Bjour…. Oui, je sais, ça fait un moment x)

Disons que j'ai été frappé par le syndrome de « Tous ce que j'écris c'est cacaaaa QwQ »*tousse* heureusement c'est pas incurable.

Breeef, j'espère que vous l'attendez toujours ce chapitre et que la longueur compensera mes p'tites flemmardises de débutante naïve qui se dit « Mais 1000 mots c'est déjà énooorne »

A titre d'information, sachez que Ganondorf n'apparaîtra pas tout de suite, mais il arrivera pro-mis ! J'ai rallongé le chapitre 1 donc le début est le même que l'ancien chapitre 4 et contient ce qui aurait dû être le chapitre 5

Ère du nouveau royaume

Décembre. Le ciel était gris. Le vent apportait son souffle glacé et de gros flocons de neige ne tardèrent pas à tomber sur son nez. Quiconque oserait se balader en ses lieux se retrouverait gelé jusqu'à l'os. La seule chose qu'il pouvait voir, c'était un paysage blanc parsemé de montagne et de collines plus ou moins escarpée. Lorsque Link arriva au sommet de l'une d'elles, il constata à son grand désespoir que le paysage ne changeait pas d'un iota.

Vu de l'extérieur, les flocons paraissaient flottants et gracieux. De jolies petites boules d'eau sous forme solide. Mais pas pour Link. Pour lui, ces flocons étaient la cause de son enfer. Les rafales d'air étaient si violentes, puissantes et soudaines, qu'il était presque impossible d'avancer. Il sentait ses jambes cédées, petit à petit. En quelques minutes, le sol était recouvert d'une couche de neige tellement importante que les muscles de ses jambes grinçaient sous l'effort que demandait un pas de plus.

Le froid qui avait tout d'abord un effet anesthésiant devint peu à peu une horreur. Link avait l'impression d'être transpercé de toutes parts par des milliers de minuscules petites pointes, comme des rasoirs. Seul son courage et ses maigres espoirs lui permettaient de tenir.

Il ne voyait pas le bout de son périple et le froid était insoutenable. L'enfant tomba à nouveau et comme à chaque fois, il mit plusieurs longues minutes pour réussir à se relever après une bataille acharnée avec la neige.

C'était un cauchemar. Il scruta avec désespoir le paysage en quête d'une couleur parmi cet océan de blanc. Si cela continuait, il allait mourir ici et aucune arme ne pourrait venir à bout de son ennemi. Il fallait qu'il avance et qu'il se sorte de cette situation. Mais ses membres ne bougeaient plus, le froid semblait avoir atteint ses nerfs.

Il était perdu, il venait de quitter son village, la faim lui tordait le ventre et il ne comprenait pas pourquoi il devait subir tout cela. Qu'est-ce qu'il s'était passé ce jour-là ? Que lui voulait le général ? Juste parce qu'il veut des réponses, juste parce qu'il veut comprendre et juste parce qu'il trouve cela injuste, Link se promit qu'il n'abandonnerait jamais. Il continuerait de marcher jusqu'à ce que son corps tombe en morceaux. Son visage prit une expression déterminée et plus sombre. Il pouvait sentir quelque chose changer en lui...

L'enfant respirait difficilement. Sa peau était parsemée de cloques, comme si il avait été brûlé. Le froid extrême pouvait donc faire cela ? Il marcha, tomba, marcha et marcha encore. Plusieurs heures plus tard et l'horizon restait désespérément le même. Son supplice ne finirait-il donc jamais ?

Ses os craquaient et son sang se glaçait. La douleur comme seul compagnon. Ses pensées confuses et floues s'en mêlaient. La nuit tombait et bientôt, il ne pouvait plus voir ses pieds. Link hurla de frustration et d'angoisse. Il pleura comme l'enfant de neuf ans qu'il était.

Ses larmes glissaient jusqu'aux crevasses que le froid avait créées sur ses joues. Il avançait dans le noir, dans l'inconnu avec un vague espoir de sortie. Ses muscles tétanisaient, mais il avait besoin d'avancer. Il fallait qu'il avance, il doit-

Link s'arrêta brusquement. Peut importe son âge, sa tribu ou ses exploits dans une autre vie, tous les êtres vivants ont leurs limites. L'enfant venait d'atteindre son point de rupture. Il ferma les yeux et son corps n'avait même pas touché le sol que Link était déjà dans les bras de la douce inconscience.


Lorsque Link ouvrit les yeux, il constata qu'il était allongé dans un lit fort inconfortable, mais c'était toujours mieux que de dormir à même le sol. Le feu crépitait dans la cheminée à sa gauche. Quelqu'un avait dû le trouver dehors et le ramener ici. Il ne faut pas qu'il oublie de remercier son sauveur.

Link n'arrivait pas à y croire, il était vivant. C'était un miracle. Il tenta de se relever et tous ses os craquèrent en même temps. Combien de temps avait-il dormi ? Ses muscles étaient tous ankylosés. La porte s'ouvrit et un vieil homme en entra dans la pièce. Celui-ci arriva avec un grand bol de soupe qu'il tendit à l'enfant blond. Link engloutit le potage en seulement trois gorgées. Son estomac était enfin repu après cette traversée infernale, il en avait grand besoin.

« Merci. » Dit-il dans un murmure rauque tout en reposant le bol sur la petite table à sa droite.

« Ne me remercie pas. Quand je vois un pauvre gosse entre la vie et la mort, je ne vais pas l'abandonner comme si c'était un chien. »

L'adulte avait les traits marqués, des petits poils blancs lui sortaient des oreilles et ses paupières lui tombaient sur les yeux. Il semblait plus proche de la centaine d'années que n'importe quelle autre personne que l'enfant avait pu voir.

« Quel âge as-tu gamin ? »

« Neuf ans. » Ses cordes vocales ne lui permirent pas d'en dire plus.

L'inconnu soupira lourdement. « A ton âge, je dormais dans les rues moi aussi. Mais j'ai réussi à m'en sortir alors pourquoi pas toi ? Ce n'est pas bon de baisser les bras… » Il fit une pause puis il reprit « Malheureusement, je ne peux pas t'aider plus que ça. J'ai déjà des bouches à nourrir et je ne peux pas n'en permettre d'en prendre une de plus. Pardonne-moi. » Fit-il tristement.

Link regarda ses pieds pendant que l'homme s'excusait. Que voulez-vous qu'il dise de toute façon ?

« Néanmoins, laisse-moi te dire ceci, à quelques lieux d'ici, il y a une vieille femme qui possède pas mal de meubles et bijouterie facile à revendre… »

« Mais... Ce serait du vol … » Dit-il confusément.

L'homme le regarda avec pitié. Link détestait déjà ce regard. Il se sentait petit et vulnérable.

« Des fois, on doit faire des choses dont on n'est pas très fière pour survivre. »

L'adulte avait raison sur certains points… Mais voler ? Non, Link ne pouvait pas faire cela. Ce serait trahir ses principes.

Six jours plus tard quand la faim devint insupportable, l'enfant revint sur ses paroles. Son ventre était rempli, mais il se sentait vide. Ses valeurs avaient définitivement disparu… Voler n'a plus jamais été un problème après cela.


Février. Après neuf semaines de survit en pleine nature, Link arriva au village d'Ayeda.

Jusqu'à présent, il ne faisait que voyager sans cesse, sans réelle destination en tête entre les différents patelin d'Hyrule. Sa tête étant affichée sur tous les murs, il n'était pas chose aisée de passer inaperçu. Être obligé de fuir tous les deux jours était plus que fatigant.

Mais Ayeda était différente. C'était une sorte de place forte, avec une histoire glorieuse. Elle avait été construite pour repousser les dernières vagues rebelles lors de la guerre civile, il y a deux siècles. Les valeureux chevaliers du grand Roi, minoritaires, mais avec une volonté infaillible auraient, d'après la légende, repoussé avec une facilité déconcertante les dernier vestiges de l'ancienne royauté.

Dans tous les cas, la réputation due à cette glorieuse légende n'était plus que de l'histoire ancienne.

Ayeda était à première vu, un simple village marchand. Les habitants se nourrissaient essentiellement de poisson importé du village d'Ecaraille à quelques heures de cheval d'ici. Grâce au va et vient incessant des commerçants, l'endroit était très prospère. La grande place toujours bondé de monde, de jours comme de nuit le marché ne s'arrêtait jamais. Les étalages des marchants étaient toujours abondants, Ayeda étant le point de transaction entre la capitale et le reste d'Hyrule, tous les touristes se bousculaient pour voir les produits les plus frais possibles.

Parmi la foule de passants, quand une minuscule petite main d'enfant dépassait pour venir dérober quelque fruit par là, ou quelques poissons par ci, personnes ne remarquait jamais rien. Comparé à ce que Link avait pu connaître durant son voyage, les repas qu'il se construisait ici n'étaient que festin.

Avec une telle attractivité, un tel essor et un tel engouement autour de ce village, il fallait bien se douter qu'un jour, l'activité du commerce n'attirerait pas que d'honnêtes marchands.

Alors que la corruption gagnait du terrain dans les recoins les plus sombres du village, elle se fit également sentir chez les représentants de l'ordre à Ayeda.

En conclusion, d'après toutes les informations que Link avait pu récolter, sous ses airs de village marchand sans souci, Ayeda cachait le berceau des pires bandits du pays, de trafic en tous genres et bien sûr de toute personne en cavale, qui voulaient se faire oublier. En somme, l'endroit parfait pour Link ! Aucune crainte par rapport aux chasseurs de primes ici. La moitié des habitants étaient des gens qui ne voulaient pas rendre de compte à la justice du roi et l'autre moitié était composée de riches marchands dont les poches étaient déjà pleines.

Les seuls crimes qui comptaient étaient ceux fait dans l'enceinte du village. Ce que tu as fait avant ou après n'intéresse personne ici.

De toute façon ce n'est pas comme si il avait vraiment commis un crime... Un fou de l'armée du roi l'avait prit pour quelqu'un d'autre, c'est tout… Jusqu'à ce qu'il trouve une explication plus logique, Link se contenterait de ça. Ce n'est pas comme si il avait le choix. Comme l'as dit le vieux lors de son précédent voyage, Ayeda était l'endroit parfait pour l'homme en fuite qui veut un nouveau départ, et Link en avait grand besoin.

Les petites ruelles entre les grandes avenues étaient très pratiques. Contrairement à d'autres villages, la plupart d'entre elles étaient couvertes et par temps de pluie, c'était un luxe que Link n'avait pas espéré pouvoir profiter de nouveau. Mais jusqu'à présent, l'enfant avait préféré éviter ses endroits peu accueillant de première vue. Sombres et étroites, c'était un vrai labyrinthe, on ne savait pas ce que l'on pouvait croiser à chaque recoin.

Et au vu des nuages menaçants, Link avait tout intérêt à se trouver un endroit ou passer la nuit. Les endroits effrayants sont toujours mieux que de devoir supporter la pluie battante sur sa face toute la soirée.

Le bruit de ses chaussures déchirées contre les dalles résonnait dans toute la ruelle. La lune s'abattait doucement mais sûrement sur la ville et Link commença à son exploration de la zone. Ne sachant pas jusqu'où les différentes voies qui s'ouvraient à lui pouvaient le mener avant qu'il ne se perde, Link décida de prendre toujours à gauche. Revenir sur ses pas serait plus facile si il s'organisait en amont.

L'endroit était assez sombre et par un certain côté, ça lui rappelait son village natal. Kariko étant situé au centre d'un énorme cratère, il suffisait de chercher un peu pour trouver une centaine de cavités ou de tunnels étroits. Sombre et humide comme ses ruelles.

Arrivé à une énième intersection, Link repéra dans le coin un homme étrange. Recroquevillé sur lui-même en psalmodiant des mots aux sonorités étranges, l'enfant préféra dévier sa trajectoire avant d'être repéré. Il n'avait vraiment pas envie d'avoir de problème, alors il lui suffisait d'éviter tout ce qui paraissait étrange, suspect ou hors de commun non ?

Link marcha le plus silencieusement possible vers la ruelle de droite en essayant de ne pas se faire repérer. Il faut qu'il garde le compte. Ça fait quoi ? Quatre ? Non, cinq fois à gauche, une fois à droite. Tant qu'il garde ça en tête, tout va bien.

Mais au fur et à mesure qu'il avançait, le blond tomba plus d'une fois devant des sans issue et d'autres endroits qui ne l'inspiraient pas le moins du monde. Ce labyrinthe se poursuivit jusqu'à ce qu'il se perde totalement.

Il finirait bien par trouver une cachette quelque part. Et après une bonne nuit de sommeil, Link aurait l'esprit plus clair, peut-être même que le soleil donnerait plus de visibilité et écarterait les ombres inquiétantes, ce qui lui permettrait de trouver une sortie bien plus facilement.

Mais il fallait qu'il trouve et vite. La nuit était tombée. Est-ce qu'il cherchait depuis si longtemps que cela ?

S'appuyant sur les murs et en faisant bien attention où il mettait les pieds, Link s'avança tant bien que mal dans la pénombre.

À la prochaine intersection, l'enfant remarqua une faible lueur venant du chemin de droite. Comme un papillon attiré par la lumière, Link se précipita vers la source de cette lumière.


« Et là, tu as trouvé la sortie taaaa-daaaam ! Fin de l'angoisse ! »

Link soupira en voyant l'enthousiasme de l'homme. Il ne voyait pas pourquoi il racontait tout ça. Tout le monde était déjà parti dormir, le blond pouvait déjà sentir les prémices de la gueule de bois et par-dessus tout, il savait que dès qu'il ouvrait la bouche, l'homme ne le laissera pas tranquille avant d'avoir eu le récit des moindres détails de son histoire.

« Ça aurait été le meilleur des scénarios. Disons que c'est à ce moment-là que j'ai pris ma deuxième leçon sur la merveilleuse réalité de la vie. »

« Hmmm... Que en plus de ne pas toucher les poules tu ne dois plus rentrer dans des labyrinthes tout noirs ? » Fit-il en penchant la tête sur le côté avec un air faussement réfléchit et un ton moqueur.

Link grogna en tenant sa tête battante.

« Je n'ai pas peur des poules… »

« Oui, oui si tu veux. »

L'homme secoua sa main nonchalamment, clairement pas convaincu par la réfutation du blond.

« Aller ! La suite ! »

Le sommeil réparateur n'arriverait pas avant un certain temps.


La lumière provenait d'un enfant. Tout comme lui, il était sale et c'était très visible qu'il portait les mêmes vêtements depuis un moment déjà. Tout tremblant, il tenait dans sa main tremblante collée à sa poitrine une petite lampe à huile. Link supposait de par sa taille qu'il était plus grand que l'enfant d'un an ou deux.

Mais il n'était pas seul. Il était entouré par un groupe d'enfants encore plus âgé de lui ou Link.

Le blond ne s'était pas encore fait repérer, peut-être devrait-il partir discrètement ? Link tourna alors le dos à la scène devant lui et s'apprêta à poursuivre ses recherches.

« R'tour dans ta merde sale monstre ! Ça c'est no't zone ! »

Le plus grand cracha son venin au visage de pauvre petit. Sa voix criarde résonna dans la ruelle et provoqua les rires de ses camarades qui avaient l'air de penser comme lui.

Il serra les dents et se retourna. Encore si le plus petit avait volé ou provoqué les autres il pouvait comprendre. Mais de ce qu'il entendait, ce n'était qu'une histoire d'ego et de méprit pour le plus faible.

Link s'avança d'un pas résolu. Depuis toujours, il avait une très mauvaise réaction quand il s'agissait d'injustice. C'était plus fort que lui. Un instinct qui le poussait à protéger, sauver tout ce qui lui semblait hors de la ligne juste.

« Hey ! Laisser-le. Cet endroit appartient à tout le monde ! »

Tous tournèrent leurs têtes vers lui. Au fur et à mesure qu'il avançait la lampe illumina son visage et le même enfant que tout à l'heure parla de nouveau.

« Hein ? Qué s'tu ve- T'ain ! Encore un monstre ! Mais vous nous envahissez ou quoi ?! »

Link regarda l'autre enfant bizarrement. On lui avait souvent reproché de fourrer son nez dans des affaires qui ne le regardait pas. Et il pouvait tout à fait comprendre que cette partie de lui pouvait être agaçante… Mais de là à être traité de monstre ? Il ne voyait pas très bien le rapport entre les deux.

« Laisser-le, avec un temps pareil chacun peut être où il le souhaite. »

L'autre lui cracha au visage avant d'attraper le plus petit et de le jeter aux pieds de Link.

« J'ai toujours détesté vot' genre. »

Le pauvre cadet profita de se court répit pour se lever précipitamment avant de se cacher derrière lui.

« Toujours avec vot' air de bourgeois insupportable. Ça fait longtemps q'vous devriez n'plus exister ! Au lieu de ça, vous rampez comme des cafards, c'est not' ville ici ! »

Link ne comprenait pas un traître mot qui sortait de cette bouche. C'était comme avec le général. Incompréhension totale. Sauf qu'ici, l'enfant devant lui était rempli de haine, sans raison visible.

Il n'eut pas le temps de répliquer que l'autre s'élança vers lui. Link s'écarta à temps pour éviter un méchant coup de poing.

« Vot' genre me dégoûte ! » Hurla-t-il en continuant ses assauts.

Dans un premier temps, Link évita sans mal les différents coups de poings et coups de pieds. Mais quand ils s'y mirent tous en même temps la situation changea totalement. L'enfant perdit soudainement son équilibre et un pied s'écrasa sans pitié sur son crâne, le comprimant fortement sur le sol. Ses cheveux blonds virèrent aux rouges sous la botte du plus grand. Avec le choc, sa vue devient floue et en étant complètement sonné, Link ne pouvait plus faire la différence entre le haut et le bas, ni entre la gauche ou la droite. C'est pour cela qu'il ne bougea même pas lorsque d'autres coups lui tombèrent dessus. Sa peau pâle et sensible se brisa en de multiples endroits. Link ne put retenir plus longtemps des petit cris de douleurs.

Ce n'est qu'au bout d'un moment qui lui parut interminable, les coups s'arrêtèrent.

« T'as finalement compris grandes oreilles ? Tu les entends tes dieux là ? La prochaine fois, tu fermes ta gueule ou mieux encore, quitte le village ! On n'a pas besoin de votre race ! »

Finalement, le sol serait un bon endroit pour se reposer. De toute façon ce n'est pas comme si il voulait se relever. Tous ses muscles lui faisaient mal et il doutait fortement qu'ils obéissent parfaitement après tous les coups qu'il a reçu. En plus, sa tête ne cessait de battre la mesure.

Puis timidement, une voix murmura au-dessus de lui.

« Ç-ça va ? »

L'enfant qu'il venait de sauver le regardait avec peur. C'était une réaction naturelle, son visage commençait déjà à gonfler et, en certains endroits, sa peau prenait une inquiétante couleur violette. Autant dire que ça ne devait pas être joli à voir. Ils ne l'avaient pas loupé…

Le reste n'était qu'un gloubi-boulga d'informations qui n'avaient aucun sens pour sa tête saignante et son esprit à demi inconscient.


« Quoi ?! Tu ne peux pas finir de résumer ton histoire ô combien tragique avec juste, je ne m'en souviens plus ! »

« C'est plutôt que je n'ai pas compris ce qui a été dit ensuite. »

L'autre leva un sourcil, clairement septique.

« Ton cerveau était trop mou peut-être ? »

« Comment veux-tu que moi, un simple habitant de Kiroti, l'endroit le plus isolé d'Hyrule, composé uniquement d'Hylien et monoculturel, pouvait se douter qu'une chose comme le racisme pouvait exister ? Le gamin a bien essayé de me l'expliquer, mais c'est resté comme un concept étranger pour moi. J'avais même pas remarqué que la forme de leurs oreilles étaient différente de toute façon. »

« Oui, c'est bon j'ai bien compris. Ensuite ? »

Se retenir de ne pas soupirer, se retenir de ne pas soupirer…


Fatigué de devoir argumenter avec quelqu'un qui ne comprenait rien, ou qui s'était fait cogner trop fort, l'enfant s'en alla. Link cligna des yeux et pendant ce court laps de temps, il le fit disparaître, le laissant seul sur les dalles froides de la ruelle, emportant la seule source de lumière… Finalement, le sol serait un bon endroit pour se reposer. Oui c'était parfait.

Il avait vraiment été stupide. Pourquoi s'était-il mêlé de cette histoire ? Il aurait pu être en pleine forme si il les avait juste ignoré. Le monde était fou. L'ignorance au creux de l'ancien volcan était une vraie bénédiction.

Ici, personne ne se souciait des gamins qui traînent dans les rues. Personne ne lui explique rien et Link commence à croire qu'il n'y a rien à comprendre. Les actes sont exécutés sans réelle réflexion.

La vie dans les rues était dure, mais était-ce là la bonne façon d'exprimer son ressenti ?Honnêtement, le blondinet était sûr que la violence n'était pas la solution, mais n'étant lui-même pas à l'aise avec les mots, il pouvait comprendre, d'une certaine manière, pourquoi certaines personnes arrivaient à ces extrémités. Pourquoi devait-il continuer à garder tout pour lui alors qu'il pourrait très bien se défouler sur une tierce et lui demander des réponses qu'il n'a pas ?

Link devait arrêter de vouloir jouer au héros. Ça ne lui apporte rien. S'il voulait survivre, c'était primordial. Il faut mettre tout ce qui le définissait derrière lui.


« Oh… Quel dénouement inattendu, tu t'es fait cette réflexion tout seul comme un grand ? Il y a peut-être encore de l'espoir pour tes neurones finalement. »

Link voulait vraiment baffer l'homme qui se tenait devant lui en jouant avec sa frange.

« C'est bon maintenant ? Je peux partir me reposer ? »

« Hé ?! Mais si tu ne continues pas, je ne saurais jamais si mini Link va mourir dans cette sombre ruelle ou s'il va trouver la sortie ! »

« Sérieusement. » Il écarta la main qui lui ébouriffait les cheveux en fronçant les sourcils.

« Je suis là et bien vivant alors tu peux facilement te douter que ta première option n'est pas valide. »

Link se releva en poussant la table plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu. Les quelques verres encore debout tombant contre la table, heureusement qu'elles étaient déjà vides.

Alors qu'il allait prendre son épée et repartir, une main attrapa la sienne. Le blond releva les yeux pour se retrouver face à ceux de l'homme agaçant. Il avait l'air sérieux pour une fois.

« Comment t'es-tu sorti de là ? »

« Je ne sais plus très bien. » Fit-il en soupirant

« Avec le choc que j'ai reçu, je sais que je suis resté un moment sans bouger. Même après que le soleil se fut levé, je n'ai pas bougé. Puis j'ai fini par me relever et trouver la sortie. Ta-dam, fin de l'angoisse et de mon histoire ô combien intéressante. » Finit-il sans enthousiasme.

L'homme le relâcha enfin. Il ne savait pas si son récit l'avait satisfait ou si sa tête fatiguée l'avait convaincu de ne pas pousser plus l'affaire, mais dans tous les cas, Link ne perdit pas plus de temps pour partir s'affaler dans son lit.

Avant de pouvoir fermer la porte du bar, il entendit à nouveau la voix criarde de l'autre par dessus-son épaule.

« La prochaine fois, tu me diras ce qui t'a poussé à quitter le seul endroit où l'armée n'irait pas te chercher ? »

Link n'avait pas la force de le contredire. Ce n'est pas comme si il aurait un choix au final.

Le blond vient de se souvenir pourquoi il s'était juré d'arrêter la consommation d'alcool à côté de ce profiteur.


Vu que c'est une année à enjeux pour moi, les mise à jours risques pas d'être très rapide désolée d'avance :3