Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
J'espère que vous allez toutes et tous bien.
Je suis désolée pour ce retard, sincèrement, mais pour la première fois depuis que je publie, j'ai dû faire face à la hantise de la page blanche. Impossible d'écrire une seule ligne ou ce que j'écrivais ne me convenait pas. Bref, j'ai préféré ne pas toucher mon ordinateur de plusieurs jours, prendre du repos et me revoilà avec j'espère un chapitre qui vous plaira.
Merci énormément pour toutes vos reviews, merci, merci, merci, merci et encore merci !
Merci à Abby915, Pru, Aureliejeux81 et Savigny pour leurs messages, merci !
Je n'ai pas eu le temps de relire ce chapitre, j'espère qu'il n'y a pas trop d'erreurs …
Bonne semaine à tous !
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Bonne lecture !
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Chapitre 11 : L'appât
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Edward embrassa le front de Stefan avant de sortir sur la pointe des pieds de la chambre, le baby-phone à la main, il rejoignit le salon où sa mère, Alice et Rosalie étaient assises, Jasper essayait tant bien que mal de les réconforter après qu'ils aient tous appelés leur employeur pour prendre un congé sans solde. Un coup d'œil vers la cuisine où il vit Charlie et Bella discuter à voix basse. A la vue de leurs gestes et de leurs traits, il devina que cette conversation était plus une dispute. Le jeune homme soupira et aussitôt une main vint se poser sur la sienne. Il baissa la tête pour croiser le regard de sa mère.
« -Tout va s'arranger, mon chéri, lui dit-elle confiante.
Il lui sourit en retour, incapable de parler, d'exprimer ses peurs. Oui, tout s'arrangerait sûrement, mais à quel prix ? Combien de personnes présentes dans cette maison perdront la vie avant que tout ne s'arrange ?
-Où est papa ?
-Il est parti s'enfermer avec Emmett, j'espère que ton frère ne va pas dire des choses qu'il regrettera, murmura Esmé soucieuse.
Edward acquiesça en se demandant s'il ne ferait pas mieux d'aller voir si son père et son frère ne s'étaient pas entretués.
-Sais-tu ce que papa a prévu ? Lui demanda Alice d'une petite voix inquiète.
-Je ne sais pas et toi, maman ?
Sa mère allait ouvrir la bouche quand Emmett et Carlisle revinrent dans le salon, le visage de son frère était quelque peu rougi, mais leur père paraissait aller bien si ce n'est l'inquiétude qu'il lisait maintenant aisément dans ses yeux.
-Vous allez partir pour un endroit sûr qui se trouve pas très loin des côtes Brésilienne, annonça Carlisle.
-Sur une île ? Comprit Jasper.
-Oui, j'ai fait aménager cet endroit après la naissance d'Emmett avec l'aide de grand-père Cullen. Les maisons se perdent dans la nature et elle est suffisamment petite pour ne pas attirer l'attention.
-Les autres habitants de l'île…, commença Rosalie.
-Il n'y en a pas, la coupa Carlisle, les autres habitants sont les hommes de sécurité qui travaillaient pour Anthony Cullen et qui nous sont fidèles. Je les ai prévenu de votre arrivée. Vous partirez demain matin à la première heure, Franz s'est débrouillé pour que le service du bureau du Marshal nous prête un avion. Vous atterrirez à Rio de Janeiro avant d'être pris en charge par la sécurité.
-Pourquoi ne pas les faire partir maintenant ? Intervint-il. Ils seront plus vite en sécurité.
-Premièrement parce que je ne désespère pas de te faire changer d'avis.
-Je ne changerais pas d'avis ! Répliqua Edward, catégorique.
-Changer d'avis à quel sujet ? Demanda Alice en les observant à tour de rôle.
-Je souhaiterai que votre frère parte avec vous pour être à l'abri, mais il a décidé de n'en faire qu'à sa tête et de rester ici.
-Il faut bien que quelqu'un surveille tes arrière, papa.
Son père lui lança un regard empli de tendresse avant de secouer doucement la tête.
-Et Stefan ?
-Ne t'inquiète pas Rose, la rassura-t-il, il part avec vous.
-On prendra soin de lui, promit Jasper.
-Merci.
-Il serait prudent aussi que Bella et Charlie partent avec vous, annonça Carlisle en observant leurs amis qui s'étaient rapprochés à l'évocation de leurs noms.
-Il est hors de question que j'aille me planquer, déclara Charlie. Je sais me défendre.
-Il en va de même pour moi, décida Bella.
-Bella, soupira le Chef Swan, il me semble que nous en avons déjà discuté, il serait plus prudent pour toi que tu partes avec les Cullen.
-Tu en as parlé et je t'ai écouté, lui rappela la jeune femme, mais je n'ai jamais dit que j'irai me cacher.
-Bella, ton père a raison, tu devrais…
-Oh, toi ! Tu n'as rien à dire, tu es plus en danger que moi et pourtant tu refuses d'aller te planquer !
-Ce n'est pas pareil, plaida Edward, je sais à quoi je m'expose et…
-Et moi aussi ! La discussion est close ! Décréta Bella en sortant précipitamment du salon où elle se heurta à Helena qui venait les rejoindre.
-Qu'est-ce que vous lui avez fait pour qu'elle soit dans cet état ? S'étonna l'avocate. Vous voulez que j'aille chercher une autre fléchette tranquillisante ?
-Ca ne sera pas la peine, marmonna Carlisle, d'ailleurs, il me semblait t'avoir demandé d'y aller en douceur.
-Tu aurais préféré que je lui tire dessus à balle réelle ? Railla Helena.
-Non… Tu désirais ? Demanda son père.
-Ta présence dans la salle de commandement. Le Général Merwin a demandé une connexion sécurisée pour te parler.
-Très bien, j'arrive. Reposez-vous et Edward, je t'en prie, réfléchis… Pense à Stefan.
Sur ces mots, Carlisle leur sourit avant de quitter le salon pour suivre Helena. Edward n'hésita que quelques secondes avant de les suivre, Russell sur ses pas.
-Attends, lui demanda son mentor. Comment te sens-tu ?
-Je vais bien, Russell, ne t'inquiète pas pour moi.
-Voilà une chose que je n'ai jamais faite, plaisanta son ami. Ton père n'a pas tort quand il dit que tu seras plus en sécurité sur cette île.
-Ecoute, je sais me défendre.
-Tu ne sais pas à quoi t'attendre.
-Cela ne peut pas être pire que ce que j'ai déjà vécu, marmonna le jeune homme en fuyant le regard de son mentor.
-Edward… Il t'arrive beaucoup de choses en si peu de temps, je pense vraiment qu'il faudrait que tu acceptes de partir. Tu reviendras quand tout sera calmé.
-Pendant combien de temps, hein ? Parce qu'une fois que nous en aurons terminé avec ces malades, il faudra bien s'occuper de l'Eventreur, je ne pense pas qu'il cesse du jour au lendemain de commettre ces abominations ? Je ne compte pas me terrer quelque part en attendant que tout ça se calme ! Maintenant, excuse-moi, mais j'aimerais bien savoir ce qui se passe là-dedans !
-Je t'accompagne.
Edward ouvrit la porte et s'arrêta un instant pour contempler tous les ordinateurs derniers cris qui se trouvaient là, Penny aurait sauté de joie avant de se jeter sur ces petits bijoux de technologie. Son père ainsi que Franz et Helena leur jetèrent un regard peu équivoque à leur entrée. Edward esquissa un léger sourire avant de prendre place dans un siège.
-Alors, quel est le programme ? Questionna-t-il.
-Rien qui ne te concerne, lança Carlisle visiblement mécontent de sa présence.
-Je pense au contraire que tout cela nous concerne aussi, assura Russell en s'installant à ses côtés.
Les trois autres échangèrent un regard avant que Carlisle ne capitule en laissant échapper un soupir de lassitude. Son père s'installa en bout de table, Helena et Franz se réinstallèrent avant de lancer une connexion. Rapidement, l'image du Général qu'il avait vu au Commissariat de Seattle apparut.
-Bonsoir, Docteur Cullen.
-Bonsoir, Général Merwin.
-Je vois que nous avons de nouveaux venus, remarqua le Général en les observant Russell et lui.
-Le FBI est tenace, répondit simplement son père.
-Votre fils est tenace, répliqua le Général peu dupe.
-De quoi vouliez-vous m'entretenir ? Questionna son père en lançant un regard noir à l'homme en uniforme.
-Avez-vous trouvé à quoi riment ces tueries ?
-Non, répondit Carlisle, cependant, plus j'y réfléchis et plus je me dis que ce n'est pas le Général qui est derrière toutes ces morts. Il ne prendrait pas le risque d'attirer l'attention sur lui pour une simple vengeance. Cela ressemble plus à mon oncle… Et si j'ai raison, cela signifie qu'il y a des dissensions en leur sein ce qui pourrait nous être profitable, expliqua son père.
-Diviser pour mieux régner, murmura le Général Merwin, mais comment les trouver ?
-J'ai ma petite idée pour cela, admit Carlisle sans pour autant dire quoi que ce soit d'autre.
Le Général Merwin observa pendant quelques minutes son père avant d'acquiescer de la tête. Le regard soudain sévère du militaire lui fit dire que ce qu'ils allaient apprendre ne lui plairait pas.
-Mes services m'ont appris qu'un chargement d'uranium a été attaqué par des hommes cagoulés. Les militaires qui protégeaient le convoi ont pratiquement tous été tués. Les survivants ont parlé d'hommes surentraînés, bref, les méthodes ressemblaient à celles de Volturi. Je vous laisse imaginer ce qu'il pourrait faire avec cet uranium.
-La paix qui règne en ce moment entre les grandes nations de ce monde ne lui est pas profitable, une guerre lui permettrait de faire valoir la condition de ses guerriers. Il obtiendrait ainsi le pouvoir qu'il convoite tant, comprit Carlisle.
-Il faut l'arrêter avant qu'il n'arrive à ses fins. Nous surveillons l'entrée sur le pays de tous les terroristes capables de fabriquer une bombe nucléaire. Nous avons arrêté Ben Kadir à l'aéroport de Los Angeles et Conrad Mac Alistair à celui de New York. Ils seront dans nos locaux dans quelques heures pour interrogatoire.
-C'est étrange qu'il fasse appel à des personnes extérieures à son cercle, remarqua Franz, n'y a-t-il personne qui ait ces connaissances ?
-Si, chuchota son père.
-Tu en serais capable ? Comprit Edward.
-Les meurtres étaient alors peut-être un moyen pour vous faire sortir de votre cachette ? Proposa Russell.
-Non, ça ne lui ressemble pas, murmura Carlisle pensif.
-Peu importe, déclara soudain le Général Merwin en balayant leurs propos d'un geste de la main. Nous devons les arrêter avant qu'ils ne mettent leur plan à exécution. Je n'ose imaginer ce qui pourrait se passer si Volturi réussissait à faire concevoir une bombe !
-Ne vous en faites pas, je prends les choses en main, annonça son père.
-Avez-vous besoin de moyens supplémentaires ? Je peux mettre des hommes sous vos ordres, offrit le militaire.
-Je vous remercie, Général Merwin, mais moins nous serons, plus de chance nous aurons de réussir.
-Non pas que je n'ai pas confiance en vous, Docteur Cullen, mais votre géniteur est malin, je ne pense pas qu'il se livre !
-J'en suis tout à fait conscient, cependant, il suffit de lui offrir quelque chose qu'il convoite pour le faire sortir de son trou.
Les traits du Général Merwin se durcirent quand il comprit ce que les propos de son père signifiaient, Edward fronça les sourcils, n'appréciant guère le plan.
-On vient de m'apprendre que d'anciens missiles soviétiques viennent de se retrouver sur le marché noir. Une personne dont l'identité est jalousement gardée s'apprête à en prendre possession au port de Seattle.
-Le Général, comprit Carlisle en serrant les poings.
-Vous devez agir vite, il ne sera sur place que très peu de temps. N'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de quoi que ce soit. Bonne chance à tous !
Sur ces derniers mots, la connexion fut interrompue. Tous les regards se tournèrent vers son père qui semblait être en proie à une intense réflexion.
-Quel plan démoniaque vas-tu nous pondre ? Questionna Franz avec une certaine impatience.
-Trouvons le lieu exact du rendez-vous, ordonna Carlisle, j'irai et je les attirerai dans un piège.
-Pardonne-moi, mais tu ne cours plus aussi vite qu'il y a 20 ans, se permit de lui faire remarquer Franz.
-Il dit vrai, appuya Edward, par ailleurs, tu ne peux pas être certain qu'ils ne se contenteront pas de te coller simplement une balle dans la tête.
-Il n'y a pas d'autre solution, coupa son père d'une voix tranchante en le menaçant du regard.
-Oh, si : moi.
-Non ! Protesta aussitôt Carlisle.
-Papa, ils hésiteront plus à me tuer moi que toi ! Plaida Edward.
-Tu oublies une chose, ils ne connaissent pas Edward Cullen.
-Ce n'est pas un problème, je…
-Hors de question ! Oublie immédiatement cette idée ou je te mets de force dans l'avion tout à l'heure ! Et puis… Pense à Stefan ! Tu n'as pas le droit de te mettre en danger !
-Je…
-La discussion est close !
-Papa ! Non ! Tu ne me feras pas taire et tu ne m'enverras pas dans ma chambre parce que tu ne veux pas entendre ce que j'ai à dire ! Tu…
-Papa !
Edward marmonna quelques injures dans sa barbe tout en priant pour qu'il n'ait pas à quitter la pièce.
-Papa !
Le jeune homme lança un regard noir à son père qui souriait, satisfait que son petit-fils soit intervenu. Edward saisit le baby-phone avant de se précipiter vers la chambre de son fils. Doucement, il entra avant de se diriger vers le lit où Stefan pleurait.
-Chut, papa est là, mon cœur, je suis là, le rassura-t-il en le prenant dans ses bras. »
Edward berça son fils tout en lui murmurant des paroles réconfortantes. Stefan s'agrippa à son tee-shirt tout en le suppliant de ne pas le laisser. Lentement, le jeune père s'allongea sur le lit, son fils trouva aussitôt refuge entre ses bras. L'une des mains d'Edward caressait tendrement les cheveux de Stefan pendant que ce dernier se calmait. Il avait mal, terriblement mal de faire souffrir ainsi son petit garçon, mais il devait arrêter ces malades pour que son fils puisse vivre en paix. Cependant, une petite voix insidieuse lui souffla que s'il le voulait, il pourrait partir avec Stefan, laissant le soin aux autres d'arrêter ces criminels. Carlisle n'avait pas tort, Stefan avait besoin de lui. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à partir se terrer sur une île déserte pendant que d'autres prenaient des risques à sa place !
Une fois qu'il fut certain que Stefan dormait profondément, il se défit doucement de son emprise pour sortir du lit. Il ôta son tee-shirt et le laissa à son fils qui le prit aussitôt comme doudou et enfouit son visage dans le tissu imprégné de son odeur. Il enfila un autre vêtement avant de quitter la chambre. La villa était plongée dans l'obscurité. Edward passa devant la salle de contrôle, celle-ci étant vide, il entra. Ses yeux se posèrent sur les caméras de surveillance, il put voir des membres de son équipe, Franz, Emmett, Charlie et Bella en train de monter la garde. Sur le balcon, il put apercevoir son père qui discutait avec Russell. Ses yeux balayèrent les autres écrans à la recherche d'Helena et de Daniel. Le jeune homme vérifia son arme avant de rejoindre le seul endroit qui n'était pas filmé, la salle d'entraînement où son père l'avait emmené. Les coups de feu qui résonnèrent à son approche lui apprirent qu'ils étaient bien là. Rassuré de les savoir là, il allait faire demi-tour lorsqu'il se rendit compte que les détonations cachaient une dispute assez houleuse. Il s'approcha de la porte et colla son oreille contre celle-ci.
« -Il faut lui dire ! Assura Daniel entre deux tirs.
-Hors de question ! Répliqua Helena furieuse.
-Helena…
-Non ! Daniel ! Tu vas lui faire inutilement du mal ! Laisse les morts là où ils sont, c'est préférable ! »
Une nouvelle série de coups de feu retentie, l'empêchant d'entendre la fin de la conversation. Peu désireux de se faire surprendre et surtout perdu dans ses pensées, Edward regagna l'étage. Voyant que le balcon était désert, il se rendit sur ce dernier en quête d'un peu de quiétude. Il s'assit sur un fauteuil et ferma les yeux pour se laisser bercer par le ressac de l'océan. Il resta ainsi un long moment, pesant le pour et le contre sur son éventuel départ, mais il devait admettre que malgré tout l'amour qu'il éprouvait pour Stefan, il ne se sentait pas capable d'abandonner Carlisle et ses agents aux mains de ces malades. Par ailleurs, il était temps qu'il cherche à se rappeler les 10 premières années de sa vie qu'il avait complètement occulté pour les remplacer par des souvenirs fictifs, son instinct lui soufflait que beaucoup de réponses se trouvaient dans cette enfance qui lui faisait défaut. Le jeune homme soupira avant d'attraper son téléphone portable. Il appela Penny et même si elle parut surprise par son ordre, elle lui obéit tout en promettant de ne pas en parler aux autres membres de l'équipe. Il allait rejoindre Stefan quand il entendit la baie vitrée coulisser.
« -Tu devrais te reposer, lui conseilla doucement Bella.
-Toi aussi, répliqua-t-il avec un doux sourire.
-J'étais venue m'allonger sur le canapé quand j'ai remarqué ta présence, tu vas bien ?
-Aussi bien que cela puisse aller. Bella, je sais que tu ne veux pas l'entendre, mais tu devrais partir avec les autres demain.
-Je croyais que tu étais différent des autres, murmura la jeune femme d'un ton amer.
-Que veux-tu dire ?
-Je suis assez grande pour me défendre toute seule et faire mes propres choix, je n'ai pas besoin que quelqu'un décide pour moi !
-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, se justifia Edward, ces tueurs sont particulièrement violents. S'ils voient une once d'hésitation ou de peur en toi, tu le paieras très cher.
-N'essaye pas de m'effrayer, Cullen, ça ne marchera pas !
Edward esquissa un sourire face à l'entêtement de la jeune femme qui vint s'asseoir sur le fauteuil voisin du sien.
-Tu te souviens de quelque chose ? Lui demanda-t-elle doucement.
-Non, reconnut Edward. Tu te rends compte que pendant toutes ces années, je me suis inventé des souvenirs ? Je revois ma mère venir me chercher à la sortie de l'école, je me rappelle avoir confectionné un gâteau avec elle pour l'anniversaire de mon père. Au fil des années, les souvenirs sont devenus de plus en plus flous, je me suis dit que c'était normal, je vieillissais, je les oubliais et puis, Esmé et Carlisle sont venus les remplacer. Comment ai-je pu me mentir pendant tout ce temps ?
-Tu n'étais qu'un petit garçon. Tu t'es réfugié dans un univers où tu pourrais être heureux.
Edward soupira, elle avait raison, mais c'était toujours dur à admettre. Il ferma les yeux et passa une main lasse sur son visage. Soudain, il sentit la main de Bella se refermer sur la sienne qui était posée sur l'accoudoir du fauteuil.
-Tu n'es pas seul.
Un léger sourire se dessina sur son visage, si l'obscurité n'avait pas été présente, il aurait pu voir les adorables rougeurs qui devaient orner les joues de Bella. Leurs doigts s'enlacèrent et il entendit la jeune femme inspirer profondément. Son visage s'approcha du sien et il déglutit péniblement avant de la repousser avec douceur.
-Je suis désolé, s'excusa-t-il, mais… mais tout est trop compliqué pour le moment…
-C'est pas grave ! C'est ma faute ! S'empressa de déclarer Bella en se levant. Je n'aurais pas dû… J'ai cru… Pardon, c'était stupide.
-Non, non, ça ne l'était pas, assura Edward en la retenant, c'est juste moi. Je… Ma vie n'est pas simple pour le moment et je ne voudrais surtout pas que tu en pâtisses parce que je tiens à toi. Je… Je demande sûrement beaucoup, mais j'ai besoin de temps, de temps pour y voir plus clair et puis… Il y a Stefan, je dois penser à lui avant de penser à moi… Bella, tu mérites quelqu'un sans histoire…
-Je t'interdis de dire ça ! Le coupa-t-elle furieuse. Je sais que tout n'est pas simple pour toi, je ne suis pas stupide. Cependant, je peux t'aider à y voir plus clair, je peux te soutenir et surtout t'attendre.
-Je ne veux pas te faire perdre ton temps.
-Je t'assure que je ne le perds pas. Maintenant, rentre dans cette maison et va te coucher auprès de Stefan, il a besoin de son papa. »
Edward hocha la tête avant d'attirer la jeune femme dans ses bras. Ses doigts tracèrent les contours de son visage, caressant avec douceur sa joue. Ses lèvres se posèrent sur son front pour y laisser un tendre baiser avant qu'il n'aille se réfugier dans la chambre de Stefan. Il se glissa dans le lit et prit son fils dans ses bras. Son odeur apaisante envahit ses narines et il enfouit son visage dans les cheveux de son fils avant de se laisser bercer par sa respiration régulière.
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Edward enfila rapidement ses lunettes de soleil avant de s'éloigner de quelques pas. Il put sentir plusieurs regards peser sur lui, mais il leur tourna le dos ne voulant pas montrer ses faiblesses, ses larmes… L'avion n'était plus qu'un petit point blanc à l'horizon quand il se reprit et revint vers eux. Son père lui donna une brève accolade avant qu'ils ne repartent tous vers les deux voitures qui les avaient emmenés à un petit aéroport se trouvant à une centaine de kilomètres au Nord de Seattle. Edward s'installa à l'arrière d'un des véhicules où Carlisle le rejoignit. Sam s'installa au volant et Russell prit place à ses côtés. La voiture démarra et il put apercevoir l'autre tout terrain où se trouvaient Franz, Daniel et Helena les suivre.
« -Tu vas bientôt le revoir, je te le promets.
Edward hocha négligemment la tête aux paroles de son père, la séparation avec Stefan avait été plus que difficile, son fils ne voulant pas partir sans lui malgré toutes les promesses que sa grand-mère, ses tantes et ses oncles, lui firent. Finalement, il était monté dans l'avion et avait attaché Stefan sur l'un des fauteuils, il avait tenté d'essuyer ses larmes en vain jusqu'à ce qu'on l'informe que l'appareil devait absolument partir. Il entendait encore des pleurs de son fils alors qu'il descendait de la passerelle.
-Pourra-t-il me pardonner ? Laissa-t-il échapper.
-Il te pardonnera, assura Carlisle, il te pardonnera car tu fais ça pour son bien.
-Ton père a raison. Stefan est en sécurité et avec sa famille qui va prendre soin de lui.
-Russell a raison, affirma son père, laisse Emmett s'en charger, je suis sûr qu'avec ses pitreries, il rendra le sourire à ton fils.
Edward acquiesça avant d'appuyer son front contre la vitre dont la fraîcheur lui fit du bien.
-Sam, sais-tu si le Chef Swan est bien rentré à Forks ? Demanda Russell.
-Oui, lui et ses adjoints sont allés faire un tour à la villa des Cullen, mais ils n'ont trouvé aucune trace d'effraction. S'ils savent que vous êtes ici Docteur Cullen, ils ne se sont pas empressés pour venir vous chercher, répondit Sam.
-Bella et Caitlin sont bien arrivées au Commissariat ?
-Oui, Edward, elles sont bien arrivées.
-Arrête avec ce sourire idiot, Russell !
-Je n'ai pas un sourire idiot, protesta son mentor, je souris juste face à la prévoyance dont tu fais preuve envers ces dames.
-Oui, jamais vous ne vous êtes ainsi soucié de notre sort, railla Sam, cependant, il est vrai que nous n'étions jamais avec Mademoiselle Swan.
-Ça suffit ! Grogna Edward en croisant les regards moqueurs de ses subordonnés dans les rétroviseurs.
-Pour continuer sur une note plus sérieuse, reprit Russell, Caitlin et Bella ont commencé leurs investigations avec l'aide de Penny pour trouver où et quand ils pourraient récupérer le chargement.
Edward acquiesça avant de replonger dans ses pensées, ses doigts jouaient nerveusement avec son téléphone portable. Son père finit par le lui prendre des mains avant qu'il ne le casse.
-Fais confiance à notre famille, ils vont prendre soin de lui.
-Je… Avec une connexion sécurisée, je pourrais…
-Non, je suis désolé, mais il vaut mieux ne pas tenter le Diable.
-Ton père a raison, je sais que ça va être dur pour toi, mais il vaut mieux que tu n'ais pas de contact avec Stefan tant que nous ne les aurons pas arrêté, dit Russell, on ne peut pas prendre le risque qu'ils interceptent ou localisent l'appel.
Le jeune homme soupira avant de se laisser aller contre le dossier et il ferma les yeux quelques secondes.
-Bon, alors, comment on procède ? Questionna Sam.
-Je vais reprendre mes habitudes, passer à l'Hôpital et retourner à la villa, annonça Carlisle, je ne veux pas qu'ils se doutent de quoi que ce soit si jamais ils m'épient.
-Tu ne crois pas qu'ils doivent déjà être sur leurs gardes, tu n'as pas travaillé depuis la fusillade dans le sous-sol, rappela Edward.
-J'avais prévenu l'Hôpital de mon absence, je passerai juste y faire un tour pour…
-Pour attirer l'attention sur toi, murmura le jeune homme qui n'appréciait pas cette partie du plan.
-Oui et je…
Edward se tourna vers son père quand il n'entendit pas la fin de sa phrase, les sourcils de son père étaient froncés alors qu'il observait quelque chose sur le trottoir. Sam redémarra dès que le feu passa au vert et il reçut de plein fouet le regard noir de son père. Edward frémit, s'ils n'avaient pas été en voiture et attachés, il était certain que son père l'aurait giflé !
-Garez-vous ! Ordonna-t-il d'un ton sec à Sam.
La voiture fit une embardée avant de freiner le long du trottoir sous une huée de klaxons. A peine le véhicule était-il immobilisé que son père descendit pour courir vers le vendeur de journaux qui avait attiré son attention. Edward pesta, il pensait avoir encore quelques heures de répits avant qu'ils ne découvrent son plan.
-Roulez !
L'ordre claqua et Sam, ou quiconque, ne prit la peine de le contester. Son subordonné prit la direction du Commissariat où il se gara au sous-sol. A peine furent-ils sortis du véhicule que sous les yeux médusés de leurs amis, son père le saisit violemment par le bras pour le traîner jusque dans la salle où ils avaient pris leur quartier.
-Que se passe-t-il ? Questionna Bella en les voyant tous rentrer.
D'un geste rude, Carlisle le fit asseoir sur une chaise avant de le fusiller du regard. Russell referma la porte derrière eux avant d'observer le père et le fils à tour de rôle en quête de réponses. Pour toute explication, Carlisle tendit le journal de Seattle à son mentor qui laissa aussitôt échapper un juron.
-Puis-je savoir pourquoi tu fais la une du journal ? S'écria Russell qui devait ôter les mots de la bouche de son père.
-Je…
-Tu n'es qu'un inconscient doublé d'un idiot ! Gronda son père qui semblait à deux doigts de lui en coller une et cette fois rien ne l'en empêcherait !
-Papa…
-Quoi papa ? Hurla Carlisle en arrachant le journal des mains de Russell. La réussite d'un enfant du pays : Edward Cullen, fils du réputé chirurgien le Docteur Carlisle Cullen, dirige l'un des plus prestigieux services du FBI : le département des sciences du comportement plus vulgairement connu sous le nom de profilage. Ce jeune agent fort estimé par ses supérieurs… Je continue ? Non, je ne pense pas que ce soit la peine ! Et en plus, tu as fait mettre une photo de nous deux ! Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?
Edward s'était toujours demandé d'où Alice pouvait tenir son impressionnant débit de parole, il venait de comprendre et il s'étonnait encore que son père ne soit pas en train de suffoquer tant il avait crié !
-Et tu trouves ça drôle ? S'énerva Carlisle.
Edward voulut ouvrir la bouche, mais il ne trouva rien à répliquer qui ne ferait pas accroître la colère de son père.
-Alors, jeune homme, j'attends ! S'impatienta son paternel.
Le jeune homme eut soudain l'impression d'avoir 11 ans et de se retrouver dans le bureau de son père après avoir fait une grosse bêtise. Si la situation n'était pas aussi grave, il était sûr que ses collègues seraient déjà en train de ricaner. Il soupira avant de se lever pour poser ses mains sur les épaules de son père et tenter de l'apaiser.
-Respire ou tu vas nous faire un infarctus, conseilla-t-il avant de se mordre la lèvre inférieure quand il vit le regard assassin de son père. Papa, assieds-toi et écoute-moi.
Carlisle le défia quelques secondes du regard avant d'obéir, il attendit que Russell en face autant sachant parfaitement qu'il était la seule personne à craindre ici.
-J'ai fait ça parce que tu n'as pas voulu m'écouter. Nous ignorons comment ils réagiront face à toi et leurs récents actes ne jouent pas en ta faveur, qui nous dit que comme pour les autres, ils ne se contenteront pas de te tuer ? Il y a plus de chance qu'ils ne me tuent pas.
-Tu n'en sais rien ! Intervint Russell furieux.
-J'ai plus de chance d'y survivre que Carlisle parce que je suis plus jeune et peut-être me pensent-ils encore malléable !
-Edward, tu ne sais pas à quoi tu t'exposes, murmura Carlisle inquiet.
-Et toi, cesse de me sous-estimer !
-Je ne te sous-estime pas ! Je suis terrorisé à l'idée qu'il t'arrive quelque chose ! Avoua son père.
-Il ne m'arrivera rien, je ne serai pas seul, vous serez là, vous veillerez sur moi dans l'ombre.
-Edward…
-Papa, je ne reviendrai pas sur ma décision et si tu continues, je prends vraiment les choses en main et tu attendras en cellule que…
-Vos cellules ne sont pas très sûres, lui fit remarquer perfidement son père.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? S'étonna Edward en se tournant vers ses collègues qui affichaient une mine gênée.
-Laissez-nous, s'il-vous-plaît, demanda calmement Russell.
Un à un, ils sortirent de la salle. Il remarqua que Caitlin se penchait vers Bella pour lui murmurer quelques mots qui firent pâlir la jeune femme. Qu'avait-il bien pu se passer ?
-Alors ? Interrogea Edward une fois qu'il ne resta plus que Russell et Carlisle.
-J'apprécierais Docteur Cullen que vous ne créiez pas de tension dans notre équipe, nous nous faisons confiance et…
-Stop ! Coupa-t-il. Russell ?
-Les gardiens ont retrouvé Alec mort dans sa cellule ce matin et Jane a disparu de sa chambre d'Hôpital, les policiers en faction devant sa porte ont été retrouvé assassinés.
-Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Reprocha Edward.
-Parce que tu dormais et que de toute manière tu ne pouvais rien faire de plus. Et avant que tu ne t'emportes, je n'ai rien dit ce matin car je voulais que tu profites pleinement de ton fils.
-Ils ont tué Alec et récupéré Jane, pourquoi ? Je ne pense pas qu'Alec aurait parlé, réfléchit tout haut Edward, pourquoi l'avoir tué ?
-Jane et Alec étaient des pièces importantes de leur sordide jeu, je trouve étonnant qu'ils les aient tué, confirma Carlisle pensif. A moins que ça ne soit pas eux…
-Que veux-tu dire ? Interrogea Edward avant de pâlir. Tu… Tu crois que ce serait l'Eventreur ?
-Si on suit sa logique, ils ont commis une grosse erreur en s'en prenant à sa proie, expliqua son père, ce qui m'étonne c'est qu'il soit venu à bout de deux membres formés par le Général.
-Avec un peu de chance, ils se seront peut-être entretués, marmonna Edward.
-Quel doux rêve, convint Russell, bon, comment veux-tu procéder ?
-Je ne vais rien changer à mes habitudes. Si ne nous trouvons rien sur l'adresse de livraison d'ici ce soir, je me montrerai en ville, j'irai manger dans un restaurant avant de suivre un itinéraire précis, puis, je regagnerai mon hôtel.
-Ils risquent de trouver étrange que tu ne regagnes pas la villa, lui fit remarquer Carlisle.
-Pas si je déclare haut et fort que je me suis violemment disputé avec toi, ils devineront aisément la cause de notre désaccord ce qui je pense devrait les pousser à me contacter.
-Je préfèrerai tout de même que tu ailles à la villa, elle est sécurisée et…
-Non ! Je refuse qu'ils entrent dans notre maison, déclara Edward. Caitlin va me trouver une chambre dans un hôtel, on équipera les pièces voisines pour qu'elles servent de lieu de surveillance. Ainsi, vous ne me perdrez pas de vue.
-Il vaut mieux pour toi, dit Carlisle toujours peu convaincu par leur plan.
Edward posa une main sur l'épaule de son père qu'il serra brièvement avant de demander à Russell de le suivre à l'extérieur.
-Je veux que tu veilles sur lui, ne le quitte pas d'une semelle, demanda Edward.
-Je ne peux empêcher un père de protéger son fils.
-Je t'en prie, si les choses se corsent ne le laisse pas faire quelque chose de stupide.
Russell le dévisagea quelques secondes avant d'hocher la tête, Edward fut immédiatement soulagé. Le jeune homme laissa donc son mentor s'occuper de son père pendant qu'il rejoignait Sam et Caitlin ainsi que Bella. Ils mirent au point ses déplacements et organisèrent la surveillance dont il ferait l'objet.
-Intègre-t-on les collègues de votre père ? Lui demanda Sam.
-Franz, oui. Pour les autres, je suis plus mitigé, avoua-t-il, je n'ai pas vraiment confiance en Helena Delgado, quant à Daniel Richardson même s'il manie vraiment bien une arme, je ne crois pas qu'il veuille se retrouver au milieu de tout cela, donc, offrons-lui une porte de sortie. »
Edward attrapa plusieurs plans de la ville et ils revirent une dernière fois l'itinéraire qu'il allait emprunter. Une fois leur travail terminé, ils essayèrent de trouver le bateau qui devait acheminer les missiles. Ils étudièrent la provenance et les cargaisons de différents navires qui leur paraissaient suspects. Les autorités portuaires et les gardes côtes devaient les tenir informés de leurs investigations.
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Doucement, il replia les pages du journal de Seattle, un sourire satisfait se dessinait sur son visage. Il se leva et fit quelques pas en direction du bar où il se servit un verre de scotch. Tout s'annonçait bien mieux qu'il ne l'espérait, il allait non seulement récupérer les missiles, mais il allait aussi pouvoir retrouver Edward, son formidable petit protégé. Après son fils, Carlisle, son petit-fils était l'être le plus doué qu'il ait rencontré. Il se rapprocha du guéridon et observa la photo où l'oncle et le neveu apparaissaient. Carlisle devait être furieux que son neveu face la une du journal local, son petit-fils venait de réduire à néant des années de dissimulation. Ses yeux acérés se plissèrent alors qu'il contemplait la photo des deux hommes.
« -Aro ! Hurla son frère ce qui le fit soupirer.
-Oui, Caïus ?
-Alec a été tué en prison et Jane a disparu ! Je veux que les autres partent à la recherche du meurtrier et qu'ils retrouvent Jane !
-Calme-toi, mon frère.
-Que je me calme ? Mes deux meilleurs éléments ! Je veux que tu…
-Il suffit ! Tu n'es pas en état d'exiger quoi que ce soit ! Dit-il en perdant patience à son tour. Croyais-tu que je ne remarquerai pas que tu avais ordonné l'exécution de nos premiers prototypes ?
-Je… Ils nous avaient trahi, Aro, on ne pouvait pas laisser leur geste impuni ! Se justifia Caïus.
-C'est moi qui prend les décisions, moi et moi seul ! Lui rappela le Général d'une voix tranchante.
-Je… »
D'un regard noir, il fit taire son frère qui finit par quitter précipitamment sa suite de crainte de perdre la vie. En effet, Marcus, son troisième frère, était le seul à pouvoir l'apaiser, mais ce dernier étant mort à cause du gouvernement, son entourage n'était plus à l'abri de ses terribles colères. Aro soupira. Ainsi, Alec était mort et Jane avait disparu… Il se serait sûrement lancé à la recherche de sa protégée s'il n'avait pas quelque chose de plus important à faire. Comme s'il avait deviné ses pensées, Félix, son garde du corps, apparut. Il lui tendit simplement le journal et un sourire se dessina sur le visage de l'homme qui hocha la tête avant de quitter la pièce. Aro se servit un nouveau verre, satisfait, car dans quelques heures, il pourrait enfin revoir son petit-fils !
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Edward soupira et se demanda s'il pouvait ôter son oreillette sans que toute une escouade ne débarque. Carlisle ne cessait de lui donner des consignes, de s'assurer qu'il faisait attention et il commençait à arriver à saturation. Tout en laissant échapper un soupir de lassitude, il enclencha le clignotant de sa voiture et changea de file. Un petit sourire se dessina sur son visage quand il vit le feu au bout de la rue prêt à changer de couleur, un air de défi éclaira ses traits. Il accéléra et passa juste avant que le feu ne devienne rouge, laissant ses anges gardiens bloqués. Aussitôt, il entendit son père et Russell lui hurler dessus, son sourire amusé disparut quand il comprit que les deux mères poules frôlaient la crise d'angoisse. Le jeune homme ralentit, attendant patiemment de voir le véhicule dans son rétroviseur c'est alors qu'il remarqua un groupe de badauds ainsi que plusieurs voitures de police. Edward se gara pour s'approcher des passants.
« -Je peux savoir ce que tu fais ? Souffla dans son oreille Russell mécontent.
-Je vais juste voir ce qu'il se passe, murmura discrètement Edward dans son micro.
-Remonte dans ta voiture ! Ordonna Carlisle. On suit le plan !
-Tu m'as aussi dit de me fier à mon instinct, répliqua-t-il, et mon instinct me dit d'aller voir.
-Edward ! Grognèrent de concert Russell et son père. »
Edward enfila ses lunettes de soleil avant de jeter un coup d'œil vers leur berline qui venait de se garer au coin de la rue. Il savait qu'en ne respectant pas le plan, il s'exposait au danger, mais c'était plus fort que lui, il devait savoir. Arrivé devant le cordon jaune, il comprit qu'il s'agissait d'une scène de crime. Il montra sa plaque à un policier en faction derrière celui-ci avant de passer sous le ruban. Il se dirigea lentement vers la boutique, notant, examinant tout de ce qui l'entourait. Une fois dans celle-ci, un officier lui signala que le crime avait eu lieu dans l'arrière-boutique. Edward y entra et se figea. Ses paupières se fermèrent devant l'horreur de la scène. Puis, il sortit son téléphone portable de sa poche et composa le numéro de l'agent Davies.
« -Pourquoi tu m'appelles ?
-Pour le caractère officiel, ricana Edward, j'ai retrouvé Jane.
-C'est-à-dire ? Lui demanda son mentor.
-Reste avec mon père, mais envoie-moi Sam et Caitlin.
-Pourquoi ?
-L'Eventreur vient de me laisser un cadeau… »
Edward raccrocha avant de demander des gants au personnel de la police scientifique qui était en train d'effectuer les premiers relevés. Après avoir observé la scène dans toute son ampleur, il fit un premier pas sur les lys blancs qui jonchaient le sol pour s'approcher du cadavre accroché au mur de l'arrière-boutique. A première vue, la dénommée Jane avait subi le supplice qu'elle avait fait endurer à ses propres victimes. Il observa le corps dénudé, brûlé par endroit, mais ne trouva pas le V symbolique qui apparaissait sur ces derniers. Ses yeux acérés cherchèrent une trace de lacération ou de coup de couteau, mais il ne trouva rien, ce qui était étrange quand on connaissait le penchant qu'avait l'Eventreur pour les jeunes femmes. Plus elles étaient jeunes, plus il les poignardait, sa lame étant pour lui un substitut de viol à cause de son impuissance. Edward ferma quelques secondes les yeux prit de nausée. Il devait faire abstraction du passé, de ce qui lui était arrivé, sinon, il risquait de laisser passer des indices.
« -Agent Cullen ?
Edward sursauta en entendant son nom, il se tourna vers son interlocuteur pour afficher aussitôt un visage neutre.
-Commissaire Dubois, le salua-t-il sommairement.
-Ecoutez, Cullen, par respect pour votre frère, je ne vais pas vous mettre dehors, mais ceci est ma scène de crime, gronda le Chef de la Police de Seattle.
-Je comprends votre colère, mais…
-Ma colère ? Vous débarquez avec vos gros souliers et depuis que vous êtes là, c'est la pagaille dans mon service et dans ma ville ! S'énerva l'homme. Je n'ai rien dit quand vous avez mis mon service sur la touche, quand vous avez impliqué votre famille dans votre enquête et quand vous m'avez privé de mon meilleur homme.
-Croyez-moi, Emmett est mieux là où il est, murmura Edward.
-Peut-être pourrais-je être d'accord avec vous, mais il se trouve que le FBI et l'armée ne pensent pas que je puisse comprendre.
-Moins vous en savez, Commissaire Dubois, et moins vous serez en danger.
-Ça suffit, Cullen, sortez immédiatement de ma scène de crime !
-Je n'irais nulle part, Commissaire Dubois, car il s'agit d'une enquête fédérale.
-La victime était peut-être un de vos suspects, mais ce meurtre ne semble rien avoir à voir avec ceux qui vous concernent.
-Vous avez raison, mais l'Eventreur est au FBI et à personne d'autre ! Claqua sèchement la voix d'Edward.
Le jeune homme regretta aussitôt son éclat quand il vit toutes les personnes présentes se figer pour les dévisager.
-L'Eventreur…, balbutia le Commissaire, comment pouvez-vous savoir que c'est son œuvre ?
-La mise en scène, avoua Edward.
-J'aurais préféré ta théorie comme quoi ils s'étaient entretués, déclara Russell en entrant.
-Il me semblait t'avoir demandé de rester avec…
-Il est avec Sam, coupa l'agent Davies en s'approchant du corps. Cela ressemble à son travail, même si je suis étonné de ne pas voir de traces de couteau.
Edward ne dit rien, lui-même était arrivé à la même conclusion.
-Vous ne pensez tout de même pas qu'il s'agit du travail d'un copieur ? S'étonna Caitlin en prenant des photos.
-Non, marmonna Russell, seulement, c'est la première fois qu'il tue depuis… depuis Washington. Il s'en prend à une jeune femme blonde, belle, le type de proie qu'il aime poignarder longuement. Pourquoi ce changement ?
-Elle l'a sûrement énervé à cause de sa cible potentielle ? Proposa Caitlin en lui lançant un regard.
-Peut-être, concéda Russell, même si…
-Même si quoi ? Insista Caitlin.
Edward détourna la tête dès qu'il sentit le regard de son mentor peser sur lui, sa subordonnée suivit son regard et il put voir une lueur de compréhension traverser ses prunelles. Il fit son possible pour ignorer leur air compatissant avant de se pencher à nouveau sur la scène.
-Il manque quelque chose, chuchota-t-il.
-Quoi donc ? L'interrogea Russell.
-Que fait-on lorsque l'on envoie un cadeau à quelqu'un pour être sûr qu'il comprenne bien notre geste ? Interrogea Edward en fouillant la pièce des yeux.
-Un cadeau ? Répéta sa coéquipière.
-Oui, c'est un cadeau, confirma Edward en désignant le cadavre, sinon, pourquoi prendre la peine de la dénuder pour l'envelopper ensuite dans ce taffetas rouge qui forme comme un écrin ?
-D'accord, comprit Caitlin, les lys sont sa signature.
-Exact, confirma Russell, mais où est la carte ?
-On peut la détacher ? Demanda Edward au légiste et à ses assistants.
Ces derniers acquiescèrent et pendant que l'un allait chercher un brancard, le médecin et un de ses assistants s'employèrent à décrocher le corps. Une fois que celui-ci fut installé sur le brancard, il ne cacha plus le pan du mur où était noté deux mots en lettre de sang.
Pour toi.
-Et voilà la carte, soupira le superviseur. Caitlin, photographie moi tout, s'il-te-plaît, on étudiera ça demain.
Sur ces mots, Edward sortit de l'arrière-boutique, Russell sur ses talons. Il allait sortir du magasin de vêtements quand son mentor le stoppa en se saisissant de son avant-bras.
-On devrait tout arrêter.
-Pourquoi ?
-L'Eventreur se rapproche beaucoup trop de toi à mon goût, nous ne pourrons pas te protéger de lui et des autres en même temps. Il y a beaucoup trop de risques.
-Je sais, mais on ne change rien à notre plan, déclara Edward.
-Je ne pense pas…
-C'est un ordre ! »
Edward lança un regard déterminé à son ami avant de s'adoucir en voyant son visage anxieux. Il lui donna une tape sur l'épaule avant d'enfiler ses lunettes noires pour sortir du magasin et se diriger vers sa voiture. Une fois dans celle-ci, il se permit de baisser sa garde quelques minutes, ses doigts pincèrent l'arrête de son nez. Il vida son esprit autant que possible pour n'y laisser qu'une seule image celle de Stefan riant aux éclats. Un fin sourire se dessina sur son visage et un regain de courage l'envahit. Il démarra sa voiture et après un coup d'œil dans le rétroviseur, il s'engagea dans la circulation. Comme convenu, il roula à travers la ville. Ses yeux se posaient régulièrement sur ses rétroviseurs, ses sens étaient à l'aguets, mais rien ne laissait deviner qu'il était surveillé. Le jeune homme finit par se garer devant le restaurant où plusieurs agents fédéraux étaient dissimulés parmi les clients. Il s'installa à une table en terrasse, restant bien à la vue de tous. Il était en train de jeter un coup d'œil au menu lorsque quelqu'un s'installa face à lui.
« -Pardon, je suis en retard.
Edward serra les poings et ravala la réplique qui lui venait à l'esprit quand il vit qui lui faisait face.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Marmonna-t-il.
-Et bien, je dîne, répondit la jeune femme avec un haussement d'épaule désinvolte.
-Edward ? Peux-tu me dire ce que Bella fait avec toi ? Gronda Carlisle dans l'oreillette.
-J'aimerais bien le savoir, maugréa Edward avant de fusiller la nouvelle venue du regard. Bella ?
-Ne me dis pas que tu as oublié que nous devions dîner ensemble ? Se vexa-t-elle.
-Bel…
-Ca fait plus naturel, murmura la jeune femme en posant sa main sur la sienne, regarde autour de toi.
Edward obéit et observa les tables autour de la leur et, effectivement, il put remarquer qu'ils étaient entourés par presque que des couples.
-C'est un restaurant à la mode pour les amoureux, lui confirma-t-elle.
Le superviseur se pencha vers l'agent de police, ses lèvres frôlèrent l'oreille de Bella pendant qu'il lui murmurait quelques mots.
-Pourquoi ne pas l'avoir précisé lors de la réunion ?
-Ca m'était sorti de l'esprit, avoua la jeune femme dans un chuchotis.
-Avez-vous fait votre choix ? Questionna le serveur.
Edward jeta un coup d'œil au menu et commanda leur repas sans laisser le choix à Bella. Cette dernière lui jeta une moue contrariée, mais ne fit aucune remarque.
-On m'a dit que tu avais fait un petit arrêt à une boutique de vêtements ? Demanda Bella en prenant une gorgée du cocktail sans alcool qu'on venait de leur apporter.
-Oui, répondit-il en balayant la terrasse et la rue du regard.
-Et ? Il y avait quelque chose d'intéressant ?
-Oui, mais rien qui ne te concerne.
-Edward, je sais que ce n'était pas prévu au programme, commença Russell avec diplomatie, mais, étant donné que Bella est là, ayez l'air de passer un agréable rendez-vous.
Le jeune homme haussa un sourcil et soupira en entendant la remarque dans son oreillette. Il reporta son attention sur son invitée surprise et il ne put s'empêcher de penser qu'elle était magnifique dans cette robe de soirée noire moulante et sans manche. Le bustier moulait parfaitement son buste avantageux et ses cheveux avaient été relevés en un chignon lâche, quelques anglaises encadraient son visage légèrement maquillé. Elle portait de simples boucles d'oreilles en or pendantes qui complétaient agréablement sa tenue.
-Il y a un problème ? S'inquiéta Bella. J'ai quelque chose sur la figure ?
-Non, non, s'empressa-t-il de répondre avant de détourner le regard tout en prenant une gorgée de son cocktail.
-Je ne pense pas que cela soit trop difficile de jouer la comédie…
-Fais-moi penser à t'en coller une ! Grogna Edward.
-Je te demande pardon ? S'exclama Bella.
-Je… Je parlais à Sam, souffla-t-il.
-Voilà vos entrées.
Ils se turent le temps que le serveur qui n'appartenait pas au FBI les servait. Après leur avoir souhaité un bon appétit, il les laissa.
-Alors, dis-moi comment Isabella Swan s'est-elle retrouvée dans la police ?
-Mon père est policier, je pense que c'est pour suivre son exemple que je suis entrée dans les forces de l'ordre.
-Donc ce n'est pas pour défier l'autorité parentale ? S'amusa Edward.
-C'est vrai que Charlie n'était pas particulièrement content lorsque je lui ai annoncé que je passais le concours d'entrée de la police, se rappela Bella avec un sourire.
-Et sinon, la vraie raison, quelle est-elle ? Insista-t-il.
Bella planta son regard chocolat dans le sien, il s'en voulut quand il vit ses yeux se voiler.
-Pardon, s'excusa Edward, je ne voulais pas te peiner. J'oublie un peu trop souvent de laisser mon travail de côté.
-Je ne t'en veux pas, assura Bella avec un petit sourire, ça fait partie de toi.
Sans qu'il ne le réalise vraiment, leurs doigts se frôlèrent avant de s'enlacer.
-J'étais en faculté de littérature à Seattle, confia la jeune femme en se plongeant dans ses souvenirs, j'avais pris un appartement ici avec ma meilleure amie de lycée Angela. Un soir, je devais la retrouver dans un petit restaurant, mais j'étais en retard, j'avais étudié tard à la bibliothèque. J'ai appelé Angela pour la prévenir et l'informer que je la rejoignais après être passé chez un libraire. J'avais commandé un livre sur les légendes Quileute, j'avais choisi de faire un exposé sur eux pour l'un de mes cours. Angela s'est proposée d'aller le chercher pendant que je passais à l'appartement pour me doucher et me changer. J'ai accepté. Je n'aurais pas dû… Je l'ai entendu au restaurant, elle avait plus d'une demi-heure de retard, puis, une heure, cela ne lui ressemblait pas. J'ai appelé Ben, son petit-ami, qui n'avait pas eu de ses nouvelles. Il m'a retrouvé au restaurant et nous sommes partis à sa recherche….
-Bella, tu n'es pas obligée, murmura Edward en percevant son émotion.
-Non, c'est bon. Angela a fait une mauvaise rencontre en sortant de la librairie. Quatre hommes s'en sont pris à elle… Elle a tenté de leur échapper, mais elle n'a rien pu faire. Heureusement, une patrouille de police est arrivée avant que les choses ne tournent trop mal. Ben et moi l'avons rejoint à l'Hôpital, je n'oublierai jamais son visage tuméfié par les coups qu'elle avait reçu… Après ce jour, j'étais moins intéressée par mes études et de plus en plus par la perspective d'une carrière dans la police. S'ils n'avaient pas été là, je n'ose imaginer ce qui aurait pu arriver à Angie… Enfin, tout ça s'est du passée. Angela et Ben vivent maintenant ensemble à Portland et sont heureux.
-C'est le principal.
-Oui, et toi ?
-Moi ?
-Oui, comment t'es-tu retrouvé au FBI ?
-Russell était venu faire une conférence à mon université, j'ai été passionné par son travail, par ce qu'il faisait pour aider les familles. Après avoir déjeuné avec lui, il est parti en me laissant sa carte. Une fois mon diplôme de droit en poche, j'ai passé le concours d'entrée au FBI, il ne m'a pas lâché depuis ce jour-là.
-Ça se voit qu'il tient beaucoup à toi.
-Oui, on tient énormément les uns aux autres, j'ai de la chance que mon équipe soit comme une seconde famille.
En énonçant la famille, il ne put s'empêcher de penser à Stefan. Il espérait que son fils allait bien et surtout qu'il ne lui en voudrait pas trop pour cette séparation.
-Il t'aime plus que tout et il comprendra.
-Je n'en suis pas sûr, je lui ai fait beaucoup de mal ces derniers temps.
-A ta place, je ne me ferai pas de souci pour ça, la rassura Bella, Stefan est petit, mais il sait que tu le protèges. Tu sais, quand je suis retournée vivre chez ma mère tout ne s'est pas bien passé. Maman était fragile. Cependant, je ne voulais pas retourner vivre avec Charlie, tout chez lui me rappelait le départ d'Alice et d'Emmett, de tes parents… Bref, malgré mon jeune âge, c'était moi qui prenait soin d'elle. Au fil des années, la situation devenait catastrophique, mais je l'aimais toujours, c'était ma maman. Quand Charlie est intervenu et m'a ramené chez lui, je lui en ai voulu, je l'ai détesté. Cependant, j'ai rapidement compris qu'il avait fait ça pour moi, parce qu'il m'aimait. Alors, même si Stefan te mène un peu la vie dure, il reviendra vers toi parce que vous vous aimez énormément.
-Merci.
-Je t'en prie.
-Et as-tu pard…
Edward se tut quand le serveur vint leur apporter la suite de leur repas, il remarqua alors que leurs doigts étaient toujours enlacés. Au lieu de retirer sa main, il laissa son pouce caresser la paume de la jeune femme qui rougit avant de mordiller sa lèvre inférieure.
-Quelle est ta question ? Lui demanda Bella en prenant une bouchée de son plat.
-Je ne sais si je peux…
-Vas-y, je t'y autorise, sourit la jeune femme.
-As-tu pardonné à ta mère ?
Il crut que Bella allait s'étouffer avec son morceau de poulet et il s'en voulut aussitôt de se montrer aussi indiscret. Il voulut lâcher la main de la jeune femme pour lui servir un peu d'eau, mais ses doigts s'agrippèrent aux siens.
-Je suis désolé, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, assura-t-il.
-Ce… Ce n'est rien…, dit Bella tout en se levant, je reviens… Je vais aux toilettes…
La jeune femme lui offrit un petit sourire avant de s'éclipser. Il pesta contre son manque de prévenance, il devait arrêter de sonder l'esprit des gens qu'il rencontrait. Combien de fois Leila le lui avait-elle reproché ?
-Edward ? Tu m'entends ?
L'agent superviseur pesta. Il avait complètement oublié qu'ils n'étaient pas seuls. Il hocha discrètement la tête, certain que son père le voyait.
-Ne t'inquiète pas pour Bella, elle va revenir, elle a juste besoin de se reprendre. Renée, sa mère, était dépendante aux médicaments et sa fille passait après son addiction. Cependant, Bella aimait sa mère jusqu'à ce qu'elle comprenne…
-Elle a compris quel était vraiment le rôle d'un parent, murmura Edward.
-Oui, Charlie lui a ouvert les yeux. Il ne pensait pas que Bella se mettrait à haïr sa mère. Elle ne lui a jamais pardonné de n'avoir jamais cherché à se débarrasser de sa dépendance pour elle.
-Certaines personnes ne méritent pas de devenir parent, chuchota Edward pensif.
-Je t'interdis de penser que tu ne mérites pas Stefan ! Tu es un père formidable, tu l'aimes et tu le lui prouves tous les jours. Maintenant, respire un bon coup et concentre-toi !
Edward obéit à son père tout en esquissant un petit sourire. Il prit son verre et but une gorgée d'eau. Quand Bella avait réagi si violemment en le voyant prendre des médicaments, il avait compris qu'elle avait été confrontée à une personne dépendante, cependant, il avait cru, à tort, qu'elle avait surmonté cette épreuve. Il offrit un pâle sourire au serveur qui vint desservir.
-Prendrez-vous un dessert ?
-Apportez-nous la carte, s'il-vous-plaît.
Le serveur acquiesça avant de tourner les talons pour aller ramener leurs assiettes en cuisine. Edward observa la terrasse avant de se tourner vers l'intérieur du restaurant, depuis combien de temps Bella était-elle partie ? Un coup d'œil à sa montre lui fit froncer les sourcils. Sans attendre, il se leva pour se rendre à l'intérieur.
-Où vas-tu ? Questionna Russell.
-Je vais voir ce que fait Bella.
Edward pressa le pas, un mauvais pressentiment l'habitait et il priait pour se tromper. Arrivé devant la porte des toilettes des dames, il hésita à entrer. Heureusement, une serveuse passa à ses côtés et il l'arrêta.
-Pardonnez-moi, Mademoiselle, mon amie est entrée dans les toilettes il y a un petit moment, pourriez-vous aller voir si elle va bien ?
-Bien sûr, Monsieur.
La serveuse entra dans les toilettes et il attendit impatiemment son retour pendant que Russell lui demandait ce qui se passait, nerveux de ne pas pouvoir le surveiller du regard.
-Je suis désolé, Monsieur, dit la serveuse gênée en le rejoignant, mais il n'y a personne.
-Merci, murmura-t-il d'une voix tendue avant de tourner les talons, dites-moi que Bella est équipée ?
-Dois-je te rappeler qu'elle a agi de son propre chef en te rejoignant ? Lui rappela Russell.
-Reste à l'intérieur, ordonna son père, des agents vont se lancer à sa recherche. Edward… Edward !
Le jeune homme fit la sourde aux oreilles aux propos de son père pour se précipiter vers l'issue de secours qui déboulait dans une ruelle. Il balaya cette dernière qui était vide avant d'apercevoir au bout de celle-ci une chaussure appartenant à Bella. Il se dépêcha d'aller la ramasser avant de s'engager dans une autre rue.
-Edward ! Où es-tu ? Questionna Carlisle d'une voix angoissée.
-Je suis sorti du restaurant, j'ai retrouvé l'une des chaussures de Bella dans une ruelle.
-Att… Attends…
-Russell ? Papa ? Merde ! Maugréa Edward en n'entendant qu'un grésillement.
Le jeune homme sortit son arme en comprenant que quelqu'un brouillait la fréquence, le privant de toute protection. Pourtant, loin d'attendre des renforts ou de faire demi-tour, il se lança à la recherche de Bella. Son attention fut soudain attirée par une porte entrouverte, il s'en approcha et entra prudemment dans le hall d'un immeuble. Il tâtonna pour trouver un interrupteur, mais lorsqu'il le trouva et l'actionna aucune lumière ne s'alluma. Edward continua alors à avancer, ses sens en alerte, ses yeux fouillaient l'obscurité à la recherche d'une silhouette, d'un quelconque danger… Tout à coup, il vit une ombre passer devant lui.
-FBI ! Arrêtez-vous ! Ordonna-t-il.
Bien entendu, son injonction n'eut aucun effet sur la personne qui s'enfuit. Il se lança à sa poursuite, suivant l'ombre vers le sous-sol de l'immeuble. Il passa une porte avant de se figer éblouit par la violente lumière qui inondait celui-ci.
-Edward !
Le jeune homme se raidit quand il entendit la voix paniquée de Bella. Ses yeux s'adaptèrent à la lumière et il put aisément voir un homme à grande stature se tenir devant les phares puissants d'un véhicule, Bella prisonnière de ses bras, une arme pointée contre sa tempe.
-Lâche ton arme, Edward, et fais la glisser sur le sol, ordonna une personne qu'il n'arrivait pas à distinguer car elle restait à l'abri dans la voiture.
-Relâchez-la !
-Je commence à m'impatienter et dis-toi que si elle est toujours en vie c'est uniquement parce que je suis heureux de revoir mon petit-fils.
Edward déglutit péniblement. Carlisle l'avait prévenu, mais il ne pensait pas se faire avoir si facilement.
-Je suis désolée, murmura Bella en larmes.
-Ce n'est rien, la rassura-t-il avec un sourire, tout va bien se passer.
Doucement, il releva son arme dont il réenclencha la sécurité avant de se pencher pour la poser sur le sol.
-Non, protesta Bella.
-Tout va bien, répéta-t-il en plongeant son regard dans le sien.
-Fais-la glisser vers moi ! Lui ordonna le gorille qui tenait Bella.
-Relâchez-la d'abord !
-Félix, souffla simplement celui qui devait être son grand-père depuis la voiture.
La seconde suivante, Bella fut libérée. La jeune femme voulut se précipiter vers lui, mais il la stoppa d'un geste en lui désignant la porte de secours se tenant sur la gauche. La jeune femme hésita un instant avant de lui obéir et de s'enfuir.
-Ton arme ! Grogna le dénommé Félix qui pointait maintenant son revolver sur sa poitrine.
Edward donna un coup de pied dans son revolver qui glissa jusqu'au garde du corps qui le ramassa. Au même instant, le jeune homme se pencha et attrapa la seconde arme qu'il gardait toujours accrochée dans un étui à sa jambe. Félix se redressait quand il pointait son arme sur lui.
-Lâchez votre arme ! Ordonna-t-il au gorille.
-Excellent, laissa échapper le Général, mais, malheureusement, tu es seul.
Edward laissa échapper un juron quand il sentit le canon d'une arme contre l'arrière de son crâne.
-Tu te souviens de Chelsea ? Lui demanda l'homme qui était son grand-père en sortant de la voiture. Tu jouais souvent avec elle lorsque tu étais petit.
-Non, répondit-il simplement pendant que Félix le fouillait après l'avoir délesté de son second revolver.
-Ce n'est pas grave, je suis sûr que tout te reviendra bientôt, bien, allons-nous-en.
L'arme sur sa tête devint plus pressante pendant que Félix le traînait jusqu'à la voiture.
-Je peux marcher tout seul, grogna-t-il à l'attention du gorille tout en se dégageant son bras d'un geste brusque.
-A ta place, je ferais gaffe, le prévint Félix, Chelsea a la gâchette facile.
-A sa place, je ferais attention, répliqua-t-il, je ne suis pas sûr que mon grand-père apprécie !
A peine avait-il dit cela qu'un coup de feu retentit. Edward se figea avant de réaliser qu'il n'avait pas était touché. Une seconde détonation retentie et le deuxième phare de la voiture explosa les plongeant dans la pénombre. D'un geste souple, l'agent du FBI se dégagea de l'emprise de Félix qu'il envoya valdinguer sur le sol. Tout en essayant de se rappeler de l'emplacement de la porte de secours, il se dirigea vers celle-ci d'un pas hésitant.
-Il est là-bas ! Entendit-il.
Ses paupières se crispèrent quand une lampe torche l'éblouit. Un nouveau coup de feu résonna et il sentit quelqu'un s'emparer ferment de sa main pour le mettre à l'abri des tirs. Edward eut le souffle coupé lorsqu'il se retrouva projeté contre un mur pendant que son sauveur fermait et bloquait la porte de secours derrière eux.
-Merci…
Ses mots moururent sur ses lèvres quand il vit le masque blanc… Edward eut un geste de recul et voulut se précipiter vers les escaliers mais l'Eventreur le poussa contre les marches avant de se jeter sur lui, l'emprisonnant de son corps.
-Cela fait si longtemps, souffla l'homme d'une voix rauque et déformée par le masque, trop longtemps… »
