Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
J'espère que vous allez tous bien !
Je tiens à vous remercier pour vos mots de soutien, merci énormément, ils m'ont fait beaucoup de bien. Merci !
Je vous informe aussi que je pars en vacances, j'ignore donc quand je pourrais publier un nouveau chapitre, mes parents n'ont pas internet…. Cependant, je vais essayer de publier dans le courant de la semaine prochaine.
Voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira !
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Bonne lecture !
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Chapitre 15 : Laila
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Le repas terminé, Edward garda Stefan dans ses bras. Son fils jouait machinalement avec les brins d'herbe se trouvant à sa portée, luttant contre le sommeil qui le gagnait. Il pouvait voir dans ses yeux entrouverts que son enfant fixait parfois à la dérobée Bella qui s'était perdue dans la contemplation du paysage qui les entourait. Finalement, il ne tarda pas à sentir le corps de son fils s'affaisser contre lui, il s'était endormi. Délicatement, il le prit dans ses bras pour le déposer sur un coin de la couverture. Le jeune père prit ensuite une serviette qu'il mit sous la tête de son fils en guise d'oreiller. La main de Stefan se mit alors à tâtonner les alentours, cherchant quelque chose, et Edward s'empressa de sortir son doudou du sac à dos. Une fois celui-ci à portée de sa main, Stefan l'enlaça et dormit paisiblement. Le jeune homme observa le petit garçon pendant plusieurs minutes avant de se lever. Tout en lui offrant un sourire, il tendit sa main vers Bella. Il l'aida à se relever et main dans la main, ils s'éloignèrent de quelques pas. Edward se rassit dans l'herbe, son dos contre le tronc d'un arbre et fit installer Bella entre ses jambes, le dos de la jeune femme reposant contre son torse. Ses bras encerclèrent le corps fin de Bella et il posa son menton sur son épaule. Le jeune homme ferma les yeux quelques secondes, se repaissant de son odeur et de son corps contre le sien.
« -Lui qui ne voulait pas faire la sieste, il dort bien, remarqua doucement Bella en jetant un coup d'œil à Stefan.
-Contrairement à ce petit bonhomme, je connais ses limites, sourit Edward tout en déposant un baiser sur son épaule, et puis, je pense qu'il n'a pas dû bien dormir durant mon absence.
Bella acquiesça lentement de la tête avant de se retourner, leurs regards se croisèrent et il n'en fallut guère plus pour que leurs lèvres se retrouvent. Leur baiser devint rapidement plus fougueux, leurs langues dansant sensuellement l'une contre l'autre. Malheureusement, ils durent se séparer lorsqu'ils se retrouvèrent à bout de souffle. La jeune femme gigota dans ses bras, se tournant pour lui faire face et elle s'installa sur ses genoux. Tout en lui souriant, Bella noua ses bras autour de son cou avant de se pencher pour l'embrasser. Il répondit à l'ardeur de son baiser, tout en appréciant ses mains qui caressaient tendrement ses cheveux. Le jeune homme releva un peu les jambes, faisant glisser Bella, sa poitrine vint heurter son torse et il resserra son étreinte sur son corps. Un léger gémissement franchit le seuil des lèvres de Bella quand sa bouche délaissa la sienne pour aller déposer des baisers le long de son visage avant qu'il ne s'empare du lobe de son oreille pour le mordiller.
-Tu vas me tuer, Cullen ! Grogna la jeune femme.
Les doigts de Bella se crispèrent dans ses cheveux et il tira légèrement dessus pour le forcer à relever la tête. Elle s'empara avec ardeur de ses lèvres, mordillant légèrement celles-ci avant que sa langue ne s'invite dans sa bouche. Il resserra son étreinte, ses doigts qui agrippaient jusque-là le paréo se détendirent et remontèrent lentement le long du dos de la jeune femme pour caresser sa peau. Les mains de Bella délaissèrent ses cheveux pour partir à l'assaut de son tee-shirt, elle le caressa à travers le vêtement avant qu'elle ne trouve le rebord de celui-ci pour les glisser sur sa peau. Les jambes de Bella enserrèrent sa taille, rapprochant ainsi leurs corps, mais aussi leurs bassins et il put sentir sa virilité s'éveiller à ce contact.
-Désolé, souffla-t-il en posant ses mains sur ses hanches pour la repousser doucement.
-Ce n'est pas grave, assura Bella en tentant de se rapprocher à nouveau.
-Bella, soupira Edward en faisant des efforts pour garder l'esprit clair.
-Edward, gémit la jeune femme en déposant des baisers dans son cou.
-Bella ! Nous ne sommes pas seuls, s'empressa-t-il de lui rappeler.
Aussitôt, la jeune femme s'éloigna de lui, les joues en feu, tout en affichant une mine penaude. Elle jeta un coup d'œil inquiet à Stefan, mais l'enfant dormait toujours.
-Je suis désolée, s'excusa Bella.
-C'est pas grave, sourit-il en caressant sa joue, et crois-moi, j'aurais agi comme toi si Stefan n'était pas là.
La jeune femme sourit, elle déposa un baiser sur sa joue avant de quitter ses genoux pour s'asseoir à ses côtés, il passa un bras autour de ses épaules et la tête de Bella trouva sa place contre son épaule. Leurs mains libres s'enlacèrent. Il déposa un baiser sur le dos de sa main avant que son regard ne se pose sur son fils qui dormait un peu plus loin.
-J'ai l'impression que je ne suis pas le seul Cullen à tomber sous ton charme, lui confia-t-il.
-Ah, bon ?
-Stefan, tu es la première fille à qui il offre une fleur.
-Je suis très flattée, mais il l'a déjà fait non ? Questionna prudemment Bella.
Edward ferma les yeux en comprenant que la jeune femme faisait allusion à la mère de son fils.
-Stefan était peut-être trop petit, supposa Edward, ou l'occasion ne s'est jamais présentée.
-Est-ce que… Est-ce que ça te dérangerait de me parler d'elle ?
-Non, répondit-il. Je ne sais pas par où commencer… J'ai rencontré Laila dans un bar, j'avais particulièrement bu pour oublier ma première enquête, je ne m'attendais pas à ce que je fasse une rencontre qui allait changer ma vie. Russell est venu me chercher, bien décidé à me ramener par la peau des fesses chez lui pour que je squatte son canapé. Alors qu'il essayait de me décoller du bar, Laila est venue lui donner un coup de main, elle m'a crié dessus tout en me demandant si je n'avais pas honte de faire lever mon vieux père pour qu'il vienne me chercher ivre dans un bar. Je te laisse imaginer la réaction de Russell, s'esclaffa Edward et Bella se joignit à elle. Après avoir fait remarquer qu'il n'était pas mon père et qu'en cet instant il valait mieux pour moi que ce ne soit pas le cas, il m'a obligé à descendre de mon tabouret tout en me tenant, mon équilibre étant précaire. Bref, Laila l'a aidé à me porter jusqu'à la voiture et là…
-Là quoi ? Demanda Bella intriguée face à son air mal à l'aise.
-J'ai fait quelque chose de très romanesque, murmura Edward, j'ai vomi sur ses chaussures.
-Non ? S'écria la jeune femme en retenant un fou-rire. Tu n'as pas fait ça ?
-Si, avoua-t-il honteux, Russell m'a poussé dans sa voiture tout en me promettant mille et une morts si je souillais la banquette. Il s'est excusé auprès de Laila et lui a donné ma carte pour qu'elle m'appelle pour que je répare les dégâts. Elle n'a jamais appelé, par contre, je suis revenu plusieurs fois dans le bar pour tenter de la revoir. Il a fallu que j'attende 15 jours pour la retrouver. Je lui ai offert un verre, elle a accepté à condition que je me contente d'un cocktail sans alcool. Je l'ai ensuite invité à dîner pour réparer ma maladresse, elle a accepté. Nous avons débuté une relation avant de nous rendre compte que nous étions plus amis qu'amoureux. Nous sommes donc restés proches. J'étais loin de ma famille et elle, elle ne s'entendait pas trop avec la sienne. Nous nous tenions compagnie et quand l'un de nous se sentait trop seul, nous nous consolions dans les bras l'un de l'autre. Un soir, après une fête un peu trop arrosée, nous avons couché ensemble et… 9 mois plus tard, Stefan est arrivé. Que ce soit Laila ou moi, nous n'avons jamais regretté, Stefan est la plus belle chose que nous ayons accomplie.
-Merci, murmura Bella quand il eut terminé son récit.
-De quoi ? S'étonna-t-il en haussant un sourcil.
-Merci de m'avoir parlé d'elle, je sais que ce n'est pas évident pour toi.
-C'est vrai, admit le jeune homme, mais elle fait partie de mon histoire et elle est la mère de mon fils, donc, il me paraît normal de répondre à tes questions. En plus, je suis sûr que vous vous seriez bien entendues. »
Edward se tut alors que des souvenirs heureux l'assaillaient. Il se revoyait à la naissance de Stefan, tenant la main de Laila, heureux, mais angoissé. Il n'oublierait jamais le sourire qui s'était dessiné sur le visage de son amie lorsque la sage-femme avait posé leur fils sur sa poitrine. Il avait pleuré de joie quand elle lui avait tendu le bébé alors qu'elle, elle riait de ses craintes de devoir tenir cette si petite et fragile chose entre ses bras. Laila avait su lui faire oublier ses peurs de mal faire et s'il s'était senti père, c'était grâce à elle. Sa gorge se noua alors qu'il pensait à toutes les choses qu'elle allait manquer. Elle ne verrait jamais Stefan tomber amoureux, elle ne l'applaudirait pas à sa remise de diplôme, elle ne serait jamais grand-mère… Sans qu'il ne puisse les retenir, ses larmes glissèrent le long de ses joues pendant qu'une image s'imposait à son esprit : le corps de Laila baignant dans une mare de sang.
« -Edward ?
La voix inquiète de Bella le sortit de ses tristes souvenirs. Les doigts fins de la jeune femme essuyèrent ses larmes, ses yeux l'observèrent avec attention et il pouvait aussi y lire la peine qu'elle ressentait pour lui.
-Veux-tu en parler ? Lui demanda-t-elle.
Le jeune homme haussa les épaules avant d'inspirer profondément. Il n'avait aucune envie de se souvenir de ces heures d'horreur, pourtant, il se mit à parler.
-Encore maintenant, j'ignore comment il a fait pour les enlever…
-Comment ça ?
-J'étais sur une scène de crime dont l'auteur n'était autre que l'Eventreur. J'étais à l'autre bout de la ville. Normalement, je devais avoir Stefan pour le week-end, Laila venait de rencontrer quelqu'un et souhaitait passer un peu de temps avec cet homme. Voyant les heures passer, j'ai appelé Laila pour savoir si elle pouvait récupérer notre fils à l'école, que je viendrai plus tard le chercher chez elle. Elle a accepté. Quand le soir, je suis allé à son domicile, j'ai sonné, mais elle ne m'a pas ouvert. J'ai trouvé cela étrange, j'ai donc utilisé le double de mes clefs pour entrer. Il n'y avait personne. Tout en fouillant l'appartement, j'ai essayé de la joindre et c'est là que j'ai entendu la sonnerie de son téléphone, elle provenait de sa chambre. J'y suis allé… Il y avait des lys partout, ils recouvraient le sol, la couette, sauf une partie, une partie sur laquelle se trouvait une photo de nous trois. Je… Je ne sais pas ce que j'ai ressenti à cet instant-là, c'était… c'était un peu comme si l'on venait de m'arracher le cœur, mon âme… J'ignore combien de temps je suis resté ainsi figé avant d'avoir enfin la présence d'esprit d'appeler Russell. L'équipe et lui m'ont rejoint et l'enquête a débuté. Les voisins ne les ayant pas vu rentrer et n'ayant pas trouvé le cartable de mon fils, je suis allé au domicile de l'institutrice de Stefan avec Russell et Sam car elle était la dernière personne à les avoir vu. L'institutrice nous a dit que Stefan était fatigué, il s'était endormi en entendant notre arrivée. Laila l'a pris dans ses bras, elle ne l'a pas réveillé, puis, elle est partie vers l'appartement qui n'était qu'à une centaine de mètres de l'école. Madame Petterson nous a dit que Laila avait discuté avec un homme à bord d'un 4x4 noir aux vitres teintées avant de monter dans le véhicule. Selon les témoins, elle était souriante, heureuse… Je ne comprends pas comment il a réussi à la faire monter ? Jamais Laila ne serait montée avec un inconnu, surtout avec Stefan.
-Donc, pour monter avec lui, tu te dis qu'elle devait le connaître ?
-C'est la seule explication, confirma Edward, mais qui ? Nous avons interrogé l'homme qu'elle avait rencontré, mais cette piste ne nous a amené nulle part.
-Il s'était peut-être déguisé comme quand il est entré dans le Commissariat de Seattle ?
-Oui, j'y ai pensé, mais Laila était quelqu'un de perspicace, même s'il avait pris l'apparence de l'une de ses connaissances, elle l'aurait rapidement démasqué, assura Edward. J'aurais tellement aimé attraper James vivant, avoir des réponses….
-Tu sais, il n'aurait peut-être pas répondu à tes questions.
-Oui, c'est possible, mais je n'arrive pas à croire qu'il ait fait tout ça pour prouver à Volturi qu'il valait mieux que moi !
-Il était dérangé, sa logique ne peut pas voir de sens pour nous.
Edward ne releva pas les propos de la jeune femme, car c'était son travail d'entrer dans l'esprit des criminels et il était évident pour lui que James ne s'en était pas pris à lui et à sa famille juste pour attirer l'attention du Général, alors, pourquoi avait-il fait tout cela ? La voix hésitante de Bella le sortit de ses réflexions.
-Que s'est-il passé ensuite ?
-Laila et Stefan avaient disparu depuis trois heures quand il m'a envoyé un message, c'était une série de chiffres. J'ai compris qu'il s'agissait de coordonnées GPS. Je n'ai rien dit aux autres car même s'il n'avait rien dit, je savais qu'il les tuerait si j'arrivais avec des renforts. J'ai pris un taxi après avoir faussé compagnie à mon équipe. Je me suis retrouvé dans un quartier à l'abandon en banlieue de Washington. Armé, je suis entré dans la maison…. »
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Flash-back :
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L'arme à la main, le cœur battant à tout rompre, il entra dans la maison. Une fois la porte d'entrée passée, il avisa un interrupteur, il l'actionna, mais le hall resta plongé dans l'obscurité. Il prit sa torche et continua à avancer. Il faisait son possible pour oublier la peur qui nouait ses entrailles, il devait se calmer, avoir l'esprit clair pour les sauver ! Le rez-de-chaussée visité et n'ayant trouvé personne, il s'apprêtait à aller fouiller l'étage quand un bruit de sanglots étouffés lui parvinrent de la cave. Il posa une main tremblante sur la poignée qui tourna dans un grincement qui le fit pester, question discrétion, il pouvait repasser… Lentement et prudemment, il descendit les marches en bois qui, bien entendu, craquèrent à chacun de ses pas. Une fois arrivé dans la cave, il se figea. Celle-ci était immense et n'était éclairée que par des bougies, il serra les dents, les flammes vacillantes laissaient trop d'ombres à son goût où l'Eventreur pouvait se dissimuler. Tout à coup, il pointa son arme sur sa droite, son doigt se crispa sur la gâchette alors qu'il voyait une ombre s'avancer vers lui.
« -Edward…
-Laila !
Il allait se précipiter vers son amie quand il vit une ombre noire derrière elle. Aussitôt, il releva son arme pour la pointer sur la menace qui se trouvait derrière la mère de son fils, dissimulée derrière un masque blanc.
-Bonsoir, Agent Cullen ! Quel plaisir que vous vous joigniez à nous, dit l'Eventreur de sa voix modifiée.
-Où est mon fils ? Questionna Edward en tentant de retrouver son calme.
-Le petit Stefan est en sécurité, mon cher, mais parlons plutôt de toi. Veux-tu bien me faire passer ton arme ?
L'agent du FBI serra les dents, il n'avait aucune envie de se débarrasser de son arme, mais il n'avait pas tellement le choix, l'Eventreur pointait un revolver dans le dos de Laila. N'ayant pas d'autre solution, Edward se baissa lentement et posa son arme sur le sol, il se redressa tout en donnant un léger coup de pied dans son revolver pour le faire glisser vers l'Eventreur.
-Ainsi que l'autre, ajouta le tueur en désignant sa jambe droite.
L'agent fédéral fulminait, pourtant, il n'avait pas d'autre solution. Il s'accroupit et retira l'arme de l'étui qui enserrait sa cheville. Cependant, avant de la faire glisser, il releva la tête vers le tueur.
-Où est mon fils? Répéta-t-il d'une voix bien plus calme.
-En ce moment, il devrait être le cadet de tes soucis, railla l'Eventreur, mais je vais tout de même être magnanime et te dire qu'il n'est pas loin.
Edward ravala la rage qui menaçait de le submerger, il savait que s'énerver n'apporterait rien de bon. Il devait rester lucide pour trouver un moyen de sortir Laila et Stefan de ce guet-apens.
-Ils ne t'ont rien fait, c'est moi que tu veux, lança Edward, laisse-les partir et je te suivrais sans faire de difficulté.
-Proposition intéressante, mais superflue car même si je ne les relâche pas, vous me suivrez agent Cullen.
Le jeune homme serra les poings, l'Eventreur savait parfaitement qu'il se plierait à sa volonté pour protéger les siens. Edward inspira profondément, son regard trouva celui de Laila dans lequel il put lire sa peur, des larmes silencieuses coulaient le long des joues de son amie et aux marques sur son visage, il pouvait voir qu'elle s'était débattue.
-Ça va aller, lui murmura-t-il tout en lui offrant un sourire rassurant.
-Agent Cullen, je ne savais pas que vous étiez un vil menteur, releva aussitôt l'Eventreur.
-Laila, regarde-moi, s'il-te-plaît. Je te promets que je vais tout faire pour nous sortir de là, tu me fais confiance ?
-Oui, chuchota son amie dans un sanglot.
-On va s'en sortir, répéta Edward pendant que son cerveau fonctionnait à vive allure pour trouver un moyen d'échapper au tueur en série.
-Pas la peine d'essayer de chercher une issue, agent Cullen, il n'y en a pas, ricana l'Eventreur.
Le jeune homme serra les dents. Il n'aimait pas le regard que posait l'homme sur lui derrière son masque blanc, il préparait quelque chose, mais quoi ?
-Rejoints-le!
Laila et lui sursautèrent en entendant l'ordre du tueur. Laila lui jeta un coup d'œil apeuré avant d'obéir. Lentement, elle fit un pas dans sa direction, puis, un second. Elle était presque dans ses bras, quand il vit l'éclat dans les yeux du tueur.
-Non!
Son hurlement ne servit à rien. Il eut l'impression qu'un coup de tonnerre résonnait dans la cave. Les yeux de Laila s'écarquillèrent face à la douleur, un hoquet de stupeur franchit le seuil de ses lèvres alors qu'elle s'écroulait dans ses bars, une balle figée dans son dos. L'agent fédéral allongea tendrement son amie sur le sol, cherchant à comprimer la blessure avec sa veste, mais elle perdait beaucoup trop de sang et la terrible réalité le frappa, elle n'en avait plus que pour quelques minutes.
-Edward, l'appela Laila d'une voix tremblante, Edward...
-Je suis là, assura-t-il en retenant difficilement ses larmes.
-Tu veilleras sur Stefan? Tu... Tu lui diras à quel point je l'aime... Qu'il était tout pour moi... parce que... parce qu'il était une partie de toi.
-Je lui dirais, je te le promets.
-Je vous aime tellement...
-Chut, tais-toi, garde tes forces.
-Edward... Edward... Promets-moi que... tu vas le sauver...
-Je te le jure, je ferai tout pour qu'il soit en sécurité et heureux... Laila? Laila! »
Le jeune homme ne put retenir un cri de désespoir lorsqu'il vit les yeux de son amie se voiler, la vie venait de quitter son corps. Il ne sut combien de temps il resta là, la serrant dans ses bras, criant désespérément son prénom, jusqu'à ce qu'il entende un rire qui lui fit tout omettre: Stefan, l'Eventreur... Oubliant le danger, il déposa le corps de Laila sur le sol en béton froid pour se jeter sur le tueur en série. Celui-ci déstabilisé par son attaque soudaine ne lui tira pas dessus. Leurs corps tombèrent lourdement sur le sol poussiéreux, il frappa violemment son adversaire au visage, faisant bouger quelque peu le masque. Il allait réitérer son coup quand une violente douleur le figea. Lentement, il baissa les yeux vers son ventre pour y voir le manche d'un poignard. Edward s'affaissa contre le tueur qui le prit presque tendrement dans ses bras pour l'allonger sur le dos. Le regard du l'Eventreur plongea dans le sien, alors que, avec une lenteur qui prolongeait son supplice, il retira la lame. Avant qu'il ne puisse esquisser un seul geste, le tueur lui donna un violent coup de poing au visage qui le fit sombrer dans l'inconscience.
Edward était encore perdu dans les brumes de l'inconscience quand il lui sembla entendre des sanglots. Il se força à s'éveiller quand il reconnut le timbre de voix, Stefan! Le jeune père ouvrit les yeux, la salle était baignée d'une douce lueur, le jour qui filtrait par de fines fenêtres venait se mêler à la lumière des bougies. Il scruta la pièce, mais ne vit pas son fils. Il remarqua alors qu'il n'était pas dans la partie de la cave où il était arrivé quelques heures plus tôt, d'ailleurs, il était allongé sur un lit et non à même le sol. Le jeune homme posa une main sur son torse et fut surpris de sentir un garrot sur sa blessure, pourquoi l'avoir soigné? La réponse le fit frémir, sûrement pour mieux le torturer. Edward serra les dents et prit appui contre le mur pour se lever. Il se dirigea vers la seule porte entrouverte de la pièce, priant pour qu'elle le conduise à son fils. Lorsqu'il la franchit, son cœur se serra dans sa poitrine et il se précipita tant bien que mal vers Stefan.
« -Maman? Maman, faut te réveiller! Maman?
Stefan sanglotait, sa petite main ne cessait de tapoter le visage inerte de Laila. Edward passa outre la vive douleur qu'il ressentait et s'agenouilla auprès de son fils. Il posa une main sur son épaule et son enfant hurla de terreur alors qu'il l'emprisonnait dans ses bras.
-C'est moi, Stefan, c'est papa. Calme-toi!
-Papa?
Son fils tourna la tête, il le contempla quelques secondes avant de se jeter à son cou, son petit corps tremblait contre le sien et il le serra aussi fort qu'il le put.
-Papa! Z'arrive pas à réveiller maman! Lui lança l'enfant inquiet. Papa! Elle va être malade, elle est toute froide!
Edward serra les dents. Depuis combien de temps, Stefan était-il assis là à côté du cadavre de sa mère? Ses poings se serrèrent et sa haine contre l'Eventreur se décupla. Comment avait-il pu laisser un enfant auprès du cadavre de sa mère ?
-Papa, maman a bobo, faut appeler papi, elle chaigne! »
Le jeune homme ne savait que dire à son fils, lui-même était bouleversé. Tout à coup, du bruit se fit entendre à l'étage, le grincement de la poignée de la porte d'entrée le fit frémir. Rassemblant ses forces, il se leva, Stefan dans ses bras et marcha péniblement jusqu'à la chambre qu'il venait de quitter. Là, il déposa son fils sur le lit avant de chercher une quelconque arme, ses yeux se posèrent sur une chaise. Alors qu'il projetait de l'abattre sur la tête du tueur, il se rendit compte que ses maigres forces ne lui permettraient pas de l'assommer. Aussi, Edward bloqua la porte menant à la petite chambre avec le meuble avant de s'approcher du lit pour prendre son fils dans ses bras. Stefan se mit à trembler et à pleurer quand un violent coup fut porté contre la porte. Edward raffermit son emprise sur le corps de son fils, bien décidé à le protéger quel qu'en soit le prix!
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Fin du flash-back.
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Edward quitta précipitamment les bras de Bella pour s'avancer vers l'étendue d'eau. Il n'entendit pas la jeune femme le suivre et il lui fut reconnaissant de lui laisser ces quelques minutes pour se reprendre. Il s'accroupit et prit un peu d'eau entre ses mains pour s'asperger le visage et effacer les traces de ses larmes. Il était en train de chasser ses douloureux souvenirs quand il sentit une main se poser sur son épaule.
« -Tu as réussi, lui rappela doucement Bella, regarde, il va bien.
Edward suivit son regard qui était posé sur Stefan, ce dernier dormait toujours paisiblement au pied de l'arbre sur la couverture. Tout à coup, il ressentit un inexplicable besoin de le sentir contre lui. Faisant fi de Bella, il se leva pour rejoindre son fils. Une fois assis à ses côtés, il le prit dans ses bras et enfouit son visage dans ses cheveux, heureux de sentir son corps chaud et bien vivant contre le sien.
-Edward, ça va aller? Lui demanda la jeune femme inquiète.
-Oui, pardon, s'excusa-t-il d'une voix enrouée, c'est juste que c'est encore douloureux, tout est encore bien trop vivace dans mon esprit.
-Je suis désolée.
-Tu n'y es pour rien. Il est normal que tu te poses des questions.
Edward esquissa un petit sourire avant de se pencher, le visage de la jeune femme s'éclaira et elle vint à sa rencontre leurs lèvres se touchèrent avec tendresse. Il sentit l'une de ses mains glisser dans ses cheveux pour l'attirer un peu plus à elle, mais au même moment une main se posa sur son torse pour le repousser. Edward fronça les sourcils face à cette contradiction avant de réaliser que la main reposant contre son torse était trop petite pour appartenir à Bella! Aussitôt, il rompit leur baiser et baissa la tête pour croiser le regard mécontent de son fils.
-Hey, bonhomme, tu as bien dormi?
Le jeune homme regretta aussitôt sa phrase, n'avait-il donc rien de plus stupide à dire à son fils qui venait de le surprendre en train d'embrasser une femme juste quelques centimètres au-dessus de lui?
-Tu fais quoi? Questionna Stefan les sourcils froncés en les observant à tour de rôle.
-J'avais une poussière dans l'œil et ton papa m'a aidé à l'enlever, mentit pour lui Bella.
Edward haussa un sourcil dans sa direction, étonné par ses propos, croyait-elle vraiment que Stefan allait gober cela?
-Ch'est vrai que cha fait mal, convint son fils tout en se redressant et en restant bien dans ses bras.
Edward fut encore plus surpris que le petit garçon croit en ce mensonge, peut-être, n'avait-il rien vu? Après tout la tête de son fils était posée contre son torse...
-On va se baigner?
-Oui, accepta Edward.
-Faut que je fasse pipi, murmura soudain son fils à son oreille en jetant un coup d'œil gêné à Bella.
Edward sourit, il se leva et posa Stefan à terre. Son fils s'éloigna en courant et il se tourna vers Bella, un brin moqueur.
-Une poussière dans l'œil?
-J'ai pas trouvé mieux! Maugréa la jeune femme.
Edward lui sourit avant de rejoindre son fils qui l'attendait à trépignant aux abords de la forêt. Il se hâta de retrouver le petit garçon qu'il entraîna dans les bois. Il s'arrêta au bout de quelques mètres et attendit. Son fils se balançait d'un pied à l'autre sans pour autant se soulager.
-Tu ne veux pas faire pipi?
Son fils mordilla sa lèvre inférieure avant de jeter un coup d'œil vers la cascade où Bella était demeurée.
-Tu sais, elle ne peut pas te voir là où nous sommes.
Stefan parut soulagé et s'approcha d'un arbre. Edward attendit, regardant les alentours, mais n'entendit rien.
-Papa?
-Oui?
-Tu m'aides?
Le jeune homme haussa un sourcil, depuis quand son fils avait-il besoin d'aide pour faire pipi?
-Tu as oublié comment on fait? Demanda Edward légèrement moqueur.
-Papa! Pleurnicha Stefan.
Edward soupira avant de s'approcher de son fils, il s'agenouilla derrière lui et abaissa son short et son maillot de bain, heureusement, Stefan fit le reste. Dès qu'il eut terminé, son enfant tendit ses bras vers lui, bien qu'intrigué par son comportement, Edward le porta et ils rejoignirent Bella. Tout en marchant, il se demanda soudain si le comportement de son fils n'était pas dû au baiser qu'il avait échangé avec la jeune femme. Cependant, il mit ses soupçons de côté quand, arrivés dans la clairière, son enfant se tortilla dans ses bras pour qu'il le dépose sur le sol. Une fois qu'il l'eut fait, Stefan se précipita vers Bella pour prendre sa main.
-Tu viens, on va se baigner?
La jeune femme sourit à son fils et le suivit dans l'eau juste après avoir ôté son paréo. Edward se perdit durant quelques secondes dans la contemplation de la beauté de la jeune femme, puis, du tableau idyllique qui s'offrait à lui. Stefan à peine arrivé dans l'eau se fit un plaisir d'asperger Bella, la jeune femme cria pour le plus grand bonheur de son fils avant de lui rendre la pareille. Tous deux riaient aux éclats et cette scène l'enchanta.
-Papa! L'appela Stefan d'une voix amusée. Elle me mouille!
Le jeune homme sourit et sans réfléchir, il se débarrassa rapidement de ses vêtements. Une fois en maillot, il courut et ceintura Bella avant de l'entraîner avec lui dans l'eau. Il se redressa et entendit pour son plus grand plaisir les éclats de rire de Stefan. Il allait se relever pour le rejoindre quand il sentit une pression sur ses épaules, Bella s'était redressée et essayait de le couler. Il se laissa faire. Le jeune homme savourait les bienfaits de l'eau fraîche sur son visage quand il sentit deux petites mains sur son corps. Edward refit surface pour voir Stefan qui s'accrochait tant bien que mal à ses épaules. Il prit son fils dans ses bras et déposa un baiser sur sa joue.
-Tu as vu ce que Bella a fait à papa ? S'offusqua-t-il sous le regard rieur de Stefan.
-Voui !
-Tu m'aides à la couler ?
Son fils sourit de plaisir et ils se lancèrent tous deux à la poursuite de Bella qui se laissa facilement rattraper. Stefan applaudit lorsqu'il vit la jeune femme remonter à la surface en crachant de l'eau. Ils chahutèrent encore un peu, puis, Bella alla s'installer sur les rochers pendant qu'il faisait faire la planche à son fils qui avait dû mal à comprendre le concept d'immobilité. Alors qu'il s'apprêtait à proposer un jeu au petit garçon, il vit Bella quitter les rochers pour la terre ferme.
-Passe par l'eau, lui conseilla-t-il, c'est plus prudent.
-Je sais marcher, Cullen, répliqua la jeune femme en levant les yeux au ciel.
-Les rochers sont humides et…
-Merde !
Edward prit son fils dans ses bras et se précipita vers l'endroit où Bella venait de chuter. Heureusement, la jeune femme était en train de s'asseoir quand il la rejoignit.
-Tu vas bien ? Lui demanda-t-il en s'asseyant à ses côtés, Stefan sur ses genoux.
-C'est rien, marmonna Bella.
-T'as fait bobo ? S'enquit Stefan en l'observant avec attention.
-Non, juste quelques égratignures.
Edward enserra la taille de son fils de ses mains pour le mettre sur ses pieds tout en lui faisant signe de regagner la berge ce que l'enfant fit en quelques enjambées. Il s'approcha ensuite de Bella pour la prendre dans ses bras, malgré ses protestations. Il la déposa sur une serviette pendant que Stefan cherchait la trousse de secours. Bella allait protester face à tant d'attentions, mais il la fit taire d'un rapide baiser sur ses lèvres. Il entendit Stefan pousser un petit cri de victoire et revenir vers eux en tenant fièrement la trousse de secours.
-Merci, mon chéri, dit Edward pendant que Stefan s'asseyait à leurs côtés.
Il ouvrit la trousse et sortit à nouveau une compresse et le désinfectant, décidément, son père avait eu raison de mettre cette trousse dans son sac à dos ! Aussi doucement qu'il le put, il appliqua la compresse imbibée d'alcool sur le genou de la jeune femme qui eut un geste de recul tout en émettant un sifflement et en lui lançant un regard noir. Edward fut alors surpris de voir son fils prendre l'une des mains de Bella entre les siennes.
-T'en fais pas, cha pique un peu, mais après cha ira mieux.
Edward retint difficilement un rire devant l'air compatissant de son fils et celui ahuri de Bella. Il pouffa légèrement s'attirant les foudres de la jeune femme et le regard interloqué de son enfant.
-Pourquoi tu ris, papa ?
-Pour rien, mon chéri, assura-t-il en posant un pansement sur le genou soigné. Bien, vous voilà comme neuve, Mademoiselle Swan !
-Merci, Docteur, lui lança Bella, merci à toi aussi, Stefan.
Edward fut étonné de voir son fils baisser les yeux et ses petites joues s'empourprer. Serait-il possible que le petit garçon apprécie plus Bella qu'il ne le pensait ? Alors qu'il se posait cette question, Stefan monta sur ses genoux et entoura son cou de ses bras pour y enfouir son visage. Edward se leva pour prendre place aux côtés de la jeune femme. Du coin de l'œil, il vit son fils attraper timidement les cheveux de la jeune femme pour enrouler une mèche autour de deux de ses doigts. Décidément, le comportement de Stefan l'intriguait de plus en plus. Ils restèrent ainsi un moment, tous les trois blottis l'un contre l'autre, Stefan jouant toujours distraitement avec les cheveux de Bella. C'est alors qu'il remarqua que la jeune femme ne paraissait pas aussi à l'aise qu'il l'avait pensé. Doucement, il posa sa main sur celle de Stefan pour lui faire lâcher les longs cheveux bruns.
-Il se fait tard, annonça Edward, je crois que nous devrions nous mettre en route si l'on veut avoir le temps de prendre une douche avant qu'Alice et Rose ne reviennent avec tous leurs achats.
-Tatie, elle m'aura pas asseté des habits ? S'inquiéta Stefan.
-Ne t'en fais pas, je calmerai le petit lutin, lui promit-il. Allez, viens, on va ranger les sacs à dos.
Edward se leva, Stefan lui prit la main et il offrit un sourire rassurant à Bella, espérant qu'elle n'avait pas été trop déstabilisée par le comportement de Stefan. Quand ils furent un peu éloignés d'elle, il se baissa à la hauteur de l'enfant.
-Tout va bien Stefan ? Demanda gentiment le jeune père.
Son fils ne répondit pas, trop occupé à essayer à faire rentrer sa serviette dans son sac guère assez grand pour la contenir. Edward la lui prit des mains et s'appliqua à la plier assez serrée pour qu'elle y rentre.
-Ai fait quelque chose de mal ? Murmura son fils d'un ton peiné.
-Non, mon cœur, mais dis-moi, pourquoi jouais-tu avec les cheveux de Bella ? Tu avais l'air perdu dans tes pensées.
-Quand…. Ze faisais un câlin à maman, ze zouais avec ses seveux. Bella, elle a les mêmes seveux que maman.
-C'est vrai, reconnut-il, mais tu sais, Bella n'est pas ta maman. Je sais que ta maman te manque, que tu as envie de retrouver les câlins qu'elle te faisait, mais c'est impossible, mon cœur. Peux-tu comprendre que Bella soit gênée par ton geste ?
-Lui ai pas fait mal.
-Oui, je sais, mon ange, et je ne te gronde pas, mais, disons que tu peux faire ça avec mamie ou tes taties, mais pas Bella.
Stefan le regarda, les yeux légèrement embués, il s'en voulut de lui faire de la peine, mais il ne pouvait pas se permettre que son fils s'attache trop à Bella si jamais cette dernière ne se sentait pas le courage de construire quelque chose avec eux. Il essuya une larme qui avait échappé à son fils avant de le prendre dans ses bras.
-Je t'aime, mon cœur, je t'aime plus que tu ne peux l'imaginer. Je sais que c'est dur de se retrouver que tous les deux, mais je te promets de tout faire pour que tu sois heureux.
-Suis heureux avec toi, papa, assura son fils à son oreille.
Le petit garçon renifla avant d'embrasser sa joue, Stefan recula d'un pas et il tressaillit quand il sentit la main de son fils se poser sur l'une des cicatrices qui ornait son torse.
-Tu m'as touzours protézé, murmura l'enfant. T'as touzours mal ?
-Non, mon cœur, papa est guéri, assura-t-il la voix enrouée.
-Et là ?
La main de son fils se posa approximativement à l'endroit où son cœur battait. Edward espéra que le sourire qu'il offrait à son fils était rassurant, il dut réussir car celui-ci lui sourit en retour. Stefan l'embrassa une nouvelle fois sur la joue avant d'enfiler maladroitement son sac à dos. Le jeune homme sourit face à son empressement avant de le freiner pour lui rappeler qu'il devait s'habiller avant de mettre son sac sur le dos. Edward s'habilla à son tour. Stefan courrait vers le sentier alors que Bella le rejoignait.
-Tout va bien ? Lui demanda-t-il un peu inquiet.
-Oui.
-Je suis désolé. Tu étais mal à l'aise et c'est compréhensible, j'aurais dû l'empêcher de…
-Edward, stop, le freina-t-elle. Ce n'est rien, c'est moi…
-Non, ta réaction est normale. Il… Il avait l'habitude quand Laila lui faisait un câlin de jouer avec ses cheveux.
-Je lui ressemble ? S'enquit Bella.
-Vous avez à peu près la même taille, vos cheveux sont identiques sauf que ceux de Laila étaient plus sombres. Stefan a hérité de son nez, ajouta le jeune père.
-En fait, il tient surtout de toi, tu es sûr de ne pas l'avoir cloné ? Plaisanta Bella.
-Non, mais c'est vrai que Laila s'amusait de notre ressemblance et Stefan adorait quand elle lui achetait des vêtements identiques aux miens.
Bella sourit et ils accélèrent le pas pour rejoindre le petit garçon qui les devançait de quelques mètres. Alors que son fils repartait en courant après s'être assuré qu'ils le suivaient bien, il se fit un plaisir de lui rappeler sa chute. Aussitôt, Stefan prit une allure plus modérée tout en marmonnant dans sa barbe.
-C'est vrai qu'il te ressemble beaucoup, le taquina Bella.
-Hey ! Je suis pas aussi boudeur que lui, maugréa le jeune homme.
Bella éclata de rire alors qu'il souriait doucement, Stefan se tourna vers eux, cherchant ce qui faisait rire la jeune femme, mais ne voyant rien de drôle, il haussa les épaules et continua sa route. Ils lui emboîtèrent le pas en silence, Edward ne cessait de tourner et de retourner ses pensées dans sa tête, ne sachant pas comment les formuler sans faire fuir Bella.
-Crache le morceau ! Lui ordonna soudain cette dernière.
-Quoi ? S'étonna-t-il d'être percé à jour.
-Dis-moi ce qui ne va pas ? Je ne me vexerai pas, promit-elle.
-Ce n'est pas contre toi, enfin, pas vraiment, murmura le jeune homme. Je sais que notre histoire est récente et j'ai réellement envie d'essayer de construire quelque chose avec toi…
-Mais ? Insista Bella qui s'était raidie.
-Je tiens à toi, Bella, mais je ne suis pas seul, soupira Edward. Que nous le voulions ou non, Stefan est en train de s'attacher à toi, sûrement parce qu'il a compris que tu comptais beaucoup pour moi. C'est un enfant, il a déjà énormément souffert, je ne veux pas qu'il…
-Tu envisages déjà que notre histoire ne fonctionne pas ? L'interrompit Bella, les poings sur les hanches et en le fusillant du regard.
-Non, crois-moi, je rêve que cela fonctionne et…
-Edward, stop ! Le coupa-t-elle à nouveau en lui faisant face et en posant ses mains sur ses hanches. Je ne suis pas stupide, non, ne dis rien et écoute-moi ! Je suis consciente que le bonheur et l'équilibre de Stefan sont en jeu, mais, il y a une autre personne dans l'équation.
-Oui, toi et je te promets que…
-Tais-toi, laisse-moi finir, ce n'est pas de moi dont je parle, mais de toi. Toi aussi, tu as le droit d'être heureux, quelle est la dernière fois où tu as pensé à toi ?
-Ce que je pense ou ce que je souhaite est secondaire, Stefan passe en premier.
-Edward…
-Non, Bella, je ne m'oublie pas en faisant passer mon fils en priorité car je ne pourrais pas être heureux s'il ne l'est pas.
-C'est la culpabilité qui te fait parler ainsi, tu t'en veux car il a…
-Bella, arrête, s'il-te-plaît, ma culpabilité existe, certes, mais là, c'est le père qui parle.
-Donc, si Stefan ne m'accepte pas, tu me quitteras ?
-Non, soupira Edward avant de passer une main nerveuse dans ses cheveux, je me rends compte que je t'en demande trop.
-Edward… Je sais que ta vie n'est pas facile, que la situation est loin d'être évidente, mais là tu ne nous laisses aucune chance.
-Au contraire, Bella, confia Edward en plongeant son regard dans le sien, je te laisse une porte de sortie.
-Une porte de sortie ? Edward, je ne veux pas…
-Bella, nous ne sommes qu'au tout début de notre histoire et je veux que tu réfléchisses avant que nous allions plus loin. Réfléchis à notre passé, Stefan est blessé, mais moi aussi, tout ne sera pas simple. Je tiens à toi, tu me plais et personne n'avait fait battre mon cœur comme tu le fais, mais je veux que tu comprennes dans quoi tu vas t'engager. »
Bella ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle se tut en voyant Stefan revenir vers eux en courant, le petit garçon était intrigué qu'ils n'avancent plus. Edward sourit à son fils qui vint se placer entre eux. A sa grande surprise, Stefan prit sa main, mais également celle de Bella. Il releva la tête, heureux que son enfant ne boude plus la jeune femme, pourtant, son bonheur s'évapora quand il vit le visage tendu de Bella. Ils marchèrent en silence. Du coin de l'œil, il pouvait voir la jeune femme mordiller nerveusement sa lèvre inférieure tout en regardant de temps en temps sa main enlacée avec celle de Stefan. Edward savait qu'il avait été dur avec elle, mais il se devait d'être honnête avec elle quitte à lui faire prendre la fuite. Son cœur se briserait sûrement si elle partait, mais il s'en remettrait en se disant qu'elle trouverait quelqu'un qui serait digne d'elle.
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A peine étaient-ils arrivés sur la plage que Stefan s'élança en courant vers la villa où elle pouvait voir Esmé et Carlisle tendrement enlacés sur un transat. La jeune femme regarda sa main vide pendant quelques secondes avant de relever la tête pour croiser le regard triste d'Edward. Elle esquissa un pâle sourire qui ne dupa pas le jeune homme. Pourtant, celui-ci caressa tendrement sa joue avant de répondre à l'appel de son fils qui semblait avoir décidé de jeter son grand-père à l'eau. Edward se délesta du sac-à-dos et courut vers le transat qu'Esmé avait fui laissant Carlisle se débattre avec son petit-fils qui tirait désespérément sur l'une de ses jambes pour le faire décoller de la chaise longue. Bella rejoignit la mère de famille pour regarder les deux plus jeunes traîner le médecin vers l'océan. Esmé lui demanda s'ils s'étaient bien amusés et elle assura que c'était le cas. Elle abandonna la mère de famille pour ranger et nettoyer les restes de leur pique-nique. Quand elle eut terminé, elle alla prendre une douche dans sa chambre et enfila des vêtements plus confortables, puis, après avoir parlé un peu avec Esmé, elle partit se promener sur la plage. Une fois seule, elle s'assit sur le sable chaud et son regard perdit sur l'océan.
La jeune femme avait bien conscience qu'il y avait bien plus en jeu que son histoire avec Edward, il y avait Stefan. Elle l'avait compris dès le départ et malgré la défiance que lui montrait l'enfant, elle pensait être prête à essayer de se faire accepter par lui. Cependant, elle n'avait pu empêcher de se raidir quand il avait joué avec ses cheveux lorsqu'il faisait un câlin à Edward, l'enfant l'avait introduit dans leur étreinte et au lieu d'en être ravie, elle s'était sentie nerveuse et mal à l'aise. Bien sûr, cela n'avait pas échappé Edward, tout comme quand Stefan lui avait pris la main, donnant l'image d'une famille qu'ils n'étaient pourtant pas. Une famille, elle avait toujours envié la famille unie que formaient les Cullen alors que la sienne était brisée. Petite fille, elle s'était sentie honorée et fière qu'ils la considèrent comme une des leurs, quand ils étaient partis, elle avait haï ce cousin orphelin qui les avait éloigné d'elle. Quelle ironie et dire que maintenant elle était en train de tomber amoureuse de cet homme !
Edward… Il prenait soin de Stefan, il prenait soin d'elle, mais qui prenait soin de lui ? Elle aimerait tellement être cette personne. Cependant, elle ne devait pas oublier ce qu'il lui avait dit, était-elle prête à se lancer dans cette relation en connaissant le passé du père et du fils ? Le fantôme de Laila ne cesserait de planer sur eux, jamais elle ne pourrait lui arriver à la cheville, jamais elle ne pourrait être à la hauteur de la mère que la défunte fut. Elle n'avait aucun modèle si ce n'est Esmé et quand elle pensait à sa propre mère, une question l'obsédait, comment pourrait-elle aider, élever, ce petit garçon alors que Renée avait été une si déplorable mère ? Le malaise qui l'avait étreint quand Stefan l'avait approché, lui rappela que comme Renée, elle n'avait peut-être pas l'instinct maternel.
« -Dois-je aller chercher un extincteur pour éteindre la fumée qui sort de tes oreilles ?
Bella sursauta en entendant la voix de Rosalie. Ses deux amies s'assirent de part et d'autre d'elle, Rose lui tendit une bière, elle la remercia et prit une gorgée.
-Alors, que se passe-t-il dans la petite tête de Bella Swan ? Demanda doucement Alice en la couvant du regard.
La jeune femme haussa les épaules, puis, elle prit une nouvelle gorgée, son regard se perdant toujours au loin.
-Dois-je aller botter les fesses de mon beau-frère ? S'enquit Rose.
-Non, murmura Bella, c'est plutôt les miennes que tu devrais botter.
-Que s'est-il passé ? Interrogea le petit lutin.
-Edward et moi… Enfin, nous nous sommes quelque peu rapprochés.
Bella ne fut guère surprise d'entendre ses deux amies pousser un cri de joie avant qu'elles ne se frappent mutuellement dans la main. Ses deux amies se calmèrent tout de même en voyant son air renfrogné.
-On dirait que cela ne t'enchante pas, murmura Alice.
-Si… Mais Edward m'a fait remarquer quelque chose de juste, il n'y a pas que nous, Stefan est là.
-Stefan est adorable, pourquoi Edward….
-Alice, coupa Rosalie, Edward a raison, Stefan a suffisamment été blessé ces derniers temps et il me semble plus que normal qu'Edward veuille le protéger.
-Je suis d'accord, acquiesça Alice, mais Ed' doit aussi penser à lui, non ?
-Oui, mais c'est un père avant tout, leur rappela Rose.
-Mais c'est aussi un homme, contra le petit lutin.
-Stop, Alice ! Rose a raison, coupa Bella, et le problème est là. Je ne sais pas si je pourrais être à la hauteur.
-Si tu penses à Renée, tu n'as pas à t'en faire, assura Alice avec ferveur, tu n'es en rien comparable à ta mère.
-Alice a raison.
-Mais… Quand il m'a pris la main, j'ai paniqué et Edward l'a vu !
-Et je suis sûre qu'il peut comprendre qu'il te faut du temps, rétorqua le petit lutin, on ne se réveille pas mère du jour au lendemain !
-Tu crois ? Alors pourquoi Rose arrive-t-elle à avoir naturellement des gestes maternels alors que moi non ? Pourtant aucune de nous deux n'a des enfants !
-J'ai Emmett ! Lui rappela Rosalie ce qui les fit rire toutes les trois.
-Peu importe, souffla Bella en retrouvant son sérieux, je ne pense pas être prête à être mère.
-Et je ne te le demande pas.
Toutes trois se tournèrent vers Edward qui venaient de les rejoindre. Aussitôt, elle paniqua, depuis combien de temps était-il là ? Qu'avait-il entendu ? Soudain, ses paroles lui revinrent en mémoire, avait-il déjà condamné leur éventuel couple ?
-Tu as intérêt à t'expliquer frangin, lança Alice, car elle est déjà en train de se faire des films !
Edward lui sourit avant de se poster devant elles et de tendre une main à chacune de ses amies, ces dernières observèrent ses mains sans pour autant s'en saisir.
-Vous ne croyez tout de même pas que je vais parler avec Bella alors que vous êtes là ? Questionna Edward en haussant un sourcil.
-T'es pas drôle ! Râla Rosalie en souriant tout de même.
Les jeunes femmes finirent par accepter les mains tendues de l'agent qui les aida à se relever. Elles lui offrirent un clin d'œil complice avant de partir vers la villa. Edward s'assit à ses côtés.
-Je suis désolé, admit le jeune homme, si tu t'es mépris sur mes propos.
-Alors, tu veux quand même qu'on essaie ? Murmura-t-elle avec espoir.
-J'ai toujours voulu qu'on essaie Bella.
-Mais, tout à l'heure, tu as dit…
-Ce que je disais tout à l'heure, c'est que je ne cherche pas une mère pour mon fils, je cherche une compagne, et, une confidente ainsi qu'une amie pour mon fils. Stefan a une mère, c'est Laila et cela ne changera jamais.
-Je comprends.
Edward lui sourit et elle le lui rendit, le jeune homme se pencha, leurs épaules se touchèrent et il la poussa doucement. Bella lui rendit son coup, ils chahutèrent quelques secondes avant de rire doucement.
-J'ai du temps, Bella, je suis là pour t'écouter et pour répondre à tes questions. Je ne partirai pas.
-Moi, non plus, assura la jeune femme.
-Je ne veux pas te forcer la main, dit Edward, je sais que ce n'est pas une décision facile à prendre.
-J'ai pourtant envie de la prendre, j'ai envie d'essayer, mais tu dois comprendre que ce n'est pas évident pour moi, je ne sais pas comment me comporter avec Stefan.
-Je t'ai raconté mes premiers jours avec lui, j'étais maladroit, les gestes viendront avec le temps, mais seulement si tu en as envie. Donc, voilà ce que je te propose, prenons notre temps, passons du temps tous les trois et voyons où cela nous mène ?
-Et nous deux ?
-Je ne veux pas te faire de mal, Bella, confia le jeune homme dans un murmure, si nous nous rapprochons et qu'après tu te rends compte que…
-Toi aussi, tu souffriras, lui fit-elle réaliser. »
Un léger silence s'installa entre eux, la jeune femme se tourna pour faire face à Edward. Elle posa ses mains sur ses épaules, son visage s'approcha de celui du jeune homme qui ne bougea pas, leurs lèvres s'effleurèrent alors qu'elle lui murmurait qu'elle voulait essayer.
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Edward sourit contre les lèvres de la jeune femme, l'une de ses mains glissa dans sa nuque pour approfondir leur baiser, leurs langues se trouvèrent et se caressèrent jusqu'à ce qu'ils soient à bout de souffle. Ils se regardèrent durant quelques secondes avant qu'il ne tente de prendre la jeune femme dans ses bras, elle le repoussa et plongea son regard chocolaté dans le sien.
« -Je veux qu'on essaie, je tiens à toi et Stefan est un petit garçon très attachant, j'ai envie de le protéger, de le choyer, mais je ne sais pas trop comment m'y prendre. Cependant, je suis sûre et certaine que cela vaut le coup que l'on essaie.
-Je suis d'accord, acquiesça Edward.
Bella lui sourit avant de se pencher pour ravir à nouveau ses lèvres, il se laissa faire tout en s'allongeant sur le sable, l'entraînant avec lui. Quand leur baiser se termina, il laissa ses doigts vagabonder sur le visage de la jeune femme avant de laisser échapper un soupir.
-Qu'y a-t-il ? Lui demanda Bella.
-Au départ, j'étais venu à votre rencontre pour vous dire que nous allions passer à table, donc, à moins, que tu ne veuilles recevoir un seau d'eau, nous devrions y aller.
La jeune femme soupira à son tour ce qui le fit sourire, puis, tendrement, il effleura ses lèvres avant qu'ils ne se relèvent. Main dans la main, ils regagnèrent la villa où ils se séparèrent avec regret. Edward s'approcha de son père qui avait Stefan sur ses genoux, son fils était en train de faire un jeu sous l'œil attentif de Carlisle.
-C'est très bien, entendit-il son père le féliciter.
-Ch'était trop facile, papi !
Edward se pencha derrière son père, ses sourcils se froncèrent quand il reconnut un test de personnalité et de capacité que l'on donnait normalement aux adolescents.
-Stefan, va te laver les mains !
Son fils, même s'il fut surpris par le ton de sa voix, lui obéit et partit en direction de la cuisine, Edward s'empara des jeux tout en lançant un regard réprobateur à son père.
-Cela ne lui fait pas mal et me donne idée sur l'avenir, lui apprit son père.
-Une idée sur l'avenir ? Répéta Edward.
Carlisle sourit et se leva pour donner une tape sur son épaule tout en lui adressant un regard compatissant qu'il ne comprit pas.
-Tu vas en baver, prévint son père, il est extrêmement intelligent et je suis heureux que tu te retrouves bientôt, toi aussi, confronté aux questions existentielles dont tu ne cessais de nous abreuver.
-Je ne me souviens pas avoir été aussi difficile que tu veux bien le laisser entendre, grogna Edward.
-Tu n'étais pas difficile, mais avide de connaissances. Tu verras qu'au bout d'un moment, tu rêveras de le bâillonner.
-Tu en rêvais ?
-Oui, mais ta mère m'en empêchait, sourit Carlisle.
Edward eut un léger rire en imaginant un homme tel que son père se laisser mener à la baguette par la frêle et douce Esmé. Les deux hommes s'observèrent durant quelques secondes avant de se tourner vers la baie vitrée en entendant une démarche lourde. Jasper apparut et se laissa tomber sans grâce dans un fauteuil tout en poussant un soupir à fendre l'âme.
-Serait-ce ma fille qui t'a mis dans un tel état ? S'amusa Carlisle.
-Pardonnez-moi, mais vous êtes sûr que petite elle n'est pas tombée dans un chaudron de potion magique ?
-Non, mais elle avait l'habitude de mettre les doigts dans les prises électriques, confia Edward avec le plus grand sérieux avant d'éclater de rire face aux yeux ronds de son beau-frère.
-T'es pas marrant, Cullen ! Grommela Jasper en fermant les yeux et en laissant sa tête partir en arrière. A la place de te foutre de moi, dis-moi comment s'est passée ta journée avec Bella ?
-On manzzzzzzzeeeee ! »
Edward bénit son fils et son cri du cœur. Stefan courut vers lui pour grimper dans ses bras. Il déposa un baiser sur son front avant de l'asseoir à table. Toute la famille ne tarda pas à être réunie et ils dînèrent dans la bonne humeur. Il put échanger des tendre regards avec Bella, leurs mains se frôlaient souvent et il réussit même à lui voler un baiser au moment du départ.
La nuit était tombée lorsqu'il regagna leur petite maison, Stefan endormit dans ses bras, et des sacs remplis de vêtements à son autre main. Une fois dans sa chambre, il déshabilla son fils et le coucha dans son lit sachant pertinemment que son fils le rejoindrait à un moment ou un autre de la nuit, alors, autant lui éviter le trajet. Le jeune homme passa par la salle de bain pour faire un brin de toilette avant de gagner la chambre. Il s'allongea près de Stefan qui se colla aussitôt à lui. Edward soupira, il allait devoir parler à son fils, tenter de le rassurer pour qu'il accepte de dormir à nouveau seul, il se voyait mal partager son lit avec Bella et son fils ! Le jeune homme se tourna légèrement sur le côté, cherchant une position confortable, s'éloignant quelque peu de son fils.
« -Non, protesta son fils dans un marmonnement en se recollant à lui, t'es à moi… »
Edward fronça les sourcils en entendant les paroles possessives de son fils qui lui rappelaient de mauvais souvenirs. Le jeune homme caressa tendrement la joue de Stefan tout en réfléchissant à la peur que son fils avait de le perdre, il n'y avait rien de malsain en ce sentiment, contrairement à l'autre… Edward ferma résolument les yeux, il ne voulait plus penser à l'Eventreur et aux horreurs qu'il avait commises, le jeune homme se laissa emporter par ses rêves où Bella et Stefan l'attendaient.
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Le soleil éclairait la plage quand il s'éveilla. D'un geste rapide, il s'assit sur le lit et scanna la chambre du regard quand il ne sentit pas son papa contre lui. Stefan fut soulagé de le voir endormi à l'autre bout du lit. Son doudou serré contre lui, il se hâta de rejoindre le corps de son papa, il souleva son bras, se colla contre son torse avant de laisser retomber son bras sur lui pour qu'il l'enlace. Le petit garçon ferma les yeux, il était bien là, dans les bras de son papa. Cependant, il devait bien admettre qu'il n'avait plus sommeil. Stefan se demanda s'il pouvait réveiller son papa pour qu'il joue avec lui ? Il se hissa sur un coude, mais les traits fatigués de son père le dissuadèrent de le réveiller. L'enfant se blottit à nouveau contre son papa, ses doigts s'amusant à tracer des arabesques sur son torse dénudé, traçant les ombres du store sur sa peau. Le petit garçon repensa alors à la journée d'hier, il s'était bien amusé avec papa et Bella, il la trouvait rigolote, elle se faisait aussi souvent bobo que lui ! Cependant, il n'aimait pas trop la manière dont son papa et elle se tenaient la main, en plus, ils s'étaient fait un bisou. Jamais il n'avait vu papa faire ça avec maman, ils discutaient, riaient, mais ils se comportaient pas comme tonton Emmett et tatie Rosalie ou tonton Zasper et tatie Alice ou encore papi et mamie. Que se passerait-il pour lui si papa voulait que Bella vienne habiter avec eux ? Voudrait-il encore qu'il reste avec lui ou le laisserait-il à papi et mamie parce qu'il n'était pas aussi le fils de Bella ? Et puis, de toute manière, il ne voulait pas appeler Bella maman, il avait déjà une maman même si elle était partie avec les anges ! Non, il ne voulait pas une nouvelle maman ! La peur étreignit tout son petit être, papa ne pouvait pas l'abandonner lui aussi, non ? Des larmes s'échappèrent de ses paupières closes avant qu'il ne sursaute violemment en entendant un cri de terreur. Son papa le repoussa brutalement, le faisant tomber sur le sol, ses larmes redoublèrent alors qu'il se relevait péniblement.
« -T'es méssant ! Ze t'aime plus ! Cria-t-il à son père.
Stefan fut blessé de ne pas entendre son papa s'excuser ou le prendre dans ses bras pour le bercer. Il allait quitter la maison pour se réfugier auprès de papi et mamie qui eux l'aimaient quand il vit son papa s'agiter dans le lit. Ses sourcils se froncèrent quand il se rendit compte qu'il tremblait et pleurait.
-Papa ? Appela timidement Stefan en s'approchant prudemment du lit.
Tout à coup, son papa s'assit sur le lit, ce dernier jeta un regard paniqué autour de lui avant de le voir. Les traits de son père redevinrent doux alors qu'il le contemplait.
-Hey, bonhomme, pourquoi tu pleures ? Lui demanda papa en se penchant pour le prendre dans ses bras. Tu as fait un cauchemar ?
-Tu m'as fait bobo !
-Quoi ? S'inquiéta son papa.
-Tu m'as poussé du lit, suis tombé sur les fesses, cha fait mal ! Se plaignit-il.
-Je suis désolé, mon poussin, vraiment désolé, papa a fait un cauchemar. Pardon, mon cœur, je ne voulais pas te faire mal.
Stefan fut heureux d'entendre les paroles de son papa, il pouvait aussi voir le regret dans son regard, aussi, il se laissa aller dans l'étreinte protectrice de son père.
-Qu'est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ? L'interrogea son papa. On pourrait faire des crêpes pour le petit-déjeuner ?
-Voui ! Approuva-t-il avant de faire la moue signifiant ainsi que ce n'était pas suffisant.
Son papa le remarqua, mais ne dit rien. Il le garda dans ses bras et le porta jusqu'à la cuisine où il le posa sur le plan de travail pendant qu'il sortait tout ce qu'il leur fallait pour préparer les crêpes.
-Allons, Stefan, tu ne vas pas bouder ? Je suis vraiment désolé de t'avoir fait mal, tu ne veux pas pardonner à papa ?
-Si…
-Si mais quoi ? Que dois-je faire pour que mon petit chenapan me pardonne ? Questionna son papa en lui souriant.
-Ze veux qu'on reste tous les deux, déclara Stefan avec sérieux.
-Très bien, on pourrait emprunter le bateau de papi et aller pêcher ? Proposa son papa qui ne comprenait pas.
-Non, ze veux qu'on reste tous les deux, répéta-t-il avec fermeté, ze veux plus que tu voies Bella ! Ze veux qu'il n'y ait que nous deux ! T'es à moi ! »
Stefan mordilla sa lèvre inférieure quand il vit le plat glisser des mains de son papa pour se briser sur le carrelage. Lentement, son père releva la tête, Stefan tressaillit en voyant sa soudaine pâleur. Il murmura un petit papa, mais ce dernier l'ignora et quitta précipitamment la cuisine pour aller dans la salle de bain. Tant bien que mal, Stefan descendit du comptoir en s'aidant des tabourets entourant le bar. Il courut jusqu'à la salle de bain dont il tourna la poignée, mais la porte ne s'ouvrit pas. Il appela son papa, mais il ne répondit pas. Inquiet par les drôles de bruit qu'il entendait, Stefan prit peur. Papa était malade ! Il ne se sentait pas bien à cause de lui ! Des larmes pleins les yeux, il courut aussi vite qu'il le put à la villa pour trouver son papi ! Papi était docteur, il saurait quoi faire ! A peine atteignit-il la terrasse qu'il aperçut son grand-père sortir et lui sourire, cependant, son sourire disparut quand il vit ses larmes. Papi le prit dans ses bras avant de le confier malgré ses protestations à mamie. Ses sanglots redoublèrent quand il vit son papi courir vers la petite maison, sans lui…
