Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

J'espère que vous êtes tous en forme et que vous profitez bien de ce beau soleil !

Ce chapitre est à l'image du temps : soleil, détente, plage, océan, bref le rêve !

Je sais que vous attendez tous impatiemment un rapprochement entre Edward et Bella, mais je tenais à ce que la situation se soit un peu calmée pour qu'ils se rapprochent car il ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas seuls, il y a aussi Stefan, et vu le passé d'Edward et de son fils, il leur faudra du temps.

Je tiens encore à vous remercier infiniment pour toutes vos reviews, merci énormément, merci pour l'intérêt que vous portez à mon histoire ! Merci !

Quant à vos reviews, j'espère arriver à trouver un peu de temps pour vous répondre, mais j'ai toujours du mal à joindre les deux bouts.

Enfin….

Voilà, j'espère que ce chapitre vous plaira !

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Bonne lecture !

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Chapitre 14 : L'île d'Esmé

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Edward s'éveilla au bruit du ressac de l'océan. Doucement, il se tourna dans le lit recouvert par de fins voilages pour observer les traits du petit dormeur blottit contre lui malgré la chaleur. Stefan bougea dans son sommeil, s'installant un peu plus sur son torse. Il essuya tendrement le front moite de son fils tout en se maudissant de ne pas avoir songé à fermer les volets, l'ombre leur aurait apporté une fraîcheur appréciable, mais sur le moment, il avait été trop épuisé pour faire un pas de plus. Son fils s'agita à nouveau dans ses bras et il sentit ses mains agripper ses épaules sur lesquelles il prit appui pour se hisser à sa hauteur. Le sourire aux lèvres mais les yeux encore ensommeillés, Stefan le contempla, ses petites mains se posèrent sur son visage comme pour vérifier qu'il était bien là, son cœur se serra à cette pensée.

« -Tu as bien dormi, mon cœur ? Demanda-t-il à l'enfant.

-Voui. T'es vraiment là papa ?

-Oui, Stefan et je te promets de ne plus partir avant un long moment.

-Alors, tu as arrêté le messant monsieur ?

-Oui, répondit-il simplement tout en dissimulant le malaise qui l'avait étreint à l'évocation de l'Eventreur.

-Papa ?

-Oui ?

-Z'ai faim, papa.

-Et bien, allons voir si nous trouvons quelque chose à manger, sourit Edward en descendant du lit et en s'agenouillant devant celui-ci, tu grimpes ?

-Ouais ! S'écria Stefan en s'installant sur ses épaules.

Son cœur se fit plus léger et la joie s'empara de son être quand il vit à quel point son fils était heureux ! Edward quitta la chambre pour la cuisine qui se trouvait au bout du couloir. Il déposa Stefan sur le plan de travail en marbre gris avant de se tourner vers le frigo.

-Papa, où on est ? Demanda Stefan en observant la cuisine et la plage qu'il apercevait à travers la baie vitrée.

-Toujours sur l'île, mon cœur, mais nous ne sommes plus dans la villa de papi et mamie.

-Pourquoi ?

-Papi a pensé que l'on avait besoin de se retrouver un peu seuls tous les deux, mais si tu préfères on peut retourner auprès d'eux, leur maison n'est qu'à quelques mètres.

-Non, veux rester avec toi ! Déclara son fils.

Edward déposa un baiser sur son front avant de continuer la préparation de leur goûter. Il découpa plusieurs fruits avant de verser un peu de lait dans un verre qu'il donna à son fils, puis il se servit un verre de jus de fruit. Ils mangèrent la salade de fruits qu'il avait préparé, Stefan en profita pour lui raconter ce qu'il faisait sur l'île avec les autres. Apparemment, son frère et son beau-frère s'étaient faits un devoir d'amuser leur neveu. Pendant que son fils terminait son verre de lait, il ne put s'empêcher de repenser à la manière dont il avait retrouvé Stefan ce matin. L'inconscience et l'intelligence de son fils le firent frémir, il avait réussi à retenir comment aller au ponton ainsi que la manière de démarrer le bateau. Quant à voler les clefs à Emmett, il se doutait que cela n'avait pas dû poser trop de difficultés à son fils, connaissant l'étourderie de son frère ! Il soupira avant de reporter son attention sur le petit garçon qui lui jeta un coup d'œil interrogateur.

-Papa ? L'interpella l'enfant d'une petite voix.

Edward leva les yeux au ciel, Carlisle s'était souvent plein de sa perspicacité autant enfant qu'adulte, son fils semblait aussi posséder ce don. Stefan affichait déjà une moue penaude comprenant quel sujet il allait aborder.

-Alors, jeune homme, j'attends tes explications ?

-Ze voulais te voir, papa, murmura son fils la tête baissée.

-Je comprends, Stefan, moi aussi, j'avais envie de te voir, mais dis-moi que ce serait-il passé une fois que tu aurais été en plein milieu de l'océan ? Tu te souviens comme c'est grand ? Comment aurais-tu fait pour rejoindre la terre ? Pour me retrouver ?

-Ze pouvais même pas te parler, lui rappela son fils en omettant volontairement de lui répondre.

-Oui, je sais que cela n'était pas évident, mais je voudrais tout de même que tu me répondes, Stefan, qu'aurais-tu fait une fois en plein milieu de l'océan ?

-Ze chais pas, finit par admettre son fils.

-Stefan, il aurait pu t'arriver quelque chose de grave. As-tu pensé à la peine que j'aurais eue ? A celle ressentie par mamie ou les autres ? Je t'avais promis de revenir et tu vois, je suis là, mon ange.

-Pardon, papa.

-Ecoute, j'oublie tout si tu me promets de ne plus jamais recommencer, d'accord ?

-Promis, papa.

-Bien, maintenant que dirais-tu d'aller mettre ton maillot de bain pour que nous puissions rejoindre les autres à la plage ?

-Voui !

Edward souleva son fils et le posa sur le sol. Aussitôt, celui-ci détala vers la chambre pour aller chercher son maillot. Il rangea rapidement la cuisine avant de suivre l'enfant. Ce dernier courrait tout nu dans la pièce à la recherche de son vêtement. Edward sourit avant de lui désigner du doigt son sac de plage. Stefan s'y précipita et enfila le maillot avant de le presser d'en faire autant. Le jeune homme fouilla dans ses affaires sous les cris de son fils qui s'exaspérait de sa lenteur. Une fois prêt, son fils ouvrit la baie vitrée pour s'élancer à l'extérieur, mais il le ceintura d'un bras pour le stopper.

-Mais, ze veux me baigner ! Protesta son fils en se tortillant dans ses bras pour lui échapper.

-Et tu vas y aller, mais avant…

Son fils se trémoussa encore plus pour lui échapper quand il vit le flacon qu'il tenait dans sa main.

-Ze veux pas ! S'égosilla son fils ce qui lui fit lever les yeux au ciel. Ça fait mal !

-Cesse donc de dire des sottises, c'est juste pour que tu n'attrapes pas un coup de soleil.

Edward souleva l'enfant et le posa sur le lit avant d'étaler un peu de crème sur son torse. Son fils se mit alors à pleurnicher. Le jeune père cessa de lui en mettre, Stefan se calma aussitôt avant de faire la moue quand il vit son air exaspéré.

-Depuis quand fais-tu tout ce cinéma pour mettre de la crème ? L'interrogea Edward.

-Chuis pas une fille !

-Je sais que tu n'es pas une fille, assura-t-il, pourquoi me dis-tu cela ?

-Tonton Emmett, il a dit que y'a que les filles qui mettent de la crème !

-Stefan, mon cœur, tonton Emmett dit des bêtises.

Son fils lui lança un regard peu convaincu alors qu'il maudissait silencieusement son imbécile de frère. Tout en réprimant un soupir, Edward versa à nouveau de la crème dans sa main, Stefan s'enfuit aussitôt à l'autre bout du lit et il ne chercha pas à le rattraper. Tranquillement, Edward étala la crème sur son torse avant d'en passer sur ses bras. Du coin de l'œil, il vit Stefan l'observer. L'enfant s'approcha ensuite doucement et prit discrètement le flacon pour verser un peu de crème dans sa main. Puis, sans qu'il n'ait rien à dire, son fils imita chacun de ses gestes.

-Pourquoi ça fait des traces blanches ? Râla Stefan.

-Parce qu'il faut frotter un peu plus.

Son fils fit semblant de souffrir le martyr quand il fit pénétrer la crème dans son corps. Dès qu'il eut terminé, Stefan sauta en bas du lit et il dut le retenir une nouvelle fois.

-Tes lunettes de soleil !

-Voui, chef ! Dit son fils en les enfilant et en reprenant aussitôt le chemin de la sortie. Casquette !

Stefan revint sur ses pas pour prendre la casquette. Son fils trépigna sur la terrasse, le pressant, pendant qu'il enfilait un tee-shirt et ses lunettes.

-Tu mets pas de casquette ? S'indigna Stefan.

-Et non, que veux-tu c'est le privilège d'être grand ! Allez, zou !

Stefan attrapa sa main pour le tirer vers les parasols sur la plage qui se trouvaient à quelques mètres. A peine furent-ils arrivés près des transats que sa mère poussa un petit cri de joie et s'élança pour venir les étreindre.

-Mon Dieu ! Edward, si tu savais à quel point je suis contente de te voir, mon grand. Tu vas bien ?

-Je vais bien, maman, la rassura-t-il en déposant un baiser sur chacune de ses joues.

Son frère et sa sœur ainsi que leurs moitiés vinrent l'embrasser et s'assurer qu'il allait bien. Il remarqua que Stefan avait déjà pris place sur les genoux de son grand-père à qui il chuchotait quelque chose à l'oreille. Edward avisa un transat libre où il posa ses affaires, il se tourna vers Bella qui était installée à côté de lui.

-Tu as pu te reposer ? Lui demanda-t-il.

-Oui, merci, toi aussi ?

-Oui.

-Stefan et toi avez mangé, sinon, je peux vous préparer un encas ? Offrit Esmé.

-On a mangé, maman, assura Edward.

-Bien et si nous allions faire une partie de volley-ball ? Proposa Emmett.

-Pourquoi pas, dit Edward en imitant les autres et en se levant.

-Edward ! L'appela Carlisle en s'approchant, Stefan dans ses bras.

-Oui.

-Veux-tu bien mettre une casquette ! Lui ordonna son père. Avec ce soleil, ce n'est pas prudent de se promener tête nue !

Carlisle s'avança vers lui, une casquette à la main sous le regard hilare de Stefan.

-Ainsi, jeune homme, tu te moques de moi ? Constata Edward en plongeant son regard dans celui de son fils.

Stefan éclata de rire, celui-ci redoubla quand Edward arracha le petit garçon à l'étreinte de son grand-père pour le jeter sur son épaule comme un sac de pommes de terre. Son fils se mit à gigoter, ses poings heurtèrent son dos quand l'enfant réalisa qu'il courrait en direction de l'océan. Quelques secondes plus tard, il se jeta dans l'océan, son fils dans ses bras. Stefan s'agrippa à lui. Ils refirent surface, le petit garçon toussa un peu avant de continuer à rire aux éclats. Ils allaient regagner la plage quand Edward vit les autres les rejoindre.

-On va jouer dans l'eau, lui apprit Alice.

-Z'ai pas pieds, râla Stefan qu'il tenait toujours dans ses bras.

-Et puis avec les vagues, c'est un peu dangereux pour Stefan même si nous sommes là, fit remarquer Rosalie.

-Oublions le ballon et faisons un combat, gronda Emmett qui se réjouissait déjà à cette perspective.

Son frère se laissa couler dans l'eau et Rosalie en profita pour grimper sur ses épaules. Alice fit de même avec Jasper, son regard s'attarda sur Bella qui allait regagner sa serviette.

-Alors, les jeunes, vous acceptez tous les âges ? Demanda Carlisle en entrant dans l'eau.

Edward remarqua que son père portait un tee-shirt, tout comme lui, sa blessure devait être protégée par un pansement, mais le vêtement servait à la dissimuler à la vue de tous.

-Papa, tu devrais retourner sur ton transat, il serait dommage que tu te fractures le col du fémur ou autre, ricana Emmett.

-Fais attention à toi ! Gronda leur père tout en s'approchant de lui pour prendre Stefan sur ses épaules.

-Non, ze veux être avec papa ! Protesta le petit garçon.

-Stefan, sois sage, s'il-te-plaît, intervint Alice, papi ne peut pas porter Bella.

Son fils râla, mais Carlisle parvint à le calmer. Il s'approcha donc de Bella pour lui offrir ses épaules. Il ne put retenir un sourire quand il vit les joues légèrement rougies de la jeune femme.

-Prête ? Lui demanda-t-il en s'agenouillant.

-Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, avoua Bella, tu te rappelles mon équilibre un peu précaire ?

-Un peu seulement ? La taquina-t-il.

La jeune femme le fusilla du regard avant d'appuyer sur ses épaules pour le couler, Edward retint sa respiration de justesse. Ses genoux touchèrent le sol sableux alors qu'il sentait les jambes de Bella passer par-dessus ses épaules. Ses mains s'enroulèrent autour de ses mollets, il se redressa et il inspira profondément une fois sa tête à l'air libre.

-Tout va bien là-haut ? S'enquit Edward.

-Impec….

Bella ne put terminer sa phrase, il la sentit partir en arrière, l'entraînant avec lui dans sa chute. Les doigts de la jeune femme s'accrochèrent à ses cheveux.

-Bella ! Ça fait mal !

-Désolée, s'excusa-t-elle en lâchant ses cheveux mais ses jambes enserrèrent fermement son torse.

-Calme-toi et reste droite, s'il-te-plaît.

Bella finit par lui obéir et ils réussirent à se stabiliser. Une fois qu'il sentit qu'elle prenait confiance, Edward s'avança vers le petit groupe. Alice et Stefan étaient déjà en train de s'attaquer à Rosalie juchée sur les épaules d'Emmett. Il se hâta de les rejoindre et Bella agrippa l'un des bras de Rosalie pendant qu'Alice se saisissait de l'autre.

-Rose ! Dégage-toi ! On ne va pas les laisser gagner ! Hey, qu'est-ce que vous faites ? S'écria Emmett.

Edward tourna la tête pour voir son père s'approcher de son cadet, Carlisle se courba légèrement et Stefan se fit un plaisir de chatouiller son oncle jusqu'à ce que ce dernier perde l'équilibre.

-C'est pas juste ! Ragea Emmett en sortant de l'eau sous leurs rires. Vous avez triché !

-Arrête donc de bouder, Emmett, soupira Jasper, tu n'as plus 5 ans !

Edward allait lui aussi intervenir pour faire réaliser à son frère la stupidité de son comportement lorsqu'il reçut en plein visage une gerbe d'eau.

-A l'attaque ! Hurla Stefan fièrement juchée sur les épaules de Carlisle.

Edward tendit ses mains pour les repousser, Carlisle s'en saisit et ils tentèrent de se déstabiliser l'un l'autre pendant que Stefan et Bella les imitaient. Le jeune père savait parfaitement que Bella aurait pu facilement faire tomber son fils, il apprécia qu'elle joue le jeu. Tout à coup, Stefan poussa un cri de victoire et il sentit Bella partir en arrière. Il tenta de la rattraper, mais n'y parvint pas.

-Ça va ? Lui demanda-t-il quand elle remonta à la surface.

-Oui.

Alors qu'il tendait une main vers Bella pour l'aider à remonter sur ses épaules, un « plouf » attira son attention, il se retourna pour voir son fils nager approximativement vers lui.

-Doucement, conseilla Carlisle en ne le quittant pas du regard, tu as le temps, étire bien tes bras et tes jambes, garde la tête haute. Voilà, c'est bien !

Fier de lui, Stefan agrippa son tee-shirt avant de passer ses bras autour de son cou.

-T'as vu, papa ?

-Oui, tu te débrouilles comme un chef ! Tu as vraiment fait beaucoup de progrès !

Edward allait déposer un baiser sur la joue de son fils quand celui-ci tourna la tête, il suivit son regard et vit Bella s'approcher d'eux. Aussitôt, Stefan passa l'une de ses jambes par-dessus son épaule pour se hisser maladroitement sur ses épaules. Edward voulut l'aider, mais son fils se mit à lui crier dessus.

-Non ! Ch'est moi ! Ch'est moi qui monte ! S'écria Stefan faisant se tourner vers eux toutes les têtes. Papa, non !

Le jeune père ne tint pas compte des protestations de son fils, il le fit descendre de sur ses épaules pour le prendre dans ses bras. Son cœur se serra quand il vit son visage rougit et les larmes qui emplissaient ses yeux. Alice et Rose nagèrent vers eux, mais il leur fit signe de rester à leur place. Tout en faisant la planche, son fils allongé sur son ventre, ses petits poings serrant fermement son tee-shirt, il s'éloigna de leur famille. Stefan se calma au bout de quelques minutes. Edward se redressa et prit son enfant dans ses bras, il essuya avec son pouce les larmes du petit garçon avant de lui faire un câlin.

-Ça va mieux ? Lui demanda-t-il tendrement.

Stefan se contenta de hocher la tête en faisant la moue, sûrement par crainte de se faire gronder.

-As-tu envie que nous jouions ensemble ?

Son fils regarda vers leur famille qui s'amusait à quelques mètres d'eux, Edward remarqua le petit air triste de l'enfant.

-Et que dirais-tu que nous nous amusions avec les vagues, ça te plairait ?

-Voui ! Accepta Stefan ravi.

Le jeune père sourit à l'enfant, il lui fit signe de passer dans son dos, son fils noua ses mains autour de son cou et ils nagèrent vers un endroit où les vagues étaient un peu plus fortes.

-Tu restes bien accroché à moi, d'accord ?

-D'accord, papa !

-Prêts ?

-Voui !

Edward sauta en voyant arriver une vague, Stefan cria sa joie lorsqu'ils se retrouvèrent au sommet de celle-ci. Ils jouèrent ainsi un moment jusqu'à ce qu'il voit les autres regagner la plage où Esmé les attendait. Le jeune homme prévint son fils qu'il allait nager et Stefan resta sagement sur son dos. Une fois qu'ils approchèrent du lieu de baignade où le ressac était moins important, il dégagea Stefan et le fit mettre sur le dos. Son fils voulut protester, mais il lui fit un clin d'œil qui intrigua suffisamment le petit garçon pour qu'il reste tranquille. Une vague arriva et ses mains soulevèrent doucement le corps de l'enfant en même temps que la vague. Stefan cria de joie quand il sentit la vague le porter, il voulut bouger, mais Edward lui expliqua qu'il fallait rester calme. Son fils obéit et quand il le sentit suffisamment sûr, il le fit mettre sur le ventre.

-Surtout garde bien la tête au-dessus de tes épaules, lui conseilla-t-il quand il vit arriver une nouvelle vague.

Son fils négocia bien la première vague, mais ce ne fut pas le cas de la seconde. Edward le repêcha et les doigts de son fils s'accrochèrent à son tee-shirt alors qu'il toussait.

-Veux-tu arrêter ?

-Non, papa !

Edward sourit, cependant, il s'inquiétait un peu de voir l'océan un peu plus violent.

-Hey, si vous voulez profiter des vagues, je vous propose d'essayer avec une planche !

-Merci, Jazz, dit-il à son beau-frère qui les rejoignait allongé sur une planche de surf tout en en traînant une autre.

Edward hissa son fils sur la planche et celui-ci s'allongea immédiatement comme Jasper, il grimpa derrière lui. Ils profitèrent encore un peu de l'océan avant que Stefan ne décide d'aller rejoindre Jasper sur sa planche, son beau-frère contrairement à lui se tenant debout. Il resta assis sur sa planche à regarder Jasper qui s'était mis à califourchon sur la planche, ses mains tenaient la taille de son fils qui était fièrement debout. L'air soudain boudeur de Stefan lui fit comprendre que Jasper venait de mettre un terme au jeu, il lui en fut reconnaissant, les vagues devenant trop dangereuses à son goût. Ils gagnèrent la plage où Emmett et Rosalie les attendaient assis au bord de l'eau.

-Alors, vous avez fini de faire trempette ? Demanda Rose vers qui Stefan s'empressa d'aller pour être séché avec tendresse.

-Tenez ! Lâcha Emmett en leur lançant une serviette à chacun en plein visage.

-Toujours aussi doux, marmonna Jasper en posant sa planche pour s'essuyer.

-Que veux-tu ? Je suis un roc, moi, c'est pas comme vous qui n'arrêtez pas de tomber de vos planches, railla son cadet.

-La prochaine fois, tu n'auras qu'à venir avec nous pour nous montrer ce que tu sais faire, répliqua Edward qui savait parfaitement que son frère n'était pas à l'aise en surf.

-Mais, non, il peut pas ! Intervint Stefan que Rosalie venait d'emmitoufler dans une serviette.

-Et pourquoi donc ? Lui demanda Jasper.

-Ben, il est trop gros, tonton, il va couler, déclara avec un air faussement innocent son fils pendant que son oncle rougissait de colère.

-Je ne suis pas gros ! S'énerva Emmett alors que son fils riait ouvertement de lui.

Tout à coup, Stefan cessa de rire. Son fils partit en courant quand il vit Emmett se lever. L'oncle partit à la poursuite de son neveu sous leurs regards amusés.

-Pourquoi ai-je l'impression que ton fils est parfois plus mûr que ma moitié ? Soupira Rosalie en passant un bras autour de sa taille.

-Que veux-tu, Rose ? On ne le changera pas.

Un cri strident leur apprit qu'Emmett avait réussi à rattraper Stefan. Edward posa un baiser dans les cheveux humides de Rosalie avant de s'élancer au secours de son fils. Son cadet allait attraper Stefan quand il se jeta sur son frère dans un superbe plaquage.

-Tu vas me le payer ! Gronda Emmett.

-Laisse mon fils tranquille !

Son frère tenta de se dégager, mais il raffermit sa prise sur Emmett pour l'empêcher de bouger.

-Le lasse pas, papa ! S'écria Stefan qui arrivait en courant avec un seau.

Le jeune père fronça les sourcils, son fils n'était pas particulièrement prudent et délicat, s'il y avait eu de l'eau dans le seau, il en aurait déjà renversé la moitié. Au dernier moment, il laissa Emmett se dégager et le sable qui était dans le seau fut versé sur son torse et ses genoux.

-Mais papa ! Râla Stefan en voyant qu'il n'avait pas touché son oncle.

Son fils se mit à taper du pied dans le sable tout en le fusillant du regard. Edward lui retourna son regard noir, lui rappelant par la même occasion qu'il n'était pas un simple copain de jeu.

-Pardon, murmura Stefan.

-Je n'aurais pas libéré tonton, si j'avais vu que tu avais de l'eau, mais du sable ? Stefan, tu te souviens comment tu pleurais la dernière fois qu'on est allé à la plage et que tu en as eu dans les yeux ?

-Ca faisait mal, se rappela le petit garçon avec un air contrit.

-Exactement, qu'est-ce qui te fait croire que tonton n'aurait pas eu mal lui aussi ?

-Ben, il l'a fait à tonton Zasper l'autre jour, se défendit son fils.

Edward leva les yeux au ciel, quelles bêtises son fils avait-il encore appris avec son benêt d'oncle ?

-C'est vrai que tonton Zasper, il a eu bobo aux yeux après, mamie et tatie Rose, elles étaient pas contentes.

-Tu vois, il ne faut pas toujours écouter ce que dit ou fait oncle Emmett.

Stefan acquiesça d'un signe de tête avant de s'approcher doucement pour faire tomber le sable qui était collé à son tee-shirt humide.

-Même à deux, vous faites pas le poids, se moqua son cadet en les défiant du regard.

-Tu sais, Stefan, il faut parfois admettre sa défaite, apprit-il à son fils en se relevant. Allez, viens, allons prendre une douche avant le dîner.

Son fils prit la main qu'il lui tendait. Stefan fronça les sourcils avant de se reprendre rapidement et afficher un air neutre, suivant son exemple, pourtant, son enfant le regarda avec intérêt prendre une poignée de sable avant de se relever.

-Tu viens Emmett ?

-J'arrive.

Son frère les rejoignit et ils partirent vers la villa. Ils marchaient depuis un petit moment et il pouvait sentir peser sur lui le regard impatient de Stefan. Alors qu'ils n'étaient qu'à quelques pas de la terrasse où certains membres de la famille étaient installés, Edward lâcha la main de Stefan en lui faisant signe de s'éloigner, son fils courut devant eux avant de s'arrêter et de se tourner pour les regarder. Avec un mouvement vif, Edward tira sur l'élastique du maillot de bain d'Emmett, il lâcha la poignée de sable dans le vêtement dont l'élastique vint claquer contre la peau de son frère. Puis, sans attendre, il partit en courant vers la terrasse. Il prit au passage Stefan qui riait franchement pour rejoindre les autres qui observaient amusés les cris et les gesticulations d'Emmett.

-Putain ! Tu vas le payer, Edward ! Tu vas souffrir, connard !

-Langage, Emmett ! Cria Esmé en sortant de la cuisine furieuse. Tu pourrais faire attention et en plus tu parles ainsi devant ton neveu ! File sous la douche, immédiatement !

-Mais maman…

-Il n'y a pas de mais ! Dépêche-toi ou tu n'auras pas de dessert !

Edward, tout comme Jasper et Carlisle, se retenaient difficilement de rire en voyant la tête d'Emmett qui traînait des pieds et bougonnait en rejoignant la villa. Stefan, quant à lui, ne s'empêchait pas de se moquer ouvertement de son oncle. Quand Emmett entra dans la villa et Esmé retourna dans sa cuisine, les trois hommes se joignirent aux rires du petit garçon.

-Allez vous doucher avant de vous faire gronder à votre tour, ordonna Carlisle à son fils et à son petit-fils.

Edward acquiesça. Carlisle lui proposa d'utiliser leur salle de bain. Le jeune homme régla la température de l'immense douche pendant que Stefan ôtait son maillot de bain. Le petit garçon entra dans la douche et il le rejoignit. Ils se lavèrent et s'essuyèrent, Stefan assit sur le meuble du lavabo, Edward passa les mains dans ses cheveux humides pour les discipliner tant bien que mal, son fils l'imitant. Une serviette nouée autour de la taille, il sortit de la salle d'eau et se retrouva dans le couloir nez-à-nez avec Bella et Alice. Il sentit le regard de la première peser sur son torse dénudé, leurs regards s'accrochèrent et ils oublièrent tout ce qui était autour d'eux. Edward sursauta quand il sentit une main sur son torse.

-Qu'est-ce que…

Edward repoussa violemment la main d'Alice qui venait d'effleurer l'une des cicatrices faite par l'Eventreur.

-Excuse-moi, se reprit-il, il faut qu'on s'habille pour le repas.

N'ayant pas de tee-shirt sous la main, il attrapa son fils qui dissimula ses blessures aux regards des deux jeunes femmes. Après un sourire d'excuse, il gagna la chambre que Stefan avait occupé et où Esmé avait laissé des affaires pour eux. Ils se vêtirent et rejoignirent les autres sur la terrasse. Edward accepta la bière que lui tendait Jasper, profitant que Stefan soit allé en cuisine auprès d'Esmé, il gagna la plage où il s'assit pour profiter un peu du calme et de la solitude. Son regard était perdu sur le soleil couchant quand il sentit une présence à ses côtés. Il leva la tête pour voir le visage souriant de Bella.

-Je peux ?

-Bien sûr.

La jeune femme s'installa à ses côtés. Le silence revint les entourer, seul le bruit des vagues se faisait entendre. Il prit une nouvelle gorgée de bière avant de se tourner vers Bella. Il la détailla, la trouvant magnifique dans la petite robe bleue nuit qu'elle portait.

-Alice m'a obligé à la mettre, lui apprit-elle en tirant sur le tissu pour recouvrir le plus possible ses cuisses.

-Elle a eu raison, la rassura-t-il, tu es très belle.

-Merci, murmura Bella en jouant nerveusement avec le bord de sa robe.

-Comment vont tes pieds ?

-Parfaitement biens, grâce aux bons soins de ton père. Et toi, comment vas-tu ?

-Je vais bien, mais pourquoi ai-je l'impression que tu ne me crois pas ? Ajouta Edward en voyant le regard de la jeune femme.

-Peut-être parce que tu es assis ici tout seul au lieu de t'amuser avec les autres, répondit Bella en lui souriant tendrement.

Edward lui rendit son sourire avant d'inspirer profondément et de prendre une nouvelle gorgée. Il se sentait bien avec Bella et inexplicablement, il savait qu'il pouvait laisser tomber le masque.

-Je crois que j'ai un peu de mal à réaliser que tout est fini, confia Edward.

-C'est normal après tout ce temps, tu as traqué l'Eventreur pendant un long moment et il t'a fait beaucoup de mal.

-Oui, mais je ne sais pas… As-tu déjà eu l'impression de passer à côté de quelque chose d'important ?

-Oui. Arrives-tu à mettre le doigt sur ce qui te gêne ?

-Non, admit Edward, c'est peut-être parce que tout a été trop simple. L'Eventreur était tellement intelligent que je n'arrive pas à croire qu'il se soit fait tuer aussi facilement. Deux balles dans le dos et c'était fini.

-Oh, mon Dieu ! S'écria Bella en prenant une mine horrifiée. Il… Il ne s'est pas relevé vers toi, poursuivit-elle en se levant et en prenant la démarche d'un zombi, pour te poignarder ?

-Non, il ne s'est pas relevé, Bella, répondit-il avec un sourire.

-Pourtant, c'est toujours ce qu'ils font dans les films d'horreurs. Ils attendent l'obscurité et ils se jettent sur toi !

Bella termina sa tirade en lui sautant au cou, il tomba à la renverse entraînant avec lui la jeune femme, leurs bières se renversèrent sur le sol alors qu'ils éclataient de rire. Bella se redressa et croisa ses avant-bras sur son torse, elle posa son menton dessus et plongea son regard rieur dans le sien.

-Je préfère te voir ainsi, admit-elle.

-Merci.

-Je t'en prie. Tu sais, je comprends que ce soit dur pour toi, mais il est mort et maintenant tu dois tourner la page. Tu as un adorable petit garçon qui compte sur toi.

-Tu as raison, reconnut Edward en glissant une main dans ses cheveux, c'est vrai qu'en cet instant l'avenir me paraît radieux.

Ils se perdirent dans le regard l'un de l'autre. D'un habile mouvement, il échangea leurs places. Leurs souffles se mêlaient, leurs visages n'étant qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Edward déglutit péniblement lorsqu'il vit la jeune femme passer sa langue sur ses lèvres pour les humidifier, les rendant brillantes et encore plus irrésistibles. Le jeune homme réduisit la distance qui les séparait, leurs lèvres se trouvèrent et il sentit les mains de la jeune femme l'enlacer. Ses doigts glissèrent ensuite dans ses cheveux les ébouriffants sûrement un peu plus au passage pendant que leurs langues se trouvaient pour approfondir leur baiser. Un ballet sensuel débuta entre eux, les jambes de Bella s'écartèrent quelque peu et son corps trouva aussitôt sa place, épousant parfaitement les courbes de celui de la jeune femme. A bout de souffle, leurs lèvres se séparèrent, mais leurs regards restèrent accrochés.

-Vous voulez un seau d'eau froide ou ça ira ?

D'un mouvement brusque, ils s'éloignèrent l'un de l'autre, le rouge aux joues, ils se levèrent tout en réajustant leurs vêtements sous le regard hilare de Jasper.

-Je me suis permis de vous interrompre car il y a un petit bonhomme qui arrive.

En entendant l'explication de son beau-frère, Edward décida de surseoir à son exécution. Bella ramassa leurs bières abandonnées et ils reprirent tous les trois le chemin de la villa. Il se rapprocha de la jeune femme et leurs mains s'enlacèrent sous le regard radieux de Jazz.

-Tu veux bien arrêter avec ce sourire idiot ? Le gronda Bella en faisant mine de lui jeter les bouteilles de bières.

-Vous pouvez parler ! Répliqua son beau-frère en les dévisageant. Vous avez du bol que ce ne soit pas Emmett ou Alice qui soient venus vous chercher !

Edward imagina sans peine la réaction exagérée et propre à son frère ou à sa sœur. Cela sembla aussitôt faire réagir Bella qui, après avoir échangé un regard avec lui, demanda à Jazz de garder le secret sur ce qu'il venait de voir. Ce dernier accepta sans difficulté, Edward savait que leur petit secret était bien gardé avec lui. Tout à coup, une petite silhouette lui fit lâcher avec regret la main de Bella.

-Papa ! On manze ! Lui apprit Stefan en se jetant dans ses bras.

Edward réceptionna son fils et le fit voler dans les airs, puis, il le garda dans ses bras et ils gagnèrent la cuisine pour se laver les mains. Le jeune homme échangea un sourire avec Bella qui déposait leurs bières vides dans une poubelle.

-Hey ! S'écria son fils en lui donnant une tape n'appréciant visiblement pas d'être le centre de son attention.

-Stefan ! Gronda-t-il. Depuis quand lèves-tu la main sur moi ?

-Pardon, papa, murmura son fils penaud mais dont le regard assassin se posait sur Bella.

Alors qu'il s'apprêtait à réprimander son enfant, Bella lui fit signe de passer outre. La jeune femme s'approcha de l'évier pour se laver les mains pendant que Stefan et lui s'essuyaient les mains.

-Stefan, prends la corbeille de pain et porte la sur la table, ordonna Edward à son fils.

-Tu viens ? Lui demanda l'enfant en l'attendant.

-Je te rejoints. Allez, file.

Une fois son fils sortit, il se tourna vers Bella pour lui tendre le torchon.

-J'ai l'impression que malgré son jeune âge, il a compris qu'il y avait quelque chose entre nous, je suis désolé pour son comportement.

-Tu n'as pas à t'excuser, assura Bella, ces derniers mois ont été difficiles pour Stefan et toi, c'est normal que ton fils veuille te garder rien que pour lui.

-Je… Je veux que tu entres dans nos vies, Bella, enfin, si tu es toujours d'accord ?

-Je le suis, répondit-elle en souriant et en passant ses bras autour de son cou.

-Je suis désolé de te demander une nouvelle fois d'être patiente et compréhensive, mais comme tu l'as dit, Stefan a besoin de moi.

-Je t'ai dit que je serais là, Edward, je ne partirai pas aussi facilement que ça, Cullen !

Leurs lèvres s'effleurèrent avant qu'ils ne se séparent à contrecœur et brutalement en entendant un bruit de course, Stefan déboula dans la cuisine. Ses sourcils se froncèrent quand il les vit si proche l'un de l'autre. Son fils se posta entre eux, puis, il prit sa main pour l'entraîner vers la terrasse. Edward eut tout juste le temps d'attraper la main de Bella et de déposer un baiser dans le creux de sa paume avant de suivre son fils. Arrivé sur la terrasse, Stefan s'installa à côté de Carlisle tout en lui faisant signe de prendre place de l'autre côté. Edward s'assit. Bella arriva à son tour et prit place à l'unique place libre qui était justement sur sa droite. Stefan fronça les sourcils, mais un seul regard de sa part fit taire tout commentaire de la part de son fils. L'ambiance bon enfant qui régnait autour de la table eut tôt fait de venir à bout de la mine boudeuse de son fils. Ils étaient en train de manger une glace quand il se rappela de la petite crise de Stefan le matin même. Edward se leva et contourna la table pour se placer derrière Emmett qui lui jeta un coup d'œil méfiant.

-Qu'est-ce que tu veux ? Vociféra son cadet en le fusillant du regard.

-Rien du tout, sauf que… J'ai eu une conversation intéressante avec ton neveu ce matin, figure-toi que ce jeune homme refusait de passer de la crème solaire parce qu'il n'est pas une fille ! Stefan, je vais te montrer pourquoi il faut passer de la crème.

Son fils l'observa avec attention et tous autour de la table retinrent un sourire en voyant les épaules rougies d'Emmett. Tout à coup, il abattit ses mains sur les épaules de son frère, son cadet ne put retenir un cri de douleur face à son geste.

-Allez, tonton Emmett, dis à ton neveu combien ça fait mal un coup de soleil ?

-Tu vas le payer ? Articula son cadet malgré ses dents serrées.

-Calme-toi, bébé, intervint Rose, je te passerai de la crème contre les coups de soleil tout à l'heure.

Edward se joignit aux rires des autres avant de retourner s'asseoir, ils terminèrent tranquillement le repas, ignorant les coups d'œil assassins que son frère lui lançait. Son petit doigt lui disait qu'il allait devoir surveiller ses arrières pendant quelques jours. Alors qu'ils buvaient leur café sous la lueur des étoiles et de la lune, il sentit son fils s'appuyer contre lui.

-Je crois que je vais vous laisser, leur apprit-il alors que Stefan agrippait sa chemise en luttant pour garder les yeux ouverts.

-On va à Rio de Janeiro faire du shopping demain, vous venez avec nous ? Lui demanda Alice.

-Non, répondit Edward, je vais en profiter pour passer un peu de temps avec Stefan.

-Je comprends, assura Alice, on vous ramènera des petits trucs, n'est-ce pas Bella ?

-Euh, Alice, tu sais bien que le shopping et moi ça fait deux ? Lui rappela la jeune femme.

-Esmé et moi avons décidé d'aller pique-niquer, je pensais que vous pourriez nous accompagner tous les trois ? Proposa Carlisle. »

Bella et lui acceptèrent l'invitation au grand damne d'Alice, Rose s'empressa de consoler le petit lutin en lui rappelant que sans les cris de protestation de Bella, elles iraient plus vite. Emmett et Jasper de leur côté planifiaient une petite escapade au cinéma et dans une salle de sport. Edward leur souhaita une bonne nuit, sa main effleura discrètement celle de Bella, ils se sourirent et il prit, ensuite, la direction de la petite maison qu'il occupait avec Stefan. Une fois dans celle-ci, il déposa son fils dans son lit, il lui ôta ses vêtements et le laissa en slip, il faisait suffisamment chaud. Après avoir fermé les volets et mit la climatisation en route, il vérifia que le petit garçon ait bien son doudou avant de déposer un baiser sur son front et de mettre en place la moustiquaire. Edward fit un détour par sa salle de bain avant d'aller se coucher, simplement vêtu de son boxer. Il se tourna vers la baie vitrée ouverte qui laissait passer une petite brise, faisant voler les fins rideaux d'un blanc translucide. Edward ferma les yeux pour se laisser baisser par le ressac de l'océan. Il allait s'endormir quand il entendit la porte s'ouvrir. Il aurait dû s'en douter et prendre Stefan directement dans son lit. Son fils grimpa sur son lit et vint se blottir contre lui. Il déposa un baiser dans ses cheveux avant de sombrer dans le sommeil.

Edward se tourna dans son sommeil, raffermissant son étreinte sur son fils car un étrange sentiment l'envahissait. Lentement, il s'éveilla, les sens aux aguets, tant il avait l'impression qu'on l'épiait. Il ouvrit les yeux. Son cœur s'emballa dans sa poitrine lorsqu'il vit une haute silhouette au pied de son lit. Il se redressa brusquement, Stefan gémit de mécontentement d'être tombé de sur son torse, mais sans pour autant se réveiller.

« -Du calme, ce n'est que moi, souffla une voix rassurante.

-Putain, papa ! Tu m'as fait peur ! Gronda Edward dans un chuchotis en se levant.

Une fois debout, il entraîna son père à l'extérieur en passant par la baie vitrée. La lueur de la lune éclaira les traits penauds de Carlisle.

-Qu'est-ce que tu fais ? Il y a un problème ?

-Non, non, s'empressa de le rassurer Carlisle, je n'arrivais pas à dormir. Je pense que j'avais besoin de savoir que tous mes enfants étaient en sécurité. Je suis donc venu m'assurer que Stefan et toi dormiez tranquillement. Je suis vraiment désolé de t'avoir réveillé.

-C'est pas grave, je comprends.

-Bon, je vais te laisser dormir. Bonne nuit.

-Papa ! L'interpella-t-il en le suivant. Tu es sûr que tu vas bien ?

-Oui.

-Papa, soupira Edward.

-Je vais bien, c'est juste que…

-Que quoi ?

-Tu sais quand j'étais dans la maison, Caïus m'a injecté un produit, j'ai eu des hallucinations. J'ai pensé que tu venais me sauver avant de me rendre compte que ce n'était pas toi.

-Est-ce cela qui te trouble autant ?

-Oui, enfin, non. Quand j'ai compris que ce n'était pas toi, j'ai cru… J'ai cru voir Ethan, avoua son père.

-Ethan ? Mais il est mort, non ?

-Oui, je l'ai tué, une balle entre les deux yeux ne pardonne pas.

-Tu sais, peut-être que cette hallucination était le fruit de tes remords ? Même si ce n'était pas quelqu'un de bien, tu as tué ton frère. Cependant, il ne faut pas que tu oublies qu'il t'aurait tué sans aucune hésitation.

-Je le sais et tu as sans doute raison, revoir Aro m'a rappelé mon passé.

-Oublie cette histoire et va retrouver maman avant qu'elle ne s'inquiète, tu n'as aucun regret à avoir.

-Merci, Edward. Tout de même, je me demande qui a bien pu m'aider et surtout pourquoi je l'ai pris pour toi ?

-Comme tu l'as dit, tu étais sous l'influence d'une drogue, elle t'a montré ce que tu désirais. Quant à savoir qui t'a aidé, je pense qu'il s'agissait de l'Eventreur, enfin, James, notre arrivée à dû contrecarrer ses plans.

-Sûrement, murmura son père.

-Cesse donc de te tracasser, tu as toujours agi au mieux, le rassura Edward en l'enlaçant. Merci d'avoir pris soin de moi, papa.

-Je t'aime, Edward.

-Je t'aime aussi, papa, allez, va rejoindre maman avant qu'elle ne lance tout le monde à ta recherche.

Son père lui donna une tape dans le dos. Il regarda Carlisle s'éloigner de quelques pas avant que celui-ci ne s'arrête pour se retourner et le fixer avec un regard amusé.

-Au fait, ta mère et moi avons décidé de rester à la villa, Bella et Stefan seront les seuls à t'accompagner pour le pique-nique. »

Sur ces propos, Carlisle fit demi-tour pour rejoindre la villa, cependant, il avait eu le temps de voir le regard amusé de son père lorsqu'il lui avait annoncé qu'ils seraient seuls avec Bella, sa stupeur devait être risible. Tout en soupirant, il regagna la terrasse qui entourait la petite maison, le jeune homme fit tomber le sable qui était sur ses pieds avant de rentrer dans sa chambre. Il fit coulisser la porte fenêtre avant de revenir s'allonger près de Stefan. Edward chercha le sommeil, mais il mit du temps à venir surtout que son fils prenait un malin plaisir à se coller à lui, n'avait-il donc pas chaud ? Finalement, il réussit à s'endormir, ses songes l'entraînant vers la journée du lendemain…

.


.

Bella était en train de siroter son café sur la terrasse, loin de l'effervescence que créaient Alice et Rosalie qui houspillaient leurs hommes pour être le plus tôt possible sur la côte pour faire la tournée des magasins. La jeune femme sourit en entendant Jasper et Emmett râler quand ils apprirent qu'ils allaient devoir les suivre dans leur virée, ne serait-ce que pour porter les sacs. Elle sourit, heureuse de pouvoir échapper à cette torture.

« -Bella !

La jeune femme sursauta en entendant son nom hurlé par un petit lutin hystérique. A regret, elle posa sa tasse pour se tourner vers sa meilleure amie.

-C'est quoi cette tenue ? Gronda Alice en l'observant de la tête aux pieds.

Bella baissa les yeux vers le vieux short et le tee-shirt ample et délavé qu'elle portait. Certes, elle avait des vêtements plus reluisants, mais elle se sentait à l'aise dans ceux-là.

-Ne me dits pas que tu vas aller pique-niquer dans cette tenue avec mon frère !

La jeune femme n'eut pas le temps de protester quoi que ce soit qu'Alice saisit sa main pour la traîner à travers la maison.

-Rosalie !

Bella leva les yeux au ciel quand elle entendit le petit lutin appeler la blonde qui se hâta de les rejoindre dans sa chambre. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, elle se retrouva assise sur le lit pendant que ses deux amies fouillaient déjà son armoire.

-Bella as-tu quelque chose de décent là-dedans ? Grommela Alice.

-Tout est correct, rétorqua-t-elle avant d'ajouter plus bas, du moins, pour moi.

-Alice, regarde, ça pourrait convenir, non ?

Le petit lutin tourna la tête vers le maillot de bain deux pièces que Rosalie venait de trouver, elle l'avait laissé au fond de l'armoire car elle trouvait qu'il ne cachait pas grand-chose… Alors qu'elle allait protester, Alice sautilla en attrapant un paréo noir dont les bordures étaient agrémentées par des paillettes grises qui brillaient sous la lumière du soleil.

-Enfile ça !

Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quelque chose, elle se retrouva enfermée dans la salle de bain avec pour ordre de se changer. Tout en marmonnant contre ses amies, elle enfila tout de même les vêtements, après tout, si c'était pour Edward, alors, pourquoi pas ? La jeune femme s'habilla et s'observa d'un œil critique dans le miroir. Elle resserra les pans du paréo avant de tirer sur les triangles rouges qui ne couvraient pas assez sa poitrine à son goût.

-Bella ! Dépêche-toi ! Je n'ai pas que ça à faire ! Lui rappela Alice en frappant contre la porte.

-Ça va, j'arrive !

A peine avait-elle franchi le seuil de la salle de bain que le petit lutin défit un peu son paréo pour qu'il lui tombe sur les hanches. Rosalie la fit ensuite asseoir sur le rebord du lit et s'occupa de coiffer ses cheveux pendant qu'Alice maquillait légèrement son visage.

-C'est un pique-nique, pas une soirée en ville ! Protesta Bella.

-Tu veux conquérir Edward oui ou non ? Demanda Rosalie.

-Oui, mais je ne pense pas que ce soit le meilleur moment, il y aura Carlisle, Esmé, sans oublier, Stefan !

-Et alors, ce n'est pas parce que vous ne serez pas seuls qu'il ne faut pas que tu sois sublime, rappela Alice.

-Tu ne crois pas qu'il va trouver étrange que je sois autant apprêtée pour un simple pique-nique ? Se plaignit la jeune femme.

-Pas du tout, c'est un homme, rit doucement Rose qui venait de terminer de relever ses cheveux.

Alice se recula de quelques pas après lui avoir mis une touche de rouge à lèvres pour juger de leur travail. Rosalie la rejoignit pour l'observer aux côtés du petit lutin, les mains sur les hanches, Bella se retint de lever les yeux au ciel.

-Les filles ! Hurla Emmett. Vous voulez y'aller oui ou non ?

-On arrive ! Lui répondit Rosalie.

Bella sourit. Si elles partaient maintenant, elle aurait le temps de se changer et d'enlever ce maquillage avant qu'Edward n'arrive.

-N'y pense même pas, la prévint Alice qui avait deviné ses intentions. Suis-nous.

La jeune femme eut à peine le temps d'enfiler des sandales qu'Alice l'entraîna vers la cuisine où Esmé était déjà en train de remplir la glacière.

-Esmé, vous auriez dû m'attendre, je vous aurai donné un coup de main.

-Ne t'en fais pas, Bella, la rassura Esmé, cela me fait plaisir.

Ses meilleures amies passèrent les saluer, puis, en compagnie d'Emmett et de Jasper, elles prirent la direction du ponton. Bella allait s'éclipser vers sa chambre quand un cri attira son attention.

-Papi ! Mamie !

Stefan arriva tel une fusée dans la cuisine et sauta dans les bras de Carlisle qui s'était accroupi pour le réceptionner. Alors que Stefan racontait à son grand-père qu'ils avaient trouvé une tortue sur la plage, Edward s'approcha d'elle. Elle maudit ses joues qui s'empourprèrent dès qu'il posa son regard sur elle.

-Tu es magnifique, la complimenta Edward en déposant un baiser sur sa joue.

-Tu n'es pas mal non plus, répliqua-t-elle avec un sourire et en le détaillant comme il l'avait fait pour elle de la tête aux pieds.

Edward portait un bermuda kaki avec un tee-shirt blanc qui moulait admirablement bien son torse divinement musclé, elle dut se retenir pour ne pas caresser ce dernier.

-Et bien, tout est prêt, annonça Esmé en déposant la glacière souple dans un sac à dos.

-Alors, en route, déclara Edward. Viens par ici, Stefan !

-Youpi ! Cria le petit garçon.

Bella sourit lorsqu'elle remarqua que le père et le fils étaient habillés de la même manière. Edward fit mettre sa casquette à l'enfant avant de l'aider à enfiler un petit sac à dos qu'il tenait à porter pour faire comme papa. Elle suivit la petite famille sur la terrasse, son sac de plage pendant à son épaule.

-Donc, tu suis bien le sentier qui est au nord de la villa, expliqua Carlisle ce qui lui fit froncer les sourcils, vous en avez pour une bonne heure de marche.

-Je croyais que c'était plus près ? S'étonna Edward en harnachant le sac de randonnée autour de son torse.

-Ça l'est, mais tu as un enfant et Bella, lui fit remarquer le médecin.

-Carlisle ! S'offusqua Esmé pour prendre sa défense.

-Laissez, Esmé, il a raison, admit la jeune femme en rougissant.

-J'ai aussi mis une trousse de premier soin et un téléphone satellite au cas où, continua Carlisle pour sa plus grande honte.

-Papa, on ne part pas en expédition, je ne crois pas que l'on ait besoin de tout cela.

-Fais-moi confiance, Edward, dit Carlisle en lui souriant tendrement.

-Bon, on y va ! S'impatienta Stefan.

-Euh, vous ne venez pas ? Demanda Bella en se tournant vers le couple qui les couvait du regard.

-Non, j'ai envie de passer un peu de temps en tête à tête avec mon mari.

-Il faut dire que cela ne nous arrive pas souvent d'avoir une maison rien que pour nous, renchérit Carlisle. Alors, amusez-vous bien.

-Oui, vous aussi, lança Edward.

Après un dernier petit signe de la main, Bella suivit Edward et son fils qui ouvraient la marche. Stefan tenait la main de son père dans la sienne tout en lui lançant de temps à autre des regards peu amicaux. Tout à coup, elle vit Stefan lever la tête vers son père, elle n'entendit pas ce que lui dit Edward, mais son comportement changea, d'hostile, il était passé à boudeur. Au bout de quelques mètres, Edward s'arrêta pour l'attendre, une fois qu'elle fut à sa hauteur, ils reprirent leur marche. Elle ne put s'empêcher de sourire quand elle sentit la main d'Edward s'enrouler autour de la sienne, ils échangèrent un regard avant de se concentrer sur leurs pas, en effet, ils venaient d'entrer sur le sentier dont le sol inégal était un véritable piège pour elle. Comme l'avait prévu Carlisle, elle ne tarda pas à ralentir leur petite expédition et elle ne dut son salut qu'à la main d'Edward qui la retenait à chaque chute.

-Papa ! Cria Stefan.

Le petit garçon les attendait à un tournant du chemin, Edward lui ayant demandé de rester à portée de vue. Impatient, l'enfant tapait du pied sur le sol, ses poings posés sur ses hanches, il les observait d'un air exaspéré.

-Je suis désolé de vous ralentir autant, s'excusa Bella.

-Ce n'est rien, la rassura-t-il, et puis, Stefan ! Ralentis ou tu vas te faire mal !

A peine avaient-ils passé le virage que le petit garçon partit en courant aussi loin qu'il en avait l'autorisation.

-Stefan ! Si tu tombes, tu n'as pas intérêt à venir pleurer! Soupira Edward.

-Vais pas tomber ! Assura son fils. Ai pas des ssaussures de fille, moi !

Sur ces mots, Stefan lui lança un coup d'œil provocateur avant de s'en aller en sautillant.

-C'est vrai que les sandales ne sont pas les chaussures les plus appropriées pour marcher, reconnut Edward en fixant ses pieds.

-Je le sais, gronda Bella qui ne put s'empêcher de se justifier, mais ta sœur semble l'ignorer et tu sais comment elle est quand elle a décidé quelque chose ?

-Allez, courage, nous sommes presque arrivés.

Edward lui sourit et elle se dit que pour ce sourire, elle pourrait encore marcher plusieurs centaines de kilomètres ! Ils reprirent leur route et elle fut soudain étonnée de ne pas l'entendre crier après Stefan qui venait une nouvelle fois de les distancer. Alors qu'elle allait lui faire remarquer que le petit garçon avait disparu de leur champ de vision, la jeune femme sentit une main enserrer sa taille. En une seconde, elle se retrouva collée contre le torse d'Edward. Ses yeux se fermèrent lorsque le visage du jeune père se pencha vers le sien. Leurs lèvres se touchèrent pour un baiser empli de douceur. En désirant plus, elle passa sa langue sur les lèvres d'Edward qui ne tarda pas à entrouvrir celles-ci pour lui laisser le passage. Leurs langues venaient enfin de se retrouver quand…

-Papa ! Papa !

Edward soupira et posa son front contre le sien. Ils inspirèrent tous deux profondément avant d'ouvrir leurs yeux.

-Je suis désolé, assura Edward dans un murmure.

-Papa !

-Mais je dois y aller.

-File, lui ordonna Bella en quittant son étreinte.

Malgré son sac à dos, le jeune homme courut sur le chemin pour rejoindre son fils, Bella le suivit, mais à un pas plus mesuré et surtout plus prudent. Quand elle les rejoignit, elle s'inquiéta de voir Stefan assit sur le sol, de grosses larmes coulant le long de son visage. Edward s'était agenouillé face à lui et fouillait dans le sac à dos. Ce que le jeune père avait prédit était malheureusement arrivé remarqua-t-elle quand elle vit les genoux écorchés de Stefan.

-Veux pas ! Se mit à hurler l'enfant quand il vit Edward attraper des compresses et le flacon de désinfectant.

-Alors, il fallait m'écouter, lui rappela Edward, maintenant, tiens-toi tranquille pendant que je te soigne.

-Veux pas ! Veux pas ! Veux pas ! Pleurnicha Stefan en essayant de s'enfuir.

-Stefan ! Dit un peu plus fort Edward en le faisant asseoir. Dis-moi, tu ne veux pas que Bella pense que tu es un bébé ?

-Suis pas un bébé, ronchonna l'enfant.

-Alors pourquoi tu te comportes comme si tu en étais un ? Allez, montre-lui que tu es un grand garçon et que tu laisses papa te soigner.

Stefan lui jeta un regard avant de respirer bruyamment tout en hochant la tête. Edward sourit à son fils avant d'appliquer la compresse humide sur l'un des genoux.

-Ça pique ! Se plaignit Stefan dont les larmes repartirent de plus belle.

Ne supportant pas de rester les bras ballants devant les pleurs de l'enfant, Bella s'assit à ses côtés. Elle prit le mouchoir qu'Edward tenait pour essuyer les joues de son fils pour le remplacer, mais Stefan tourna la tête de l'autre côté, la snobant.

-Tu sais, Stefan, je suis très maladroite, donc les bobos ça me connaît et je comprends tout à fait que tu n'aimes pas que ton papa te mette de l'alcool sur tes égratignures, commença-t-elle sans pour autant réussir à attirer son attention les yeux de Stefan scrutaient les alentours plutôt qu'elle. Oh, regarde ! S'écria-t-elle soudain.

Surpris par son ton, Stefan tourna la tête. Bella attrapa la feuille d'un arbuste qui était à sa portée, elle l'amena devant leurs yeux et l'enfant se pencha pour mieux observer la chenille colorée qui progressait lentement sur le feuillage.

-C'est quoi ? Lui demanda Stefan curieux.

-Une chenille, lui répondit-elle, tu as vu ces étranges couleurs ? On en voit pas des comme ça à Forks. En as-tu déjà vu des semblables à Washington ?

-Non, avoua le petit garçon, pourtant, avec papa on va souvent au zoo !

-Tu sais en quoi cette chenille va se transformer dans quelque temps ?

-Non, admit Stefan toujours aussi curieux.

-En un magnifique papillon, il sera sûrement très beau avec toutes ces couleurs !

-Oh, oui ! Approuva Stefan.

L'enfant approcha un doigt pour toucher la chenille, mais avant qu'il n'ait eu le temps de le faire, la feuille lui fut arrachée des mains par Edward qui la jeta loin d'eux.

-Pourquoi t'as fait ça ? S'énerva Stefan.

-Tout simplement parce que même si elle est belle, il ne valait mieux pas que tu la touches ! Voilà tes bobos sont soignés, reprenons la route.

-Mais la ssenille ! Protesta son fils.

-On peut se lancer à sa recherche, mais je me disais que l'on aurait pu pêcher à la cascade… Enfin, tant pis, cherchons la chenille.

-Veux pêsser !

Edward sourit à son fils avant de passer une main dans ses cheveux. Ils reprirent leur chemin avec, cette fois, Stefan à leurs côtés qui tenait sagement la main de son papa. Après une vingtaine de minutes de marche, ils atteignirent enfin l'immense clairière qui se trouvait au pied de la cascade. Stefan s'avança vers le petit lac, les yeux rivés sur la chute d'eau pendant qu'ils posaient leurs affaires sur l'herbe.

-Je suis désolé pour tout à l'heure, lui dit Edward en ne quittant pas Stefan du regard, mais cette chenille était dangereuse, son corps est recouvert de poison pour se protéger des prédateurs.

-Oh mon Dieu ! Tu m'as laissé…

-Vous ne risquiez rien tant que vous ne la touchiez pas, ce que j'ai empêché. Bella, merci d'avoir distrait Stefan.

-Je t'en prie, c'était avec plaisir.

-Je sais que je devrais lui rappeler la conversation que nous avions eu chez toi, mais ces derniers jours n'ont pas été facile pour lui.

-Je comprends, ne t'inquiète pas !

-Vous venez ! Cria Stefan les pieds dans l'eau.

Bella sourit, heureuse d'être comprise dans l'invitation. Ils ôtèrent à leur tour leurs chaussures et s'approchèrent de la berge.

-Elle est où la canne à pêche ? Questionna Stefan en observant son père.

-Nous n'en avons pas besoin, on va pêcher comme les indiens dans le film, tu te souviens ?

Stefan cria sa joie avant de quitter son tee-shirt. Edward prit son fils dans ses bras et le déposa sur des rochers à ses côtés, le jeune homme resta dans l'eau qui lui arrivait mi-cuisse. Les deux garçons se mirent à scruter avec attention l'eau, les mains d'Edward frôlant la surface de celle-ci. L'agent du FBI plongea soudain ses mains sous l'eau et un cri de frustration s'échappa de la bouche de Stefan quand les mains de son père remontèrent bredouilles.

-Hey, Bella ! L'interpella Edward. Je te conseille de venir me donner un coup de main si tu souhaites manger.

La jeune femme transforma la jupe que faisait son paréo en une sorte de short et le rejoignit. Les rires de Stefan ne tardèrent pas à peupler la clairière alors qu'il les voyait se démener pour essayer d'attraper un poisson bien trop rapide pour eux. Alors que l'enfant se moquait d'eux, Edward attrapa son fils pour le jeter soudain à l'eau. Le petit garçon refit surface en toussant et en crachant, mais un sourire amusé se dessinait sur son visage. Edward l'attrapa et le balança sur son épaule comme un vulgaire sac de pommes de terre.

-Et bien, Bella, je crois que nous avons là une bonne prise. Peut-être pourrais-tu faire du feu pendant que je prépare ce gros poisson ?

-Avec plaisir, Edward, accepta-t-elle amusée.

-Chuis pas un poichon ! Hurla Stefan en se débattant. Me manzez pas !

-Oh, si ! En plus, celui-là est bien gros ! Rajouta Edward.

-Chuis pas gros ! Ch'est tonton Memett qui est gros !

-Tu as raison approuva, le père en descendant l'enfant de sur son épaule, et si on regardait plutôt ce que mamie a préparé ?

Stefan acquiesça de la tête tout en restant dans les bras de son père, sa tête nichée dans le creux de son cou. Bella déplia la couverture qui se trouvait dans le sac à dos pendant qu'Edward en extrayait la glacière ainsi que des bouteilles d'eau fraîche. Il donna d'ailleurs l'une d'entre elles à Stefan pour qu'il boive. La jeune femme déballa une salade de riz, une salade de haricots verts et divers sandwichs ainsi que les couverts.

-Dis-moi Stefan qu'as-tu envie de manger ? Lui demanda-t-elle prête à le servir.

-Des ssips, décida l'enfant en lorgnant vers le paquet que son père tenait.

-Les chips c'est pour plus tard, jeune homme, dis plutôt à Bella ce que tu as envie de manger.

-Du riz, s'il-te-plaît, l'informa Stefan.

Bella versa deux cuillères à soupe de riz dans l'assiette, elle allait en rajouter une quand Edward l'informa que c'était suffisant. Le jeune homme rajouta quelques haricots verts ainsi qu'un sandwich poulet mayonnaise sur l'assiette avant qu'elle ne la donne à Stefan. Ce dernier se hâta de mettre de côté les haricots avec le bout de sa fourchette.

-Tu les manges et tu auras des chips, expliqua Edward.

Stefan ronchonna quelque peu, mais il prit tout de même un haricot qu'il avala avec un dégoût évident. Edward soupira devant le côté théâtral de son fils qui après quelques minutes de supplice lui fit remarquer qu'il n'y avait plus d'haricots dans son assiette. Le jeune père lui mit quelques chips dans un gobelet tout en lui demandant de manger aussi le reste de son assiette.

-C'est vraiment magnifique, murmura Bella en se perdant dans la contemplation de la cascade.

-Oui, tout est vraiment magnifique, répéta Edward en ne la quittant pas des yeux.

Leurs regards se mélangèrent et elle dut faire un effort pour se rappeler qu'ils n'étaient pas seuls.

-Alors quel est le reste du programme ? Demanda la jeune femme pour chasser ses pensées peu avouables.

-Je pensais qu'après avoir déjeuné, nous pourrions faire une petite sieste, puis, nous nous baignerons avant de reprendre le chemin de la villa, proposa Edward.

-Veux pas faire la chieste, râla Stefan.

-Pourtant, tu la feras, assura Edward, sinon, tu seras trop fatigué pour te baigner et rentrer à la villa.

-Tu me porteras, conclut simplement l'enfant.

-J'ai déjà le sac à dos et avant que tu n'y pense, non, Bella ne te portera pas.

-Z'y pensais pas, protesta le petit garçon en prenant un air trop angélique pour être honnête, mais elle pourrait porter le chac, non ?

-Mange, soupira Edward. Tu passes décidément trop de temps avec ton oncle…

Bella retint un rire devant la mine exaspérée d'Edward alors que Stefan ricanait doucement, fier de son petit effet. La jeune femme remarqua alors que l'enfant n'avait pas touché à son sandwich, peut-être Edward s'était-il trompé et lui en avait-il donné un qu'il n'aimait pas ?

-Tu préfères un autre sandwich ? Lui proposa-t-elle.

-Non, murmura Stefan en baissant la tête.

-Tu n'aimes plus le poulet mayonnaise ? S'étonna Edward. Je pensais que c'est ton préféré parce qu'il est trop, méga, giga bon ? Termina le père en imitant la voix excitée de son fils.

Tout comme elle, Edward perdit son sourire quand il vit les traits empreints de tristesse de l'enfant.

-Qu'y a-t-il, mon cœur ? Ce n'est pas un problème si tu veux changer de sandwich.

-Tu sais, c'est ta grand-mère qui les a préparé, rappela Bella, et elle fait les meilleurs sandwichs au monde !

Stefan secoua la tête pour dire qu'il n'était pas d'accord, ses petits doigts jouant avec la croûte entourant le pain de mie.

-Tu es sûr d'avoir déjà goûté les sandwichs d'Esmé ? Demanda la jeune femme d'un ton léger. Parce que sinon, tu serais d'accord avec moi quand je dis qu'ils…

Bella se tut quand elle vit Edward prendre un couteau et l'assiette de son fils. Rapidement, il enleva toute la croûte du pain de mie avant de partager le sandwich en deux triangles égaux.

-Merchi, murmura Stefan en reniflant, Bella ?

-Oui, mon grand ?

-Ch'est maman qui fait les meilleurs chandwichs… »

Bella sentit son cœur se serrer. Edward prit son fils sur ses genoux tout en lui adressant un regard d'excuse. Stefan se blottit dans les bras de son père qui le berça pendant qu'il mangeait enfin son sandwich. La jeune femme savait qu'elle aimait cet homme, elle aimait sa douceur, elle aimait la tendresse, la gentillesse dont il faisait preuve envers ceux qui l'entouraient. Cependant, elle venait de réaliser que si elle aimait le père, elle s'attachait aussi au fils. Elle ne se lançait pas seulement dans une relation amoureuse, non, elle entrerait aussi dans une famille et elle devait accepter les deux car ils étaient indissociables. D'ailleurs, Edward avait tenté de le lui faire comprendre dans la cuisine l'autre soir en lui demandant d'entrer dans leur vie. Elle comprit alors qu'Esmé et Carlisle les avaient sûrement laissés seul pour qu'elle le réalise. Stefan était tout aussi brisé que son père, sauf que lui n'avait ni l'âge, ni la maturité pour s'en sortir seul. Si elle s'engageait dans une relation avec Edward, elle ne pourrait pas faire demi-tour au risque de briser aussi Stefan. Son souffle se bloqua dans sa poitrine, si Stefan l'acceptait, était-elle prête à élever cet enfant blessé qui n'était pas le sien ? Comment pourrait-elle être présente pour ce petit garçon alors qu'elle avait eu un exemple si déplorable avec sa mère ? Comment saurait-elle quoi faire ? … Ses angoisses disparurent brusquement quand elle vit Stefan cueillir une fleur se trouvant à portée de sa petite main pour la lui donner. Bella le remercia et la glissa dans ses cheveux. Stefan sourit à son geste avant de retourner se faire câliner par Edward. Oui, pour ces deux hommes, elle était prête à tout, y compris, à vaincre ses peurs !