Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

Un immense MERCI pour toutes vos reviews et vos alertes ! Merci énormément ! J'espère que la suite ne vous décevra pas, vous me mettez la pression ! Lol.

Bonne lecture !

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Réponses aux reviews anonymes :

Popo : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite te plaira. Bonne fin de week-end.

Ilonka : Je vais bien, merci, j'espère que toi aussi. Merci beaucoup pour ta review ! Bonne fin de week-end. Bises.

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Chapitre 3 : Prise de conscience

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Edward remercia sa mère qui venait de le déposer devant le Commissariat de Seattle. Il l'embrassa avant de sortir de la voiture et d'ouvrir la porte arrière. Stefan lui tendit les bras et il lui fit un gros câlin avant de déposer des baisers sur ses joues. Il fit promettre à son fils d'être sage avec sa grand-mère avant de jurer à son tour à sa mère qu'il ne rentrerait pas tard. Il lui rappela que Carlisle avait été suffisamment clair sur ses horaires et qu'il n'y dérogerait pas. Après un dernier baiser, il réinstalla Stefan dans son siège auto. Edward regarda la voiture s'éloigner tout en répondant aux coucous de son fils. Il se tourna ensuite vers le Commissariat dont il grimpa les quelques marches. Une fois à l'intérieur, il fut accueilli par Emmett qui l'entraîna dans la salle où ils avaient tout installé pour leur enquête.

« -Des nouvelles de Quantico ? Questionna Edward en acceptant le gobelet de café que lui tendait son frère.

-Non.

Edward fronça les sourcils, il avait pourtant envoyé un mail à Russell pour lui demander qu'ils le rejoignent, pourquoi n'étaient-ils pas déjà officiellement en route ? Alors qu'il se faisait cette réflexion, son portable sonna au moment où le reste de l'équipe de son frère entra dans la salle. Il fronça les sourcils en voyant le nom de l'appelant.

-Un problème ? L'interrogea Emmett en voyant son regard.

-On verra, dit simplement Edward en décrochant. Bonjour, Monsieur Carter.

-Agent Cullen, alors, comment se passe votre convalescence ?

-Je me doute, Monsieur le Directeur que vous ne m'appelez pas pour prendre de mes nouvelles, lâcha-t-il en se retirant dans un coin de la pièce.

-Contrairement à ce que vous pensez, Cullen, votre santé me préoccupe, vous êtes l'un de mes meilleurs agents. Ce qui par contre m'interroge c'est de voir votre équipe sur le départ suite à une demande faite par le Lieutenant Cullen de la Police de Seattle, une connaissance ?

-Oui, Monsieur, il s'agit de mon frère. Monsieur, je ne me serais pas permis d'interférer dans cette enquête de police si je ne pensais pas qu'il se passait quelque chose de grave, ils ont déjà deux morts sur les bras dans un intervalle de temps qui…

-Je sais, Cullen, le coupa-t-il, j'ai lu le dossier, mais la question qui me préoccupe est de savoir si vous êtes apte à suivre cette affaire ?

-Je le suis, Monsieur, j'ai passé les tests et…

-Tests que vous et l'agent Russell Davies avez rédigé si mes souvenirs sont exacts.

Un léger silence s'installa sur la ligne, il pouvait presque voir son supérieur retenir un soupir d'exaspération.

-Pas d'imprudence, c'est compris ?

-Oui, Monsieur, promit Edward ravi d'avoir eu gain de cause.

-Tenez-moi au courant.

Sur ces mots, le Directeur Carter raccrocha. Edward ferma les yeux de soulagement avant de se tourner vers son frère et son équipe qui semblaient attendre après lui.

-Tout va bien ? S'enquit Emmett.

-Oui, les renforts ne vont pas tarder. Tout d'abord, bonjour à tous ! Les salua Edward alors qu'ils hochaient la tête en retour. Bien, comme je vous le disais hier, je ne pense pas que ce type en soit à son coup d'essai.

-Pourquoi ? Le coupa aussitôt Bella en fronçant les sourcils.

-Tout est trop parfait pour que ce soit son premier meurtre.

-Il peut pas s'agir d'un tueur organisé ? Interrogea l'inspecteur Ateara.

-Oui et notre tueur l'ait forcément, cependant, chaque coup, chaque brûlure, chaque lacération a été faite sans aucune hésitation, énonça Edward en observant à nouveau les clichés. Ce n'est pas la première fois qu'il tue, même s'il est décidé, les gestes ne sont pas aussi parfaits et nets lors du premier meutrer. Le tueur cherche ses marques, cherchant quelle blessure provoquera le plus de douleur à sa victime, là, il savait comment procéder. Par ailleurs, il connaissait parfaitement l'emploi du temps de sa victime ainsi que ceux de ses voisins ce qui explique pourquoi il est passé inaperçu.

-Mais lors de ses surveillances qui ont dû être longues, pourquoi personne ne l'a remarqué ?

-Parce qu'il arrive à se fondre dans le paysage, Emmett, il faudrait retourner sur le terrain et interroger les voisins, demandez-leur s'il y a eu des travaux dans leur rue, si un agent d'une compagnie de téléphone ou un livreur venait souvent dans leur quartier.

-Quelqu'un qu'on ne remarque pas forcément, murmura Bella en prenant des notes.

-Tout à fait, aucun d'entre eux ne s'interrogeraient sur la présence d'une de ses personnes, nous les croisons tous les jours sans leur porter la moindre attention, confirma Edward.

-Il faudrait aussi voir avec le service des postes, compléta Emmett, peut-être que leur facteur a changé ?

-Oui, y-a-t-il une trace d'effraction ?

-Non, lui répondit Jacob, du moins, nous n'en avons pas constaté.

-Je vois qu'il y avait des lucarnes dans la cave étaient-elles assez grandes pour laisser passer quelqu'un ? Demanda Edward.

-Quelqu'un d'assez fluet et de souple, c'est possible, reconnut Emmett, mais on a aucune certitude, la plupart ont explosées à cause de la chaleur de l'incendie et d'autres ont été cassées par les pompiers. Bien, Jacob et Bella, je veux que vous retourniez interroger les voisins.

Les deux agents se levèrent et sortirent rapidement du bureau. Edward observa à nouveau les clichés, ils étaient d'une rare violence, son instinct lui souffla que cela ne pouvait pas être un geste gratuit, non, il y avait trop de cruauté. Williams, peut-être sans le vouloir, s'était attiré les foudres du tueur. Il reprit les antécédents de la victime, son casier était vierge, c'était un excellent père de famille et tout se passait pour le mieux à son travail, bref rien qui ne devrait normalement attirer l'attention d'un tueur. Quant à la deuxième victime, son corps avait entièrement brûlé rendant l'identification lente et laborieuse. Seule sa dentition pourrait permettre de mettre un nom sur le cadavre, mais pour cela ils devaient trouver un point de comparaison, hors, si l'homme était bien un SDF, il ne devait pas avoir eu de soins dentaire récent. Edward soupira avant d'attraper son téléphone portable, il appuya sur une touche d'un numéro préenregistré et attendit que l'on décroche.

-Enfin, vous vous décidez à m'appeler ! Gronda une voix féminine qui lui arracha un sourire.

-Penny, je suis navré de ne pas avoir composé ton numéro plus tôt.

-Ce n'est rien, Monsieur, je me vengerai en redécorant votre bureau pour votre retour.

Edward grimaça légèrement en imaginant les guirlandes et des ballons roses s'étalant à profusion dans son antre extrêmement masculin.

-Gare à toi, si tu fais ça, prévint-il tout en sachant que si sa subordonnée avait décidé de le faire il ne pourrait rien dire qui l'en empêcherait. Bon, j'ai besoin de ton aide.

-Je vous écoute, Monsieur.

-Je veux que tu lances une recherche sur des crimes non élucidés.

-Dans quels Etats ?

-Tous.

-Très bien.

-Peu importe le sexe, l'âge ou la race, trouve-moi des meurtres correspondant à ce mode opératoire : victimes torturées, traces de brûlure, lacérations, coups. Ils sont morts suspendu à des poutrelles, les poignets attachés par des menottes en acier noir. Attends un instant, murmura Edward, Emmett, avez-vous fait des recherches sur les menottes, elles me semblent étranges et plutôt inhabituelles ?

-Oui, on s'est renseigné, l'informa son frère, elles ne ressemblent pas à celles utilisées par les forces de l'ordre. On attend une réponse des militaires.

-Ok, peut-on en envoyer celles qui sont les moins abîmées à notre labo de Quantico après les avoir photographié sous tous les angles ?

-Je m'en charge, décréta l'inspecteur Dauby.

-Penny, peux-tu…

-Je fais avancer les recherches pour l'armée et je me mets moi aussi au travail.

-Merci, Penny, appelle-moi dès que tu as quelque chose.

-Je n'y manquerai pas. Euh, Monsieur ?

-Oui, Penny ?

-Prenez soin de vous.

-Tu as ma parole.

Edward raccrocha. Son regard se posa sur les menottes, serait-il possible que le tueur les ait lui-même faites ? C'était envisageable et dans ces conditions, il serait encore plus dur de remonter jusqu'à lui.

-Peut-on aller voir le légiste ?

-Ouais, bien sûr, tu veux y aller maintenant ?

-Oui, Emmett.

-Je t'accompagne. »

Edward se leva et suivit son frère dans un dédale de couloirs qui les mena au sous-sol du Commissariat. Ils arrivèrent devant une lourde porte qu'Emmett poussa comme si c'était un fétu de paille, il suivit, mais son frère, toujours aussi prévenant, relâcha la porte après être passé. Edward eut à peine le temps de relever les bras pour éviter de la prendre en pleine figure. Un gémissement de douleur lui échappa quand ses muscles se contractèrent. Emmett se retourna et le dévisagea pendant une seconde en fronçant les sourcils. Edward afficha un visage neutre en passant devant lui, faisant son possible pour marcher normalement. Son frère le rejoignit et lui asséna une claque dans le dos qui le fit horriblement souffrir tout en lui disant qu'il serait temps qu'il se mette au sport.

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Bella remonta dans la voiture de patrouille sans pouvoir cacher sa frustration. Les habitants du quartier n'avaient rien pu leur apprendre. Il n'y avait pas eu de travaux et aucun démarcheur, que ce soit d'une entreprise de téléphone, d'internet ou quoi que ce soit d'autre, n'était venu dans le quartier. Mais comment le tueur avait-il fait pour surveiller sa victime ? Pour le SDF, cela pouvait être plus facile, mais en ce qui concerne un quartier chic et calme, les habitants remarquaient aisément les aller et retour des inconnus, mais là encore, ils ne trouvèrent rien. Jacob prit place à ses côtés et démarra la voiture.

« -Rien, s'énerva-t-elle, ils n'ont rien vu ! Comment est-ce possible ?

-Je sais pas, marmonna Jake, ce type est extrêmement doué.

-Mais de là à passer inaperçu ? S'écria Bella. Non, quelque chose nous échappe forcément.

-Bella, il n'y a pas eu de travaux, de démarcheurs et le facteur est le même depuis 10 ans !

-Je sais, pas besoin de me le répéter, maugréa-t-elle. Je pensais juste que l'on allait enfin avancer !

-Pourquoi ? Parce qu'on a un profiler à deux balles avec nous ?

-Pourquoi tu dis ça ? Il est doué.

-Parce que c'est le frère d'Emmett ?

-Non, crétin. J'ai fait des recherches sur internet, son équipe est la meilleure du BAU et c'est pas pour rien qu'il en est à la tête.

-Tu comptes bientôt créer son fan club ? Ricana Jacob.

-Loin de là, crois-moi, souffla la jeune femme, cependant, professionnellement, il est nickel.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là ? S'étonna son coéquipier en fronçant les sourcils.

-Rien, oublie.

-Tu lui en veux toujours pour le départ des Cullen quand t'avais 6 ans ?

-Non ! Enfin, je sais pas. J'étais vraiment mal à l'époque et puis tout c'est empiré après leur départ. Je n'ai jamais compris pourquoi ils étaient partis si vite.

-D'après ce que tu m'as dit, ses parents étaient morts, c'est normal qu'ils soient allés de suite auprès de lui.

-C'est pas ce que je voulais dire, avoua Bella, partir vite pour le rejoindre, ok, je comprends, mais pourquoi partir définitivement ? Ils sont allés à Chicago le chercher avant de partir pour l'Angleterre.

-C'est vrai que c'est étrange. T'as jamais interrogé Alice ?

-Si, mais elle-même n'a pas de réponse et je me vois mal poser la question à Carlisle ou Esmé.

-Tu n'as jamais songé à enquêter ? »

Jacob se tut quand il vit ses sourcils froncés, il rougit d'avoir osé proposer une telle chose. Cependant, Bella avait honte de l'avouer, mais elle y avait déjà pensé. La jeune femme se perdit dans la contemplation de la ville. Néanmoins, elle pensait vraiment ce qu'elle venait de dire à Jacob sur Edward. Après avoir appris qu'il était agent au FBI et plus spécifiquement au service des sciences du comportement, elle avait fait des recherches sur internet. Elle avait lu des articles de presse, regardé des vidéos de ses déclarations, il était bon, elle en était sûre, mais l'était-il toujours ? La perte de la mère de Stefan l'avait peut-être affecté plus qu'il ne voulait l'admettre à moins que sa dépendance aux médicaments ne date bien d'avant ça. Après tout cela n'aurait rien d'étonnant avec les enquêtes qu'il menait, cette scène de crime, horrible pour elle, était courante pour lui. Elle repensa alors au comportement de Carlisle la veille, peut-être le médecin était-il au courant de la dépendance de son fils ? Cela expliquerait sa colère lorsqu'il l'avait vu au travail. La jeune femme refit sa queue de cheval quand elle vit qu'ils arrivaient aux abords du Commissariat. Elle allait garder un œil sur Edward Cullen pour être sûre que sa dépendance ne nuise pas à l'enquête.

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Edward écouta avec attention le rapport de Bella et de Jacob, ils n'avaient rien trouvé. Il fronça les sourcils et se replongea dans le dossier, il avait omis quelque chose, il en était certain. Il le referma brusquement avant de se masser les tempes. Il sentit une main se poser sur son épaule, il releva la tête et croisa le regard d'Emmett. Son frère le fit se lever et l'entraîna à l'extérieur pour aller déjeuner. Ils s'installèrent à la terrasse d'un restaurant et Emmett commanda pour eux deux pendant qu'il téléphonait à Stefan qui lui racontait avec moult détails sa matinée. Apparemment, au lieu de rentrer à la villa, Esmé l'avait emmené faire les magasins et comme il avait été sage quand elle lui avait acheté des vêtements, Esmé et lui avaient terminé leurs achats par le magasin de jouets. Edward soupira en entendant Stefan énumérer tous ses nouveaux jouets. Son fils raccrocha rapidement quand il entendit sa grand-mère l'appeler pour le déjeuner. Edward observa avec stupeur son portable, Stefan venait de lui raccrocher au nez ! Emmett éclata de rire quand il comprit pourquoi il faisait cette tête. Son téléphone ne tarda pas à sonner à nouveau, apparemment son fils venait de se rappeler qu'il ne lui avait pas dit au revoir et fait un bisou. Son visage se décomposa une nouvelle fois quand il reconnut la voix de son père qui voulait s'assurer qu'il n'en faisait pas trop et mangeait bien. Avant que Carlisle ne raccroche, il demanda à parler à nouveau à Stefan qui lui envoya plusieurs baisers avant de se reconcentrer sur son déjeuner. Il raccrocha quand la serveuse déposa son assiette devant lui. Il la remercia distraitement avant de voir ce que son frère avait commandé pour lui.

« -Steak, frites ?

-Ben quoi ? Questionna Emmett en haussant les épaules.

-Tu trouves pas qu'il fait trop chaud pour manger ça ?

-T'avais qu'à commander ! Bougonna son cadet.

La serveuse revint pour déposer une carafe d'eau sur leur table, elle leur demanda s'ils avaient besoin de quoi que ce soit d'autre, mais il n'y prêta pas attention.

-Eddie ! Eddie ! Qu'est-ce que je vais faire de toi ? S'exaspéra Emmett.

-Quoi ? Et m'appelle pas comme ça !

-Et dire que tu es profiler, soupira le grand brun, tu n'as même pas vu que la serveuse te draguait.

Edward haussa les épaules et attrapa une frite qu'il mâchouilla difficilement. Il sentit le regard de son frère peser sur lui, alors, il releva la tête.

-Tu sais que tu peux me parler, si tu en as envie, dit soudain son cadet d'un ton sérieux.

-Merci.

-Edward, hésita Emmett, que s'est-il passé ?

-Je…

-Tu nous as dit que Laila était morte, mais tu ne nous as pas dit comment et je ne pense pas que c'était un accident, résuma Emmett, sinon, Stefan et toi ne seriez pas aussi blessés. Que s'est-il passé, Edward ?

Il reposa brutalement ses couverts sur le rebord de son assiette avant de la repousser, il n'avait plus faim.

-Edward…

-Non, tais-toi ! Je ne veux pas en parler ! Tu ne peux pas le comprendre ?

-Non, pas quand je vois combien tu souffres !

-Fous-moi la paix !

Edward se leva et jeta un billet de 20 dollars sur la table avant de partir. Son frère l'appela, mais il l'ignora et s'enfuit en courant. Il n'avait parcouru qu'une quarantaine de mètres quand il dut s'arrêter pour s'appuyer contre un arbre, il avait l'impression que son torse était en feu.

-Edward ?

Putain, mais qu'est-ce qu'il avait fait de mal pour tomber sur lui ? On ne pouvait donc pas le laisser tranquille ?

-Viens, assieds-toi, dit Jasper en le guidant jusqu'à un banc.

Il obéit et posa ses coudes sur ses genoux et enfouit son visage entre ses mains pour tenter de retrouver son souffle.

-Tiens, bois un peu d'eau, ça te fera du bien.

Edward releva la tête et prit la bouteille que lui tendait son beau-frère, il but une gorgée avant de se raidir en sentant la main de Jasper se glisser sous sa veste. Il retira la bouteille de ses lèvres.

-Qu'est-ce que tu fais ? S'écria-t-il d'une voix trop enrouée à son goût.

-Je cherche tes antalgiques. Ah, voilà !

Jasper ôta le couvercle et sortit deux comprimés qu'il lui tendit, il les avala avec une nouvelle gorgée d'eau. Jazz l'observa quelques secondes avant de se relever et de s'asseoir à ses côtés. Au même moment, son téléphone sonna. Emmett. Edward éteignit son portable.

-Ça va mieux ?

-Oui, merci.

-De rien.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-L'Hôpital se trouve de l'autre côté du parc, je viens déjeuner ici pour avoir un peu de tranquillité. Tu as mangé ?

Edward observa les légumes et la sauce blanche ainsi que les blancs de poulet froids, son déjeuner avait l'air bien plus tentant que ce qu'Emmett lui avait commandé.

-Non, ça ira, refusa-t-il.

-Tu as mangé ?

-Oui.

-Tu sais Alice m'en fait toujours deux fois trop, je crois qu'elle tient de ta mère pour ça, je ne mangerais pas tout. Sers-toi.

-Merci, finit-il par accepter.

Edward prit un morceau de carotte et mordit dedans. Jasper continua de manger lui aussi en observant les passants, les enfants qui jouaient. Edward s'était toujours senti bien avec son beau-frère, il émanait de Jazz une quiétude qui l'apaisait. Par ailleurs, et contrairement à Emmett, Jasper ne le pressait pas de questions.

-Au fait, ça te dirait de venir dîner samedi soir avec Stefan ? Alice serait ravie de vous avoir.

-Je ne sais pas, je veux d'abord voir comment Stefan réagit à mon absence, s'il va bien pourquoi pas, sinon, je passerais du temps seul avec lui.

-Fais comme tu le sens, tu peux nous prévenir au dernier moment. Il y aura aussi Emmett, Rose et Bella.

-Ok.

-Bon, je vais te laisser, il faut que je retourne bosser, déclara Jasper en se levant et en s'étirant. Passe une bonne fin de journée.

-Merci, Jazz, toi aussi.

Son beau-frère lui sourit avant de ranger les restes de leur repas dans un sac à dos. Il lui fit un petit signe de la main avant de s'éloigner.

-Jasper ! L'appela-t-il soudain.

-Oui ?

Edward se leva pour le rejoindre, ses mains trituraient nerveusement sa veste qu'il avait ôté un peu plus tôt.

-Tout va bien ? Interrogea son ami.

-Euh, ouais. Est-ce que… Est-ce que je pourrais…

-Oui ? L'encouragea Jasper un peu perdu face à sa gêne.

-Papa… Enfin, il pense que…

-Disons demain à 19 heures ?

-Euh, si tôt, murmura-t-il hésitant.

-Crois-moi, cela t'évitera d'avoir envie de te défiler. N'y pense pas, oublie notre rendez-vous jusqu'à ce soir-là et surtout pense bien qu'une fois la porte de mon cabinet passée, je ne suis plus ton ami, ton beau-frère, juste ton médecin, il n'y aura aucun jugement, cela restera entre nous et je te promets que cela n'interfèrera pas sur notre amitié.

-Je ne suis pas sûr que ce que je pourrais te dire ne change pas ta façon de me voir, confia Edward d'une voix inquiète.

-Fais-moi confiance, Edward, tout ira bien.

-Tu pourrais… Tu pourrais me détester, je…

-Tais-toi et commence plutôt par appliquer mon premier conseil ! Oublie notre entretien jusqu'à demain soir et sache que tu ne seras pas obligé de me dire quoi que ce soit.

Edward acquiesça, malgré les propos de son ami, il ne put s'empêcher de s'inquiéter. Il soupira et revint vers le Commissariat, il ralluma son portable et vit qu'il avait une dizaine d'appels en absence de son frère. Il soupira et regagna la salle où il trouva Bella en train de siroter un café tout en relisant pour la énième fois les dossiers.

-J'espère que tu as quand même pensé à manger quelque chose ? S'enquit Edward en s'asseyant face à elle.

-Oui, un sandwich.

Bella referma le dossier et soupira avant de s'appuyer contre le dossier de sa chaise. Elle porta le gobelet à ses lèvres qu'elle mordilla après avoir avalé une gorgée de café.

-Je veux pas paraître pessimiste, mais malgré la présence de ton équipe, je ne vois pas en quoi ils pourraient nous aider.

-Le profilage est un travail d'équipe et puis j'attends l'appel de Penny, mon analyste informatique, si elle découvre, comme je le crois, d'autres meurtres, nous pourrons sûrement avancer, la rassura Edward.

-J'espère juste que nous pourrons l'arrêter avant qu'il ne recommence, murmura Bella d'une voix pensive.

-On l'arrêtera, je te le promets.

Un léger silence s'abattit sur eux. Edward se leva pour se placer devant le tableau où toutes leurs recherches étaient placardées. Il pouvait sentir le regard de la jeune femme posé sur lui et pour une fois, il ne ressentait pas son animosité.

-Comment va Stefan ? Demanda Bella.

-Il va de mieux en mieux, merci.

-Je t'en prie, c'est un petit garçon très attachant.

-Oui.

-Ca ne doit pas être évident pour lui, ni pour toi, cela doit te rappeler de mauvais souvenirs.

-Que veux-tu dire ? S'enquit Edward en se tournant vers elle, les sourcils froncés.

-Je… Pardon, murmura Bella en rougissant, je suis indiscrète.

-Explique-toi, s'il-te-plaît.

-Ce… Enfin, je me disais que cela avait sûrement ravivé de mauvais souvenirs, la mort de tes parents, chuchota la jeune femme mal à l'aise.

-C'était il y a longtemps, dit Edward, Carlisle et Esmé ont fait en sorte de faire disparaître ces mauvais souvenirs et j'espère arriver à en faire de même avec Stefan.

-C'est parce que tu avais trop de souvenirs à Chicago que vous êtes partis pour Londres ?

Edward s'avança vers le distributeur d'eau pour s'en servir un verre. Il but une gorgée avant de s'asseoir en face de la jeune femme.

-Si tu veux me poser des questions j'apprécierais que tu m'interroges directement plutôt que de manière détournée. Que veux-tu savoir ?

Bella plongea son regard dans le sien avant de balayer sa question d'un signe de la main.

-Très bien, mes parents Elisabeth et Anthony Masen sont décédés dans un accident de voiture à Chicago, j'avais dix ans. J'étais dans la voiture avec eux. D'après ce que m'ont dit Carlisle et Esmé, mon père s'est endormi au volant et il a percuté un arbre. La voiture a pris feu. Je n'ai que peu de souvenirs. Ma mère malgré ses blessures aurait réussi à s'extraire de la voiture et à m'en faire sortir. Les secours nous ont retrouvés dans la neige à quelques mètres de la voiture qui brûlait. Mon père est mort dans l'accident et ma mère est décédée lors de son transfert à l'Hôpital. Lorsque je me suis réveillé, Carlisle était à mon chevet et il m'a annoncé leur décès. Deux jours plus tard, nous partions pour Londres, grand-père avait été victime d'une crise cardiaque en apprenant la mort de son fils aîné. Voilà, j'ai satisfait ta curiosité ?

-Je…

-Bella, je suis désolé que tu ais autant souffert. Tu as dû encaisser le départ précipité de ma famille, puis, ton père n'ayant plus personne pour l'aider à dû se résoudre à te confier à ta mère, cela n'a pas dû être évident pour une enfant de vivre autant de changements en si peu de temps. Je comprends ta rancœur, ta colère, mais tu te trompes d'adversaire, je ne te veux pas de mal, j'aimerais même que nous soyons amis.

-Tu ne peux pas comprendre, avoua Bella du bout des lèvres, tu ne sais pas ce que c'est de quitter le Paradis pour l'Enfer. Tu ne sais pas…

Bella se tut subitement quand la porte de la salle s'ouvrit sur Emmett. Edward ignora son frère pour se tourner vers la jeune femme dont il avait perçu la souffrance, mais elle avait déjà remis son masque.

-Hello, boss !

L'agent fédéral sursauta en entendant cette voix familière. Il se retourna pour sourire à un homme à la peau noire encore plus grand et musclé que son frère. Son sourire s'étira quand il remarqua les ballons que le nouveau venu tenait et qui contrastaient avec son allure de militaire.

-Sam ! S'écria Edward.

Il se dirigea vers son subordonné et ils échangèrent une brève accolade. Alors qu'il se reculait d'un pas, Sam passa le nœud retenant les ballons autour de son poignet et lui colla aussi une boîte dans les bras.

-C'est quoi ?

-Penny, répondit simplement l'agent Cartland.

Edward soupira et posa la boîte de cookies sur la table. Son subordonné en profita pour lui donner une tape sur l'arrière de la tête.

-Aïe ! Mais ça va pas ? Gronda Edward furieux.

-De la part de Russell et ça….

-Non ! Protesta-t-il en se reculant vivement. Je t'interdis de me toucher si tu tiens à ton job.

-Pff, vous me rassurez, Caitlin m'avait demandé de vous embrasser !

Edward sourit face aux marques d'attention de tous les membres de son équipe. Soudain, il se figea en réalisant ce qui se passait.

-Pourquoi ne sont-ils pas avec toi ? S'exclama Edward.

-On était sur une affaire quand on a reçu la demande de Seattle. Ils nous rejoindront dès qu'ils auront terminé.

-Quelle affaire ? Questionna l'agent superviseur.

-Une histoire d'enlèvements dans la région de Chicago, l'informa Sam.

-C'est bizarre, j'en ai pas entendu parler dans la presse, murmura Edward.

-Ce qui prouve à quel point Caitlin peut être efficace ! Bon qu'est-ce qu'on a ?

Edward lui fit signe de s'asseoir. Tout en servant une tasse de café à son agent, il lui résuma la situation. Ils ne tardèrent pas à être rejoints par les autres membres de la police de Seattle. Les présentations faites, Sam demanda à voir la maison de Williams.

-Pour ma part, je vais aller à Portland, annonça Edward.

-Je t'accompagne.

-Pas la peine, Emmett, je connais la route.

-Edward, soupira son frère en lui offrant une mine de chien battu.

-N'insiste pas, répliqua-t-il, et puis de toute manière, Bella avait déjà proposé de m'accompagner tout à l'heure.

La jeune femme l'observa avec surprise avant de se reprendre en sentant peser sur elle les regards des personnes présentes, elle hocha distraitement la tête.

-D'ailleurs, tu ferais mieux d'aller te changer, tu as des vêtements civil ?

-Oui.

Bella se leva et partit vers les vestiaires pour se changer. Emmett posa une main sur son épaule pour attirer son attention.

-Je suis désolé, s'excusa son frère.

-Je sais, on en parlera plus tard, d'accord ?

-Oui, sourit Emmett rassuré de voir qu'ils n'étaient plus en froid, agent Cartland, je vais vous accompagner chez Monsieur Williams.

-A vrai dire, commença Sam en feuilletant le dossier, je pense que je vais venir avec vous boss.

Edward observa pendant quelques secondes son agent, pourquoi avait-il aussi subitement changé d'avis ? Ça ne lui ressemblait pas.

-Je peux me débrouiller seul, argua Edward.

-Oui, mais vous dites toujours que le profilage est un travail d'équipe et comme il n'y a que nous deux, je pense qu'on devrait rester ensemble.

-Ok, accepta-t-il. Allons-y. »

Edward se leva et se dirigea lentement vers l'entrée du Commissariat où Bella les attendait. La jeune femme avait troqué son uniforme pour un jean moulant noir et une tunique bleu ciel qui moulait avantageusement son buste avant de s'élargir juste sous sa poitrine. Ses cheveux qui étaient détachés se répandaient en boucles soyeuses sur ses épaules et il eut l'irrésistible envie de les caresser. Edward se morigéna et tout en se répétant qu'elle le détestait, il la suivit à l'extérieur. Arrivé devant le Chevrolet Tahoe noir, il lui ouvrit la portière passager, elle monta dans le véhicule après lui avoir murmuré un vague merci. Il croisa alors le regard amusé de Sam à qui il lança les clefs du véhicule avant de grimper à l'arrière. La voiture se mit en marche alors qu'il bougonnait face à son incapacité à conduire, s'il y avait une chose qu'il n'aimait pas s'était bien être assis à l'arrière.

Alors qu'ils allaient arriver à Portland, Edward demanda à son subordonné de s'arrêter dans une petite supérette attenante à une station-service. Son agent laissa le moteur tourné pendant qu'il se précipitait à l'intérieur pour faire quelques rapides achats. Quand il remonta dans le véhicule, il croisa le regard interrogateur de l'agent de police, mais elle se garda bien de lui poser la moindre question. Sam reprit la route et grâce aux indications de Bella, ils ne tardèrent pas à arriver à la zone industrielle désaffectée où le corps avait été retrouvé. Ils entrèrent dans l'usine qui tombait en ruine et se rendirent à l'endroit où le corps avait été retrouvé. Après avoir observé l'endroit, ils partirent à la recherche d'éventuels témoins. Ils s'enfoncèrent dans les ruelles sombres et ne tardèrent pas à trouver un petit groupe de clochards qui leur lancèrent un regard méfiant.

« -Bonjour ! Dit Edward en retirant ses lunettes et en sortant sa plaque. Je suis l'agent Cullen du FBI, voici l'agent Cartland et l'officier Swan. Peut-on discuter avec vous ?

-On parle pas aux fédéraux ! Déclara hargneusement l'un des sans-abris.

-Je comprends, murmura Edward.

-On enquête sur le meurtre qui a eu lieu dans l'usine désaffectée qui se trouve un peu plus à l'est, insista Sam, vous avez peut-être entendu ou vu quelque chose ?

Les hommes et la femme s'observèrent quelques secondes avant de rassembler leurs affaires pour s'éloigner d'eux.

-Je vois pas pourquoi tu m'as dit de me changer, vous les faites aussi vite fuir que mon uniforme, marmonna Bella.

-Bon, apparemment, on va devoir partager tout ça en trois ! Souffla Edward d'un ton désolé tout en s'asseyant sur le rebord du trottoir.

-T'as quoi dans tes sacs ? Questionna Sam.

Du coin de l'œil, Edward vit les sans-abris se figer quand ils le virent sortir de la nourriture et des boissons avec ou sans alcool de ses sacs.

-Vous… Vous allez manger tout ça ? Murmura la femme.

-Ouais ! Affirma Edward. Mais on est prêt à partager. Swan ! Posez donc vos fesses par terre !

Bella le fusilla du regard avant de prendre place de l'autre côté du trottoir pour s'asseoir près de Sam. Edward ne put retenir un sourire, la colère lui allait bien. Le jeune homme lui lança une barre chocolatée pendant que Sam lui demandait une bière. Du coin de l'œil, il vit les quatre sans-abris se regrouper pour discuter, les mots qu'ils échangeaient ne tardèrent pas à devenir durs, certains, souhaitaient manger alors que celui qui paraissait être leur chef se méfiait d'eux. Finalement, la femme s'approcha timidement d'eux malgré les appels des autres. Edward lui sourit et tapota la place à côté de la sienne, la femme s'assit et il lui désigna les sacs pour qu'elle fasse son choix.

-Merci, chuchota-t-elle.

-Je vous en prie.

Il lui tendit une petite bouteille d'eau avant de boire une gorgée de la sienne. Cette sans-abri ne devait pas être beaucoup plus âgée que Bella, pourtant, elle paraissait avoir 20 ans de plus. Ses cheveux sales, son visage et même ses yeux étaient marqués par la dure vie de la rue.

-Je m'appelle Maggie, dit-elle après avoir avalé une bouchée du sandwich.

-Edward.

La femme lui sourit et elle lui sembla soudain plus jeune. Il remarqua alors que les trois hommes s'étaient rapprochés. Il leur fit signe de s'asseoir et de se servir, deux obéirent alors que le troisième les fixaient toujours avec haine.

-Vous avez pas honte de vous servir de notre faim pour avoir des renseignements ! Gronda ce dernier.

-Je suis désolé, Monsieur, il est vrai que nous manquons cruellement d'indices sur cette mort horrible, admit Edward, et que le moindre indice nous aiderait. Cependant, je ne peux vous forcer à me parler, donc, profitez du repas.

L'homme les regarda, indécis. Edward se doutait bien qu'il devait avoir faim, mais il comprenait aussi l'élan de fierté qui l'animait, après tout, c'était peut-être la dernière chose qu'il lui restait et il n'avait aucune envie de l'en priver.

-Allez, Joe, l'interpella Maggie, fais pas ton ronchon ! Ils auraient pu nous embarquer pour nous forcer à parler !

-Qui te dit qu'ils vont pas le faire ? Marmonna le dénommé Joe.

-Vous avez ma parole, Monsieur Joe, assura Edward, et mon père m'a appris à quel point une parole est sacrée.

Finalement, Joe se joignit à eux. Il commença à manger tout en les surveillants du regard. Bella, tout en grignotant sa barre chocolaté, leur jeta un regard perplexe, Edward lui fit un clin d'œil.

-Vous étiez dans l'armée ? Questionna Sam en désignant le blouson élimé du dénommé Joe.

-Ouais, guerre du Golfe, répondit le sans-abri, 57ème régiment d'infanterie.

-J'y étais, murmura Sam, c'était mes débuts en tant que Marines.

Edward les écouta évoquer leur souvenir de guerre et il sut que Sam ferait son possible pour aider l'ancien soldat à sortir de la rue.

-Edward ?

Il se tourna vers Maggie qui venait de l'interpeller d'une voix timide, il lui sourit pour la rassurer.

-Oui ?

-C'est vrai… C'est vrai que c'est l'un des nôtres qui a été tué dans cette usine ?

Un silence s'abattit dans la ruelle après la question de Maggie, tous attendaient sa réponse avec anxiété. Edward hocha gravement la tête, leur laissant le temps d'assimiler l'information, puis, il fit discrètement signe à Bella de poursuivre, il lut une brève hésitation dans le regard de la jeune femme, mais elle se lança.

-Edward dit malheureusement vrai, mais ce qui est triste c'est que nous ne savons pas qui il est, confia Bella, peut-être a-t-il encore de la famille ? Nous pourrions leur rendre son corps pour qu'il ait une sépulture, mais sans information c'est impossible.

-On peut peut-être se renseigner, grogna Joe en plantant son regard dans le sien.

-J'avoue que votre aide serait précieuse, Monsieur, assura Edward en le remerciant d'un signe de tête avant de se lever pour lui faire face. Voilà ma carte, appelez-moi à n'importe quelle heure.

Edward attendit un instant, le bras tendu, sa carte au bout des doigts que l'homme hésitait à saisir. Maggie voulut la prendre, mais Joe lui lança un regard noir qui la fit immédiatement se rasseoir.

-Je ne suis pas à vendre.

-Je sais, Monsieur Joe, je vous demande juste de l'aide pour arrêter un monstre avant qu'il ne s'en prenne à quelqu'un d'autre et pour que ses victimes puissent reposer en paix.

-Pourquoi me dites-vous Monsieur ? Je ne suis rien, agent… ?

-Agent Cullen.

-Cullen ? Releva Joe avec intérêt.

Le sans-abri se leva alors pour se planter face à lui, son regard acéré le détailla avec attention. Dans son dos, Edward sentit Sam se redresser et se mettre sur la défensive. Discrètement, il lui fit signe de se détendre.

-Vous connaissez le Doc ?

-Le Doc ? Répéta Edward perplexe face à la question de Joe.

-Ouais, un toubib qui bosse au dispensaire, lui aussi, il m'appelle Monsieur.

-S'il est blond, les yeux bleus et s'il s'appelle Carlisle, oui, effectivement, je le connais, c'est mon père.

Aussitôt, Joe prit sa carte et la rangea dans sa veste.

-Votre père est quelqu'un de bien, son rejeton doit bien lui ressembler, raisonna Joe, on va essayer de savoir si certains d'entre nous n'ont pas disparu.

-Merci, Monsieur Joe, souffla Edward.

Ils saluèrent les sans-abris et non sans leur avoir laissé quelques dollars en plus de la nourriture, ils repartirent vers leur voiture qu'ils avaient laissée à quelques mètres de l'usine. Ils allaient remonter dans cette dernière quand une ombre derrière une vitre brisée de l'édifice attira son attention.

-Sam ! Murmura-t-il. On nous observe.

Tout en parlant, Edward mit ses lunettes de soleil et tourna la tête dans la direction opposée. Sam balaya rapidement l'usine du regard avant de se mettre à fouiller frénétiquement ses poches.

-Merde ! Gronda fortement son collègue. J'ai dû tomber les clefs dans la ruelle.

-Tu sais que je vais finir par te les attacher au poignet ! S'énerva Edward en reprenant la direction qu'ils venaient de quitter.

Bella les suivit, son corps tendu trahissait la tension qui l'habitait. Une fois qu'ils furent à l'abri de tout regard, ils sortirent leurs armes.

-Sam, tu passes par les escaliers menant à la passerelle, nous on passe par la porte arrière.

-Ce serait pas mieux que tu passes par la porte arrière et moi sur le côté gauche ? Intervint Bella.

-Tu restes avec moi ! Claqua sèchement la voix d'Edward.

-Je ne suis pas…

-Ce n'est pas le moment de discuter mes ordres ! Tu me suis ! Il est possible que ce soit le tueur qui soit revenu sur le lieu du crime, donc, tu cesses de discuter et tu me couvres !

-Ça ira ? L'interrogea Sam avec un brin d'inquiétude. »

Edward hocha la tête avant qu'ils ne se séparent, son agent gagna discrètement l'escalier de secours pendant qu'ils se dirigeaient vers la porte se trouvant non loin d'eux. Il passa devant, Bella le suivait pas à pas et il s'efforça de ne pas penser au danger qu'elle risquait de courir, ni au fait qu'il était en train de trahir la promesse qu'il avait faite à Carlisle. Joe avait tort, il n'était pas aussi parfait que son père. Tout en faisant le moins de bruit possible, ils pénétrèrent dans l'usine. Ils ne tardèrent pas à repérer un homme se tenant devant les traces noires laissées sur le sol par l'incendie. Il était grand et portait un sweat dont la capuche était rabaissée sur sa tête, les empêchant de voir ses traits. Edward frissonna en remarquant ce détail. Des images l'assaillirent et il se figea. Bella qui ne s'était pas rendu compte de sa soudaine immobilité lui rentra dedans, les faisant trébucher. Edward grimaça quand il se retrouva propulsé vers le sol, sa main tendue vers ce dernier l'empêcha de tomber face contre terre. Bella, quant à elle, s'était retenue à une barre en fer, rouillée, qui céda sous son poids. La jeune femme réussit à rétablir son équilibre, mais elle ne put rattraper la barre qui chuta lourdement par terre.

Edward serra les dents quand il vit leur suspect se retourner. Bella lui cria de ne pas bouger, mais il était rare, dans ce genre de situation, qu'un criminel leur obéisse. Bien entendu, l'homme ne dérogea pas à la règle et s'enfuit au pas de course. Edward se mit à crier quand il vit Bella emboîter le pas au suspect sans savoir s'il la couvrait ou non. L'agent fédéral serra les dents et se releva péniblement, il suivit la direction prise par l'inconsciente jeune femme. Tout en pestant contre son incapacité à courir, il faillit pousser un cri de joie quand il vit Sam débouler devant lui. En quelques mots, il expliqua à son subordonné ce qui c'était passé et il se lança à la poursuite du suspect et de Bella.

Alors qu'il était enfin parvenu à sortir de l'usine, il vit Bella et Sam revenir, ce dernier tenait le fuyard par sa capuche. Edward rangea son arme quand il entendit leur suspect vociférer en parlant de la liberté de la presse. Saloperie de journaliste ! En se rapprochant, l'agent superviseur se rendit compte de la tenue poussiéreuse du journaliste ainsi que de sa lèvre fendue, que lui était-il arrivé ?

« -Tu devrais vois le super plaquage qu'elle a fait ! S'exclama Sam comme s'il avait lu dans ses pensées.

Il retint un sourire face au regard radieux de Bella, il ne devait pas se réjouir pour elle, non, il devait rester maître.

-Sam, vérifie son identité.

Son subordonné s'éloigna rapidement après avoir croisé son regard. Bella allait lui emboîter le pas, mais il la retint en la saisissant par le bras.

-Quoi ? Gronda-t-elle sur la défensive en remarquant son visage sévère.

-On ne t'a pas appris à l'école de police qu'il fallait toujours attendre son coéquipier ! Personne n'était là pour assurer tes arrières, Swan !

-Et alors ? Tout s'est bien passé, j'ai…

-Qu'aurais-tu fait si ça n'avait pas été un stupide journaliste, mais le tueur ? Tu crois que tu aurais pu le battre dans un corps à corps ?

-Je suis entraînée !

-Crois-moi sur parole quand je te dis qu'aucun entraînement ne peut te préparer à devoir défendre ta vie de cette manière ! Tu as vu les scènes de crime ? Tu as vu la violence qui en ressort ? Tu l'as vu ? Réponds Swan !

-Oui !

-Crois-tu pouvoir faire le poids face à ça ? Non, il t'aurait tué !

-Attends ! T'as pas le droit de me hurler dessus comme ça ! Je suis assez grande pour me défendre et je te rappelle que c'est plutôt mon coéquipier qui n'a pas assuré ! Putain ! Tu t'es cassé la gueule dans l'usine et après t'es même pas capable de te lancer dans une course-poursuite !

-Je te conseille de te calmer ! Ne m'as-tu pas entendu t'ordonner de ne pas te lancer à sa poursuite ? A ton avis, pourquoi j'ai fait ça ?

-Parce que tu es comme les autres ! Tu ne me fais pas confiance ! Tu crois que je suis une petite chose fragile !

-Bella, soupira Edward en passant une main nerveuse dans ses cheveux, crois-tu réellement que si je pensais ça de toi, je t'aurais emmené avec nous aujourd'hui ? J'aurais très bien pu me faire accompagner par Emmett, Ateara, Dauby ou même Black ! J'ai voulu te donner ta chance, alors, ne me le fais pas regretter ! Un mot de ma part et tu retournes à ta paperasse !

-Non, mais je rêve ! Pour qui tu te prends, Monsieur FBI ? Eclata Bella, les joues rouges de colère. Dis-moi, tu crois que tes supérieurs seraient ravis d'apprendre que Monsieur se shoote et qu'il est incapable de courir après un suspect ?

-Excusez-moi, les tourtereaux !

Edward, tout comme Bella, se tourna vers Sam qui venait de les interrompre pour le fusiller du regard.

-Hey ! Rentrez vos griffes et allez plutôt vous réconcilier au plumard !

Sam regarda avec surprise le journaliste qui venait d'intervenir, Edward savait parfaitement que son subordonné se demandait si le reporter avait conscience du danger auquel il venait de s'exposer.

-Quoi ? Dans un lit avec lui, jamais de la vie ! S'écria Bella en prenant une mine dégoûtée.

-Il ne faut jamais dire jamais, ne put s'empêcher de dire discrètement Sam.

Malheureusement pour lui, Edward l'avait entendu et il le gratifia d'un regard noir. Son agent leva les mains en signe d'apaisement pendant qu'il s'approchait du journaliste.

-Je peux savoir ce que vous faisiez sur les lieux d'un crime ? Claqua sèchement la voix d'Edward.

-Mon boulot, répondit tranquillement l'homme. Vous pourrez pas étouffer longtemps l'affaire, je suis au courant pour le type de Seattle. Ça sera à la une de demain !

Edward pinça l'arrête de son nez avant de prendre son téléphone portable. Au bout de quelques secondes, il raccrocha. Il jeta un coup d'œil à Bella qui semblait toujours furieuse après lui et elle n'avait pas totalement tort, s'ils s'étaient retrouvés face au meurtrier, il aurait été incapable de la couvrir. Il allait tenter de faire la paix avec la jeune femme quand une voiture de police les rejoignit. Il se dirigea vers l'Inspecteur Dirthy à qui il serra la main tout en lui expliquant rapidement la situation. L'homme acquiesça avant d'aller passer les menottes au journaliste.

-Hey ! Qu'est-ce que vous faites ? Vous avez pas le droit ! S'écria celui-ci.

-Vous étiez sur la scène d'un crime, vous avez fui devant des agents fédéraux. Votre comportement est plutôt suspect, non ? Relata Edward.

-Vous êtes officiellement en garde à vue, annonça l'Inspecteur Dirthy pendant que ses hommes emmenaient le journaliste vers la voiture tout en lui lisant ses droits. On ne pourra pas le retenir longtemps.

-Je sais, affirma Edward, mais ça nous laissera le temps de discuter avec les patrons des journaux, nous devons à tout prix éviter un mouvement de panique. En tout cas, merci pour votre aide.

-De rien, les salua le Lieutenant en repartant.

Ils rejoignirent leur voiture et repartirent en direction de Seattle. Bella s'était murée dans un silence, son visage fermé laissait deviner qu'elle n'avait toujours pas digérée leur altercation de tout à l'heure. Edward soupira ce qui attira l'attention de son collègue qui lui jeta un coup d'œil inquiet. Il lui sourit pour le rassurer avant de briser le silence qui commençait à devenir pesant.

-Au fait, Penny t'a trouvé un hôtel sympa ? Demanda-t-il à Sam.

-Non, elle avait trop de boulot, je vais voir ce que je peux trouver.

Edward jeta un coup d'œil à sa montre, il commençait à être tard et il devinait qu'avec la fatigue du voyage, Sam devait rêver d'une bonne douche et d'un lit.

-Pourquoi ne pas remettre tes recherches à demain, proposa Edward, mes parents ont une chambre d'amis, ils seraient ravis de t'accueillir.

-Tu es sûr que ça ne va pas les déranger ?

-Non, assura Edward en envoyant un message à sa mère.

Sam se garait devant le Commissariat quand il reçut la réponse de sa mère qui était plus que ravie d'accueillir un de ses collègues. A peine avait-il lu son message que son portable lui indiqua qu'il venait de recevoir un nouveau message, il ouvrit ce dernier et découvrit Stefan habillé en indien qui semblait avoir ficelé son grand-père sur une chaise. Edward ne put s'empêcher de sourire et c'est le cœur léger qu'il regagna le poste de police. A peine furent-ils entrés que l'officier Black se précipita vers eux d'un pas furieux.

-Non, mais ça va pas la tête ! Vous êtes dingues ou quoi ? S'énerva le policier à leur encontre.

-Je vous demande pardon ? Dit Sam aussi perplexe que lui.

-Vous l'avez laissé courir après un suspect alors qu'elle était seule ! Vous êtes malade ? Elle aurait pu…

-Jacob ! Gronda Bella rouge de colère de se donner ainsi en spectacle devant tous leurs collègues. Je te conseille de te taire !

-Jake n'a pas totalement tort, intervint à son tour Emmett, c'était imprudent de…

-La ferme vous deux ! Explosa Bella en les fusillant du regard. Je suis assez grande pour me débrouiller ! Alors cessez de me couver comme vous le faites !

Emmett ouvrit la bouche, Jacob fit un pas vers elle, mais ils n'osèrent ni lui parler, ni l'approcher, Bella partit d'un pas énervé vers le stand de tir tandis que Sam et lui retournaient dans la salle où se trouvaient tous les résultats de l'enquête.

-Tu es bien conscient que plus tu la couveras, plus elle cherchera inconsciemment à se mettre en danger pour faire ses preuves ? Fit-il remarquer à son frère.

-Cette fille est une tête brûlée, se défendit Emmett.

-Elle est jeune et débute, on a tous connu ça, poursuivit Sam, elle a besoin de connaître le terrain pour s'endurcir et devenir raisonnable, sinon, vous aurez un chien fou sur les bras jusqu'à ce qu'elle se fasse descendre.

Emmett blêmit et déglutit péniblement en entendant les paroles de son collègue, Edward ne fit rien pour le rassurer, Sam avait été dur dans ses propos, mais il fallait qu'Emmett comprenne.

-Ok, souffla Emmett, vous… vous avez trouvé quelque chose ?

-Non, admit Sam, si ce n'est un foutu journaliste.

Son frère et son collègue se mirent alors à repasser tout le dossier pour la énième fois. Edward s'approcha du tableau, quelque chose lui échappait, mais quoi ? Les deux scènes de crime étaient vraiment à l'opposée l'une de l'autre, une riche banlieue et une zone industrielle, une maison bourgeoise et une usine désaffectée, un banquier et un SDF. Non, ce n'était pas des meurtres commis au gré de pulsions, non, le tueur savait ce qu'il faisait, il choisissait ses victimes. Cependant, le fait qu'il n'y ait aucun lien entre elles n'appuyait pas sa thèse. Il passa une main dans ses cheveux, ils avaient besoin de plus d'informations, de plus de données. Par ailleurs, il se demandait toujours comment le tueur avait pu surveiller les faits et gestes de Williams sans se faire remarquer, pour le sans-abri cela n'avait pas dû être trop difficile de le surveiller, mais dans une quartier chic et tranquille comme celui où vivait Williams, un inconnu ou une voiture trop souvent là ne devaient pas passer inaperçus. Il jeta un coup d'œil à la liste des investigations menées par Black et Bella concernant les va et viens dans le quartier, mais rien n'attira son attention à moins que… Il parcourut à nouveau la liste, comment avait-il pu négliger cette piste ?

-Certains quartiers huppés font appel à des sociétés privées pour assurer leur tranquillité, y'en avait-il une dans le quartier de Williams ?

-Je ne sais pas, avoua Emmett.

-Ce serait effectivement une bonne planque, approuva Sam, même si le type était nouveau, les habitants n'y ont pas prêté attention à cause de son uniforme et de la voiture de patrouille, ils ont aussitôt confiance.

-Cela pourrait aussi expliquer pourquoi il n'y avait aucun trace d'effraction chez Williams, continua Edward, on laisse facilement entrer un gars de la sécurité chez soi même si on ne le connaît pas.

Tout en terminant sa phrase, Edward composa le numéro de téléphone de Penny. Dès qu'elle décrocha, il lui demanda des renseignements sur la société privée qui patrouillait dans le quartier de leur victime.

-Je vous donne la réponse dans quelques secondes, Monsieur. Par ailleurs, j'allais vous appeler, vous aviez raison.

-A quel sujet ? Questionna Edward en la mettant sur haut-parleur.

-J'ai lancé une recherche au niveau national comme vous me l'aviez demandé et j'ai trouvé des meurtres qui correspondent à ceux de Seattle et de Portland.

-On t'écoute, l'invita-t-il à poursuivre alors que les Inspecteurs et les officiers de Police entrèrent après qu'Emmett les aient appelés.

-Nous avons une victime tout près de chez nous ici à Washington, elle a été assassinée il y a 3 mois.

-Elle ? Releva Sam.

-Oui, Emily Parrish, 45 ans, Secrétaire de Direction dans une multinationale. On l'a retrouvé dans le grenier de sa maison, exactement dans la même position que vos victimes, elle avait été aussi torturée et tuée avant qu'ils ne mettent le feu à la maison. Ce n'est pas tout, à Baltimore, il y a 4 mois, on a retrouvé le corps d'Ethan Dunt, restaurateur, 46 ans, tué dans les mêmes circonstances. Il a été assassiné dans son salon, le tueur a pris le soin de fixer au plafond les entraves étant donné qu'il vivait en appartement et ne possédait, ni cave, ni grenier.

-Même mode opératoire ? Questionna Sam.

-Oui. Cependant, il y avait une différence avec les trois autres victimes.

-Qui est ?

-Monsieur, Ethan Dunt était marié à Laura et ils avaient deux enfants, Tony, 8 ans, et Victoire, 10 ans. Les pompiers sont intervenus rapidement et le salon est l'une des seules pièces qui a été endommagée. On a retrouvé sa femme et ses enfants, chacun dans leur lit, en vêtements de nuit et morts. Les analyses toxicologiques ont révélé qu'ils ont été empoisonnés.

-Pourquoi n'a-t-on pas été appelé sur ces affaires ? Gronda Sam.

-Dans les deux cas, la Police a conclu que Madame Parrish et Monsieur Dunt s'étaient suicidés après avoir tué leur famille.

-C'est n'importe quoi, marmonna Emmett. Comment auraient-ils pu se torturer et s'attacher avant de mettre le feu ?

-L'absence de preuves et le fait qu'il n'y ait pas eu d'autres victimes a dû les inciter à classer les deux affaires, expliqua Edward.

-Mais de là à dire que c'était des suicides ? Se récria Bella.

-Contrairement aux meurtres, les suicides n'apparaissent pas dans les taux de criminalité, les élections approchant, je suis sûr que les politiciens souhaitent pouvoir arguer que sous leur mandat, ils ont su enrayer la criminalité. Une famille assassinée n'est pas bon pour leur image, alors, il vaut mieux faire croire à un suicide, déclara Edward.

-Penny, tu peux nous envoyer les dossiers ? Demanda Sam.

-Ils sont déjà dans votre boîte mail, je vous rappelle dès que j'ai les renseignements concernant la société de gardiennage.

-Merci, Penny, tu es un ange, la remercia Edward, prends tout de même le temps de te reposer.

-Ne vous inquiétez pas pour moi, Monsieur.

-Je le suis, je sais que ce n'est pas évident de travailler sur deux enquêtes, Russell et Caitlin progressent sur les enlèvements ?

-Les… Euh, oui, ça avance.

-Penny ? Interrogea Edward interpellé par son ton hésitant.

-Ciao, ma belle, on se rappelle, lança Sam en coupant la communication. Ca y'est on a les dossiers !

Edward observa à tour de rôle le téléphone éteint et son coéquipier qui se dépêchait d'imprimer les dossiers des victimes pour les lui donner.

-Il y a une femme dans le lot, ça va modifier notre profil, ce type est sûrement un omnivore, poursuivit Sam.

-Un omnivore ? Releva Bella.

-Oui, cela signifie qu'il tue aussi bien des hommes que des femmes, la race ne semble pas avoir non plus d'intérêt. Jackson Williams et Emily Parrish étaient blancs, Ethan Dunt, par contre, était noir.

-Et c'est courant les omnivores ? Questionna Emmett.

-C'est plutôt rare, le désir de tuer est souvent éveillé par une particularité. Le tueur du clair de lune* ne s'en prenait qu'à des femmes brunes qui vivaient seules. Après avoir été renvoyé de son travail, Paul Vaughn* a tué plusieurs hommes afro-américains car il avait été remplacé par l'un d'entre eux. Les tueurs omnivores obéissent à des pulsions qui sont plus difficilement identifiables, expliqua Edward, ces hommes, cette femme ont fait quelque chose qui a attiré son attention. Il y a forcément un point commun entre eux.

-Je… J'ai aussi pensé à autre chose, avoua timidement Bella, mais je ne sais pas si…

-On t'écoute, l'encouragea Edward, toute idée est la bienvenue.

-Je me suis dit que comme on avait trouvé aucun indice sur les scènes de crime, qu'il s'agissait peut-être du travail d'un professionnel.

-C'est une bonne idée, mais je ne pense pas que ce soit le cas ici, la contredit-il.

-Pourquoi ? C'est tout à fait possible, ça expliquerait qu'on ait rien trouvé, la soutint Jacob.

-Effectivement, mais les crimes sont trop violents, non, il y a une rage immense à l'encontre des victimes, la personne responsable de ces atrocités se venge, c'est personnel, expliqua Sam.

-Il y a donc forcément un lien entre eux, murmura Edward en observant les différentes photos qu'il venait d'épingler sur le tableau.

-Mais lequel ? Souffla Emmett. Si encore ils vivaient tous dans le coin, mais le tueur est passé de Baltimore à Washington pour finir à Seattle et Portland, c'est impossible de savoir s'il va à nouveau frapper ici ou s'il est déjà en route vers un autre Etat !

-Un lien, murmura Edward, il nous faut un lien. Qu'est-ce qu'ils ont en commun ?

-Rien ! Lui répondit Bella d'un ton las.

-Si, il y a quelque chose, une chose qui nous échappe. Un lien, juste un petit lien entre vous, répéta l'agent superviseur. 46, 45, 45. 46, 45, 45.

-Qu'est-ce que tu marmonnes ? Questionna Emmett.

-Selon le légiste quel âge avait le SDF ? Interrogea soudain Edward.

-Aux alentours d'une cinquantaine d'années, mais il était difficile pour lui de le dire à cause de la dégradation des tissus, lui répondit Bella.

-Notre première victime avait 46 ans, la seconde 45 ans, la troisième 45 et la dernière autour de la cinquantaine, on peut raisonnablement penser qu'il se trouvait dans la même fourchette d'âge, raisonna Edward, ils se connaissaient, c'est sûr ! Bella, Black, je veux que vous alliez voir l'ex-femme de Williams, voyez si elle reconnaît les photos de Dunt et Parrish. Sam contacte nos antennes à Baltimore et à Washington qu'ils fassent les mêmes démarches auprès des familles des deux autres victimes.

-Tu ne trouves pas que c'est un peu tiré par les cheveux ? Murmura Emmett. Si encore, ils habitaient tous la région, je…

-Même tranche d'âge et autre point commun entre nos victimes, elles ont toutes étaient adoptées ! Lança Edward en affichant l'état civil des trois victimes identifiées.

-J'appelle Penny pour qu'elle cherche si avant d'être adoptés, ils ont fréquenté le même orphelinat à un moment ou à un autre, déclara Sam.

Edward allait dire qu'il s'en chargeait quand son téléphone sonna, il décrocha aussitôt.

-Papa ?

-Edward, je voulais savoir si tu étais en route.

-Non, je suis au Commissariat, on travaille.

-Tu as promis à ton fils d'être là pour le dîner, lui rappela Carlisle.

-Je sais, mais…

-Edward, tu n'es pas en état de faire des journées de 12 heures, rentre, s'il-te-plaît.

-Ok, je suis là dans une demi-heure. »

Edward raccrocha et rangea son téléphone. Lorsqu'il releva la tête, il croisa le regard compréhensif de son agent. Sam lui assura qu'il prenait la suite en main et que de toute manière à part passer quelques coups de fil, il ne pourrait rien faire de plus. Emmett, pour sa part, se proposa de raccompagner Sam jusqu'à la villa pour qu'il ne s'égare pas. Edward quitta difficilement le poste, ils avançaient enfin et il aurait aimé assister à la suite, mais il avait aussi promis à Stefan de lui consacrer la soirée. Il s'apprêtait à héler un taxi quand il se souvint qu'il avait gardé les clefs du Chevrolet Tahoe. Il grimpa dans celui-ci, estimant que Sam n'en aurait pas besoin puisqu'Emmett le raccompagnait. Edward démarra et attacha sa ceinture qui lui rappela alors que son torse n'avait pas apprécié certaines de ses activités de la journée. Il grimaça avant de fouiller ses poches pour attraper un flacon orange, il avala deux comprimés. Ses yeux croisèrent alors le regard réprobateur de Bella qui passait près de sa voiture. Il hésita à se justifier, mais elle avait déjà disparu à l'intérieur de sa voiture de patrouille conduite par Black. Tout en soupirant, il prit la route de la villa.

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Bella ne put réprimer un bâillement quand elle entra enfin dans son appartement. Elle ferma la porte à clef avant de ranger son arme en lieu sûr. Puis, la jeune femme se dirigea vers la salle de bain, une bonne douche lui ferait le plus grand bien. Une fois sous l'eau chaude, elle laissa son esprit vagabonder et inexorablement, il l'amena à penser à un certain agent du FBI qui était en train de la rendre dingue. Elle était impressionnée par ses capacités intellectuelles, il arrivait à mettre en confiance les gens et elle avait beaucoup appris avec lui. Jamais elle n'aurait pensé partager un repas avec des sans-abris pour gagner leur confiance, non, elle aurait plutôt menacé de les embarquer au poste pour les forcer à parler et elle n'aurait rien obtenu. Alors que là, elle était certaine que Joe avec sa petite troupe se renseignait auprès des leurs pour savoir qui avait disparu ou s'ils avaient remarqué quelque chose d'étrange. Oui, l'agent Cullen aurait pu être un excellent agent s'il ne se shootait pas avec ces médocs ! La colère naquit à nouveau en elle quand elle se rappela la manière dont il l'avait engueulé parce qu'elle était partie seule à la poursuite du suspect, il avait du culot ! Non seulement c'était sa faute s'ils avaient été repérés, mais en plus il avait été incapable de l'accompagner dans la course poursuite ! Elle pensait que sa faible condition physique l'aurait encouragé à cesser de prendre ces cochonneries, mais non, juste avant d'aller serrer son fils dans ses bras, elle l'avait vu prendre de ces cochonneries !

Bella sortit de la douche et s'enveloppa dans une grande serviette. Elle sécha ses longs cheveux avant de les coiffer. Elle alla ensuite dans sa chambre pour enfiler un tee-shirt et un short avant de gagner sa cuisine pour trouver quelque chose à grignoter. Alors qu'elle mangeait distraitement quelques chips, son regard se posa sur une photo de sa mère et elle. La jeune femme s'en approcha pour prendre le cadre entre ses doigts, ses yeux se voilèrent de tristesse en repensant que ce cliché avait été pris quelques jours avant que sa vie ne bascule. Elle vivait avec Renée, sa mère, depuis 2 ans. Phil, le nouveau compagnon de sa mère, était très gentil et elle s'était peu à peu remise du départ des Cullen en leur compagnie. Seulement, un jour, la police était venue à la maison pour annoncer à sa mère que Phil était décédé dans un accident de la circulation. Renée ne s'en était jamais remise. Pour elle, pour sa fille, elle avait essayé, mais les antidépresseurs, les calmants étaient vites devenus une source de réconfort, une drogue qui l'avait fait planer. Du haut de ses 8 ans, Bella l'avait vu se détruire. Plus les années passaient, plus Renée s'enfonçaient, Bella ne se souvenait plus combien de cure sa mère avait faite, toutes avaient échouées. Bella avait tout fait pour cacher la vérité à tout le monde, y compris Charlie. Elle avait pris soin de Renée, elle faisait les courses, la cuisine, le ménage, rappelait à sa mère de payer les factures. Les seuls jours de répit qu'elle avait c'était quand elle venait passer trois semaines de vacances chez Charlie. Cependant, à l'âge de 14 ans, elle avait arrêté d'aller chez son père, elle ne voulait plus laisser sa mère qui se détruisait un peu plus lors de son absence. Bella avait 16 ans quand Charlie était venu lui faire une visite surprise, elle se souvenait encore de la stupeur, de la colère et de la tristesse de son père quand il était entré dans leur maison. Charlie avait alors tout prit en main. Renée était depuis ce jour-là interné dans un Hôpital Psychiatrique de Port Angeles, quant à elle, elle était revenue vivre avec son père.

Bella reposa la photo sur le meuble. Elle ferma les yeux pour chasser sa tristesse. Elle ne voulait pas que Stefan vive le même calvaire qu'elle, elle ne voulait pas qu'il voit son père se détruire, devenir haineux, violent… Non, elle ne voulait pas que Carlisle et Esmé aient eux aussi à affronter cela. Elle devait prendre une décision, elle lui avait confisqué ses médicaments, mais il avait apparemment trouvé un moyen de s'en procurer d'autres. Que devait-elle faire ? Même si elle lui parlait, qu'il lui promettait d'arrêter, elle savait que la parole d'un toxico ne valait rien. La jeune femme se laissa tomber sur son canapé, machinalement, elle attrapa la télécommande du téléviseur et se mit à zapper. Elle devait trouver un moyen de protéger Stefan ainsi que tous les Cullen. Une petite voix lui souffla qu'il suffisait de leur dire la vérité, mais elle s'y refusait. La petite voix se fit alors un plaisir de lui demander pourquoi ? Pourquoi se refusait-elle de le leur dire ? Peut-être parce qu'elle voulait aussi protéger Edward du regard accusateur des autres, murmura sa conscience. Bella passa une main nerveuse sur son visage fatigué, il fallait absolument qu'elle se change les idées et qu'elle cesse de penser à lui ! Tout en arrêtant son choix sur une émission musicale, elle attrapa son ordinateur et se connecta à Internet.

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Edward déposa un baiser sur le front de Stefan avant de s'allonger à ses côtés sur le petit lit. Son fils vint se blottir contre lui, pouce à la bouche, doudou coincé sous le bras pour écouter l'histoire qu'il lui lisait. Il avait à peine terminé le premier chapitre que le petit garçon s'était endormi. Edward resta un petit moment à l'observer dormir avant de défaire doucement l'étreinte de sa main sur sa chemise et de se lever. Il borda son fils et déposa un baiser sur ses joues. Il alluma la veilleuse et éteignit la lampe de chevet. Il sortit de la chambre de l'enfant pour rejoindre la sienne et passer une tenue plus confortable. Une fois que cela fut fait, il gagna le rez-de-chaussée où ses parents et Sam discutaient sur la terrasse.

« -Il dort ? Lui demanda Esmé.

-Oui, je n'ai même pas pu terminer le chapitre.

-Ça fait plaisir de le voir sourire et rire, avoua Sam qui s'était amusé avec l'enfant.

-Oui, souffla sa mère songeuse. Bon, je vais vous laisser, Stefan n'est pas le seul à être fatigué. Bonne nuit Sam, bonne nuit, Edward, dit-elle en déposant un baiser dans ses cheveux.

-Bonne nuit, maman.

-Bonne nuit, Madame Cullen.

-Carlisle ?

-J'arrive dans un instant.

Son père attendit qu'Esmé ait gagné l'étage pour se lever, il revint quelques secondes plus tard avec sa mallette. Edward soupira sous l'œil amusé de Sam quand il dut retirer son tee-shirt.

-A ce que je vois, tu n'as pas écouté mes consignes, remarqua Carlisle en voyant les bandages défaits. »

Edward grimaça quand son père lui demanda d'aller s'allonger sur un transat et qu'il débuta ses soins. Sam se leva. Edward put sentir son regard peser sur lui, il fut interpellé par ce qu'il lut dans le regard de son subordonné, la colère semblait se mélanger à l'inquiétude. Sa consternation fut d'autant plus vive quand suite à un marmonnement de son père quant à son inconscience, Sam jura de veiller sur lui. La ferveur avec laquelle son agent prononça ces mots le surpris et il ne fut pas le seul car Carlisle observa Sam avec étonnement. Son subordonné ne tarda pas à remettre son masque et à leur souhaiter à leur tour une bonne nuit. Une fois ses pansements changés et un nouveau sermon, Edward gagna sa chambre. Il allait allumer le plafonnier lorsqu'il distingua malgré les ténèbres une forme allongée dans son lit. Sans faire de bruit, il referma la porte et se déshabilla avant de se coucher, Stefan vint aussitôt se blottir contre lui.

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La nuit était tombée sur Los Angeles lorsqu'il monta dans l'avion en direction de Seattle qui malheureusement n'était pas sa destination finale, non, il allait devoir se rendre dans une bourgade reculée, Forks. Quelle idée d'aller se terrer là-bas ? En même temps, il est vrai que personne ne viendrait le chercher là-bas. Il sourit à l'hôtesse de l'air qui lui tendait un verre de whisky. Il prit une gorgée en se demandant quelle serait sa réaction quand il le verrait et surtout quand il lui donnerait le résultat de sa petite enquête. Il savait que le pire de ses scénarii ne serait pas à la hauteur de sa colère. Tout à coup, il ne fut guère rassuré de lui avoir trouvé des armes…

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* : Ces personnages n'existent pas je les ai inventés.

Bonne soirée et à dimanche prochain !