Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
J'espère que tout le monde va bien. Encore un immense merci pour toutes vos reviews, merci énormément !
Pour les reviews anonymes :
Law : C'est clair que Carlisle va devoir s'expliquer et cela risque d'être assez houleux et difficile pour Edward. En tout cas, merci énormément pour ta review ! Merci ! Bonne soirée et à bientôt !
Ptitemoya : Merci beaucoup pout ta review et tes compliments ! Merci ! C'est vrai que Stefan est à croquer. J'espère que la suite t'aura plu ! Bonne soirée et à bientôt !
Gabrielle : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Je suis très touchée par tes compliments ! Je publie tous les dimanches. Bonne soirée et à bientôt !
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Petites précisions :
Voilà, je vous donne les âges de tout le monde pour que vous puissiez avoir des repères chronologiques :
Carlisle Cullen :
-21 ans naissance d'Emmett.
-23 ans naissance d'Alice.
-29 ans adoption d'Edward.
-49 ans âge actuel.
Esmé Cullen : 47 ans.
Edward Cullen :
-10 ans à la mort de ses parents.
-30 ans âge actuel.
Emmett Cullen, Rosalie et Jasper : 28 ans.
Jacob Black : 27 ans.
Bella Swan et Alice Cullen : 26 ans.
Stefan Cullen : 4 ans.
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Bonne lecture !
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Chapitre 8 : Angoisse
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Emmett était perdu. En quelques heures, il avait ressenti plus de chagrin que durant toute sa vie. Tout d'abord, il avait été blessé d'apprendre ce qui était arrivé à Edward. Il avait compris que quelque chose de moche avait détruit sa quiétude, mais il n'avait réellement constaté l'ampleur du problème que lorsqu'il avait vu la bande vidéo qu'un tueur en série avait envoyée à Edward. Sans que personne ne le remarque, il était allé aux toilettes pour vomir, il ne supportait pas la manière dont ce malade parlait de son frère, il le considérait comme sa moitié, sa propriété. Il sortait d'une des cabines pour se rincer la bouche quand il avait vu Jasper en train de s'asperger d'eau froide, lui aussi avait été secoué, après tout, c'était normal, ils se considéraient tous trois comme frères. Sans échanger un mot, ils s'essuyèrent les mains. Malgré sa carrure, Emmett admira le courage de Jasper qui se dirigeait vers la porte, lui, il n'était pas certain de vouloir en savoir davantage, mais le blond lui avait rappelé qu'Edward avait besoin de son soutien. Edward, son grand frère, son frère si frêle et si fragile en apparence. On le considérait comme le roc de leur famille de par son apparence, mais Edward était plutôt comme un roseau, pliant à chaque coup, mais se redressant toujours pour faire face. La première fois qu'il l'avait vu il s'était demandé comment un être à l'apparence si vulnérable pouvait avoir une telle force de caractère.
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Flash-back :
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Du haut de ses 8 ans, Emmett observa l'immense bâtiment aux murs gris recouvert par quelques couches de neige. Sa mère tira sur sa main et il la suivit, Alice et elle, à l'intérieur de l'Hôpital de Chicago. Ils saluèrent les dames qui étaient à l'accueil, mais elles ne paraissaient pas aussi gentilles que celles où travaillait son papa chez eux. Ils montèrent dans l'ascenseur pour se rendre au service de chirurgie pédiatrie où se trouvait leur cousin. Emmett avait d'abord été excité en apprenant l'existence de ce cousin qui était de son âge. Il avait été triste d'apprendre que ses parents étaient morts et il avait frémi en imaginant qu'il pourrait lui aussi perdre son papa et sa maman. Il avait pleuré, mais son papa lui avait promis qu'il serait toujours là. Arrivés devant la porte de la chambre de son cousin, il afficha son plus beau sourire, il tenait vraiment à ce qu'ils soient les meilleurs amis du monde. Cependant, son assurance avait disparu quand il avait vu le petit garçon frêle et pâle couché dans son lit. Des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues, son père essayait visiblement de le calmer en voulant lui faire un câlin, mais son cousin le repoussait. Sa mère avait alors tenté sa chance, mais elle non plus n'avait pas réussi à l'approcher. Emmett avait serré ses petits poings, de quel droit les rejetait-il alors qu'ils avaient tout quitté pour lui ? Tout compte fait, il n'aimait pas son cousin !
Esmé leur avait demandé de s'asseoir sur les fauteuils de la chambre et elle avait allumé la télé pour qu'ils regardent un dessin animé pendant qu'elle essayait d'habiller leur cousin qui refusait de venir avec eux. Emmett s'était alors demandé pourquoi ils devaient le prendre puisque ce n'était pas ce qu'il souhaitait. Finalement, son papa était revenu avec pleins de papiers qu'il avait donnés à sa maman avant d'habiller avec des gestes fermes son cousin. Ce dernier avait arrêté de se débattre et pleurait simplement. Alice et lui avaient mis leurs manteaux, puis, ils avaient pris la main de leur maman pendant que Carlisle prenait Edward dans ses bras. Aussitôt, Emmett avait lâché la main de sa mère pour rejoindre son père, s'était sa place à lui et pas celle de son cousin ! Il voulait être dans les bras de son papa ! Des larmes avaient coulé le long de ses joues quand Carlisle lui avait dit non et Alice s'était elle aussi mise à pleurer en réclamant Bella.
Finalement, ils avaient rejoint une grande voiture noire où un homme les attendait. Ils montèrent tous à l'arrière et malgré ses larmes il ne put s'empêcher d'être intrigué par les sièges qui couraient tout le long de la voiture. Esmé le prit à ses côtés et défit son manteau, pendant que son père faisait de même avec son cousin qu'il garda dans ses bras. La peur s'était alors mêlée à la colère et si son papa préférait son cousin à lui ? Peut-être était-il plus sage ? Peut-être avait-il de meilleures notes à l'école ? Peu à peu, Emmett se mit à détester son cousin. Ce dernier s'était finalement endormi dans les bras de son papa lorsqu'ils étaient arrivés à l'aéroport, Alice et lui avaient reçu l'ordre de ne pas faire de bruit pour ne pas le réveiller. Emmett fronça les sourcils alors qu'Alice serrait sa main pour l'inciter à se calmer. Il fit un bisou sur la joue de sa petite sœur pour qu'elle retrouve le sourire avant de l'entraîner en courant vers l'avion qui les attendait. Esmé l'aida à monter et à s'installer sur les sièges du jet qui n'était là que pour eux. Emmett fut à nouveau déçu lorsqu'il vit que son papa ne s'asseyait pas avec eux alors qu'il restait une place, il préféra s'asseoir sur une banquette avec ce maudit cousin ! L'avion avait décollé et au bout d'un moment qui lui avait paru interminable, on l'avait enfin autorisé à se détacher. A peine cela fait, il s'était précipité vers Carlisle.
« -Tu viens jouer, papa ?
-Non, Emmett, je dois rester avec ton cousin.
-Mais il dort !
-Raison de plus pour baisser d'un ton, mon grand, allez, sois sage et joue avec ta petite sœur.
Emmett jeta un coup d'œil à Alice qui avait sorti toutes ses poupées ainsi qu'un monticule de vêtements. Le petit garçon soupira, il n'avait aucune envie de jouer avec sa sœur !
-Papa ! Insista-t-il.
-Emmett, viens donc avec moi, proposa sa mère, je vais jouer avec toi.
-Non, je veux papa !
-Emmett, s'il-te-plaît, nous t'avons expliqué que ton cousin, Edward, aurait besoin de beaucoup d'attention, je sais que ce n'est pas évident à comprendre pour toi, mais je te promets qu'une fois à Londres on jouera tous les trois ensemble, promit son papa.
-Non, que nous deux !
-Ne me regarde pas ainsi jeune homme ! Prévint Carlisle, mais il l'ignora préférant le défier.
-En plus, il est même pas gentil !
-Comment peux-tu dire cela ? Tu ne lui as pas parlé, tu ne le connais pas, lui rappela son père, il me semble que je t'ai appris à ne pas juger les personnes sans les connaître !
-Il fait que pleurer et il a pas été gentil avec toi quand tu as voulu lui faire un câlin et avec maman quand elle a voulu l'habiller et puis…
Emmett s'était tu lorsqu'il avait vu deux émeraudes troublées par de l'eau le fixer, il s'était alors rendu compte que son cousin avait tout entendu. Il avait légèrement rougi, mais il ne lui avait pas lancé pour autant un regard plus tendre ! Tout en râlant, Emmett était allé chercher son sac à dos où sa mère avait rangé ses jouets. Il s'était installé près d'Alice et avait commencé à jouer avec ses petites voitures, cependant, il n'avait cessé de surveiller du coin de l'œil son cousin que son père tentait de consoler. Au bout d'un certain temps, sa mère les appela pour prendre leur goûter. Emmett s'était précipité vers la table qu'entouraient les deux banquettes. Il avait froncé les sourcils quand il avait vu les trois briquettes de lait, il était nature et il ne l'aimait pas trop. Il avait bruyamment soupiré, mais maman lui avait donné des petits gâteaux au chocolat. Il avait mordu dans l'un d'eux tout en prenant une gorgée de lait. Alice avait éclaté de rire quand elle l'avait vu mélanger le tout dans sa bouche. Sa mère lui avait tendrement souri avant d'apporter une briquette de lait et quelques gâteaux à son père. Il vit celui-ci approcher la paille de la bouche de son cousin qui repoussa son bras.
-Il faut que tu boives et manges un peu, Edward, entendit-il sa mère dire. Tu n'aimes pas le lait, mon chéri ?
Son cousin ne prit même pas la peine de répondre à sa mère alors qu'elle était vraiment gentille avec lui !
-Tatie Esmé a raison, mon grand, allez, mange au moins quelques gâteaux, insista son père. Esmé, tu n'aurais pas du jus de fruit, s'il-te-plaît ?
-Si ! Réalisa sa mère en se précipitant vers son sac pour en sortir une briquette.
-Hey ! Pourquoi j'suis obligé de boire du lait alors qu'il y a du jus de fruit ! Se plaignit-il.
-Parce qu'il faut que tu boives du lait, mon cœur, lui expliqua sa maman, pour que tu grandisses bien.
-Mais lui aussi, il doit grandir !
-Emmett, soupira son père, Edward n'a rien voulu manger ou boire depuis une journée alors…
-Il a qu'à se forcer…
-Ça suffit, maintenant, Emmett Cullen ! Gronda son père. Tu vas immédiatement au coin et tu ne reviendras que quand tu auras réfléchi à ton comportement !
C'était la deuxième fois que son papa se mettait en colère contre lui et il devait admettre qu'il faisait peur ! Cependant, cette fois, il ne baissa pas les yeux, il défia Carlisle du regard tout en allant se mettre au coin. Néanmoins, son père détourna rapidement les yeux en voyant que son cousin s'était remis à pleurer et à trembler dans ses bras.
-Chut, Edward, chut, je ne voulais pas te faire peur, pardonne-moi, je ne crierais plus. Tout va bien, mon cœur, tout va bien.
Emmett s'assit dans l'un des recoins de l'avion et se mit à fixer la carlingue qui lui faisait face. Ses petits bras se croisèrent sur son torse en signe de défi, il allait montrer à son père qu'il était lui aussi têtu, il allait rester là tout le voyage ! Alors qu'il boudait dans son coin et ruminait contre son satané cousin, il entendit ses parents féliciter ce dernier d'avoir mangé quelques gâteaux et bu son jus de fruit. Pff, c'était stupide ! Quel mérite avait-il à manger son goûter ?
-Tu veux jouer avec moi ?
Emmett avait frissonné en entendant la voix de sa sœur, que faisait-elle ? Pourquoi lui parlait-elle ? Il n'entendit aucune réponse mais le froissement des vêtements lui fit comprendre que son père avait déposé son cousin sur le sol de l'avion. Alice était sa sœur à lui ! A nouveau un sentiment d'insécurité l'envahit quand il entendit le petit lutin parler des vêtements de ses poupées, apparemment, le cousin jouait avec elle, chose qu'il ne faisait jamais ! Allait-il aussi lui prendre sa petite sœur ?
-Alice, Edward n'a peut-être pas envie de jouer avec tes poupées, intervint sa mère, tu peux jouer avec les voitures d'Emmett, si tu veux ?
Emmett mordit violemment sa lèvre inférieure pour étouffer le cri de protestation qu'il s'apprêtait à laisser échapper.
-Merci, Madame, murmura la voix enrouée de son cousin.
-Oh, appelle-moi, tatie ou Esmé, mon chéri.
Emmett serra ses petits poings et ferma les yeux pour retenir ses larmes. A cause de lui, il ne verrait plus sa maison, ni Bella, ni ses amis de l'école ou de l'équipe de foot ! Pourquoi serait-il gentil avec lui ? Il n'en avait plus aucune envie ! Emmett sursauta en sentant quelque chose heurter son genou, il baissa la tête et reconnut sa petite voiture rouge, sa préférée ! Son cousin arriva près de lui et au lieu de reprendre la voiture, il s'assit à ses côtés. Emmett fronça les sourcils en le voyant jeter un coup d'œil à ses parents avant de tendre sa briquette de jus de fruit vers lui.
-J'ai pas fini, chuchota son cousin, et j'ai plus soif, tiens, si tu veux ?
Emmett leva un regard étonné vers son cousin avant d'accepter de prendre quelques gorgées de jus de fruit. Son cousin lui sourit avant de sortir quelques gâteaux au chocolat de sa poche.
-C'est pour toi, murmura-t-il.
-Merci, souffla Emmett.
-On peut jouer ensemble ? Questionna son cousin en lui montrant les petites voitures qu'il avait emmené avec lui.
Emmett sourit franchement à son cousin, tout compte fait, il avait pas l'air si méchant. Il prit sa petite voiture rouge et commença à jouer, mais il remarqua alors que son cousin ne jouait pas, un petit sourire triste était dessiné sur son visage et il pouvait voir qu'il faisait un effort pour pas pleurer.
-Edward ? Appela Carlisle.
Il ne comprit pas pourquoi son cousin s'était mis à trembler, mais lorsqu'il leva des yeux craintifs vers son père, il comprit qu'il avait peur de ce dernier. Il aurait bien aimé lui dire que son papa était le meilleur des papas, mais son cousin ne quittait pas du regard son père qui venait de s'agenouiller à côté d'eux.
-Tout va bien, mon grand, répéta Carlisle, tu joues avec Emmett ?
-Oui, répondit Edward d'une voix tremblante.
-Alors, pourquoi ne joueriez-vous pas dans l'allée vous aurez plus de place et puis maman vient de mettre un DVD à Alice, peut-être avez-vous envie de le regarder ?
-Suis plus puni ? Demanda Emmett d'une petite voix.
-Non, par contre, je crois que tu as quelque chose à dire à Edward.
Emmett acquiesça sérieusement de la tête avant de prendre la main froide de son cousin dans la sienne et de le regarder dans les yeux.
-Pardon, Edward, pardon d'avoir été méchant et de t'avoir mal regardé.
-C'est pas grave, murmura son cousin avant de baisser la tête.
-Emmett, tu vas regarder le film ?
-Oui, mais tu viens Edward ? Questionna-t-il en tendant une main vers son cousin qui allait la saisir en lui souriant timidement.
-Oui, il te rejoint dans un instant.
Emmett remarqua le regard effrayé que lança son cousin à son père, mais il alla tout de même s'asseoir sur une banquette, son doudou dans les bras, gardant la place à côté de la sienne pour Edward. Voyant que ce dernier n'arrivait pas, il se hissa sur son fauteuil pour regarder derrière son dossier, ses petits sourcils se froncèrent quand il vit son cousin tenter d'échapper à son père qui essayait de lui faire une piqûre. Les larmes sur les joues d'Edward redoublèrent quand l'aiguille s'enfonça dans son bras et quelques minutes plus tard, son cousin perdait connaissance.
-Papa ? Appela Emmett inquiet.
-C'est rien, mon grand, il va juste faire dodo jusqu'à ce qu'on arrive à Londres chez papi et mamie. »
Emmett acquiesça avant de se réinstaller dans son fauteuil. Sa mère s'approcha pour lui donner une couverture et un oreiller. Son pouce dans sa bouche, il regarda le dessin animé. Alice s'était déjà endormie sur les genoux d'Esmé qui avait pris la place qu'il avait gardée pour son cousin, il s'appuya contre sa mère qui caressa ses cheveux tout en fredonnant une berceuse. Il s'endormit.
Lorsqu'ils étaient arrivés à Londres, Edward dormait toujours, il ne s'était réveillé qu'une fois dans sa chambre chez papi et mamie. Emmett s'était étonné que son cousin ne soit pas heureux de les voir. Edward avait même tenté de s'enfuir, son papa l'avait rattrapé, mais son cousin ne cessait de hurler qu'il voulait sa maman. Alors, Esmé avait tenté de le calmer en le prenant de force dans ses bras, puis, alors qu'elle le berçait, il avait fini par se calmer.
« -Pourquoi il est si triste Edward ?
-Emmett, je t'ai expliqué que son papa et sa maman étaient partis au Ciel, lui rappela son père.
-Mais pourquoi ils l'ont pas pris ?
-Parce qu'il n'est encore qu'un petit garçon et que…
-Mais s'il voulait aller avec eux ?
-Emmett, te souviens-tu de ce qui est arrivé à Bidule ?
-Mon poisson rouge ?
-Oui.
-Il est mort, se rappela Emmett avec tristesse.
-Tu te rappelles que tu as beaucoup pleuré, mais qu'après ça allait mieux, tu as recommencé à sourire, à jouer, à rire ?
-Oui, se souvint-il un peu perdu.
-Et bien, ce n'est pas tout à fait la même chose, précisa son père, mais Edward est dans le même état que toi, ce n'est pas Bidule qu'il a perdu, c'est son papa et sa maman. Pour le moment, il est très triste, mais, un jour, il recommencera à sourire, à jouer et à rire. C'est pour ça que son papa et sa maman l'ont laissé ici pour que nous l'aimions et l'aidions à devenir un homme bien.
-C'est pour ça qu'il est pas content de voir papi et mamie ?
-Non, c'est parce que, comme pour nous, il ne les connaît pas. Mon grand-frère s'est disputé avec toute notre famille, il ne voulait plus nous voir. Tu sais, il y a seulement quelques jours que j'ai appris que j'avais un neveu et pour lui c'est pareil. Ne crois-tu pas que tu serais effrayé si tu étais entouré d'inconnus ?
-Si, admit-il, mais on dirait qu'il a peur de toi ?
-Je sais… Je vais changer ça… »
Carlisle avait déposé un baiser sonore sur chacune de ses joues et il avait râlé pour la forme, il aimait bien quand papa lui faisait des câlins ou des bisous. Emmett descendit de sur ses genoux pour aller jouer dans le jardin avec Alice, il aurait bien aimé qu'Edward vienne avec eux, mais son cousin tentait de repousser la cuillerée de yaourt que sa mère essayait de lui faire manger. Un peu inquiet pour ce dernier, il rejoignit Alice. Il avait eu drôlement mal quand Bidule était mort, mais il ne pouvait pas imaginer ce qu'il aurait ressenti si ça avait été son papa et sa maman. Emmett avait alors pris la décision qu'il ferait son possible pour rendre son sourire à Edward et que peut-être un jour ils seraient comme des frères…
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Fin du flash-back.
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Emmett soupira. Edward était son frère, son grand-frère, et une nouvelle fois la vie venait de cruellement le blesser. Pendant un instant, il se dit que le destin s'acharnait sur lui, mais aussi sur Stefan qui se retrouvait orphelin de mère. Il se promit de tout faire pour que son neveu ne revive pas le calvaire de son frère, non, il ferait tout pour que Stefan ne soit pas orphelin. Emmett sortit de ses pensées quand il sentit la main de Jasper se poser sur son bras, son beau-frère l'observait avec inquiétude. Il lui fit un sourire rassurant avant de quitter les toilettes d'un pas décidé, si ce malade mental d'Eventreur voulait toucher à un seul des cheveux de son frère, il allait d'abord devoir se débarrasser de lui !
Malheureusement, ce tueur était tout sauf stupide, Emmett avait failli tout casser quand il avait appris que son frère avait été empoisonné et que leur père avait disparu. Il aurait aimé aller auprès de son frère, se lancer à la recherche de Carlisle, mais Rosalie s'accrochait désespérément à lui. Il suivit donc les membres de sa famille dans la salle de repos où l'agent Beckett leur avait succinctement expliqué ce qui s'était passé. Cependant, il ne l'écouta pas vraiment, il était mort de peur, mort de peur de perdre son père, son frère… Comment Edward avait-il pu surmonter la mort de ses parents ? Où avait-il trouvé la force d'avancer alors qu'il était si jeune ? La peur et le chagrin menaçaient de le paralyser.
Il avait voulu retenir son frère lorsqu'il avait appris qu'il allait se livrer au tueur pour essayer d'avoir la vie sauve. Les paroles de l'agent Davies ne le rassurèrent pas totalement, il ne voulait laisser en aucune manière son frère entre les mains de ce cinglé, cependant, c'était aussi peut-être la solution pour retrouver son père.
Son père… Carlisle Cullen… Le Docteur Carlisle Cullen… Son père n'était qu'un simple médecin qui avait la violence en horreur. Pourquoi cet homme, cet ancien Marshall laissait-il sous-entendre qu'il ne connaissait pas son propre père ? Et d'abord comment se connaissaient-ils ? Cet homme mentait, il en était certain. Cependant, cette certitude vacilla quand il vit sa mère parler à ce Scheler comme si elle le connaissait… Emmett était perdu et il n'était pas le seul, Alice, Rosalie, Bella et Jasper étaient tout aussi stupéfaits que lui. Son monde était en train de s'écrouler. Alors qu'il allait demander des explications, l'analyste du FBI les interpella. Il observa les écrans de sécurité de la ville, puis, ceux du centre commercial suivant la déambulation de son frère. Edward peinait à marcher, ses poings se serrèrent, il n'aimait pas se sentir si impuissant. Soudain, un visage attira son attention.
« -Là, regardez ! S'écria-t-il en désignant un homme dans la foule.
-Qu'est-ce que Richardson fiche là ? S'exclama l'agent Davies en fronçant les sourcils.
-Il essaye de sauver sa vie.
Tous jetèrent un coup d'œil à l'ancien Marshall qui ne daigna pas leur donner d'autres informations. Ils reportèrent leur attention sur l'écran où l'analyste du FBI faisait son possible pour suivre son patron.
-Mais c'est pas vrai ! Grogna soudain Penny.
-Que se passe-t-il ? L'interrogea l'agent Davies.
-Il est allé au second sous-sol, je reçois toujours le signal de sa puce, mais je n'ai plus d'images.
-Il faut envoyer une patrouille ! Intervint-il.
-Non, si l'Eventreur détient votre père, il n'hésitera pas à le tuer s'il voit que nous ne suivons pas ses consignes, lui rappela l'agent Beckett.
-Ce type est un vrai taré ! S'énerva Emmett. Jurez-moi qu'il n'a pas déjà tué notre père !
Un cri de terreur s'échappa des lèvres de sa sœur et Emmett regretta d'avoir été aussi brutal, il allait la rassurer quand leur mère la prit dans ses bras.
-Ton père va bien, la tranquillisa Esmé, je le saurais, je le sentirais s'il lui était arrivé quelque chose.
-Monsieur ! Les interpella Penny. Je viens d'intercepter un appel du PC de sécurité du centre commercial pour le poste de police le plus proche, des coups de feu ont été entendus au deuxième sous-sol, un vigile est mort !
-On reste toujours là à rien faire ? S'agaça Emmett. Mon frère est peut-être blessé ou…
-Ton frère va bien, le coupa Monsieur Scheler.
-Comment pouvez-vous l'affirmer ? Gronda Sam.
-Mademoiselle, pourriez-vous afficher l'image de la caméra de surveillance au carrefour nord du centre commercial ?
-Euh, oui, murmura Penny qu'ils virent pianoter sur son clavier.
-Remontez environ à 1 minute et 15 secondes, là, parfait.
-Et ? S'énerva Jasper.
Emmett sursauta, il avait presque oublié sa présence. Son beau-frère était dans le même état d'agitation que lui, l'une de ses mains tenait fermement celle de Rosalie et l'autre celle d'Alice.
-Là, répondit simplement Monsieur Scheler en désignant une Mercedes noire.
Emmett fronça les sourcils, elle ressemblait effectivement à celle de son père, mais il s'agissait d'un modèle plus récent. Puis, lentement, Penny fit une mise au point sur la voiture désignée. Un hoquet de stupeur franchit le seuil de ses lèvres lorsqu'il reconnut son père derrière le volant, Edward assit à ses côtés.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Alice en le devançant.
-Bien, soupira l'ancien Marshall, il me semble que j'ai fait une erreur en venant ici. Je crois que je vais y aller.
-Vous ne pensez tout de même pas partir ainsi ? Questionna l'agent Beckett époustouflée par son arrogance.
-Je…
-Ça suffit ! Coupa l'agent Davies qui paraissait hors de lui. Sam, arrête-le !
Avec un plaisir évident, l'agent Cartland passa les menottes à l'ancien Marshall qui se laissa faire sans protester. Sam l'emmena ensuite vers une salle d'interrogatoire tout en lui énonçant ses droits.
-Mais … C'est pas possible !
-Que se passe-t-il Penny ? Demanda aussitôt Emmett en la voyant pâlir.
-La puce… Je… Je n'ai plus de signal !
Un silence de plomb s'abattit sur eux. Rosalie vint se blottir dans ses bras et Alice fit de même avec Jasper. Il aperçut sa mère s'approcher de Stefan qui dormait pour caresser tendrement ses cheveux.
-Tout va bien, Monsieur ? Entendit-il l'agent Beckett demander au mentor de son frère.
-Il ne parlera pas, soupira Russell, même sous la torture, Franz ne parlera pas. Madame Cullen, je vous en prie, vous devez nous dire ce que vous savez.
-Maman ? Implora-t-il en la regardant.
-J'aimerais, mais je ne sais rien.
-Tu sembles pourtant connaître ce Scheler, lui rappela Emmett.
-Ton père me l'a présenté il y a 20 ans comme étant l'un de ses amis, avoua Esmé. Votre père… Par où commencer ? J'ai rencontré Carlisle quand j'avais 17 ans, il était tellement beau, tellement sûr de lui, nous sommes tombés amoureux au premier regard. Votre père n'avait que 19 ans, mais il savait déjà ce qu'il voulait. Il était entré en faculté de médecine et était l'un des meilleurs de sa promotion. Il m'a présenté ses parents, nous nous sommes mariés et deux ans plus tard, tu naissais Emmett, puis, deux ans après, Alice arrivait. Nous étions heureux, cependant, j'ai toujours vu une certaine tristesse dans son regard, Carlisle ne me parlait jamais de son passé, je n'ai jamais vu de photo de lui enfant et même vos grands-parents évitaient soigneusement le sujet. La veille de notre mariage, il est venu me trouver, il était terriblement perturbé, angoissé. Il voulait tout annuler, prétextant que je ne connaissais pas l'homme à qui j'allais me lier. Je lui ai dit qu'il se trompait, que j'avais deviné certaines choses. Son passé n'était pas aussi rose que ce qu'il avait laissé sous-entendre, je savais qu'il gardait toujours une arme à portée de main. Il y avait aussi eu ce soir où nous nous promenions, un homme armé d'un cutter avait voulu nous détrousser, mais Carlisle l'avait rapidement désarmé et d'un seul regard il l'avait fait fuir. Je lui ai rappelé ces détails, je lui ai dit que le plus important pour moi était l'homme que je connaissais aujourd'hui, que chacun avait son passé et que j'acceptais le sien. La suite vous la connaissez, j'ai épousé Carlisle, vous êtes nés, la vie nous a fait un troisième magnifique cadeau en nous confiant Edward, puis, Jasper et Rosalie, et enfin, Stefan.
-Tu… Tu n'as pas cherché à en savoir plus ? S'étonna Emmett stupéfait.
-Pourquoi l'aurais-je fait ? Durant toutes ces années, et vous pouvez en témoigner, Carlisle a été un mari attentionné, un père aimant et un grand-père affectueux. Il m'avait offert le bonheur sur un plateau et je savais que si son passé revenait nous hanter, il saurait tout faire pour que cela ne nous atteigne pas.
-Ce qui n'est apparemment pas le cas ! Cingla Caitlin.
Emmett n'aima pas le ton qu'elle employait pour parler à sa mère, mais il ne pouvait pas le lui reprocher alors que lui aussi était sur le point d'exploser.
-Si comme je le pense, nos tueurs veulent s'en prendre à votre mari, il me semble que vous êtes aussi en danger, fit remarquer Russell, ils n'hésiteront pas à vous utiliser comme appât.
-Non, le contredit doucement sa mère, Carlisle s'est assuré que cela n'arriverait pas. S'ils venaient à nous toucher, mes enfants ou moi, ils savent que Carlisle entrerait dans une colère noire et qu'ils perdraient face à lui. La seule personne qui est en danger c'est Carlisle.
-Et Edward ? Questionna l'agent Russell.
-Edward est notre fils, ils ne le toucheront pas. J'imagine que Carlisle l'a emmené pour le protéger de ce malade qui cherche à le tuer.
-Vous ne savez vraiment pas qui sont ces personnes ? Insista l'agent Davies.
-Carlisle n'a jamais voulu me le dire, il disait que moins j'en savais, mieux c'était pour moi. Je suis navrée, agent Russell, je ne sais rien de plus. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'Edward ne risque rien tant qu'il est avec son père.
-Mamie ?
Emmett sursauta en entendant la voix de Stefan. Son neveu venait de se réveiller et se frottait les yeux tout en s'asseyant sur le fauteuil où sa mère l'avait installé.
-Veux papa, murmura Stefan.
-Il travaille, mon cœur, mais que dirais-tu que nous allions te chercher un goûter ? Tu dois avoir faim.
-Il y a un distributeur dans la salle de repos, lui dit-il.
-Merci, Emmett.
Sa mère lui sourit et prit Stefan dans ses bras, Alice et Rosalie l'accompagnèrent.
-Bien, Penny ?
-Oui, Monsieur.
-Je veux que tu me fasses une recherche complète sur Carlisle Cullen, il a le même âge que nos victimes, trouve-moi s'il a été adopté. Je veux aussi que tu fasses des recherches sur Edward.
-Sur Monsieur Cullen ? Répéta l'analyste visiblement aussi peu à l'aise que lui.
-Oui, Penny, souffla Russell, je veux connaître toutes les circonstances de son adoption à l'âge de 10 ans, trouve-moi aussi le rapport sur la mort de ses parents, je veux aussi connaître leur histoire ! Ordonna Russell.
-Monsieur, j'avais déjà lancé une recherche sur le Docteur Cullen il y a quelques minutes et…
-Oui ?
-Il semblerait que l'agent Cullen ait fait une enquête sur son père, j'ai trouvé des traces de ses recherches.
-A-t-il trouvé quelque chose ? Interrogea Emmett d'une voix tremblante.
-Apparemment, non, mais je vais creuser.
-Si Edward a lancé une recherche sur son père c'est qu'il devait avoir trouvé quelque chose, murmura Russell.
-Mais quoi ? Interrogea Sam.
-Repassons tous les indices au peigne fin, il a vu quelque chose qui nous a échappé. »
Emmett souffla nerveusement. Il ne supportait pas l'inaction, il ne supportait pas tous ces secrets qui semblaient envelopper son père et aussi son frère. Qui étaient-ils réellement ? Edward était-il vraiment son cousin ou un simple étranger que son père avait recueilli ? Non, ils se ressemblaient trop pour ne pas être de la même famille. Emmett pinça l'arête de son nez, un sourire amer se dessina sur son visage quand il songea qu'il avait copié cette manie sur Edward. Il s'éloigna quelque peu des agents du FBI, il n'alla pas rejoindre sa famille, il préféra s'isoler pour prendre le temps d'assimiler toutes ces informations. Rapidement, il se dit que même si aucun lien de parenté ne l'unissait à Edward, ce n'était pas grave, il l'aimerait toujours comme un frère. D'ailleurs, il espérait sincèrement qu'il allait bien, que leur père avait pu lui administré l'antidote… Leur père… Carlisle…. Cela ne cessait de l'obnubiler, de le tourmenter, qui était son père ? Qui était l'homme qu'il appelait papa ?
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Bella regarda les agents et certains de leurs collègues, les plus gradés, se lancer dans des recherches auxquelles elle ne voulait pas participer. Non, elle ne voulait pas fouiller la vie des Cullen, la vie de Carlisle. Il était un père à ses yeux et elle ne pouvait l'imaginer autrement. Non ! Il était ce médecin doux, attentionné, le FBI se trompait, cet ancien Marshall mentait ! Elle refusait de croire que cet homme si aimant les ait trompé durant toutes ces années. La jeune femme se leva précipitamment pour se rendre dans la salle de vidéo surveillance. Ils avaient oublié le principal, la véritable menace, mais, elle, non. Elle tapa les différents mots de passe et chercha les vidéos surveillances de la veille, elle allait découvrir comment l'Eventreur avait pu aussi facilement pénétrer dans le Commissariat et ensuite elle se lancerait à la poursuite de ce tueur en espérant que le FBI la suive et qu'ils retrouvent tous la raison ! La jeune femme vit son cœur se serrer quand elle vit sur les images Edward sortir du bâtiment, Stefan blottit dans ses bras qui lui faisait un câlin. Bella inspira profondément pour chasser la boule qui s'était formée dans sa gorge, elle espérait qu'il allait bien. Oui, Edward allait bien, Carlisle prenait soin de lui, se répéta-t-elle. Ne voyant rien de suspect, elle accéléra la lecture des images.
« -Ah, tu es là ! Je me demandais où tu étais passée.
Bella jeta un rapide coup d'œil à Jacob qui venait de la rejoindre avant de regarder à nouveau son écran.
-Tu fais quoi ?
La jeune femme laissa échapper un soupir agacé, à son avis que faisait-elle dans la salle vidéo après qu'un tueur en série se soit introduit dans le Commissariat ?
-Franchement, je t'avais dit qu'il était trop gentil pour être honnête ! Toujours à aider les autres, à donner son argent, à…
-Mais de quoi tu parles ? S'énerva-t-elle.
-Du Docteur Cullen ! S'exclama Jacob. En plus, avec sa réputation, il pouvait exercer n'importe où ! Pas étonnant qu'il soit resté à Forks, c'était la planque idéale pour lui !
-Jacob, je ne vais pas le répéter deux fois : ferme-la ! Carlisle Cullen est un homme bon et si je t'entends le critiquer encore une seule fois, je te jure que je te colle mon poing dans la figure ! Maintenant, fous-moi la paix, j'ai du travail !
-Du calme, tigresse. Je peux peut-être t'aider ?
Bella grogna avant de se reconcentrer sur les images des caméras de surveillance. Du coin de l'œil, elle vit Jacob s'installer à ses côtés, il avait intérêt à se tenir tranquille, sinon, elle ne répondait de rien ! La jeune femme regarda d'un œil dépité l'heure sur la vidéo surveillance, elle vit Emmett entrer, puis, des agents du FBI et enfin, elle et Edward. Elle n'avait rien vu de suspect, comment ce type s'y était-il pris ? Elle n'avait pas vu de livreur, de coursier, rien… Et puis, comment savait-il où placer le colis ?
-Si tu me disais ce que tu cherches, je pourrais t'aider ? Lui répéta Jake.
Elle ignorait pourquoi, mais la simple présence de son ami l'agaçait. Tout à coup, elle se rappela qu'il était parti en patrouille peu avant la fin de son service, il était donc rentré tard au Commissariat, peut-être avait-il remarqué quelque chose ?
-Il ne s'est rien passé de bizarre hier soir ? Lui demanda-t-elle. Tu n'as pas vu un livreur ou autre avant de partir ?
-Non.
-Putain ! Mais comment il est rentré ? Tu es sûr que personne n'a livré de colis ?
-Je t'ai déjà dit que non ! A part…
-A part quoi ? S'impatienta Bella.
-Un flic est venu amener un paquet pour le FBI, admit Jacob.
-Pour le FBI ou pour Edward ?
L'air mal à l'aise de son coéquipier lui donna la réponse qu'elle attendait. Bella le fusilla du regard avant de faire redéfiler les images des caméras. Ses yeux s'agrandirent de stupeur quand elle vit effectivement un policier en uniforme parler à Jacob, un colis à la main, sa colère grandit quand elle vit le Quileute lui indiquer la salle où les agents du FBI travaillaient.
-Tu as laissé entrer le tueur ? S'écria-t-elle. Tu lui as dit où aller pour atteindre sa cible ?
-Non ! Non ! Comment… Comment aurais-je pu savoir…
-Depuis qu'Edward a ouvert ce satané colis, on se demande comment il a pu arriver ici ! Pourquoi n'as-tu rien dit ?
-Bella, attends !
La jeune femme lui lança un dernier regard furieux avant de se diriger d'un pas pressé vers l'agent Davies. Les yeux de ce dernier s'écarquillèrent et elle put y lire une lueur de colère semblable à la sienne quand il apprit qu'un policier avait conduit l'Eventreur à son protégé.
-Où est-il ?
-Dans la salle de visionnage, répondit Bella.
L'agent Davies lui emboîta le pas pendant qu'elle lui expliquait que malheureusement ils n'avaient aucune image de son visage, mais peut-être Jacob pourrait-il faire un portrait-robot ?
-Excusez-moi, les interrompit une femme, je cherche Monsieur Scheler.
La jeune femme observa un peu mieux la nouvelle venue et comprit qui elle était lorsqu'elle vit son tailleur noir strict et son attaché-case en cuir noir.
-Et vous êtes ? Questionna l'agent Davies qui avait dû arriver aux mêmes conclusions qu'elle.
-Maître Delgado, j'aimerais m'entretenir avec mon client.
-Comment… A ma connaissance, Monsieur Scheler n'a passé aucun coup de fil ? Remarqua l'agent Davies.
-Monsieur Scheler est un homme prévoyant, maintenant, pourriez-vous me conduire à mon client ?
L'agent Davies détailla un moment l'avocate qui ne baissa pas les yeux face à son regard froid, le fédéral finit par soupirer.
-Officier Swan, pouvez-vous accompagner Maître Delgado auprès de son client ?
Bella acquiesça et fit signe à l'avocate de la suivre. Elle frappa à la salle d'interrogatoire avant d'entrer, l'agent Cartland lui lança un coup d'œil avant de soupirer lorsqu'il vit par qui elle était accompagnée. Tout en jetant un regard noir à l'avocate, l'agent Cartland se leva et ensemble ils sortirent de la salle sous l'œil railleur de Monsieur Scheler.
-Savez-vous où est l'agent Davies ? Lui demanda Sam.
-Oui, il est dans la salle de surveillance, l'officier Black a vu l'homme qui a apporté le colis, je pense qu'il l'interroge.
-On a enfin une piste.
-Puis-je venir avec vous ?
-Oui, bien sûr, venez.
La jeune femme sourit, elle avait enfin l'impression qu'on lui faisait confiance, elle se sentait utile, et puis, elle voulait absolument coincer ce malade !
-Bella ?
L'officier Swan s'arrêta et se retourna pour voir arriver Esmé avec Stefan.
-Rejoignez-nous, lui souffla Sam en continuant sa route.
-Tout va bien Esmé ? Lui demanda-t-elle en s'approchant.
-Je suis un peu perdue. Stefan voulait une barre chocolatée et il n'y en a plus dans le distributeur, Emmett m'a indiqué où en trouver, mais je crains de ne pas avoir bien compris. Je suis navrée de t'embêter avec ça, mais tu es la première personne que je rencontre.
-Ce n'est pas grave, assura la jeune femme en lui souriant, venez, je vous accompagne.
-Veux papa, murmura Stefan des larmes au bord des yeux.
-Tu vas bientôt le revoir, mon cœur, je te le promets, mais pour le moment il travaille, mentit Esmé d'une voix peu assurée. Tu vas prendre ton goûter, puis, on lui fera un joli dessin, d'accord ?
Stefan acquiesça avant de tendre ses bras vers sa grand-mère qui le prit dans ses bras. Bella leur offrit un petit sourire avant de leur faire signe de la suivre. La jeune femme n'avait fait que quelques pas lorsqu'elle se figea.
-Esmé, vous êtes bien arrivée de par l'escalier du fond ?
-Oui, répondit-elle surprise par sa question.
-Et vous n'avez croisé personne ?
-Non, mais…Bella ? Où vas-tu ?
La jeune femme dépassa Esmé pour courir vers la salle d'interrogatoire, Esmé était passée devant et elle aurait dû voir les deux plantons qui se trouvaient devant ! Elle entendit Madame Cullen l'appeler, mais elle continua sa course avant de se stopper, sa main se posa aussitôt sur son arme rangée à sa ceinture.
-Bella que se passe-t-il ? Oh, mon Dieu !
-Esmé !
Bella se morigéna. Elle aurait dû dire à Esmé de retourner de rejoindre les bureaux plutôt que de la planter sans aucune explication. Un petit gémissement de peur lui fit tourner la tête, Stefan s'agrippait désespérément à sa grand-mère qui faisait son possible pour le protéger avec son corps. Bella fit un pas sur le côté pour se placer devant eux.
-Vous êtes dans un Commissariat, leur rappela Bella, vous ne pourrez pas sortir !
Un sourire froid se dessina sur le visage de Maître Delgado alors qu'elle pointait son arme sur elle. Monsieur Scheler se tenait derrière elle et massait ses poignets endoloris par les menottes.
-Helena, on n'a pas le temps de jouer, lui rappela l'ancien Marshall. »
Les doigts de Bella venaient de se poser sur son arme quand elle sentit une vive brûlure au niveau de son épaule. Elle entendit le cri de frayeur poussé par Esmé quand elle se sentit partir en arrière. Bella chuta lourdement sur le sol au moment où résonnait le bruit étouffé d'une deuxième détonation. Alors que ses yeux se fermaient, elle vit Esmé tomber à ses côtés. La terreur l'envahit, elle aurait aimé lui parler, mais elle n'y parvint pas. La jeune femme sombra dans l'obscurité avec pour dernière image le regard vitreux de celle qu'elle aimait comme une mère.
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Edward ne se sentait pas bien. Tout son corps était en sueur alors que pourtant il avait froid. Il tenta d'ouvrir les yeux, mais il en fut incapable. Réunissant toutes ses forces, il essaya de se rappeler ses derniers souvenirs. Qu'avait-il fait aujourd'hui ? Des images du Commissariat de Seattle lui revinrent en mémoire, puis, le colis, les photos… Une violente nausée l'envahit quand il se rappela qu'il s'était à nouveau retrouvé face à l'Eventreur. Il se pencha sur le côté et vomit. Edward fut étonné de sentir une main le soutenir ainsi qu'une bassine devant sa tête. Ainsi, il n'était pas seul. Mais qui était avec lui ? Seule l'image de l'Eventreur subsistait dans son esprit. Etait-ce lui qui était à ses côtés ? La peur serra ses entrailles. Il eut un geste de recul quand il sentit une main se poser sur son front, il aurait aimé se débattre, mais il était trop faible. Un gémissement de frayeur franchit le seuil de ses lèvres quand il sentit une aiguille s'enfoncer dans la chair de son bras. Qu'allait-il faire de lui ?
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Carlisle referma la porte de la chambre et alla jeter le contenu de la bassine dans la cuvette des toilettes avant de nettoyer le bassin. Edward était en proie à ses démons et, malheureusement, il ne pouvait rien faire pour l'aider, du moins pour le moment... Le poison le tourmenterait encore quelques heures jusqu'à ce que l'antidote et son corps l'aient totalement anéantis. Il repassa par la chambre de son fils, le tranquillisant qu'il lui avait administré faisait effet, il dormait. Il ferma la porte et se dirigea vers le balcon qui surplombait l'océan où Daniel était en train de fumer une cigarette. Il observa l'homme pendant quelques secondes, ses traits étaient marqués, des marques de vieillesse étaient visibles sur son visage ainsi que ses cheveux grisonnants. Daniel avait pris un peu de ventre, mais il semblait avoir gardé d'excellents réflexes et c'était sûrement pour cette raison qu'il était toujours en vie.
« -Comment va-t-il ? Demanda Richardson.
-Il va s'en remettre.
Carlisle s'approcha de la rambarde où il s'accouda, ses yeux se perdirent sur l'océan qui s'écrasait à leurs pieds contre la falaise.
-Vas-tu encore nous aider ? Questionna Daniel avec hésitation.
-Tu mériterais que je te fasse passer par-dessus de ce garde-fou après t'avoir tiré une balle entre les deux yeux, maugréa Carlisle.
-Je suis navré, je ne comptais pas les conduire jusqu'à toi.
-C'est pourtant ce que tu as fait ! Cingla-t-il.
-Hey ! Je te ferai remarquer que ton neveu est tout aussi coupable que moi !
-Oui, mais lui, il est innocent, il ne mérite pas de vivre ça, la peur, la traque, non, je m'y refuse.
-Et que vas-tu faire ? Parce que, crois-moi, ils ne vont pas te lâcher que ce soit toi ou ta famille !
-Ils ne toucheront pas à ma famille, Esmé et les enfants sont en sécurité.
-Tes enfants, mais pas ton neveu.
-Ni mon petit-fils, ajouta-t-il soucieux.
A cet instant, son téléphone vibra dans sa poche. Il le saisit et lut le message. Un intense soulagement l'envahit quand il lut qu'ils avaient réussi et qu'ils étaient en route.
-On va avoir de la visite, annonça Carlisle.
-Dois-je sortir les flingues ?
-Non, Helena est passée chercher Franz, ils vont arriver. »
Carlisle avait fait un détour par leur planque dans Seattle après qu'Edward ait perdu connaissance, l'antidote n'avait pas un effet immédiat. Il avait pris toutes ses recherches et effacer toutes traces de leur passage quand il avait compris que Franz était parti chercher de l'aide au Commissariat. Une fois dans la Mercedes, il avait contacté Helena pour qu'elle sorte cet idiot des pattes des agents fédéraux et de la police. Grâce à ses contacts, il avait appris que sa famille était sous la protection de la police et il en était soulagé, l'Eventreur aurait pu s'en prendre à l'un d'entre eux, ils n'étaient pas protégés contre ce malade. Une violente colère envahit son être quand il pensa au tueur en série qui avait réussi à lui échapper ! Il se fit la promesse qu'à leur prochaine rencontre, il le tuerait. Carlisle sursauta en entendant un bruit de chute. Daniel fronça les sourcils et ils posèrent leurs mains sur leurs armes. Carlisle entra dans la maison avant de faire signe à Richardson que ce n'était rien, il se dirigea vers la chambre où son fils se reposait pour remarquer que ce dernier avait réussi à sortir de son lit !
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En sentant la fatigue qui l'envahissait, Edward comprit que l'Eventreur venait de lui donner un somnifère. Il attendit patiemment que l'homme sorte de la chambre pour essayer de se lever. Cependant, les effets du calmant rendaient sa fuite difficile. Il devait trouver une solution pour rester éveiller. Son regard fiévreux se posa alors sur tout un nécessaire de médical, ses doigts tremblants se refermèrent sur une seringue, seul instrument qui pouvait à la rigueur servir d'arme. Cependant, il avait une autre idée pour cette dernière. Une fois qu'il réussit à l'attraper, il enleva le capuchon protecteur et planta la seringue dans sa main. Edward retint difficilement un hurlement de douleur, mais celle-ci déchira le voile obscur qui l'entourait. Il entendit la porte se rouvrir et il fit semblant de dormir. Une fois que les pas se furent éloignés et sa lucidité retrouvée, il déchira un bout du drap pour entourer sa main d'où le sang perlait sans pour autant enlever l'aiguille, il lui suffirait de la bouger pour réveiller la douleur quand il se sentirait un peu trop engourdi par le médicament. L'agent fédéral inspira profondément avant de s'asseoir, puis, il bascula ses jambes dans le vide. Son souffle était court, jamais il n'aurait imaginé faire autant d'effort juste pour se mettre dans cette position. Lentement, il se fit glisser le long du lit, ses pieds touchèrent le sol qui ne lui semblait absolument pas stable ou alors était-ce parce que la pièce tanguait devant ses yeux ? Sachant le malaise qui menaçait de le gagner, il fit un pas avant de s'écrouler lamentablement sur le sol, il tenta de se rattraper au chevet, mais il entraîna ce dernier dans sa chute.
Edward serra les dents quand il entendit le vacarme qu'il avait fait. Nul doute que son ravisseur l'avait entendu et n'allait pas tarder à venir ! Ses yeux fouillèrent la pièce à la rechercher d'une arme potentielle, mais il ne trouva rien. Il allait essayer de se dissimuler vainement sous le lit quand deux mains passèrent sous ses aisselles pour le relever, il tenta de se débattre, mais son agresseur eut facilement le dessus. En quelques secondes, il se retrouva allongé sur le lit, une main ferme le maintenait plaquer contre le matelas pendant qu'une autre entourait sa main valide d'une sangle avant de faire de même avec ses chevilles. Il chercha une nouvelle fois à se soustraire à l'Eventreur, mais ce dernier l'attacha sans aucune difficulté au lit.
« -Ca suffit, calme-toi !
Croyait-il qu'il allait lui obéir ? Le pensait-il aussi stupide ? Un rire sans joie franchit le seuil de ses lèvres avant de mourir sur ces dernières quand il sentit une main douce caresser sa joue, ce geste lui était étrangement familier.
-Edward, tu es en sécurité, ouvre les yeux, s'il-te-plaît.
Le soulagement qu'il ressenti en reconnaissant la voix de son père était indescriptible. Il ouvrit lentement ses paupières pour croiser le regard bleuté inquiet de Carlisle, celui-ci lui sourit avant de soupirer.
-Regarde-moi ce travail, pourquoi t'es-tu infligé cela ?
Edward suivit son regard. Son père retira doucement le drap déchiré qui lui servait de garrot pour examiner la paume de sa main.
-Tu as déjà eu une grande dose de tranquillisant et je ne peux pas me permettre d'en utiliser plus sinon il risquerait de contrecarrer les effets de l'antidote. Ça va faire mal, le prévint-il.
Edward s'en moquait, son père aurait pu lui charcuter la main qu'il s'en serait fichu. Il était à l'hôpital, il était en sécurité et son père allait bien. Cette dernière information résonna étrangement dans son esprit pendant qu'il observait Carlisle ranger le désordre qu'il avait mis avant d'approcher un kit de suture. Son père était en train d'enfiler des gants alors que son sentiment de malaise grandissait, quelque chose clochait. Une grimace déforma ses traits quand son père retira l'aiguille de sa chair meurtrie. Ses doigts experts nettoyèrent sa plaie avant de faire deux points de suture et de bander sa main.
-Et voilà, c'est fini, annonça Carlisle en lui souriant.
Le jeune homme sourit en retour à son père avant de comprendre qu'il était en train d'attacher sa main maintenant soignée. Edward tira sur ses liens sous le regard toujours protecteur de son père. C'est alors qu'il réalisa que cette chambre n'avait rien à voir avec celle d'un Hôpital ! Son angoisse s'accrut quand il se rappela des évènements qui s'étaient déroulés dans le parking sous-terrain, la présence de Monsieur Richardson, l'Eventreur, les hommes encagoulés, puis, son père qui avait volé à son secours, tirant et conduisant comme un homme surentraîné.
-Tu te souviens.
Ce n'était pas une question, Carlisle savait qu'il se rappelait de tout.
-Détache-moi, ordonna-t-il d'une voix qu'il trouva atrocement faible.
-Non, tu dois rester alité tant que ton corps n'a pas évacué toutes les toxines.
Malgré la douceur de sa voix, malgré l'amour qu'il pouvait lire dans son regard, Edward avait l'impression d'être face à un étranger, une détermination et une certaine froideur se lisaient sur son visage. Où était l'homme au sourire toujours bienveillant ?
-Qui es-tu ? Demanda le jeune homme.
-Enfin, Edward, je suis ton père.
-Non ! Mon père est médecin, il est doux et attentionné, jamais il ne tirerait sur des gens !
-Alors, disons que tu me connais mal.
-Détache-moi !
-Non, tu vas rester tranquillement dans ce lit et te reposer, les explications viendront quand je jugerais que tu seras prêt.
-Alors, là, c'est toi qui me connais mal.
-Oh, non, Edward, je te connais par cœur, répliqua son père en rabattant les couvertures sur ses bras pour dissimuler ses entraves. Entre donc !
Edward regarda la porte de sa chambre s'ouvrir. Son cœur rata un battement quand il vit Stefan entrer en courant et se jeter dans les bras de son grand-père.
-Tu vois, mon grand, papa est malade, il faut le laisser se reposer.
-Non, balbutia Edward dont le cœur se déchirait.
-Tu fais un bisou à papa ? Demanda doucement Carlisle en l'ignorant.
-Voui !
Son père pencha Stefan qui déposa un baiser sonore sur son front avant de retourner dans les bras de Carlisle.
-Papa va se reposer pendant que nous deux on va jouer, d'accord ?
Stefan acquiesça, puis, il lui fit un petit signe de la main tout en lui envoyant des baisers.
-Carlisle ! Supplia-t-il.
Le blond l'ignora et continua à cajoler Stefan tout en actionnant la descente des volets, plongeant la chambre dans l'obscurité.
-Papa, appela Edward qui utilisait sa dernière carte.
-Tout va bien se passer, Edward, lui assura Carlisle en se tournant enfin vers lui, mais tu as besoin de repos et tu resteras attaché à ce lit tant que je ne te jugerai pas apte à affronter la suite. Oh et j'apprécierais que tu ne te fasses pas plus de mal que l'on ne t'en a déjà fait, donc, plus de tentative de fuite stupide et puis n'oublie pas que Stefan est là. »
Sur ses paroles sibyllines, Carlisle quitta la chambre et referma la porte derrière lui. Edward sentait toutes ses forces l'abandonner. Seul, dans le noir, il s'autorisa à laisser échapper quelques larmes. Son esprit embrouillé ne savait pas si les derniers propos de celui qu'il avait accepté comme un père étaient une menace ou non. Allait-il faire du mal à Stefan s'il tentait de s'échapper ? Il avait du mal à le croire, cependant, tout ce qui se passait prouvait à quel point il connaissait mal cet homme. Alors qu'il perdait connaissance, il espéra de toutes ses forces que Carlisle avait dit cela pour s'assurer que Stefan ne le voit pas plus mal en point qu'il ne l'était déjà. Edward ne bougerait pas et Carlisle le savait, il venait d'abattre sa meilleure carte en emmenant Stefan avec lui.
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Voili, voilou, j'espère que ce chapitre vous a plu.
Juste un petit mot pour vous prévenir que je vais partir quelques jours le week-end prochain, je ne rentrerai que lundi soir, donc la suite sera en ligne lundi ou mardi soir en fonction du temps que j'aurais eu pour écrire.
Bonne semaine et bon week-end à toutes et à tous !
