Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

Un immense MERCI pour toutes vos reviews et vos alertes ! Merci énormément !

Ce chapitre aurait pu s'appeler désiré, lol, merci au site qui ne voulait pas publier le nouveau chapitre!

Voilà la suite qui apporte quelques débuts de réponse... J'espère que ce chapitre vous plaira! ^_^

Bonne lecture !

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Réponses aux reviews anonymes :

Ilonka : Merci beaucoup pour ta review ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira. Encore merci ! Bonne fin de week-end.

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Chapitre 4 : Minneapolis

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Edward arrêta la Mercedes de son père en bas de l'immeuble où se trouvait l'appartement de sa sœur et de son beau-frère. Il coupa le moteur tout en essayant de chasser le sentiment de gêne qui ne cessait de lui nouer le ventre. La veille, il s'était rendu comme prévu au bureau de Jasper pour sa première séance. Son beau-frère l'avait tout de suite mis à l'aise avant de lui demander d'ôter ses chaussures et de s'allonger sur le divan. Edward avait obéi, l'anxiété commençant doucement à naître en lui. Puis, alors qu'il s'attendait à différentes questions qui l'auraient amené à se confier, Jasper s'était contenté de déplier une couverture sur son corps avant déposer une serviette tiède sur ses yeux après lui avoir demandé de les fermer. Un peu perplexe, il avait attendu. Grâce à son audition, il avait suivi les déplacements de son beau-frère à travers le bureau. Ce dernier ne tarda pas à revenir vers lui et à s'installer sur un fauteuil à ses côtés. A peine une des mains de Jasper s'était-elle posée sur son épaule qu'une douce musique résonna dans la pièce. Le temps avait passé sans que Jazz ne dise un mot, lui non plus n'avait pas parlé. Il s'était lentement laissé prendre pas la musique qui s'accordait parfaitement à sa peine, à sa douleur. Des larmes qu'il n'eut pas la force de retenir coulèrent le long de ses joues, il avait pleuré, longuement pleuré, chose qu'il ne s'était pas autorisé à faire. Durant tout ce temps, il avait pu sentir la main douce et rassurante de son beau-frère sur son épaule. Epuisé, vidé, il avait fini par sombrer dans un profond sommeil. Jasper l'avait doucement réveillé une heure et demi plus tard, il s'était senti un peu hagard et étrangement plus léger. Jasper lui avait servi un verre d'eau et après qu'il l'ait bu, ils étaient tous deux sortis de l'Hôpital. Jazz le raccompagna jusqu'à Forks, préférant ne pas le laisser conduire pour le moment. Une fois à la villa, son père l'avait accueilli et serré dans ses bras avant de le laisser rejoindre son fils. Arrivé à l'étage, Stefan avait immédiatement laissé ses jouets pour lui sauter au cou. Ils avaient passé un peu de temps ensemble avant qu'il ne lui propose d'aller manger chez tatie Alice. Son fils avait acquiescé et il lui avait demandé de préparer un petit sac avec des jouets pendant qu'il allait prendre une douche.

« -On est arrivé, papa ?

Stefan le sortit de ses pensées, il détacha sa ceinture et se tourna vers son fils assit à l'arrière.

-Oui. Tu es content de voir tatie et tonton ?

-Voui !

Edward sourit et descendit de voiture, il ouvrit la porte arrière et détacha son fils du siège auto pour le prendre dans ses bras. Il prit le petit sac à dos contenant les jouets que Stefan voulut mettre sur son dos, il l'y aida et tout en le gardant contre lui, il prit de son autre main le bouquet de fleurs et la bouteille de vin qu'il avait acheté un peu plus tôt. Alors qu'il arrivait devant l'immeuble, il se demanda comment il allait pouvoir ouvrir la porte sans poser Stefan qui s'agrippait fermement à son cou.

-Besoin d'un coup de main ?

-Rose ! S'écria Edward en lui souriant. Tu vas bien ?

-Ca va et vous deux ? Ouah, j'ai de la chance, je vais arriver au bras de deux beaux gosses ! Déclara sa belle-sœur en embrassant Stefan. Mais dis-moi, tu as encore grandi toi ?

Stefan qui avait dissimulé son visage dans le creux de son cou, jeta un coup d'œil à Rosalie avant d'hocher doucement la tête.

-Allons, Stefan, tu connais tatie Rose, elle est gentille, non ?

-Voui.

-Tu lui fais un bisou ?

Stefan hésita quelques secondes avant de se pencher vers la joue de Rosalie pour l'embrasser.

-Tu es toute seule ? Remarqua alors Edward.

-Oui, mais Emmett ne devrait pas tarder, il voulait passer au Commissariat avant de venir.

Edward acquiesça avant de se demander pourquoi personne ne l'avait prévenu s'il y avait du nouveau. Rosalie sonna à l'interphone et on ne tarda pas à leur ouvrir, sa belle-sœur poussa la porte avant de la lui tenir pour qu'il entre. Ils se dirigèrent vers l'ascenseur qui les mena à l'appartement terrasse. A peine les portes s'étaient-elles ouvertes qu'un petit lutin leur sauta dessus, Stefan resserra la prise autour de son cou tout en enfouissant son visage contre son épaule.

-Hey ! Bonjour, mon petit cœur.

-Alice, tu es en train de l'effrayer ! Gronda doucement Rose.

-Mais non ! Stefan sait que tatie Alice ne veut pas lui faire de mal.

Pour toute réponse, son fils raffermit son emprise sur son corps. Sa sœur arbora une mine boudeuse avant d'esquisser un geste pour prendre Stefan.

-Non, Alice, il a sommeillé dans la voiture, laisse-lui un peu de temps, demanda-t-il.

Sa sœur acquiesça et s'écarta avant de les faire entrer dans l'appartement, Rosalie referma la porte derrière eux. Jasper l'accueillit avec un sourire rassurant et Stefan sortit sa tête de sa cachette quand il entendit la voix de son oncle. Pour la plus grande consternation d'Alice et sous leurs rires un peu moqueurs, Stefan sourit à Jasper avant d'accepter d'aller dans ses bras.

-Mais ! Pleurnicha Alice.

-Allez viens là, mon petit lutin.

Edward prit sa sœur dans ses bras pour lui faire un gros câlin comme lorsqu'ils étaient enfants. Cependant, ils ne tardèrent pas à être interrompus par un cri de protestation.

-Papa !

Stefan s'agita dans les bras de Jasper pour revenir auprès de lui. Alice rigola et déposa un baiser sur sa joue avant de s'écarter pour le plus grand plaisir de son neveu.

-Et bien, jeune homme, dit Edward à son fils, tu ne veux pas que tatie Alice fasse un câlin à papa ?

-Non, murmura Stefan.

-Pourquoi ? Tu aimes bien tatie Alice ?

-Voui.

-Alors, tu ne veux pas lui faire un bisou, elle serait moins triste.

Stefan se tourna alors vers sa tante, il passa un de ses petits bras autour de son cou pour l'attirer à lui et déposa un bisou sur sa joue.

-Merci, mon cœur, murmura Alice, alors, à ton avis qu'est-ce qu'on va manger pour dîner ?

-Sais pas, avoua Stefan.

-Mon petit doigt m'a dit que tu appréciais tout particulièrement les hamburgers ?

-Voui !

-Et je crois aussi que tu aimes bien quand papa les fait au barbecue ?

Stefan hocha vigoureusement la tête avant d'observer la grande terrasse où le barbecue fumait déjà, son regard brillant se posa alors sur sa tante à qui il tendit les bras.

-Merci, tatie !

Alice prit son fils et le câlina un moment avant que ce dernier ne demande à descendre. Sa sœur retourna en cuisine pendant que Rosalie, qui s'était agenouillée face à Stefan, regardait les jouets que le petit-garçon lui montrait fièrement. Jasper lui fit alors signe de le suivre. Une fois sur la terrasse, son beau-frère lui tendit une bière avant de s'en servir une et d'aller surveiller le barbecue.

-Il va mieux, déclara Jasper en observant Stefan jouer avec Rose, il y a encore quelques jours, il ne serait pas venu spontanément vers moi tout comme il n'aurait pas voulu jouer dans une pièce où tes parents ou toi n'auraient pas été.

-Oui, je suis heureux de le revoir insouciant.

-Carlisle m'a dit qu'il dormait avec toi ?

-Qu'est-ce que ça peut faire que mon neveu dorme avec son père si cela l'empêche de faire des cauchemars ? Intervint Alice en s'approchant pour finir de mettre la table.

-Ce n'était pas un reproche, Alice, la rassura Jasper, cela veut juste dire qu'il n'est pas encore totalement guéri.

Alice hocha la tête avant de finir de disposer les assiettes, une fois son travail terminé, elle s'approcha de lui et caressa doucement les cernes sous ses yeux.

-Et toi comment vas-tu ? S'inquiéta-t-elle.

-Je vais bien, Alice.

Sa sœur l'observa quelques secondes avant de lâcher un soupir et de regagner sa cuisine.

-Alors, vous n'avez toujours pas trouvé de maison à acheter ? Questionna Edward pour détourner la conversation.

-Non, soupira Jazz, et je crois que ta sœur aura ma peau si on ne trouve pas rapidement. Elle a tant d'exigences que je crois que je vais devenir dingue.

-Il n'y a vraiment rien qui lui convient ? Sourit Edward.

-Si, il y aurait bien une villa qui répondrait à toutes ses attentes, mais…

-Mais quoi ?

-Tu sais si tes parents envisagent de déménager ? Plaisanta Jasper.

Edward allait rire quand il se rappela soudain la proposition que lui avaient faite Esmé et Carlisle. Son air soudain sérieux fit froncer les sourcils à son beau-frère.

-Tout va bien, Edward ?

-Euh, oui, mais non, je ne pense pas qu'ils vont déménager. Tu sais si Alice à tant de mal que ça, pourquoi ne feriez-vous pas construire ?

Jasper grimaça en entendant sa proposition et Edward ne put retenir un sourire, s'ils construisaient, Alice voudrait tout contrôler de A à Z et leur maison ne verrait sûrement pas le jour avant de nombreuses années… Il allait gentiment se moquer de lui quand la sonnette résonna. Jasper s'excusa pour aller ouvrir. Edward se rapprocha de la baie vitrée, Stefan et Rosalie s'étaient lancés dans une course de petites voitures. Son sourire s'agrandit quand il vit que son fils était parfaitement à l'aise avec Rose. Cette dernière se leva pour venir vers lui pendant que Stefan sortait un petit cahier de son sac pour attraper d'autres jeux.

-Bonsoir tout le monde !

Edward releva la tête pour croiser un doux regard chocolat. Sans qu'il ne le veuille son cœur s'accéléra dans son torse quand il vit à quel point elle était belle dans cette petite robe blanche, ses cheveux détachés tombaient en cascade sur ses épaules, il aurait sûrement fait un pas vers elle si deux petits bras ne s'étaient pas enroulés autour de ses jambes. Il baissa la tête pour voir Stefan fermement agrippé à lui. Edward passa ses mains sous les aisselles de son fils pour le prendre dans ses bras, celui-ci se blottit contre son torse.

-Et bien, Stefan, tu ne vas pas me dire que tu as peur de Bella ? Murmura-t-il à son oreille. Tu sais, elle est très gentille et elle travaille avec tonton Emmett.

-Bonjour, Stefan.

Après avoir salué tout le monde, Bella s'était approchée d'eux. Son fils se détendit quelque peu en entendant sa voix douce, mais il ne sortit pas pour autant de sa cachette.

-Bonsoir, Bella.

-Edward.

Pourquoi son fils était-il le seul à avoir droit à un peu de douceur ? Soupira-t-il. La jeune femme tendit une main vers les cheveux de Stefan mais elle stoppa son geste quand son fils gémit en raffermissant l'emprise de ses bras autour de son cou.

-Stefan, doucement, tu fais mal à papa, mon cœur.

Son fils desserra un peu son emprise, mais n'accorda pas pour autant un regard à la jeune femme.

-Bien, je crois que ce jeune homme a très envie de faire un gros câlin à son papa, désolé, Bella, il partage pas, plaisanta Jasper.

Edward fut surpris de voir les joues de la jeune femme s'empourprer avant qu'elle ne lance un regard noir au psy.

-Tu peux me croire, je le lui laisse sans aucun problème ! Déclara Bella avant de se diriger vers la cuisine. Tu as besoin d'aide Alice ?

-Et si nous allions sur la terrasse nous occuper du barbecue, après tout c'est le travail des hommes, pas vrai Stefan ?

-Voui, approuva son fils dans un murmure.

-Pitié Jazz, ne commencez pas déjà à corrompre l'esprit de ce bout de chou avec vos remarques machistes, lâcha Rosalie avant de rejoindre la cuisine.

Jasper haussa les épaules en entendant la remarque de sa sœur, puis, il les entraîna vers la terrasse où, pour le plus grand bonheur de Stefan il lui ouvrit une petite bouteille en plastique de jus de fruit qu'il lui donna ainsi pour qu'il puisse boire au goulot comme eux.

-Ze peux papa ? Demanda tout de même Stefan.

-Exceptionnellement, oui, accepta Edward.

-Alors, les hommes, il parait que le barbecue est votre domaine ? Interrogea Alice en posant un plat de viande crue devant eux. Vous savez ce qu'il vous reste à faire ?

Sur ces mots, Alice les planta là pour sûrement retourner en cuisine où elles devaient être en train d'aborder des sujets de fille. Jazz prit Stefan sur un bras et ensemble ils entreprirent de mettre la viande à cuire. La sonnette résonna et il alla ouvrir comme tout le monde semblait occupé sauf lui. Edward se fit une joie de laisser son frère poireauter quelques minutes en bas avant de finalement déverrouiller l'accès de l'immeuble. Il fit tourner la clef dans la serrure et rejoignit la terrasse où il se réinstalla sur une chaise.

-Hey ! Où il est l'autre abruti ? Ne tarda pas à beugler Emmett.

-Bonjour à toi aussi ! Gronda Alice. On ne t'a pas appris la politesse !

-Je l'oublie quand je suis affamé et qu'un crétin m'empêche de monter ! Ah, te voilà ! Jubila son cadet quand il l'aperçut.

En quelques enjambées, Emmett le rejoignit, un air féroce peint sur son visage. Edward ne s'en inquiéta guère, cependant, ce qu'il n'avait pas prévu c'était l'intervention de son fils qui stoppa son oncle avec la grande fourchette qui servait à retourner la viande.

-Hey ! C'est dangereux !

-Stefan ! Cria-t-il en même temps.

Jasper reprit l'ustensile des mains de l'enfant qui, les larmes au bord des yeux, le regardait avec inquiétude.

-C'est rien, souffla-t-il pour le rassurer et en le prenant dans ses bras, c'est rien, mon grand.

-Comment ça : c'est rien ? S'écria Emmett d'une voix exagérément aiguë. Il aurait pu m'embrocher.

-Ouais, c'est sûr qu'avec ses 15 kilos tout mouillé il va embrocher tes 95 ! Railla Jasper.

-89, rectifia Emmett, j'ai maigri !

-Oh, c'est génial ! Le félicita Jasper.

-Ouais, Rosalie disait que j'en avais besoin même si je comprends pas, c'est que du muscle et puis… Hey ! On parlait pas de ça au début ! Ton fils…

-Stefan a juste voulu protéger son papa, articula lentement Jasper et même s'il lui tournait le dos, il était certain que son beau-frère observait avec attention son frère pour que l'information arrive à son cerveau.

-Euh, oui, murmura Emmett, mais il aurait quand même pu me faire mal. Pourquoi il tenait ce truc d'ailleurs ?

-Il m'aidait au barbecue et avant que tu ne dises quoi que ce soit, je le surveillais.

-Ouais, sauf au moment où il allait m'embrocher.

-Bon, ça suffit ! Déclara Edward en se glissant entre les deux hommes. Stefan, demande pardon à tonton Emmett, tu aurais pu lui faire mal.

-Padon, chuchota l'enfant.

-J'ai pas enten… Aïe !

Emmett ne put terminer sa phrase, les filles qui avaient suivi la scène de loin les avaient rejoints et Rose venait de planter le talon de sa chaussure dans le pied de son mari pour qu'il se taise. Emmett se mit alors à se plaindre comme un enfant ce qui ne tarda pas à faire ricaner son fils qui se moquait du comportement de son oncle. Afin d'éviter un nouveau scandale, il rentra dans le salon avec Stefan pour prendre ses jouets, puis, ils revinrent sur la terrasse qu'une fois qu'Emmett lui parut calmer. Rapidement, l'oncle bougon oublia de faire la tête pour aller jouer avec la voiture télécommandée de son neveu, assit à côté de Stefan, il s'amusait à la piloter entre les pieds de la table ainsi que les leurs.

-Emmett ! S'écria Bella qui était en train de se déplacer lorsque le petit bolide passa entre ses jambes lui faisant perdre l'équilibre.

Edward vit alors la jeune femme chanceler et il tendit les bras pour lui éviter une chute sur le sol dur. Bella se redressa rapidement tout en lui murmurant un petit merci.

-Tu vois, mon gars, c'est comme ça qu'on emballe une fille ! Enseigna Emmett.

-Emballe ? Répéta Stefan perdu.

-Emballer signifie…

-Ça ne veut rien dire ! Coupa-t-il. Tonton Emmett dis des bêtises. »

Son fils lança un regard noir à son oncle lui signifiant ainsi qu'il n'appréciait pas qu'il se moque de lui. Emmett marmonna quelques paroles avant de reprendre le jeu, cependant, il ne tarda pas à intervenir, son cadet ne voulant pas laisser la télécommande à Stefan qui voulait à son tour jouer. Heureusement, Alice ne tarda pas à annoncer que le repas était servi, ils s'installèrent tous à table, Stefan à ses côtés ne tarda pas à grimper sur ses genoux. Vu l'heure tardive du repas, il l'avait laissé manger pas mal de gâteaux apéritifs, c'est donc du bout des lèvres que l'enfant goûta son hamburger avant de somnoler dans ses bras. Alice et Rosalie se proposèrent de le prendre pour qu'il puisse manger tranquillement, mais il refusa. L'ambiance autour de la table était détendue et il put même surprendre quelques regards de Bella dans sa direction, regards où il n'y avait aucune animosité. Lorsque le dessert arriva, Stefan dormait comme un bienheureux dans ses bras. Doucement, il se leva pour aller l'allonger sur le canapé du salon, Alice le recouvrit avec un plaid et ils retournèrent sur la terrasse où, de sa place, il avait une vue parfaite sur son fils. Ils dégustèrent la salade de fruits de sa sœur tout en riant et en écoutant le récit du dernier match de base-ball qui avait opposé les policiers de Seattle aux pompiers. Bella s'empourpra et plongea le nez dans son verre quand Emmett se fit un plaisir de raconter ses frasques sur le terrain lorsqu'ils avaient été obligés de la faire entrer.

-Je crois qu'on en a assez entendu ! Marmonna Bella au bout de plusieurs minutes. Si tu nous parlais plutôt du bar où on a fait une descente il y a une quinzaine de jours ?

Edward fut surpris de voir son frère pâlir avant de se tasser sur sa chaise, son regard suppliait Bella de se taire, mais la jeune femme jubilait trop pour ne pas continuer.

-Quoi ? Tu n'as pas raconté à Rosalie comment tu t'es fait draguer par une belle rousse ?

-Quoi ? S'écria Rose en fusillant son frère du regard.

-Mais…

-Elle l'a même embrassé pour qu'il ne l'embarque pas, il faut dire que Monsieur semblait flatté qu'une belle poupée s'intéresse à lui, poursuivit Bella alors que Rose était à deux doigts d'arracher les yeux d'Emmett, malheureusement, ce cher Lieutenant, n'avait pas remarqué sa magnifique pomme d'Adam.

Un lourd silence s'abattit sur la table avant que tous n'éclatent de rire, même Rosalie, alors qu'Emmett se tassait dans sa chaise tout en fusillant Bella du regard.

-Alors, c'était comment ? Questionna-t-il impitoyable.

-La ferme, Edward !

-Bon, je vais aller chercher une autre bouteille, je crois que certains en ont besoin, rigola Jasper en envoyant un baiser à Emmett qui grogna.

Alice se releva pour resservir les filles, elle approcha ensuite la bouteille de son verre, mais il refusa.

-A part une bière, tu n'as rien bu, remarqua-t-elle.

-Je te rappelle que j'ai un peu de route et un enfant, par ailleurs, j'ai la voiture de papa.

-Ça c'est la meilleure des raisons pour ne pas boire, je me souviens quand j'avais accroché sa Mercedes, c'était une toute petite rayure, se souvint Alice avant de prendre un air triste, c'était la première fois qu'il élevait la voix sur moi.

-Et qu'il te punissait, lui rappela-t-il.

-Carlisle t'a puni ? S'étonna Bella.

-Oui, je n'ai pas eu accès à ma carte bleue pendant 36 heures, avoua Alice d'une voix tremblante alors qu'ils souriaient tous. Mais qu'est-ce qu'il fait ?

Sa sœur posa la bouteille de vin vide sur la table avant de se tourner vers l'intérieur de l'appartement à la recherche de son fiancé. Tout en maugréant contre Jasper, le petit lutin partit à la recherche de sa moitié qui ne tarda pas à réapparaître. Edward mordilla sa lèvre inférieure quand il vit sa sœur heurter la table basse, Stefan bougea sur le canapé mais ne s'éveilla pas. Alice ramassa le sac à dos de son fils sur lequel elle avait trébuché, elle ramassa quelques jouets avant de revenir vers sur la terrasse pour prendre la voiture télécommandée.

-Laisse, Alice, je rangerai après.

Comme d'habitude, sa sœur n'en fit qu'à sa tête et finit de réunir les jouets de Stefan pendant que Jasper ouvrait une autre bouteille de vin.

-Qu'est-ce que c'est ? Questionna Alice en désignant un petit cahier bleu.

-Je ne sais pas, admit Edward.

Les discussions reprirent et il vit sa sœur ouvrir le cahier, il se raidit quand il la vit pâlir.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta-t-il.

-Tu… Tu as vu les dessins qu'il a faits ? Balbutia Alice.

Edward prit le cahier que sa sœur lui tendait, il frissonna en voyant ce que son fils avait dessiné. Emmett et Jasper qui étaient assis à ses côtés se figèrent eux aussi. Ses yeux avaient du mal à quitter le dessin qui se tenait sur la première page, on pouvait voir un bonhomme aux cheveux en bataille et orange allongé sur le sol et de grosses tâches de feutre rouge étaient dessinées sur son corps. Ses doigts tremblant tournèrent la page et il referma violemment le cahier après avoir aperçu une longue silhouette noire avec un affreux masque.

-Qu'est-ce que c'est ? Questionna Rosalie.

Bella et elle observaient le cahier qui était maintenant posé sur la table, fermé. Rose tendit une main vers ce dernier étant donné qu'aucun d'entre eux ne parlait, mais Edward l'en empêcha. Jasper posa doucement sa main sur la sienne qui s'était crispée sur le cahier.

-Tu ne l'avais jamais vu ? Demanda doucement Jazz en desserrant lentement ses doigts de sur le carnet.

-Non, enfin… Je ne sais plus, je crois que je l'ai vu dessiner dessus hier, mais il l'a rangé à mon arrivée.

-Même s'il est trop jeune pour le comprendre, c'est un peu son journal intime, expliqua Jasper, regardons les autres dessins.

-Non, c'est trop dur, protesta Edward dans un murmure.

Jasper ne lui laissa pas le temps de réfléchir davantage, il prit le cahier et l'ouvrit.

-Edward, l'appela-t-il, regarde.

-Non.

-Si, regarde, ordonna Jasper en lui mettant le cahier sous les yeux.

Edward soupira avant de se pencher sur le dessin. Sur ce dernier, il vit un petit bonhomme tenir la main d'un grand aux cheveux orange, ils se tenaient au milieu d'une prairie. Le ciel était constitué de gros nuages et d'un magnifique soleil qui souriait. Edward tourna une autre page et il vit le petit bonhomme entouré de deux grands qui devaient représenter Carlisle et Esmé. Il continua de parcourir le cahier et tous les autres dessins de son fils lui firent pousser un soupir de soulagement, il n'y avait plus de trace du monstre. Il reposa le cahier et passa une main nerveuse dans ses cheveux.

-Qu'est-ce que ça veut dire ? Murmura Emmett alors qu'il entendait les hoquets de stupeur de Bella et de Rosalie qui s'étaient emparées du cahier.

-Rien, ça ne veut rien dire ! Déclara-t-il d'un ton ferme en se levant.

Edward arracha le cahier des mains de Rosalie avant de le ranger dans le sac à dos et de le fermer.

-Merci beaucoup pour le repas Alice, mais il est temps que l'on parte, Stefan sera mieux dans son lit.

-Edward… Edward, que s'est-il passé ? Le stoppa Alice en attrapant son bras.

-Tout va bien, maintenant, Alice, tu n'as pas besoin de t'inquiéter.

-On s'inquiète quand même, tu crois qu'on a pas remarqué que c'était pas la grande forme ? Que papa et maman étaient inquiets ? Avoua Emmett. Parle-nous.

Edward souffla bruyamment avant de passer une main nerveuse dans ses cheveux.

-Laila n'est pas morte dans un accident, elle a été assassinée, avoua-t-il d'une voix crispée. Stefan était avec elle…

Il pinça l'arête de son nez en voyant leurs mines défaites. Alice et Rosalie s'agrippèrent l'une à l'autre, il vit les doigts de Bella se crisper et Emmett fit un pas vers lui, mais heureusement Jasper le stoppa.

-Il… Il n'a rien eu ? Chuchota Alice.

-Non, Stefan n'a rien eu et il n'a rien vu. Il a seulement eu très peur.

-Dis-moi, le bonhomme aux cheveux orange couvert de sang, ça ne serait pas toi ? Questionna Jasper.

-J'ai essayé de sauver Laila et j'ai pris quelques mauvais coups, admit Edward.

-D'où le fait que tu ais du mal à courir après un suspect, comprit Emmett.

-Comment sais-tu que…

Edward ne termina pas sa phrase, son regard se posa aussitôt sur Bella qui rougit avant de détourner la tête. Ainsi, elle s'était plaint de lui à Emmett…

-J'espère que ce salaud croupit en prison ! Cracha soudain Rose. Quand a lieu le procès ?

-Il n'y aura pas de procès.

-Pourquoi ? Se récria Alice.

-Parce qu'il est mort. Maintenant, excusez-moi, mais il est temps que l'on rentre.

-Edward, le rappelèrent-ils.

-Non, ça va. Je… Je veux juste oublier.

-Et on comprend, intervint Jasper en faisant taire d'un regard les autres.

Chacun vint alors l'embrasser tout en le gardant un peu plus longtemps dans leurs bras. Il fit un petit signe à Bella, désolé qu'elle ait assisté à tout ce déballage. Edward passa les anses du sac à dos de son fils autour de son avant-bras avant de prendre son enfant.

-Prends la couverture, dit Alice, tu me la rendras plus tard.

-Merci.

Sa sœur caressa sa joue avant d'y déposer un baiser, elle le raccompagna ensuite jusqu'à l'ascenseur. Il monta dans la cabine et fit un petit sourire rassurant à sa cadette avant que les portes ne se referment. Arrivé au rez-de-chaussée, il se retrouva à nouveau confronté au problème de la porte d'entrée. Soudain, un bruit de course l'interpella et il eut à peine le temps de s'écarter que la porte de l'escalier s'ouvrit violemment manquant de peu de les percuter tous deux. Il vit avec stupeur Bella débarquer et ses yeux se crispèrent quand il comprit que son élan allait lui faire percuter le mur. La jeune femme se retint au dernier moment grâce à ses avant-bras tendus.

-Ça va ? S'inquiéta-t-il.

-Ouais, murmura la jeune femme, je ne l'ai pas réveillé ?

-Non, la rassura Edward alors que son fils dormait comme un bienheureux bien installé dans ses bras.

Bella lui offrit un sourire timide avant de s'avancer vers la porte de l'immeuble qu'elle lui tint ouverte.

-Merci.

-Edward, je…

-Oui ? L'encouragea-t-il.

-T'es pas obligé, mais pourrais-tu me déposer chez Charlie ? Je crois que j'ai un peu trop bu pour prendre le volant, sinon, je vais squatter le canapé d'Alice et Jasper parce que Rose et Emmett ont mis une option sur la chambre d'amis, ajouta précipitamment Bella.

-Il n'y a pas de soucis, je passe de toute façon pas très loin de chez ton père.

-Merci.

Bella lui offrit un sourire sincère qui lui alla droit au cœur. Elle reconnut sans peine la Mercedes de son père et ouvrit la porte arrière dès qu'il déverrouilla le véhicule. Stefan grogna quelque peu quand il l'installa et l'attacha sur son siège. Il enveloppa ensuite son corps dans la couverture avant de prendre place derrière le volant. Sa passagère prit place et s'attacha. Quelques minutes plus tard, il démarra. Les routes étant dégagées, il ne tarda pas à quitter les rues de Seattle pour prendre les voies plus étroites menant à Forks. Il crut que sa passagère s'était endormie, mais ses gigotements sur le siège le détrompèrent.

-Edward ?

-Oui ?

-Je suis… Je suis désolée, lâcha Bella, je me suis vraiment conduite comme une idiote avec toi. Je… Je n'aurais pas dû te juger sans te connaître, les… les médicaments c'est pour tes blessures ?

-Bonne déduction, Sherlock !

-Quelle conne ! Et merde, quand je pense que je t'ai pris tes médicaments ! Je suis vraiment désolée !

-Rassure-toi, j'ai un médecin dans mes relations ! Tout va bien, Bella, ne t'inquiète pas.

La jeune femme souffla et se détendit quelque peu sur le siège passager. Edward lui adressa un sourire rassurant et croisa en retour son regard interrogateur.

-Quoi ? Demanda-t-il.

-Comment peux-tu être aussi clément avec moi ? Questionna la jeune femme perplexe. Tu es une sorte de Bouddha ou quoi ?

Edward se permit un léger rire avant de secouer la tête en signe de négation.

-Non, loin de là, mais nous avons chacun notre passé et il peut nous influencer que ce soit une bonne ou une mauvaise chose.

-Quelqu'un… Quelqu'un t'a parlé de mon histoire, hésita Bella avant de bondir sur son siège, tu m'as profilé ?

-Chut ! Ordonna Edward en jetant un coup d'œil à la banquette arrière, mais Stefan dormait toujours. Je suis désolé, reprit-il, mais c'est une seconde nature chez moi.

-Une seconde nature ? Releva-t-elle perplexe.

-Comment t'expliquer, j'ai toujours eu une facilité déconcertante à cerner les gens, à lire en eux. Lors de mes études de droit, j'ai assisté à une conférence donné par un profiler du FBI, l'agent Russell Davies. Une fois cette dernière terminée, j'étais le dernier étudiant à sortir de l'amphithéâtre, il l'a remarqué et nous avons discuté, longuement discuté au point qu'il m'a invité au restaurant. Sans que je ne le sache, je l'intriguais de par mes prédispositions. A la fin de cette soirée, il m'a remis sa carte et m'a demandé de l'appeler si jamais je voulais entrer au FBI. Sans en parler à mes parents, j'ai modifié mon cursus universitaire pour m'intéresser aux techniques d'investigation, à la criminologie et tout ce qui va avec. Mon diplôme en poche, j'ai annoncé mon intention à Esmé et à Carlisle d'entrer au FBI pour devenir profiler. Maman a été ravie, papa a eu plus du mal à l'accepter, pourtant, c'est toujours Esmé qui est la plus inquiète pour moi.

-C'est vrai qu'Esmé est très maternelle ».

Edward acquiesça avant de se concentrer sur la route. Bella laissa sa tête reposer sur le dossier du fauteuil et ferma les yeux. Il apprécia l'ambiance détendue qui régnait entre eux. Son corps se tendit pourtant quand il repensa aux dessins de Stefan, il se rassura quelque peu en se rappelant que les deux premiers dataient de plusieurs semaines, les derniers étaient bien plus enjoués, cependant, il allait devoir en parler avec lui. Arrivé à un carrefour, il mit son clignotant pour changer de route. Ses sourcils se froncèrent quand il vit la voiture derrière eux faire de même. Devenait-il paranoïaque ? Après tout, il n'était pas le seul à quitter Seattle pour Forks. Néanmoins, un étrange sentiment l'étreignait lui dictant la prudence. Il plissa les yeux alors que malgré la pénombre, il tentait de reconnaître la marque du véhicule, la couleur ou la plaque d'immatriculation. La voiture continua de les suivre lorsqu'il entra dans Forks. S'il avait été seul, il aurait fait son possible pour coincer le véhicule, mais ce n'était pas le cas, il devait avant tout penser à protéger son fils et Bella. Un sourire se dessina sur ses lèvres en imaginant la violente réaction de la jeune femme si elle avait entendu ses pensées. Alors qu'il allait emprunter la rue menant chez Bella, il ne vit plus les phares de la voiture dans son rétroviseur. Il se gara rapidement devant la maison du Shérif de Forks.

« -Bella, l'appela-t-il doucement, Bella, réveille-toi, tu es arrivée.

La jeune femme bâilla avant de s'étirer. Elle jeta un coup d'œil par la vitre et sourit en reconnaissant la maison de son père.

-Merci de m'avoir ramené.

-Je t'en prie.

-Rentrez bien, dit-elle en regardant Stefan, puis, lui.

-Merci de vous inquiéter ainsi pour nous, Miss Swan.

-Hey ! Si tu le racontes à qui que ce soit, je nierais tout en bloc ! Plaisanta Bella.

-Je me disais aussi que c'était trop beau que tu sois sympa avec moi, la taquina-t-il.

-Et ouais, que veux-tu l'alcool fait plus effet, rit la jeune femme. Allez, bonne nuit !

-Bonne nuit !

Edward hocha la tête et la jeune femme sortit de la Mercedes. Il attendit patiemment qu'elle monte les marches du perron et soit à l'abri dans la maison. Alors qu'elle allait rentrer, il la vit faire demi-tour pour venir taper à la vitre de sa fenêtre qu'il abaissa.

-Tu fais quoi ?

-J'attends que tu rentres.

-Edward, soupira la jeune femme, on est à Forks et dois-je te rappeler que je ne suis pas une demoiselle sans défense ?

-Non, ce n'est pas la peine, mais mon père m'a appris à toujours vérifier qu'une dame était bien arrivée. »

Bella leva les yeux au ciel avant de lui faire un petit signe de la main et de courir vers la maison. Edward retint un sourire quand il la vit s'emmêler les pieds et se retenir au dernier moment à la rampe. Une fois qu'elle fut à l'intérieur, il redémarra non sans avoir vérifié si un nouveau véhicule s'était garé dans la rue, mais il ne remarqua rien. Il resta sur ses gardes jusqu'à ce qu'il rentre la Mercedes dans le garage de la villa. Son fils dans les bras, il gagna sa chambre. Il enfila son pyjama à l'enfant qui se réveilla en bougonnant. Edward le calma par un câlin et son doudou sous le bras, Stefan se rendormit. Il alla dans la salle de bain et fit rapidement un brin de toilette. Avant de fermer les volets obstruant l'immense baie vitrée, il ne put s'empêcher de scruter la forêt qui s'étendait face à lui. Il soupira en se reprochant sa paranoïa, il ferma les volets avant de rejoindre Stefan dans le lit.

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A sa descente de l'avion, il s'était dépêché de rejoindre un local qu'il avait loué en banlieue de Seattle. La voiture noire l'attendait, il caressa sa peinture neuve, elle n'avait encore jamais servi. Il installa les fausses plaques avant d'aller mettre en lieu sûr les armes, mais il garda les faux papiers, après tout, cela pourrait être amusant de les lui remettre en mains propres. Amusant, mais peut-être risqué, non ?

Il enfila sa casquette et ses éternelles lunettes de soleil avant de monter dans la voiture beaucoup plus discrète qu'il s'était choisi. Alors qu'il prenait la route de Forks et qu'il était arrêté à un feu rouge, il fut interpellé par une voiture venant en sens inverse. Se moquant des coups de klaxon et des injures des conducteurs, il changea de voie dès que le feu passa au vert, suivant de loin la Mercedes qui ne tarda pas à se garer devant un immeuble chic. Il se rangea un peu plus loin et observa le fameux agent du FBI ouvrir la portière pour prendre un petit garçon dans ses bras. Décidément, plus il avançait dans cette enquête, plus il trouvait ses découvertes dérangeantes, qu'est-ce qui lui passait donc par la tête ?

Il resta caché dans sa voiture et un sourire se dessina sur son visage quand il vit l'agent sortir vers minuit, l'enfant endormit dans ses bras et accompagné d'une jeune femme. Il les suivit de loin, apprenant par la même occasion la route de Forks.

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Edward s'éveilla en entendant la sonnerie de son téléphone portable, un grognement retentit sur sa droite et Stefan se blottit un peu plus contre lui. Il regarda le nom de l'appelant et voulut quitter le lit pour répondre, mais son fils qui venait de se réveiller l'en empêcha.

« -Papa, murmura Stefan.

-Bonjour, mon cœur, tu fais un câlin à papa pendant qu'il répond ?

Son fils hocha la tête et grimpa sur son ventre pour caler sa tête dans le creux de son cou.

-Bonjour, Penny, dit-il en décrochant.

-Oh, je vous réveille, désolée, Monsieur.

-C'est pas grave, qu'y a-t-il ?

-J'ai découvert d'autres meurtres liés à votre affaire, annonça sa subordonnée.

-Ok, combien ?

-Deux autres. Bill Matthews a été retrouvé à son domicile, il est mort 15 jours avant Monsieur Williams et Léa Andrews à Minneapolis

-Quand ?

-Hier.

-Merde ! Grogna-t-il.

-T'as dit un gros mot ! S'écria Stefan.

-Oui, mon cœur, je suis désolé, c'est pas bien. Penny, tu veux bien appeler Sam et faire préparer le jet ?

-Oui, je m'en occupe, embrassez Stefan pour moi !

-Stefan, Penny te fait un bisou.

Son fils attrapa alors son téléphone pour faire claquer un bisou sonore contre le micro de celui-ci. Il entendit Penny faire de même. Etrangement, Stefan n'avait eu aucune difficulté avec ses collègues, même s'il ne leur parlait pas, il n'avait jamais rechigné à aller dans leurs bras ou à rester avec eux. Il reprit son téléphone et sourit en entendant Penny débiter des mots affectueux à son fils.

-Penny ?

-Oh, oui, pardon, je m'occupe de tout.

-Merci.

Edward raccrocha et tout en câlinant Stefan, il se leva. Comment allait-il annoncer à son fils qu'il devait s'absenter ? Son cœur se déchira à l'idée de devoir le laisser. Toujours en plein dilemme, il arriva dans la cuisine où ses parents étaient attablés. Stefan quitta ses bras pour aller embrasser son papi et sa mamie.

-Alors, tu t'es bien amusé chez tatie Alice et tonton Jasper ? Lui demanda Esmé en le prenant sur ses genoux.

-Voui, mais tonton Emmett, il a pas arrêté de m'embêter ! Il a pris mes zouets !

-Oh, alors, il faudra que je le gronde la prochaine fois que je le vois ?

-Voui, papi, et papa aussi !

-Quoi ? S'étonna Edward en déposant un bol de céréales devant son fils.

-Voui, tu as dit un gros mot !

-Et je me suis excusé, lui rappela-t-il.

-Bien, tu as raison, approuva Carlisle en regardant avec sérieux Stefan, je gronderai ton papa tout à l'heure.

Edward leva les yeux au ciel avant de se servir une tasse de café et manger une tartine tout en profitant au maximum de Stefan, il ne cessait de lui faire des chatouilles, de caresser ses cheveux et de déposer des baisers sur ses joues, son nez ou son front. Une fois son repas terminé, Carlisle lui fit signe de le suivre.

-Tu vas pas être trop méssant avec papa ? S'inquiéta Stefan.

-Non, rassure-toi.

Son père l'entraîna dans son bureau pour refaire ses bandages. Edward fut étonné de ne pas le revoir remettre les pansements, mais simplement le bandage compressif qui maintenait ses côtes.

-Tes plaies sont pratiquement cicatrisées, lui expliqua Carlisle, le traitement a bien fait son travail. Maintenant, si tu me disais ce qui te tracasse ?

-Il y a eu deux autres meurtres dans notre enquête, lui apprit-il, le dernier a été commis hier à Minneapolis.

-Tu vas y aller ?

-Je ne sais pas, admit-il avec honnêteté.

-Tu dois y aller, soupira Carlisle en rangeant ses affaires, sinon, tu te le reprocheras. Cependant, quand tu auras bouclé cette enquête, je pense qu'il faudra vraiment que tu lèves le pied.

-Oui, j'ai pas mal de congés en retard, je pense partir un à deux mois avec Stefan.

-C'est une excellente idée, approuva son père.

-Je ne sais pas comment annoncer mon départ à Stefan, murmura Edward en se rhabillant.

-Tu seras absent longtemps ?

-Non, je ne pense pas. »

Ensemble, ils rejoignirent la cuisine où Stefan était en train de dessiner, il se rappela alors du petit cahier que son fils gardait avec lui. Il entraîna son père à l'écart et lui en parla d'un ton inquiet, son père le rassura, lui tenant le même discours que Jasper. En revenant dans la cuisine, il prit Stefan sur ses genoux pour lui expliquer la situation. Ce dernier le surprit en acceptant facilement son départ, rassuré sûrement que cela ne soit que pour deux ou trois jours et qu'il resterait avec ses grands-parents. Edward l'embrassa une nouvelle fois avant d'aller rassembler quelques affaires. Une fois son sac prêt, il fit un long câlin à Stefan qui, dans les bras de Carlisle, l'accompagna jusqu'à sa voiture.

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Lentement, l'homme se gara devant l'immense bâtiment blanc où pas mal de monde circulait. Il sortit de sa voiture et se dirigea vers l'accueil. Il demanda son chemin à une jeune femme et suivi ses indications. Cela faisait 20 ans qu'il ne l'avait pas vu, 20 longues années et la dernière fois aussi, il avait débarqué avec un stock d'armes et une voiture rapide. Encore une fois, ils allaient sûrement prendre le sentier de la guerre et il le comprenait, ce qu'il avait découvert l'avait mis dans une rage folle et il n'osait imaginer la réaction de son employeur et ami quand il lui donnerait la clef USB qui se trouvait dans sa poche. Son nom d'emprunt ne tarda pas à résonner dans la salle d'attente, il se leva et suivit une dame d'un certain âge en uniforme qui ouvrit un rideau. Il pénétra dans le petit espace clos et dévisagea d'un œil peu amène le vêtement qu'elle lui tendait. Il soupira et le déposa dans un coin avant de prendre place sur la table. Le rideau s'ouvrit et il entra en lisant le dossier qu'il avait rempli un peu plus tôt. Il n'avait pas changé, les années n'avaient-elles donc pas de prise sur lui ? Ses sourcils se froncèrent quand il lut le nom inscrit et il releva enfin la tête. Il se figea quand leurs yeux se croisèrent. Il se demanda alors si c'était une si bonne idée que ça de venir le trouver…

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Edward sortit du Chevrolet Tahoe conduit par Sam, Emmett et Bella quittèrent leur place à l'arrière pour les suivre jusqu'au jet qui les attendait prêt à décoller sur le tarmac. Etant donné que la moitié de son équipe était absente, il avait proposé à son frère et à Bella de se joindre à eux. Une fois dans leur jet, Sam s'installa dans un fauteuil et s'empressa de sortir son ordinateur portable pour le connecter. Emmett et Bella se tenaient dans l'entrée, observant avec des yeux ronds l'intérieur de l'avion privé.

« -Installez-vous, les invita Edward, on va pas tarder à décoller.

Edward s'assit sur le siège qui faisait face à celui de Sam, il boucla sa ceinture avant d'attraper les dossiers qu'il avait rangé dans sa mallette. Du coin de l'œil, il vit Bella prendre place sur l'une des deux banquettes doubles entourant la table. Emmett se glissa en face de la jeune femme. Les deux policiers accrochèrent leurs ceintures et peu de temps après le jet se mit à rouler avant de prendre son envol. Après que le pilote leur en ait donné l'autorisation, ils détachèrent leurs ceintures. Sam se leva pour verser du café dans 4 tasses qu'il leur distribua ensuite.

-Bien, commençons le briefing, annonça Edward. Ethan Dunt, 46 ans, est notre première victime ainsi que sa femme Laura et leurs enfants Victoire et Tony, notre deuxième victime, Emily Parrish a été tuée à Washington, 45 ans.

-Heureusement, son mari et ses enfants étaient absents du domicile, ils étaient en visite chez la mère de ce dernier, précisa Sam.

-Notre troisième victime, Bill Matthews était policier, sa femme et son fils n'ont pas eu autant de chance que les Parrish. Il était dans la même tranche d'âge que nos autres victimes, 44 ans.

-Il était flic ? Releva Bella.

-Oui, mais même les meilleurs peuvent se faire surprendre, fit doucement remarquer Edward.

-Léa Parrish était bibliothécaire, 47 ans et célibataire, lut Sam.

-Ils étaient tous adoptés ? Questionna Emmett.

-Oui, répondit Edward.

-Mais c'était pas le même orphelinat, non ? Chercha Bella dans les dossiers.

-Non, mais Penny n'est pas remonté très loin, peut-être ont-ils à un moment ou un autre de leur adolescence ou enfance se sont-ils croisés ?

-Penny n'a rien trouvé ? S'étonna Sam.

-Elle a dû mal à suivre leur trace, mais je lui fais confiance.

-Peut-être y-a-t-il autre chose qui aurait pu attirer l'attention du tueur ? Murmura Bella.

-Je ne vois pas, souffla Sam. Ils évoluent dans différents milieux sociaux, Monsieur Dunt était noir, Monsieur Matthews était d'origine asiatique et les autres étaient blancs. Nous avons 4 hommes et 2 femmes. Certains étaient mariés, d'autres célibataires ou divorcés. Non, rien ne les relient si ce n'est le fait qu'ils aient été adoptés et sont tous à peu près du même âge.

-J'en ai marre ! S'exaspéra Emmett. Ce type tue un peu partout et on ne sait rien !

-C'est faux, nous savons qu'il ne tue pas au hasard, il y a trop de haine dans ces meurtres pour qu'il n'y ait pas une raison à tout cela, un lien.

-Tu crois donc qu'il se serait passé quelque chose entre eux dans un orphelinat ? Résuma Bella.

-Oui, je pense qu'il s'agit de ça, admit Edward, Penny doit absolument trouver où ils ont pu tous se rencontrer. Les familles n'ont rien pu vous apprendre ?

-Non, on leur a montré les photos des autres victimes, ils ne les avaient jamais vus et leurs noms leur étaient inconnus, confia Emmett.

- Vous ne pensez pas que, justement, comme leurs familles ne les connaissent pas, on fait peut-être fausse route et que le tueur tue au hasard ? Leur demanda-t-elles à tous.

-Non, il n'y a pas de hasard, Bella, la contredit-il, cette violence, non, elle ne peut être engendrée que par la haine et puis si c'était des crimes gratuits pourquoi ne pas faire preuve de la même violence envers les autres membres de la famille ? Les époux ou épouses ainsi que les enfants ont été tué par médicaments, cela a été rapide et ils n'ont pas souffert.

-C'est d'ailleurs étrange cette double personnalité par rapport à la violence des meurtres ? Constata Sam.

-Je me suis fait la même remarque, dit Edward, nous sommes partis dans l'optique qu'il n'y avait qu'un tueur ce qui pouvait correspondre aux meurtres de Seattle et de Portland, mais pourquoi ne seraient-ils pas plusieurs ? Même armé, il est difficile pour un seul homme de s'en prendre à toute une famille sans qu'il n'y ait de casse. Or, toutes les maisons, les appartements étaient intacts, il n'y avait aucun signe montrant qu'ils se soient débattus.

-Donc, ils seraient plusieurs, comprit Emmett en passant une main lasse sur son visage.

-Oui, on va avoir besoin d'aide, soupira Sam, on peut pas couvrir une aussi grande superficie !

-Il faut contacter Russell et Caitlin, ils doivent nous rejoindre, une autre équipe se chargera des enlèvements, décréta Edward, pourquoi tu grimaces Sam ?

-Je pense pas qu'ils laisseront l'affaire aussi facilement, ils…

-Dis-moi, Sam, je suis toujours le boss, non ? Lança-t-il d'un ton sec.

-Oui, répondit son subordonné.

-Alors, Sam, tu me dis sur quoi ils bossent réellement ou je vais devoir te tirer les vers du nez ?

Emmett et Bella les regardèrent avec surprise pendant que Sam le dévisageait avec calme, son regard planté dans le sien.

-Que se passe-t-il ? Insista Edward en fronçant les sourcils.

Sam allait ouvrir la bouche quand une sonnerie les interrompit, il ne lâcha pas du regard son subordonné qui laissa échapper un imperceptible soupir de soulagement quand il appuya sur une touche de l'ordinateur portable.

-Penny ? Dit-il sans pour autant quitter Sam du regard qui passait une main sur son crâne rasé.

-Hey ! J'espère que vous allez bien ?... Bon, ok, je vois que l'ambiance est studieuse. Donc, j'ai fait une recherche sur nos victimes. Ils n'ont apparemment pas fréquenté le même orphelinat. Cependant, il y a un truc de louche dans leurs dossiers.

-Un truc de louche ? Releva Bella.

-Bonjour, on se connaît pas, remarqua Penny en se penchant vers l'œil de sa webcam.

-Le Lieutenant Emmett Cullen.

-Le petit frère pas si petit que ça, murmura Penny avec un grand sourire.

-Et voici, l'officier Bella Swan, finit de les présenter Sam.

-Bon, maintenant que les présentations sont faites, continue ! Ordonna Edward.

-Ok, personne ne lui a fait un gros câlin pour tenter de le dérider ?

-Penny !

-Donc, je disais que ce qui était louche c'est qu'un organisme de bienfaisance les a pris en charge quelques années après leur sortie de l'orphelinat.

-Le même pour tous ? Questionna-t-il.

-Non, mais chacun est difficilement identifiable, c'est comme si une personne fictive les avait créé. Bref, ces organismes ont fait quelques dons à droite et à gauche, mais ils ne se sont occupés que de ces seuls jeunes gens, ils ont payé appartement, voiture, études, puis une fois qu'ils étaient dans la vie active, l'organisme faisait encore quelques dons avant de disparaître.

-Il faudrait vérifier, Madame, s'il n'y a pas d'autres personnes qui ont bénéficié de tels avantages, demanda Bella avant de grimacer, enfin, c'est un peu chercher une aiguille dans une botte de foin.

-Oui, mais appelez-moi Penny, j'ai lancé une recherche, mais je n'aurais pas une réponse tout de suite.

-Bien. Tu as fait du bon boulot, Penny, la félicita Edward.

-C'est pas tout, annonça l'analyste avec un sourire.

-Je suis suspendu à tes lèvres, lui dit-il d'un ton charmeur.

-Je n'attends que ça, Monsieur, rit Penny. Il y avait un nom d'orphelinat dans chacun de leurs dossiers, j'ai trouvé des traces de leurs passages dans les papiers administratifs des orphelinats, mais personne ne se souvient d'eux, pas de photos, rien. Bref, les premières traces de leur existence remontent à 20 ans. J'essaie de remonter la piste car c'est impossible qu'il n'y ait aucune trace de leur existence, n'est-ce pas ?

-Ou alors c'est du travail de pro, murmura Edward, renseigne-toi auprès des Marshals !

-Vous croyez qu'ils étaient dans le programme de protection des témoins ? S'étonna Penny.

-Cela ressemble effectivement à leur travail, mais ils nous auraient sûrement contactés après le premier meurtre, remarqua Emmett.

-Vérifie tout de même Penny, ordonna Edward, en plus si j'en crois les dossiers, tous les parents adoptifs sont décédés ou bien…

-Ou bien, ils n'ont jamais existé, termina pour lui l'analyste, je vérifie.

-Penny, Russell est-il dans son bureau ou sur le terrain ?

-Je crois qu'il est dans son bureau, Monsieur.

-Bien, merci, Penny, dit-il en lui faisant un clin d'œil avant de couper la connexion. Ok, si effectivement, ils étaient dans le programme de protection des témoins cela expliquerait pourquoi on cherche à les tuer.

-Ils ont peut-être témoigné contre quelqu'un qui aujourd'hui se venge, poursuivit Bella en suivant son idée.

-Mais les Marshals se seraient quand même rendus compte que leurs témoins se faisaient descendre, non ? Lança Emmett.

-Peut-être qu'ils ne sont pas des témoins sous protection, cependant, le fait que Penny n'ait trouvé une trace d'eux que sur les 20 dernières années prouve qu'il y a quelque chose de louche là-dessous, rétorqua Sam.

-Bon, il nous reste encore pas mal d'heures de vol avant d'arriver à Minneapolis, reposez-vous !

-Où tu vas ? Questionna Sam en le voyant se lever.

-Je vais faire un tour dehors ! Railla-t-il en le fusillant du regard et en composant un numéro sur son téléphone.

Sam soupira bruyamment avant de se caler confortablement dans son fauteuil et de fermer les yeux. Edward se dirigea vers la cuisine, seul endroit où il pourrait avoir un peu de tranquillité.

-Tu m'appelles enfin, répondit une voix emplie de reproches, comment ça se passe à Forks ?

-Et toi ? Comment vas-tu ? Ton affaire d'enlèvement avance ?

-Oui, je te remercie, je vais bien, on piétine un peu, mais j'ai bon espoir.

-Dis-moi, Russell, tu comptes te payer ma tête longtemps ? Cingla Edward. Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Tu sais que tu deviens un brin parano…

-Tu oserais me mentir ?

Son subordonné et mentor soupira dans le combiné avant de reprendre d'une voix lasse.

-J'ai la situation en main, Edward, tu n'as pas à te préoccuper de ça.

-C'est quoi ou qui le ça ? S'énerva-t-il.

-Une affaire que je croyais classée, mais qui ne l'est pas.

-Russell…

-Rien qui ne doit t'inquiéter, je te le promets.

Edward pinça l'arête de son nez, la peur s'insinua lentement en lui alors qu'il tentait de se raisonner.

-Il est mort, murmura-t-il d'une voix tremblante, je…

-Stop ! Le coupa immédiatement Russell. Cesse de penser à lui, cesse d'y penser ! Edward, Stefan et toi êtes en sécurité, il ne vous fera plus de mal, tu le sais, non ?

Edward ferma les yeux et inspira profondément. Ses doigts tremblèrent alors qu'il revoyait ses yeux le supplier, mais il l'avait laissé là. Il avait pris Stefan dans ses bras et était sorti tant bien que mal de la maison en feu l'abandonnant aux flammes.

-Edward, tu es toujours là ?

-Oui, pardon.

-Cesse d'y penser, tu as une affaire à résoudre et un fils à aimer, donc, oublie le reste, compris ?

-Oui, je… D'ailleurs à ce sujet, j'ai besoin que tu viennes sur cette affaire avec Caitlin.

-Ok, on vous rejoint le plus vite possible.

-Russell…

-Non, il y a des familles qui comptent sur nous ici, on résout cette affaire et on arrive.

-Ok, tu peux tout de même y jeter un œil pour me donner ton avis.

-Oui, bien sûr. Prends soin de toi.

-Oui… Russell ?

-Oui ?

-Tu ne me mentirais pas ?

-Quand tu es entré dans le service, je t'ai dit que tu pourrais toujours me faire confiance et cela n'a pas changé.

-Voilà une réponse bien sibylline, tu sais que je n'aime pas qu'on me cache des choses et ne me dits pas que je suis parano !

-Tu es parfois trop perspicace pour ton propre bien, marmonna Russell, mais je te promets que les kidnappings résolus, nous arrivons.

-Très bien, fais attention à toi et passe le bonjour à Caitlin.

-J'y manquerai pas. »

Russell raccrocha et il fit de même. Edward observa pendant quelques secondes son portable avant de rejoindre sa place. Bella somnolait sur la banquette pendant qu'Emmett regardait un match sur l'écran plat. Sam n'avait pas bougé de son siège et il n'esquissa aucun geste quand il se rassit en face de lui. Son subordonné avait ses écouteurs sur ses oreilles et faisait son possible pour se relaxer. Edward tourna l'écran de l'ordinateur de l'avion vers lui et prit le clavier sur ses genoux. Il entra son identifiant ainsi que son mot de passe pour accéder aux dossiers du FBI où il ne tarda pas à trouver le dossier sur lequel Russell et Caitlin travaillaient. Il le consulta, lisant leurs rapports sur les disparitions des jeunes femmes. Il réduisit la fenêtre et lança une recherche sur Internet, mais rien. Il fronça les sourcils, étonné que la presse ne se soit pas du tout emparée de l'affaire. D'habitude, Caitlin réussissait à museler les journalistes pour quelques temps, mais jamais pendant une aussi longue période. Il allait falloir un jour qu'elle lui explique comment elle faisait, il lança ensuite une recherche sur le net pour savoir si les journaux de Seattle ou de Portland parlaient des meurtres, mais là aussi il ne trouva rien. Il se déconnecta et mit l'ordinateur en veille. Il était en train de se détendre dans le fauteuil quand il entendit son téléphone vibrer sur la tablette. Ses sourcils se froncèrent en voyant un numéro inconnu.

« -Agent Cullen, décrocha-t-il.

-C'est moi, dit une voix rauque.

-Pardon, mais je ne vous reconnais pas, s'excusa Edward en se redressant.

-Monsieur Joe.

-Excusez-moi, Monsieur Joe, je ne vous avais pas reconnu.

-Suis dans une cabine et j'ai pas trop de monnaie, on peut se retrouver.

-Je suis navré, Monsieur Joe, mais je suis dans un avion, pouvez-vous me donner le numéro de la cabine ? Je vous rappelle.

Monsieur Joe lui énuméra les chiffres avant de raccrocher. Edward s'empressa de les taper tout en prenant un bloc note et un stylo.

-Monsieur Joe, dit-il en entendant que l'homme avait décroché, alors, vous avez quelque chose pour moi ?

-Ouais, il y a un gars qu'on a pas revu dans le coin depuis pas mal de temps et pourtant c'était un habitué.

-Il n'aurait pas pu tout simplement partir ?

-Non, assura le sans-abri, il devait passer un entretien d'embauche pour faire le ménage à l'hosto, il y tenait au boulot surtout que c'est le Doc' qui le lui avait trouvé.

-Mon père ?

-Ouais. Enfin, bref, jamais il serait parti sans s'excuser auprès de lui ou de demander à quelqu'un de le faire pour lui.

-Ok. Vous avez un nom ?

-Paul. Pour son nom de famille, sais pas trop, nous on s'en sert pas beaucoup, mais c'était quelque chose comme Cunnig, Cunniwam ou Cunnigham.

-D'accord, dit Edward en prenant des notes, vous avez d'autres détails sur lui ?

-Il était un peu barge. Il racontait des trucs…

-C'est-à-dire ?

-Il parlait de gens qui voulaient le tuer, il dormait jamais deux fois au même endroit. Je l'ai rencontré que trois ou quatre fois, mais dès qu'il voyait certaines marques de voiture ou des gens qui restaient trop longtemps au même endroit que lui, il se barrait criant qu'ils allaient le retrouver et le tuer.

Edward fronça les sourcils, la paranoïa du dénommé Paul était apparemment justifiée quand on pensait à la violence de sa mort.

-Il n'a jamais parlé à qui que ce soit de qui lui voudrait du mal ?

-Il disait « ils » ou « eux », mais sans jamais préciser plus.

-Merci pour ces renseignements, Monsieur Joe. Si vous entendez parler de quoi que ce soit…

-Je vous appelle, mon gars.

-Merci. Je passerai à mon retour vous voir, on ira dîner quelque part avec les autres.

-Vous êtes pas obligé.

-Ça me fait plaisir. »

Monsieur Joe marmonna quelques mots avant de raccrocher. Edward ralluma l'ordinateur pour contacter Penny. Rapidement, cette dernière lui apprit qu'il s'agissait de Paul Cunnigham, 48 ans, sur son état civil figurait son adoption. Il lui demanda de faire des recherches avant de couper la connexion. Il allait enfin se reposer quand son téléphone vibra. Il décrocha et un sourire se dessina sur son visage quand il entendit la voix de son fils. Il écouta Stefan lui raconter sa matinée et aussi ce que sa grand-mère lui préparait pour le déjeuner. Après lui avoir envoyé une multitude de baisers, son fils raccrocha et il fit de même. Il se laissa aller dans son fauteuil et ferma les yeux.

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Bella entrouvrit ses paupières et se demanda pendant un instant où elle était. Elle se redressa et remarqua qu'elle était assise sur une banquette en cuir beige. La jeune femme fronça les sourcils et son regard se posa alors sur un hublot d'où elle pouvait voir des nuages. Ses souvenirs lui revinrent alors en mémoire, elle s'assit correctement et tenta de mettre un peu d'ordre dans ses cheveux tout en observant l'habitacle. Emmett dormait la bouche ouverte, l'agent Cartland était en train de lire, un casque sur les oreilles. Quant au dernier passager, Edward, il dormait mais pas du même sommeil calme que son frère. Bella pouvait voir ses paupières tressaillir, ses mains se crisper et son corps trembler. Sam sembla lui aussi le remarquer car il posa son livre pour observer son supérieur. Doucement, Bella se leva et s'approcha de l'aîné des Cullen. Elle avait été suffisamment peste avec lui qu'elle pouvait bien lui éviter de s'éveiller en hurlant lorsque son cauchemar deviendrait trop réel pour lui car elle savait qu'il n'apprécierait pas de montrer ainsi sa faiblesse. Arrivée à sa hauteur, elle fit semblant de trébucher et tomba lourdement sur les genoux d'Edward. La jeune femme maugréa au départ elle avait simplement prévu de bousculer son siège.

« -Et bien, on dirait que tu as besoin d'un ange gardien qui veille sur toi, murmura Edward d'une voix ensommeillée.

-J'ai juste fait un faux pas, protesta-t-elle sans pour autant se lever.

-J'ai cru remarquer que cela t'arrivait souvent, la taquina-t-il gentiment, mais rassure-toi, je me ferai un plaisir de te rattraper.

-Idiot ! Marmonna la jeune femme en se levant. »

Bella se rendit à la cuisine et se servit un verre d'eau avant de revenir s'asseoir face à Emmett qui cette fois ronflait. Bella soupira avant de poser ses mains sur ses oreilles. Elle entendit cependant Edward ricaner avant qu'il ne balance un oreiller au visage de son frère qui s'éveilla en sursaut et chercha son arme à la ceinture. La jeune femme sourit en voyant l'expression meurtrière de son supérieur quand il observa Edward. Cependant, l'agent fédéral coupa court à toute dispute en décrétant qu'il était temps de faire un briefing comme ils n'allaient pas tarder à arriver. Alors qu'elle allait protester parce qu'il l'envoyait faire un travail de gratte papier, Bella eut la joie de voir Edward pâlir quand il entendit Sam et Emmett argumenter pour qu'il l'accompagne. Edward protesta, mais les deux autres hommes lui rappelèrent qu'il n'était pas au mieux de sa forme physique. Le superviseur s'énerva en leur rappelant qu'il était tout à fait apte à se défendre, Bella sourit, pour une fois, ce n'était pas elle qui devait défendre sa place sur le terrain.

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L'agent Davies but une gorgée de café avant de soupirer de lassitude. Ils n'avaient rien, ils piétinaient encore plus que quelques mois auparavant et ce n'est pas à deux qu'ils pourraient avancer ! Ses yeux se posèrent à nouveau sur les deux petits bouts de carton qui étaient chacun dans un sachet plastifié.

Je t'attends.

Tu me manques.

A quel genre de malade avaient-ils affaire ? Le profil qui avait été établi par toute l'équipe ne semblait plus correspondre, leur homme était vraiment dur à cerner. Un coup frappé à sa porte lui fit relever la tête, Caitlin entra. Ses yeux se fermèrent quand il vit ce qu'elle tenait en main. Sa coéquipière déposa le bouquet de lys blancs sur son bureau. Il enfila rapidement une paire de gants pendant qu'elle s'asseyait sans rien dire. Russell attrapa la petite enveloppe et en sortit la carte.

Où es-tu ? Pourquoi me fuis-tu ?

Il frissonna. Comme pour les deux autres cartes, l'écriture rouge lui donna envie de vomir. Il avait dû se raccrocher à son bureau quand le laboratoire lui avait appris qu'il ne s'agissait pas d'encre, mais du sang de son protégé. Sans un mot, il donna le bouquet et la carte à Caitlin pour qu'elle les envoie au laboratoire. Russell se laissa aller dans son fauteuil. Ils n'avançaient pas, il jouait avec eux. Peut-être vaudrait-il mieux passer le relai à une autre équipe et partir pour Forks ? Au moins là-bas, il aurait l'impression d'être utile et surtout il pourrait veiller sur lui.