Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

Un immense MERCI pour toutes vos reviews et vos alertes ! Merci énormément ! Je suis désolée ne pas avoir répondu à vos reviews, mais j'ai eu beaucoup de travail et je viens juste de terminer ma relecture. Encore merci pour vos messages qui me motivent et me font super plaisir ! A bientôt et bonne fin de week-end à tous ! ^_^

Bonne lecture !

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Chapitre 5 : Bâton Rouge

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Edward sortit de la bibliothèque municipale de Minneapolis où il venait d'interroger les collègues de leur dernière victime. Ces derniers lui avaient avoué ne pas trop la connaître, elle était assez renfermée et avait très peu d'amis. L'une de ses collègues qui était a priori la personne la plus proche d'elle, lui avait confié que son amie était paranoïaque. Elle marchait souvent en regardant par-dessus son épaule, changeait régulièrement d'appartement et de numéro de téléphone. Lors d'une soirée, Léa Andrews lui avait confié qu'elle craignait qu'ils la retrouvent, mais elle n'avait rien pu lui indiquer de plus. Mais qui donc était ces ils ? Tout en marchant jusqu'à la voiture mise à sa disposition par l'antenne du FBI de la ville, il attrapa son téléphone pour appeler Bella. Il démarra tout en écoutant la jeune femme à travers son oreillette. Elle était allée voir le médecin légiste qui avait pratiqué l'autopsie, mais ce dernier ne put lui apprendre rien de plus que ce qu'ils savaient déjà. Il lui demanda de rentrer aux locaux de l'agence fédérale qui les hébergeait le temps de leur séjour car l'amie de Mademoiselle Andrews lui avait indiqué qu'un homme lui avait rendu visite quelques jours avant son décès. Sa collègue avait vivement réagi en le voyant, mais elle était tout de même partie rapidement avec lui. Sa collègue l'avait interrogé sur cet inconnu, mais Léa Andrews n'avait pas répondu à ses questions. Bella allait donc rentrer pour faire des recherches sur cet homme qui, pour son plus grand déplaisir, avait su éviter les caméras de surveillance et quand on le voyait, on apercevait que sa casquette qui dissimulait habilement son visage.

Edward s'engagea dans la rue où habitait la victime. Il se gara devant l'immeuble et observa les alentours, c'était un petit quartier calme, il pouvait apercevoir un parc où des enfants jouaient. Aussitôt son cœur se serra, Stefan lui manquait. Il secoua doucement la tête, il devait se concentrer sur son enquête, il penserait à son fils ce soir quand il serait rentré à l'hôtel. Il entra dans l'immeuble et gagna l'étage où se trouvait l'appartement de la victime, un policier en uniforme se trouvait devant cette dernière, il lui montra sa plaque et entra.

« -T'as pas compris quoi dans la phrase « reste au bureau pour te ménager » ? Grogna Emmett en le voyant.

-Vous avez trouvé quelque chose ? Demanda-t-il en ignorant son frère.

-Rien de plus que sur les autres scènes de crime, soupira Sam. C'est à se demander quand ils vont faire une erreur ?

-On a pas le temps d'attendre qu'ils commettent une faute, déclara Edward. Je suis allé sur son lieu de travail.

-Quoi ? Vous auriez pu nous le dire ?

-Depuis quand dois-je t'informer de mes déplacements, Sam ? Jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours le boss !

-Désolé, marmonna Sam.

-Bon, oublions, soupira Edward, d'après ce que j'ai appris, elle était paranoïaque et tout comme Paul Cunnigham elle craignait pour sa vie. Une de ses collègues dont elle était proche m'a aussi appris qu'un homme lui avait rendu visite peu de temps avant sa mort. Notre victime a plutôt réagi violemment quand elle l'a vu avant de le suivre. On a rien sur lui, vous avez pu trouver une trace de son passage ici ?

-Non, avoua son subordonné.

Edward passa une main dans ses cheveux, ses yeux balayèrent l'appartement impeccablement rangé. Il n'alla pas dans la pièce où la pauvre malheureuse avait perdu la vie. Si comme l'avait dit sa collègue, Mademoiselle Andrews était paranoïaque, ses petits secrets devaient être bien dissimulés. Ses mains se mirent à frapper doucement les différents pans de mur cherchant une éventuelle cachette. Comprenant ce qu'il faisait, Emmett et Sam l'imitèrent. Un son creux résonna à un moment, il fronça les sourcils, ses doigts cherchèrent le mécanisme qui lui permettrait d'ouvrir la cachette. Un léger enfoncement dans le mur lui permis d'enfoncer son ongle et d'ouvrir une petite cache. Ses doigts se posèrent sur quelques coupures de journaux qu'il attrapa.

-C'est quoi ? Questionna Emmett.

-Je ne sais pas.

Edward déplia les différentes coupures pour les déposer sur le bureau se trouvant non loin de lui. Ses deux coéquipiers se penchèrent avec lui sur les articles, cherchant un indice.

-Elle savait qu'elle était en danger, déclara Edward en poussant vers eux un article relatant la mort de Monsieur Williams.

-Ca confirme aussi le fait qu'ils se connaissaient tous, dit Sam, par contre, les autres articles, je ne vois pas ce qui a attiré son intérêt, ce sont pour la plupart des petites annonces.

-Peut-être était-ce un moyen pour eux de communiquer, proposa Emmett.

-On va les envoyer à Penny, décida-t-il, s'il y a un code, ses ordinateurs le trouveront et…

-Quelque chose d'intéressant ? Interrogea Sam.

-Non, répondit hâtivement Edward. Regardez, s'il n'y a pas une autre cachette ou quoi que ce soit d'autre.

Son frère et son subordonné s'éloignèrent pendant qu'il retirait doucement sa main gantée de sur le gribouillage qui se trouvait avec les coupures de presse. Plusieurs esquisses, plus ou moins réussies, représentaient un lion rugissant. Doucement, ses doigts un peu tremblants relevèrent la manche de sa veste ainsi que celle de sa chemise pour dévoiler le bracelet en cuir qui ornait son poignet. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Certes le lion qui décorait le blason des Cullen était un peu différent, mais la coïncidence était tout de même troublante. Il mit le gribouillage dans une pochette transparente qu'il referma avant de la ranger dans une des poches de sa veste.

-Hey ! Venez voir !

Edward suivit la voix de son frère et se retrouva dans la cuisine, ce dernier avait retiré la vaisselle d'un placard et déplacé le faux fond révélant une nouvelle cachette. Les doigts gantés de son cadet tenaient une photographie où 11 personnes posaient, souriantes et apparemment d'humeur festive.

-Pourquoi ils sont tous déguisés ? Grogna Sam. On dirait qu'ils font exprès de nous compliquer la tâche.

-Ouais, mais le type là avec le masque rouge, c'est pas Williams ? Questionna Emmett.

-Oui, on dirait, convint Edward. De toute manière si elle a caché cette photo c'est sûrement parce qu'elle a un rapport avec son passé. »

Ils rangèrent la photo avec les coupures de presse avant de fouiller à nouveau l'appartement de fond en comble. La nuit commençait à tomber quand ils décidèrent qu'ils en avaient fait le tour. Ils sortirent et gagnèrent leurs véhicules pour rejoindre les locaux de l'agence fédérale. Une fois sur place, ils firent part de leurs découvertes à Bella, cette dernière leur apprit qu'elle avait eu moins de chance qu'eux, aucune vidéo ne permettait d'identifier l'homme qui était venu rendre visite à Mademoiselle Andrews. La nuit était bien tombée sur Minneapolis lorsqu'ils regagnèrent leur hôtel. Chacun regagna sa chambre pour prendre une bonne douche avant qu'ils ne se retrouvent au restaurant de l'hôtel. Une fois changé, il s'installa sur son lit, ses doigts jouaient nerveusement avec le papier transparent où il pouvait apercevoir le lion pendant que son autre main composait le numéro de la villa. Sa mère décrocha avant de lui passer rapidement son fils qui s'était mis à exulter en apprenant que c'était lui.

« -Papa ! Papa ! Veux papa !

-Je t'embrasse mon cœur, lui dit Esmé, je te passe un jeune homme très impatient de te parler.

-Papa ?

-Oui, mon poussin.

-Tu me manques.

-Toi aussi, Stefan, alors, dis-moi qu'as-tu fait aujourd'hui avec papi et mamie. Tu as été sage ?

-Voui. Suis allé au parc akatique.

-C'est bien, tu t'es bien amusé au parc aquatique ?

-Voui ! Ai fait plein de photos !

-Mamie t'a prêté son appareil photo ?

-Non, c'est tonton Zasper.

-Oh, il y avait aussi tatie Alice et tatie Rose ?

-Voui. On a zoué à les mouiller.

-Papi vous a aidé ?

-Non.

-Hey, bonhomme, pourquoi tu es si triste soudain ?

-Papi, il est parti.

-Comment ça ? Questionna Edward en fronçant les sourcils.

-Sais pas.

-C'est pas grave, alors, comme ça tu as aspergé Rose et Alice ?

-Voui, rigola Stefan, tonton Zasper et moi on a rempli des posses d'eau et on les a versé sur elles !

Edward imaginait sans peine la vive réaction de sa sœur et de sa belle-sœur.

-Tonton, il m'a pris dans ses bras et on a couru viiiiiiiiite !

-J'imagine !

-On s'est même caché, mais elles nous ont trouvé quand tonton m'a asseté une glace et les taties, elles ont… Elles ont…

Edward sourit en entendant le fou-rire de son fils, apparemment, les réactions de ses tantes semblaient toujours le faire rire.

-Qu'ont-elles fait ? Questionna Edward quand il se fut un peu calmé.

-Elles ont écrasé la glace de tonton sur sa tête, éclata Stefan. C'était trop drôle !

-J'imagine, mon cœur.

-Tu rentres quand papa ?

-Bientôt.

-C'est quand bientôt ?

-Tu vas aller faire dodo, demain tu joueras avec mamie et normalement le soir, je serais là.

-D'accord.

-Je t'aime, Stefan.

-T'aime papa.

-Je te fais plein de gros bisous partout !

-Même sur le bout du nez ?

-Surtout là, mon cœur !

Stefan éclata de rire avant de lui envoyer plusieurs dizaine de baisers à travers le combiné. Edward les lui renvoya puis son fils partit finir de regarder son dessin animé pendant que sa mère reprenait le combiné.

-Tu vas bien ? S'enquit-elle. Tu n'en fais pas trop j'espère ?

-Non, tout va bien, maman, rassure-toi. Stefan m'a dit que papa n'était pas là ?

-Oui, il a été obligé d'aller à une sorte de colloque, mais il devrait rentrer cette nuit, enfin, s'il n'est pas trop fatigué, je préfère à ce moment-là qu'il dorme à l'hôtel et rentre demain matin.

-Ok.

-Mamie !

-Je crois qu'on t'appelle, rigola-t-il, calme-le s'il en fait trop.

-Mais, non ! Il est adorable ! Embrasse ton frère pour moi et Bella aussi.

-Très bien, bonne nuit, maman. Bisous.

-Bisous, mon grand.

Edward raccrocha avant de descendre rejoindre le reste de l'équipe au restaurant, ils étaient déjà autour d'une table et semblaient l'attendre.

-Excusez mon retard, dit-il en s'asseyant.

-C'est rien, on a pas commandé, lui apprit Emmett, tu as eu Stefan ?

-Oui.

-Il va bien ? Questionna Sam.

-Oui, Jasper est en train de lui apprendre plein de bêtises.

-C'est pas vrai, va falloir que je reprenne ce petit en main à mon retour, soupira Emmett.

-Mon pauvre, je crois que tu as du souci à te faire, compatit Bella alors qu'Emmett prenait un air outré.

Bella éclata de rire en voyant la mine de son cadet, Sam l'accompagna alors qu'il esquissait un doux sourire. Le serveur arriva à ce moment-là pour prendre leur commande. Sam et Emmett ne tardèrent pas à parler football et Bella commença à grignoter son petit pain. Il remarqua alors que la jeune femme était particulièrement pâle.

-Tout va bien ? Lui demanda-t-il doucement.

-Oui, ça va. Enfin, c'est juste que toute cette violence… Je n'y étais pas habituée.

-On ne s'y fait jamais.

-Pourtant, Sam et toi paraissez si stoïques, si détachés.

-Malheureusement, les années nous endurcissent, mais ne crois pas que nous sommes insensibles. Nous intervenons sur des scènes particulièrement violentes et je dois avouer que les premières années j'ai eu du mal à trouver le sommeil. Je fais encore des cauchemars, mais j'essaie de faire en sorte que le travail reste au travail. C'est pas toujours évident, mais il faut que tu essaies de trouver un exutoire, moi je passe des heures en salle de sport.

-Ça se voit, murmura la jeune femme.

-Pardon ?

-Non, rien… Je suis pas très douée pour le sport, avoua Bella, j'ai toujours eu deux pieds gauches. En général quand je suis stressée, je cuisine, ça m'aide à me détendre et puis Charlie adore quand j'arrive chez lui avec plein de petits plats ! Au moins, je sais que pendant quelques jours, il ne se nourrira pas que de pizzas et de surgelés !

-Ton père est un homme chanceux !

-C'est vrai, convint-elle, à force de pratique, je pense que je suis devenue une assez bonne cuisinière.

-Je n'en doute pas.

-Pourquoi ne pas en juger par toi-même ? Proposa Bella. Je serais heureuse de vous avoir à dîner un soir avec Stefan.

-Ce sera avec plaisir, accepta Edward en remarquant la légère rougeur sur les joues de la jeune femme. »

Ils se sourirent et détournèrent le regard quand le serveur arriva avec leurs assiettes. Ils commencèrent à manger, Emmett se faisant un plaisir de raconter quelques anecdotes à son sujet qui amusèrent tout particulièrement Sam et il était certain que ce dernier se ferait une joie de les lui rappeler à un moment ou à un autre. Ils dînèrent dans la joie et la bonne humeur ce qui était agréable après la journée éprouvante qu'ils venaient de passer. Après avoir avalé un café, ils regagnèrent leurs chambres, il raccompagna Bella jusqu'à la sienne puisqu'ils étaient au même étage. A sa grande surprise, la jeune femme embrassa sa joue avant de rentrer dans sa chambre.

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La tête dans les nuages, Bella repensait à la soirée de la veille, elle n'en revenait pas encore de l'avoir embrassé ! Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? C'était un geste normal lorsqu'ils étaient à l'extérieur, mais là c'était pour le travail. Ce n'était pas un repas entre amis qu'ils venaient de partager, mais plutôt un dîner entre collègues après une journée harassante. Et puis, elle l'avait invité à dîner ! Bon, Stefan serait là, ça ne ressemblerait pas un rendez-vous, non ? Il n'allait pas croire que c'était un rendez-vous, n'est-ce pas ? Bella passa une main nerveuse dans ses cheveux avant de mâchouiller sa lèvre inférieure. Elle jeta un coup d'œil à l'agent fédéral qui hantait toute ses pensées, ce dernier était en train de lire un dossier, ses sourcils étaient légèrement froncés et son petit air concentré était absolument charmant. Edward releva soudain la tête, sûrement avait-il senti qu'on l'observait, son regard émeraude croisa le sien et elle tourna aussitôt la tête pour regarder à travers le hublot. Emmett et Sam qui étaient en train de regarder un résumé des matchs, laissèrent échapper un juron quand la diffusion fut interrompue par un flash spécial. Bella se redressa pour voir ce qui se passait et elle vit du coin de l'œil Edward poser son rapport sur la tablette.

«-Nous nous trouvons ici à Bâton Rouge où une macabre découverte vient d'être faite, annonça un journaliste qui se tenait devant un cordon jaune et en arrière-plan on pouvait apercevoir plusieurs voitures de police et des ambulances. Hier soir, un homme armé a déboulé dans un pub sur le point de fermer, 6 personnes étaient encore présentes dont les employés. Tous ont été tués. D'après les premières constatations, il s'agirait…

-Hey ! C'est pas Russell et Caitlin ? S'écria Sam en désignant deux personnes qui traversaient rapidement le ruban jaune pour disparaître de leur vue.

-Si, murmura Edward en observant les images d'un air soucieux, est-ce que tu peux monter le son, s'il-te-plaît, Em' ?

Emmett cherchait la télécommande de l'écran plat, mais il fut interrompu par la sonnerie une connexion Internet. Edward qui était assis à côté de l'ordinateur, activa la connexion et le visage maintenant familier de Penny apparut sur l'écran.

-Hello, les p'tits loups !

-Bonjour, Penny, que se passe-t-il ?

-Comment vous savez qu'il se passe quelque chose, Monsieur ? Interrogea l'analyste surprise.

-C'est à la télé, annonça Sam.

-Quoi ? S'énerva Penny. Mais comment ils savent ? C'est pas possible !

-Je te signale que l'on vient de voir Russell et Caitlin à la télé, l'informa son collègue.

-Quoi ?

-Il vient d'avoir un flash spécial à Bâton Rouge, expliqua Edward, quel est le rapport avec leur affaire d'enlèvement ? Je ne vois pas ce qu'une tuerie dans un bar…

-Oh, c'est ça, soupira Penny visiblement soulagée avant de rougir, je… Pardon…

-Penny, si tu n'appelais pas pour ça, pourquoi nous contactais-tu ? Interrogea Edward.

-J'ai malheureusement le regret de vous informer que Mandy Collins vient de rentrer chez elle après quelques jours d'absence pour son boulot et elle a retrouvé sa compagne assassinée, si j'en crois le rapport de police, c'est votre homme.

-Envoie-moi le dossier, ordonna Edward.

-Où ? Questionna Bella.

-Bâton Rouge, répondit Penny. C'est… étrange, vous ne trouvez pas ?

-Peut-être, concéda Edward, mais on ne peut pas se lancer dans des hypothèses sans avoir de preuves. Je veux que tu demandes à Russell de me contacter le plus rapidement possible.

-Bien, Monsieur.

-Je compte aussi sur eux pour se rendre sur notre scène de crime, commanda le superviseur. Nous sommes déjà en route pour Seattle et nous ne pouvons pas changer de plan de vol avant d'être arrivé.

-Je leur dirais d'y aller.

-Elle est morte quand ? Interrogea Emmett.

-Vraisemblablement tôt ce matin selon les premières constatations du légiste.

-Ils se déplacent vraiment très vite, murmura Bella surprise.

-Tu as un peu creusé son passé ? Questionna Sam.

-Oui, c'est toujours la même histoire. Elle a été adoptée. Son père adoptif est mort dans un accident de voiture deux ans après l'adoption, quant à sa mère, elle est décédée d'un cancer il y a 6 ans. Dans son cas aussi, on a un organisme bidon qui a payé ses frais de scolarité et l'a aidé à se lancer dans la vie. Je continue de faire des recherches.

-Et pour la photo que je t'ai envoyée ? Questionna Sam.

-J'ai essayé de trouver un moyen pour identifier les personnes présentes, mais c'est difficile.

-En tout cas, on a déjà 7 personnes assassinées, compta Bella.

-Il nous reste donc trois hommes et une femme à sauver, souffla Edward, mais comment faire pour les retrouver.

-Il serait peut-être temps d'informer la presse. Avec un communiqué, on pourrait les mettre en garde et leur demander de nous contacter, proposa la jeune femme.

-Je ne suis pas sûr que cela fonctionne. Ils ont l'habitude de se débrouiller seuls et n'ont apparemment pas confiance en la police. Andrews et Cunnigham avaient clairement peur, pourtant, ils n'ont pas cherché à avoir de l'aide, rappela Emmett.

-Que sais-tu sur l'affaire du pub ? Questionna Edward.

Bella put remarquer sans difficulté l'air concentré du superviseur, il semblait guetter le moindre signe de nervosité chez sa subordonnée qui mordilla sa lèvre inférieure. La jeune femme sourit, elle aussi faisait cela quand elle était nerveuse. Cependant, Penny se reprit rapidement.

-Je ne sais pas, Monsieur, ils viennent juste d'arriver sur les lieux.

-D'accord, mais que faisaient-ils à Bâton Rouge ? Insista Edward. Je croyais que les enlèvements se passaient dans la région de Chicago ?

-Oui, mais leur principal suspect s'est enfui, il avait de la famille près de Monticello, c'est en banlieue de Bâton Rouge, leur apprit Penny. Un enlèvement a eu lieu dans ce coin peu de temps après qu'il ait disparu de Chicago. Ils étaient sur sa trace quand la police a fait une demande pour cette tuerie, comme ils étaient sur place, ils ont décidé d'y aller avant qu'une autre équipe prenne le relais et je… Monsieur, j'ai l'agent Davies sur l'autre ligne, je suis navrée, je vous rappelle dès que j'ai du nouveau sur votre affaire.

-Non, Penny ! La stoppa Edward d'un ton sec qui n'admettait aucune contestation. Passe-le-moi !

-Un instant, Monsieur.

-Non ! Ne t'avise pas de lui parler avant moi ! Passe-le-moi, immédiatement ! Gronda-t-il.

A la place de Penny, Bella n'en n'aurait pas mené large, d'ailleurs, elle s'était tassée dans son siège et elle fut rassurée de voir qu'Emmett en avait fait de même. L'analyste de Quantico murmura quelques paroles d'excuses qu'Edward balaya d'un geste de la main. L'image disparue quelques secondes avant qu'un homme lui étant inconnu n'apparaisse.

-Edward ? S'étonna l'homme qu'elle supposait être l'agent Davies. Quelle agréable surprise !

-La plaisanterie a suffisamment durée ! Gronda Edward. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi êtes-vous à Bâton Rouge ?

-Excuse-moi, en tant que superviseur de notre équipe, j'aurais effectivement dû t'informer que nous partions là-bas pour les besoins de notre enquête, mais tu étais sur ton affaire et nous avions peu de temps. J'avais prévu de t'appeler ce soir pour te parler de notre progression.

-Cesse de vouloir me flatter pour taire ma colère, toi et moi, nous savons parfaitement qu'entre nous, il n'y a pas de boss ou de subordonné alors pourquoi tout à coup sembles-tu si avide de hiérarchie ? Bien, cessons ! Que s'est-il passé dans ce pub ?

-6 personnes ont été tuées, 4 étaient des étudiants, il y avait en plus le propriétaire du bar ainsi que le barman. Le tueur les a éliminés à coup de couteaux et de balles de revolver.

-Qui a reçu quoi ? Questionna le superviseur en voyant Sam se tortiller dans son siège, pourquoi sa question le gênait-il ?

-Coups de couteaux pour les deux femmes présentes, une balle dans la tête pour les hommes, résuma Russell.

-Des pistes ? Interrogea Edward.

-Non, quelques clichés flous mais c'est tout.

-D'accord, je vais contacter l'agent Jordana pour qu'il vienne avec son équipe pour vous remplacer sur l'affaire des enlèvements. Je veux que tu te rendes avec Caitlin à l'appartement de Lindsay Middletown, notre tueur a frappé à Bâton Rouge et nous ne pouvons pas nous rendre sur place. Une fois que vous aurez terminé, je vous attends à Seattle dans les plus brefs délais.

-Edward, nous devons continuer…

-Non ! Ça suffit ! Tu te souciais de la hiérarchie tout à l'heure ? Alors, je t'ordonne de revenir avec Caitlin à Seattle dès que vous aurez réuni tous les indices concernant Lindsay Middletown.

-Edward…

-Ne m'oblige pas à te coller un blâme ! Ramenez-vous dès que possible !

Bella pouvait sentir la colère du superviseur quand il appuya rageusement sur le clavier de l'ordinateur pour couper la communication. Edward soupira et passa une main lasse sur son visage avant de fouiller dans sa sacoche pour chercher un flacon de médicaments. Après avoir avalé un comprimé et prit une gorgée d'eau, il se massa les tempes. Bella aurait aimé pouvoir se lever et poser ses doigts fins sur ses tempes pour les masser et le soulager. Cependant, elle n'en fit rien.

-Pourquoi leur tueur n'a pas tué les hommes et les femmes de la même manière au pub ? Questionna Emmett avec intérêt.

-Parce qu'à ses yeux, ils n'ont pas la même valeur, murmura Edward, le tueur a accordé une attention particulière aux femmes, il faut plus de temps, plus d'attention pour poignarder plusieurs fois quelqu'un que lui tirer une balle dans la tête.

-Plus d'attention ? Releva Bella en fronçant les sourcils.

-Souvent ce genre de tueur est impuissant, il reporte la faute sur la gente féminine ou alors il a été maltraité par une femme qui avait autorité sur lui, mère, grand-mère, tante, institutrice, etc… Pour ces psychopathes impuissants, le couteau est souvent une substitution au sexe.

-Tu veux dire qu'à chaque coup c'est comme s'il violait sa victime ? Résuma Emmett d'un ton écœuré.

-Ouais, murmura Sam soudain moins loquace.

Bella suivit son regard, elle remarqua elle aussi la soudaine rigidité et pâleur du superviseur. Edward voulut se lever, mais Sam fut le plus rapide, il posa un bras sur son épaule pour le faire rasseoir ce qu'il fit sans mal. Sam se dépêcha d'aller récupérer une couverture qu'il déroula sur le corps tremblant de son supérieur. Emmett qui venait de remarquer le trouble de son frère, voulut s'approcher, mais Sam lui fit signe de se rasseoir.

-Je crois que vous avez besoin de repos, Boss, fermez les yeux et posez-vous un peu. Un petit bonhomme plein d'énergie attend votre retour avec impatience !

Edward hocha à peine la tête avant de laisser cette dernière reposer contre le dossier du fauteuil. Elle savait qu'il ne dormait pas, mais au moins il se reposait. Sam leur fit signe de se déplacer à l'autre bout de l'appareil pour laisser le plus d'intimité possible au superviseur.

-Il va bien ? Murmura Emmett inquiet.

-Ca va aller, il est juste fatigué, c'est toujours comme ça quand il est sur une affaire, il ne s'arrête pas tant qu'il n'a pas attrapé le coupable, sauf que là, il n'est pas au mieux de sa forme.

Emmett hocha la tête, peu convaincu quand même par le discours de Sam, elle fut heureuse de constater qu'elle n'était pas la seule à se poser des questions. Emmett soupira, il couva son frère du regard pendant un instant avant de revenir à eux.

-Dites, comment on peut être sûr que ce ne sont pas nos tueurs qui ont fait ce carnage dans le pub ? Demanda Emmett. Tu ne disais pas que c'était un omnivore, ce type aussi, non ? Il a bien tué des hommes et des femmes ?

-C'est exact, dit Sam, mais, honnêtement, je ne pense pas que ce soit les mêmes individus.

-C'est quand même étrange, releva Bella, deux tueurs omnivores dans une même ville.

-Ouais, acquiesça Sam soucieux.

-Edward ou toi, vous avez dit que ce genre de tueur est difficile à arrêter, y'en a déjà qui vous ont échappé ? S'intéressa Emmett.

-L'Eventreur, avoua Sam dans un murmure et la voix lourde. Il a tué des dizaines de femmes et d'hommes.

-Oui, j'en ai entendu parler, dit Bella, il agissait dans la région de Washington.

-C'est exact.

-Il tuait régulièrement, se souvint Emmett, pas que ça me dérange, mais ça fait longtemps qu'on a pas entendu parlé de lui ? Vous l'avez arrêté ?

-Non, on ne peut pas dire ça.

-Alors quoi ? Insista Bella.

-Il est mort.

Tous trois sursautèrent en entendant la voix d'Edward, aucun n'avait vu qu'il s'était levé et approché d'eux.

-Tu peux me prêter ton MP4 ? Demanda-t-il à Sam.

L'homme sortit le baladeur de la poche de son pantalon pour le donner à son supérieur qui le remercia d'un pâle sourire avant de retourner s'asseoir sous la couverture au fond de l'avion.

-Il est donc mort, murmura Bella une fois qu'Edward fut installé et ait vissé les écouteurs sur ses oreilles.

-Oui, il a été pris dans un incendie alors qu'il venait de tuer sa dernière victime, l'informa Sam. »

Bella hocha doucement la tête et ne demanda pas plus de détails car elle comprit que Sam ne tenait pas à s'appesantir sur ce sujet. Emmett se leva et elle le vit aller s'installer non loin de son frère, elle remarqua le regard soucieux qu'il portait à son aîné sans pour autant oser faire un geste pour le déranger. La jeune femme s'installa plus confortablement dans son siège quand elle s'aperçut que tous les hommes s'apprêtaient à récupérer les heures de sommeil qui leur manquait. Bella ferma les yeux, mais elle ne trouva pas le repos trop de questions se bousculaient dans son esprit.

La jeune femme s'était finalement endormie car elle fut réveillée par la main douce d'Edward posée sur son épaule, l'agent lui apprit qu'ils n'allaient pas tarder à atterrir. Emmett et Sam avaient déjà bouclé leur ceinture et elle ne tarda pas à les imiter. A peine furent-ils arrivés dans l'aéroport qu'Edward s'excusa en leur demandant de bien vouloir l'attendre un instant. Ils suivirent à quelques pas le jeune homme et le virent entrer dans une boutique de fleurs. Sam leur apprit qu'Edward avait l'habitude d'envoyer un beau bouquet de fleurs à Penny lorsqu'il avait été un peu trop dur avec elle. Après avoir passé commande pour sa livraison, Edward se hâta de les rejoindre et ils prirent le chemin du Commissariat.

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Russell passa une main lasse dans ses cheveux et souffla un bon coup avant de rejoindre l'intérieur du pub. Il avait tenté de contacter Penny pour savoir si elle pouvait chercher une trace du tueur sur les caméras de surveillance de la ville qui entouraient le pub, mais à la place d'avoir l'analyste, il était tombé sur un Edward furieux et un Edward furieux n'était pas à prendre à la légère. Après avoir raccroché avec son supérieur, qui soit-dit en passant c'était fait un plaisir de le lui rappeler, il avait recontacté Penny qui s'était empressée de faire sa recherche. Il avait ensuite rejoint Caitlin sur le lieu des crimes. Son souffle se coupa en entrant dans le pub. Les corps des victimes se trouvaient maintenant dans des sacs mortuaires et ils n'allaient pas tarder à être enlevés par le médecin légiste et ses assitants. Son regard se posa sur le pub dont les stores avaient été baissés par le tueur sûrement pour créer une ambiance intimiste qui lui donna la nausée. Des bougies blanches avaient été déposées un peu partout et la salle avait été parsemée de lys blancs. Le sang des victimes avait servi à écrire un message qui le saisit d'effroi. Il s'approcha de Caitlin qui était en train de prendre des notes.

« -Il devient de plus en plus instable et violent, murmura sa collègue d'une voix tremblante, je n'ose imaginer ce qu'il fera si… si…

-Nous n'en sommes pas là, Caitlin, la tranquillisa-t-il, et nous allons faire notre possible pour que cela n'arrive pas.

Russell s'approcha du mur où une simple phrase avait été inscrite, mais elle était amplement suffisante pour le faire frémir d'horreur.

Tu es à moi, je te trouverai.

L'agent Davies soupira. Ils étaient venus à Bâton Rouge pour suivre une piste et peut-être découvrir l'identité de ce tueur en série, mais c'était lui qui les avait retrouvés. Cette tuerie avait eu lieu quelques heures après leur arrivée à Bâton Rouge pour attirer leur attention, enfin, plus précisément celle d'Edward qu'il s'échinait à contacter. Leur homme devenait de plus en plus frustré de ne pas voir leur supérieur, car Russell était certain qu'il étudiait chacun de leur déplacement et sa colère devenait de plus en plus grande en ne remarquant pas la présence d'Edward dans leur rang.

-Il a fait toute cette mise en scène après avoir tué les victimes, annonça Caitlin, d'après le légiste, les hommes sont morts en premier, une balle dans la tête. Par contre, comme à son habitude, il a pris son temps pour tuer les femmes. Les deux femmes sont mortes lentement et douloureusement, 35 coups de couteaux pour la plus jeune et 29 pour la plus âgée. Ça correspond à son mode opératoire.

-Oui, murmura Russell. »

L'agent fédéral sortit du pub d'un pas pressé, sa nausée étant devenue insupportable. Il inspira une grande bouffée d'air frais et fit quelques pas avant d'aller s'adosser contre sa voiture. Il était allé chercher Edward, il était allé chercher ce jeune homme sur les bancs de l'Université, s'il n'y était pas allé, ce jeune garçon aurait pu poursuivre ses études et devenir avocat comme il le souhaitait pour défendre les plus démunis. Edward avait toujours eu l'âme d'un preux chevalier, cela l'avait toujours fait sourire, et même après toutes les atrocités auxquelles il avait été confronté, il avait gardé ce trait de caractère. Russell sourit en repensant au jeune homme un brin timide, mais tellement perspicace qui l'avait abordé à la fin de sa conférence. Discrètement, il l'avait testé au cours du repas qu'ils avaient partagé et il avait été surpris par la compréhension instinctive qu'avait ce jeune homme du comportement humain. Sans avoir pris un seul cours, sans avoir été sur le terrain, il comprenait et analysait comme un profiler, quelques mois de pratiques et il deviendrait sûrement l'un des meilleurs. Russell l'avait quitté en lui laissant sa carte ainsi que ses coordonnées personnelles. Il n'avait plus eu de nouvelles du jeune homme durant des mois jusqu'à ce qu'il le croise au détour d'un couloir dans les bureaux de Quantico lors d'une visite d'un groupe de stagiaires. Il l'avait extrait du groupe et emmené dans la section réservée aux profilers. Depuis ce jour, il ne l'avait pas lâché et avait observé chacun de ses progrès, chacune de ses victoires, devenant rapidement l'un des plus jeunes superviseurs d'équipe. Ce poste aurait dû être le sien, mais il se trouvait trop vieux et surtout Edward serait meilleur dans ce rôle-là, il n'avait pas la patience et les talents de négociateurs du jeune homme, il s'emportait parfois trop facilement face aux forces de l'ordre qui n'appréciaient pas leur venue et freinaient leurs investigations.

Russell sortit de ses pensées quand Caitlin le rejoignit, sa jeune coéquipière semblait aussi lasse que lui. Il l'informait en quelques mots qu'ils partaient pour Seattle. Comme il s'y attendait, elle protesta. Il la fit taire d'un signe de la main. Le tueur se rapprochait bien trop à son goût d'Edward, Sam n'était pas une protection suffisante, même s'il était sûr que l'ancien Marines donnerait sa vie pour Edward. L'agent Davies s'approcha des policiers et dit haut et fort qu'ils repartaient à Quantico, il ne tenait pas à faciliter la tâche au tueur qui devait sûrement les épier. Russell mit ses lunettes noires sur son nez avant de grimper dans la Chevrolet Tahoe noire, Caitlin s'installa à ses côtés avant partir pour l'appartement de Mademoiselle Middletown. Une fois à l'intérieur, il accepta la tasse de café que lui servit sa collègue, il allait devoir soigneusement préparer le discours qu'il servirait à Edward s'il ne voulait pas que son supérieur se braque et se lance dans une vendetta dangereuse.

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Edward était en train de raccrocher son téléphone quand il gara son véhicule devant la villa de ses parents. Il venait d'avoir Russell qui lui apprenait qu'ils arriveraient dans la nuit à Seattle, il leur demanda d'aller se reposer à l'hôtel où demeurait Sam, ils auraient bien le temps de discuter le lendemain et puis il voulait passer un peu de temps avec Stefan après ces deux jours d'absence. Il venait de prendre son sac de voyage et refermait la malle quand il entendit quelqu'un hurler papa avant de sentir deux petits bras enserrer ses jambes. Edward laissa tomber son sac sur le gravier pour prendre dans son fils dans ses bras et couvrir son visage de baisers. Stefan éclata de rire tout en tentant de lui rendre ses baisers. Un gros câlin en plus, il ramassa son sac et son fils dans ses bras pour gagner le perron où ses parents les attendaient. Après les avoir salué, il rejoignit sa chambre, Stefan accroché sur son dos qui lui racontait sa journée. Arrivé dans sa chambre, il se délesta d'un geste brusque de son fils en le balançant sur le lit. Son enfant éclata de rire avant de s'asseoir en tailleur pour le regarder défaire sa valise.

« -Tu pars plus, hein, papa ?

-Non, pas pour le moment, mon cœur. Tu m'aides à ranger mes affaires ?

-Voui !

Stefan sauta au pied du lit et Edward lui donna sa trousse de toilette que le petit garçon se dépêcha d'aller la ranger dans la salle de bain.

-Encore !

Edward sourit et lui donna une chemise sale que Stefan, au lieu d'aller la mettre dans la panière en linge, noua autour de ses épaules avant de se prendre pour un super héros. Il l'observa faire le pitre jusqu'à ce que sa mère ne les appelle pour dîner. Il récupéra sa chemise qu'il mit avec le reste de linge sale et fit un détour par la buanderie avant de rejoindre la cuisine, Stefan sur ses talons. Il installa son fils sur le sèche-linge et le laissa mesurer la quantité de lessive pendant qu'il mettait le linge dans l'appareil. Une fois la machine en route, ils rejoignirent la cuisine pour voir que ses parents s'étaient installés sur la terrasse. Ils s'assirent avec eux et Esmé ne tarda pas à les servir.

-Ton voyage s'est bien passé ? Questionna son père d'un ton distrait.

-Oui.

-Alors, vous allez bientôt avoir terminé ? S'enquit sa mère avec espoir.

-Malheureusement, non. Alors, Stefan, tu as aidé mamie à préparer le repas ?

-Voui, me suis fait bobo ! Pleurnicha son fils en lui mettant sous le nez son index enroulé dans un petit pansement.

-Comment as-tu fait ça ? Demanda Edward en déposant un baiser sur le pansement.

-Ai voulu couper les carottes.

-Je suis désolée, s'excusa Esmé, il a attrapé le couteau alors que j'avais le dos tourné.

-Ce n'est pas grave, maman, le rassura-t-il, Stefan sait très bien qu'il n'a pas le droit de toucher aux couteaux, n'est-ce pas jeune homme ?

-Voui, murmura le petit-garçon.

-Maintenant, tu sais pourquoi, tu aurais pu te faire beaucoup plus mal ! Donc, tu n'y toucheras plus, est-ce clair ?

-Voui, papa, acquiesça Stefan d'un air penaud.

-Maintenant, mange tes légumes !

Stefan souffla bruyamment et il vit du coin de l'œil ses parents esquisser un sourire amusé qu'ils dissimulèrent rapidement.

-Jasper a téléphoné, il aimerait que tu le rappelles, l'informa son père.

-Je le ferai, dit-il en plongeant son regard dans le sien pour lui faire comprendre qu'il respecterait sa parole.

-Alice et lui n'ont toujours pas trouvé de maison, soupira Esmé.

-Pourquoi cela t'attriste-t-il ? Questionna Edward. Tu sais bien qu'Alice est plutôt difficile.

-Ta sœur n'est pas difficile, corrigea Carlisle, elle sait juste ce qu'elle veut.

-Ouais, ricana-t-il, et s'est toujours la fifille à son papa.

Sa mère se joignit à lui quand il rit en voyant son père bougonner quelques mots dans sa barbe avant de prendre une gorgée de vin pour se donner une contenance.

-En fait, je pense que s'ils s'installaient dans une belle maison, peut-être serais-je à nouveau grand-mère ? Songea sa mère avec un sourire évident.

-Rose et Emmett ont bien une maison, mais ils n'ont pas encore fait de toi une grand-mère, remarqua Edward.

-Ils essaient, lui apprit Carlisle, mais ce n'est pas évident.

-Oh, je l'ignorais, murmura-t-il.

-Je suis sûre qu'ils y parviendront, assura Esmé, Rosalie est née pour être mère, elle a ça dans le sang.

-Ce qui explique qu'elle supporte mon frère !

-Edward ! Le tança Esmé.

-La pauvre, je n'ose imaginer le travail avec deux enfants !

-Carlisle ! Enfin, Emmett n'es pas aussi puéril que ça ! Il est juste taquin et joueur !

Sa mère se leva pour aller chercher la suite du repas, les défiant du regard d'ajouter quoi que ce soit.

-Elle croit vraiment ce qu'elle dit ? S'amusa Edward.

-Esmé s'est toujours montrée très indulgente quand il s'agit de ses fils, un peu comme moi avec Alice, lui rappela son père.

Esmé revint avec le rôti froid et s'empara aussitôt de son assiette pour le servir. Edward fronça les sourcils quand il vit sa mère servir son fils et lui mettre une bonne dose de Ketchup et de mayonnaise dans le coin de son assiette.

-Maman, soupira-t-il.

-Et bien quoi ? Tu sais très bien qu'il n'aime pas trop la viande froide, au moins comme ça, il la mange.

Edward leva les yeux au ciel sous le regard conquérant de son fils, cependant, ce dernier se tassa quelque peu sur sa chaise quand il le vit fixer ses légumes.

-Tu as intérêt à manger tes carottes, jeune homme !

-Mais, papa, elles m'ont fait bobo !

-Bien essayé, sourit Edward, tu les manges ou pas de dessert ! Et on ne souffle pas !

Stefan lui lança un regard noir avant de prendre une bouchée de carottes. Ils terminèrent de manger tranquillement, puis, Stefan demanda à aller regarder un peu la télévision. Après lui avoir fait lever son assiette, Edward l'autorisa à aller regarder un dessin animé. Il discuta un peu avec ses parents avant d'imiter son fils et de le rejoindre sur le canapé. Stefan vint aussitôt se blottir dans ses bras. Edward caressait tendrement le bras de son fils quand il sentit son téléphone portable vibrer dans sa poche. Il le prit et lut le message de Russell qui lui annonçait qu'ils étaient en chemin. Carlisle et Esmé ne tardèrent pas à les rejoindre. Son père posa une main sur son épaule et Esmé prit sa place auprès de Stefan. Il suivit Carlisle dans son bureau.

-Comment vas-tu ? Questionna son père une fois la porte refermée.

-Ça va.

-Enlève ton tee-shirt que je puisse m'en assurer, insista Carlisle.

Edward soupira, mais obéit tout de même. Il enleva son tee-shirt et son père lui désigna son canapé sur lequel il s'étendit.

-Tes cicatrices sont pratiquement toutes refermées, dit le médecin avant d'ôter le bandage et de palper son torse, as-tu mal ?

-Un peu, mais c'est supportable.

-Je voudrais quand même que tu prennes le temps de faire une radiographie de contrôle pour m'assurer que tes côtes ont bien consolidées, mais ça me semble en bonne voie. Tu peux arrêter les antibiotiques, tu prends combien d'antalgiques ?

-Un ou deux par jour, selon la douleur.

-Et les somnifères ?

-Tous les soirs, murmura-t-il.

-Très bien, je voudrais que tu en discutes avec Jasper lors de votre prochaine séance, il ajustera ton traitement.

-D'accord.

-Aurais-tu… Aurais-tu d'autres blessures ?

Edward haussa un sourcil, surpris par la question, mais aussi par le ton légèrement tremblant de son père.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Questionna-t-il mal à l'aise. Tu as vu toutes mes blessures.

-Oui, bien sûr, murmura Carlisle.

-Bien, merci pour tes soins, mais il se fait tard et je pense que Stefan sera mieux dans son lit pour dormir que sur le canapé.

-Oui. »

Edward quitta le bureau de son père. Alors qu'il allait refermer la porte, il entraperçut fugacement une expression qui l'interpella, mais elle disparut si rapidement qu'il se demanda s'il n'avait pas rêvé. Pourquoi Carlisle ressentirait-il autant de peine et surtout une telle colère, oui, il lui semblait avoir vu une lueur de rage dans les prunelles bleutées de son père. Edward se morigéna, il était fatigué et devait se faire des idées. Il descendit au salon où Stefan dormait dans les bras de sa mère. Il remercia cette dernière et l'embrassa avant de prendre son fils dans ses bras pour le porter dans son lit. Il croisa son père dans le couloir qui les embrassa tous les deux avant de rejoindre Esmé. Edward déshabilla Stefan avant de le coucher, le petit-garçon prit son doudou contre lui sans pour autant se réveiller. Il sourit, son fils était vraiment épuisé. Edward retourna dans sa chambre et alla prendre une douche en ayant enfin l'autorisation. Il savoura le contact de l'eau sur son corps. Après s'être rincé, il prit une grande serviette pour se sécher avant de jeter un coup d'œil aux blessures que son père n'avait jamais vu. Il enfila son pyjama et retourna dans sa chambre, bien décidé à revoir le dossier avant de se coucher. Un sourire se dessina sur son visage quand il vit que Stefan avait déjà élu domicile dans son lit. La présence de son fils l'empêcha de consulter le dossier. Il s'allongea dans le lit et alluma le téléviseur qui faisait face à sa couche. Au bout d'une demi-heure, il allait se lever pour aller se chercher un thé glacé à la cuisine quand il se rendit compte qu'un verre d'eau et un verre de thé attendaient patiemment sur sa table de chevet. Il ne remercierait jamais assez sa mère pour sa prévoyance. Il but plusieurs gorgées du thé avant de s'installer confortablement contre ses oreillers. La fatigue ne tarda pas à le rattraper, chose étrange car il avait pas mal dormi dans l'avion. Cependant, il avait pas mal d'heures à récupérer depuis la mort de Laila. Alors que le film continuait de défiler à l'écran, il s'endormit, n'entendant pas la porte de la chambre qui s'ouvrait doucement.

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Bella rentra avec joie dans son appartement. Elle soupira et se laissa tomber sur son canapé. D'un geste peu gracieux, elle ôta ses chaussures tout en les jetant à travers la pièce, elle était épuisée. Cependant, au bout de quelques minutes, elle se releva pour ranger ses affaires et lancer une machine. D'un pas traînant, elle ouvrit son frigo en se demandant ce qu'elle pourrait manger. Une plainte lui échappa quand elle vit qu'hormis un yaourt périmé, son frigo était vide. Alors qu'elle allait se lancer à la recherche des menus de différents traiteur, on sonna à sa porte. La jeune femme s'approcha de cette dernière et jeta un coup d'œil à travers le judas avant d'ouvrir.

« -Jacob ! S'écria-t-elle. Qu'est-ce que tu fais là ?

-J'ai appris que tu étais rentré et je me suis dit que tu aurais peut-être besoin de compagnie, en plus, je ne suis pas venu seul !

-Alors, entre !

Bella sourit en voyant les deux énormes pizzas que portait son ami ainsi que le pack de bières. Jacob se dirigea vers le salon et posa le tout sur la table basse, elle se dépêcha de le rejoindre et d'ouvrir l'un des cartons pour se servir.

-Et bien ! Rigola Jake. Il semble que je sois arrivé au bon moment !

-Ouais, mon frigo est vide et j'avais vraiment pas envie d'aller faire les courses ! Avoua Bella. Alors, quoi de neuf ?

-Rien de bien passionnant, et puis, c'est toi qui est parti avec Monsieur FBI !

-Monsieur FBI ? Releva Bella surprise.

-Le frangin d'Emmett.

-Il a un nom je te signale, il s'appelle Edward.

-Depuis quand tu es aimable quand tu parles de lui ?

-Et pourquoi ne le serais-je pas ? C'est quelqu'un de bien, Jake.

-Tu as changé d'avis à son sujet ? S'étonna son ami.

-Oui et puis il est très doué, j'apprends plein de choses avec lui.

-Comme quoi ?

-Différentes techniques d'interrogatoire, la psychologie des tueurs…

-Bella ! Tu… Tu n'as pas à savoir ce genre de chose !

-Je te rappelle que je suis flic, répliqua Bella d'un ton dur.

-Oui, mais…

-Y'a pas de mais, Jake, et je te conseille de ne pas continuer sur cette voie ou ça risque de mal finir !

-N'empêche que je ne comprends pas pourquoi il t'a emmené avec lui et Emmett ?

-Peut-être parce que contrairement aux autres, il a voulu me donner ma chance ! »

Son ami le regarda avec scepticisme avant de boire une gorgée de bière. Au bout de quelques minutes de silence, Jacob cessa de vouloir aborder le sujet de l'enquête ou d'Edward étant donné qu'elle l'envoyait plus ou moins bouler à chaque fois. Ils finirent par regarder un film avant que Jake ne rentre chez lui. Alors qu'elle allait se préparer pour la nuit, Bella remarqua qu'elle avait un message sur son répondeur. Elle l'écouta et s'en voulut aussitôt. Charlie lui demandait si elle voulait bien venir demain soir voir avec lui voir Renée, cela faisait plusieurs mois qu'elle n'avait pas vu sa mère et cette dernière durant ses quelques phases de lucidité ne cessait de la réclamer. D'un pas lourd, la jeune femme retourna dans sa cuisine pour prendre un pot de glace au chocolat tout en essayant de trouver la force pour aller rendre visite à sa mère.

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Doucement, ses doigts se posèrent dans le creux du cou du jeune homme endormit. Stefan bougea légèrement, mais ne se réveilla pas. Il enveloppa le petit garçon dans le drap avant de l'éloigner doucement de son père pour pouvoir examiner tranquillement ce dernier et surtout les plaies qu'il avait refusé de lui dévoiler. Edward bougea un peu quand il lui ôta son boxer, mais le somnifère qu'il avait glissé dans son thé était suffisamment fort pour qu'il dorme d'un sommeil de plomb. Son examen terminé et rassuré par l'état de son fils, il le rhabilla avant de remettre Stefan contre son torse et de les border. Il embrassa leurs fronts, puis, il prit le verre de thé pour aller le verser dans le lavabo dans la salle de bain. Il prit ensuite la boîte de somnifère présente sur la tablette près du miroir et retira un comprimé qu'il jeta lui aussi dans le lavabo. Il revint dans la chambre et se figea quand il vit deux émeraudes le fixer avec surprise.

« -Papi ?

-Chut, Stefan, rendors-toi, mon lapin.

-Suis pas un lapin, marmonna son petit-fils d'une voix ensommeillée.

-Pourtant, tu as mangé toutes tes carottes.

Stefan gloussa quelque peu avant de lui tendre les bras. Carlisle le prit contre lui pour le câliner rapidement avant de le reposer dans le lit.

-Il faut faire dodo, maintenant, d'accord ? Dit-il en éteignant le téléviseur.

-Voui. »

Il embrassa une dernière fois son petit-fils avant de quitter la chambre sur la pointe des pieds. Il croisa Esmé qui fut surprise de le voir sortir de la chambre de leur fils, il prétexta avoir entendu Stefan pleurer, mais s'être trompé. Esmé lui sourit avant de l'embrasser tendrement tout en l'entraînant doucement vers leur chambre et même s'il mourrait d'envie de la suivre, il la stoppa pour se rendre dans son bureau tout en promettant de la rejoindre rapidement. Une fois à l'abri dans son antre, il prit un téléphone portable qu'il gardait caché dans l'un de ses tiroirs habituellement fermé à clef.

« -C'est moi, dit-il simplement, tu as du nouveau ?

-Bâton Rouge.

-C'est tout ?

-Un véritable carnage, mais il demeure insaisissable.

-Je me fiche de savoir comment, mais trouve-le-moi ! Je veux sa tête, c'est clair ?

-Calme-toi, tu…

-Ne me dis pas de me calmer ! Pas après ce qu'il a fait ! Tu as 24 heures, sinon, je me calmerai avec la tienne ! »

Il raccrocha en entendant un grognement de colère. Bien entendu, il ne lui ferait jamais de mal, mais il avait remarqué qu'il travaillait bien plus vite sous la menace, bien sûr, il ne le lui dirait jamais. Il rangea le téléphone avant de prendre l'arme qui se trouvait dans le tiroir. Il vérifia le barillet avant d'aller faire le tour de la villa pour contrôler que toutes les entrées étaient bien condamnées, puis, il mit en marche l'alarme. Il put enfin regagner son épouse qui l'attendait impatiemment dans leur lit. Cette dernière fronça les sourcils en voyant son arme, il s'excusa avant de la ranger dans la table de chevet. Une main agrippa alors fermement sa chemise et il bascula sur le lit où une tigresse lui bondit dessus.

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Bientôt, bientôt, il allait le revoir. Il n'avait pas compris pourquoi il n'avait pas répondu à ses messages. Le FBI le traquait toujours, mais pas lui, pourquoi ? Son équipe le cherchait à Bâton Rouge, il s'était souvenu, amusé, qu'une de ses fausses identités venait de cette ville. Ils étaient arrivés, mais il n'était pas parmi eux. Où était-il ? Il ne voulait pas se montrer ? Il ne voulait pas lui parler ? Très bien, il allait le forcer à se montrer, à reprendre le jeu ! Il avait commis un massacre dans un pub, pour lui, pour attirer son attention ! Mais rien… Pourquoi ? Il avait été le seul à lui résister, il était le seul à l'avoir défié, à lui avoir échappé ! Il ne pouvait pas ignorer le lien puissant qui les unissait, non, il ne le pouvait pas ! Il soupira, ayant hâte de le retrouver, de l'avoir à nouveau près de lui, tout en se dirigeant vers la porte d'embarquement. Ils retournaient à Quantico, il les suivait, rêvant du moment où il le retrouverait, où ils seraient enfin réunis...

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