Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
Un immense MERCI pour toutes vos reviews et vos alertes ! Je suis vraiment désolée pour ce retard, mais je n'ai pas eu le temps d'écrire pendant mes petites vacances, d'où mon retard. Encore merci pour vos reviews !
Bonne lecture !
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Réponses aux reviews anonymes :
Ilonka : Non, il n'y a que Stefan qui débarque, sinon, ça ferait un peu trop de monde, lol. En tout cas, merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne fin de week-end. Bises.
Ptitemoya : Je t'en prie ! Tu vas avoir des nouvelles de Bella et d'Esmé, rassure-toi, je ne pense pas que Carlisle veule qu'on leur fasse du mal. Merci beaucoup pour ta review et tes compliments ! Merci ! J'espère que la suite te plaira. Bonne fin de week-end. Bises.
Popo : Quelques réponses concernant Carlisle dans ce chapitre, mais encore plus dans le prochain et il n'a pas fini d'être autoritaire, lol. Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne fin de week-end.
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Bonne lecture !
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Chapitre 9 : Confusion
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Edward s'éveilla en sursaut. Il inspira profondément tout en essayant de reprendre le contrôle du rythme effréné de son cœur. D'une main tremblante, il essuya son front couvert de sueur avant de se laisser retomber sur les oreillers. Il ne se souvenait pas vraiment de son cauchemar, mais il se rappelait parfaitement avoir eu peur de son père, de Carlisle. Le jeune homme rangea ses craintes dans un coin de son cerveau, il devait garder l'esprit clair pour se sortir de là et surtout mettre son fils à l'abri. Il réalisa soudain que ses jambes et ses mains n'étaient plus entravés, il voulut se lever, mais quelque chose le retint au lit. Edward observa alors les alentours et remarqua une forme allongée à ses côtés, un soupir de soulagement lui échappa quand il reconnut la petite main familière qui serrait son tee-shirt. Son fils sembla s'éveiller à cet instant car il se hissa le long de son corps pour venir nicher sa tête dans le creux de son cou pour un câlin. Edward le serra contre lui et déposa des baisers dans ses cheveux.
« -Ai faim, murmura Stefan à son oreille.
Edward caressa ses cheveux avant de se lever. Il fut satisfait de ne ressentir aucune gêne et, hormis la douleur à sa main, il se sentait parfaitement bien. Stefan accroché à son cou, il tourna la poignée et ouvrit la porte. Apparemment, il n'était pas cantonné à cette chambre. Ses pieds nus se posèrent sur le parquet du couloir et il s'avança d'un pas hésitant.
-Pipi ! S'écria soudain Stefan.
Edward jeta un coup d'œil paniqué aux nombreuses portes qui l'entouraient, Stefan se tortillait dans ses bras et ce n'était pas bon signe !
-Sur ta droite.
Le jeune homme sursauta en entendant la voix de son père, celui-ci lui sourit tendrement avant de lui désigner la porte sur sa droite. Edward ouvrit celle-ci et se hâta d'accompagner Stefan aux toilettes. Une fois que son fils eut terminé, il le souleva pour qu'il se lave les mains au lavabo avant de ressortir avec le petit garçon dans ses bras. A peine était-il sorti de la salle de bain qu'il vit son père appuyé contre le mur en train de l'attendre.
-Papi ! S'écria Stefan.
Son fils s'agita pour tenter d'aller dans les bras de son père, mais il le retint contre lui.
-Tu sais, il ne risque rien avec moi, lui fit doucement remarquer Carlisle.
-Laisse-moi en douter, souffla-t-il.
Son père afficha un air peiné avant de soupirer, puis, il lui fit signe de le suivre. Ils entrèrent dans une luxueuse cuisine qui avait une vue imprenable sur l'océan, il se demanda un instant où ils étaient ? Stefan quitta ses bras pour se laisser glisser sur un tabouret entourant le bar de la cuisine. Carlisle sourit à son petit-fils tout en lui tendant un bol remplit de céréales au chocolat avec du lait.
-Tu veux un café ?
-Arrête de faire comme si tout était normal ! S'énerva Edward.
-Pourquoi tu cries papa ? S'étonna Stefan.
-Pardon, mon cœur, je ne voulais pas t'effrayer. Allez, mange !
-Ch'est pas bien de crier chur chon papa, le gronda son fils tout en mâchant ses céréales.
-Et on ne parle pas la bouche pleine ! Lui rappela-t-il.
Son fils haussa les épaules avant de prendre une nouvelle bouchée de céréales. Carlisle déposa une tasse de café devant lui tout en lui faisant signe de s'asseoir sur un tabouret ce qu'il finit par faire. Son père poussa une corbeille de viennoiseries vers lui et il prit un croissant qu'il mangea du bout des lèvres. Ils déjeunèrent en silence, il pouvait sentir le regard de Carlisle peser sur eux. Quand Stefan eut terminé, il avala sa dernière gorgée de café et aida son fils à descendre de sur le tabouret.
-Je peux regarder un dessin animé, papa ? Lui demanda-t-il.
Edward ne sut que répondre. Carlisle vint à leurs côtés, il prit la main de Stefan pour le conduire jusqu'au salon où il les suivit. Son fils grimpa sur le canapé pendant qu'il disait à Carlisle ce qu'il souhaitait regarder. Le jeune homme fut étonné de voir tout une collection DVD pour enfants, Carlisle mit l'un des disques dans le lecteur et lança la vidéo. Il regarda son père repartir vers la cuisine pendant que son fils s'allongeait sur le canapé, son pouce dans la bouche et son autre main tâtonnant pour trouver autre chose. Edward comprit qu'il cherchait son doudou et il se demanda où il était quand Carlisle revint avec deux tasses de café et l'ours de son fils. Son père donna le doudou à Stefan et déposa un baiser sur son front avant de lui faire signe de le suivre jusqu'à deux fauteuils tournés vers l'océan. Edward apprécia le fait qu'il lui laisse celui qui lui permettait de ne pas quitter Stefan des yeux.
-Alors ? Murmura-t-il. Tu vas tout me raconter ou il faut que je te tire les vers du nez ?
-Tu n'es pas encore prêt à tout entendre, avoua Carlisle à voix basse, je veux juste que tu saches que je fais tout ça pour ton bien et celui de Stefan.
-Tu connaissais les victimes sur lesquelles j'enquête ?
-Plus ou moins, répondit laconiquement son père.
-Ce n'est donc pas un hasard si j'ai trouvé l'emblème des Cullen chez Mademoiselle Andrews à Minneapolis ?
-J'imagine qu'elle l'avait gardé comme un indice pour tenter de me retrouver.
-Tu étais sur la photo ou il y a encore d'autres personnes qui risquent d'être menacés ?
-Malheureusement, il n'y a que Daniel et Helena qui ont survécu, j'étais préoccupé par autre chose pour me rendre compte de ce qui passait. Et oui, j'étais bien sur la photo ainsi que Franz.
-Qu'est-ce qui pouvait te détourner d'eux ?
-Toi. Je voulais et je veux toujours la tête de l'Eventreur.
Edward resta un instant interdit quand il vit la froideur du regard de son père, il n'eut aucun doute sur le fait que si le tueur se tenait face à eux, Carlisle lui aurait tiré une balle dans la tête sans aucune hésitation.
-Qui es-tu ?
-Plus tard, Edward. J'aimerais que tu ailles prendre une douche et que tu enfiles la tenue qui se trouve sur ton lit.
-Je ne veux pas laisser Stefan.
-Hey, bonjour p'tit gars !
Edward se redressa lorsqu'il vit arriver deux hommes et une femme. La femme, d'origine espagnole, qui venait de parler se précipita vers son fils. En un bond, il était levé et Stefan était dans ses bras.
-Il ne risque rien avec Helena, lui dit son père en posant une main sur son épaule.
-Ne me touche pas ! Grogna-t-il en se dégageant d'un geste brusque.
-Qu'est-ce que je disais : les chiens font pas des chats ! Railla un homme.
-Edward, laisse-moi te présenter Franz Scheler, ancien Marshal et…
-Sous-fifre de ton père !
Le jeune homme remarqua le regard de défi qu'échangèrent les deux hommes avant qu'un fin sourire n'éclaire leurs visages. Une franche amitié semblait lier son père à cet ancien Marshal. Marshal… C'est alors qu'il comprit.
-C'est vous qui les avez fait disparaître, n'est-ce pas ?
-Exact, acquiesça Franz, mais je n'y serais pas parvenu sans la fortune et, je dois bien l'admettre, le génie de ton père.
-Qui êtes-vous ? Questionna Edward.
-Tu connais déjà la réponse…
-Helena ! Coupa Carlisle d'une voix sèche en la fusillant du regard.
-Chaque chose en son temps, appuya Franz.
-Que voulez-vous dire ? Interrogea Edward qui perdait de plus en plus patience.
Alors qu'il faisait son possible pour se calmer, Stefan voulut quitter l'étau de ses bras. Pour ne pas inquiéter son fils, il le laissa descendre et c'est avec surprise qu'il le vit se diriger vers Helena dont il prit la main pour l'entraîner vers le canapé.
-On peut zouer ? Demanda son fils à l'hispanique.
-Bien sûr, mon grand, tu veux jouer à quoi ?
Son fils leva les yeux vers le plafond en faisant mine de réfléchir, soudain, il le vit éclater de rire quand Helena passa la main près de son oreille pour dévoiler dans le creux de sa main un paquet de cartes.
-Oh ! S'exclama la femme. Il semblerait que tu veuilles jouer aux 7 familles ?
-Voui !
Son fils glissa du canapé pour s'installer autour de la table basse où Helena le rejoignit tout en sortant les cartes de leur étui. La main de son père se posa à nouveau sur son épaule et il l'obligea doucement à quitter le salon pour le raccompagner à la chambre qu'il avait occupé.
-Je te promets sur ce que j'ai de plus cher que Stefan ne risque rien, il compte tout autant pour moi que chacun d'entre vous.
-Comment est-il arrivé ici ? Et qu'as-tu raconté à maman ? A moins qu'elle ne sache ?
-Ta mère sait que vous êtes en sécurité et, non, elle ne sait pas tout, c'est mieux pour elle. Mes démons n'appartiennent qu'à moi.
-Et à moi aussi, semble-t-il, murmura Edward.
-Prépare-toi, je t'attends.
Il soupira, mais obéit tout de même, que pouvait-il faire d'autre ? Il aurait bien tenté de s'enfuir, mais cela ne serait pas simple et puis, il y avait Stefan, il ne souhaitait pas le mettre en danger. Une fois sa douche prise, il enfila les sous-vêtements, le jean noir et le tee-shirt de la même couleur qui étaient posés sur son lit. Il ressortit de la chambre et trouva son père à l'endroit où il l'avait laissé. Ce dernier lui fit signe de le suivre et ils passèrent devant une porte entrouverte où il vit de nombreux ordinateurs, Daniel Richardson semblait en train de surveiller plusieurs écrans. La porte se referma quand Franz sortit de la pièce pour les suivre. Ils gagnèrent le rez-de-chaussée, puis, ce qui semblait être une cave, mais elle ne ressemblait à aucune cave de sa connaissance. Son père s'avança au milieu de plusieurs cibles en carton pendant que Franz se dirigeait vers une pièce où il les observa à travers une grande baie vitrée, il le vit pianoter sur un ordinateur avant de s'installer dans un fauteuil.
-Que faisons-nous ici ? Questionna-t-il.
-Les gens ou plutôt les monstres qui s'en sont pris à tes victimes sont surentraînés c'est pour cela que vous ne trouvez rien, aucune trace, aucune empreinte, aucun témoin.
-Mais toi tu sais qui ils sont ?
-Je veux que tu sois préparé à les affronter et pour cela il faut que tu prennes confiance en tes acquis.
-Mes acquis ? Interrogea Edward en regardant son père charger deux pistolets.
-Hier, dans le sous-sol, tu as tiré et touché l'un des leurs, tu t'en souviens ?
-Oui, pourquoi ?
-Te rappelles-tu de ce qui s'est passé ?
-J'ai tiré, je ne vois pas…
-Tu as tiré sans réfléchir.
-Je…
-As-tu vérifié ton angle de tir ? As-tu regardé s'il y avait des civils ? As-tu fait les sommations d'usage ?
-Le garage était désert et…
-Et d'instinct tu as ressenti la menace, compléta Carlisle, l'intuition est quelque chose de très important et tu le sais. Cependant, le FBI est une institution gouvernementale qui ne peut autoriser à ses agents de se fier à celle-ci, on vous apprend à tirer avec raison et cela causera ta perte quand tu te retrouveras face à eux.
-Donc, je tire sur tout ce qui bouge ?
-Je n'ai pas dit ça ! Ce que j'essaie de te faire comprendre c'est que tes actions doivent être guidées par ton instinct comme dans ce sous-sol, ainsi, tu seras rapide et tu survivras.
-Je…
-Concentre-toi, lui ordonna Carlisle en lui collant les revolvers dans les mains. Les cibles vont se lever à tour de rôle, tu connais le but du jeu ?
Edward regarda les cibles en carton et s'interrogea un instant sur les silhouettes qui n'étaient pas noires, il n'y avait pas non plus les cercles menant vers le cercle noir comblé qu'il fallait atteindre, non, c'était des cibles représentant des êtres humains en couleur.
-Une balle en pleine tête et c'est carton plein ! Expliqua Franz.
-Je ne peux p…
-Tu veux protéger, Stefan ? Le coupa Carlisle.
-Oui.
-Alors, vise la tête !
Sur ces mots, son père partit rejoindre Franz dans la cabine dont il ferma la porte. Il comprit sans avoir à poser la question que cette pièce était blindée. Les silhouettes disparurent. La voix de son père le ramena à l'ordre et il arma son revolver.
-Les deux !
Edward soupira, mais obéit tout de même. Il mit le casque de protection sur ses oreilles et une arme dans chaque main, il tira sur les cibles. Lorsque ses chargeurs furent vides, son père sortit de la pièce pour le rejoindre, son visage crispé lui apprit que d'une manière ou d'une autre il avait échoué. Il regarda les cibles, il avait manqué 5 cibles, 15 de ses balles s'étaient parfaitement logées.
-Quoi ? Gronda-t-il.
-Je t'ai demandé de viser les têtes, une balle entre les deux yeux, précisa Carlisle en posant son index pile à cet endroit sur son visage. Ils n'auront aucune pitié pour toi, il est donc hors de question que tu te contentes de les désarmer.
Le jeune homme regarda les trous qui ornaient les mains où les épaules des cibles qui représentaient ses assaillants.
-Recommence !
L'ordre ayant claqué, les silhouettes disparurent pendant qu'il rechargeait ses Glocks. Il venait à peine de terminer qu'une cible apparut. Son doigt pressa la gâchette et sa balle alla se loger entre les deux yeux de la femme en papier glacé qui lui faisait face. Un déclic dans son dos lui apprit qu'une autre cible venait d'apparaître, il se tourna et se retrouva face à la photo d'un jeune adolescent. Aussitôt, il réenclencha la sécurité de ses armes.
-Tu es mort ! Claqua la voix froide de son père.
-Ça suffit ! Stop ! Je ne joue plus le jeu ! Je veux des réponses et je les veux de suite ! Hurla Edward hors de lui.
-Réussis et tu en auras !
-Je n'ai plus 5 ans ! Sois tu parles, sois je me casse !
-Tu n'iras nulle part ! Le prévint son père.
-Quoi ? Je suis ton prisonnier ?
-Non, mais c'est trop dangereux pour toi dehors ! Assura Carlisle.
-En quoi est-ce dangereux ? Explique-moi !
Alors qu'il s'apprêtait à s'énerver un peu plus, son père le prit au dépourvu en le prenant dans ses bras.
-Je t'en prie, fais-moi confiance, murmura Carlisle à son oreille.
Quand ils se séparèrent, il fut touché par le regard humide et les traits tirés de son père. Carlisle avait laissé tomber son masque et il pouvait voir à quel point il était terrorisé. Edward acquiesça et reprit en main ses armes.
-Je t'aime, ne l'oublie jamais, chuchota son père, mais nous devons protéger notre famille. »
Son père repartit dans la pièce protégée et il remit les protections en place sur ses oreilles. Edward inspira profondément avant de se concentrer. Il fit son possible pour obéir à son père et atteindre le but qu'il lui avait fixé, cependant, sa main devint tremblante quand il vit un trou se former dans la tête de la silhouette. Quand l'exercice fut terminé, Carlisle le rejoignit en lui proposant autre chose, il le fixa avec un œil incertain. Pourtant, son père n'écouta pas ses protestations et noua autour de sa tête un bandeau qui le rendit aveugle. Carlisle lui demanda de se fier à ses intuitions et de compter sur ses autres sens. Edward tira. Lorsque son père revint lui ôter le bandeau, il ne put que remarquer son sourire triomphal. Avec stupeur, le jeune homme remarqua qu'il avait pratiquement fait mouche à chaque tir, trois cibles lui avaient échappé, les autres étaient ornées d'un beau trou dans leur front. Son père récupéra les armes avant de l'entraîner vers une autre pièce tout en lui faisant remarquer qu'il pouvait être invincible s'il se fiait à son instinct.
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Bella ouvrit difficilement les yeux, elle avait terriblement mal à la tête. Ses paupières papillonnèrent le temps que ses pupilles s'habituent à la lumière du jour. La jeune femme voulut se redresser, mais une main douce l'obligea à se rallonger. Peu à peu, son regard devint plus clair et elle ne tarda pas à reconnaître les yeux inquiets de sa meilleure amie.
« -Comment te sens-tu ? Lui demanda Alice.
-Elle est réveillée ?
La seconde suivante, elle vit les visages de Rosalie et Jasper penchés au-dessus d'elle.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Questionna Bella d'une voix étrangement rauque et faible.
-Bois un peu d'eau ça te fera du bien, assura Jasper en l'aidant à se redresser et en approchant un gobelet de ses lèvres. Rose, peux-tu aller prévenir le médecin que Bella est réveillée ?
Tout en avalant quelques gorgées d'eau qui firent du bien à sa gorge douloureuse, elle vit Rosalie sortir de la chambre. Son amie ne tarda pas à revenir avec un médecin qui l'ausculta avant d'annoncer au bout de quelques minutes qu'elle allait bien, un soupir de soulagement franchit le seuil de leurs lèvres. Alice s'éloigna de son lit pendant que Rosalie s'asseyait sur le rebord pour lui prendre la main.
-Que s'est-il passé ? Redemanda-t-elle.
-Tu ne t'en souviens pas ? S'inquiéta Rosalie.
Bella ne répondit pas. Elle tourna légèrement la tête vers sa gauche pour voir où était Alice, elle vit alors son amie assise sur le rebord d'un autre lit. Son cœur fit un bond dans sa poitrine quand elle reconnut Esmé dont Alice caressait le visage. Tout à coup, les souvenirs assaillirent sa poitrine. Malgré les cris de protestation de Rose, elle se redressa et voulut quitter le lit pour s'approcher d'Esmé, mais Jasper vint à la rescousse de Rosalie.
-Comment va-t-elle ? Interrogea Bella d'un ton tremblant.
-Elle est toujours endormie, mais elle n'est pas en danger, la rassura Alice.
-Je ne comprends pas, comment…
-D'après ce qu'Emmett nous a dit, l'avocate de Scheler était sa complice, ils ont assommé les gardes se trouvant devant la porte avant de tomber sur Esmé et toi, expliqua Jasper.
Bella hocha la tête. Maintenant, elle se souvenait parfaitement de l'arme pointée sur elle, elle se rappelait de la douleur, puis, elle avait vu Esmé tomber à ses côtés. Son cœur s'emballa à nouveau dans sa poitrine quand elle réalisa qu'elles n'étaient pas seules, ses yeux affolés parcoururent rapidement la chambre avant que son angoisse n'augmente.
-Où est Stefan ?
-Ils… Ils l'ont emmené, murmura Alice en retenant ses sanglots. Emmett… Emmett le cherche.
-Et il va le retrouver ! Déclara Rosalie.
-Je pense, comme l'agent Russell, que Stefan n'est pas en danger, les rassura Jasper, il est avec Edward et Carlisle.
-Mais pourquoi… Pourquoi l'avoir enlevé ? Questionna Alice.
-Edward est une vraie tête de mule et Stefan pourrait être un excellent moyen de pression pour qu'il reste tranquille, se risqua à proposer Jazz.
-Je n'arrive toujours pas à croire ce qu'il se passe, murmura Rose qui essuya une larme qui lui avait échappé.
-Tout va s'arranger, essaya de les réconforter Jasper qui était pourtant tout aussi inquiet qu'elles.
Bella inspira profondément, elle serra brièvement Rosalie dans ses bras avant de quitter son lit.
-Où vas-tu ? Questionna aussitôt la blonde.
-Je retourne au Commissariat, il faut que je les aide !
-Ce n'est pas une bonne idée, Bella ! Intervint Alice. Tu viens à peine de te réveiller !
-Et je suis en pleine forme ! Le médecin a dit que tout allait bien !
-Bella…
La jeune femme n'attendit pas la fin de la phrase de Rose qu'elle s'était déjà enfermée dans la salle de bain. Elle fut soulagée de voir que ses vêtements étaient rangés là. Elle se changea rapidement avant de rejoindre la chambre. Elle s'approcha du lit d'Esmé et déposa un baiser sur son front tout en lui demandant silencieusement pardon pour ne pas avoir su les protéger, Stefan et elle. Puis, elle fit un petit sourire à ses amis avant de quitter la chambre, cependant, elle ne fut pas la seule à sortir.
-Je t'accompagne.
-Je suis assez grande pour me débrouiller seule, Jasper. Tu devrais rester avec Alice.
-Rose est avec elle et Esmé n'est pas en danger. Par ailleurs, j'allais devenir fou à force de tourner en rond, peut-être qu'au moins au Commissariat, je pourrais avoir des nouvelles.
-J'espère qu'ils ont des pistes.
Jasper serra brièvement sa main pour lui insuffler un peu de courage. Ils traversèrent rapidement le parc pour rejoindre l'édifice qui abritait les forces de l'ordre de la ville de Seattle. Ils entrèrent et elle sentit aussitôt plusieurs regards peser sur elle. En l'espace de quelques secondes, Emmett bloquait sa vue et elle se sentit soulevée dans les airs par les bras musclés du grand ours.
-Repose-la Emmett avant qu'elle ne tourne de l'œil parce qu'elle ne peut plus respirer ! Gronda Jasper.
-Comment te sens-tu ? S'enquit le grand brun.
-Je vais bien, Emmett, vous avez des nouvelles ?
-Malheureusement, non, mais je pense que vous pourriez répondre à quelques-unes de nos questions ? Intervint l'agent Russell.
Bella acquiesça et suivit le fédéral dans la salle où les agents travaillaient, ces derniers l'interrogèrent sur son état de santé avant de la questionner sur le déroulement des évènements. Cependant, elle ne put leur apprendre rien de plus.
-Je ne comprends pas ce qui s'est passé, murmura Bella.
-Nous avons fait des recherches sur Maître Delgado, lui confia l'agent Beckett, vous ne devinerez jamais à quel barreau elle est inscrite ?
Bella fronça les sourcils, comment pouvait-elle deviner ? Soudain, la lumière se fit dans son esprit.
-Et oui, elle est inscrite au barreau de Dallas, confirma l'agent Cartland.
-C'est donc elle que Richardson voulait aller voir avant de se rendre à Seattle ? Comprit Bella.
-Oui, dit Caitlin. Cependant, nous avons pu établir qu'elle était déjà ici pour plaider une affaire, il est donc peu probable que Richardson l'ait contacté.
-Et comme Monsieur Scheler n'a pas pu passer de coup de fil, c'est une tierce personne qui a demandé à Maître Delgado de venir et de délivrer Franz tout en enlevant Stefan, précisa l'agent Russell.
-Carlisle, murmura Bella.
-C'est ce que nous pensons, murmura Emmett, et je prie pour que ce soit ça. Jasper, maman s'est-elle réveillée ?
-Non, mais le médecin a dit qu'elle allait bien.
-Avez-vous d'autres pistes ? Interrogea Bella.
-Notre service scientifique a passé le garage au peigne fin, on a pu récolter des traces de sang, mais il est encore trop tôt pour avoir des résultats ADN, répondit Caitlin.
-Vous n'avez rien d'autre ? Chuchota-t-elle désespérée.
La jeune femme discerna le regard gêné qu'échangèrent les agents fédéraux entre eux.
-Vous nous cachez quelque chose ? Questionna Emmett qui avait remarqué leur manège.
-Monsieur Whitlock, je pense que vous devriez retourner à l'hôpital, lança l'agent Russell, Sam va vous accompagner.
L'agent Cartland se leva pour rejoindre Jasper qui le suivit à regret. Cependant, à peine avait-il ouvert la porte que trois furies entrèrent. Alice et Rosalie soutenaient Esmé qui paraissait pâle mais dont la détermination était plus que visible.
-Où est-il ? Où est Stefan ?
-Maman, calme-toi, je t'en prie, la supplia Alice.
-Je suis content de te voir réveillée, maman, mais tu serais mieux dans un lit plutôt…
-Ne me dis pas ce que je dois faire, Emmett ! S'énerva Esmé qui retenait difficilement ses larmes. Où est mon petit-fils ?
-On va le retrouver, assura l'agent Davies en l'entraînant vers une chaise pour la faire asseoir, mais ne vous faites pas de souci, je suis sûr que Stefan est avec Edward et Carlisle.
-Je l'espère…
-Maintenant, vous devriez retourner vous reposer, poursuivit le fédéral.
-Non, non, je ne bougerai pas tant que je n'aurais pas retrouvé les miens ! Décréta-t-elle.
Ils échangèrent tous un coup d'œil en comprenant qu'ils ne la feraient pas changer d'avis. Bella se leva pour aller chercher un verre d'eau à Esmé et pour prendre un plaid qu'elle gardait à son bureau. Elle était en train d'attraper ce dernier lorsqu'elle vit Jacob en train de ranger ses affaires dans un carton.
-Jake ?
Son ami ne leva pas la tête et continua à vider son bureau. Bella s'approcha et posa une main sur son bras pour stopper son geste tout en attirant son attention.
-Lâche-moi ! Gronda-t-il en se dégageant d'un geste brusque.
-Je peux savoir ce qui te prend ? S'énerva Bella à son tour.
-Tu dois être contente ! Je suis suspendu !
-Tu te trompes, Jacob, cela ne me fait pas plaisir.
-Alors, pourquoi tu es allé leur dire…
-Leur dire ? Mais tu te moques de moi ? Tu ne crois tout de même pas qu'ils ne se seraient jamais rendu compte que tu avais laissé entrer un tueur dans le Commissariat ?
-Comment aurais-je pu deviner que…
-Tu ne le pouvais pas, je te l'accorde, mais tu aurais au moins pu en parler lorsque Edward s'est retrouvé empoisonné ! Je suis sûre que tu n'aurais pas été suspendu si tu avais eu le courage de parler !
-Bella…
-Non ! Tu me saoules ! On se reverra quand tu auras mis un peu de plomb dans la tête !
Bella récupéra ses affaires et revint dans la salle. Elle tendit le verre d'eau à Esmé qui la remercia et elle posa le plaid sur ses épaules.
-Alors, qu'avez-vous trouvé ? Reprit Emmett. Que nous cachez-vous ?
-Je ne pense pas que ce soit le bon moment, confia Caitlin.
-Je pense que si au contraire, lâcha Esmé d'une voix ferme.
L'agent Russell les observa à tour de rôle avant de soupirer. Il prit une gorgée de son café avant d'attraper un dossier.
-Comme vous le savez, nous avons demandé à Penny de faire une recherche sur Monsieur Cullen et sur Edward. Elle n'a trouvé qu'une seule chose pour le moment sur le Docteur, cependant, il n'en est pas de même pour Edward.
-C'est-à-dire ? Demanda Bella qui sentait son anxiété augmenter.
-Les parents d'Edward ne sont pas morts dans un accident de voiture, nous ne sommes même pas sûrs qu'ils soient morts, avoua Russell.
-Quoi ? S'écria Esmé.
-Il n'y a aucune trace de l'accident concernant les parents d'Edward et c'est un homme ressemblant physiquement à Monsieur Cullen qui a amené l'enfant blessé aux Urgences de l'Hôpital de Chicago, poursuivit l'agent Davies. Penny est en train de faire une recherche sur les enfants disparus ou la mort d'une famille qui aurait eu un enfant de l'âge d'Edward, c'est alors qu'elle est tombée sur autre chose…
-Quoi donc ? Questionna Emmett tendu.
-Un certificat de naissance, répondit l'agent du FBI avec angoisse, c'est la seule trace qu'elle a pu trouver sur le passé de votre époux, Madame Cullen, je suis désolé.
-Je ne comprends pas, admit Esmé perdue.
-Voici le certificat de naissance d'Edward Cullen. Voici le nom de sa mère, Elisabeth Masen.
-Nous le savons déjà, l'interrompit Alice avec impatience, où voulez-vous en venir ?
-A ceci, voici le nom du père : Carlisle Cullen.
La nouvelle fit l'effet d'une bombe. Bella sentit son souffle se couper dans sa poitrine. Lentement, elle tourna la tête vers Esmé qui était étrangement pâle. Jasper et Emmett furent en un clin d'œil auprès d'elle et ils l'aidèrent à s'allonger sur le canapé. Alice s'était lourdement laissée tomber sur une chaise et les mains de Rosalie s'accrochaient désespérément à la table. Bella passa une main sur son visage, malgré tout ce qui se passait, elle avait gardé une confiance inébranlable en Carlisle, mais là, elle était perdue. Pourquoi avoir caché qu'Edward était son fils biologique ? Elle était certaine qu'Esmé aurait accueilli et aimé le jeune homme de la même manière. Alors, pourquoi n'avait-il rien dit ? Elle leva la tête vers les Cullen qui semblaient eux aussi se remettre difficilement de la nouvelle.
-Nous avons bien sûr demandé à notre laboratoire de faire une comparaison ADN, les premiers résultats semblent bien prouver la paternité, souffla Russell. Je suis vraiment désolé.
-Ce… Ce n'est pas votre faute, agent Davies, voulut le réconforta Esmé. Je ne comprends pas… Pourquoi ne m'a-t-il pas dit…
-Esmé, murmura Bella peinée, je suis sûre que Carlisle ne voulait pas…
-Ne prends pas sa défense ! S'énerva Emmett d'une voix glaciale. Je…
-Monsieur !
Tous sursautèrent en entendant la voix de Penny et en apercevant ses traits excités.
-Que se passe-t-il Penny ? Lui demanda Sam.
-J'avais lancé un traceur sur les hôpitaux, les cliniques et les dispensaires de Seattle et ses alentours.
-Et ? S'impatienta Caitlin.
-Du calme, ma belle, un groupe de trois personnes est en ce moment au Queen Margaret Hospital, l'un d'entre eux est blessé par balle, une balle de 11 mm qui pourrait provenir d'un Beretta…
-L'une des armes utilisée dans le sous-sol était un Beretta, murmura l'agent Davies avant de bondir, l'adresse !
-Déjà programmée dans le GPS, annonça Penny.
-Bien, contacte l'hôpital pour qu'ils essaient de les retenir ! Vous autres en voiture !
-Je viens ! S'écrièrent en même temps Emmett et elle.
-Ok, mais vous obéissez au doigt et à l'œil, compris ?
L'agent Davies les regarda avec sérieux et ils acquiescèrent aussitôt de la tête tout en sachant qu'ils n'avaient pas intérêt à désobéir. Emmett et elle se dépêchèrent de suivre les agents fédéraux et ils montèrent à l'arrière du Chevrolet Tahoe avec Caitlin. Ils se mirent rapidement en route, d'autres voitures se dépêchant de les suivre. Pendant que Sam conduisait, Russell appelait le SWAT pour qu'ils viennent les épauler.
-Ton arme est chargée ? Lui demanda Emmett.
-Oui et concentre-toi sur eux et non sur moi, ok ?
-N'oublie pas de mettre ton gilet pare-balle et de suivre les ordres ! Ordonna son supérieur.
Bella se retint de soupirer et de lever les yeux au ciel. Cependant, elle devait admettre qu'elle était stressée et un peu angoissée, ils n'allaient pas se retrouver face à de petits truands, mais face à des gens entraînés et déterminés. Caitlin dut percevoir son trouble car elle posa une main apaisante sur la sienne.
-Tout va bien se passer, lui assura-t-elle, restez avec moi, d'accord ? »
La jeune femme lui offrit un petit sourire avant de la remercier d'un signe de la tête. Ils ne tardèrent pas à arriver devant le Queen Margaret et ils descendirent du véhicule. Sam et Russell passèrent leurs gilets pare-balles avant d'enfiler une veste par-dessus pour entrer discrètement dans l'hôpital et évaluer la situation. Bella suivit Caitlin pour aller se poster à l'arrière du bâtiment où se trouvait la sortie de secours. Emmett et des policiers prirent place devant l'entrée principale.
« -Ils sont toujours là, leur apprit la voix de Russell dans son oreillette. Vous ne bougez pas, on va essayer de mettre à l'abri le plus de monde possible avant l'arrivée du SWAT. »
Bella jeta un coup d'œil rapide à sa montre, les hommes surentraînés n'allaient pas tarder à arriver. Les doigts de la jeune femme frôlèrent son arme avant qu'elle n'essuie ses paumes moites sur son pantalon. Une nouvelle fois, Caitlin lui fit un sourire encourageant et en même temps elles sortirent leurs armes. Bella se sentit un peu soulagée lorsqu'elle vit les hommes encagoulés et armés jusqu'aux dents les rejoindre. Le SWAT était arrivé. L'opération pouvait commencer. Elle inspira profondément en attendant l'ordre de l'agent Davies.
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Edward serra les dents quand son dos entra violemment en contact avec le tatami. Il ferma les yeux quelques secondes avant de rouvrir ses paupières pour croiser le regard de son père. Il saisit la main que ce dernier lui tendait et son père l'aida à se relever.
« -Prêts ?
Le jeune homme soupira avant de se remettre en position de défense pendant que Carlisle tournait lentement autour de lui tout en le jaugeant du regard. Il avait du mal à croire que son père qui allait sur ses 50 ans venait de le mettre plusieurs fois à terre, son ego en avait pris un sacré coup !
-Carlisle !
Ce dernier se redressa et se tourna vers Franz qui venait de les rejoindre, les sourcils de son père se froncèrent quand il vit les traits tirés de son ami.
-Que se passe-t-il ?
-On a un problème. Les fédéraux et la police les ont trouvés, ils vont se faire massacrer !
Son père attrapa une serviette tout en lui en lançant une autre. Ils gagnèrent l'étage où Stefan suçait son pouce sur le canapé en regardant une émission pour enfants.
-Que fait-on ? Demanda Helena en les voyants arriver.
-On y va ! Déclara Carlisle d'une voix ferme. Daniel, je veux que tu prennes le Hummer blindé, emmène Stefan…
-Non ! S'écria-t-il.
-Papa ? S'inquiéta Stefan.
Edward prit son fils dans ses bras et le serra fort contre lui tout en déposant des baisers dans ses cheveux. Son père les observa pendant quelques secondes avant de sembler se résigner.
-Helena, Daniel, vous prenez la BMW, elle est à l'épreuve des balles, vous emmenez avec vous Stefan et vous allez au Commissariat, ordonna Carlisle, vous veillerez sur ma famille ?
-Tu n'as pas à poser la question, soupira Helena, tu sais bien que oui.
-Donne ça à Jasper.
Edward fut surpris de voir son père donner un Glock à Helena pour Jazz, qu'est-ce que cela voulait dire ?
-Jasper est Texan et c'est un excellent tireur, lui rappela Carlisle. Assez, parler, allons-y !
Le jeune homme embrassa une dernière fois son fils avant de le tendre à Helena.
-Il ne lui arrivera rien, je vous le promets, jura Helena. »
Le regard de la femme le convainquit, il la remercia d'un signe de tête avant de suivre son père et Franz. Ils rejoignirent le garage. Son père lui lança un gilet pare-balles pendant que Franz ouvrait un coffre remplit d'armes. Ils se munirent de revolvers et de munitions avant de grimper dans la Mercedes noire. Son père démarra à vive allure et il se rendit compte qu'ils n'étaient pas si loin que ça de la banlieue de Seattle.
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Bella sursauta en entendant un coup de feu. Aussitôt, les membres du SWAT se mirent en position pendant qu'elle essayait de calmer son cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine. Caitlin passa une main dans sa ceinture pour la tirer en arrière, elles se placèrent derrière les hommes cagoulés.
« -Attention ! Cria Russell dans leurs oreillettes. Ils s'enfuient ! Deux partent vers l'arrière de l'hôpital et le troisième semble grimper sur le toit.
La jeune femme calqua sa respiration sur celle si calme de Caitlin, son regard se posa sur la porte encore fermée, son arme pointée sur celle-ci. Soudain, un bruit de verre l'interpella.
-Grenade ! A terre ! Hurla une voix qui la fit frémir.
Alors qu'elle essayait d'assimiler ce qui venait d'être crié, elle sentit un corps s'abattre sur elle. L'agent Beckett et elles se retrouvèrent plaquées au sol alors qu'une violente explosion résonnait non loin d'eux. Un peu hagarde, Bella se redressa. Les sons étaient indistincts et son équilibre paraissait précaire. Cependant, un immense soulagement l'envahit quand elle vit Edward près d'elle et de Caitlin. Elle voyait ses lèvres bouger, mais elle ne parvenait pas à comprendre. Ce dernier l'empoigna violemment ainsi que Caitlin et il les traîna derrière une voiture alors qu'elle voyait tomber des agents du SWAT. Bella inspira plusieurs fois profondément et elle ne tarda pas à retrouver toutes ses capacités auditives. La jeune femme s'accrocha fermement à son arme et se tourna pour faire face aux suspects qui étaient en train de leur tirer dessus ! Elle répliqua avant de se cacher derrière la voiture où ils avaient trouvé refuge pour éviter une pluie de balles.
-Couvrez-moi !
Tout comme elle, Caitlin jeta un coup d'œil ahuri à Edward, était-il tombé sur la tête ? Il allait se faire tuer ! Le jeune homme bondit sur le côté, des coups de feu retentirent aussitôt et elles firent leur possible pour le protéger sans savoir ce qu'il avait derrière la tête ! Soudain, elle appuya sur la détente de son arme, mais rien ne se passa. Bella jura, son chargeur était vide ! Alors qu'elle était en train de recharger son arme, elle se rendit compte que Caitlin était elle aussi à court de munitions ! Toutes deux jetèrent un regard inquiet à Edward qui courrait à découvert vers les tireurs. Un cri franchit le seuil de ses lèvres quand elle vit un homme sortir de sa cachette et mettre Edward en joue. Un coup de feu retentit et elle vit le corps sans vie de l'homme tomber en bas des marches.
-Tu pourrais viser la main ou l'épaule ! Gronda Edward sous leurs regards ahuris.
Pour toute réponse, un second coup de feu retentit désarmant une jeune femme de son âge avec un air d'ange blond. La main en sang, celle-ci se jeta pourtant sur Edward qui pointa son arme sur elle.
-Agent fédéral ! Cria-t-il. Lâchez votre arme et mettez vos mains en l'air !
-Crève !
Caitlin et elles se hâtèrent de charger leurs armes quand elles virent la furie blonde donner un coup de pied qui désarma Edward et sortir un autre revolver. Elles allaient mettre la jeune femme en joue quand un coup de feu retentit, malgré la balle qui venait d'entrer dans son épaule, la blonde se releva, son arme et son regard fiévreux posés sur Edward. Un autre coup de feu résonna et une balle se logea dans le genou de la blonde. Edward sembla alors réagir et son poing rencontra le visage de la jeune femme qui s'écroula sonnée sur le sol.
-Jolie droite !
Bella et Caitlin furent surprises de voir Monsieur Scheler sortir de derrière une voiture, une arme à la main. Il se pencha sur les agents du SWAT qui les avaient protégé de l'explosion avec leurs corps ainsi que ceux qui avaient été touchés par des balles.
-Rien de grave, les gars, annonça Monsieur Scheler, mais on aurait besoin d'un toubib, termina-t-il en jetant un coup d'œil sur le toit de l'immeuble voisin.
-Vous allez bien ? Leur demanda Edward.
-Oui et toi ? S'enquit-elle.
-Ça va. Où est notre troisième homme ?
-Russell et Sam se sont lancés à sa poursuite, selon lui, il allait sur le toit.
-Tu les vois ? Questionna Edward en utilisant son propre micro et son oreillette.
A nouveau des coups de feu retentirent, Bella sentit le corps d'Edward se presser contre le sien alors qu'une pluie de débris de verres tombait sur eux. Une poigne forte l'arracha à l'étreinte d'Edward et elle se retrouva propulsée sur le trottoir. Bella se redressa pour voir Caitlin tenir en joue quelqu'un, leur suspect avait apparemment tenté de s'enfuir en sautant par la fenêtre du premier étage. Bella imita l'agent Beckett dès qu'elle vit leur suspect tenir fermement Edward contre lui, le canon de son arme plaqué contre sa tempe.
-Lâchez-le ! Ordonna Caitlin.
-Ecartez-vous ! Gronda le jeune homme d'une vingtaine d'années.
-Ecoute-moi, intervint Russell d'une voix douce alors que les autres s'approchaient pour les entourer. Je te promets qu'aucun mal ne te sera fait, mais pose ton arme. Tu n'arranges pas ton cas, mon garçon.
-Je ne suis pas votre garçon ! Je vais le tuer ! Cria leur suspect.
-Vas-y, Alec ! Fais-le !
Bella ainsi que toutes les autres personnes furent surpris de reconnaître la voix de Carlisle qui se glissait entre eux, une arme braquée sur leur suspect.
-Tue-le, Alec, et je te jure que je te tire une balle en pleine gorge ! Tu ne mourras pas sur le coup, tu auras le temps de sentir ton sang gicler hors de ton corps. Puis, tu suffoqueras, étouffé, par l'hémorragie. Je te promets que ces 2 ou 3 minutes seront les plus longues et les plus horribles de ta vie !
-Comment… Comment connaissez-vous mon nom ? Bégaya le jeune homme désarçonné.
-Je suis Carlisle.
Bella vit la peur dans le regard du dénommé Alec. Le jeune homme pâlit et déglutit péniblement avant de resserrer son étreinte sur Edward.
-Relâche immédiatement mon fils ! Tu as 10 secondes, Alec !
-Alors, je l'emmènerai avec moi dans la tombe !
-Soit ! Soupira Carlisle en baissant son arme. Mauvais choix, tu connais pourtant ma réputation.
-Qu'est-ce que vous allez faire ? Murmura Alec décontenancé par le calme apparent de Carlisle qui s'apprêtait à tourner les talons. Hey ! Je vous parle !
Bella pouvait sentir la peur dans la voix de leur suspect qui observait les alentours avec crainte. La jeune femme remarqua le petit sourire qui se dessinait sur le visage du médecin. Ce dernier se retourna et Alec parut encore plus désorienté.
-Tu as besoin d'une invitation ? Demanda doucement Carlisle.
Bella vit Edward lever les yeux au ciel, c'est alors qu'elle remarqua que l'arme d'Alec semblait hésiter entre la tempe d'Edward et le torse exposé de Carlisle. Alors que le revolver visait le médecin, Edward se dégagea de l'étreinte du suspect, l'une des mains de l'agent se saisit du bras armé du suspect pour le pointer vers le ciel pendant que l'arrière de la tête du fédéral frappait violemment le visage du dénommé Alec. Ce dernier tituba et Edward en profita pour se retourner, il lui donna un coup de poing dans le ventre, puis, la seconde suivante, il fauchait ses jambes avec les siennes. Alec se retrouva à terre, Sam se précipita vers eux et retourna leur suspect pour le menotter tout en lui énonçant ses droits. Bella rangea son arme et, avec Caitlin, elle s'approcha d'Edward qui était agenouillé devant les deux suspects à terre.
-Tu aurais pu éviter, maugréa Edward en fermant les yeux de l'homme qui avait reçu une balle entre les deux yeux.
-Trop sensible, entendit-elle Franz dire.
-C'était lui ou vous, le choix était simple, se défendit Carlisle en rangeant son arme et en s'agenouillant près de la jeune femme. Bonjour, Jane.
Malgré ses blessures qu'elle présentait, Bella put voit le regard haineux que lança la jeune femme au Docteur Cullen. Jane ouvrit la bouche, sans pour autant arriver à prononcer un seul mot.
-Tu ne devrais pas essayer de parler, tu es grièvement blessée, tu vas avoir besoin de toutes tes forces, assura Carlisle.
Bella regarda les mains sûres du médecin se poser sur le corps de la jeune femme pour tenter de stopper l'afflux de sang qui coulait de ses plaies. Des membres du corps médical ne tardèrent pas à arriver avec des brancards et des trousses de secours. Carlisle donna des ordres avant de se redresser.
-Tu devrais te laver les mains, lui fit remarquer doucement Edward.
Avant que quiconque n'ait eu le temps de dire ou de faire quoi que ce soit, le fils avait entraîné le père à l'intérieur tout en leur criant qu'ils les rejoignaient au Commissariat. Bella s'approcha d'Emmett pour prendre sa main et l'étreindre en un geste réconfortant, son ami bouillait de colère de ne pas avoir les réponses à ses questions. La jeune femme l'entraîna vers la voiture des fédéraux et en leur compagnie ils retournèrent au Commissariat. Bella était soulagée de savoir qu'Edward et Carlisle allaient bien, mais elle sentit un poids quitter sa poitrine quand, lorsqu'elle entra dans la salle principale, elle vit Stefan installé sur les genoux d'Esmé en train de dessiner. La jeune femme se dirigea vers les Cullen pour prendre des nouvelles de l'enfant et elle remarqua à cet instant Maître Delgado et leur témoin Richardson qui observaient la scène posté de part et d'autre de l'entrée.
-Il va bien ? Demanda-t-elle à Esmé.
-Oui, répondit cette dernière soulagée en embrassant les cheveux de son petit-fils.
Bella se déplaça légèrement devant le petit garçon pour lui bloquer la vue quand ses collègues passèrent avec le dénommé Alec menotté.
-Papa !
Les visages de la famille Cullen s'illuminèrent quand ils virent Edward franchir le seuil du Commissariat, Stefan se jeta dans les bras de son père. Bella vit ensuite Carlisle et Monsieur Scheler entrer à leur tour. Esmé bondit de sur sa chaise et se précipita vers son mari, le son de la gifle qu'elle lui administra résonna à travers le Commissariat soudain silencieux.
-Ne me refais plus jamais ça ! Gronda Esmé avant d'étreindre son époux. »
Bella se permit un léger sourire quand elle vit le couple s'embrasser, malgré tout, ils s'aimaient. Soudain, elle se demanda pourquoi personne ne les avait arrêté. C'est alors qu'elle vit apparaître un homme vêtu d'un uniforme de l'armée sortir du bureau du Commissaire. Ce dernier s'approcha du couple Cullen et serra la main de Carlisle tout en lui assurant son soutien, puis, il partit. Bella échangea un regard étonné avec Alice et Rosalie, elles aussi avaient vu le grade de l'homme, depuis quand Carlisle connaissait-il un Général aussi gradé ? Cependant, elle comprit pourquoi le médecin et ses complices étaient encore libres, apparemment, ils avaient des soutiens très hauts placés ! La jeune femme remarqua alors qu'Edward partait vers une salle de repos avec Stefan. Elle les suivit.
« -Tu vas bien ? Lui demanda-t-elle.
-Oui, répondit Edward.
-Mon chéri, tu vas bien ? Questionna Esmé en entrant à son tour.
-Je vais bien maman.
Toute la famille les rejoignit et chacun étreignit Edward à tour de rôle avant de se tourner vers Carlisle qui venait de refermer la porte derrière lui.
-Bon, maintenant, tu vas répondre à nos questions ! Cria Emmett en fusillant son père du regard.
-Je n'ai malheureusement pas le temps de tout vous expliquer, j'aimerais que nous ayons plus de temps, mais ce n'est pas le cas.
-Il a raison, appuya Edward. »
La jeune femme se demanda si Edward connaissait toute la vérité, celui-ci semblait vouer toujours une grande confiance au médecin contrairement aux autres membres de la famille, hormis Esmé. Edward embrassa son fils avant de le donner à Esmé, puis, il prit la direction de la salle d'interrogatoire, Carlisle lui emboîta le pas, Emmett et elle l'imitèrent.
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Edward récupéra le dossier concernant leur affaire avant de se diriger vers la salle d'interrogatoire. Russell s'approcha de lui et le serra brièvement dans ses bras. Ils s'observèrent quelques secondes, l'agent Davies finit par s'écarter quand il fut certain qu'il était capable de mener l'interrogatoire. Avant qu'il ne rentre dans la salle, Russell le retint encore un peu.
« -Il faudra qu'on parle.
-Je sais, mais ça va, ne t'inquiète pas.
Russell hocha la tête et lui donna une tape sur l'épaule avant d'entrouvrir la porte, mais il la referma quand il vit arriver Carlisle.
-Je ne pense pas que tu devrais y aller, Edward, tu ne sais pas à qui tu as à faire.
-Tu veux enfin me dire ce que tu me caches ?
-Edward…
-Alors, laisse-moi faire mon boulot !
Sur ces mots, Edward ouvrit la porte et entra dans la salle d'interrogatoire, cependant, il entendit les quelques mots que Russell dit à son père.
-Je reste avec lui, ne vous en faites pas. Sam va vous accompagner dans l'autre pièce.
Edward soupira avant de s'asseoir face au dénommé Alec qui l'observait d'un regard noir. Ses yeux se posèrent brièvement sur la main blessée du suspect et sur les bleus qui commençaient à noircir sur son visage. Edward se demanda brièvement si c'était lui qu'il avait touché dans le sous-sol du centre commercial ? Russell s'installa dans un coin de la pièce et croisa ses bras sur son torse tout en toisant le suspect. Edward ouvrit tranquillement le dossier, il sortit les photos de toutes les victimes et les posa une à une devant Alec. Il étudia le visage du suspect, ce dernier n'exprimait rien, mais en y regardant de plus près, il pouvait voir un éclair de joie dans ses prunelles. Comment pouvait-on éprouvé du bonheur face à la vision de tant d'horreurs ? N'éprouvait-il donc aucun remord ? Aucune compassion ? A priori, non. Après tout, cela ne devrait pas l'étonné vue la violence et la cruauté des meurtres.
-Alors, Alec, vous reconnaissez ces personnes ?
-C'est un peu difficile de te répondre, ils sont quelques peu cramés, ricana le suspect.
Edward inspira discrètement pour garder son calme, du coin de l'œil, il vit son mentor se raidir et serrer les poings.
-Pourquoi avoir fait ça Alec ? Lui demanda-t-il d'une voix douce.
-Pourquoi ?
-Qu'est-ce que ces gens ont bien pu faire pour mériter une telle fin ?
-Etrange question, murmura le suspect.
-Pourquoi est-ce étrange ? Releva Edward.
-Parce que tu devrais le savoir, chuchota Alec, parce que je me ferai un plaisir de te faire subir le même sort…
-Et pourquoi ces personnes mériteraient-elles un tel sort ? Questionna le superviseur en faisant son possible pour masquer ses sentiments.
-Si j'avais su…, soupira Alec.
-Si vous aviez su quoi ? Interrogea le fédéral.
-Que c'était toi, j'aurais tiré dès que tu avais été dans ma ligne de mire.
-Alec, j'ai bien compris que vous ne me portiez pas dans votre cœur, est-ce parce que je vous ai cassé la figure ?
-C'est sûr que mon ego en a pris un coup, admit Alec, mais c'est plutôt parce que vous m'avez pourri la vie.
-Comment puis-je vous pourrir la vie puisque je ne vous connais pas ?
Edward fronça légèrement les sourcils quand il vit le suspect sourire doucement, que se passait-il donc dans sa tête ?
-Dis-moi, Edward, commença le suspect, quel est ton premier souvenir ?
-Pardon ? S'étonna le jeune homme.
-Quel est ton premier souvenir ? Tu te souviens de la première fois où tu as fait du vélo ? Ton premier Noël ?
Edward allait reprendre le contrôle de l'interrogatoire quand il entendit les doigts de son suspect pianoter sur la table. Le jeune homme eut du mal à se concentrer à cause du rythme des doigts.
-Alors, dis-moi, quelle histoire te lisait ta mère au coucher ? Ton père venait-il te border ?
Le superviseur ferma les yeux. Des souvenirs se dessinaient derrière ses yeux clos, il se revoyait sur son vélo, Carlisle tenant sa selle. Il se rappelait être allongé dans son lit pendant qu'une femme aux longs cheveux auburn lui lisait l'histoire de Peter Pan. Il était difficile pour lui de voir son visage, mais il se souvenait de la douceur de ses doigts, de son parfum qui l'apaisait, de la chaleur de ses câlins.
-Edward ? »
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Depuis qu'il était entré dans cette salle d'interrogatoire, l'agent Davies avait un mauvais pressentiment, leur suspect était trop calme, trop confiant, il avait la désagréable impression que tout ceci semblait l'amuser et qu'il attendait juste le bon moment pour agir. Apparemment, cet Alec connaissait le passé d'Edward et son élève parut un instant déstabilisé avant de se reprendre. Russell s'en voulut, il n'aurait pas dû le laisser mener l'interrogatoire. Il aurait dû demander à Sam de s'en charger pendant qu'il faisait part de leurs découvertes à Edward avant d'aller arracher les vers du nez du Docteur Cullen. Il se foutait pas mal des privilèges que semblaient posséder le mystérieux médecin, tout ce qu'il voulait s'était protéger Edward et si pour cela il devait aller à l'encontre des ordres du Directeur du FBI ainsi que ceux de ce Général de pacotille, il le ferait ! Russell sortit de ses pensées quand il entendit un étrange tapotement. Edward était en train de se laisser mener par le bout du nez par Alec et d'autant plus depuis que ce dernier pianotait sur la table. Russell les observa avec plus d'attention, leurs regards étaient étroitement mélangés, comme s'ils se défiaient, mais si c'était effectivement le cas, Edward avait perdu. L'agent Davies fronça les sourcils, il se passait quelque chose ! Il devait intervenir !
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Edward cherchait par tous les moyens à faire taire la voix moqueuse du suspect qui se trouvait face à lui et qui ne cessait de résonner à ses oreilles. Pourquoi n'y parvenait-il pas ? Il ne s'était jamais laissé piéger, pourquoi cela lui arrivait-il aujourd'hui ? Il devait absolument chasser ces images qui envahissaient sa mémoire pour se concentrer sur l'interrogatoire ! Le jeune homme sursauta en sentant une main se poser sur son épaule, il releva la tête et croisa le regard inquiet de Russell.
« -Tout va bien ? Lui murmura son mentor.
-On ne dirait pas, ricana Alec, tu es étrangement pâle Edward. Quelque chose te reviendrait-il en mémoire ?
Edward serra les dents pour ne pas répliquer, il ne devait pas laisser le suspect le manipuler ainsi ! Il fallait qu'il se reprenne !
-Dis-moi, tu ne crois toujours pas à ce stupide accident ? Railla Alec.
La porte de la salle d'interrogatoire s'ouvrit violemment, il tourna la tête pour voir le visage furieux de son père que Sam essayait, sans succès, de faire sortir. Edward allait crier à Carlisle de partir quand, du coin de l'œil, il vit son suspect se décomposer. Toute trace d'assurance avait disparu de son visage et Alec avait baissé la tête sous le regard furieux de son père.
-Ça suffit ! Claqua la voix de Carlisle. Maintenant, tu vas me dire où sont les autres ?
-Non, murmura Alec d'un ton incertain.
Avec des yeux ahuris, il vit son père contourner la table pour saisir Alec par le col de sa veste, puis, il le plaqua violemment contre le mur.
-Monsieur Cullen ! Cria Sam en essayant de séparer son père du suspect.
-Réponds-moi, Alec, ou je te jure que …
-Arrête ! Ordonna Edward en se joignant à Sam.
A eux deux, ils réussirent à éloigner le médecin de leur suspect qui se laissa glisser le long du mur. Alors qu'ils s'apprêtaient à sortir, Edward se figea en entendant la voix rauque d'Alec.
-Tu… Tu sais ce qu'il ne veut pas que tu saches ?
Edward ne put s'empêcher de se retourner vers le suspect qui éclata de rire.
-Viens, dit Carlisle en le tirant par la main pour l'entraîner vers la sortie, il est en train de délirer.
-Demande-lui… Demande-lui où est ton père ?
-Mon père est mort, répliqua Edward qui regretta aussitôt d'être entré dans son jeu.
-Vraiment ? Pourtant, il a l'air bien vivant !
Edward tituba face au regard d'Alec, il n'y décelait aucune trace de mensonge et cela le terrassa. Une poigne ferme s'enroula autour de sa taille et il se laissa tirer en arrière par Carlisle. Russell se hâta de les suivre et de fermer la porte derrière eux. Tout à coup, la rage remplit son être et il se dégagea d'un geste brusque de l'étreinte du médecin.
-Que veut-il dire ? Questionna le jeune homme furieux en regardant avec attention l'homme qui l'avait élevé.
-Il ment, Edward, il fait tout pour te déstabiliser et il y réussit.
-Ce n'est pas ce que je t'ai demandé ! Hurla-t-il. Mes parents sont-ils morts ? Ou… Ou m'as-tu enlevé ?
-Je pense que vous devriez lui dire la vérité, conseilla calmement Russell.
-Tu… Tu sais ? Murmura Edward tout en observant l'échange silencieux entre les deux hommes.
-Je…
-Carlisle, implora-t-il d'une voix où pointait toute sa souffrance, j'ai besoin de savoir, mes parents sont-ils toujours en vie ?
-On n'a pas de temps à perdre avec ces jérémiades, intervint Helena dont les traits exprimaient la colère et l'impatience. Tes parents sont morts. Ta mère est morte en te protégeant de ton salaud de père.
-Quoi ? !
-Helena…
-Non, Carlisle ! J'en ai marre d'être gentille et sage alors que tes histoires de famille détruisent ma vie. Tu veux savoir ce qui est arrivé à ton père, Edward ? Il a reçu une balle entre les deux yeux, n'est-ce pas Carlisle ?
Edward dut se raccrocher au mur, ses jambes ne semblaient plus vouloir le porter. Carlisle. L'homme qui l'avait aimé, élevé, avait tué son père ! Il ne savait plus quoi penser, ni quoi faire, un trou béant était en train de se former dans sa poitrine.
-J'étais obligé Edward…
-Tais-toi ! Cria-t-il.
En l'espace d'une seconde, Edward avait bousculé Russell et plaqué l'homme qui lui mentait depuis tant d'années contre un mur. Il ne lui fallut guère plus de temps pour sortir son arme et la poser sur le front de l'homme qu'il avait appelé papa, pile entre ses deux yeux.
-Tu as tué ma famille, dit-il d'une voix froide qu'il ne reconnaissait pas.
-Non, Edward, je t'ai offert une famille, rectifia Carlisle.
Le jeune homme réfréna la réplique assassine qui lui venait aux lèvres. Du coin de l'œil, il vit Sam et Helena sortir leurs armes tout en cherchant un angle de tir où ils feraient le moins de dégâts.
-Je suis désolée, Edward, avoua Helena, je ne voulais pas te blesser autant, mais il fallait que tu connaisses la vérité. Carlisle a toujours voulu te ménager, mais nous n'avons plus le temps. Ce que j'ai dit est vrai, ton père était un véritable salaud. J'étais là… Si Carlisle ne l'avait pas tué, tu serais mort.
-Comment… Comment puis-je vous croire ? Chuchota-t-il. Vous me mentez tous…
-Edward, regarde-moi, ordonna doucement Carlisle, regarde-moi dans les yeux. C'est bien. Edward, jamais je ne t'ai menti. Je t'ai toujours aimé et rien ne pourra changer cela, tu es mon fils…
-Il dit la vérité.
La voix de Russell apaisa quelque peu ses sens, il avait toujours pu compter sur lui, son mentor, son ami.
-Edward, je pense que depuis le début, Alec te manipule. Il a réussi à semer le doute en toi, continua Russell, et tu es en train de réagir exactement comme il le souhaitait. Crois-tu que ces tapotements sur la table étaient un geste de nervosité ou d'agacement ? Non, ce rythme semblait t'envoûter.
-Il a raison, approuva Carlisle, c'est pour ça que je suis entré. Inconsciemment, tu as reçu un ordre et tu t'apprêtes à l'exécuter.
-Quoi ?
-Alec t'a désigné ta cible au moment où on te sortait de la pièce, lui rappela Russell.
-Non, le contredit Edward confus, il m'a dit avoir vu mon père et…
-Et tu tiens ton père en joue, termina pour lui son mentor.
Edward eut l'impression de recevoir une gifle en plein visage. Qu'était-il en train de faire ? Etait-il vraiment en train de pointer le canon de son arme sur la tête de son père ? D'un geste tremblant, il remit la sécurité sur son revolver avant de lâcher ce dernier qui tomba en un bruit sourd à ses pieds.
-Tout va bien.
En disant ces mots, Carlisle voulut le rassurer en le prenant dans ses bras, mais il le repoussa. Russell se hâta de venir le soutenir.
-Je suis désolé, Edward, tellement désolé, avoua son mentor, mais Alec avait raison sur un point, ton père est en vie. »
Tout en écoutant les mots de Russell, ses yeux ne quittaient pas le visage de Carlisle. Ce dernier semblait sur le point de s'effondrer ce qui se serait sûrement produit si Helena n'était pas venue le soutenir. Edward cessa difficilement de se préoccuper de lui pour plonger son regard émeraude dans celui de Russell le suppliant silencieusement de lui donner des réponses. Son mentor se contenta de tourner la tête pour observer Carlisle, il l'imita et il put voir des larmes couler le long du visage de celui qu'il avait appelé papa depuis ses 11 ans. Edward sentit son cœur se déchirer. Il avait grandi auprès de lui, il était devenu un homme sous son regard et lui qu'avait-il fait durant tout ce temps ? Il n'avait fait que lui mentir ! Edward repoussa Russell et d'un pas tremblant, il entreprit de sortir du Commissariat, il fallait qu'il sorte, il avait l'impression de ne plus pouvoir respirer. Il lui sembla entendre au loin les voix de Carlisle et de Russell l'appeler, mais il les ignora. Sans un regard pour eux, il passa devant sa famille et Bella pour courir hors du Commissariat. Il fit quelques pas sur le trottoir avant de tituber, il dut se raccrocher à un lampadaire pour ne pas chuter. Tout à coup, au milieu de la cacophonie qui l'entourait, il vit les traits terrifiés de Carlisle. Un éclair douloureux parcourut son cerveau, il avait déjà vu ce visage-là ! Alors que la douleur s'amplifiait, il se sentit partir en arrière. Son corps heurta lourdement le trottoir alors que des cris effrayés et des coups de feu résonnaient à ses oreilles. Il voulut se redresser pour comprendre ce qui se passait, mais Carlisle l'en empêcha, l'obligeant à rester caché sous lui. Il aurait aimé protester, le repousser, mais sa tête était horriblement douloureuse et alors qu'il sombrait dans l'inconscience une image s'imposa à lui : celle d'un petit garçon terrorisé de 10 ans qui s'accrochait désespérément à un homme blond qui courrait à travers les flammes et les balles de revolvers tout en lui murmurant des paroles réconfortantes…
