Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
Un immense MERCI pour toutes vos reviews, merci beaucoup ! ^_^
Comme vous avez pu le voir, je suis encore une fois à la bourre… Sorry ! J'espère arriver à mieux gérer mon temps pour pouvoir vous répondre. Sur ce bonne fin de week-end à tout le monde !
Une petite précision pour les agents du FBI, voici leur prénom et nom associés pour vous éclairer :
-Agent Russell DAVIES.
-Agent Caitlin BECKETT.
-Agent Sam CARTLAND.
-Agent HATTAWAY (je crois que j'avais jamais donné son nom, lol)
Dans ce chapitre, il va y avoir des passages en italique. Le premier est un rêve d'Edward, les suivantes sont des flash-backs du passé de Carlisle que vous allez enfin découvrir…
Pour les lecteurs de Milord, la suite arrivera soit ce soir tard ou demain soir.
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Bonne lecture !
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Chapitre 10 : L'ange
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Edward ouvrit brièvement les yeux quand il sentit des mains le soulever. Des ordres furent aboyés qu'il ne comprit pas, mais il reconnut la voix de Russell. On le posa sur ce qui semblait être un matelas, puis, il se sentit être déplacé. Quelques secondes plus tard, le bruit répétitif des sirènes alimenta son mal de tête. Il se laissa à nouveau sombrer dans les ténèbres alors que quelqu'un saisissait sa main pour la presser tendrement. Le jeune homme se força à rouvrir les yeux pour croiser un regard chocolaté inquiet. Bella se pencha vers lui lorsqu'elle le vit éveiller, il regarda ses lèvres bouger, mais le bourdonnement sourd dans sa tête l'empêcha de comprendre quoi que ce soit. A bout de force, il ferma à nouveau ses paupières.
Il s'éveilla en sursaut en sentant une main se poser sur sa bouche, il allait se débattre quand il entendit la voix rassurante de sa mère. Doucement, il lui obéit et sans faire de bruit, il sortit de son lit. Elle l'aida à s'habiller rapidement avant de lui faire mettre un petit sac sur le dos. Où allaient-ils alors qu'il faisait encore nuit ? Il aurait aimé poser la question, mais sa mère lui avait demandé le silence et il avait appris qu'il ne fallait pas désobéir. Il saisit la main de sa mère et ils commencèrent à courir à travers les couloirs, se cachant quand ils entendaient quelqu'un venir vers eux. Sa mère ouvrit une fenêtre et chercha quelque chose du regard. Il se demanda ce qu'elle faisait, ils étaient au premier étage et il n'y avait rien pour les aider à descendre par là. Pourtant, il lui fit confiance quand elle le souleva pour l'aider à enjamber la fenêtre. Tout en le tenant par les bras, elle le fit glisser le long du mur avant de le lâcher. Il dut mordre sa lèvre inférieure pour ne pas laisser échapper un cri de peur. Soudain, deux mains se posèrent sur sa taille pour lui éviter une chute douloureuse sur le sol. Un homme grand et blond lui sourit avant de le déposer sur le sol, il caressa ses cheveux avant que ses yeux bleus ne se reportent sur sa mère qui enjambait à son tour la fenêtre. Il fut soulagé l'ange était revenu pour eux ! La peur étreignit son être quand il vit un bras entourer la taille de sa mère pour la tirer à l'intérieur. Il voulut se précipiter pour aller aider sa maman, mais l'homme blond le prit de force dans ses bras.
« -Maman ! Non ! Maman ! Hurla-t-il.
-Va-t'en, Edward ! Fuis ! Carlisle te protègera ! »
Les larmes coulèrent sur son visage alors que l'homme qui le portait se mit à courir. Il voulait aller aider sa mère ! Elle était en danger ! Il tenta de se débattre, mais l'homme ne le laissa pas faire. Tout à coup, un bruit violent lui fit mal aux oreilles. Il se sentit tomber sur le sol, son souffle fut coupé alors que l'homme se couchait sur lui pour le protéger du feu et des balles. L'obscurité l'envahit alors qu'un visage emplit de tristesse se dessina sous ses yeux, il tendit la main vers sa mère pour la retenir alors qu'elle s'éloignait, mais elle lui échappa.
Edward s'éveilla en sursaut. Son cœur battait la chamade, son corps était couvert de sueur et il tremblait. Il pouvait sentir ses lèvres bouger frénétiquement, articulant toujours le même mot.
« -Maman, maman…
-Je suis là, mon chéri, calme-toi.
Le jeune homme eut un geste de recul quand il croisa le regard de l'inconnue. Esmé fronça les sourcils, étonnée, alors qu'il se laissait retomber sur ses oreillers.
-Edward ? L'appela-t-elle inquiète.
-Pardon, maman, murmura-t-il.
-Ce n'est rien. Tu vas bien ? Tu avais l'air d'être en proie à un cauchemar ?
Cauchemar ou réalité ? Edward ne savait plus ce qui était vrai. Pourtant, il avait encore l'impression de sentir la chaleur des flammes, la crainte dans les yeux de celle qu'il appelait maman lui semblait bien réelle.
-Où est Carlisle ? Il… Il faut que je lui parle.
-Ton père est là, l'informa Esmé.
Edward tourna la tête vers le deuxième lit de la chambre. Son cœur rata un battement quand il vit son père inconscient.
-Que s'est-il passé ?
Sa mère allait lui répondre quand un coup fut frappé à la porte, Russell, Caitlin et Bella entrèrent.
-Enfin, tu es réveillé ! S'écria Russell visiblement soulagé.
-Tu peux te vanter de nous avoir fait peur, avoua Caitlin.
Bella inspira profondément avant de s'approcher pour lui prendre tendrement la main, il put voir que ses prunelles étaient légèrement embuées. Il serra sa main et esquissa un sourire pour la rassurer. La jeune femme mordilla sa lèvre inférieure et ils se perdirent dans le regard de l'autre jusqu'à ce que Russell les interrompe, un sourire aux lèvres.
-Comment va-t-il ? Demanda son mentor à Esmé.
Il regarda sa mère se lever et s'approcher doucement du lit où était étendu son père.
-Le médecin m'a dit que sa blessure n'était pas grave. Il était plus inquiet pour sa blessure à la tête quand il a plongé sur Edward il a heurté le lampadaire, mais l'IRM n'a rien révélé. Il ne devrait pas tarder à se réveiller.
-Que s'est-il passé ? Répéta Edward.
-Carlisle et moi t'avons couru après dès que tu es sorti précipitamment du Commissariat. Il a été le premier à réagir quand le 4x4 noir a déboulé au bout de la rue, je ne sais pas comment il a su, mais il s'est précipité sur toi, tu serais mort s'il ne t'avait pas plaqué au sol, lui apprit Russell.
-Alors, si j'ai pas reçu de balle, pourquoi je suis dans ce lit ? Marmonna le jeune homme.
-Il est possible que tu te sois cogné la tête en tombant, mais ils n'ont pas trouvé de trace de trauma, donc, ils ne savaient pas trop, ils ont aussi pensé à un choc post-traumatique, précisa Caitlin.
-Vue ce qui s'est passé, cela ne serait pas étonnant, souffla Russel.
-Où est Stefan ? S'inquiéta-t-il soudain.
-Il est en sécurité, lui apprit Bella. Les amis de ton père ainsi que Rosalie, Alice, Jasper et Emmett accompagnés par Charlie et Sam sont allés se réfugier dans la maison où Carlisle t'avait emmené, Stefan est avec eux.
-Il ne risque rien, assura Caitlin, ses tantes et ses oncles prennent soin de lui.
Edward acquiesça lentement. Il appellerait Stefan dès que possible, mais en attendant, il avait besoin de réponses.
-Les « amis » de Carlisle ont-ils fourni des explications ?
-Non, apparemment, ils souhaitent que ce soit Carlisle qui le fasse, la tentative d'Helena les a quelques peu refroidit.
Le jeune homme sentit la honte le submerger quand il se rappela avoir appuyé le canon de son arme sur la tête de son père.
-Tu n'as pas à t'en vouloir, murmura une voix rauque.
-Carlisle ! S'écria Esmé en se jetant au cou de son mari.
-Doucement, s'il-te-plaît.
-Oh, pardon ! Je t'ai fait mal ? Tu veux que j'appelle le médecin ?
-Je vais bien, Esmé, la rassura Carlisle, ne pleure pas, s'il-te-plaît.
-Vous avez eu de la chance, dit Russell en s'approchant du lit de son père, la balle a traversé votre bras sans faire de dégâts, vous sentez-vous suffisamment en forme pour répondre à nos questions ? »
Edward se tourna vers Carlisle. Il allait enfin avoir des réponses ! Les traits de son père se crispèrent lorsqu'il prit appui sur ses bras pour s'asseoir, Esmé redressa le dossier de son lit et arrangea les oreillers dans son dos pour qu'il s'y appuie.
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Carlisle savait que le moment de donner des réponses était arrivé et il appréhendait les réactions de chacun, plus particulièrement, celles d'Esmé et d'Edward. Il voulut s'asseoir et Esmé vint l'y aider son bras blessé le faisant souffrir.
« -Merci, dit-il.
-Carlisle, murmura Esmé d'une voix chagrinée, pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'Edward était ton fils ?
Son cœur se serra. Il avait mal d'avoir caché la vérité durant toutes ces années à Esmé, à Edward… Le temps était venu de payer pour ses actes…
-Je suis désolé, pardonne-moi, je m'étais promis de ne jamais rien faire qui te blesserait, mais j'ai échoué. Elisabeth, ta mère, dit-il en se tournant vers Edward, m'a annoncé que j'avais un fils que lorsqu'elle a réussi à me retrouver, tu avais 7 ans. J'aurais dû l'écouter ce jour-là et vous emmener avec moi, mais c'était trop risqué.
-Trop risqué ? Questionna son fils.
-Commençons par le début, soupira son père en acceptant le verre d'eau qu'Esmé lui tendait pour avaler une gorgée. Dans les années 60, le fantôme de la guerre froide régnait encore sur les Etats-Unis, la guerre du Vietnam divisait le pays, le gouvernement appréhendait un soulèvement public, les entreprises, les services gouvernementaux craignaient l'espionnage. La paranoïa s'abattait sur le pays. Un des Généraux les plus gradés proposa une solution : créer notre propre armée d'agents secrets, des personnes surentraînées, sans conscience, sans état d'âme, obéissant aux ordres sans y réfléchir. Il leur proposa deux prototypes : ses deux fils qui firent une démonstration plus que réussie aux yeux des grands de ce monde. Ils validèrent son idée et lui donnèrent le feu vert. Seulement, en faisant cela, ils fermèrent les yeux sur l'immoralité de cet homme. Des enfants furent choisis et enlevés à leurs familles. Ils furent enfermés dans un camp où ils apprirent à devenir de parfaits petits soldats. Cependant, tout n'était pas rose comme le Général l'avait décrit aux Directeurs et militaires des différentes agences. Les mauvais traitements étaient courants, les punitions horribles et ceux qui n'étaient pas à la hauteur ou étaient trop rebelles disparaissaient.
Carlisle se tut submergé par ses souvenirs. Esmé serra fermement sa main et se pencha pour déposer un baiser sur sa joue. Les autres l'observèrent avec pitié, comprenant qu'il avait été un de ces enfants.
-J'aurais été tué comme les autres si je n'avais pas été le fils cadet du Général, murmura Carlisle, il avait une faiblesse et non, ce n'était pas moi, mais ma mère. Elle a fait son possible pour me protéger, elle est même allée jusqu'à donner sa vie pour moi. Les années passaient et je me rebellais de plus en plus contre le Général, allant même jusqu'à le défier, bien entendu, tout cela se terminait en coups, en privations. J'étais à moitié mort quand ma mère, Sulpicia, accompagnée de ma tante, Dydime, m'ont fait sortir du camp, j'allais avoir 19 ans. Sans que je ne comprenne comment, je me suis réveillé dans un lit chez les Cullen à Londres. Ton grand-père m'a alors expliqué qu'il faisait partie des opposants au projet, contrairement aux autres, il avait vu le vrai visage du Général quand il m'avait frappé après avoir raté un tir le jour de la présentation, j'avais 5 ans. Pour tout le monde, Anthony Cullen vivait de ses rentes et s'était retiré autant du monde des affaires que de la politique. Le Général ne pensa pas à aller me chercher là-bas, par contre, il ne supporta pas la trahison de ma mère, il la fit exécuter. Ma tante a eu la vie sauve, car ils n'étaient pas sûrs de son implication. J'ai voulu la venger, mais Anthony et Karen Cullen m'en empêchèrent et j'ai fait ce pourquoi ma mère s'était sacrifiée : j'ai vécu. Rapidement, le bonheur a frappé à ma porte, j'ai rencontré Esmé. Deux ans plus tard, j'étais interne en chirurgie et nous attendions notre premier enfant. Tout se passait bien. Alors que j'avais enfin une vie normale, mon passé est revenu frapper à ma porte. Nous vivions à Forks depuis 5 ans quand ta mère s'est présentée aux urgences. Je ne l'ai pas de suite reconnue, elle portait un petit garçon effrayé dans ses bras qui avait un œil au beurre noir….
-Et bien, mon bonhomme, comment t'es-tu fait mal ?
-Edward est un peu maladroit, il s'est cogné dans une porte.
-C'est vrai Edward ? Tu ne faisais pas attention à ce que tu faisais ?
L'enfant baissa la tête, il était bien trop silencieux et surtout craintif pour qu'il croit en sa maladresse.
-Ce n'est pas plutôt quelqu'un qui t'a fait bobo ? Tu sais, tu peux me le dire, mon grand, je suis là pour t'aider.
-Il l'a frappé.
-Qui l'a frappé, Madame… ?Demanda-t-il en consultant le dossier. Vous n'avez pas complété la fiche d'identité, Madame.
-Il l'a frappé, Carlisle, et… et ce n'est pas la première fois qu'Ethan porte la main sur lui.
-Ethan ? Balbutia-t-il en pâlissant. Qui… Elisabeth ?
-Oui.
Carlisle observa avec stupeur la jeune femme, la peur et la joie de la revoir se disputaient en lui, si elle était là, cela voulait-il dire qu'ils l'avaient retrouvé ?
-Je suis seule, personne ne m'a suivi, rassure-toi. Il voulait que j'aille récupérer de la marchandise au port de Seattle, une femme et un enfant n'ont pas vraiment l'air de suspects.
Carlisle lui sourit avant de la serrer dans ses bras et d'ôter sa blouse. La jeune femme prit Edward dans ses bras et ils sortirent de l'Hôpital après qu'il ait demandé à être remplacé. Ils se dirigèrent vers un petit parc où Elisabeth déposa Edward près d'une balançoire pendant qu'ils s'installaient sur un banc. Carlisle sentit son cœur se serrer quand il vit le petit garçon se tenir droit près de la balançoire sans oser y monter dessus ou se joindre aux autres enfants qui jouaient un peu plus loin.
-Alors, vous avez eu un enfant ?
-Oui, mais Edward n'est pas comme ton frère le voudrait, murmura Elisabeth, il a un grand potentiel, mais il semble détester la violence, sa douceur naturelle irrite ton père et Ethan, bien entendu.
-Je suis désolé, murmura Carlisle.
-Je… Ce que je vais te demander est la chose la plus difficile de ma vie, mais je n'ai pas le choix… Carlisle, pitié, prends-le, supplia Elisabeth en étouffant un sanglot.
-Quoi ?
-Carlisle, ils vont finir par le détruire, par le tuer, je t'en supplie, emmène-le avec toi !
La main d'Elisabeth agrippa violemment la sienne. Il lutta pour ne pas croiser son regard, sinon, il serait perdu.
-Carlisle, pitié ! Ce n'est qu'un enfant, il est innocent ! Il… Il devrait savoir s'amuser, il devrait jouer avec les autres enfants, offre-le lui, je t'en prie.
-Ethan sera furieux quand il ne te verra pas rentrer avec le petit, je ne peux…
-Je ne rentrerai pas Carlisle ! Lui apprit vivement Elisabeth. Je vais partir pour le Mexique pour le lancer sur une mauvaise piste.
-Il te retrouvera.
-Je serai morte avant qu'il ne me retrouve, promit son amie.
-Non, protesta Carlisle.
-Je ne te demande qu'une seule chose, protège et aime Edward !
Carlisle inspira profondément. Son regard se posa sur le petit garçon qui s'était finalement assis dans l'herbe, ses jambes étaient ramenées contre son torse et ses bras les entouraient, il semblait chercher la moindre menace. Il eut envie de se lever pour aller le prendre par la main et l'accompagner à la balançoire, mais il ne bougea pas.
-Je suis désolé, Elisabeth, dit Carlisle alors que les mots lui brûlaient la gorge, mais je ne peux pas t'aider. Mon passé doit rester là où il est, j'ai une famille, une femme et deux enfants adorables.
-Je sais que je te demande beaucoup, mais…
-Non ! Je suis navré, vraiment, navré, chuchota-t-il avant de se lever honteux.
-Tu n'as pas le droit de me tourner le dos, Carlisle ! L'interpella Elisabeth. Te rappelles-tu combien de coups j'ai reçu parce que j'étais venue t'apporter à manger ou parce que j'avais soigné tes blessures ?
Carlisle inspira profondément, elle avait fait énormément pour lui, si elle n'avait pas été là, il n'aurait pas eu de famille, il serait mort. Cependant, malgré toute la gratitude qu'il éprouvait pour elle, il n'avait pas le droit de mettre les siens en danger. Si le Général mettait la main sur Emmett ou Alice… Non, il ne pouvait pas !
-Crois-moi, je suis désolé, mais ma famille et sa sécurité passent avant tout ! »
-Pendant les jours, les semaines, les mois qui ont suivi, je surveillais tous les mouvements suspects autour de nous, je devenais paranoïaque, pour finalement me rendre compte que je m'inquiétais pour rien, notre secret n'avait pas été ébruité. J'ai cru que je pourrais mieux dormir, mais ce ne fut pas le cas. Je ne dormais quasiment plus. Chaque nuit, je me levais, je passais des heures à regarder Emmett et Alice dormir avant d'aller dans mon bureau. Je ne sais combien d'heures j'ai passé à lire les rubriques nécrologiques, les articles de journaux sur la mort violente d'un enfant ou d'une femme. Les mois, les années ont passé sans que je n'ai de nouvelles, les remords me hantaient. Et puis, un jour…
Carlisle sortait d'une garde plutôt éprouvante quand il se figea sur le perron de l'hôpital de Forks, la pluie tombait sur lui sans qu'il ne bouge, il ne pouvait détacher son regard de la jeune femme qui l'observait sur le trottoir d'en face. Un intense soulagement se dessina sur le visage d'Elisabeth quand il se décida enfin à traverser la route pour la rejoindre. Son cœur se serra lorsqu'il vit le visage tuméfié par les coups de son amie. Il tendit une main pour examiner sa joue, mais elle eut un geste de recul.
« -Laisse-moi t'examiner, demanda doucement Carlisle.
-Je vais bien.
-Permets-moi d'en douter.
Elisabeth ne prit pas la peine de dire quoi que ce soit, elle s'avança simplement vers une voiture garée non loin d'eux. La peur noua son ventre quand il vit son neveu allongé sur la banquette arrière.
-Que…
-Il a besoin de soins. Ils sont à Seattle pour affaire, mais ne te fais pas de soucis, ils ne savent pas que tu es ici. Ethan m'a donné 48 heures pour le remettre sur pieds.
Carlisle opina de la tête avant de monter à l'arrière de la voiture. Elisabeth s'installa derrière le volant et elle démarra pendant qu'il appelait Esmé pour lui dire qu'il devait s'absenter. Après avoir rassuré son épouse, il posa une main sur le front brûlant d'Edward, il avait beaucoup de fièvre ! Elisabeth ne tarda pas à couper le moteur devant un petit hôtel à l'entrée de Seattle. Il prit Edward dans ses bras pendant qu'Elisabeth les abritait sous son parapluie tout en prenant sa sacoche. Une fois à l'abri, il examina le petit-garçon. Il eut un haut le cœur quand il vit les traces de coupures causées par une lame de couteau, certaines plaies étaient infectées. Il les nettoya avant de les panser, puis, il fit prendre des antibiotiques à l'enfant.
-Je vais aller récupérer ma voiture à l'hôpital, j'en profiterai pour aller récupérer d'autres médicaments et du matériel.
-D'accord, ne laisse aucune…
-Je n'ai pas oublié, il n'y aura aucune trace de mon passage. Je reviens vite. »
Carlisle caressa la joue d'Elisabeth avant de quitter précipitamment la chambre. Il prit un taxi et, une fois à l'hôpital, il emprunta sans se faire voir par quiconque tout ce dont il avait besoin avant de remonter à bord de sa voiture. Alors qu'il roulait vers l'hôtel, il repensa à son amie et à son neveu. L'un comme l'autre semblait être au bord de la rupture, Elisabeth était épuisée et Edward ne paraissait pas avoir pris un kilo depuis qu'il l'avait vu la dernière fois, il avait toujours la carrure d'un enfant de 6 ou 7 ans alors qu'il allait sur ses 10 ans. Il monta dans la chambre, Elisabeth s'était endormie sur le lit, son fils serré dans ses bras. Il dégagea lentement le bras de l'enfant avant d'y introduire un cathéter pour pouvoir le perfuser sans risque. Les antibiotiques agiraient plus vite par voie veineuse. Il venait de terminer quand il croisa des prunelles émeraudes terrifiées, les poings de l'enfant agrippèrent sa mère pour la réveiller.
« -Chut, Edward, tout va bien. Ta maman est fatiguée, elle a besoin de dormir. Allez, viens, mon grand, approche.
Bien qu'hésitant, le petit garçon s'approcha du rebord du lit, la crainte d'être puni l'ayant sûrement poussé à obéir. Edward s'assit, ses jambes pendant dans le vide, sa tête baissée et il s'agenouilla face à lui.
-As-tu mal quelque part ?
-…
-Edward, je suis médecin et un ami de ta maman, alors, dis-moi si tu as mal ?
-Non, Monsieur.
Carlisle doutait des propos de l'enfant, mais il savait qu'il n'obtiendrait pas une autre réponse. Soudain, un petit grognement attira son attention. Edward se recroquevilla sur lui, ses poings se crispèrent.
-On dirait que tu as faim, remarqua Carlisle dans un murmure.
Il prit l'enfant dans ses bras et celui-ci se raidit. Il s'installa sur le canapé, le petit garçon sur ses genoux, il posa la poche d'antibiotiques à côté d'eux et attrapa la carte du room service qu'il ouvrit.
-Qu'as-tu envie de manger ?
Edward ne regarda pas le menu, il resta simplement dans ses bras tel un pantin attendant son bon vouloir.
-Je sais que ce n'est pas facile pour toi, bonhomme, mais, s'il-te-plaît, choisis ce qui te fait plaisir.
Le petit garçon osa relever la tête pour l'observer. Sûrement rassuré par ce qu'il lisait sur son visage, Edward reporta son attention sur le menu avant de désigner d'un doigt hésitant la salade d'épinards.
-Tu es sûr ? Insista-t-il avec douceur. »
Edward baissa un peu la tête pour ne pas croiser son regard. Carlisle retint un soupir, il savait qu'il demandait trop à l'enfant. Le médecin composa le numéro de la réception et commanda le repas. Les cuisines n'étant pas encore ouvertes, ils allaient devoir attendre. Carlisle alluma la télévision, réglant le son le plus bas possible et mit un dessin-animé qu'Edward osa à peine regarder. Lorsqu'il vit que la perfusion était pratiquement vide, il ôta le cathéter et prit Edward dans ses bras pour le porter jusqu'à la salle de bain. Une fois dans celle-ci, il aida l'enfant à se dévêtir pendant que la baignoire se remplissait. Il ajouta du bain moussant avant de coller des pansements résistants à l'eau sur les avant-bras d'Edward où se trouvaient ses plaies. Puis, il le souleva pour le déposer dans la baignoire. Carlisle serra les dents. A peine étaient-ils entrés dans leur bain plein de mousse qu'Alice et Emmett transformaient la salle de bain en piscine, ils se déguisaient avec la mousse ou soufflait sur celle-ci pour attraper les bulles, mais pas Edward. Edward restait assis bien droit tout en le surveillant du coin de l'œil. Le petit garçon fit soudain un geste vers le savon posé sur le rebord, mais il le stoppa. Carlisle prit un peu de mousse entre ses mains avant de la souffler envoyant cette dernière tournoyer autour d'Edward qui ferma simplement les yeux.
« -Tu veux essayer ? Proposa-t-il à l'enfant qui ne bougea pas.
Carlisle tenta une dernière fois de le dérider, mais rien n'y fit. Il fit donc passer le savon à l'enfant qui se lava rapidement. Cependant alors qu'il allait sortir du bain, le médecin le stoppa en attrapant le flacon de shampooing, il roula une serviette pour faire un dossier confortable au petit garçon et le força à s'y appuyer. Puis, il versa un peu de shampooing dans le creux de sa paume avant de demander à Edward de fermer les yeux. Doucement, ses doigts massèrent le crâne de l'enfant. Si ce dernier était au début tendu, il ne tarda pas à se laisser aller. Pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontré, il put voir un enfant serein et détendu. Cependant, l'eau du bain ne tarda pas à refroidir et il dut le faire sortir. Une fois séché, il l'enroula dans la serviette n'ayant pas trouvé de vêtements propres. Ils revinrent dans la chambre au moment où on frappait à la porte. Aussitôt, la petite main d'Edward s'agrippa à son pantalon.
-Tout va bien, le rassura-t-il en le laissant rejoindre sa mère sur le lit.
Carlisle alla ouvrir au room service et paya ce dernier en liquide avant de revenir dans la chambre. Il poussa la desserte dans la pièce sous le regard intrigué d'Edward, il lui fit signe d'approcher et, à sa grande joie, le petit garçon vint vers lui. Ils s'installèrent sur le canapé et il ôta la cloche recouvrant deux des trois assiettes. Edward regarda les assiettes avec un hamburger et des frites.
-Et bien, zut, alors ! Marmonna Carlisle avec un sourire. Il semblerait qu'ils aient oublié la salade d'épinards.
Son cœur bondit dans sa poitrine quand Edward lui sourit. Il poussa une assiette vers lui tout en lui demandant s'il voulait de la mayonnaise ou du ketchup. Edward mangea la moitié de son assiette avant de triturer nerveusement une frite.
-Ce n'est pas grave, si tu n'as plus faim, le rassura Carlisle. »
Quelques minutes plus tard, Edward somnolait, sa tête roula contre son épaule et il le prit dans ses bras alors qu'il luttait lui aussi contre le sommeil. Il caressa les cheveux du petit garçon. Il devait faire quelque chose, il ne pouvait pas les laisser entre les mains d'Ethan. Son frère battait son propre fils, sa femme, pourquoi cela ne l'étonnait-il pas ? Carlisle avait gardé des contacts avec des personnes hauts placées qui cherchaient à démonter l'organisation de son père. Il savait qu'ils étaient prêts à intervenir, ce n'était qu'une question de mois. Peut-être pourrait-il faire accélérer les choses ? Cependant, s'il aidait Elisabeth et Edward à fuir, il risquait de compromettre les chances du gouvernement d'arrêter son père et de délivrer « ses autres pensionnaires » et aussi de mettre en péril sa famille. Perdu dans ses pensées, cherchant désespérément des réponses, il ne vit pas le temps passer, ni la fatigue arriver. Il s'endormit.
Le lendemain matin, il s'était réveillé, toujours sur le canapé, Edward en pyjama dans ses bras, une couverture les recouvrant. Pourquoi, après avoir habillé l'enfant, Elisabeth l'avait-elle remis entre ses bras ? Soudain, il se redressa en voyant qu'ils étaient seuls ! Elisabeth n'aurait pas fait ça ? Non, elle n'aurait pas pu partir en lui laissant Edward ? Il se leva brusquement, bousculant et réveillant par la même occasion le petit garçon qui lui lança un regard perdu. Au même moment, la porte de la chambre s'ouvrit sur Elisabeth qui arrivait avec des boissons chaudes et des donuts. Ils mangèrent. Puis, il examina le petit garçon, ses plaies étaient saines et sa fièvre avait disparu. Il discuta avec Elisabeth pendant qu'Edward regardait un dessin animé. Il alla à la salle de bain prendre une douche. Une fois propre et changé, il allait rejoindre la chambre quand il entendit Edward parler.
« -C'est qui le Monsieur, maman ?
-Une personne en qui tu peux avoir confiance, mon cœur, il veille sur nous.
-Comme un ange ?
-Oui, Edward, c'est un ange, sourit Elisabeth avant d'étreindre son fils. »
Ses regrets grandirent un peu plus en lui, Elisabeth espérait tellement de lui alors qu'il ne pouvait rien pour elle. Quand il avait épousé Esmé, il s'était juré de tirer définitivement un trait sur son passé et Elisabeth appartenait à ce passé. Il entra dans la pièce et reçut de plein fouet le regard émeraude de son neveu empli d'espoir. Il détourna la tête, ne pouvant en supporter davantage. Elisabeth le sortit de ses pensées en proposant une ballade dans le parc du quartier. Carlisle les suivit. Ils marchèrent un long moment en silence. Elisabeth se tenait sur sa gauche, Edward entre eux tenait la main de sa mère, il sursauta en sentant soudain une petite main accrocher timidement la sienne. Carlisle n'hésita que quelques secondes avant de refermer sa main sur celle de l'enfant qui afficha alors un sourire radieux. Ils continuèrent leur ballade avant qu'Edward ne se fige. Les deux adultes s'arrêtèrent pour regarder ce qui attirait l'attention de l'enfant et ils virent ce dernier observer avec intérêt un groupe de jeunes faire du vélo. Une idée un peu folle traversa son esprit, il le regretterait peut-être plus tard, mais pour le moment il s'en moquait. Tout en leur assurant qu'il revenait, il lâcha la main d'Edward pour se précipiter vers une boutique se trouvant de l'autre côté de la rue. Après s'être délesté de plusieurs billets de 100 dollars, il rejoignit Elisabeth et son fils qui s'étaient assis sur un banc. Les yeux d'Edward s'agrandirent de stupeur quand il le vit revenir, Carlisle sentit son être se combler de joie quand il vit le bonheur sur le visage du petit garçon.
« -Allez viens, l'appela-t-il.
Edward le rejoignit après avoir demandé la permission à sa mère qui lui répondit par un sourire et un regard encourageant. Doucement, il s'approcha et posa une main hésitante sur le guidon du vélo.
-Je sais pas en faire, avoua l'enfant dans un murmure.
-Et bien, je vais t'apprendre, le rassura Carlisle.
Edward écouta avec sérieux ses explications et ses conseils contrairement à Emmett et à Alice qui n'avaient voulu en faire qu'à leur tête, cependant, il pouvait voir la même lueur de joie et d'impatience dans son regard. Le petit garçon monta finalement sur le vélo et il tint sa selle. Ils firent plusieurs fois le tour du recoin où Elisabeth s'était installée. Parfois, il lâchait la selle d'Edward avant de la reprendre quand il le sentait tanguer. Ils ne virent pas le temps passer et Elisabeth les interrompit pour qu'ils viennent manger les sandwichs qu'elle avait acheté. Après avoir mangé, Edward demanda timidement s'il pouvait jouer à nouveau avec le vélo et il se fit un plaisir d'aller le soutenir. Seulement, au bout d'un quart d'heure, il dut admettre que l'enfant n'avait aucun besoin de lui.
-J'y arrive tout seul ! S'écria Edward ravi quand il ne le vit plus tenir la selle.
-C'est très bien, mon grand, continue, mais reste dans notre champ de vision.
-Maman ! Regarde !
-Bravo, Edward ! C'est très bien ! Je suis fière de toi, mais fais attention !
-Oui ! Cria l'enfant avant de pédaler encore plus vite.
Carlisle sourit avant de revenir auprès d'Elisabeth pour s'asseoir à ses côtés. Aucun d'eux ne parla, ils étaient trop occupés à regarder Edward qui pédalait avec bonheur. Tout à coup, la sonnerie d'un téléphone les fit sursauter. Les doigts tremblant d'Elisabeth attrapèrent l'appareil pour lire le message qu'elle venait de recevoir. Sans qu'elle n'ait besoin de le lui dire, il sut que le moment de paix pour la mère et le fils était terminé.
-Prends-le, Carlisle, je t'en supplie, murmura Elisabeth dont il perçut les sanglots dans la voix.
-Je suis désolé, mais je ne peux pas.
-Carlisle, pitié…
-Non… Tu ne peux pas me le demander… Arrête…
-Carl…
-Non ! Reprit-il plus fermement. Je suis navré, si encore il n'y avait qu'Esmé peut-être pourrions-nous fuir… Mais je refuse de faire vivre ça à Emmett et à Alice !
Elisabeth ferma ses paupières quand elle comprit qu'il ne cèderait pas.
-Ecoute, j'ai encore quelques contacts au gouvernement, ils vont bientôt mettre un terme à tout ceci, je vais tenter de faire accélérer les choses pour…
-Tu ne comprends pas, le coupa Elisabeth en tordant nerveusement ses doigts. Il… Ethan se doute de quelque chose.
-Ethan ? Je croyais que tu avais dit qu'il ne savait pas où j'étais.
-Il ne s'agit pas de toi, rit nerveusement Elisabeth, enfin, pas tout à fait. Tu te souviens peu de temps avant que ta mère t'aide à t'enfuir, le Général t'avait violemment battu. Il t'avait enfermé et privé de nourriture.
-Oui, mais tu es tout de même venue m'apporter à manger et me soigner. Elisabeth, je sais ce que je te dois, mais…
-Laisse-moi terminer, s'il-te-plaît. Nous étions tous les deux mal, on avait tellement besoin d'être aimé que…
-Que nous nous sommes aimés, se rappela-t-il. Elisabeth… Je… Enfin, je ne regrette pas, nous avions besoin de réconfort, mais je te considère plus comme une sœur que…
-Je sais ! Intervint-elle. Il en va de même pour moi, cependant, cette nuit-là, tu m'as laissé quelque chose.
-Je ne comprends pas.
-Edward est né 9 mois plus tard.
-Je… Non… Non !
-Edward est ton fils. Carlisle, il n'est ni Emmett, ni Alice, mais il a besoin de son père. Je t'en prie ! Ethan se pose des questions. Edward me ressemble physiquement, mais il est une parfaite copie de toi, il a ton caractère et…
-Stop ! Arrête ! Tu… Pourquoi ne m'as-tu rien dit il y a trois ans ?
-Ce n'est pas évident à dire, Carlisle, je t'en prie. Je les emmènerais loin de vous, je t'en fais le serment.
Carlisle passa une main nerveuse dans ses cheveux. Son fils, Edward était son fils. Il se leva en voyant le petit garçon arriver vers eux sur le vélo. Il s'approcha, l'enfant ralentit avant de placer ses pieds sur le sol et de poser sur lui un regard interrogateur.
-Je peux te faire un câlin ? Questionna le médecin en s'agenouillant face à lui.
Le petit garçon hésita quelques secondes avant de descendre de son vélo et d'appuyer celui-ci contre un arbre. Il tendit ses bras vers lui et Carlisle le prit aussitôt. Il enfouit son visage dans le cou de l'enfant, une de ses mains caressa ses cheveux pendant que de l'autre, il le maintenait contre lui. Ils restèrent ainsi blottis l'un contre l'autre jusqu'à ce qu'Edward gigote sûrement mal à l'aise. Doucement, il desserra son étreinte, mais il ne relâcha pas pour autant le petit garçon. Il revint vers Elisabeth. Sa décision était prise. Il lui rendit l'enfant.
Carlisle inspira profondément. S'il avait eu un tant soit peu de courage, il aurait pu mettre toute sa famille à l'abri ce jour-là, mais il n'avait rien fait, s'il avait agi autrement Elisabeth serait parmi eux. La main douce et réconfortante d'Esmé se resserra sur la sienne. Il avait du mal à relever la tête, craignant de croiser son regard, de ce qu'il pourrait y lire. Craintivement, il croisa le regard de sa femme et il ne put voir que de l'amour et de la tristesse dans ses prunelles.
« -Pourquoi ne pas m'avoir parlé ? Pourquoi avoir gardé ce lourd fardeau pour toi ?
-Parce que je ne voulais pas que la noirceur de mon passé ne vienne ternir ton bonheur, répondit Carlisle.
-Que s'est-il passé ensuite ? Questionna l'agent Davies.
-Elisabeth et Edward sont retournés auprès d'Ethan et du Général, j'avais besoin de temps. J'ai contacté Franz, il avait aidé les Cullen et ma mère à m'extraire de leurs griffes. Il m'apprit que le gouvernement n'allait pas tarder à intervenir et qu'il ne comptait pas faire dans la dentelle, autrement dit, moins il y aurait de survivants mieux ce serait, ainsi, personne ne pourrait témoigner de leurs dérives.
-Ils avaient prévu de tuer tout le monde ? S'écria l'agent Beckett.
-Oui, rappelez-vous qu'au début, ils avaient soutenu le projet avant que le Général ne les double en se créant sa petite armée personnelle. Nous avons donc décidé d'intervenir avant le gouvernement. J'ai prévenu Esmé de se tenir prête pour notre départ. Puis, je suis allé rejoindre Franz près de leur base. Malgré ma fuite, ils n'avaient rien changé à leurs habitudes. Comme convenu avec Elisabeth, j'ai accroché un foulard marron au pied d'un arbre où elle venait toujours lire à un moment dans la journée, c'était la seule liberté que lui permettait Ethan. Le soir venu, nous étions en place, le foulard n'était plus là. Franz m'attendait dans la voiture pendant que je venais vous chercher, ta mère et toi, précisa Carlisle en risquant un coup d'œil à son fils qu'il trouva pâle. Je t'ai récupéré, mais…
-Je m'en souviens, murmura Edward. Je me rappelle être tombé dans tes bras, puis…
Les traits de son fils se durcirent et il imaginait qu'il revoyait l'intervention d'Ethan.
-Tu l'as abandonné, claqua la voix emplie de reproche d'Edward.
-Je le regrette, mais Elisabeth n'avait qu'un souhait : que tu sois en sécurité.
-Il y a eu une explosion.
-Oui, malheureusement, nous n'étions pas les seuls à nous introduire dans le camp.
-Le gouvernement, comprit Bella.
-Oui, confirma Carlisle, et comme l'avait prévu Franz, ils ont débarqué avec leurs gros sabots. En quelques secondes, ils ont mis le camp à feu et à sang. J'ai fait mon possible pour rejoindre Franz et nous t'avons mis à l'abri.
-Tu ne nous racontes pas tout, lui reprocha Edward.
-Exact, mais…
-Je veux savoir ! Insista son fils.
-Bien… L'explosion nous a propulsé au sol, je t'ai protégé, mais j'ai été blessé, un morceau de verre s'était figé dans mon épaule. J'ai continué à courir en te portant, tu étais inconscient. Malheureusement, Ethan nous a rattrapé. Il… Il…
Carlisle sentit sa voix mourir sous le coup de l'émotion, malgré le nombre des années, son émoi était toujours aussi vif. Cependant, le regard intransigeant de son fils lui donna la force de poursuivre.
-Ethan traînait ta mère. Il… Il a menacé de la tuer si je ne te rendais pas. Ta mère m'a supplié de ne pas lui obéir. Ce que j'ai fait… Il ne pouvait pas nous menacer en même temps avec son arme. Ta mère s'est débattue et j'en ai profité pour m'enfuir. J'avais à peine fait deux mètres qu'un coup de feu a résonné. Il… Ethan l'avait tué. Son arme était maintenant pointée sur moi. Il allait tirer quand ils sont arrivés.
-Qui ? Lui demanda doucement Russell.
-Daniel, Helena et les autres, certains étaient armés et ils ont tout de suite visé Ethan. Je t'ai confié à eux en leur indiquant où était Franz, ils sont partis le rejoindre. Ethan et moi… Nous nous sommes retrouvés seuls, nos revolvers visant l'autre. Tout m'est revenu en mémoire, les brimades, les humiliations, les coups, tous ces traitements qui étaient censés m'endurcir. Mon passé et mon présent se retrouvaient. J'ai su à cet instant que je devais accepter mon éducation si je voulais survivre, protéger les miens. J'ai donc utilisé mes connaissances, elles seules pouvaient me sauver. Je lui ai parlé. J'ai appuyé là où je savais que ça ferait mal. Je l'ai volontairement énervé car la colère était son point faible. Il a baissé sa garde et j'ai été le plus rapide. J'ai tué Ethan.
-Qu'est-ce que… Balbutia Edward. Il… D'après ce que tu dis, il était surentraîné, comment as-tu pu le duper aussi facilement ?
-Même si je n'étais pas le fils dont il rêvait, le Général a toujours dit que j'étais le plus fort des deux, le plus intelligent. Je pense que quelque part il approuvait que je lui tienne tête. La haine d'Ethan envers moi s'est décuplée le jour où il l'a compris. Je lui ai rappelé ce fait et… Il est devenu fou de rage.
-C'est tout ? Insista son fils toujours trop perspicace.
-Je… lui ai fait remarquer à quel point il était étonnant que tu lui ressembles si peu, contrairement à moi. Ma remarque a fait mouche, Elisabeth m'avait dit qu'il avait des soupçons et je venais de les lui confirmer.
Un lourd silence s'installa dans la chambre. Esmé, dont les larmes inondaient son beau visage, se pencha pour le prendre dans ses bras. Il lui rendit son étreinte, mais la seule personne qui l'intéressait pour le moment était Edward. Carlisle se tourna vers son fils qui l'observait d'un visage trop neutre à son goût, il aurait tant aimé qu'il exprime ses sentiments même si c'était de la haine ou de la rage contre lui.
-Toutes les personnes qui ont été atrocement assassinées étaient donc des gens qui s'étaient enfuis avec vous ? Résuma l'agent Davies.
-Oui. Une fois que j'ai rejoint la voiture, Franz avait réussi à voler deux autres véhicules. Nous avons roulé toute la nuit pour rejoindre Chicago, j'avais fait un stage dans cet hôpital et je savais que je pourrais y amener Edward sans que personne ne pose trop de questions. Franz m'a laissé aux urgences pendant qu'il installait les autres dans un hôtel. Je suis resté auprès de toi, assura Carlisle en regardant son fils, tu étais inconscient depuis notre fuite et je ne comprenais pas, tu ne semblais pas blessé. Seul un choc post-traumatique pouvait expliquer le sommeil dans lequel tu semblais être plongé. Franz est venu me voir. Depuis ta chambre, nous avons programmé la disparition de chacun des membres qui étaient avec nous, leur donnant de nouvelles identités, les dispersant un peu partout dans les Etats-Unis avec une somme d'argent piochée dans la fortune des Cullen. Nous avons utilisé des organismes caritatifs fictifs pour ne pas éveiller les soupçons. Nous ne nous sommes revus qu'une fois durant toutes ces années, nous étions prudents, mais apparemment pas assez. Laurent, l'homme qui a été tué à l'hôpital, Jane, la femme que j'ai blessé, et Alec qui est enfermé chez vous sont les enfants de la 2ème génération contrairement à Helena, Daniel, les autres et moi-même, ils sont la relève et quelqu'un leur a ordonné de les tuer.
-Pourquoi maintenant ? Pourquoi 20 ans plus tard ? Interrogea l'agent Beckett.
-Je l'ignore. Le Général a réussi à s'enfuir le soir de la descente du gouvernement, cependant, la plupart de ses « protégés » sont mort cette nuit-là. J'ai pensé un moment que c'était une expédition punitive, mais j'en doute.
-Peut-être cherche-t-il à attirer votre attention ? Proposa Russell Davies.
-Un peu trop voyant pour que ce soit cela, murmura Carlisle, en tuant ainsi tous ces gens, il n'attire pas que mon attention, mais aussi celle du gouvernement. J'ai pensé qu'il voulait peut-être les défier, leur montrer qu'il était toujours puissant même s'ils avaient essayé de le détruire.
-Que va-t-il se passer maintenant ? Interrogea Bella inquiète.
-Je l'ignore, avoua-t-il sincèrement.
-Et le corps de ma mère, qu'est-il devenu ?
-J'ai pu récupérer sa dépouille, elle est enterrée au cimetière de Chicago.
-La tombe…
-Oui, elle est là où tu te recueilles, mais il n'y a qu'elle, je n'ai pas voulu qu'Ethan soit enterré à ses côtés.
-Pourquoi je ne me souviens de rien ? Questionna Edward.
-Choc post-traumatique, répondit Carlisle, ton cerveau a préféré occulter un passé trop dur à supporter.
-Cela ne peut pas tout expliquer, marmonna son fils en fronçant les sourcils, je…
-Edward, tu n'étais qu'un enfant, le coupa-t-il, tu avais vécu beaucoup de choses traumatisantes depuis ta naissance et cela a été le choc de trop. Je… Edward, Franz a veillé sur toi quand je suis retourné à Forks pour revenir te chercher avec Esmé et les enfants. Il m'a avoué à ce moment-là que tu lui avais échappé cette nuit-là. Helena et lui sont partis à ta recherche, il t'a retrouvé à quelques mètres de nous. Tu semblais paralysé, Ethan venait de s'effondrer. Tu m'as vu tuer ton père et il est possible que tu ais aussi vu Ethan tuer Elisabeth. Tu as perdu connaissance et Franz t'a ramené à la voiture pendant que j'emmenais le corps de ta mère à l'abri.
-Que va-t-on faire maintenant ? S'enquit Esmé anxieuse et terrifiée à l'idée qu'il arrive quelque chose à leur famille.
-Tu vas partir avec les enfants, annonça-t-il, tu vas les emmener là où ils ne risqueront rien pendant que je tire un trait définitif sur mon passé.
-Carlisle…
-On peut vous protéger, Docteur Cullen, intervint l'agent Davies.
-Non, vous ne pouvez rien et je refuse de mettre d'autres vies en danger. Nous règlerons le problème.
-Tu ne peux pas faire cela seul, le contra Esmé, tu n'es pas…
-Il ne sera pas seul, coupa Edward, je reste.
-Edward…
-Non, Carlisle, il n'y a pas à discuter.
-Edward, tu ne comprends pas, soupira Carlisle, si le Général met la main sur toi, il te détruira. Et puis, il y a Stefan, tu dois veiller sur lui, le protéger.
-Où que soit l'endroit où tu projettes d'envoyer la famille, j'ai le pressentiment qu'ils seront vraiment en sécurité, donc, je n'ai pas à m'en faire pour lui.
-Edward, s'il t'attrape, s'il découvre que tu as un fils, il le voudra. Stefan est encore en âge d'être formé, il voudra vérifier s'il a les mêmes prédispositions que toi et moi. Tu ne peux pas prendre ce risque, il vaut mieux que tu suives les autres, tu seras en sécurité.
-Hors de question ! Et puis, il n'y a pas qu'eux, marmonna Edward, l'Eventreur ne s'est pas manifesté ?
-Voilà une raison de plus pour partir avec les autres ! S'écria-t-il.
-Non, il ne s'est pas manifesté, répondit l'agent Davies. Nous n'avons toujours rien sur lui.
-Vraiment ? S'étonna Carlisle. Vous n'avez pas eu l'identifier avec son ADN ?
-Il n'a jamais laissé ses empreintes ou une quelconque trace, avoua l'agent Beckett.
-Dans le sous-sol, je l'ai touché. Ma balle a traversé sa main.
-Vous devez vous tromper, Docteur Cullen…
-Je ne me trompe pas, Agent Davies, et je ne manque jamais ma cible surtout quand cette dernière menace mon fils. Je l'ai touché !
-Alors, pourquoi n'avons-nous pas trouvé de traces de sang ? Murmura l'agent Beckett.
-J'ai peine à croire qu'il ait pensé à effacer ses traces avec tous les coups de feu qui nous entouraient, lâcha Edward pensif.
-Je n'ai pas manqué ma cible, répéta Carlisle qui sentait l'énervement le gagner.
-Bon, je crois que cela suffit pour aujourd'hui, intervint Russell Davies, Docteur Cullen, je pense que vous avez besoin de repos et toi aussi. »
Edward allait protester, mais il se ravisa en croisant le regard de l'agent Davies. Son fils laissa sa tête retomber sur son oreiller et ferma les yeux. Esmé déposa un baiser sur son front avant d'aller faire de même avec Edward. Puis, tous, ils sortirent à tour de rôle de la chambre. Carlisle se redressa sur un coude, souhaitant parler avec son fils. Il allait ouvrir la bouche quand il croisa le regard émeraude d'Edward. Il le fixa pendant plusieurs minutes sans rien dire avant de fermer les yeux. Carlisle s'allongea à son tour dans le lit, il devait avouer que son mal de tête ne cessait de s'amplifier, mais quand il avait vu Edward en danger, il avait plongé sans réfléchir, il protégeait et protègerait toujours les siens.
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Edward ferma les yeux pour ne plus avoir à soutenir le regard de Carlisle. Il ne savait plus que penser, ses idées étaient confuses et il ne souhaitait pas dire quelque chose qu'il pourrait regretter plus tard. Lorsque la respiration régulière de Carlisle résonna dans la chambre, il se redressa et prudemment il descendit du lit avant de pester quand il remarqua qu'il portait une de ces immondes chemises d'hôpital et qu'il n'avait rien en dessous. Il aperçut un peignoir traînant sur un fauteuil et l'enfila avant d'aller s'asseoir sur le rebord du lit de Carlisle. Pendant de longues minutes, il ne bougea pas avant de se pencher pour remettre une mèche blonde en place. Ses doigts effleurèrent la joue de Carlisle. Et dire que quand il était petit il l'avait pris pour un ange ! Il n'en avait qu'un souvenir très flou, mais une image ne cessait de s'imposer à lui. Il se revoyait heureux, libre sur un vélo, Carlisle le poussant. Qu'aurait-il fait à sa place ? Serait-il allé au secours d'une vieille amie et de son fils si cela avait mis en péril la vie de Stefan ? Il ne savait pas, sûrement que non, jamais il ne pourrait mettre Stefan en danger. Cependant… Cependant, Carlisle avait agi dès qu'il avait appris sa paternité, il était de suite venu le chercher. Il avait pris de grands risques pour lui, alors, comment pourrait-il lui en vouloir ? Il aurait aimé avoir la force de lui pardonner, mais pour le moment, il ne s'en sentait pas capable. Alors qu'il se croyait orphelin, il avait toujours son père… Edward avait appris trop de choses en peu de temps, il ne savait plus quoi faire, quoi penser… Le jeune homme se pencha et déposa un baiser sur le front de son père. Il se releva et chercha du regard ses vêtements, mais rien. Il supposa que Russell les avait pris pour l'empêcher de partir, croyait-il vraiment que cela allait l'arrêter ?
Edward resserra les pans de son peignoir et sortit. Il tomba aussitôt nez-à-nez avec deux agents du FBI, Caitlin et Bella qui surveillaient leur chambre. Les deux jeunes femmes se redressèrent quand elles le virent. Il leur expliqua qu'il avait besoin de prendre l'air et qu'il revenait après avoir fait un petit tour. Il leva les yeux au ciel quand il remarqua qu'un agent et Bella lui emboîtaient le pas.
« -Je n'ai pas besoin de protection, grogna-t-il.
-Dis le mec qui s'est fait canarder devant le Commissariat, ricana Bella.
-Je vais juste à la cafétéria !
-Ok, mais reste à l'intérieur, lui demanda Caitlin en rappelant l'agent, par contre, je pense que Bella aurait besoin de manger quelque chose.
Edward haussa les épaules avant d'attendre que la jeune femme la rejoigne. Ensemble, ils descendirent au rez-de-chaussée. Il s'installa sur une banquette qui se trouvait dans un recoin et donc à l'abri des fenêtres, autant ne pas tenter le Diable en s'exposant ! Bella le rejoignit et déposa sur la table un plateau avec deux cafés et des muffins.
-Sers-toi, proposa Bella.
-Est-ce que tu peux me prêter ton téléphone, j'aimerais appeler Stefan ?
-Oui, bien sûr, tiens.
La jeune femme lui sourit et il se dépêcha d'appeler Sam. Son ami répondit rapidement et se dépêcha de lui passer son fils.
-Papa ?
-Oui, c'est moi, mon cœur. Tu vas bien ?
-Oui, tu rentres quand papa ? Questionna Stefan.
-Bientôt, mon chéri, mais dis-moi que faisais-tu ?
-Ze Zoue avec tonton Emmett, mais il boude parce qu'il a perdu et tatie Rose a dit qu'elle me fera des pâtes comme quand toi tu les fais.
-C'est gentil de sa part.
-Mais elles seront pas aussi bonne que quand c'est toi, bouda son fils.
-Ecoute, mon cœur, je te promets que quand j'aurais moins de travail on partira tous les deux en vacances pendant beaucoup, beaucoup de jours, d'accord ?
-Il me tarde, papa.
-Moi aussi, mon cœur.
-Tu me liras une histoire ce soir ?
-Je vais faire mon possible pour pouvoir être là, mais sinon, je suis sûr que tonton Jasper se fera un plaisir de te la lire. Il faut que je te laisse mon grand, mais si jamais je ne suis pas là ce soir, je veux que tu dises à Sam de m'appeler pour que je te fasses plein de bisous par téléphone, d'accord ?
-Bisous, bisous, bisous, bisous, bisous, bisous, bisous, cria Stefan dans le téléphone.
-Gros bisous, mon amour, je t'aime.
-Ze t'aime, papa.
Edward raccrocha avant de rendre son téléphone à Bella, il la remercia avant de prendre une gorgée de café. La jeune femme lui sourit, elle poussa un muffin vers lui.
-Tu dois manger, insista Bella alors qu'il repoussait la nourriture.
-Je n'ai pas vraiment faim.
-Comment te sens-tu ? Lui demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
-Perdu, murmura Edward. Tout ce en quoi je croyais n'était qu'un mensonge.
-Carlisle a fait son possible pour te protéger allant même jusqu'à te créer un monde de bonheur.
-Qu'il vient de faire éclater.
-Tout va s'arranger, j'en suis certaine.
Bella lui offrit un sourire rassurant avant de poser sa main sur la sienne, leurs doigts s'enlacèrent alors que leurs regards se croisaient. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres quand il vit les joues de la jeune femme s'empourprer, mais elle ne retira pas pour autant ses doigts.
-Comment va Stefan ?
-J'ai de la chance d'avoir un petit garçon très courageux, lui répondit-il, cependant, j'avoue que je meurs d'envie de le serrer dans mes bras.
-Tu pourras peut-être le faire ce soir ? Dit doucement la jeune femme pour le réconforter.
-Ouais, on verra… Je suis désolé, mais j'ai vraiment besoin de prendre l'air.
-Edward, je ne suis pas sûre que ce soit prudent.
-Quelques minutes, murmura-t-il.
Le jeune homme se leva et sans attendre Bella, il se dirigea vers la porte non loin d'eux qui donnait sur un petit jardin où s'étendait la terrasse de la cafétéria. Il marcha jusqu'à un petit bosquet où il s'appuya contre un arbre. Il ferma les yeux et laissa le soleil caresser son visage. N'ayant aucun souvenir de ses parents, il s'était imaginé une famille idéale, un père courageux, protecteur et fier de lui, il était loin du compte… Son père n'était qu'un meurtrier froid et… Edward se figea, Ethan n'était pas son père, c'était Carlisle ! Carlisle qui pouvait correspondre à ce père qu'il avait tant désiré dans ses rêves. Quant à sa mère, elle paraissait être telle qu'il l'avait imaginé douce, aimante, elle avait donné sa vie pour lui. Une larme roula le long de sa joue, il aurait tant aimé se souvenir d'elle.
-Edward…
Il se redressa dès qu'il entendit la voix de Bella. Il se détourna pour cacher son visage et inspira profondément tout en essuyant ses joues. La jeune femme posa une main sur son bras pour l'empêcher de la fuir, elle l'attira à lui et l'enferma dans ses bras. Sa main caressa tendrement son dos tout en lui répétant que tout irait bien. Edward enfouit son visage dans son cou se laissant ainsi enivrer par l'odeur de fleur qui émanait de ses cheveux. Bella remonta lentement la main le long de son échine pour se perdre dans ses cheveux qu'elle caressa tendrement, massant son crâne et envoyant des légères décharges d'électricité dans son corps. Le souffle de la jeune femme frôlait son oreille, son cou. Il sursauta en sentant les lèvres de Bella se poser sur la peau fine de son cou. Ses bras se resserrèrent autour du corps de la jeune femme. Il sortit lentement sa tête de son refuge pour chercher le regard de Bella. Il plongea ses émeraudes dans le chocolat de ses yeux alors que leurs visages se rapprochaient…
-Edward ? Bella ? Où êtes-vous ?
Edward grommela quand il entendit la voix de Caitlin. Un soupir de frustration s'échappa des lèvres de Bella ce qui le fit sourire, il caressa la joue de la jeune femme puis il l'entraîna vers Caitlin avant que celle-ci ne déclenche l'alerte.
-On est là ! Lança-t-il en les rejoignant.
Caitlin haussa les sourcils, un air amusé et quelque peu espiègle se dessina sur son visage quand elle les vit sortir du bosquet. Il lui lança un regard noir faisant taire tout commentaire qu'elle aurait pu faire. Sa collègue retrouva rapidement un visage sérieux et elle les ramena jusqu'à la chambre où Carlisle était en train de finir de s'habiller.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-il en voyant les traits tirés de Russell.
-La fusillade devant le Commissariat était en réalité une diversion, lui apprit son collègue, on vient de retrouver notre suspect, Alec, mort et Jane a disparu de sa chambre d'hôpital.
-Ils font le ménage, murmura Bella.
-C'est pourquoi, nous avons décidé de tous partir pour le repère, nous y serons plus en sécurité, termina Carlisle.
Edward acquiesça. Russell lui tendit ses vêtements et il alla dans la salle de bain pour se changer. Une fois prêt, ils se rendirent au sous-sol de l'Hôpital pour monter dans deux voitures. Carlisle s'installa avec Russell, Esmé les accompagna pendant que Caitlin prenait place derrière le volant de la deuxième voiture où il grimpa avec Bella. Edward remarqua que son père leur faisait faire plusieurs détours avant de rejoindre sa cachette vérifiant ainsi qu'ils n'étaient pas suivis. Ils arrivèrent enfin à la maison et ils garèrent leurs véhicules dans le garage où Daniel les attendait, armé. Il remarqua le léger signe de tête que Carlisle adressa à Richardson qui se détendit aussitôt et rangea son revolver. Edward s'empressa de gagner l'étage et de rejoindre le salon où il entendait son fils râler après Emmett.
-Tu as trisssé ! Accusa Stefan.
-Mais non ! S'écria Emmett.
-Em', soupira Jasper, tu as avancé ton petit cheval de deux cases de trop.
-Achète-toi des lunettes, grogna son frère à l'attention du psy.
-Recule ! Ordonna Stefan.
-Stef…
-A ta place, j'obéirai, souffla Edward, sinon, le papa de ce jeune homme risque de te botter les fesses !
-Papa !
Stefan bouscula le jeu dans sa précipitation pour venir le rejoindre et sauter dans ses bras. Il le réceptionna et le serra contre lui pendant que le petit garçon le couvrait de baisers. En entendant les cris de son fils, Rosalie et Alice les rejoignirent. Du coin de l'œil, il vit Charlie et Sam revenir de sur le balcon. Stefan continua à le couvrir d'attentions, mais cela ne l'empêcha pas de voir les siens se raidir à l'entrée de Carlisle. Des regards accusateurs se posèrent sur lui et Emmett fit un pas menaçant dans sa direction. Le regard emplit de souffrance de Carlisle le toucha de plein fouet, il ne méritait pas ça.
-Alors, il me semble que je t'ai promis des pâtes, non ?
-Voui ! S'écria Stefan ravi.
-Tu m'aides à les préparer ?
Son fils opina vivement du chef tout en resserrant ses bras autour de son cou.
-Et tu sais qui pourrait nous aider ? Questionna-t-il alors que Stefan fronçait les sourcils alors qu'il se penchait à son oreille pour lui chuchoter quelques mots.
-Papi ! Tu viens ! Ordonna son fils.
-Hein ? Balbutia Carlisle un peu perdu.
-Tu viens nous donner un coup de main, papa ?
Edward avait insisté sur le dernier mot avant de lui offrir un sourire éclatant. Un poids sembla disparaître des épaules de son père qui s'approcha de lui. Il lui confia Stefan avant de les entraîner dans la cuisine. Il se retourna pour jeter un regard aux siens les prévenant ainsi de rester tranquille. Russell lui fit un clin d'œil et Edward sut qu'il allait calmer les esprits. Le jeune homme reporta son attention sur son père et son fils alors que les autres quittaient l'immense pièce.
-Merci, souffla Carlisle ému en déposant Stefan sur le comptoir.
-Merci à toi, papa. »
Leurs regards embués se croisèrent, s'accrochèrent et ils ne tardèrent pas à s'étreindre. Ils furent interrompus par Stefan qui leur rappela qu'il commençait à avoir faim. Ils sourirent face à l'impatience de l'enfant et se mirent au travail. Edward n'était pas un grand cuisinier, loin de là, et il avait de la chance que son fils pense que ses pâtes à la Carbonara était le meilleur met qu'il puisse exister ! Il surveillait la cuisson des pâtes en regardant son père et son fils qui battaient les œufs. Ils avaient presque terminé quand Bella vint les rejoindre avec Esmé. Les deux femmes sortirent des assiettes et des couverts. Elles ne tardèrent pas à être suivies par Alice et Rosalie, son père se raidit quelque peu en les voyants, mais elles déposèrent un baiser sur sa joue avant de prendre des verres et des serviettes. Edward lui donna une tape encourageante dans le dos tout en le poussant vers le coin salon où Emmett et Jasper se tenaient. Jasper hocha doucement la tête à l'attention de Carlisle lui signifiant ainsi qu'il comprenait, Emmett quant à lui se leva pour aller sur le balcon, fuyant leur père. Edward confia son fils à Jazz avant de rejoindre son frère. Emmett était accoudé à la rambarde, son regard fixait les vagues qui s'écrasaient sur la falaise en contrebas.
« -Ça va ? Demanda-t-il en s'accoudant à ses côtés.
-Comment peux-tu rester aussi calme ? Gronda Emmett dont les poings agrippèrent fermement la rambarde. Il nous a menti ! Il…
-Emmett, le coupa Edward, je suis désolé, mais si tu dois en vouloir à quelqu'un c'est à moi.
-Tu n'es coupable de rien, se récria Emmett, tu n'es qu'une victime !
-Et lui aussi, plaida-t-il, tu crois vraiment qu'il a voulu de cette vie ?
-Il… Il aurait dû nous dire la vérité !
-Il voulait nous protéger, tout ce qu'il a fait, il l'a fait par amour pour nous.
-Tu es mon frère, il aurait pu nous le dire.
-Et qu'est-ce que cela aurait changé ? Tu m'aimes de la même manière, non ? En tout cas, pour moi, vous étiez déjà mon frère et ma sœur.
Emmett soupira et passa une main lasse sur son visage. Son cadet lui donna une brève accolade avant de regagner l'intérieur. Edward allait rentrer à son tour quand Bella le rejoignit.
-Tout va bien ? S'enquit-elle.
-Oui, Emmett a juste besoin d'un peu de temps.
-C'est compréhensible. »
Bella lui sourit avant de mordiller sa lèvre inférieure. Il ne put s'empêcher de sourire face à sa mimique. Il tendit une main vers son visage et enroula l'une de ses mèches autour de son index. Edward était perdu. Bella brisait toutes ses barrières et lui faisait ressentir des sentiments qu'il croyait perdus. L'une des mains de la jeune femme se posa sur son torse alors qu'elle se rapprochait de lui. Soudain, tous deux sursautèrent quand ils entendirent Stefan l'appeler. Edward s'écarta de la jeune femme quand son fils apparut. Il se saisit de chacune de leur main pour les traîner à l'intérieur leur annonçant que tonton Emmett allait tout manger s'ils ne venaient pas ! Le jeune homme prit place à côté de son fils. A peine assit, son regard chercha celui de Bella qui lui sourit tendrement. Il pouvait voir une pointe de regret dans ses prunelles, qui sait ce qui se serait passé s'ils n'avaient pas été interrompus ? Caitlin, puis, Stefan… Ses sentiments pour la jeune femme étaient encore confus, par ailleurs, il n'était pas certain de pouvoir lui offrir tout ce qu'elle méritait. Oui, Isabella Swan méritait mieux qu'un homme brisé…
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Un cri de rage franchit le seuil de ses lèvres, son poing heurta violemment le visage de la femme qui n'émit qu'un léger cri, elle n'en avait plus pour longtemps… Cependant, il la ferait hurler jusqu'à ce qu'elle trépasse, comment avait-elle pu croire qu'elle ou ses amis pouvaient s'en prendre à sa proie ? Il avait eu tellement peur quand il avait vu la voiture débouler, il avait esquissé un geste pour le sauver, mais, heureusement, le père s'était sacrifié pour le fils. Il avait regardé les ambulanciers l'emmener et la colère était à nouveau née en lui quand il avait vu cette femme monter avec lui ! Avant que les portes ne se ferment, il l'avait vu prendre sa main ! Comment osait-elle toucher à ce qui lui appartenait ? Son poing s'enfonça violemment dans l'estomac de la blonde qui cracha du sang.
« -Dis-moi où ils sont ? Gronda-t-il en empoignant violemment son visage entre ses doigts pour plonger son regard dans le sien. Je te promets d'abréger tes souffrances si tu parles !
Un rire amer franchit les lèvres de la jeune femme, elle ne parlerait pas. Il aurait dû prendre son jumeau, il était plus faible, mais il était plus aisé de s'introduire dans un Hôpital pour enlever quelqu'un que dans un Commissariat. De toute manière, Alec était mort, les autres n'allaient pas le laisser entre les mains des flics.
-Alors, tu réponds ? S'impatienta-t-il.
-Et que feras-tu ?
-A ton avis, Jane ? Je n'aime pas qu'on touche à ce qui m'appartient et surtout à lui !
-Co… Comment connaissez-vous mon nom ? »
Un léger rire secoua son torse, elle était stupide. Doucement, il se recula pour retirer sa capuche, puis, son masque blanc. Il apprécia la lueur de terreur qui brilla dans les prunelles de Jane, elle savait. Elle savait que sa mort était proche et qu'elle souffrirait énormément. Il recula de quelques pas alors qu'elle tentait de le raisonner, de le supplier… Ne se souvenait-elle donc pas que cela ne faisait qu'accroître son plaisir ? Ses doigts effleurèrent les différents instruments de tortures posés sur la table, il hésita. Pas le poignard, non, il n'enfoncerait plus aucune lame dans un corps depuis qu'il avait goûté au délice de le faire avec Edward, personne ne savait mieux recevoir sa lame que lui… Un sourire se dessina sur son visage, il allait le protéger et le retrouver. Fier de sa résolution, il arma un revolver et se tourna vers Jane. Il n'avait pas vraiment besoin d'elle, il savait où trouver le Général, il aurait aimé avoir cependant quelques informations sur la sécurité, mais, bon, il se débrouillerait. Son arme visa l'épaule de la jeune femme, il tira. Oui, il allait la faire souffrir, tout comme il avait souffert quand ils l'avaient empêché de ravir sa proie dans le sous-sol, comme il avait souffert quand par deux fois ils avaient failli le tuer… Il tira, sa balle se logea dans le genou de Jane qui hurla de douleur. Un rictus se dessina sur son visage, ce n'était que le début…
