Whitlock, je suis consultant sur cette affaire.

-Vous faites appel à des civils ? S'indigna Delannoy montrant ainsi qu'il n'appréciait pas leur démarche.

-Nous avons un tueur a arrêté, tout aide est bénéfique, siffla Dirthy.

-Et c'est pour cela que nous reprenons l'affaire, retournez plutôt faire la circulation, cracha Lawson.

-Espèce de…

-Ça suffit ! Coupa le Commissaire en retenant Emmett. Je vous prie de bien vouloir parler sur un autre ton à mes hommes ou je serais obligé de rendre compte de votre comportement à votre supérieur !

-Mais faites donc, dit Delannoy d'un ton méprisant.

-Vous vous croyez vraiment supérieurs à nous ? Ne put s'empêcher de lâcher Bella d'un ton hargneux. Ce n'est pas parce que vous êtes du FBI que vous êtes meilleurs !

-Vous…

-La sortie est par là, leur désigna Bella avec colère, faites attention aux chambranles de la porte, je ne suis pas sûre que votre ego passe !

Bella sentit plus qu'elle ne vit son coéquipier et ses supérieurs l'entourer quand l'agent Lawson, furieux, fit un pas vers elle.

-Ecoute-moi bien, petite c…

-J'espère pour vous que le terme que vous allez employer flattera mes oreilles sinon vous risquez de vous faire un ennemi ! Prévint une voix qui la fit frissonner.

Lentement, les agents fédéraux se retournèrent et tous dévisagèrent le nouvel arrivant. Elle fut surprise de voir Edward Cullen adossé contre la porte, les bras croisés sur son torse. Il portait un costume noir sur une chemise blanche entrouverte et il était tout simplement superbe, son charisme et son autorité naturelles transparaissaient dans chacun de ses gestes.

-De quel droit…, commença l'agent Lawson avant qu'Edward ne le coupe en levant son index.

-Agent Edward Cullen, FBI, BAU, déclina-t-il en montrant son insigne. Le Commissariat de Seattle a sollicité l'aide de mon service, invitation que nous avons accepté. Je reprends donc cette affaire.

-Mais…

-Lawson, coupa l'agent Delannoy, le BAU a tout pouvoir.

-Bien, ravi que vous connaissiez notre hiérarchie, je m'en voudrais de devoir contacter votre supérieur.

Avec un plaisir non feint, les policiers apprécièrent la soudaine pâleur des deux fédéraux.

-Agent Delannoy, allez me chercher un café noir, sans sucre, ordonna Edward en s'avançant dans la pièce pour prendre le dossier qu'il tenait entre ses mains, Agent Lawson, je veux un Chevrolet Tahoe à ma disposition dans un quart d'heure. Vous pourrez ensuite rentrer à l'antenne de Seattle !

Les agents ne purent qu'acquiescer. Edward s'installa à la table et prit les dossiers qu'il feuilleta, personne n'osa bouger ou parler, sûrement parce que l'agent du BAU leur demandait le silence d'un léger mouvement du doigt. Une fois qu'il eut son café et les clefs de son véhicule, il congédia sèchement les deux agents qui ne demandèrent pas leur reste. Edward s'approcha de la porte et les observa quitter le Commissariat. Dès qu'il fut sûr qu'ils furent partis, il claqua la porte et se tourna vers eux, la colère luisait dans ses émeraudes.

-Je te conseille de faire immédiatement une demande auprès de mon service ! Gronda-t-il à l'attention d'Emmett.

-Comment ça… Mais tu n'as pas fait de demande ? Interrogea le Commissaire Dubois.

-Euh, c'est-à-dire, bégaya Emmett.

-Pourquoi êtes-vous ici s'il n'y a pas eu de demande ? Questionna Jacob perdu.

-Agent Cullen, s'est ça ? Releva le Lieutenant Dirthy avec un sourire. Un lien de parenté ?

-Oui, je suis le grand frère de ce crétin ! Tu sais que j'ai dû quitter la maison en quatrième vitesse quand j'ai eu ton message d'appel à l'aide ? Et alors que tu me renvoies un message pour savoir si j'arrive bientôt et que je te réponds oui, tu me demandes de jouer cette petite comédie ?

-Edward…

-Non, Emmett ! Va immédiatement envoyer une demande d'assistance au BAU !

-Mais, tu peux comprendre que l'on veuille garder notre affaire, tenta de se justifier le cadet.

-Tu viens pourtant de la perdre.

-Quoi ? S'écrièrent-ils.

-Je ne mens pas à des collègues, je prends cette affaire en main et je te laisserai peut-être coopérer avec moi si tu me présentes des excuses !

-T'es en vacances, lui rappela le cadet.

-Je n'y suis plus, grâce à toi ! Et puis, vous avez besoin d'aide ?

-Non, ne put s'empêcher de dire Emmett par fierté.

-Euh, si je puis me permettre, intervint Jasper en se plaçant entre les deux frères, tu m'as fait venir Emmett pour que je dresse un profil du tueur, chose dont je n'ai aucune expérience, ce qui n'est pas le cas de ton frère dont c'est le métier.

-Merci, Jazz, je sais quel boulot fait mon frère ! Ricana Emmett.

-Bon, Em, souffla Edward exaspéré, tu me laisses me mettre au travail parce qu'honnêtement je pense que vous avez un sérieux problème sur les bras !

-Que veux-tu dire ? Demanda Bella.

-Ce type n'en est pas à son coup d'essai, je suis prêt à parier que vos victimes ne sont pas les premières !

-Et tu peux dire ça après avoir jeté un simple coup d'œil aux photos ? Douta Jacob.

-Oui, dit simplement Edward sans lui prêter plus d'attention, Emmett, tu me présentes ?

-Euh, ouais, tu connais déjà Bella et Jasper. Voici mon Chef, le Commissaire Dubois, là c'est le Lieutenant Dirthy de Portland, voilà les Inspecteurs Quil Ateara et Bennett Dauby et enfin l'officier Jacob Black, le coéquipier de Bella.

-Ravi de faire votre connaissance à tous, assura Edward d'un ton chaleureux et envoûtant. Contrairement à ce que mon frère a pu vous laisser penser, je ne suis pas là pour prendre votre place, me reposer sur le travail que vous avez déjà fourni et récolter les lauriers à la fin. Non, ce n'est pas la politique du BAU.

-BAU ? Releva Jacob.

-Behavioral Analysis Unit, nous étudions, analysons le comportement des tueurs, des pédophiles, des terroristes. Notre travail consiste à dresser le portrait de la personne que nous cherchons ainsi nous pouvons prévoir ses faits et gestes et la coincer.

-Pas de boule de cristal ? Railla Quil.

-Non, répondit Edward sans se départir de son sourire, mais je pense que nos résultats parlent pour nous. Emmett, j'aimerais vraiment que tu fasses cette demande, je vais avoir besoin de mon équipe.

-Je m'en charge et désolé d'avoir gâché tes vacances.

-C'est pas grave, je vais juste me reposer un peu plus sur mes agents comme ça je pourrais tout de même passer du temps avec Stefan.

-Te fais pas de soucis pour Stefan, le rassura Jasper, Esmé et Carlisle vont le pourrir et puis il fait des progrès. »

Bella ne put s'empêcher de se sentir soulagée en entendant les propos de son ami, Stefan progressait et cela la ravissait. La voix d'Edward résonna à nouveau et elle fut surprise d'entendre qu'il s'adressait à elle. L'agent du FBI lui demandait de le briefer sur l'affaire. Quelques secondes passèrent le temps qu'elle assimile ses propos, il l'encouragea du regard tout en lui offrant un sourire en coin et elle détesta sentir ses joues s'échauffer. La jeune femme lui renvoya un regard noir avant de se lever pour lui parler de leur enquête, le Lieutenant Dirthy prit le relais pour l'affaire concernant Portland étant donné qu'elle ne connaissait pas trop l'avancée de leur côté. Bella soupira lorsqu'elle entendit le rapport de leur collègue, ils n'avaient rien de plus qu'eux, elle aurait tant aimé qu'ils aient une piste solide ou un suspect pour clouer le bec du FBI et leur montrer que même s'ils n'étaient que de simples flics, ils pouvaient aussi résoudre des enquêtes. Emmett les rejoignit à cet instant, elle fronça les sourcils en voyant son air paniqué et quelque peu inquiet.

« -Tu as fait la demande ? L'interrogea Edward sans le regarder.

-Oui.

Quelque chose dans le ton de son frère dû interpeller le fédéral car il leva la tête pour observer son cadet.

-Merde, jura Edward en jetant un coup d'œil à sa montre.

-J'ai fait que l'apercevoir et il a l'air furax, s'alarma Emmett, pire que lorsque j'avais rayé sa voiture ! S'il-te-plaît, dis-moi qu'il en a après toi !

Bella ne put retenir un sourire, serait-il possible que deux grands gaillards comme eux aient encore peur de leur père ? Quelques légers ricanements lui apprirent qu'elle n'était pas la seule à trouver la situation comique. Un coup fut soudain frappé à la porte et Emmett se décolla de cette dernière pour aller se placer derrière son frère, chose qu'elle trouva ridicule car avec son impressionnante carrure, Edward ne suffisait pas à le dissimuler. Le Commissaire Dubois entra accompagné de Carlisle.

-Vos garçons sont là, Docteur Cullen.

-Je vous remercie.

Bella allait saluer Carlisle, mais elle se tut. Le sourire aimable du médecin avait disparu et ses yeux s'obscurcirent lorsqu'il les posa sur ses fils.

-C'est sa faute, balança Emmett en poussant Edward vers leur père.

L'aîné des Cullen laissa échapper un grognement avant de lever la tête pour soutenir le regard de son père.

-As-tu oublié que tu devais m'attendre sur le trottoir il y a une demi-heure ? Rappela Carlisle à Edward.

-Je suis désolé, s'excusa-t-il, j'aurais dû t'appeler, mais j'ai du travail.

-Non, tu n'as pas de travail et tu rentres immédiatement à la villa avec moi !

-Non et avec tout le respect que je te dois, je n'ai plus 10 ans !

-Edward…

-Non, tu ne peux pas me demander de rentrer, pas après ce que je viens de voir. Ils ont un réel problème, des gens sont en danger et je ne pourrais pas dormir en sachant qu'à cause de mes problèmes personnels quelqu'un se fera torturer et tuer.

-Tes problèmes personnels comme tu dis, c'est ta famille. Rentre avec moi, s'il-te-plaît, tu l'as promis à ton fils.

Pour la première fois depuis l'arrivée de Carlisle, Edward baissa la tête, Bella comprit que le médecin venait de frapper un point douloureux. La main de l'agent fédéral qui tenait un dossier s'ouvrit doucement pour laisser tomber ce dernier sur la table.

-Prévenez-moi dès que mon équipe sera là, leur dit-il, je viendrais vous apporter mon aide.

Sans un regard pour eux et d'un pas hésitant, il rejoignit son père. Bella pouvait comprendre que Stefan ait besoin de son père, mais des innocents risquaient de se faire tuer par un fou furieux si Edward ne les aidait pas ! Ils n'avaient rien et la seule personne qui aurait pu les aider était en train de quitter la pièce. Emmett devait penser la même chose que lui, car il ouvrit la bouche pour rappeler son frère, seulement, le regard glacial de Carlisle le fit taire. Ce dernier referma la porte derrière eux et ils se regardèrent tous abasourdis.

-Je rêve ou un agent fédéral vient de se faire ramener à la maison par papa ? S'exclama le Lieutenant Dirthy.

-Hey ! Mon frère traverse une période difficile, le défendit Emmett, la mère de son fils est morte et mon neveu n'a retrouvé l'usage de la parole que depuis deux jours. Alors, je comprends qu'il veuille rester auprès de son fils.

-Je comprends, assura son vis-à-vis, seulement, il a aussi choisi d'être agent fédéral, nous risquons d'avoir un autre meurtre sur les bras avant que son équipe n'arrive.

-Il a raison, murmura Bella, tu ne pourrais pas apporter les dossiers à Edward ?

-Si mes parents ou pire Stefan tombent dessus, tu imagines les conséquences ?

-Edward n'est pas assez grand pour ranger ses affaires ? Répliqua-t-elle. On a vraiment besoin d'aide, je ne comprends pas pourquoi il a laissé ton père agir de la sorte.

-Moi, non plus, admit Emmett. Bon, je vais passer à la villa et lui laisser une copie du dossier.

-Non, ne fais pas ça, intervint Jasper qui était jusque-là resté silencieux.

-Et pourquoi donc ? Questionna Emmett.

-Il se passe quelque chose, je ne sais pas quoi, mais nous connaissons tous Carlisle, jamais il ne se serait mis dans un état pareil s'il n'y avait pas quelque chose de grave derrière tout cela. Je pense qu'Edward a vraiment besoin de rester loin de cette affaire et de profiter de son fils. »

Bella fronça les sourcils. Carlisle aurait-il deviné que son fils abusait des somnifères et de divers antalgiques ? Cela expliquerait sa colère et le fait qu'Edward le suive aussi penaud. Cependant, l'aîné des Cullen avait décidé de devenir agent du FBI, de protéger et servir la communauté alors à quoi bon leur proposer ses services s'il en était incapable. Décidément, ils n'avaient rien gagné à faire venir Edward si ce n'est à perdre du temps. Elle savait qu'elle était de mauvaise foi en s'emportant ainsi contre lui, mais elle était tellement frustrée par leur enquête que malheureusement sa colère retombait sur lui.


Edward s'était posé beaucoup de question, il s'était longuement interrogé sur le chemin du retour. Carlisle l'avait laissé tranquille et il lui en était reconnaissant. Que devait-il faire ? En acceptant de devenir agent fédéral puis agent superviseur d'une équipe du BAU il s'était fait la promesse de protéger les gens des monstres. Or, un de ces monstres sévissait dans l'état de Washington et que faisait-il au lieu de le pourchasser ? Il fuyait. Il abandonnait des victimes innocentes aux mains de ce tueur dérangé. Il les abandonnait comme il avait abandonné Laila et Stefan. Son poing se serra, il se haïssait pour cela. Trop rapidement à son goût, son père se gara devant la villa. Il descendit sans lui adresser un mot, il se rendit dans le salon, Stefan était en train d'y dessiner. Son fils poussa un cri de joie lorsqu'il le vit et courut vers lui. Il serra les dents et ignora la douleur qui se propagea dans son corps lorsqu'il le réceptionna. Son fils blottit dans ses bras, il gagna l'étage. Edward installa son enfant sur le lit et ôta sa veste, décidément, il faisait trop chaud pour porter un costume. Il jeta un coup d'œil à Stefan qui était en train d'essayer d'enfiler sa veste et il en profita pour ranger son arme au plus vite dans le coffre-fort ne souhaitant pas que son fils la voie. Ce dernier s'amusant toujours avec son vêtement, il alla dans la salle de bain où il passa des vêtements plus légers.

Il s'aspergea le visage d'eau froide et contempla pendant quelques minutes son reflet dans le miroir. Il était perdu. Il ne savait plus quoi faire, qui il était, un agent ou un père ? Peut-être serait-il plus raisonnable de quitter le BAU, de démissionner. Ainsi, il pourrait s'occuper pleinement de Stefan et avec le temps il arriverait à oublier qu'un jour il avait abandonné des innocents. Un léger sourire naquit sur son visage, Russell lui aurait déjà vertement remis les idées en place s'il était là en lui rappelant qu'il ne pouvait pas sauver tout le monde et qu'un jour où l'autre il était temps de raccrocher avant que ce métier ne le détruise. Ce jour était peut-être arrivé pour lui. Tout en soupirant, il gagna la chambre et se figea sur le seuil de la salle de bain quand il vit son fils. Stefan était descendu du lit pour se poster devant le miroir, il avait réussi à enfiler sa veste qui traînait sur le sol et dont les manches cachaient les mains du petit garçon. Son fils avait apparemment trouvé son étui à lunettes de soleil, puisque ces dernières, trop grandes pour lui, étaient en équilibre précaire sur le bout de son nez. Ses lunettes ne semblaient pas être les seules à ne pas avoir échappé à la fouille de son fils car il ne le tarda pas à le voir brandir quelque chose en lançant un regard intimidant au miroir.

« -Stefan Cullen ! FBI ! Mima son fils avant de ranger son insigne pour le ressortir quelques secondes plus tard.

Edward ne put s'empêcher de sourire. Doucement, il s'approcha et s'assit derrière son enfant qui se figea en apercevant son reflet. Stefan prit une mine penaude croyant sûrement qu'il allait le gronder pour avoir joué avec ses affaires. Edward déposa un baiser sur son front avant de retrousser les manches de sa veste. Stefan sourit et reprit son manège.

-Pourquoi joues-tu à imiter papa ? Demanda-t-il au bout d'un moment.

-Z'aime bien, tu arrêtes les méchants.

Edward ne répondit pas, il se contenta de réajuster les lunettes de soleil sur le nez de Stefan.

-Ze serais FBI plus grand, comme toi !

-On verra, murmura Edward, tu as le temps de changer d'avis.

-Non, maman elle disait que si y'avait plus de zens comme toi, le monde et ben il serait beaucoup mieux.

Edward ferma les yeux, sa gorge s'était douloureusement serrée quand son fils avait évoqué Laila. Pensait-elle vraiment ce qu'elle disait ? Et si oui, le penserait-elle toujours après l'enfer qu'elle avait vécu par sa faute ?

-Bien que je désapprouve et que je sois folle d'inquiétude à te savoir en train de traquer ces criminels, cela fait partie de toi, tu aimes venir en aide aux gens, pour les sauver et Laila avait raison, tu es doué.

Il sursauta en entendant la voix de sa mère, cette dernière se tenait dans l'embrassure de la porte et il pouvait apercevoir son père derrière elle.

-Je n'ai pourtant pas réussi à sauver les miens, avoua-t-il honteux.

-Même toi, tu ne peux rien contre la folie des hommes, lui rappela sa mère. Edward, je veux que tu sois honnête avec moi, es-tu prêt à quitter ton travail ?

-La question ne se pose pas, je dois penser à Stefan et mon métier m'a déjà trop pris, je ne peux tolérer….

-Ta mère ne te demande pas ce qui te semble être raisonnable, elle te demande si tu es prêt à quitter le FBI et à changer de vie ? Intervint Carlisle.

-Papa, FBI ! Déclara avec fierté Stefan avant de se jeter à son cou pour un câlin.

-Je crois que tu as la réponse à tes questions, murmura Esmé, tu n'as aucune envie ou raison de démissionner.

-Stefan…

-Pour le moment, ton enquête se passe dans le coin, nous prendrons soin de lui, dit Carlisle, et pour la suite, et bien, je devrais trouver un poste près de Quantico.

-Et moi, je me ferais une joie de garder mon petit-fils.

-Non, protesta Edward, non, vous ne pouvez pas tout abandonner pour moi, non, je refuse.

-Nous n'abandonnerions rien et pour le moment aucune décision n'a été prise, lui rappela sa mère. Sache seulement que nous sommes là pour toi.

-Tu es son héros, poursuivit Carlisle en désignant Stefan, et pour lui, tu dois faire en sorte que le monde extérieur soit moins dangereux.

-Tu n'es plus furieux après moi ? Osa demander Edward.

Les deux hommes échangèrent un regard avant qu'Esmé ne les interrompe en appelant Stefan.

-Allez, viens, mon chéri, on va préparer un gâteau au chocolat pour ce soir.

Tout en poussant un cri de joie, Stefan se leva et suivit sa grand-mère. Carlisle entra dans la chambre et referma la porte derrière lui.

-Je n'ai jamais été furieux après toi, corrigea son père, j'étais plutôt mort d'inquiétude. Je ne pense pas que tu sois en état que ce soit physiquement ou psychologiquement de reprendre le travail. Cependant, j'ai l'impression que cela est important pour toi, donc, c'est d'accord.

-Merci papa.

-Maintenant la partie la moins agréable, le père va laisser place au médecin. Edward tu as reçu de multiples coups de couteau dans la poitrine et sur les flancs, c'est un miracle qu'aucun organe vital n'ait été touché. Tu es encore convalescent et l'infection doit t'affaiblir. Tu vas prendre ce traitement à la lettre et je m'en assurerai, déclara Carlisle en lui donnant une ordonnance, pas de course-poursuite, rien de périlleux, je veux que tu restes tranquillement assis derrière un bureau jusqu'à ce que je tu ais obtenu mon accord pour pratiquer une activité physique.

-C'est promis.

-Je veux aussi que tu ailles voir un thérapeute.

-Non ! La réponse avait fusé sans même qu'il n'ait réfléchi à la proposition.

-Je n'y connais pas grand-chose en matière de procédure, mais il me semble qu'un agent fédéral qui a été violemment agressé doit subir une évaluation psychologique avant de reprendre du service ?

-Je l'ai passé et ils ont validé ma réintégration.

-A quel moment avant ou après ton court séjour à l'Hôpital ? Ironisa son père.

-J'ai dû passer une évaluation psychologique pour pouvoir garder Stefan, ça a suffi au FBI.

-Voilà qui est rassurant, marmonna Carlisle, mais le FBI m'importe peu, je veux que tu voies un thérapeute, je peux t'en conseiller plusieurs, mais je te conseillerais d'aller voir Jasper.

-Quoi ?

-Edward, tu te confies très rarement et les personnes en qui tu as une confiance aveugle peuvent se compter sur les doigts d'une main. Je sais très bien que si je t'envoie chez un thérapeute quelconque et même s'il est excellent, tu ne parleras pas. Tu as confiance en Jasper et il est aussi l'un des meilleurs dans son domaine. Donc, j'aimerais que tu le voies.

-Non.

-Très bien, alors, dis-moi ce qui t'est arrivé pour que tu aies 5 cicatrices de coups de couteaux sur le torse ?

-…

-Je vais te faciliter la tâche, j'imagine que ça a un rapport avec Laila et sa mort ?

-Tais-toi, s'il-te-plaît.

-Pourquoi veux-tu que je me taise ? Pourquoi ne veux-tu pas me parler ?

-Je… Je veux pas te faire du mal.

-Alors cesse de m'en faire en allant voir un thérapeute. Tu ne t'en sortiras pas seul et si tu ne le fais pas pour toi, pour ta mère ou pour moi, fais-le pour Stefan.

-D'accord. »

Son père sourit et le prit dans ses bras pour lui donner un peu de sa force. Une fois que ce dernier eut quitté sa chambre, Edward prit son téléphone pour informer Emmett qu'il serait là dès 9 heures pour les aider sur leur affaire. Il hésita ensuite de longues minutes avant d'appeler Jasper, il avait promis à son père qu'il le ferait. Malheureusement ou heureusement, il ne savait pas, il tomba sur le répondeur, il raccrocha sans laisser de message. Il prit ensuite son courage à deux mains pour composer le numéro suivant sachant pertinemment que cela risquait de lui coûter cher, très cher… A peine avait-il énoncé sa demande qu'il dut éloigner le combiné de son oreille tant le crie d'Alice était perçant. Sa sœur lui assura qu'elle serait à la villa en fin d'après-midi pour lui faire essayer divers costumes qu'elle aurait au préalable choisi dans sa boutique. Edward frissonna de terreur après avoir raccroché, pourquoi n'avait-il pas emporté ses costumes ?


Une tasse de café provenant d'une célèbre enseigne américaine à la main, l'homme entra dans une bibliothèque municipale. Il paya en liquide pour l'utilisation d'un ordinateur et se dirigea vers l'un de ceux se trouvant au fond du grand établissement. Personne ne s'étonna de son accoutrement que cela soit de sa casquette ou de ses lunettes noires, après tout, on était sous le soleil de Los Angeles et ses habitants voyaient défiler toute sorte de personnage. Il attendit patiemment que l'ordinateur se connecte à Internet. Il avait été plus que surpris lorsque son téléphone avait sonné trois fois, cela faisait presque 20 ans qu'il n'avait pas sonné.

Inquiet, il chassa pourtant ce sentiment pour se concentrer sur les différents serveurs proxys qu'il utilisait pour rendre impossible sa localisation, enfin, il put lire le mail. Il fronça les sourcils. Que se passait-il ? Il avait besoin d'armes, de faux papiers, d'une voiture, rapide précisait-il, il n'en doutait pas, la vitesse avait toujours été l'un de ses plaisirs. Par contre, sa dernière requête l'interpella. Il grava le nom dans sa mémoire, il était peu prudent de l'écrire, cela laissait une trace. Il se déconnecta et éteignit l'ordinateur. A peine sortit de la bibliothèque, il inspira profondément, il n'aimait pas attendre et il l'imaginait sans peine en train de trépigner à son bureau en attendant ces renseignements. Mais il allait devoir prendre son mal à patience, il n'était pas facile d'enquêter discrètement sur un agent fédéral. Il se demanda bien ce que ce pauvre type avait fait pour attirer l'attention de son employeur…