Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

J'espère que vous allez toutes et tous bien.

Merci beaucoup pour toutes vos reviews, merci énormément, je suis très heureuse que mon histoire vous plaise toujours autant ! Merci !

Réponses aux reviews anonymes :

Nanou : Merci beaucoup pour ta review ! Merci !

Ilonka : Je suis heureuse que la suite te plaise. Merci beaucoup pour ta review ! Merci !

Ptitemoya : Et oui, l'Eventreur va faire des siennes… Je suis heureuse que le pseudo rendez-vous d'Edward et Bella t'ait plu. Merci beaucoup pour ta review ! Merci !

Lucie : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Le chapitre qui arrive sera un peu moins sadique, promis. Bella et Edward vont se rapprocher, mais ce dernier va devoir régler ses problèmes avant de construire quoi que ce soit avec elle.

Twilight-poison : Merci beaucoup pout ta review ! Merci !

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Pour ce qui concerne Milord, la suite sera en ligne mardi soir au plus tard.

Concernant la prochaine publication des Fautes du père, je ne publierai pas le week-end prochain, en effet, mes grands-parents fêtent leurs 60 ans de mariage, près d'une centaine d'invités, pas de traiteur donc on a deux jours pour faire à manger, décorer la salle etc… Donc, je serais sûrement sur les rotules, la suite sera publiée au plus tard le 12 juin. Profitez bien des week-ends à rallonge !

Bonne semaine à tous !

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Bonne lecture !

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Chapitre 12 : Perte de contrôle

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« -Cela fait si longtemps, souffla l'homme d'une voix rauque et déformée par le masque, trop longtemps… »

La panique le submergea. Il était là. L'Eventreur était là ! Son corps lourd pesait sur lui. Un tressaillement parcourut son être quand il sentit la lame froide d'un couteau contre sa joue, il la promenait sur sa peau comme s'il s'agissait d'une caresse. La lame glissa le long de sa chemise arrachant un, puis, deux, puis, trois boutons… Continuant toujours plus bas…

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Bella courrait aussi vite que ses talons le lui permettaient. Son regard parcourait les alentours à la recherche d'une aide quelconque que ce soit un membre de leur équipe ou un passant à qui elle pourrait emprunter un téléphone, mais la rue était déserte. Un cri franchit le seuil de ses lèvres quand elle sentit sa cheville se tordre, elle tomba lourdement sur le sol, ses genoux et ses avant-bras s'égratignèrent contre le bitume. Ravalant ses sanglots, elle se releva et jeta ses chaussures avant de poursuivre pieds nus. La jeune femme s'arrêta quelques secondes pour tenter de se repérer et revenir au restaurant, mais ses yeux troublés par ses larmes l'empêchaient de retrouver son chemin. Elle était stupide, définitivement stupide ! Edward l'avait pourtant mise en garde, lui disant mainte fois qu'elle mettrait sa vie et celle des autres en danger, cependant, elle ne l'avait pas écouté. Sa gorge brûlante, elle respira bruyamment et ignora la douleur pour courir toujours plus vite. Edward était en danger par sa faute ! Si elle ne s'était pas mêlée de la mission, il serait encore sous surveillance ! Et peut-être… Peut-être qu'ils auraient pu arrêter les Volturi ! Bella pesta. Comment avait-elle pu se laisser avoir si facilement ? Elle sortait à peine des toilettes du restaurant lorsqu'une main s'était posée sur sa bouche pour l'empêcher de crier pendant qu'un bras enlaçait sa taille. Une femme lui avait confisqué son arme et son sac à main alors qu'elle était traînée de force vers le sous-sol d'un immeuble. Son cœur s'était serré quand elle avait vu Edward se jeter dans la gueule du loup pour la sauver. Elle avait voulu l'aider, mais elle ne pouvait rien faire, elle avait donc obéi et avait fui.

« -Bella !

La jeune femme percuta de plein fouet Carlisle qui la réceptionna dans ses bras, la main libre du médecin caressa son visage pendant que l'autre armée semblait guetter le moindre danger.

-Bella ! Vous êtes blessée ? Questionna l'agent Davies.

-Non ! Non ! Ça va ! Ils… Ils ont Edward !

-Où ? Cria Carlisle dont l'angoisse était palpable.

-Là-bas !

Bella repartit au pas de course, toute l'équipe sur ses talons. La jeune femme fut soulagée de retrouver l'immeuble sans aucune difficulté et rapidement.

-Bella, combien sont-ils ? Lui demanda l'agent Sam Cartland.

-Deux hommes, dont le Général, et une femme.

-Bien, Caitlin et toi, vous restez ici !

La jeune femme voulut protester, mais elle mordit violemment sa lèvre inférieure pour retenir ses propos. Elle avait déjà tout fait foirer ce soir, elle n'allait pas recommencer.

-Tout va bien se passer, la rassura Caitlin. Tiens.

-Merci, murmura Bella en enfilant la veste de l'agent flanquée du sigle FBI.

-Prends ça aussi, tu pourrais en avoir besoin.

L'agent Beckett lui tendit une oreillette qu'elle s'empressa d'enfiler avant de prendre la seconde arme de Caitlin qu'elle venait de retirer de son étui à la cheville. Bella la remercia d'un signe de tête avant de charger l'arme. Puis, elle se concentra sur les propos des trois hommes qui venaient d'atteindre le sous-sol. La peur l'étreignit quand ils annoncèrent que celui-ci était désert, mais qu'apparemment des coups de feu avaient été tirés. Que s'était-il passé ? Bella se rassura en se disant que s'ils avaient fait du mal à Edward, ils n'auraient pas pris la peine d'embarquer son corps.

-Bella, tu as bien dit que tu t'étais enfuie par la sortie de secours ? L'interrogea Carlisle.

-Oui, pourquoi ?

-As-tu pris la peine de la condamner ? Demanda le médecin.

-Non, répondit la jeune femme confuse.

-Il faut ouvrir cette satanée porte, entendit-elle Carlisle ordonner.

Des grognements lui parvinrent suivis par un grincement et les cris d'exclamations de Carlisle et de l'agent Cartland.

-Je suis allé à l'autre étage et je suis remonté, leur appris Russell qui venait de débloquer la porte.

-Si Edward a réussi à s'enfuir, pourquoi n'est-il pas venu à notre rencontre ? S'inquiéta l'agent Cartland.

-Il se passe quelque chose, marmonna Carlisle d'une voix tendue, je n'aime pas ça.

-Il est peut-être blessé, s'angoissa Bella, on devrait peut-être fouiller les alentours ?

-C'est une bonne idée, assura Caitlin, on y va.

-Soyez prudentes, on vous rejoint, dit l'agent Davies.

Caitlin la regarda avec attention avant de lui faire signe de la suivre. Arme au poing, elles firent prudemment le tour de l'immeuble. Bella observa avec attention la rue, cherchant la voiture des Volturi ou une quelconque trace d'Edward. Le découragement l'envahit quand elle ne vit rien qui pourrait les aider. La jeune femme fronça les sourcils quand elle remarqua que Caitlin s'était raidie, sa coéquipière pâlit avant de s'élancer en courant vers un van sombre qui démarrait. Perdue, Bella lui emboîta tout de même le pas.

-Merde ! Ramenez-vous vite ! Hurla Caitlin dans son micro.

Sans attendre, l'agent Beckett tira sur le van qu'elles réussissaient à rattraper. Caitlin accéléra sa course, Bella ignora la douleur de ses pieds nus et la suivit. Etrangement, le véhicule ralentit un peu plus et elles purent apercevoir le conducteur. La jeune femme ne réfléchit guère plus, tout comme Caitlin, elle visa le chauffeur qui accéléra après leur avoir adressé un petit signe de la main.

-Fais chier ! Cria Bella en donnant un coup de pied dans une poubelle ce qu'elle regretta aussitôt quand elle sentit une douleur irradier dans chacun de ses os.

Alors qu'elle sautillait pour suivre Caitlin, elle vit cette dernière attraper violemment le bras d'un homme qui s'était réfugié avec sa compagne derrière une voiture lorsqu'ils avaient entendu les coups de feu.

-FBI ! Dit-elle en brandissant sa carte sous leurs yeux effrayés. Donnez-moi les clefs de votre voiture !

D'un geste tremblant, l'homme fouilla ses poches pour trouver son trousseau de clefs.

-Vite ! Le pressa Bella qui soupira de soulagement lorsqu'il l'eut trouvé.

Aussitôt qu'elle entendit le bruit de déverrouillage de la voiture, elle grimpa dans cette dernière pendant que Caitlin s'installait au volant avant de démarrer sur les chapeaux de roue.

-Où êtes-vous ? Hurla Russell dans leurs oreillettes. Nous avons entendu des coups de feu.

-On poursuit un van, répondit Bella, je ne sais pas trop ce qui se passe, mais un homme vêtu de noir et avec un masque blanc était au volant.

-Putain ! Grogna l'agent Cartland.

-Où êtes-vous ? Répéta l'agent Davies.

-Nous sommes sur Maining Street, le renseigna Bella, on dirait qu'on prend la direction du port.

-Très bien, on vous rejoints, annonça le plus âgé des fédéraux. Prévenez la police, donnez-leur le signalement du van, mais surtout qu'ils ne tentent pas de l'intercepter !

Bella coupa la communication avant de prendre son téléphone portable pour contacter ses collègues de la police de Seattle tout en s'accrochant à son siège pendant que Caitlin slalomait entre les voitures pour ne pas perdre le van des yeux. A peine avait-elle raccroché qu'elle agrippa fermement le tableau de bord pour ne pas se cogner dans tous les sens malgré sa ceinture de sécurité. Ses yeux cherchèrent avec frénésie le van qui se trouvait quelques minutes plus tôt devant elles.

-Où est-il ? Où est-il ? Cria-t-elle complètement paniquée.

-Accroche-toi ! Ordonna Caitlin avant de prendre un virage à une vitesse telle que la voiture glissa sur quelques mètres et qu'elle crut qu'elles allaient se renverser.

Bella laissa échapper un soupir de soulagement autant quand elle vit qu'elles ne finissaient pas dans le décor, que lorsqu'elle aperçut à nouveau le van noir qui disparaissait au bout de la rue.

-Plus vite ! Il nous distance !

-Je le sais ! Gronda Caitlin.

La jeune femme serra les dents, elle savait que l'agent Beckett faisait son possible et qu'elle ne pouvait rien faire de plus. Un cri franchit le seuil de ses lèvres et elle ferma les yeux lorsqu'un bus déboula soudain sur leur droite. Les freins de la voiture grincèrent et elle sentit le véhicule tourner sur lui-même dans une manœuvre désespérée de Caitlin pour éviter la collision.

-Ça va ? Tu n'as rien ? Lui demanda l'agent fédéral quand la voiture fut immobilisée.

-Non, mais vous êtes malade ! Hurla le chauffeur du bus à leur encontre.

-La ferme ! Rétorqua Caitlin en lui montrant son badge. Dégagez de là ! Vite !

Tout en maugréant, le chauffeur lui obéit. Tout en croisant les doigts, Bella observa le bout de la rue, un sanglot lui échappa, le van avait disparu…

-Merde ! Gronda l'agent Beckett en frappant le volant de son poing quand la voiture refusa de redémarrer.

Bella sortit maladroitement du véhicule et d'un pas hésitant, elle se mit à courir malgré les cris de Caitlin qui lui demandait de rester. Elle ne pouvait pas l'abandonner, non, elle ne le pouvait pas ! Les larmes coulaient le long de ses joues, chaque respiration brûlait sa poitrine, ses pieds étaient douloureux, mais pourtant elle avançait encore et toujours. Soudain, ses forces l'abandonnèrent et elle se serait écrasée sur le trottoir si un bras n'avait pas entouré sa taille.

-Tout va bien, la rassura l'agent Sam Cartland en la soulevant.

-Non, je peux marcher, protesta-t-elle.

-Vous avez vu l'état de vos pieds ? Lui fit remarquer Sam.

La jeune femme baissa ses yeux et remarqua alors que ces derniers étaient dans un état pitoyable. Arrivés à la voiture, il l'assit sur le capot. D'autres véhicules de police les entouraient et l'agent Davies semblaient coordonner les recherches, une radio à la main et les yeux posés sur une carte. Bella sursauta quand elle sentit une main douce se poser sur sa cheville.

-Carlisle, murmura la jeune femme en voyant le médecin agenouillé face à elle. Carlisle, je…

-Chut, as-tu mal si j'appuie ici ?

-Carlisle, ça va aller, vous devriez plutôt aller voir l'agent Davies !

-Non, tu es blessée et je… Hey ! Vous ! Portez-moi une trousse de secours ! Héla-t-il un ambulancier.

Le secouriste s'empressa d'obéir à Carlisle et de lui amener ce qu'il désirait. Quelques minutes plus tard, elle fut soulagée par les soins du médecin qui termina en lui bandant les pieds.

-Merci, Carlisle.

-Je t'en prie, Bella.

-On vient de retrouver le van abandonné sur les docks, leur apprit Russell en les rejoignant, il a changé de véhicule !

Carlisle ferma les yeux avant de se détourner d'eux. Bella descendit prudemment de la voiture pour l'enlacer même si elle savait que son geste était dérisoire par rapport à la peine qu'il devait ressentir. Son cœur était douloureux, mais elle n'osait imaginer dans quel état devait être celui de Carlisle. Une fois qu'elle l'eut relâché, Caitlin lui tendit une paire de baskets qu'elle s'empressa d'enfiler même si ses pieds n'apprécièrent pas le traitement.

-Carlisle !

Tous se retournèrent vers Franz Scheler qui descendit précipitamment de sa voiture, une sacoche à la main et courut vers eux.

-Donne !

D'une main autoritaire, le médecin récupéra la sacoche et en sortit un ordinateur pendant que Franz le reliait à une sorte d'antenne satellite. A peine avait-il allumé l'appareil que Carlisle se hâta de rentrer une série de codes, de chiffres.

-Tu es sur le réseau ? Questionna Franz.

-Oui, il me faut quelques minutes… Voilà la puce est activée, il ne me reste plus qu'à me connecter au satellite pour la localiser…

-Ne me dites pas que vous avez implanté un traceur dans le corps de votre fils ? S'étonna Russell les sourcils froncés.

-On en discutera plus tard, répondit Carlisle, j'ai un signal !

Quelques secondes plus tard, ils montaient dans les deux Tahoe des fédéraux. Bella s'installa à l'arrière du véhicule où se trouvait Carlisle. Ce dernier avait pris place à l'avant, l'ordinateur sur ses genoux, l'agent Davies suivait ses instructions derrière le volant et Franz à ses côtés vérifiait ses armes.

-Nous y serons dans 5 minutes, déclara le médecin.

-Bien, souffla Russell concentré, une fois là-bas, je veux que vous et Bella, vous restiez à l'extérieur.

-Non ! Protesta Bella en même temps que Carlisle.

-Ceci est une enquête fédérale et vous êtes juste tolérés, rappela l'agent Davies.

-C'est mon fils !

-Je sais Docteur Cullen et c'est justement pour cela que je ne veux pas que vous nous suiviez, il en va de même pour vous Bella, vous resterez dehors et cela est non négociable !

Bella maugréa, mais ne chercha pas à protester, elle savait que le mentor d'Edward serait capable de la renvoyer au Commissariat si elle n'obéissait pas. Cependant, une question ne cessait de la tarauder, elle pensait connaître la réponse, mais elle avait tout de même besoin qu'on le lui confirme.

-Vous… Vous savez qui est l'homme au masque ? Demanda-t-elle craintivement.

-L'Eventreur. »

La réponse de l'agent Davies la fit trembler. Elle confirmait ses soupçons les plus inquiétants. La jeune femme ignorait ce qui s'était passé entre Edward et le tueur en série, mais une relation noire et malsaine semblait les lier. La jeune femme était encore en train de supplier une quelconque puissance supérieure de protéger Edward quand le Tahoe s'arrêta brusquement devant un entrepôt en banlieue de Portland. Une sueur froide glissa le long de son échine quand elle remarqua qu'ils avaient découvert le corps de Cunnigham non loin de là. Elle se raisonna en se disant que cela n'était pas forcément de mauvais augure. Le plus doucement possible, ils quittèrent le véhicule et se regroupèrent autour de la voiture de Sam et Caitlin. Rapidement, les fédéraux mirent leur plan en place, ne voulant pas attendre les renforts craignant ce qui pouvait se passer durant ce temps. Bella prit doucement la main de Carlisle dans la sienne, ils échangèrent un regard, écoutant avec attention l'avancée de l'équipe grâce aux oreillettes. Ils échangèrent un regard emplit d'inquiétude, le médecin caressa le dos de sa main avec son pouce en un geste rassurant. Soudain, un léger son attira leur attention. Carlisle la lâcha pour se précipiter vers la voiture d'où il sortit l'ordinateur portable.

Sous ses yeux surpris, le médecin relia son téléphone portable à l'ordinateur. Il lui sembla qu'il transférait des données, mais elle n'en était pas certaine. Quand Carlisle eut terminé, il ôta d'un geste sec le cordon avant de se précipiter vers l'arrière du bâtiment, les yeux rivés sur son téléphone. Elle lui emboîta le pas quand elle comprit qu'il suivait les déplacements d'Edward. La jeune femme resserra l'emprise de ses doigts sur son arme. La jeune femme était tellement concentrée pour ne pas faire de bruit et ne pas s'emmêler les pieds dans les pierres ou les herbes folles qu'elle percuta de plein fouet Carlisle qui venait de s'arrêter. Elle lui offrit un sourire d'excuse avant de regarder sur l'écran du téléphone, le point ne bougeait plus et se trouvait juste à quelques mètres d'eux. Leurs yeux scrutèrent avec attention l'obscurité, cherchant à s'y habituer pour tenter de trouver une silhouette. Bella mourrait d'envie d'appeler le jeune homme, mais elle savait qu'elle ne ferait que mettre Edward en danger et eux aussi par la même occasion.

« -Reste ici, ne bouge pas ! Ordonna Carlisle dans un chuchotis.

Elle hocha doucement la tête tout en se demandant ce que le médecin avait derrière la tête. Avait-il vu quelque chose qui lui avait échappé ? La jeune femme fronça les sourcils pour observer avec plus d'attention les alentours plongés dans une obscurité dérangeante.

-Bella ! Carlisle ! Où êtes-vous ? »

La jeune femme sursauta et mordit violemment sa lèvre inférieure pour réprimer le cri de frayeur qui avait menacé de lui échapper. Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, Carlisle, qui se trouvait à quelques pas, lui fit signe de se taire. Bella remarqua qu'il avait ôté son oreillette et elle l'imita, déconcentrée par les propos de Russell qui ne cessait de les interpeller. L'arme de Carlisle brilla sous les éclats de la lune, elle suivit son avancée ressemblant à celle d'un prédateur cherchant sa proie. A cet instant et connaissant la réputation de l'Eventreur, elle fut rassurée d'être à ses côtés. La jeune femme inspira profondément et tout en surveillant l'obscurité, elle fit son possible pour couvrir du médecin.

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Carlisle sentait son cœur battre violemment dans sa poitrine. Il ne cessait de se répéter les leçons qu'on lui avait apprises étant plus jeune, il tentait d'ignorer ses émotions, mais comment y parvenir quand sa chair et son sang était en danger ? Il avait vu les blessures que l'Eventreur avait infligées à son fils, même la plus intime. Edward n'était pas encore remis de ces dernières, comment pourrait-il se relever d'une nouvelle agression ? Il inspira profondément. Il fallait qu'il oublie qu'il s'agissait de son fils, il devait rester concentré ! Tout en surveillant les alentours, il se dirigea doucement vers la forme allongée à quelques mètres devant lui qui avait attiré son attention. C'était trop facile, trop évident, il y avait forcément un piège, mais lequel ? D'après ce qu'il avait lu sur l'Eventreur, il ne pouvait pas croire qu'il ait abandonné ainsi Edward, ni que leur présence l'ait fait fuir ! Il mourrait d'envie de se précipiter vers la silhouette qu'il apercevait, mais il s'ordonna d'avancer pas à pas. Quand il ne se trouva qu'à une ou deux enjambées, il abandonna toute prudence et se précipita vers le corps. Doucement, il retourna la personne allongée sur le dos. Un soupir de soulagement franchit le seuil de ses lèvres quand il reconnut son fils. Sa main droite lâcha son arme pour caresser le visage de son enfant qui était inconscient.

« -Carlisle ! L'appela Bella dans un murmure.

Le médecin lui fit signe de rester cachée, il préférait qu'elle reste à l'abri juste au cas où. D'un geste rapide, il remit son oreillette tout en enlevant sa veste pour la poser sur le torse dénudé de son fils.

-Agent Davies ?

-Docteur Cullen ! Bon Dieu, où êtes-vous ? Jura Russell.

-Une quinzaine de mètres au Nord du bâtiment, Edward est avec nous.

-Comment va-t-il ? S'enquit aussitôt le mentor de son fils.

-Il va bien, enfin, je crois. Il est inconscient.

-J'appelle les secours, annonça Caitlin.

A peine avait-il entendu ces quelques mots qu'il perçut des bruits de pas et aperçut la lueur de torches, au vu de ces dernières, il comprit que les renforts étaient arrivés.

-Bella, tu peux sortir ! Dit-il dès qu'ils furent entourés par plusieurs agents et par l'équipe de son fils.

-Comment va-t-il ? S'inquiéta Bella.

Carlisle ne répondit pas. Ses doigts commencèrent à palper, à examiner le corps de son fils pour déceler une quelconque blessure. Il allait retirer la veste avec laquelle il avait recouvert son torse quand il se souvint des blessures de son fils. Il n'était pas certain qu'Edward apprécie que Bella les voie.

-Bella, peux-tu aller chercher la trousse de secours qui se trouve dans la voiture ? Lui demanda-t-il.

-Je t'accompagne.

Il remercia d'un signe de la tête Caitlin qui saisit le bras de Bella pour l'éloigner avant que cette dernière n'ait le temps de protester. Après avoir pris une profonde inspiration, il retira sa veste. Le médecin fut soulagé de ne voir aucune trace de coupure sur le torse de son fils, puis, avec des gestes emplis de douceur, il le retourna, son dos aussi était immaculé.

-Le pantalon, murmura Russell qui s'était agenouillé à ses côtés pour l'éclairer.

Carlisle déglutit péniblement. Il remarqua que l'agent Cartland s'était retourné pour leur laisser le plus d'intimité possible. Ses doigts tremblants se posèrent sur la ceinture d'Edward qu'il défit avant de retirer le pantalon.

-Tout va bien, souffla-t-il soulagé.

La main libre de l'agent Davies se posa sur son épaule en un geste rassurant. Puis, le mentor de son fils se redressa et fit signe aux équipes de secours de les rejoindre. Quelques minutes plus tard, Edward était installé sur un brancard avant d'être emmené dans une ambulance. Carlisle se chargea lui-même des examens. Le rythme cardiaque de son fils était un peu faible, mais régulier tout comme sa respiration. Ses doigts repoussèrent doucement les paupières closes pour observer ses pupilles avec une petite torche, il fut soulagé de voir ces dernières réagir à la lumière. Cependant, n'ayant trouvé aucune trace de commotion, il se demanda à quoi pouvait être dû l'inconscience d'Edward ? Il demanda un kit de prélèvement à l'infirmier qui était à ses côtés. Pendant que l'homme préparait la seringue, il désinfecta le creux du coude de son fils avec un bout de coton tout en cherchant une veine. Ses yeux acérés furent soudain attirés par un petit point rouge.

-Vous pouvez m'éclairer ? Demanda-t-il au secouriste.

Ce dernier se redressa et pointa le faisceau de sa lampe sur la peau du jeune homme inconscient. Carlisle eut alors la confirmation de ses soupçons, l'Eventreur avait injecté quelque chose à Edward. Aussitôt, défilèrent dans sa tête toutes les procédures liées à un empoisonnement, il ne pouvait pas lui administrer n'importe quel produit au risque de tuer lui-même son enfant. Le médecin fit la prise de sang tout en espérant qu'ils aient rapidement un résultat, en attendant, il allait le perfuser avec un produit agissant ou du moins ralentissant les effets de plusieurs poisons. Arrivé à l'Hôpital, il aboya ses ordres sans prendre la peine de se présenter, de toute manière, la plupart du personnel le connaissait. Une fois son fils en chambre, il vérifia que toutes les machines mesurant ses signes vitaux soient bien branchées avant de se laisser tomber dans un fauteuil. Sa main agrippa celle d'Edward qu'il trouva un peu froide.

-Comment va-t-il ?

Carlisle sursauta. Il n'avait pas entendu Russell entrer. Ce dernier s'excusa avec un sourire avant de se poster de l'autre côté du lit.

-Il va bien pour le moment, mais ce salaud lui a administré un produit et j'ignore quoi. Tout ce que j'espère c'est qu'Edward tienne bon le temps que l'on sache ce qu'il lui a fait.

-Ses signes vitaux sont encourageants, non ?

-Oui, même s'ils sont un peu lents…

-Edward est un battant, il va s'en sortir. »

Carlisle acquiesça distraitement de la tête. Russell ne tarda pas à quitter la chambre pour coordonner les recherches concernant le Général et ses sbires ainsi que celles sur l'Eventreur. Il savait qu'il aurait pu être d'une aide précieuse pour coincer Volturi, mais il ne pouvait se résoudre à quitter la chambre de son fils. Tendrement, il se pencha pour caresser son visage. Qu'avait-il bien pu se passer dans la tête du tueur qui, après avoir pris d'énormes risques, avait simplement abandonné Edward ? L'Eventreur ne faisait rien par hasard, alors, quel était son but ? L'esprit un peu confus, il se leva tout de même pour aller fermer les stores de la chambre. Des policiers étaient en faction devant cette dernière, mais la prudence était de mise. Il se réinstalla dans le fauteuil, sa veste sur ses genoux, dissimulant son arme qu'il garda à la main.

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Bella remercia l'infirmière et le médecin qui venaient d'achever les premiers soins donnés par Carlisle, elle enfila avec douceur ses chaussures avant de s'enquérir du numéro de la chambre d'Edward. Le renseignement obtenu, elle se dirigea vers cette dernière. La jeune femme ne fut guère surprise de trouver deux policiers et deux fédéraux en faction devant celle-ci. Elle montra sa carte et après avoir vérifié leur liste, ils consentirent à la laisser entrer. La jeune femme fit un pas, son regard se posa sur le lit avant qu'un mouvement rapide n'attire son attention. Carlisle qui avait dû s'assoupir s'était vivement redressé et pointait sa veste vers elle. Elle haussa un sourcil surpris et aussitôt le médecin se détendit avant de lui offrir un sourire d'excuse qui la laissa perplexe.

« -Comment va-t-il ? Demanda-t-elle.

-Il va bien, pour le moment, précisa Carlisle en jetant un coup d'œil aux appareils. Et toi ? Tes pieds ?

-Ils m'ont fait des soins, donné des antalgiques et j'ai ordre de ne plus courir pieds nus dans les rues, tenta de plaisanter la jeune femme avant de remarquer les traits tirés du médecin. Vous devriez vous reposer Carlisle.

-Non, ça ira.

-Vous ne lui serez pas d'une grande aide si vous tombez de fatigue, lui fit-elle remarquer.

-C'est vrai, admit-il, je… Je vais aller me chercher un café, en veux-tu un ?

-Oui, je veux bien, merci.

-Tu restes avec lui, s'il-te-plaît ?

-Vous n'avez pas à poser la question.

Carlisle lui sourit avant de se lever pendant qu'elle s'asseyait sur le rebord du lit tout en prenant délicatement la main perfusée d'Edward entre les siennes.

-Bella, es-tu armée ?

-Non, pourquoi ?

-Tiens !

La jeune femme tressaillit en voyant l'arme que le médecin avait gardé sous sa veste. Elle allait protester quand il la lui colla d'autorité dans une main.

-Il y a des gardes devant la porte Carlisle, lui rappela-t-elle.

-Je préfère que tu l'ais. Je reviens rapidement. »

Bella acquiesça. La jeune femme comprit qu'il était sérieux quand elle se rappela son entrée dans la chambre, il l'avait mise en joue avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'elle. Un frisson la parcourut, heureusement, que Carlisle n'avait pas tiré sans réfléchir ! La jeune femme chassa ses angoisses d'un mouvement de la tête pour se concentrer sur Edward. Elle espérait de tout cœur que l'Eventreur n'avait pas eu le temps de lui faire du mal. Après tout, ils l'avaient retrouvé relativement vite, il ne pouvait pas l'avoir blessé, non ? L'inquiétude lui fit mordiller sa lèvre inférieure, un juron lui échappa quand elle sentit un liquide au goût cuivré dans sa bouche. Merde ! Elle s'était fendue la lèvre ! Tout en cherchant du regard un mouchoir ou une compresse, elle sentit une légère pression sur sa main.

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Carlisle revenait vers la chambre de son fils avec deux cafés quand l'agent Davies le rejoignit. Ce dernier lui apprit que des barrages policiers avaient été installés aux sorties de la ville, les policiers contrôlaient les identités des véhicules suspects. Carlisle acquiesça silencieusement, sachant parfaitement que cela ne servirait à rien. Le Colonel ne se ferait pas avoir d'une manière aussi stupide, par ailleurs, il était sûr que maintenant qu'il les savait ici, il n'aurait en aucune façon envie de quitter Seattle. Russell lui apprit ensuite qu'il avait proposé à Daniel et Helena de se retirer. Le premier avait accepté et était en ce moment même en partance pour l'étranger, Helena quant à elle avait souhaité rester, Franz était avec l'agent Cartland qui dirigeait les opérations depuis le Commissariat. L'agent Beckett, quant à elle, était partie à Forks avec plusieurs hommes pour surveiller la villa au cas où les Volturi ou le tueur s'y rendraient, Helena avait tenu à l'accompagner. Ils allaient entrer dans la chambre de son fils lorsque l'un de ses confrères l'interpella, il avait les résultats sanguins d'Edward. Carlisle le suivit et déposa les cafés sur la banque entourant le bureau des infirmières pour pouvoir lire ces derniers.

« -Alors ? Le pressa Russell alors qu'il parcourait les résultats.

-Il n'y a pas de trace de poison, lui apprit-il.

-Dieu merci, soupira l'agent Davies soulagé.

-Mais, il y a autre chose, ils ont trouvé une forte dose de GHB.

Carlisle serra les poings pour ne pas laisser échapper un cri de douleur. Que se serait-il passé s'ils n'étaient pas arrivés à temps ? Sa question le fit frémir.

-Je ne comprends pas, murmura Russell.

-Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Explosa Carlisle fou de rage. Que ce salaud a drogué mon fils pour le rendre docile pendant qu'il… qu'il… »

Carlisle ne put terminer sa phrase. La porte de la chambre d'Edward venait de s'ouvrir violemment et le regard paniqué de Bella ainsi que sa lèvre en sang lui firent craindre le pire. Russell et lui se précipitèrent dans la chambre.

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Edward se sentait étrange. Il avait l'impression d'être conscient sans pour autant que ce soit le cas. Il se sentait comme étranger à tout ce qui était autour de lui, pourtant, il voyait bien Bella assise près de lui, mais c'est comme si elle n'était que le fruit de son imagination. Ses doigts bougèrent pour s'assurer de sa présence. Aussitôt, la jeune femme releva la tête et leurs regards se croisèrent avant qu'il ne ferme les paupières. Il entendit son prénom, quelqu'un l'appelait, mais cette personne lui paraissait tellement loin… Sa voix n'était qu'un murmure, mais ce timbre ressemblait à celui de Bella. Une main douce et chaude se posa sur sa joue et il eut l'impression que ce simple contact chassait un peu le froid qui l'avait envahi.

« -Tout va bien, je reviens, Edward, je vais chercher de l'aide.

Elle partait ? Non ! Il ne le voulait pas ! Il aurait aimé retenir la jeune femme, mais il n'en avait pas la force. Son corps se mit à trembler quand il entendit une porte claquer et des pas. Où était-il ? Qui étaient les personnes qui s'approchaient de lui ?

-Edward ? Edward, tu m'entends ?

Il connaissait cette voix, elle lui était familière. Il aurait aimé ouvrir la bouche pour répondre, mais cela lui semblait infaisable tant il était engourdi.

-Edward, mon grand, ouvre les yeux, s'il-te-plaît.

Le jeune homme se sentit soulagé quand il comprit que c'était son père. D'ailleurs, les doigts de Carlisle se posèrent sur son visage, il continua de l'encourager pendant que ces derniers se posaient sur ses paupières. Un grognement de protestation franchit ses lèvres closes quand il se retrouva aveuglé par une vive lumière.

-Désolé, s'excusa son père, je voulais vérifier que tout allait bien. Allez, réveille-toi, maintenant.

Plus facile à dire qu'à faire ! Songea-t-il amèrement. Il avait l'impression d'être prisonnier de son état de semi-conscience. Il voulait se réveiller, mais son corps n'était pas de cet avis. Cependant, son père, tout comme Bella et Russell, ne semblait pas vouloir le laisser tranquille, ils ne cessaient de l'encourager.

-La ferme, marmonna-t-il sans pour autant ouvrir les yeux.

-Toujours aussi grognon au réveil, s'amusa Russell, allez, ouvre les yeux et on te laisse tranquille.

Edward soupira avant de se concentrer pour obéir. Il réussit enfin à soulever ses paupières et fut soulagé de voir que la chambre était plongée dans la pénombre ce que ses prunelles apprécièrent.

-Soif, articula-t-il.

Bella fut la première à réagir, elle s'approcha d'une tablette et versa un peu d'eau dans un verre avant de s'approcher du lit. Il pouvait voir son émoi sur son visage et il regretta de lui avoir causé autant de tracas, cependant, le naturel de la jeune femme ne tarda pas à la rattraper lorsqu'elle s'emmêla les pieds. Le verre d'eau atterrit en plein sur son visage pendant que Bella s'étalait sur son torse lui coupant le souffle.

-Désolée ! Je suis désolée ! S'exclama-t-elle les joues rouges tout en se redressant. Pardon…

Sans qu'il ne puisse rien contrôler, son torse se souleva doucement alors que ses lèvres s'étiraient. Un son rauque résonna dans la pièce alors qu'il était pris d'un fou rire qui lui fit étonnement beaucoup de bien. Les visages sévères et inquiets de son père ainsi que de son mentor ne firent qu'accentuer son propre fou-rire. Bella ne tarda pas à se joindre à lui et les deux hommes ne purent qu'esquisser un sourire en les couvant du regard. Edward fit son possible pour se calmer lorsque son père l'aida à se redresser pour boire quelques gorgées après qu'il ait rempli à nouveau le verre.

-Doucement, lui demanda Carlisle alors qu'il buvait goulûment l'eau.

Edward termina son verre et son père l'aida à se rallonger. Ce dernier caressa ensuite tendrement sa joue en le couvant d'un regard inquiet.

-Comment te sens-tu ? Questionna son père.

-Un peu confus, avoua-t-il.

-As-tu mal quelque part ?

-Non.

-Te souviens-tu de ce qui s'est passé ? L'interrogea Russell.

-C'est flou, je me rappelle avoir cherché Bella, tu avais disparu du restaurant, se rappela-t-il en regardant la jeune femme.

-Je suis désolée, je n'aurais pas dû intervenir, murmura-t-elle.

-Ce n'est rien, l'essentiel c'est que tu ailles bien. Bon, quelqu'un pourrait maintenant m'expliquer ce que je fais dans un lit d'Hôpital ? »

Ses poings se crispèrent sur le drap qui le recouvrait au fur et à mesure que Russell lui racontait les évènements de la soirée. Ne pas savoir ce qui lui était arrivé le fit frémir. Il tressaillit à l'idée de ce que l'Eventreur avait pu faire de son corps pendant qu'il était inconscient. Comprenant sa crainte, son mentor s'empressa de le rassurer en lui disant qu'il n'était resté que peu de temps avec le tueur en série et que l'Eventreur aimait que ses victimes soient conscientes. Carlisle demanda à Bella d'aller récupérer les vêtements d'Edward auprès d'une aide-soignante. La jeune femme sortit et son père se dépêcha de lui dire que tous ses examens étaient rassurants, il ne présentait aucune coupure et n'avait subi aucuns sévices. Edward se laissa tomber contre son oreiller en soupirant de soulagement. Bella ne tarda pas à revenir et il fut surpris d'apprendre qu'il allait sortir à condition qu'il reste sous la surveillance de son père. Carlisle alla remplir les papiers de sortie pendant que Russell lui donnait un coup de main pour s'habiller.

Une fois à l'extérieur de l'Hôpital, il se retrouva installé dans la Mercedes noire de son père. Le jeune homme fut étonné qu'ils soient seuls à l'intérieur et encore plus quand il remarqua qu'ils prenaient la route de Forks. Il interrogea son père qui lui apprit qu'ils rentraient à la villa. Le FBI ainsi que Franz et Helena surveillaient leur demeure. Edward n'apprécia pas leur plan, il se doutait qu'ils allaient servir d'appât et aurait préféré avoir toutes ses capacités pour pouvoir épauler son père. Une fois garé dans le garage, ils rentrèrent dans la maison dont Carlisle laissa tous les volets fermés. Son père lui demanda d'aller s'allonger pendant qu'il faisait un détour par la cuisine. Une fois dans sa chambre, il se déshabilla rapidement avant de filer sous la douche. L'eau coulait sur son corps alors qu'il fouillait son esprit pour essayer de se rappeler ce qui s'était passé, mais à son grand désespoir, rien ne lui revint.

« -Edward ?

-Je suis là, cria-t-il en coupant l'arrivée d'eau.

Le jeune homme se sécha rapidement avant d'enfiler un boxer et un tee-shirt propres qu'il avait laissé là. Habillé, il rejoignit la chambre où son père avait laissé un sandwich et un grand verre d'eau sur son chevet. Il s'empressa d'avaler l'encas, étonné par sa propre faim. Après avoir bu son verre d'eau, il se lança à la recherche de son père. Il frappa doucement à la porte de la chambre de ses parents.

-Papa ?

-Entre.

Edward obéit. Son père l'avait imité, il était vêtu d'un bas de pyjama en soie noire et était en train de se sécher les cheveux.

-Tu devrais te reposer, lui conseilla Carlisle.

-Toi aussi, rétorqua-t-il, mais je ne pense pas que ce soit très prudent.

-La maison est bien surveillée, les alarmes sont enclenchées et je peux t'assurer que si quelqu'un cherche à entrer nous le saurons. Allez, va un peu dormir.

-D'accord, mais si toi aussi, tu dors un peu.

-Je vais me coucher, lui assura son père en ouvrant le lit. »

Edward acquiesça avant de sortir de la chambre. Il se dirigea vers la sienne et s'allongea dans son lit. Son regard se posa sur le cadre qui se trouvait sur son chevet. Le jeune homme l'attrapa, son index traça les contours du visage de son fils qui lui souriait. Comment allait-il ? Etait-il heureux ? Il l'espérait de tout son cœur. Une larme roula sur sa joue, son odeur rassurante de bébé lui manquait, il était son réconfort, son havre de paix. La fatigue le prit en traître alors qu'il se demandait quand il pourrait serrer à nouveau Stefan dans ses bras ? Ses paupières se fermèrent, il n'entendit pas la porte de sa chambre s'entrouvrir, il ne vit pas son père qui vint le border et lui prendre la photo des mains. Si son père était resté quelques minutes de plus, il aurait pu remarquer la soudaine tension qui prit possession de son corps, tout comme ses pupilles qui s'agitèrent frénétiquement sous ses paupières qui en tremblèrent…

Il tremblait de tout son être alors que la lame du couteau réduisait en miette sa chemise. Soudain, un élan de lucidité traversa son esprit. Ils étaient seuls ! Stefan n'était pas là ! Il n'était pas en danger ! Quand il réalisa cela, Edward retrouva le contrôle de son être. Se moquant de la lame qui aurait pu meurtrir sa chair, il donna un violent coup de pied dans l'entrejambe de l'Eventreur avant de le repousser loin de lui. Il aurait aimé se jeter sur lui, se battre, mais la porte de secours que le tueur avait bloqué était en train de trembler sous les coups des Volturi qui tentaient de les rejoindre. Edward ne réfléchit guère plus, ses chances de s'en sortir face à eux ou à l'Eventreur étaient minimes. Il s'élança dans les escaliers, espérant retrouver son équipe qui pourrait lui venir en aide. Edward avait presque atteint le rez-de-chaussée quand il entendit un bruit de course dans les escaliers au-dessus de lui. Avant qu'il n'ait pu esquisser un geste, une main enserra sa taille pendant qu'une autre se posait sur sa bouche, puis, on le traîna de force dans un étroit recoin sombre. Il allait se débattre quand il vit les hommes de main du Général passer devant lui. Une fois que Félix et Chelsea disparurent de sa vue, il se débattit, mais l'homme le maintint fermement contre lui. Il donna un coup de coude dans son estomac pour se libérer à l'instant où il sentit quelque chose s'enfoncer dans la chair de son bras. Quelques minutes plus tard, il suivit l'Eventreur sans opposer de résistance, tel un pantin, il n'avait plus aucune volonté…

Même si son corps était engourdi, son esprit n'avait pas encore était atteint par cette étrange léthargie. Il tenta de résister, mais sa force devait être égale à celle de Stefan, c'est-à-dire dérisoire par rapport à celle de l'Eventreur. Son ravisseur le poussa violemment à l'intérieur d'un van où il tenta de se relever, mais il retomba lourdement sur le sol. Il sursauta en entendant des coups de feu, il espéra que c'était ses équipiers et qu'ils parviendraient à arrêter le van !

« -Tes deux chéries ne sont pas de taille, ricana l'Eventreur avant de faire un petit signe en direction de la fenêtre passager. »

Edward tenta une nouvelle fois de se lever, il serra les dents et réussit à se redresser. Il aperçut Bella et Caitlin dans le rétroviseur, arme à la main, courir dans leur direction. La brutale accélération du van lui fit perdre l'équilibre et il retomba sur le sol avant de sombrer dans une étrange inconscience. Quand il se réveilla à nouveau, il remarqua qu'ils avaient changé de véhicule et qu'ils étaient arrêtés devant une sorte d'entrepôt désaffecté. Il frissonna en remarquant que ce dernier ressemblait étrangement à celui où ils avaient trouvé le corps de Cunnigham. Sa tête lui faisait terriblement mal, il se passait quelque chose d'étrange, il ne savait pas quoi, mais son instinct lui hurlait de résister, mais résister à quoi ? Il ne parvenait pas à identifier la menace.

« -Tu vas venir, entendit-il enfin distinctement, tu vas venir à moi. Oh, oui ! Susurra l'Eventreur à son oreille. Tu vas me poursuivre, me traquer… Tu oublieras tout ce qui n'est pas moi ! Tu ne penseras qu'à moi, tu ne rêveras que de moi… »

Un haut de cœur le saisit quand les lèvres du tueur se posèrent sur les siennes, les mordillant, forçant le passage. Il voulut le repousser, mais il en était incapable. Son être trembla quand l'Eventreur le prit dans ses bras. Son cœur se mit à battre violemment dans son torse, cependant, il fut intrigué quand il sentit l'air frais caresser son visage. Il ne tarda pas à être déposé dans l'herbe ce qui l'étonna.

« -Tu ne m'en voudras si j'emporte un petit souvenir ? Non ? Merci, amour, souffla l'Eventreur en lui ôtant sa chemise. On se revoit bientôt, garantit-il en caressant sa joue avant de l'embrasser une dernière fois. N'ai pas peur, papa arrive… »

Sur ces mots, il entendit les pas de l'Eventreur s'éloigner. Que se passait-il ? Pourquoi l'abandonnait-il ? Pourquoi ? Non pas que cela le dérangeait, mais cela ne correspondait pas à l'Eventreur d'abandonner sa proie surtout quand celle-ci était à sa merci comme lui en ce moment ! Le jeune homme cessa de réfléchir, de se poser des questions, car cela devenait de plus en plus difficile. Il était en train de sombrer à nouveau dans l'inconscience quand il entendit la voix de son père et sentit sa présence. Il fut soulagé et ne chercha pas à lutter contre les ténèbres. Pourtant, un sentiment étrange l'envahit, son instinct semblait lui hurler que la réponse était là, que s'il se concentrait, il pouvait comprendre où était le danger, mais cela était trop dur…

Edward s'éveilla en sursaut. Il se redressa dans son lit et posa une main tremblante sur sa poitrine où son cœur battait frénétiquement. Lorsqu'il eut retrouvé un peu son calme, il se leva et se dirigea vers la salle de bain. Il ouvrit le robinet d'eau froide et passa un peu d'eau sur son visage avant de s'appuyer contre le lavabo. Quelque chose n'allait pas ! Il se rappelait des propos du tueur, il y avait une telle certitude dans ses paroles que cela l'intrigua. L'Eventreur ne l'avait pas laissé partir sans raison, il avait fait quelque chose, mais quoi ? De rage, il donna un coup de poing contre le meuble. Edward s'obligea à se calmer, il inspira profondément pour pouvoir réfléchir. Médicalement, tout était nickel, connaissant son père, il n'aurait rien laissé passer, alors, quoi ? La sonnerie de son téléphone résonna. D'un pas lent, il se dirigea vers sa chambre et prit le portable qui était posé sur le chevet. Ses sourcils se froncèrent quand il vit qu'il s'agissait d'un numéro masqué. Il décrocha. Quelques secondes plus tard, le téléphone tomba lourdement sur le sol…

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Un sourire se dessina sur le visage de l'Eventreur alors qu'il raccrochait son téléphone. Quel dommage que les volets de la villa soient clos ! Il n'allait pas pouvoir profiter du spectacle. Mettant de côté sa déception, il se mit à rêver de la scène, à l'imaginer. Eprouverait-il autant de plaisir que lui d'enfoncer la lame dans la chair de sa victime ? Il l'espérait. Rien qu'en train d'imaginer son Edward en train de poignarder sa proie, il sentit son érection s'éveiller, il devait être d'une beauté époustouflante en traqueur, même s'il l'appréciait encore plus en position de faiblesse. Son sourire s'élargit quand il songea que dans quelques minutes, son plan serait exécuté et à partir de ce moment, il serait la personne la plus importante de la vie de son Edward, oui, à son tour, il serait obnubilé par lui. Ils seraient enfin réunis par la même passion. Son désir pour le superviseur du FBI augmenta, il lui tardait de l'avoir à nouveau pour lui, soumis à lui.

Soudain, un léger craquement attira son attention. Sa main se ferma en un poing, mais il resta immobile. Malgré le silence de la nuit, il savait qu'il n'était pas seul. Il pouvait sentir une présence, attendre une respiration discrète. D'un geste sûr et rapide, il se tourna, le bras tendu, son poing heurta le visage de son assaillant dont le nez se brisa. Il soupira face à ce contretemps, il aurait aimé rester près de la villa, mais il ne pouvait pas se permettre de laisser cette femme inconsciente là. L'Eventreur chargea la malheureuse sur son épaule avant de marcher en direction de la rivière qui se trouvait non loin de la villa des Cullen. Il avait son couteau sur lui, il aurait pu l'égorger, mais il réservait sa lame pour lui. Quant à son revolver, il n'avait pas de silencieux, il était donc hors de question qu'il l'utilise. Il atteignit finalement la rivière. La femme reprenait peu à peu ses esprits. Il attrapa violemment ses longs cheveux bruns qu'il enroula autour de son poing avant de plonger sa tête sous l'eau. Elle se débattit. Il attendit. Ses mouvements ne tardèrent pas à perdre de leur vigueur avant de finalement stopper. L'Eventreur abandonna son corps dans l'eau avant de se diriger vers sa voiture. Les policiers n'allaient pas tarder à se lancer à la recherche de cette fouineuse et ils comprendraient rapidement qu'il était derrière ce meurtre ainsi que celui commis à la villa. Son sourire s'élargit face à cette dernière pensée.

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Carlisle passa par la chambre de son fils avant d'aller vérifier une dernière fois que la maison était bien verrouillée, un sourire se dessina sur son visage quand il vit que son fils sommeillait déjà. Son cœur se serra quand il vit ce qu'il tenait entre ses doigts. Il lui prit doucement le cadre pour le reposer sur le chevet. Il arrangea la couette avant de caresser les cheveux d'Edward.

« -Je te promets que tout va s'arranger, bientôt, tu retrouveras ton petit bonhomme. »

Carlisle se pencha et déposa un baiser sur le front de son fils avant de se redresser. Il fit ensuite le tour de la maison avant de revenir dans sa chambre. Il s'allongea sur le lit après avoir caché son revolver sous son oreiller. Le médecin ferma les yeux et laissa échapper un léger soupir. Il était inquiet, il aurait tant aimé qu'Edward ne fasse pas sa tête de mule et qu'il aille se mettre à l'abri avec les autres… Mais bon, comme lui avait dit Russell, les chiens ne font pas des chats ! Alors qu'il luttait contre le sommeil, son téléphone vibra, il l'attrapa pour lire le message de Franz. Son ami le prévenait qu'il allait prendre un peu de repos, mais qu'il n'avait rien à craindre, la villa était bien surveillée. Rassuré, Carlisle se tourna sur le ventre et ferma les yeux.

A travers les brumes du sommeil, Carlisle sentit ses poils s'hérisser sur tout son être. Tout son corps se tendit en pressentant un danger. Le plancher craqua. D'un mouvement souple, il roula sur le lit évitant de justesse le couteau qui venait de se planter dans le matelas. Sa main glissa sous son oreiller et il saisit son arme. Le médecin serra les dents quand il sentit la lame mordre sa chair créant une coupure peu profonde sur son bras. Il ramena ce dernier contre lui, ses doigts fermement refermés sur son revolver qu'il arma aussitôt. Son agresseur ne lui laissa guère le temps de viser qu'il se jeta sur lui. Un poing heurta violemment sa mâchoire et il se retrouva quelques secondes sonné. L'homme en profita pour revenir à l'assaut, son couteau visant son torse. Carlisle replia ses pieds devant lui et frappa avec ces derniers son agresseur qui alla heurter le mur. Le médecin visa aussitôt le torse de l'homme, il allait appuyer sur la détente quand il stoppa son geste.

« -Non ! Non ! Non !

Son assaillant profita de son désarroi pour se jeter sur lui. Ses mains vinrent aussitôt entourer le poignet de son agresseur pour éviter qu'il ne le poignarde.

-Je t'en prie, Edward…

Carlisle repoussa difficilement son fils. Ce dernier était en train de tâtonner pour retrouver son couteau, il en profita donc pour se relever et quitter la chambre. Edward ne tarda pas à se lancer à sa poursuite et à le rattraper, son fils se jeta sur lui et ils dévalèrent l'escalier. Carlisle gémit de douleur quand sa tête heurta le mur. Il serra les dents et se releva péniblement. Edward gisait non loin de lui, inconscient. Avant d'examiner son fils, il arracha le poignard que ce dernier tenait toujours en main et le fit glisser sous un meuble pour qu'il soit hors de portée. Il alluma ensuite la lumière qui éclaira le rez-de-chaussée avant de se pencher sur Edward. Alors qu'il allait s'accroupir, les paupières de son fils s'ouvrirent brusquement, son regard voilé le fit tressaillir. Carlisle savait qu'à moins de le blesser, il ne s'en sortirait pas, il préféra la fuite, mais Edward saisit sa cheville et tira violemment dessus. Le médecin perdit l'équilibre et s'étala de tout son long sur le parquet. Son fils s'installa à califourchon sur lui et lui décocha un nouveau coup de poing en plein visage.

-Edward, je t'en prie… Ed…

Un nouveau coup le fit taire. Regrettant par avance son comportement, il frappa son fils qui n'ayant pas prévu son geste partit légèrement en arrière. Il en profita pour se dégager et pointer son arme sur le torse d'Edward.

-Je t'en prie, ne bouge pas ! Supplia-t-il en le voyant se relever pour s'approcher avec une démarche de prédateur. Edward, je sais que tu es capable de briser le conditionnement ! Edward, tu es plus fort que ça.

Le sourire froid que lui offrit son fils, le fit tressaillir. Ce dernier continua de s'approcher, se moquant de l'arme qui le menaçait. Carlisle laissa échapper un juron avant de réenclencher la sécurité de son arme et de choisir à nouveau la fuite. Il passa devant la porte d'entrée, il lui suffisait de l'ouvrir pour que le FBI et la police ne rappliquent, mais il ne voulait pas prendre le risque de blesser son fils ! Le médecin allait atteindre la cuisine quand la main de son fils s'enroula autour de son bras pour le tirer en arrière.

-Edward ! Cria-t-il dans un souffle avant d'être violemment plaqué contre le mur. Je t'en supplie…

Les mains de son fils s'enroulèrent autour de son cou. Carlisle tenta de se dégager, il empoigna ses avant-bras sans réussir à lui faire lâcher prise. L'air commença à se raréfier dans ses poumons et des tâches commençaient à apparaître devant ses yeux. Dans un dernier sursaut, il enfonça ses ongles dans sa chair, peut-être la douleur le forcerait-il à le lâcher un peu ? Mais ce ne fut pas le cas. Il ne lui restait qu'une arme à utiliser, mais le manque d'air rendait sa réflexion difficile. L'Eventreur avait enlevé Edward, il comprenait maintenant pourquoi il leur avait laissé retrouver son fils, il l'avait conditionné pour qu'il le tue. L'Eventreur ne lui avait pas injecté du GHB pour le violer, mais pour affaiblir son esprit ! Comment avait-il pu programmer son fils en si peu de temps ? Une petite voix s'éleva dans son esprit pour lui rappeler que ce n'était pas le moment de se poser ce genre de question. L'Eventreur était derrière tout ceci, il serait sa carte pour survivre !

-Couteau, articula-t-il péniblement.

Edward parut un instant déconcerté. Il pencha la tête et ses émeraudes voilées le scrutèrent avec attention.

-Il… Il ne serait pas… content… que tu n'utilises pas… un couteau… pour… pour me tuer… »

L'information sembla faire son chemin dans l'esprit de son fils, puisque quelques secondes plus tard, il le lâcha pour se diriger tel un automate vers la cuisine. Carlisle glissa le long du mur, toussant, essayant de reprendre ses esprits. Le médecin savait qu'il avait peu de temps pour agir, il s'empressa de se relever et tout en cherchant de reprendre une respiration correcte, il se dirigea vers la piscine intérieure. Une fois dans la salle, il éteignit toutes les lumières sauf celles qui éclairaient la piscine. Carlisle se plaqua contre le mur près de l'entrée, il fit son possible pour se faire le plus discret possible. Il ferma les yeux pour identifier tous les bruits. Il arrivait, il pouvait entendre son souffle court. La lame du couteau apparue soudain dans l'entrée. D'un coup de manchette, il abattit son avant-bras sur celui d'Edward pour lui faire lâcher son arme. Son poing heurta ensuite le visage de son fils et avant qu'il ne reprenne ses esprits, il saisit son bras pour le faire basculer par-dessus son épaule. Edward atterrit dans la piscine et il se précipita à sa suite. Alors que son fils revenait à la surface pour prendre une bouffée d'air, il saisit l'un de ses bras pour le tordre dans son dos, pendant que de son autre main, il appuyait sur sa tête pour le faire replonger sous l'eau. Edward se débattit et il ne l'autorisa à reprendre une bouffée d'air que quand il le sentit à la limite de l'inconscience. Son fils toussa tout en crachant de l'eau avant de se débattre à nouveau, il le replongea dans l'eau. Son cœur se serra quand il se rendit compte de ce qu'il faisait, son cœur se serra, mais il ne pouvait pas faire autrement. Il l'attira une nouvelle fois à la surface. Son fils prit une grande bouffée après avoir recraché l'eau.

« -Edward ! Reprends-toi ! Mon fils, je t'en prie.

Un grognement sourd secoua le torse de son fils, ce dernier tourna la tête vers lui et il put voir son regard meurtrier le fusiller. Il n'hésita plus et replongea une dernière fois son fils sous l'eau. Il recommença l'opération encore plusieurs fois, s'inquiétant de voir son fils ne pas réagir à ses injonctions alors qu'il glissait de plus en plus vers l'inconscience. Il le sortit une énième fois de l'eau, il resserra son emprise autour du corps de plus en plus mou de son fils qui à chaque fois se rapprochait de la noyade. Ce dernier était à la limite de l'inconscience.

-Il suffit Edward. Je t'aime et je sais que même si je t'ai menti, tu m'aimes aussi. Nous sommes une famille, je t'aime mon fils.

-Papa…

Le mot était faible, mais il lui arracha une larme. Doucement, il nagea vers le rebord et, après avoir vérifié qu'Edward s'accrochait au rebord, il sortit de l'eau, puis, il hissa son fils à ses côtés. D'un geste sûr, il lui fit recracher l'eau qu'il avait avalé avant de le placer sur le côté en position de sécurité. Il vérifia ensuite ses constantes tout en surveillant avec attention ses pupilles.

-Que… Que fait-on là ? Lui demanda Edward confus.

-Tu ne te souviens pas ?

-Non.

-On en parlera plus tard. Accroche-toi à moi.

Edward passa un bras autour de ses épaules et il enroula le sien autour de sa taille, étroitement enlacés, ils gagnèrent l'étage. Il guida son fils à sa chambre, ne souhaitant pas se séparer de lui. Une fois qu'il l'eut assis dans un fauteuil, il alla chercher des serviettes. Ils se séchèrent, puis, il l'aida à enfiler des vêtements secs.

-Pourquoi je suis… aussi… fatigué ?

-Tu vas te reposer. On en parlera demain matin. Je t'aime, mon grand.

-Je t'aime aussi, papa.

Carlisle sourit et entraîna son fils vers le lit. Edward voulut regagner sa chambre, mais il refusa. Il le borda avant de s'installer de l'autre côté du lit. Il observa pendant de longues minutes son enfant avant d'attraper son téléphone portable.

-Agent Davies, décrocha l'homme au bout de quatre sonneries.

-Désolé de vous réveiller, Russell, s'excusa-t-il d'une voix basse.

-Tout va bien, Docteur Cullen ? S'enquit l'agent du FBI.

-Edward vient d'essayer de me tuer.

-Quoi ? Vous… Vous…

-Il va bien, il dort.

-J'arrive. »

Le médecin raccrocha et retourna à la contemplation de son fils. Quand il avait récupéré Edward, il y a 20 ans, il avait vérifié que l'enfant n'ait pas été programmé, conditionné. C'était l'un des passe-temps préféré du Général. Il plongeait ses cobayes dans un état d'extrême faiblesse psychologique et leur implantait un ordre simple. Ensuite, à l'entente d'un mot, à la vue d'une couleur ou d'un geste, le cobaye accomplissait l'ordre. Quelques semaines après qu'il ait récupéré Edward, il l'avait soumis à plusieurs séances d'hypnose pour vérifier qu'il n'avait pas été conditionné, il n'avait rien trouvé, mais apparemment il s'était trompé. Ce qui l'inquiétait encore plus, c'était que l'Eventreur avait su utiliser cette technique sur Edward. Comment avait-il pu le savoir et surtout comment avait-il pu le conditionner en si peu de temps ? Perdu dans ses pensées, il sursauta quand son téléphone vibra entre ses mains. Il lut le message et se leva. Quelques secondes plus tard, il était dans le hall et ouvrait à l'agent Davies.

« -Vous allez bien ?

-Ça va, cela vous dérange-t-il si nous montons ? Je ne veux pas le laisser seul. Il était assez désorienté.

-Non, allons-y.

Ils gagnèrent sa chambre à l'étage, Russell observa Edward avant de le rejoindre dans le petit salon qui entourait la cheminée au fond de la chambre.

-Que s'est-il passé ? Lui demanda le fédéral à voix basse.

-Nous nous demandions pour quelle raison l'Eventreur l'avait si facilement abandonné, voilà, la réponse.

-Je… Je ne comprends pas comment a-t-il pu faire faire cela à Edward ? L'hypnose ?

-Pas vraiment, mais il est possible qu'un ordre ait été implanté dans la tête d'Edward par le Général, sûrement celui de me tuer, l'Eventreur l'a tourné à son avantage, expliqua Carlisle.

-Ce qui voudrait dire que l'Eventreur sait qui vous êtes réellement ?

Carlisle ne répondit pas. Peut-être qu'effectivement le tueur avait fait des recherches sur eux ? Il était suffisamment intelligeant pour trouver des réponses. Néanmoins, quelque chose l'intriguait, les deux affaires pouvaient-elles être liées ?

-Comment lui avez-vous fait retrouver la raison ? Lui demanda Russell.

-J'ai fait en sorte qu'il baisse ses défenses.

-En prenant une douche ? Insista le mentor de son fils.

-Non, je… J'ai dû l'amener au bord de la noyade, son corps était épuisé, son esprit pratiquement inconscient, sa véritable nature a pu reprendre le dessus, il est redevenu lui-même.

-Cela peut-il se reproduire ?

-Je ne sais pas, je ne crois pas. Cependant, il a dû y avoir un élément déclencheur, pensa tout haut Carlisle.

-Comme quoi ?

-Isolé comme nous le sommes, je pencherai pour un coup de téléphone. »

Russell se leva aussitôt en lui demandant où était la chambre d'Edward, Carlisle la lui indiqua. Le fédéral revint quelques minutes plus tard, le téléphone de son fils entre ses mains, il lui expliqua qu'il avait trouvé ce dernier abandonné sur le sol. L'agent Davies les laissa seuls le temps d'appeler leur analyste pour voir si elle parvenait à tracer le dernier appel. Carlisle se releva et s'approcha du lit. Doucement, il s'allongea aux côtés de son fils et sans le réveiller, il le prit dans ses bras. Le sommeil le gagna à nouveau alors qu'il cherchait désespérément un moyen de sauver son enfant.