Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

Et oui, encore une fois, je suis à la bourre, mais j'ai eu du travail par-dessus la tête et je suis crevée….

Pardon de ne pas avoir répondu à vos reviews qui me motivent et me font super plaisir ! Merci énormément pour tous vos petits ou longs mots ! Merci !

J'espère que je vais enfin avoir un peu plus de temps pour moi et donc aussi à vous consacrer. Bref, voilà le nouveau chapitre et j'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !

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Chapitre 6 : Le dîner

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Edward descendit précipitamment les escaliers menant à la cuisine, il avait eu du mal à se réveiller, il n'avait même pas entendu son réveil sonner ce qui ne lui était jamais arrivé. Alors qu'il entrait dans la cuisine, sa mère lui sourit tout en lui tendant une tasse de café. Il la remercia par un baiser avant d'observer les alentours à la recherche de son fils.

« -Ton père l'a emmené pêcher, l'informa Esmé en lui beurrant un bagel.

-Vous auriez dû me réveiller, j'aurais aimé l'embrasser avant d'aller travailler.

-Ne t'inquiète pas pour ton fils, il était plus que ravi de quitter la chambre sur la pointe des pieds après t'avoir fait un gros bisou sur la joue.

-Ils sont allés pêcher où ? Questionna-t-il en mordant dans son petit pain.

-Près de la réserve Quileute. »

Edward acquiesça tout en prenant rapidement son petit-déjeuner, puis, il embrassa sa mère avant de monter dans sa voiture pour prendre la direction du Commissariat de Seattle. Tout en conduisant, il appuya sur le nom de son père qui apparaissait sur l'écran de son téléphone. Son oreillette en place, il entendit les sonneries s'écouler sans que son père ne décroche. Un peu dépité de ne pas avoir pu parler à son fils, il raccrocha en se disant que Carlisle avait dû mettre son téléphone en silencieux pour qu'ils puissent pêcher tranquillement. Edward arriva enfin devant le Commissariat où il se gara. Tout en entrant dans le bâtiment, il envoya un texto à son père pour lui demander de l'appeler quand il aurait ce message, il avait vraiment envie d'avoir Stefan en ligne, il s'en voulait de ne pas s'être réveillé à temps pour l'embrasser ! Alors qu'il entrait dans la salle principale du Commissariat, il releva le nez de son téléphone juste à temps pour éviter de percuter Russell.

« -Ah ! Te voilà ! S'écria son collègue visiblement soulagé. Tu es en retard !

-Bonjour, Russell, je vais bien, merci, toi aussi ? Lança-t-il d'un ton sarcastique.

-Ne lui en voulez pas Monsieur, intervint Caitlin en venant l'étreindre, c'est une vieille mère poule avec nous ! En tout cas, vous avez meilleure mine !

-Merci, Caitlin.

-Désolé, marmonna Russell, mais tu ne nous as pas habitué à être en retard.

-Que veux-tu il fallait bien que ça m'arrive une fois ? Dit-il en serrant son ami dans ses bras, à vrai dire, je ne me suis pas réveillé.

Une fois tous réunis, ils se dirigèrent vers la salle qui leur servait de QG et où Bella et ses collègues se trouvaient déjà.

-Bonjour, la salua-t-il.

-Alors, Cullen, on a pas entendu son réveil ? Se moqua-t-elle doucement.

-Exact, bon, si on se mettait au travail ? Qu'avez-vous découvert à Bâton Rouge ?

-Pas mal de choses, j'ai demandé à Penny de lancer une recherche sur un certain Daniel Richardson, il a été vu en compagnie de Lindsay Middletown à la gare routière quelques heures avant sa mort.

-Comment avez-vous réussi à l'identifier ? Questionna Bella.

Edward observa le cliché de l'homme de la caméra de surveillance de la gare routière et qui montrait un homme à tout point semblable à celui qui s'était présenté à la bibliothèque.

-Nous avons une chance inouïe, admit Caitlin. Apparemment, Mademoiselle Middletown a eu un problème pour payer son billet de bus, selon la caissière, l'individu la rejoignit à cet instant et lui a offert de lui payer un billet d'avion qui leur permettrait d'arriver plus vite à destination. Elle a accepté et alors qu'il refusait l'argent de son billet de bus pour le rembourser, elle l'a menacé en l'appelant par son nom et en lui mettant de force l'argent dans la main. La caissière a heureusement retenu son nom.

-Donc s'il ne s'agit pas d'un nom d'emprunt, nous avons donc enfin un suspect, se réjouit Emmett qui venait de les rejoindre.

-Non, ce type n'est pas un suspect, murmura Edward.

-Comment pouvez-vous l'affirmer, Monsieur ? Interrogea Sam.

-Simplement parce qu'elle n'est pas effrayée, dit le superviseur en observant les images.

-Mais tu ne trouves pas étrange qu'elle donne spontanément le nom de cet homme alors qu'ils font leur possible pour protéger leur secret ? S'étonna Bella.

-Elle a raison, appuya Caitlin, elle a peut-être voulu nous laisser un indice.

-Non, regardez son visage, demanda Edward.

-Il est parfaitement serein, dit Russell, elle sourit même.

-Et puis, si elle avait réellement laissé échapper le nom de son agresseur, celui-ci aurait eu une réaction violente, hors, il ne bouge pas, ne la menace pas, poursuivit Edward. Ce type n'est pas notre tueur.

-Il apparaît pourtant sur deux scènes de crimes ! Insista Emmett.

-Il faudrait donc qu'on le retrouve pour l'interroger, mais en tant que témoin. Je me demande s'il ne serait pas plutôt une de nos potentielles victimes.

-Et il essayerait de prévenir les autres ? Déduisit Russell.

-Oui.

-Vous avez raison Monsieur ! S'écria Penny qui venait d'apparaître sur l'écran de l'ordinateur. Monsieur Daniel Richardson vit à Wichita, il est ambulancier et à 51 ans. Son parcours était le même que celui des autres victimes, il a été adopté, parents décédés, et toujours un mystérieux organisme qui finance tout avant de disparaitre. Il y'a 6 mois, Monsieur Richardson n'est pas venu travailler. La même nuit sa maison a brûlé dans incendie d'origine criminelle et on a retrouvé sa voiture au fond d'un ravin. La police a mené une enquête, ses comptes bancaires avaient été vidés, mais ils n'ont rien trouvé de plus et ont donc classé l'affaire.

-Il a disparu peu avant la mort de notre première victime, releva Edward.

-Oui, affirma Penny, j'ai même trouvé quelque chose de plus intéressant ! Il a passé un coup de fil de son appartement à Monsieur Dunt quelques heures avant que lui et sa famille ne soient tués.

-Il a tenté de les prévenir du danger, comprit Russell, mais comment savait-il ?

-On peut supposer qu'ils ont essayé de s'en prendre à lui, mais qu'il leur a échappé ? Estima Caitlin.

-Ça me parait peu probable, murmura Edward. En tout cas, notre seul témoin va être difficile à retrouver.

-Peut-être pas tant que ça, le contredit Penny.

-Aurais-tu fait des miracles ? Lui demanda le superviseur.

-Pour vous, Monsieur, je serais prête à décrocher la lune, plaisanta l'analyste, le billet que s'apprêtait à acheter Mademoiselle Middletown était pour Dallas, mais ce n'était qu'une étape sur son voyage, elle avait prévu de continuer son voyage après un arrêt d'une journée dans cette ville.

-Ce qui laisse supposer qu'un des leurs vit à Dallas, supposa Caitlin, quelle est donc la destination finale ?

-Seattle, annonça Penny, et je suis prête à parier que Monsieur Richardson ne va pas tarder à arriver chez vous.

-Penny, fais circuler son signalement à tous les aéroports, les gares ferroviaires ainsi que les routières, on doit le retrouver ! Ordonna Edward. Bon, on se divise en groupes pour aller sur place. Attention, que les choses soient claires, si vous apercevez notre témoin, vous prévenez un membre de mon équipe, ne tentez pas de l'approcher.

-Et pourquoi donc ? Questionna Jacob.

-Parce que nous devons gagner sa confiance et…

-Vous pensez que nous n'en sommes pas capables ? S'énerva l'officier Black.

-Nous avons plus d'expérience dans ce domaine et je ne veux surtout pas que nous le fassions fuir, nous tenons là une chance inespérée d'avancer dans cette affaire qui nous dépasse tous, donc, je compte sur chacun d'entre vous pour mettre son égo de côté et pour agir dans l'intérêt de tous, suis-je assez clair ?

-Tout à fait, Edward, l'appuya son frère, et si j'apprends que l'un d'entre vous n'a pas suivi les ordres de l'agent Cullen, je lui botterai moi-même les fesses, compris ? »

Tous les officiers de police hochèrent la tête. Puis, à son signal, tout le monde se dirigea vers une voiture pour se rendre aux différents points qu'ils devaient surveiller. Edward monta dans son Chevrolet Tahoe. Sans un mot, Russell prit place à ses côtés pendant que Bella et Emmett s'installaient dans une voiture de police qui les suivait. Le superviseur prit la direction de l'aéroport tout en repensant à ce que Penny leur avait dit. Une fois sur place, il contacterait l'agent Masser qui travaillait à l'antenne du FBI de Dallas pour qu'il enquête et essaie de découvrir ce que Lindsay Middeltown et Daniel Richardson avaient prévu de faire à Dallas. S'ils allaient vraiment mettre en garde l'une des personnes présentes sur la photo, il était prêt à parier sa carrière que Richardson avait tenté de rencontrer cette personne. Ses doigts se crispèrent sur le volant, il lui tardait de les retrouver pour les protéger des tueurs.

Cependant, autre chose le tracassait, il n'avait toujours parlé à personne du dessin qu'il avait trouvé chez Léa Andrews à Minneapolis. Il soupira. Il ne croyait pas aux coïncidences. Il y avait trop de choses qui concordaient, d'abord l'emblème des Cullen, puis, la destination finale de Middletown et Richardson, Seattle. Tout le ramenait à sa famille que ce soit ces quelques indices ou son instinct qui ne cessait de le lui hurler, mais pour quelle raison ? Son père était un tranquille et réputé médecin et sa mère une décoratrice d'intérieur renommée qui avait mis de côté son activité professionnelle pour s'occuper des siens. Non, ça ne collait pas. Il devait faire fausse route. Pourtant, son instinct ne cessait de lui rappeler un détail qui l'interpellait depuis de nombreuses années. Carlisle. Son père était la seule personne qu'il n'arrivait pas à cerner, il n'arrivait pas à lire en lui comme il le faisait avec Emmett, Bella ou même Russell, cela avait été dur pour ce dernier, mais il y était parvenu, mais pas avec Carlisle.

« -A quoi penses-tu pour avoir une mine aussi grave ? L'interrogea doucement Russell.

-Je pensais à notre affaire.

-Et ?

-Il ne faut pas qu'on le loupe, on doit absolument le retrouver.

-Tout est mis en œuvre en ce sens, le tranquillisa Russell qui l'observait toujours avec attention, que me caches-tu ?

-Je ne te cache rien, contredit Edward en se garant dans le parking de l'aéroport.

-Oh, que si, sinon, tu m'aurais déjà questionné sur notre présence à Bâton Rouge, assura Russell, alors que se passe-t-il ? Serait-ce cette jeune policière qui te rend si soucieux ?

-Bella ? S'écria-t-il d'une voix un peu trop aiguë à son goût.

-Bella, ça lui va bien. Alors ?

-Alors quoi ? C'est la meilleure amie de ma sœur, mon frère la considère comme sa cadette et mes parents l'aiment comme une fille, j'essaie juste d'être agréable avec elle comme elle fait pratiquement partie de la famille, répondit Edward d'une voix qu'il jugea trop sur la défensive.

-Mais bien sûr, sourit Russell en descendant de la voiture, et tu la considères donc comme une sœur ?

-Oui, murmura-t-il en faisant le tour de la voiture, sa sacoche à la main.

L'agent Davies sourit avant d'avancer vers l'aéroport. Edward soupira et enfila ses lunettes de soleil avant de lui emboîter le pas.

-Tu sais, dit doucement Russell, tu as le droit d'être heureux. »

Le jeune homme lança un regard noir à son ami par-dessus ses lunettes de soleil avant de les repositionner correctement pour qu'il ne remarque pas son trouble. Une fois dans le hall, ils furent rejoints par Bella et Emmett qui accompagnés d'autres officiers allèrent se poster aux portes d'arrivées. Russell et lui prirent le chemin du poste de sécurité. Après avoir montré leurs plaques, ils entrèrent dans le lieu où des centaines de caméras surveillaient le moindre recoin de l'aéroport. Pendant que l'agent Davies briefait les agents, il s'installa dans un coin et sortit son ordinateur de sa sacoche, rapidement, il lança une recherche au nom de Carlisle Cullen avant de se connecter au réseau de l'aéroport grâce à Penny et de lancer une recherche faciale sur Richardson.

La journée touchait à sa fin quand une équipe vint prendre le relai, Edward rangea son ordinateur et s'étira, il n'aimait pas rester toute la journée assis dans un fauteuil, mais Russell s'était interposé lorsqu'il avait voulu rejoindre les agents sur le terrain, arguant que leur présence au poste central était plus logique. Le superviseur ne l'avait pas contredit et puis, il attendait les résultats de la rechercher concernant son père. Au fur et à mesure que les heures passaient, l'anxiété l'avait étreint, après tout, Carlisle avait le même âge que les victimes. Le poids qui comprimait sa poitrine s'était allégé quand il avait enfin reçu les résultats, rien ne clochait dans le dossier de son père et il n'avait pas été adopté. Il fut soulagé de l'apprendre, mais une nouvelle question le travaillait, pourquoi, alors, Mademoiselle Andrews avait-elle dessiné un lion rugissant ? Etait-ce possible que cela le concernait lui ? L'avait-elle vu lors d'une de ses déclarations télévisées ? Peut-être avait-elle voulu le contacter ? Edward soupira, ses explications étaient un peu tirées par les cheveux. Après tout, il s'agissait peut-être d'une simple coïncidence, tenta-t-il de se convaincre alors qu'ils arrivaient au Commissariat. Il passa une main dans ses cheveux avant de se sentir partir en arrière. Edward se rattrapa contre le mur pour ne pas chuter alors que son fils s'accrochait à ses jambes.

« -Papa !

-Hey, bonhomme ! S'écria-t-il en le prenant dans ses bras. Qu'est-ce que tu fais là ?

-Papi ! Papi ! Montre-lui ! Ordonna Stefan en s'accrochant à son cou.

-Stefan ! Gronda Edward. Parle correctement à grand-père !

-Pardon, s'excusa l'enfant, papi peux-tu montrer à papa les photos, s'il-te-plaît ?

Carlisle s'approcha avec en main un appareil photo numérique, Edward se pencha pour regarder des photos de leur journée de pêche. Son fils souriait tout en lui racontant avec beaucoup de détails leur journée, le nombre de poissons qu'ils avaient attrapé et les sandwichs de mamie qu'ils avaient mangé les pieds dans l'eau.

-Une zournée d'hommes ! Conclut son fils en arborant un petit air fier.

-Mais qui avons-nous là ? S'écria Caitlin. Hello, jeune homme.

-Bonzour, Caitlin.

Edward laissa son fils se pencher pour qu'il plaque un baiser sonore sur la joue de sa coéquipière, Stefan quitta définitivement ses bras quand il vit Russell pour aller dans ceux de son ami.

-Il a été sage ? Demanda Edward à son père tout en regardant Stefan parler avec animation à Russell.

-Oui, même s'il a voulu faire un plongeon depuis la barque, je suis désolé de ne pas avoir répondu à tes appels, mais j'avais oublié de charger mon téléphone et je ne m'en suis rendu compte que sur le chemin du retour après l'avoir branché. Alors, on a décidé de passer te faire un coucou. Votre affaire avance ?

-Ouais, d'ailleurs, je peux te dire deux mots ?

Son père parut étonné par sa requête, mais il le suivit tout de même vers la salle de repos qui était vide. Edward referma la porte derrière eux.

-Que se passe-t-il ? Demanda Carlisle.

-Tu veux un café ou autre chose ?

-Non, merci.

Edward prit un soda dans le distributeur et vint s'asseoir autour de la table, il fit signe à son père de s'installer sur la chaise qui lui faisait face.

-Tu me sembles bien cérémonieux, qu'y a-t-il ?

-Tu connais Paul Cunnigham ?

-Paul Cunnigham, tu dis ? Répéta son père en fronçant les sourcils.

Edward se concentra, examinant chaque mimique, chaque détail du visage de son père, mais il ne nota rien d'anormal.

-Oui, enfin, connaître est un bien grand mot, répondit son père.

-Tu lui as tout de même trouvé une place comme homme d'entretien à l'Hôpital, lui rappela-t-il doucement.

-C'est vrai, mais pourquoi ces questions ? Et d'où, toi, le connais-tu ? Questionna son père en le fixant de ses yeux perçants.

-C'est la victime de Portland.

Les traits de son père se crispèrent sous l'effet de la surprise, il avait quelque peu pâli et Edward s'en voulut de s'être montré aussi direct.

-Ça va, papa ?

-Euh, oui, tu… Il est mort ?

-Oui, je suis désolé. Ton nom est apparu quand nous parlions avec des SDF, ce sont eux qui nous ont dit que tu lui avais trouvé du travail. Pourquoi, papa ?

-Pourquoi ? La raison ne te semble pas évidente ? Il vivait dans la rue, j'ai voulu l'aider.

-Je comprends, papa, mais pourquoi lui plutôt qu'un autre ? Il n'est pas le seul SDF qui croise ton chemin et pourtant c'est le seul à qui tu trouves un travail ?

-Je ne sais pas, je… J'imagine que son histoire m'a touché.

Edward observa attentivement son père, il voyait qu'il était bouleversé par ce qu'il venait de lui apprendre.

-Pourquoi m'interroges-tu ? Questionna soudain Carlisle.

-Ce n'est pas un interrogatoire, juste une discussion entre nous. Ses amis nous ont dit qu'il était un peu instable et surtout paranoïaque, ça ne t'a pas inquiété de l'embaucher dans une structure comme un Hôpital ?

-Monsieur Cunnigham n'a jamais montré des signes de paranoïa devant moi, es-tu sûr qu'ils n'ont pas exagéré ?

-Je ne pense pas.

-Et sinon, vous allez arrêter les ordures qui ont fait ça ?

-On y travaille, papa.

-Je suis soulagé que vous ayez des pistes, confia son père. Heureusement que des personnes aident les forces de l'ordre.

-Oui, les témoins sont précieux, murmura Edward.

L'agent du FBI était mal à l'aise, il avait l'impression de subir un interrogatoire, discret certes, mais un interrogatoire tout de même. Une lueur inquiétante brûla dans le regard de son père alors qu'un sourire énigmatique se dessinait sur son visage.

-Je suis sûr que bientôt tout sera rentré dans l'ordre, assura Carlisle en se levant mettant ainsi un terme à leur entretien.

-Je le souhaite. »

Son père tendit un bras vers lui et Edward se dépêcha de le rejoindre, Carlisle l'étreignit brièvement et garda un bras autour de ses épaules tout en le guidant vers la sortie. A peine la porte était-elle franchie, qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas posé toutes les questions qu'il souhaitait à son père ! Alors qu'il allait tenter de remédier à cela, Carlisle appela Stefan qui quitta les bras de Russell pour courir vers eux. Son père lui demanda s'il avait terminé et quand il répondit que oui, il interrogea son petit-fils pour savoir avec qui il souhaitait rentrer, Edward ne fut pas étonné d'entendre que Stefan préférait rentrer avec lui. Carlisle les salua et alla embrasser Emmett avant de partir. Ne souhaitant pas rester très longtemps au Commissariat avec Stefan, Edward salua son équipe, Russell prenait la suite des opérations en main pendant que lui ramenait son fils et passait un peu de temps avec lui. Il se dirigeait tranquillement vers sa voiture quand il aperçut Bella en train de discuter avec son père, il allait les saluer quand la jeune femme lui lança un regard suppliant avant d'étreindre son bras.

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Bella sortit du Commissariat d'un pas las, la journée avait été longue et peu concluante. Elle n'avait cessé d'arpenter l'aéroport à la recherche de Monsieur Richardson, la jeune femme ne sentait plus ses pieds. Arrivée au Commissariat, elle se laissa tomber dans un fauteuil et se retint d'ôter ses chaussures pour masser ses pieds. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle vit Carlisle accompagné de son petit-fils, le visage de ce dernier s'éclaira dès qu'il aperçut son père. Bella jeta un coup d'œil au père qui prenait son fils dans ses bras, comment pouvait-il avoir l'air aussi frais et dispo ? Ah, oui, Monsieur avait passé sa journée assis sur un fauteuil du PC de sécurité de l'aéroport ! Emmett vint lui dire qu'elle pouvait rentrer chez elle alors qu'Edward et Carlisle s'éloignaient vers la salle de repos. La jeune femme soupira avant de prendre son sac et de saluer d'un geste de la main ses collègues et les agents du FBI qui semblaient être autant sous le charme du fils que du père. Bella allait se diriger vers on véhicule quand elle aperçut son père. La jeune femme mordilla sa lèvre inférieur et tritura nerveusement la anse de son sac à main, elle avait complètement oublié que Charlie voulait qu'elle l'accompagne pour voir Renée.

« -Bonjour.

Son père se pencha pour l'embrasser et Bella lui rendit son étreinte en marmonnant un salut.

-On prend ta voiture ou la mienne ? Questionna Charlie qui se renfrogna en voyant sa mine hésitante. Bella, ne me dis pas que tu ne viens pas ?

-Je…, bafouilla la jeune femme en cherchant une échappatoire qu'elle aperçut soudain et tira vers elle, je suis désolée, ça m'était complètement sortie de l'esprit et j'ai invité Edward et Stefan à dîner.

Edward lui jeta un coup d'œil perdu avant d'acquiescer du chef en voyant sa mine suppliante.

-Je viendrais avec toi la prochaine fois, assura Bella face au regard déçu de son père.

-Tu avais déjà dit ça la dernière fois, Bella, il faudra bien qu'un jour ou l'autre tu l'affrontes.

Bella acquiesça doucement de la tête et s'agrippa un peu plus fermement au bras d'Edward qui ne dit rien. Son père lui sourit pourtant tendrement avant de s'éloigner après leur avoir souhaité une bonne soirée. Elle regarda sa voiture s'éloigner tout en lui faisant un petit signe de la main, puis, elle se tourna vers Edward qui devait sûrement attendre des explications.

-Ça va aller ? Lui demanda doucement ce dernier.

-Oui, murmura-t-elle avant d'inspirer profondément et de leur sourire. Bien ! Qu'est-ce que vous avez envie de manger ?

-Bella, tu n'es pas obligée de…

-Si ! Le coupa-t-elle. Il me semble que je t'avais promis un repas à notre retour et ce soir ce serait parfait, enfin, si tu n'as rien prévu d'autre ?

-Non, non.

-Par contre, il faut que j'aille faire quelques courses, avoua la jeune femme en repensant à son frigo vide.

-Alors, allons-y !

Edward passa un bras dans son dos pour la guider vers sa voiture alors que de l'autre, il tenait fermement Stefan qui s'accrochait au cou de son père tout en lui jetant des petits regards en coin. Une fois dans la voiture, elle indiqua le chemin à Edward pour se rendre au petit supermarché se trouvant au coin de sa rue. Elle avait pratiquement acheté tout ce qui lui fallait quand elle se rendit compte que les deux garçons ne la suivaient pas. Elle commença à les chercher et les trouva finalement au rayon des jouets.

-Allez, Stefan, pressa doucement Edward, il faut choisir.

Le petit-garçon regardait attentivement trois jouets qui étaient posés sur le sol devant lui, hésitant visiblement sur lequel prendre. L'enfant se tourna vers son père pour lui offrir une moue attendrissante qui la fit sourire, si cela n'avait tenu qu'à elle, les trois jouets seraient déjà dans le caddie.

-J'ai dit deux Stefan, répéta patiemment Edward, maintenant, dépêche-toi, s'il-te-plaît.

L'enfant finit par se pencher et prendre la panoplie complète du petit médecin ainsi que le livre de coloriage délaissant les petits soldats.

-Z'ai pas de feutres, murmura Stefan.

-Ils sont chez papi et mamie ? Comprit Edward.

Stefan hocha la tête d'un air chagriné. La jeune femme essaya de se rappeler si elle en avait mais à part quelques stylos, elle ne possédait ni crayons de couleur, ni feutres.

-Que penses-tu de cette boîte ? Interrogea le père en attrapant un paquet d'une dizaine de feutres. Ça ira ?

-Voui !

-Parfait, allez, allons maintenant retrouver Bella !

Edward prit la main que lui tendait Stefan et ils se dirigèrent vers elle. L'aîné des Cullen se proposa de pousser le caddie et aussitôt Stefan voulut s'installer dans celui-ci. Arrivé en caisse, Edward l'aida à ranger ses achats et avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, il avait tout payé.

-Ça ne va pas se passer comme ça, Cullen ! Prévint-elle en prenant un air menaçant.

-Tu cuisines, alors, il me semble normal de payer les courses, exposa-t-il simplement.

-Je te signale qu'il y a aussi mes courses pour quelques jours !

-Oh, vraiment ?

Bella voulut ouvrir la bouche pour protester, mais le sourire en coin que lui offrit le superviseur la fit taire. Ils marchèrent jusqu'à la voiture pour ranger leurs achats. Stefan toujours installé dans le caddie ne cessait de la fixer d'un regard de plus en plus noir, elle tenta de lui sourire ou de le questionner sur ses jeux, mais rien ne sembla dérider l'enfant. Edward l'installa dans son siège auto que Carlisle lui avait laissé et elle monta à l'avant pendant que le jeune père allait ramener le caddie.

-Dis-moi, Stefan, qu'aimerais-tu manger ? Demanda-t-elle.

N'ayant aucune réponse, elle se tourna dans son siège pour fixer le petit garçon qui avait croisé ses bras sur son torse et l'observait avec un air de défi. Loin de se décourager, elle lui sourit à nouveau avant de faire une nouvelle tentative.

-Quel est ton plat préféré ? Si tu me le dis, je pourrais te le préparer.

-Et bien, Stefan, tu as perdu ta langue ? Questionna Edward en s'installant derrière le volant. Bien, je crois que ce jeune homme raffolerait d'une bonne assiette d'épinards.

-Des épinards ? Répéta Bella surprise.

La jeune femme aperçut le regard rieur d'Edward, cependant, celui-ci se fana quand il vit Stefan se tasser dans son siège et se mettre à regarder ostensiblement par la fenêtre.

-Des lasagnes, il adore manger des lasagnes, dit Edward en démarrant.

Bella se réinstalla correctement sur son siège. La jeune femme mordilla sa lèvre inférieure, elle aurait dû attendre le week-end pour les inviter, car il était clair que Stefan avait envie de passer du temps seul avec son père.

-On pourrait remettre ? Proposa doucement Bella. Stefan ne semble pas très enjoué.

-J'ai vu, souffla Edward en jetant un coup d'œil à son fils à travers le rétroviseur, mais je suis sûr qu'il ira mieux dès qu'il aura goûté tes lasagnes.

-Je l'espère, murmura la jeune femme, mais n'hésite pas à me dire si tu veux rentrer, je comprendrai tout à fait.

Edward lui sourit. Il paraissait tellement confiant qu'elle aussi se détendit à son tour. Ils ne tardèrent pas à se garer devant son immeuble. Stefan voulut monter dans les bras de son père, mais Edward lui tendit la main, souhaitant l'aider en portant de l'autre des courses. Le petit garçon râla quelque peu, mais son père le calma en lui donnant la poche contenant ses jeux. Ils montèrent chez elle. Edward et Stefan restèrent un instant dans l'entrée, ne sachant pas trop où aller. La pièce principale était immense, elle se dessinait dans des couleurs claires rehaussées par quelques touches de chocolat, d'ambre ou d'ocre. Près de l'entrée se trouvait la cuisine entourée par un bar qui la séparait du coin salle à manger lui faisant face et sur la droite de ce dernier, il y avait le salon. Edward déposa les provisions qu'il portait dans la cuisine, Stefan le suivait, une de ses petites mains accrochée au pantalon de son père.

-Pourquoi ne pas aller jouer dans le salon pendant que je prépare le repas ? Proposa la jeune femme.

-Tu es sûre que tu ne veux pas un peu d'aide ? On peut être de bons commis, assura Edward.

-Non, ça ira.

Edward acquiesça et aussitôt Stefan prit la main de son père pour l'entraîner dans le salon où il le fit asseoir sur le canapé. A peine le jeune homme était-il installé, que Stefan grimpa sur ses genoux. Edward prit alors son fils dans ses bras et lui fit un gros câlin. Puis, ensemble, ils déballèrent la panoplie du médecin et Stefan se fit un devoir d'ausculter son papa.

-Vous voulez boire quelque chose ? Questionna Bella tout en surveillant la cuisson de sa sauce. Stefan, j'ai du jus de pomme, du jus d'orange, du jus d'ananas ou un soda, que veux-tu ?

-Du soda !

-Stefan, souffla doucement Edward.

-Un zus de pomme, murmura l'enfant.

Bella acquiesça et prit un verre pour y verser du jus de pomme, elle allait porter la boisson au petit garçon quand Edward la stoppa d'un geste.

-Stefan ?

L'enfant jeta un coup d'œil à son père qui le fixait avec insistance, Stefan souffla discrètement avant de relever la tête pour la regarder.

-S'il-te-plaît, finit par ajouter Stefan.

-Tiens, dit-elle en donnant le verre au petit garçon.

-Merchi.

A peine avait-il son verre en main que l'enfant bu quelques gorgées avant de le poser sur la table basse pour reprendre son stéthoscope en plastique qu'il posa un peu partout sur le torse de son père.

-Tu veux un verre de vin ou une bière ? Lui proposa Bella.

-Une bière, s'il-te-plaît, accepta Edward.

-Monsieur z'entends pas votre cœur ! Déclara d'un ton sérieux Stefan en retirant son stéthoscope.

-Oh et c'est grave Docteur ? S'écria l'agent du FBI en jouant le jeu.

-Une piqûre et ça devrait aller mieux ! Le rassura son fils en prenant un ton condescendant.

-Oui, mais, moi j'ai peur des piqûres, Docteur !

-Faut pas, t'auras une sucette après, assura son fils en lui tapotant la joue comme pour l'encourager.

-Une sucette ? Je ne savais pas que les Docteurs donnaient des friandises, s'amusa Edward. Le Docteur Matthews t'en donne une quand tu es sage ?

-Non, il me donne un bonbon, mais papi oui !

-Papi ?

Bella qui revenait avec la bière fronça les sourcils en voyant l'air surpris d'Edward.

-Quand papi a-t-il bien pu te donner une sucette après t'avoir fait une piqûre ? S'enquit son invité.

-Tout à l'heure, répondit distraitement Stefan en préparant sa seringue.

-C'est pour ça que tu as voulu jouer au docteur ce soir, parce que papi t'a soigné aujourd'hui ?

-Ben voui, remonte ta semise, demanda l'enfant en s'approchant avec la seringue fictive.

-Attends, mon grand, tu me montres où papi t'a fait une piqûre ?

Stefan tendit son bras vers eux, Edward s'approcha pour chercher une quelconque trace, ils n'aperçurent qu'un léger petit point rouge dans le creux de son coude, mais elle n'était même pas certaine qu'il s'agissait de la marque d'une aiguille.

-Tu veux bien me faire ma piqûre et après tu pourrais faire un joli dessin à Bella pour la remercier de nous avoir invité ?

Stefan protesta quelque peu avant de faire la piqûre à son père et de s'installer ensuite autour de la table basse. La jeune femme lui apporta des feuilles de papier vierges.

-Ça te dérange si je passe un coup de fil à mon père, j'aimerais avoir le fin mot de cette histoire.

-Non, pas du tout, tu n'as qu'à aller sur le balcon, tu seras plus tranquille.

Edward la remercia avant de sortir. Bella retourna en cuisine pour enfourner ses lasagnes et préparer une salade. L'agent du FBI ne tarda pas à la rejoindre.

-Tu as besoin d'aide ?

-Non, tu as pu avoir Carlisle ?

-Non, il a fait un détour par l'Hôpital et n'était pas encore rentré, mais maman m'a dit que ce matin, elle avait consulté le carnet de santé de Stefan et s'était rendue compte qu'il avait un rappel de vaccin à faire, la date était presque passée. Papa l'a emmené à l'Hôpital pour le lui faire avant qu'ils aillent à leur partie de pêche. Quel idiot ! J'aurais dû m'en apercevoir !

-Hey, tu as pas mal de choses à l'esprit ces derniers temps et puis, ce n'est pas grave, il l'a eu son vaccin.

-Je suis un peu perdu, admit Edward, c'était Laila qui gérait tout ça, elle, elle n'aurait pas oublié de vérifier son carnet de santé.

-Tu comptes t'apitoyer sur ton sort ? Parce que si c'est le cas, je change le menu et on mange des glaces, déclara Bella. Edward, tu n'es pas un mauvais père, il faut juste que tu prennes tes marques. Et puis, pour te rassurer, tu n'as qu'à regarder Stefan, il t'adore littéralement et je pense que c'est le plus important, non ?

-Oui, tu as raison, approuva-t-il en prenant une gorgée de bière.

Edward sourit à la jeune femme et cette dernière se retourna pour prendre une gorgée de vin blanc et dissimuler ainsi la rougeur de ses joues. Elle reposa son verre et attrapa trois assiettes, elle se retourna et se retrouva face à Edward qui voulut lui prendre les assiettes des mains. Tous deux frissonnèrent en sentant le courant électrique qui traversa leurs corps lorsque leurs doigts se touchèrent.

-Laisse-moi t'aider, murmura Edward pour rompre le silence qui s'était installé entre eux.

-Merci.

Bella lâcha les assiettes et se détourna rapidement pour prendre des couverts ainsi que des verres. La jeune femme inspira profondément pour tenter de calmer les battements effrénés de son cœur. Edward termina de mettre la table pendant qu'elle sortait les lasagnes du four.

-Ça a l'air délicieux, avoua Edward.

-Attends de goûter, souffla Bella en portant le plat chaud sur la table.

La jeune femme partit chercher le saladier pendant que son invité appelait Stefan. L'enfant reboucha le feutre qu'il utilisait avant de rejoindre son père qui le souleva pour l'aider à se laver les mains. Bella récupéra un coussin qu'elle posa sur une chaise pour que Stefan soit à la hauteur de la table. Edward la remercia et installa le petit garçon. La jeune femme prit l'assiette de l'enfant et y mit une portion de lasagnes. Ils s'installèrent et elle servit Edward qui jetait un coup d'œil étonné à son fils.

-Tu ne manges pas ?

Stefan ne répondit pas, préférant écraser ses lasagnes avec sa fourchette. Edward tapota le bras de son fils pour attirer son attention, il prit une bouchée de lasagnes en prenant un air béat.

-Tu devrais les goûter, sinon, je vais toutes les manger ! Prévint Edward. Elles sont vraiment délicieuses, Bella, je pense même qu'elles sont meilleures que celles de mamie Esmé, n'est-ce pas Stefan ?

Bella mordilla sa lèvre inférieure, il était clair que le petit garçon ne souhaitait pas manger ses lasagnes, peut-être Carlisle l'avait-il fait goûter tardivement ? Cependant, les grognements émanant du ventre de l'enfant la détrompèrent.

-Stefan, qu'est-ce qu'il y a avec les lasagnes ? Soupira Edward. Pourquoi ne veux-tu pas les manger ?

-Je peux lui préparer autre chose ? Offrit Bella.

-Non, merci, c'est gentil, la remercia-t-il. Stefan, écoute-moi, Bella a préparé ces lasagnes parce que c'est ton plat préféré, donc à moins que tu ais une bonne raison de ne pas les goûter, tu vas manger ces lasagnes, c'est compris ?

Bella sentit son cœur se serrer, mais elle n'intervint pas quand elle vit la lèvre inférieure de Stefan trembler alors qu'il plantait sa fourchette dans les lasagnes pour les goûter. Le petit garçon avala péniblement sa bouchée, les larmes aux yeux et tout en reniflant bruyamment.

-Edward, murmura la jeune femme, il n'est pas obligé… Je peux lui cuisiner autre chose.

-Non, Bella, tes lasagnes sont délicieuses et je ne vois pas pourquoi Stefan ne les mangerai pas.

La jeune femme hocha la tête et commença à manger tout en surveillant l'enfant qui avalait difficilement une deuxième bouchée. Edward soupira et posa ses couverts sur la table avant de se tourner vers son fils.

-Qu'y a-t-il ?

-…

-Stefan, écoute si tu n'as pas faim, tu peux très bien aller dormir sur le canapé !

L'enfant ne répondit pas, mais recracha la part de lasagnes qu'il venait de mettre en bouche dans son assiette tout en laissant ses larmes couler librement sur ses joues.

-Ça suffit !

Edward posa sa serviette sur la table et retira celle qui se trouvait autour du cou de son fils, il le prit dans ses bras et alla l'allonger sur le canapé. Le jeune homme prit le doudou de l'enfant pour le lui donner et lui retira ses chaussures.

-Quand tu auras décidé d'être un grand garçon, tu pourras revenir à table, expliqua Edward, en attendant, tu restes ici !

La jeune femme ne pouvait pas voir le visage de Stefan, mais son cœur se serra tout de même. Elle ne comprenait pas la réaction de l'enfant, certes, il n'avait jamais été très amical avec elle, mais jamais à ce point. Edward revint s'asseoir en face d'elle.

-Je suis désolé, s'excusa-t-il, je ne sais pas ce qu'il a.

-Il a pourtant l'air d'avoir faim.

-Il a faim, mais je ne comprends pas son caprice. En temps normal, j'aurais dû l'empêcher de manger à lui seul tout le plat de lasagnes ! Je vais le laisser se calmer.

-Stefan n'a pourtant pas l'air capricieux.

-Contrairement à ce que pas mal de monde semble penser, il a son petit caractère.

-Les chiens ne font pas des chats, lança Bella.

-C'est vrai qu'il me ressemble un peu pour son côté têtu. Quand je me disputais avec Carlisle ou Esmé, je pouvais faire une grève de la faim. Carlisle me menaçait de me mettre sous perfusion si je continuais et je retournais gentiment à table finir mon assiette.

-Espérons que tu n'en arrives pas là, tenta de plaisanter Bella en observant le canapé d'où provenaient toujours les sanglots de l'enfant.

-Et toi ?

-Moi ?

-Oui, je t'ai donné l'un de mes défauts, à ton tour, l'invita Edward avec un sourire enjôleur.

-Je dois admettre que je suis moi aussi assez têtue.

-Aïe, on risque d'être en conflit sur…

Edward ne termina pas sa phrase. Il se tut et tourna la tête vers le canapé où Stefan marmonnait des paroles qu'elle ne comprenait. Elle allait demander à Edward ce qu'il avait quand elle remarqua que son invité avait pâli. Il se leva et retourna auprès de Stefan. La jeune femme frémit quand elle entendit le petit garçon appeler sa mère.

-Hey, mon cœur, murmura Edward en prenant l'enfant dans ses bras, tout va bien, chut.

Bella alla récupérer une boîte de mouchoirs en papier qui se trouvait sur le bar pour la porter à Edward. Le jeune homme la remercia d'un sourire, il essuya les joues et moucha son fils pendant qu'elle s'asseyait sur l'accoudoir du canapé. Aussitôt, elle sentit une main se poser sur sa cuisse pour la repousser, Stefan, toujours en larmes, tentait de la chasser.

-Stefan, qu'est-ce que tu fais ? Bella s'est montrée très gentille avec toi ce qui n'est pas ton cas.

-Je vais aller prendre l'air sur le balcon le temps que tu le calmes, proposa la jeune femme.

-Non, la retint Edward, Stefan, regarde-moi, s'il-te-plaît.

Le petit garçon releva ses yeux noyés de larmes vers son père qui caressa ses joues avec ses pouces avant de déposer un baiser sur son front.

-Tu te souviens de la conversation que nous avons eu après que maman soit partie au Ciel ?

Stefan ne répondit pas, il sembla réfléchir quelques instants avant d'hocher doucement la tête.

-Je t'aime, Stefan, tu es la personne la plus importante de ma vie. J'aimais ta maman, même si nous ne vivions pas ensemble, elle comptait beaucoup pour moi, elle était ma meilleure amie. Je sais que tu ne peux pas tout comprendre parce que tu es un petit garçon, mais personne, tu m'entends, personne ne viendra jamais remplacer ta maman !

Stefan plongea son regard dans celui de son père avant de tourner brièvement la tête vers elle, ses émeraudes en colère étaient tout aussi impressionnantes que celles de son père.

-Hey ! S'exclama Edward en obligeant son fils à l'observer. Tu crois que je n'ai pas vu les regards méchants que tu offrais à Bella ? Ce n'est pas gentil du tout ! Elle t'a fait ton plat préféré et tu l'as remercie ainsi ? Il me semble que maman et moi, nous t'avons mieux élevé que ça, non ?

Stefan baissa la tête. Bella se sentit gênée de voir la honte briller dans ses prunelles. Elle se sentait désolée pour le petit garçon, elle aurait tant aimé que sa maman soit là pour veiller sur lui.

-Peux-tu aller me chercher un verre d'eau, s'il-te-plaît ? Lui demanda-t-il.

Bella se leva et prit son temps pour aller chercher ce qu'Edward lui avait demandé.

-Dis-moi ce qui te fait peur ? Entendit-elle Edward demander à son fils.

-Veux maman.

-C'est vraiment ça qui te tracasse ? Ce n'est pas plutôt le fait que nous soyons tous les trois, Bella, toi et moi, qui te pose problème ?

-Bella c'est pas maman, murmura Stefan entre deux sanglots.

-Personne ne remplacera jamais ta maman, tu m'entends ?

-Veux que nous deux !

-Pour le moment, nous ne sommes que nous deux, mais peut-être qu'un jour, papa rencontrera quelqu'un.

A ces mots, Bella sentit son cœur s'emballer, mais les sourcils froncés de Stefan la firent déchanter. L'enfant n'était pas prêt à partager son père et elle comprenait sa réaction.

-Veux pas.

-Ecoute, reprit Edward, toi et moi, on s'aimera toujours, tu pourras toujours compter sur moi, je serai toujours là pour toi, aujourd'hui, demain et même dans 20, 30 ou 60 ans. Tu verras, tu me chasseras de ta maison à coup de pieds dans les fesses parce que tu en auras marre de m'avoir sur le dos !

-Non, zamais ! Protesta Stefan qui avait retrouvé un petit sourire.

-Oh, que si ! Tu imagines, ton papa qui est avec toi au cinéma, au restaurant avec tes amis ou quand tu voudras faire un bisou sur la bouche à une fille !

-Beurk ! S'écria Stefan en prenant un air dégoûté qui la fit sourire.

-Tu dis ça maintenant, mais dans quelques années, on en reparlera !

Edward déposa des dizaines de baisers sur les joues de son fils jusqu'à ce dernier éclate de rire. Le jeune père essuya les dernières traces de larmes avant de murmurer quelque chose à l'oreille de l'enfant. Ils se levèrent, Stefan dans les bras de son père avait soudain l'air tout timide.

-Pardon, Bella, s'excusa le petit garçon, est-ce que ze peux goûter tes lasagnes ?

-Bien sûr et tu sais quoi ? On va se mettre sur la table basse, on sera mieux. »

La jeune femme alluma la télévision et chercha une émission pour enfants. Edward l'aida à transporter le dîner sur la table basse, elle récupéra l'assiette de Stefan où il avait craché et jeta le tout pour lui en donner une autre. L'enfant la remercia en tirant sur son jean, elle se pencha et il déposa un baiser sur sa joue avant de courir rejoindre son père. Elle vint s'installer avec eux tout en se disant qu'elle était vraiment sous le charme de l'enfant. La fin de la soirée se passa sous le rire. Stefan ne cessait de faire l'idiot en imitant les chorégraphies des personnes déguisées, entraînant son père avec lui. La jeune femme se joignit à eux et ils dansèrent avant de manger une part de glace. Stefan avait fini par s'endormir quand Edward prit congé. Ils restèrent un instant à se regarder, l'air semblait manquer entre eux. Son invité se pencha doucement vers elle, Bella passa sa langue sur ses lèvres pour les humidifier. Elle allait fermer les yeux quand Stefan se mit à grogner en réclamant son lit. Edward soupira et déposa un baiser sur sa joue avant de s'enfuir littéralement. La jeune femme referma la porte et s'appuya contre celle-ci, la fuite d'Edward l'avait interpellé et un brin vexé car elle avait bien vu que l'alchimie passait bien entre eux. Tout en faisant la vaisselle, elle se morigéna, elle pouvait se permettre de tomber sous le charme de l'enfant, mais il n'en allait pas de même avec le père.

.


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Carlisle regarda la voiture de son fils s'éloigner, il sourit en voyant que Bella était installée dans cette dernière. Esmé serait ravie d'apprendre que ces deux-là se rapprochaient ! Il espérait juste que le passé douloureux de son fils ne les empêcherait pas de se trouver. Le médecin démarra sa Mercedes et se rendit vers le centre commercial voisin où il changea de voiture. Il montra dans l'autre Mercedes après avoir enfilé des gants et mit une paire de lunette noire ainsi qu'une casquette dissimulant ses cheveux blonds trop facilement repérables. Il prit ses faux papiers et vérifia que son revolver était bien présent sous son siège. Carlisle démarra et prit la direction de la zone industrielle désertée de Seattle. Une fois arrivé à destination, il sortit de sa voiture et rangea son arme dans l'étui qui se trouvait sous sa veste. Il avança dans le local où il aperçut de la lumière sous une porte bancale. Il entra et se retrouva dans une pièce où se trouvaient des ordinateurs derniers cris.

« -Tu viens m'arracher la tête ? Lança l'homme sans relever la tête de sur son écran.

-Dois-je en déduire que tu n'as rien trouvé ?

-C'est pas faute d'avoir essayé !

-Franz ! Il me semble que je te paye suffisamment cher pour avoir du résultat !

-Ce type est un véritable courant d'air, cependant, j'ai réussi à avoir un échantillon du sang relevé sur les cartes qu'il envoie à l'agent Cullen, cartes que ce dernier n'a jamais reçu car interceptées par ses collègues.

-Je m'en doutais, avoua Carlisle en sortant un échantillon de sang d'un étui protégé.

-Ton fils a accepté une prise de sang ou tu l'as drogué ?

-Je l'ai déjà drogué deux fois, je pense que c'est suffisant, en plus, il commence à avoir des soupçons.

-Vraiment ? S'étonna Franz.

-Oui, il n'est pas mon fils pour rien ! Dit-il avec fierté.

-Tu devrais lui parler, je pense que ça serait plus prudent.

-Hors de question !

-Carlisle, il y a 20 ans, tu as pu prendre toute ta petite famille sous le bras et fuir, mais là que vas-tu faire ? Ils sont tous majeurs et vaccinés, aucun ne partira sans une bonne raison et jamais tu ne trouveras un mensonge suffisamment probant pour qu'ils te suivent à l'autre bout du monde sans poser de questions !

-Tu ne crois pas que je le sais ?

-Que comptes-tu faire ? Tous les drogués et les mettre dans un jet privé pour les emmener dans un trou paumé ?

-J'aime bien ton idée.

-C'est infaisable ! Putain, Carlisle, parle à Edward! Avec lui à nos côtés, on sera plus fort ! Je te rappelle que nous ne sommes plus tous jeunes ! Tu fêtes bientôt tes 50 ans, non ?

-Oui, d'ailleurs, tu es invité si nous sommes toujours en vie bien sûr.

-Bien sûr, railla son employé et surtout ami. Parle à ton neveu, Carlisle !

-Mon fils !

-Ton neveu ! Il vaut mieux qu'il l'apprenne par toi plutôt qu'il découvre tout par lui-même ! Ce qui ne saurait tardé s'il est aussi doué que je le suppose.

-Non ! J'ai promis à Elisabeth qu'Edward ne saurait jamais rien et je ne trahirai pas ma parole !

-Tu es en train de faire une connerie ! Tu perdras sa confiance quand il saura !

-Je saurais m'en accommoder si cela me permet de le garder en sécurité. Maintenant, excuse-moi, mais j'ai des analyses à faire.

-Le FBI a déjà analysé le sang, c'est celui de ton neveu.

-Mon fils ! S'énerva Carlisle. Mais je veux vérifier quelque chose.

-Et donc, de quelle manière as-tu eu ce sang ?

-C'est celui de Stefan. »

Carlisle quitta la pièce informatique pendant que Franz pestait contre lui, il prit un petit escalier qui menait au sous-sol où un véritable laboratoire avait été emménagé. Alors qu'il préparait le matériel pour ses analyses, il repensa à la conversation qu'il avait eu avec Edward. Cunnigham était mort. Il avait été assassiné. Il n'en avait pas parlé à Franz, mais il allait devoir le lui dire car cela ne pouvait pas être une coïncidence. Alors qu'il se mettait au travail, il se demanda s'il était en sécurité ou s'il était le prochain sur la liste ? Il se rassura, cela faisait plus d'une trentaine d'années qu'ils le croyaient morts. Tout irait bien. Il allait protéger sa famille quel qu'en soit le prix, même s'il devait donner sa vie, il était prêt.

.


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Doucement, il poussa la porte du Commissariat de Seattle. Il arrangea négligemment le col de son uniforme de police tout en faisant attention à la boîte qu'il transportait. Sa casquette bien enfoncée sur les yeux, il pénétra dans le poste tout en surveillant les alentours. Bien, aucun agent du FBI ne semblait être présent. Il s'approcha d'un homme à la peau bronzée qui était en train de ranger son bureau.

« -Salut ! Dit-il.

-Oui ?

-Désolé de vous déranger, officier Black, dit-il après avoir lu le nom inscrit sur le badge, mais j'ai un colis pour un gars du FBI, Cullen ?

-Ouais et alors ?

-Vous savez où il est pour que je le lui remette ?

-Il est parti. Vous avez qu'à le poser dans la salle là-bas, il l'aura demain matin. »

Il remercia l'indien d'un hochement de tête avant de prendre la direction indiquée. Il déposa le colis sur la table vide avant de faire le tour de celle-ci. Ses doigts effleurèrent le fauteuil se tenant en bout de table, il se pencha pour le renifler. Un sourire se dessina sur son visage, il s'asseyait là, il pouvait reconnaître son parfum. Ses doigts caressèrent le tissu rugueux comme s'il s'était s'agi de lui. Il soupira. Il lui manquait, oui, il lui manquait terriblement. Edward, son Edward. Il avait été le seul à lui tenir tête, le seul à relever le défi, le seul à être digne de lui. Il avait voulu le briser en enlevant son amie et leur fils. Il avait cru le briser quand il avait découvert le corps de Laila sans vie. Pourtant, Edward s'était redressé et il l'aurait abattu sans hésitation s'il ne s'était pas servi de son fils comme d'un bouclier. Il avait ensuite eu le fantastique agent Cullen à sa disposition, aussi doux qu'un agneau pour protéger la vie de son fils, il l'avait poignardé, lentement, savourant chaque instant, cependant, il n'avait pas réussi à le détruire, il pouvait le lire dans ses yeux émeraude qui le défiaient.

Edward avait patienté, attendu qu'il commette une erreur pour s'enfuir avec son fils. Il ne savait plus comment, un incendie s'était déclaré, il avait retrouvé Edward, il avait tenté de le retenir, mais l'agent s'était débattu. Ils étaient au premier étage de la maison qu'il avait loué pour eux. Le plancher avait cédé, Edward avait sauté sur le côté évitant la chute, protégeant son fils qui s'accrochait à lui. Il l'avait vu revenir vers lui. Malgré le masque qui dissimulait son visage, il avait plongé son regard dans le sien alors que ses doigts s'accrochaient désespérément au rebord pour ne pas chuter au rez-de-chaussée en feu. L'agent Cullen était quelqu'un de bon, il était son parfait opposé, c'était pour ça qu'il l'avait choisi. Son cœur s'était emballé dans sa poitrine quant au lieu de l'aider, Edward avait violemment écrasé ses mains avec son pied pour le faire chuter. Alors qu'il tombait vers les flammes, il l'avait vu s'enfuir péniblement hors de la maison avec son fils. Comment cet homme pouvait-il encore avoir la force de marcher après les multiples coups de poignard qu'il avait reçu ? Alors qu'il atterrissait sur le plancher, il sut qu'Edward Cullen serait à lui, oui, ils seraient ensemble pour l'éternité ! Un sourire se dessina sur son visage en quittant le Commissariat, il espérait que son cher Edward apprécierait son cadeau. Il lui tardait de voir son visage furieux, oh oui, il était encore plus beau en colère ! Et là, même ses collègues ne pourraient plus se mettre entre eux !