Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
J'espère que vous allez tous bien !
Je suis désolée pour ce retard, mais j'ai été et suis toujours malade…
J'ai dû mal à rester devant un ordi sans avoir les larmes aux yeux et mon stock de mouchoirs en papier est assez impressionnant, lol.
Je suis aussi navrée de ne pas avoir répondu à vos reviews, mais merci pour ces dernières, elles me touchent beaucoup ! Merci !
Sur ce, bonne semaine à tous et à bientôt !
Bref, désolée pour ce blabla, voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira !
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Bonne lecture !
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Chapitre 18 : Réminiscence
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Edward gagna au plus vite le service des soins intensifs où son père l'attendait. Il suivit ce dernier qui lui demanda de revêtir une tenue stérile, puis, ensemble, ils se rendirent à la chambre du Général. Deux policiers étaient en faction devant la porte et Edward montra sa carte pour pouvoir accéder à la pièce. Aro Volturi était allongé sur un lit, sa prestance, son charisme avaient disparu pour laisser place à un vieillard âgé et fragile. Un homme en costume qui était installé dans un fauteuil se leva à leur entrée, il s'avança vers eux et leur tendit une main.
« -Bonjour, je suis Maître Brentwood, annonça-t-il.
-Docteur Cullen, dit son père en serrant sa main.
-Agent Cullen, se présenta-t-il à son tour.
-Merci d'être venus aussi vite Messieurs, il ne cesse de vous réclamer depuis son réveil et les médecins sont plutôt pessimistes.
Edward vit son père prendre le dossier du Général qu'il feuilleta rapidement avant de le remettre en place.
-Effectivement, confirma Carlisle, il est même étonnant qu'il vive encore.
-Je pense qu'il tenait vraiment à vous parler avant de partir, confia l'avocat.
-Carlisle…
Le nom de son père résonna en un murmure rauque qui les fit se tourner vers le lit. L'avocat les salua d'un hochement de tête et quitta la chambre alors qu'ils s'approchaient du Général.
-Carl…, articula péniblement Aro en retirant son masque.
-Non, garde-le, intervint Carlisle, tu en as besoin.
-Te parler… Carlisle…
-Je suis là, il faut que tu te tiennes tranquille, repose-toi.
Edward observa avec une certaine fierté non dissimulée son père, il faisait preuve d'une telle abnégation face à un homme qui l'avait martyrisé qu'il le trouva encore plus remarquable, son père avait vraiment une compassion sans limite.
-Carlisle…. Il… Il faut… Edward…
-Edward est là, déclara Carlisle en lui faisant signe d'approcher.
Le jeune homme rejoignit son père et tous deux se penchèrent vers l'homme alité qui posa sur eux un regard éteint.
-Edward…
-Je suis là, dit-il simplement.
Bien que cet homme soit son grand-père, Edward ne parvenait pas à être ému par son sort, tout ce qu'il souhaitait en ce moment était d'apprendre au plus vite ce qu'il voulait leur dire pour pouvoir retrouver au plus tôt Bella et Stefan.
-Frère…
-Ethan ? Tu veux nous parler d'Ethan ? Interrogea Carlisle.
Une respiration sifflante étouffa la réponse du Général, son père se hâta de replacer le masque à oxygène, mais le vieillard repoussa péniblement celui-ci.
-Edward… Carlisle… Ils… Ils sont….
-Ils ? Qui sont ces « ils » ? Questionna Edward.
-Méfiez… Méfiez-vous…
-De qui ? Pressa le jeune homme. Y'a-t-il des personnes que nous n'avons pas encore identifié ? Une cellule dormante de l'organisation ? Que nous avez-vous caché ?
Le Général ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. La main d'Aro quitta le masque pour attraper sa main. Edward remarqua alors que Général serrait aussi fermement qu'il le pouvait leurs mains.
-Parle ! Je t'en prie, parle ! S'écria Carlisle qui perdait son calme.
-Ethan a… Ethan est… séparé… Gab… Ga…
-« Ga » quoi ? C'est une ville ? Un pays ? Une personne ? S'enquit Edward en voyant le regard de l'homme se voiler.
-Ecarte-toi ! S'écria soudain son père.
Carlisle le poussa sans ménagement lorsqu'un son strident retentit dans la chambre. Il observa son père débuter un massage cardiaque. La porte de la chambre s'ouvrit sur une infirmière, qui poussait un chariot de réanimation, et un médecin qui vint aider son père. Edward se recula dans un coin de la chambre, les laissant travailler. Le jeune homme essayait de comprendre les propos du vieillard, mais il n'y parvenait pas et alors qu'il espérait que celui-ci lui donne des réponses, la voix du médecin retentit.
-Heure du décès, 11h40, déclara l'homme en blouse blanche.
Edward serra les poings, le Général venait de partir, emportant avec lui ses secrets. Le jeune homme sortit de ses pensées quand il vit son père quitter précipitamment la chambre, il lui emboîta le pas, courant après lui. Il finit par le rattraper dans le parc entourant l'Hôpital de Seattle. Son père était plié en deux, ses mains posées contre le tronc d'un arbre, son corps était parcouru par des tremblements. Doucement, il s'approcha et posa une main sur son épaule.
-Chut, ça va aller, il ne vaut pas la peine que tu te mettes dans un tel état pour lui.
-Tu ne comprends pas ! Gronda son père en se redressant, les yeux emplis de larmes de colère. Il est mort ! Il est mort et il va encore détruire nos vies !
-Calme-toi, il n'a pas réussi à t'abattre durant toutes ces années, il ne va pas y arriver maintenant ! Papa, il a essayé de nous manipuler une dernière fois. Il est fort possible que ses propos n'aient aucun sens.
-Possible…., murmura pensivement son père, cela n'avait aucun sens.
-Il a parlé d'Ethan et il est mort depuis des années.
-Ethan, souffla Carlisle dont le regard s'éclaira.
-A quoi penses-tu ?
-Il est enterré au cimetière de Gaberville en Caroline du Nord.
-D'où le Ga ? Comprit Edward.
-Peut-être, mais pourquoi parler de lui ?
-Je l'ignore, admit le jeune homme.
Son père s'éloigna, faisant quelques pas, Edward ne put que remarquer son air sérieux et ses sourcils froncés.
-A quoi penses-tu ?
-Crois-tu que tu arriverais à obtenir une autorisation pour exhumer le corps d'Ethan ?
-C'est faisable, mais pourquoi ? Il est mort.
Le jeune homme croisa le regard emplit de doutes de son père. A son tour, il fut interpellé par le raisonnement qu'il lisait dans le regard de Carlisle.
-Non ! Tu m'as dit lui avoir tiré une balle en pleine tête, lui rappela-t-il.
-Je sais, mais…
-Ne commence pas à douter de toi, papa, tu l'as tué !
Son père ferma les yeux et Edward savait qu'il était en train de revivre la scène, quand il croisa à nouveau ses prunelles azur, il y lut de la certitude.
-Je l'ai tué.
-N'en doute plus et crois-moi lorsque je te dis que le Général ne cherchait qu'à semer le doute dans ton esprit pour te blesser une dernière fois.
Edward offrit un sourire confiant à son père avant de le serrer dans ses bras. Ils reprirent ensuite le chemin de l'Hôpital, le jeune homme savait que son père allait vouloir s'occuper des funérailles, mais il l'en empêcha, Carlisle avait besoin de se reposer et de ne surtout pas penser au Général. Après l'avoir laissé signer les quelques formulaires pour qu'une société funéraire se charge du corps, Edward entraîna son père vers sa voiture avec la ferme attention de le ramener à la villa. Une fois Carlisle installé, il s'empressa de faire le tour pour passer derrière le volant tout en passant distraitement ses doigts sur ses avant-bras qu'il gratta. Le jeune homme démarra et il entendit son père pousser un soupir de soulagement.
-Tu sais, je crois que cela ne te ferait pas de mal de prendre quelques jours de congés, je suis sûr que l'Hôpital de Forks peut se passer de toi pendant une semaine ou deux.
-C'est toi qui me dit ça ? Ricana son père. Dois-je te rappeler à quand remontent tes dernières vacances ?
Les deux hommes échangèrent un regard complice avant d'éclater de rire ce qui détendit l'atmosphère. Ils devisèrent tranquillement jusqu'à la villa, Edward fit son possible pour éviter les questions indiscrètes de son père qui voulait savoir comment s'était passée la soirée avec Bella. Une fois arrivés, ils entrèrent dans la villa et rejoignirent la salle à manger d'où leur parvenait des voix.
-Papa ! S'écria Stefan dès qu'il le vit.
Son fils descendit de sur sa chaise et courut vers lui, il l'attrapa au vol et le câlina tout en attrapant une serviette pour essuyer la sauce tomate qui maculait le contour de la bouche de l'enfant.
-Alors, dis-moi, ils sont bons les spaghettis de mamie ? Questionna-t-il.
-Voui et tu chais, papa, ai prêté doudou à Bella parce qu'elle pleurait.
Edward fronça les sourcils en entendant les propos de son fils, il se tourna vers sa mère qui fit un léger signe de la tête en direction du jardin.
-C'est vraiment gentil, mon cœur, le félicita Edward.
-Oui, surtout, que la maman de Bella, elle m'a fait peur ! Suis tombé sur mes fesses et ai fait bobo !
-Oh, vraiment ? Alors, je vais te faire un bisou magique pour les guérir!
Edward souleva son fils à bout de bras et le tourna, puis, il fit claquer un bisou sonore sur chacune des fesses de Stefan qui se tortilla en hurlant de rire.
-Non ! Papa ! Non ! Rit-il. Papa ! Vais prouter !
-Ah ! S'écria Edward en rentrant dans son jeu. Tu n'oserais pas, chenapan !
Son fils lui offrit un sourire espiègle avant de faire un bruit grossier, Edward le lâcha immédiatement en prenant un air dégoûté avant de le rattraper au dernier moment.
-Allez, Stefan, assez joué, va terminer ton assiette avec mamie.
-Tu manzes pas ?
-Si, j'ai juste quelque chose à faire avant.
-J'espère que tu nous as laissé quelques pâtes ? Interrogea Carlisle en attrapant Stefan pour le rasseoir à table.
Voyant que son fils était occupé, Edward passa par la baie vitrée entrouverte pour aller sur la terrasse ou sa mère le rejoignit. En quelques mots, Esmé lui expliqua ce qui s'était passé, il la remercia avant de partir à la recherche de la jeune femme. Il ne tarda pas à apercevoir Bella, assise dans l'herbe, recroquevillée sur elle-même. Doucement, il s'approcha et s'installa, il passa une main autour des épaules de la jeune femme pour l'attirer contre lui.
-Ca va aller ? Lui demanda-t-il doucement. Veux-tu que l'on en parle ?
-Je… Je ne m'attendais pas à la voir.
-Je m'en doute et je crois me souvenir que cela fait longtemps que tu ne l'as pas vu.
-Oui.
-C'est vrai que pour vos retrouvailles auraient pu se dérouler dans de meilleures circonstances, mais maintenant que tu l'as vu, je pense que tu devrais la rencontrer à nouveau.
-Quoi ? Non, je ne veux pas !
-Pourquoi ?
-Je ne veux pas.
-Je l'ai compris, mais donne-moi une raison.
-Pourquoi insistes-tu autant ? S'énerva-t-elle.
-Regarde ton état, ma douce, tu es bouleversée. Je ne pense pas que fuir soit une solution, tu as besoin de régler tes problèmes avec ta mère pour pouvoir avancer.
-Edward, ne te mêle pas de ça, s'il-te-plaît.
-Ne me demande pas d'ignorer ta douleur, je tiens à toi Bella et rien que pour cette raison, je ne peux te laisser souffrir ainsi. Tu dois parler à ta mère, tu le dois pour pouvoir tirer un trait, cela fait trop longtemps que tu fuis ce face à face.
-Tu ne sais rien, tu ne comprends pas !
-Si, je peux comprendre, as-tu oublié ce que vient de nous faire vivre ma famille paternelle ?
-Edward, je ne fuis pas ! J'ai tourné la page.
-Si la page était vraiment tournée, tu ne serais pas dans cet état, ma belle.
-Edward…
-Il te faut d'autres arguments ? Très bien. Jamais tu ne passeras les tests psychologiques pour entrer dans mon département si tu restes dans cet état d'esprit !
-Comment peux-tu en être certain ? Je peux très bien me débrouiller pour réussir à…
-A tromper l'examinateur ? Ne te moque pas de moi, j'ai aidé à créer ce test et je tiens à préciser qu'en tant que directeur d'équipe, je suis présent, ou alors, Russell est là. Donc, tu ne pourras pas nous tromper, ton masque se fissurera que ce soit sous ses questions ou sous les miennes.
-Il y a d'autres départements que le tiens, argumenta Bella en mordillant sa lèvre inférieure.
-Très bien, cet argument ne fait pas mouche, peut-être que celui-ci te fera réfléchir, as-tu pensé à ce qu'a ressenti Stefan quand tu l'as abandonné dans les bras de ma mère ? Tu étais bouleversée et il s'en est rendu compte, lui as-tu parlé depuis votre retour ? Lui as-tu expliqué ? Bon Dieu, il t'a donné son doudou, sais-tu qu'il ne s'en est jamais séparé depuis la mort de sa mère ?
Bella baissa la tête, il avait enfin réussi à la toucher. La jeune femme inspira profondément avant de lever des yeux pleins de larmes vers lui.
-Je suis désolée, je ne voulais pas blesser Stefan.
-Je sais, la rassura-t-il en la prenant dans ses bras. Ne te fais pas de souci pour lui, ma mère a su trouver les bons mots, il va bien.
-Décidément, je ne suis bonne à rien, soupira la jeune femme, jamais je ne serais une bonne mère.
-Arrête de dire ça, jusqu'à présent tu t'en es vraiment bien sortie avec lui, tu as su l'apprivoiser, il t'adore.
-Tu crois ?
-Oui, j'en suis sûr. Ecoute, on va rejoindre mes parents et Stefan, on va manger un peu, puis, on rediscutera de tout ça.
Bella lui offrit un petit sourire. La jeune femme inspira profondément et du bout des doigts, il essuya ses larmes avant de l'embrasser tendrement. Puis, main dans la main, ils regagnèrent la cuisine où ils prirent place autour de la table. Stefan glissa de sur sa chaise à ses genoux d'où il jeta un coup d'œil discret à Bella.
-T'a touzours bobo ? Murmura son fils.
-Non, Stefan, je vais mieux, assura Bella en lui offrant un sourire. En tout cas, je voulais te remercier de m'avoir consolé tout à l'heure.
Stefan hocha doucement la tête avant de s'appuyer contre son torse, Esmé le servit avant de remplir tout aussi généreusement l'assiette de Bella. Ils commencèrent à manger, Stefan attaqua sa compote et il resta sur ses genoux jusqu'à l'avoir terminé.
-Ze peux aller zouer ? Lui demanda son fils.
-Oui, mais tu restes sur la terrasse, je veux te voir, d'accord ?
Stefan hocha la tête avant de glisser par terre pour courir sur la terrasse où il ne tarda pas à sortir plusieurs de ses jouets du coffre.
-Tout va bien, Bella ? Interrogea sa mère en posant une main sur celle de la jeune femme.
-Oui, merci, Esmé. Désolée pour tout à l'heure.
-C'est rien, ma chérie, tu ne t'attendais sûrement pas à rencontrer Renée, il est normal que tu ais été bouleversée.
-Oui, mais… Je ne sais pas… Je ne pensais pas qu'elle serait autant… Elle a totalement perdu pied avec la réalité.
-Ta mère a malheureusement abusé des médicaments ainsi que de l'alcool combiné à son état psychologique quelque peu instable, il n'a pas fallu longtemps pour que son mental se détériore.
-J'ai tout de même du mal à croire qu'elle ait autant perdu la raison, avoua Bella.
-Tu ne l'as pas vu depuis de nombreuses années, lui rappela doucement Carlisle, les psychanalyses n'ont rien donné, seul des médicaments l'aident à garder quelque peu l'esprit clair tout en contrôlant ses pulsions suicidaires.
-Je ne pensais pas qu'elle allait aussi mal que ça, murmura la jeune femme, j'aurais… J'aurais peut-être dû…
-Bella, il ne faut pas que tu culpabilises, tu n'y es pour rien, cela n'aurait rien changé si tu étais allée la voir.
-Mais, Esmé…
-Ma mère a raison, déclara Edward, tu avais besoin de temps. Renée t'a blessé quand tu étais jeune, il est normal que tu éprouves de la rancœur envers elle.
-Edward a raison, approuva Carlisle, mais maintenant que tu l'as revu, je pense que ce serait bien que tu envisages de parler avec elle.
-Cela te ferait du bien, rajouta Esmé.
-Edward m'a déjà conseillé d'aller la voir.
-Et bien, mon fils n'est pas de mauvais conseil, sourit Carlisle, si jamais tu souhaites y aller, vas-y plutôt vers 17 heures, elle sera plus calme.
-Merci, Carlisle.
-Je t'en prie, ma grande.
Edward passa un bras autour des épaules de sa douce avant de se pencher pour déposer un baiser sur son front. Bella lui sourit tendrement en retour avant de se lever pour aider Esmé à débarrasser. Les deux femmes revinrent avec des tasses de café qu'ils sirotèrent tranquillement, le silence étant uniquement troublé par les bruits que faisaient Stefan avec ses jeux.
-Etant donné, commença prudemment Esmé en se tournant vers Carlisle, ton manque d'appétit et tes traits tirés, je me doute que l'entretien avec ton père ne s'est pas bien passé.
-Il est mort.
Le silence qui s'installa dans la cuisine n'eut plus rien de reposant. Bella porta une main devant sa bouche, était-elle choquée par la nouvelle ou par le manque de réaction de Carlisle ? Il l'ignorait. Esmé ne tarda pas à se lever pour enlacer tendrement son mari.
-Je suis désolée, mon chéri, compatit Esmé.
-Je… Ce n'est rien, c'est même une délivrance, admit Carlisle du bout des lèvres, cet homme n'aura apporté que du malheur dans nos vies et tout ce que je souhaite c'est que toutes ses fautes et leurs répercussions disparaissent avec lui.
-Ca va aller, papa, assura Edward en posant sa main sur celle du patriarche, tu n'as pas à t'inquiéter, tout ira bien puisque nous sommes tous réunis.
Carlisle hocha brièvement la tête avant de se laisser aller dans l'étreinte aimante d'Esmé. Bella posa sa tête sur son épaule et d'un commun accord, ils se levèrent en silence pour laisser un peu d'intimité au couple. Bella termina la vaisselle pendant qu'il en profita pour aller récupérer son fils qui ne semblait pas très enclin à faire la sieste. Il prit Stefan dans ses bras et aussitôt celui-ci se mit à ronchonner.
-Veux pas faire dodo !
-Tu vas pourtant y aller ! Allez, hop, tu fais un bisou à papi, mamie, Bella et je te lis une histoire.
-Veux pas !
Edward soupira. Stefan avait des larmes au bord des yeux, son fils était fatigué, mais il allait tout de même devoir batailler ferme pour coucher l'enfant.
-Et si tu venais faire la sieste avec moi ? Offrit soudain Carlisle.
-Non ! Veux papa !
-Donc, si je viens au lit avec toi, tu feras dodo ? Releva Edward avec un sourire.
-Papa, gémit Stefan en se tortillant pour tenter de lui échapper.
-Bon, ça suffit, Stefan, tu vas faire un bisou à tout le monde et au dodo !
-Regarde, moi aussi, j'y vais, annonça Carlisle en se levant, je vais aller faire la sieste dans le hamac, avec ce temps, ça va être très agréable.
A peine son père avait-il parlé du hamac et du jardin que Stefan cessa de se débattre, l'enfant lui offrit son plus beau sourire avant de tendre les bras vers son grand-père.
-Minute, bonhomme, tu peux aller faire la sieste avec papi dans le hamac à condition que tu dormes, d'accord ?
-Ze serais saze, ze ferais dodo.
-Papa ?
-Je le mettrais moi-même au lit s'il n'est pas sage, promit Carlisle.
-Et je les surveillerai, assura Esmé en lui offrant un clin d'œil.
Edward déposa les armes. Il fit pencher son fils vers Bella, Stefan l'embrassa avant de lui faire un câlin, puis, il le donna à son père et ils partirent vers le jardin.
-Allez vous reposer tous les deux, ordonna Esmé.
-On va t'aider à ranger.
-J'aurais vite terminé, Edward, allez prendre un peu de repos avant que Stefan ne réclame à nouveau ton attention.
Le jeune homme sourit et enlaça tendrement sa mère avant d'entraîner Bella à l'étage pour aller dans sa chambre.
-Je peux utiliser ta salle de bain ? Lui demanda-t-elle.
-Oui, bien sûr, c'est la porte là.
Bella lui sourit avant de disparaître dans la salle d'eau. Edward en profita pour ranger quelques-unes de ses affaires, son regard se posa alors sur le cahier que Jasper lui avait remis. Il hésita quelques secondes avant de le prendre, il s'assit à son bureau et prit un stylo. Le jeune homme soupira avant de noter le rêve étrange qu'il avait fait cette nuit sur Stefan. Quand il eut terminé, il relut les quelques lignes qu'il avait noté, cela lui paraissait stupide, ce n'était qu'un rêve idiot ! Il eut envie d'arracher la page, mais il n'en fit rien, après tout, Jasper lui avait demandé de tout noter. Il était en train de ranger le cahier dans un de ses tiroirs quand deux bras l'enlacèrent.
-Tout va bien ? Murmura Bella à son oreille.
-Oui, et toi ?
-Ça va.
Edward ne se laissa pas duper par le ton faussement détaché de la jeune femme. Il se leva et la pris dans ses bras pour l'entraîner jusqu'au lit où il s'allongea tout en la gardant contre lui. L'une de ses mains caressa tendrement ses longs cheveux pendant que ses lèvres déposaient de tendres baisers sur son front.
-Tu… Tu m'accompagnerais ? Demanda la jeune femme au bout de quelques minutes.
-Bien sûr, assura Edward.
Bella soupira avant de quitter son étreinte, elle s'appuya sur ses avant-bras pour plonger son regard chocolaté dans le sien.
-Je ne sais pas quoi lui dire, avoua nerveusement la jeune femme. Tu sais, je l'ai longtemps haï, puis, j'ai refusé de la voir, c'était tellement plus simple ainsi. Mais là, le fait de la voir dans cet état, d'être à nouveau confronté à tout ça… Tu sais quand tes parents sont partis avec Emmett et Alice, je me suis retrouvée seule. J'ai voulu fuir Forks et vivre avec Renée me paraissait être une bonne idée. Au début tout allait bien, je pense que la présence de Phil, son compagnon de l'époque, l'aidait à trouver un équilibre, mais au bout d'un moment, il n'a plus supporté ses crises de jalousie, ses sautes d'humeur. Quand il l'a quitté, Phil a tenté de me parler pour me persuader de rentrer à Forks auprès de Charlie, je ne l'ai pas écouté. Il en a parlé avec mon père, mais quand Charlie m'a appelé, j'ai nié les problèmes de Renée. Les mois ont passé, l'état de Renée s'est dégradé.
-Tu as dû prendre soin d'elle.
-Oui, elle ne se nourrissait presque plus sauf si c'était pour prendre ses pilules ou boire. Heureusement, Charlie est intervenu et m'a ramené tout en faisant interner Renée.
-Bella, tu sais que cela n'était pas de ta faute, tu n'étais qu'une adolescente, ce n'était pas à toi de prendre soin d'elle, tu n'as pas à culpabiliser pour ce qui lui arrive.
-Je… Je ne suis pas aussi altruiste que tu le penses, je ne pense pas me sentir coupable de…
-Oh, si, Miss Swan, la colère et la culpabilité se disputent en toi, c'est pour cela que tes sentiments sont aussi confus.
-Peut-être, murmura Bella pensive, cependant, je ne sais toujours pas ce que je pourrais lui dire une fois face à elle.
-Tu trouveras, ma douce, écoute ton cœur, du moment que tes propos seront sincères, tu sauras trouver les mots justes.
Bella hocha légèrement la tête, il pouvait toujours lire un peu de doute dans son regard, mais elle lui paraissait plus sereine. La jeune femme se pencha pour trouver le chemin de ses lèvres, ils s'embrassèrent avec tendresse. Edward ferma les yeux quand il sentit les mains fines de sa douce glisser sous sa chemise. Leur baiser prit de l'ampleur alors que les doigts de Bella s'affairaient à lui ôter son vêtement. Une fois torse nu, elle se redressa pour s'asseoir à califourchon sur son bassin. Le jeune homme frissonna quand les doigts hésitants de Bella glissèrent le long de l'une de ses cicatrices. Il fit son possible pour rester tranquille, mais la nuit dernière, l'obscurité avait dissimulé ses blessures et dans la passion du moment il avait oublié les traces que portaient son corps, mais là, à la douce lueur du jour, il se sentait trop vulnérable. Edward posa ses mains sur celles de la jeune femme pour la stopper.
-Tu as toujours mal ? Murmura la jeune femme en observant les cicatrices visibles sur son torse.
-Plus maintenant.
Bella mordilla sa lèvre inférieure, il voyait qu'elle se retenait de lui poser davantage de questions, après tout, lorsqu'ils avaient discuté sur l'île, il n'avait pas abordé cette partie de sa séquestration. D'ailleurs, il n'en avait parlé avec personne, sauf avec Russell qui avait insisté, mais son mentor n'avait pas réussi à lui faire tout dire.
-Pardon.
Il sortit de ses pensées en entendant la voix de la jeune femme, cette dernière l'observa avec inquiétude avant de reprendre la parole.
-Je suis désolée.
-Ce n'est rien. Où en étions-nous ?
Edward offrit son plus beau sourire à sa douce, ce qui eut pour heureux effet de détourner son attention, elle ravie à nouveau ses lèvres, ses mains glissant sur son torse de manière sensuelle. Les lèvres de la jeune femme délaissèrent les siennes pour suivre le chemin de ses mains, embrassant, cajolant son torse. Un gémissement lui échappa quand les mains de Bella défirent son pantalon et baissèrent son caleçon. Il mordit sa lèvre inférieure quand la jeune femme s'empara de sa virilité pour la caresser.
-Bella…
-Chut, laisse-toi faire, demanda-t-elle d'une voix sensuelle.
Edward ferma les yeux, sa tête s'enfonça dans l'oreiller et ses poings se refermèrent sur la couette quand il sentit la langue de la sa maîtresse glisser le long de sa hampe. Les mains de la jeune femme se posèrent de part et d'autre de ses vêtements, elle lui ôta son pantalon et son boxer avant de reporter son attention sur son sexe. Alors que la jeune femme reprenait ses caresses, l'entraînant vers les sommets du plaisir, il se crispa soudain.
-Bella… Bell…
Tout en tentant d'attirer l'attention de la jeune femme, il essaya de la faire revenir à lui et d'échanger leur place, mais elle tint bon. Une langue taquine glissa le long de sa hampe pendant qu'une main douce malaxa ses boules. Edward inspira profondément, luttant contre le désir qui embrasait son corps et qui menaçait de lui faire perdre la raison.
-Bella, ar… arrête… S'il-te…
Le jeune homme n'eut guère le temps de terminer sa phrase que Bella s'était déjà figée. Sans attendre, il sortit du lit et alla s'enfermer dans la salle de bain. A peine avait-il trouvé refuge dans la pièce qu'il ouvrit le robinet d'eau froide du lavabo, il s'aspergea le visage jusqu'à ce qu'il entende quelques petits coups donnés contre la porte.
-Edward ? Appela timidement Bella. Edward, est-ce que ça va ?
-Oui, balbutia-t-il difficilement, tu… Laisse-moi une seconde, s'il-te-plaît. »
Le jeune homme entendit les pas de sa compagne s'éloigner de la porte. Il soupira et s'assit sur le rebord de la baignoire, il tenta de faire le vide dans son esprit, de trouver une explication à son comportement, mais rien ne lui vint à l'esprit. De toute manière, il y avait fort à parier que même si elle ne l'avait pas vue, ses doigts avaient dû l'effleurer. Edward maudit son manque de vigilance, le jeune homme se leva et soupira, il ne pouvait rester éternellement enfermé dans la salle d'eau. Il fit courir nerveusement ses doigts sur ses avant-bras, grattant légèrement, puis, après un dernier coup d'œil dans le miroir, il inspira profondément et regagna la chambre où Bella l'attendait avec anxiété. Il lui offrit un petit sourire avant de ramasser son boxer et de le passer. Alors qu'il cherchait désespérément quelque chose à dire ou à faire, Bella attrapa sa main pour l'attirer sur le lit. Il s'allongea et la laissa guider sa tête vers sa poitrine, ses doigts caressèrent tendrement ses tempes, Edward ferma les yeux et se laissa envelopper par la bulle de douceur de la jeune femme. Son corps se détendit, toute la tension qu'il avait ressentie disparue et il s'endormit.
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Bella observa la bataille qui étreignait le corps de son amant. Elle débuta un doux massage, espérant l'apaiser et au bout de longues minutes, Edward baissa les armes, il se détendit et s'endormit. Tout en le gardant blottit contre elle, la jeune femme se positionna un peu mieux contre les oreillers pour pouvoir le contempler. Bella ignora combien de temps elle resta ainsi, mais toute notion de temps semblait avoir disparu alors qu'elle revoyait le visage blessé et empreint de souffrance de son homme. Jamais, elle n'avait imaginé que l'Eventreur avait causé autant de dégâts chez Edward, il lui avait toujours paru si fort, si serein, qu'elle ne pensait pas qu'il ait vécu une telle chose. La jeune femme se demanda si son équipe, ses amis étaient au courant, c'était peu probable, il avait dû cacher la vérité, autant pour se protéger que pour les protéger. Devait-elle en parler ? Que ce soit avec Russell ou Caitlin avec qui elle s'entendait bien ? Russell devait se douter de quelque chose, elle était sûre que le mentor d'Edward avait su lire en lui, du moins, elle l'espérait. Ses problèmes avec Renée lui parurent soudain bien dérisoires par rapport à ce qu'avait vécu Edward. Tendrement, Bella déposa un baiser sur le front de son amant avant de sortir doucement du lit. Sur la pointe des pieds, elle quitta la chambre en quête d'un endroit où s'isoler. Alors qu'elle passait devant le bureau de Carlisle, elle se rappela que l'heure de la sieste n'était pas encore terminée. Elle frappa contre le panneau en bois, personne ne lui répondit. La jeune femme entra et alla se blottir sur le grand canapé en cuir noir se tenant à droite du bureau. Bella ramena ses jambes contre sa poitrine et appuya sa tête sur ses genoux avant d'inspirer profondément. Quand elle était petite, Alice et elle trouvaient souvent refuge dans le bureau du médecin, l'ambiance calme et apaisante les rassuraient aussitôt tout comme l'aurait fait le propriétaire des lieux.
« -Tout va bien, ma belle ?
Bella sursauta en entendant la voix du médecin, Carlisle lui offrit un petit sourire d'excuse avant de refermer la porte derrière lui.
-Désolé, s'excusa-t-il, je ne voulais pas t'effrayer et à vrai dire, je te croyais avec Edward ?
-Vous ne vous reposez plus ? Eluda-t-elle avec un petit sourire.
-Stefan est éveillé, il aide Esmé à confectionner des sorbets, je me suis donc dit que j'allais en profiter pour faire un peu de paperasse, expliqua le blond en prenant place à l'autre bout du canapé, cependant, je te rappelle que tu n'as pas répondu à ma question.
-Désolée, Carlisle, dit-elle en esquissant un geste pour se lever, je vais aller proposer mon aide à Esmé.
-Attends, Bella, t'es-tu disputée avec Edward ? Est-ce à cause de ta mère ?
-Non, rien de tout cela.
La jeune femme lui offrit un pâle sourire, elle ne pouvait décemment pas avouer à Carlisle ce qu'elle avait découvert, il était le père d'Edward, cela le détruirait.
-Tu sais que tu peux tout me dire.
-Pas tout, murmura-t-elle avant de poser la main sur la poignée de la porte.
-Tu sais.
Bella se figea. Lentement, elle se retourna pour croiser les prunelles noyées de tristesse du médecin. Elle ouvrit la bouche pour parler, poser des questions, mais aucun son n'en sortit. Comment pouvait-il savoir ? Si Edward ne s'était pas confié à Russell comme elle l'imaginait, elle le voyait encore moins en parler avec Carlisle. Le doute s'empara d'elle, peut-être le médecin parlait d'autre chose ? Mais s'il savait… Alors, elle pourrait en discuter avec lui et recevoir des conseils de sa part.
-Bella, viens t'asseoir, s'il-te-plaît, demanda Carlisle.
La jeune femme l'observa quelques secondes avant de lâcher la poignée pour rejoindre le médecin et reprendre sa place sur le canapé.
-Bella, tout va bien, je sais.
-Comment ? Murmura Bella en plongeant son regard dans le sien, persuadée que jamais Edward ne se serait confié.
-Te souviens-tu de l'état dans lequel il est arrivé ?
-Oui, se souvint-elle en se rappelant du soir où elle l'avait accusé d'avoir une dépendance aux médicaments.
-Il ne le sait pas, alors, je te demanderai d'être discrète. J'ai réussi à soigner les plaies sur son torse, mais il ne m'a rien dit concernant de possibles autres blessures. Cependant, je connaissais la véritable histoire, je m'étais renseigné sur l'Eventreur et j'ai réussi à avoir une copie du rapport médical d'Edward lorsqu'il est arrivé aux urgences. Je ne suis pas fier de moi, j'ai dû attendre qu'il soit trop fatigué, j'ai même été jusqu'à le droguer pour pouvoir le soigner.
-Il ne vous aurait pas laissé faire s'il avait été conscient.
-Je sais, mais je ne suis toujours pas certain qu'il comprendrait, enfin, disons qu'il ne supporterait pas que je sache.
-Carlisle, vous avez dit que c'était noté dans le rapport médical, Russell et les autres sont donc au courant ?
-Je ne pense pas, confia Carlisle, Edward a su trouver les bons mots pour soudoyer le personnel hospitalier qui s'est réfugié derrière le secret médical pour protéger son secret. Je pense qu'aucun des membres de son équipe n'a osé fouiller, sauf sûrement Russell.
-Alors, pourquoi ai-je l'impression que personne n'a essayé d'en discuter avec lui ?
-Edward est très doué autant pour découvrir les sentiments des autres que pour dissimuler les siens. Honnêtement, je pense que Russell a juste des soupçons et vu le contexte, il a dû préférer laisser un peu de temps à Edward avant de parler avec lui. Je ne serais pas étonné s'il revenait à la charge quelques temps après son retour à Washington.
Bella acquiesça silencieusement tout en se mordillant la lèvre inférieure pour retenir les larmes qui menaçaient de lui échapper. Elle entendit le médecin bouger et elle se retrouva rapidement dans ses bras.
-Ca va aller, ma belle. Tout va s'arranger. »
Carlisle déposa un baiser dans ses cheveux avant de sécher ses larmes. Puis, voyant qu'elle était un peu plus calme, il se leva et alla chercher une boîte de mouchoirs en papier. Elle le remercia avant de se moucher et d'inspirer profondément pour garder autant que possible un visage neutre car elle venait d'entendre la porte de la chambre d'Edward s'ouvrir et se refermer. Carlisle la prit une dernière fois dans ses bras avant de sortir du bureau. Elle suivit le médecin jusqu'au rez-de-chaussée, elle s'arrêta sur le seuil de la cuisine pour regarder Edward qui tentait de voler une fraise à son fils. Esmé vola au secours de son petit-fils tout en menaçant de couper les oreilles d'Edward en pointe avec son couteau s'il ne se tenait pas tranquille, ce qui fit rire Stefan. Le jeune homme se plaignit tout en cherchant refuge auprès de Carlisle qui souriait et entra à son tour dans le jeu en prenant Edward sous son aile. Bella allait entrer quand son regard se posa à nouveau sur le couteau qu'agitait Esmé sous le nez de ses deux hommes tout en les grondant.
« -Souvent ce genre de tueur est impuissant … Pour ces psychopathes impuissants, le couteau est souvent une substitution au sexe. »
Les paroles d'Edward ne cessaient de la hanter, elle ferma les yeux et fit son possible pour chasser le haut-le-cœur qui la gagnait. La jeune femme sursauta et retint difficilement un petit cri quand elle sentit deux bras l'enlacer. Elle rouvrit ses paupières et croisa le regard inquiet de son homme. Elle se laissa entraîner par Edward à l'extérieur, ils marchèrent quelques minutes, s'éloignant de la villa pour s'installer dans une petite clairière. Leurs doigts étroitement enlacés, elle resta à ses côtés, attendant de savoir si Edward allait lui parler.
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Edward s'était réveillé seul dans son lit, la panique l'avait gagné, Bella avait-elle décidé de le fuir ? Une peur irraisonnée l'avait envahi avant de se rappeler que cela ne ressemblait pas à la jeune femme de fuir devant les ennuis, sauf peut-être les siens, se rappela-t-il avec un sourire. Le jeune homme se leva et fit un tour par la salle de bain, il passa à nouveau un peu d'eau sur son visage. Il allait quitter la chambre pour partir à la recherche de Bella quand il se ravisa. Il avait pris pour habitude de changer régulièrement de place l'enveloppe contenant les preuves qu'il avait dérobées. Il se dirigea vers un mur et ôta le tableau pour décrocher le panneau en bois et prendre l'enveloppe. Il réfléchit quelques secondes avant d'apercevoir le coffre à jouets. Il ouvrit ce dernier et sourit en voyant le vieil ours en peluche qu'Esmé lui avait confectionné pour ranger son pyjama pour qu'il fasse comme Emmett et Alice. Il fit glisser la vieille fermeture éclair et y rangea l'enveloppe avant de tout ranger à nouveau dans le coffre. Dès que cela fut fait, il essuya ses mains moites sur son jeans, conscient que son secret était en train de s'éventer.
Edward descendit rapidement les quelques marches menant au rez-de-chaussée où il trouva Stefan occupé à préparer un sorbet aux fraises avec sa grand-mère. Le jeune homme arriva sur la pointe des pieds, Esmé l'observa les yeux pétillant de bonheur tout en gardant son arrivée secrète. Edward plongea directement ses lèvres dans le creux du cou de Stefan qui se mit à rire et à crier !
« -Papa ! S'exclama son fils.
-Alors, jeune homme, que fais-tu ?
Edward observa les fraises que son fils devait apparemment découper avec un couteau en plastique, mais ce dernier semblait plutôt avoir choisi de les manger s'il en jugeait par les traces autour de sa bouche.
-Hey ! Se plaignit Stefan quand il lui piqua une fraise.
-Ne me dis pas que tu n'en as pas mangé ?
-Euh, non, mentit son fils avec un grand sourire.
Edward lui offrit un clin d'œil avant de mordre dans la fraise, s'attirant ainsi les foudres de l'enfant. Esmé, en bonne grand-mère, ne tarda pas à défendre son petit-fils, mais il réussit à trouver refuge auprès de Carlisle. C'est à cet instant qu'Edward remarqua la présence de Bella dans l'embrassure de la porte. Il pouvait voir son malaise aussi, il délaissa sa famille pour s'approcher d'elle. Tendrement, il la prit dans ses bras avant de l'entraîner à l'extérieur, l'air frais leur ferait du bien et même s'il n'en avait pas envie, ils devaient discuter. Ils marchèrent un moment avant de se retrouver dans une petite clairière à l'arrière de la maison. Assis côte à côte dans l'herbe, leurs doigts étroitement enlacés, Edward inspira profondément pour trouver le courage de parler.
« -Comme tu as pu le constater, l'Eventreur n'a pas fait que me séquestrer, confia le jeune homme, tu savais pour les coups de couteau, mais tu n'imaginais sûrement pas…
Sa voix mourut. Comment pouvait-il expliquer ? Comment pouvait-il aider Bella à comprendre alors que lui-même en était incapable ? Et puis, qu'y avait-il à dire, l'Eventreur était un dangereux psychopathe qui avait voulu prouver qu'il était plus fort que lui et il y'était parvenu… Edward se souvenait parfaitement de la lame entrant dans sa chair, la première fois, il avait affronté sans scier le regard de son bourreau. La deuxième aussi… Mais ensuite, il avait détourné les yeux, perdant son combat, ne supportant pas de lire le plaisir dans le regard de l'Eventreur. Il se souvenait encore de la voix déformée de l'homme qui lui expliquait à quel point il était jouissif de le poignarder. Un haut le cœur le saisit en repensant à ce qui avait suivi. Edward se redressa et tituba jusqu'à un arbre contre lequel il prit appui, ses deux mains appuyés contre le tronc, la tête baissée entre ses épaules, il respira profondément pour tenter de chasser la nausée qui menaçait de le gagner.
-Tout va bien, le rassura Bella qui l'avait rejoint, tu ne risques rien, c'est terminé.
-Je suis désolé, dit-il d'une voix bien trop tremblante à son goût.
-Tu n'as pas à l'être, protesta la jeune femme.
Bella n'ajouta rien de plus, elle se contenta de rester à ses côtés, sa main caressant tendrement son dos, attendant qu'il se sente mieux. Lorsque ce fut le cas, ils se rassirent dans l'herbe, mais cette fois, la jeune femme s'installa entre ses jambes, reposant son dos contre son torse.
-Edward, je sais que tu ne vas sûrement pas apprécier, mais je pense que tu devrais en parler avec quelqu'un.
-Non.
Le jeune homme n'avait pu s'empêcher de se crisper en entendant les paroles de sa douce, sa voix avait claqué sèche et catégorique.
-Je suis pourtant sûre qu'en discuter avec Russell, par exemple, te ferait du bien.
-J'y ai pensé, admit-il, mais je ne peux pas, pas pour le moment, il y a trop de choses à faire, à penser…
-Edward, tu te cherches des excuses là, je te rappelle que tu es en vacances.
-Peut-être, mais lui non, il a un tueur a arrêter et a besoin d'avoir l'esprit clair pour cela.
-Il n'y a pas que lui qui peut t'écouter, je suis là et ton…
Edward fronça les sourcils, Bella mordilla nerveusement sa lèvre inférieure, se rendant compte de la bévue qu'elle avait commise. Bien entendu, l'agent se doutait qu'une autre personne était au courant.
-Tu sais, je ne suis pas complètement stupide, je sais qu'il m'a soigné, mais il est mon père et toi, tu es ma compagne, alors, non, je ne peux pas en parler avec vous. Et puis, de toute manière, l'Eventreur est mort, tout ceci sera bientôt du passé. Je préfère me concentrer sur l'avenir, sur toi et sur Stefan.
Edward vit la jeune femme ouvrir la bouche, mais pourtant aucun son n'en sortit. Elle referma ses lèvres et se repositionna dans ses bras. Connaissant le caractère têtu de Bella, il trouva étrange qu'elle n'insiste pas davantage. Peut-être se doutait-elle que le sujet était encore trop sensible pour lui ? Ou bien, elle avait peur de savoir ce qui s'était réellement passé dans cette maison abandonnée ? Le jeune homme secoua la tête, espérant ainsi chasser ses sombres pensées.
-Papa !
Un sourire se dessina sur son visage, Stefan, il arrivait toujours à point nommé pour lui redonner courage et lui communiquer sa force. Son fils ne tarda pas à arriver en courant, il s'arrêta à quelques pas d'eux, hésitant à les rejoindre. Bella voulut quitter ses bras, mais il la retint.
-Tu viens nous faire un câlin ?
Juste après lui avoir proposé de les rejoindre, Stefan afficha son plus beau sourire, il courut dans leur direction et sans ralentir il se jeta sur eux en riant. Ils le réceptionnèrent tant bien que mal, mais ils tombèrent à la renverse dans l'herbe. Tout en riant, ils se rassirent et Edward garda ses deux trésors dans ses bras. Ils restèrent ainsi un long moment, regardant les papillons, les oiseaux, écoutant Stefan babiller sur tout et n'importe quoi. Il se sentait enfin heureux et complet avec les siens, même si un coin de son esprit ne cessait de revivre son pire cauchemar.
-Papa ? On peut aller goûter ?
-Oui, bien sûr, accepta Edward en se relevant.
Le jeune homme prit la main de Bella dans la sienne après avoir fait grimper son fils sur ses épaules, ensemble, ils regagnèrent la villa où Esmé et Carlisle les attendaient sur la terrasse. Edward accompagna Stefan pour qu'il se lave les mains et alors qu'il allait le suivre sur la terrasse son téléphone portable sonna. Voyant l'indicateur de l'appelant, il soupira.
-Agent Cullen, décrocha-t-il.
-Edward, bonjour, c'est Russell.
-Salut, j'imagine que tu ne m'appelles pas pour prendre de mes nouvelles ?
-Désolé de te déranger pendant tes congés, mais tu comptes rentrer quand ? Questionna son mentor avec une note d'humour dans la voix.
-Je croyais que tu désespérais de me voir prendre des jours de congés ? Railla le jeune homme. En aurais-tu déjà assez de jouer au petit chef ?
-Donner des ordres ne me dérange pas, par contre, se coltiner les journalistes et la paperasse, c'est autre chose !
Edward sourit, il savait que la patience de son mentor était limitée dans ce domaine et il devait en plus agacer leurs supérieurs, il avait lui-même du mal à cirer les pompes des grands pontes du FBI, mais, néanmoins, il faisait toujours preuve de courtoisie envers eux contrairement à Russell.
-Alors, que puis-je pour toi ? Faut-il que je prenne un billet pour Washington ?
-Non, je saurais patienter encore un peu, avoua son ami, cependant, je me demandais si tu serais d'accord pour jeter un coup d'œil sur un dossier, j'ai besoin d'un regard neuf.
-Demande à Penny de tout m'envoyer par mail sécurisé, je regarderai.
-C'est déjà fait.
-Ok. Russell, j'aurais un service à te demander.
-Lequel ?
-Ce n'est sûrement rien, mais Aro Volturi a tenu à nous voir ce matin, mon père et moi, il a réussi à balbutier quelques mots avant de mourir.
-Qu'a-t-il dit ?
-Il a parlé d'Ethan, ses propos n'avaient aucun sens. Personnellement, ils ne m'ont pas inquiété, mais ce n'est pas le cas de mon père.
-Carlisle a vécu beaucoup de choses, il est normal qu'il soit à bout.
-Je sais, donc, pour le rassurer, pourrais-tu trouver un juge qui accepterait d'exhumer le corps d'Ethan Volturi ?
-Ton père lui a tiré une balle en pleine tête.
-Je sais, mais la fatigue le fait douter. Ecoute, je sais que ça va être difficile, mais je crois que c'est vraiment nécessaire pour qu'il retrouve une certaine tranquillité.
-Où est-il enterré ?
-Le cimetière de Gaberville en Caroline du Nord.
-Je te tiens au courant.
-Merci, Russell, je t'appelle dès que j'ai jeté un coup d'œil au dossier.
Le jeune homme raccrocha et glissa le téléphone dans la poche de son jean. Puis, il rejoignit la terrasse où le reste de la famille l'attendait.
-Edward ? Mais qu'as-tu fait ? S'écria sa mère.
Tout aussi stupéfait que les autres par l'éclat de voix d'Esmé, il regarda sa mère s'approcher et prendre entre ses mains fines ses avant-bras. L'agent du FBI fut alors étonné de voir que l'intérieur de ses avant-bras était rougi ! Il s'était gratté presque jusqu'au sang ! Ahuri, il regarda les marques laissées par ses ongles sur sa peau tout en essayant de se rappeler à quel moment il s'était gratté au point de se blesser.
-Papa ? Murmura Stefan avec anxiété.
-Ce n'est rien, chaton, assura-t-il.
-Ton papa s'est assis dans l'herbe, il a fait une réaction allergique, je vais le soigner.
Stefan offrit un regard reconnaissant à son grand-père. Ce dernier se leva et l'entraîna dans son bureau où il le fit asseoir sur le divan en cuir.
-As-tu touché une herbe à puce ou autre ? Lui demanda Carlisle en préparant du matériel désinfectant.
-Non, répondit-il, nous sommes justes allés derrière la maison…
-Edward ! Arrête !
Le jeune homme baissa les yeux pour constater avec horreur qu'il était en train à nouveau d'enfoncer ses ongles dans sa chair.
-Putain ! Lâcha-t-il en retirant difficilement ses ongles. Qu'est-ce qui m'arrive ?
-Je ne sais pas, murmura Carlisle, attention, ça va piquer un peu.
Edward ferma les yeux lorsqu'il sentit des larmes envahir ses yeux, l'alcool sur ses blessures encore fraîches le faisait vraiment souffrir, pourtant, il se rendit compte avec horreur qu'il retenait un soupir de satisfaction. Une fois ses plaies propres, son père passa une pommade fraîche qu'il fit quelque peu pénétrer avant de bander ses avant-bras.
-Voilà, comme ça, il n'y a aucun risque que tu y touches. Ça va aller ?
-Oui, mais… C'est étrange, non ? Je ne ressens pas de démangeaison et pourtant j'ai le sentiment qu'il faut que je me gratte.
Carlisle l'observa durant quelques secondes sans rien dire, son père rangea ses affaires avant de se poster face à lui.
-Il est possible que ce soit un tic nerveux réveillé à cause de la thérapie, on peut voir ça sur des personnes violentées.
-Des personnes victimes de viol, précisa Edward, j'ai déjà vu des femmes ou des hommes frotter leur peau jusqu'au sang pour tenter de faire disparaître la sensation de souillure qu'ils ressentent, mais cela n'est pas mon cas.
-Il y a différentes sortes de viol, rappela doucement son père, j'ignore ce que tu as vécu enfant, nul ne le sait, mais une intrusion violente dans ton esprit peut s'apparenter à ce genre d'agression. Edward, ton inconscient est en train de se manifester, il essaie de te mettre en garde, je ne suis pas sûre que nous devrions poursuivre les séances d'hypnose.
-Le sujet a déjà été évoqué et tu connais mon point de vue, je n'y renoncerai pas.
-Soit, soupira son père.
-Allez, rassure-toi, tout va bien. Pourquoi ne rejoindrions-nous pas plutôt les autres ? Il reste peut-être encore un peu de sorbet.
Son père hocha vaguement la tête, toujours inquiet, mais Edward fit son possible pour le rassurer en l'étreignant. Ils gagnèrent ainsi la terrasse et Stefan fut soulagé de voir les bandages qui recouvraient ses plaies. Son fils grimpa sur ses genoux et se fit un plaisir de lui donner un peu de sa glace.
-Vous restez dîner avec nous, les enfants ? Demanda soudain Esmé.
Edward échangea un regard avec Bella, il aurait bien aimé passer un peu de temps en tête à tête avec elle, mais il avait déjà laissé Stefan seul la veille.
-Je pensais que nous pourrions peut-être vous laisser un peu tranquille, nous pourrions aller manger tous les trois à Port Angeles et nous promener sur la jetée avant de rentrer ? Proposa Edward en regardant à tour de rôle Bella et son fils.
-Voui ! S'écria ce dernier ravi.
-Cela me paraît effectivement une bonne idée, accepta Bella. »
Malgré les protestations de ses parents qui assuraient qu'ils ne les dérangeaient pas, Edward emmena son fils dans sa chambre pour le doucher et lui enfiler une tenue propre. Il le laissa à la surveillance de ses grands-parents le temps de se préparer, Bella faisant de même dans la chambre d'ami dont le placard contenait des tenues de rechange, merci Alice, pour toute la famille ne séjournant pas à la villa. Une fois prêts, ils embrassèrent Carlisle et Esmé pour monter dans le tout-terrain et filer vers la petite ville balnéaire. Ils se promenèrent un peu dans les rues avant de trouver un restaurant avec vue sur l'océan que Stefan avait dû mal à quitter des yeux. Ils mangèrent avant d'aller se promener le long de la plage. Edward prit doucement la main de Bella dans la sienne, leurs corps se rapprochèrent alors qu'ils surveillaient Stefan qui s'était mis en tête d'attraper une mouette. Voyant que son fils était occupé, le jeune homme se tourna vers sa compagne, leurs lèvres se trouvèrent, il lâcha sa main pour entourer sa taille pendant qu'elle nouait ses mains derrière sa nuque. Leur baiser s'intensifia et il s'y perdit jusqu'à ce qu'il sente deux petites mains tirer sur sa jambe pour l'éloigner de Bella. A regret, il se détacha de sa douce pour croiser le regard jaloux de son fils. Edward soupira discrètement avant de prendre l'enfant dans ses bras, puis, il passa un bras autour de la taille de la jeune femme. Ils continuèrent à se promener ainsi blottis.
La nuit était tombée sur Port Angeles quand ils arrivèrent à sa voiture. Edward installa Stefan qui s'était endormi dans son siège auto pendant que Bella discutait avec son père assise à l'avant. Le jeune père referma doucement la portière, non sans avoir lancé un dernier regard à son fils. Sa main venait de se poser sur la poignée de la portière quand il sentit soudain les poils sur sa nuque se hérisser. Aussitôt, son regard acéré balaya les environs, mais il ne vit rien de suspect, pourtant, son instinct ne cessait de le mettre en garde contre un danger. Ses yeux se posèrent sur un couple étroitement enlacé sur un banc, sur un homme marchant seul sur la promenade, un clochard fouillant une poubelle et une famille qui passait non loin d'eux pour rejoindre leur véhicule, non, il n'y avait rien d'anormal. Edward allait rentrer dans sa voiture quand il sursauta en voyant la lumière d'un flash. Il chercha d'où pouvait provenir ce dernier, mais il ne vit rien, il remarqua simplement que le clochard n'était plus là.
« -Tout va bien ?
Son cœur fit un bond dans sa poitrine et il dut prendre sur lui pour rester stoïque face à Bella.
-Oui, désolé.
Il sourit à la jeune femme avant de s'installer derrière le volant. Bella jeta un coup d'œil à l'arrière et voyant que Stefan dormait, elle se rapprocha et posa une main sur sa cuisse.
-Serais-tu d'accord pour dormir à la villa ? Lui proposa-t-il tout en surveillant s'ils n'étaient pas suivis.
-Serait-ce une proposition indécente, Monsieur Cullen ? Susurra-t-elle à son oreille.
-Je n'en suis pas certain, il est possible que nous ayons de la visite durant la nuit, expliqua le jeune homme en désignant son fils.
-Oh ! Et tu ne crois pas que cela va le perturber de me trouver là ?
-Peut-être, je ne sais pas, admit Edward, tout ce que je sais, c'est que je n'ai pas envie de te laisser partir. Donc, j'espère qu'avec un peu de chance tu acceptes de rester et que Stefan dormira bien gentiment dans son lit. »
Bella lui sourit avant d'hocher doucement la tête, elle embrassa ensuite tendrement sa joue avant qu'ils ne s'enfoncent dans les petites routes menant à Forks. Tout en conduisant, Edward regarda fréquemment dans le rétroviseur, mais il ne nota rien de suspect. Aussi, c'est l'esprit tranquille, qu'il se gara devant la villa plongée dans la pénombre. Tout en prenant garde à ne pas le réveiller, il détacha Stefan et le prit dans ses bras. Bella lui ouvrit les portes et le laissa quand il fut dans la chambre de l'enfant. Il le déshabilla en faisant attention et une fois le petit-garçon en boxer, il lui donna son doudou et le borda avant d'embrasser son front. Le jeune père sortit de la chambre sur la pointe des pieds, laissant une veilleuse allumée et la porte entrouverte avant de rejoindre sa propre chambre. Edward se figea sur le seuil de celle-ci quand il vit la magnifique créature qui l'attendait dans son lit.
D'un geste du pied, il referma la porte avant de s'avancer dans la chambre tout en ôtant ses vêtements. Il allait s'attaquer à son boxer quand une main impatiente se posa sur sa hanche pour le faire tomber sur le lit. Bella, enroulée dans son drap, se colla à lui et s'empara avec ardeur de ses lèvres. Ses mains glissèrent le long du dos de la jeune femme pour aller caresser ses fesses et chercher une ouverture où se glisser pour sentir sa peau. Comprenant son intention, Bella se tortilla pour lui faciliter la tâche, mais le drap ne semblant en faire qu'à sa tête s'enroula un peu plus autour du corps de sa compagne. Ils s'observèrent quelques secondes avant d'éclater de rire et de tirer sur le drap.
« -Je te jure que dans ma tête, ça faisait sexy, se défendit Bella en pouffant.
-Je te crois sur parole. Enfin !
Une fois le corps de sa dulcinée libre, Edward reprit possession de ses lèvres tout en rapprochant autant que possible leurs deux corps en feu. Sa virilité toujours prisonnière de son boxer tressaillit quand elle perçut l'humidité suintant de l'intimité de sa douce. L'une de ses mains glissa dans la chevelure de sa douce qu'il tira doucement pour dévoiler son cou qu'il s'empressa de mordiller. Ses lèvres descendirent ensuite vers un sein qu'elles cajolèrent et dont elles agacèrent le mamelon. Bella se pressait de plus en plus contre lui, ses gémissements résonnaient agréablement à ses oreilles.
-Doucement, ma belle, souffla-t-il à son oreille, la chambre de Stefan, ainsi que celle de mes parents, n'est pas loin.
Aussitôt, les joues de Bella se colorèrent d'une teinte soutenue alors qu'elle se mordait violemment la lèvre quand sa main s'insinua entre ses cuisses. Ses doigts jouèrent avec son intimité, effleurant son clitoris avant que son index ne s'enfonce dans son antre. La jeune femme se cambra contre sa main. Edward ne pouvait s'empêcher de la dévisager tant il la trouvait belle et désirable. Ses prunelles chocolats brillaient de plaisir, son corps recouvert d'une fiche couche de sueur était tendu vers le sien, l'appelant, le désirant. Un grognement de mécontentement parvint à ses oreilles quand il retira sa main.
-Patience, murmura-t-il à son oreille. »
Bella lui sourit en retour. Les mains de la jeune femme se posèrent sur son boxer pour le lui ôter pendant qu'il cherchait un préservatif dans le tiroir de sa table de nuit. Une fois la protection en main, sa douce la lui prit. Edward gémit quand elle fit glisser le préservatif sur son membre dur et il mordit violemment son poing pour étouffer son cri quand elle s'empala sur lui. Ils restèrent quelques secondes silencieux et immobiles, tentant de calmer le feu qui coulait dans leurs veines pour faire durer le moment. Doucement, Bella commença à se déhancher sur lui, faisant de lents cercles, le désir grimpait alors doucement en eux. Ses mains se posèrent sur ses hanches fines lorsqu'elle voulut augmenter le rythme, il l'aida à se soulever avant qu'elle ne l'accueille à nouveau en elle. Leurs gémissements allaient crescendo tout comme leurs corps qui recherchaient toujours plus de contact. Edward se redressa pour prendre sa douce dans ses bras, il frissonna de plaisir en sentant sa poitrine s'écraser contre son torse. Leurs lèvres se trouvèrent alors que le rythme de ses coups de rein s'amplifiait. Il sentit le corps de sa douce trembler contre le sien, ses ongles s'enfoncèrent dans la chair de ses épaules et il sentit son intimité se contracter plusieurs fois autour de son membre. Bella se contracta violemment autour de lui, étouffant son cri de jouissance en mordant son épaule. A bout de souffle, le corps tremblant, Edward se libéra dans le préservatif. La violence de leur orgasme passé, il sentit le corps de Bella s'affaisser contre le sien. Tendrement, il l'allongea à ses côtés et se retira. Il jeta le préservatif dans la poubelle, puis, il reprit sa compagne dans ses bras. Ils se rhabillèrent rapidement au cas où ils auraient de la visite. Ils se couchèrent et leurs regards se croisèrent, ils se contemplèrent jusqu'à ce que le sommeil les trouve, ils ne parlèrent pas, se contentant d'échanger quelques baisers et caresses.
Son cœur battait violemment dans sa poitrine alors qu'il avançait pieds nus dans l'obscurité. Le plancher froid craquait à chacun de ses pas augmentant un peu plus la peur qui l'habitait. Son cœur battait fort dans sa poitrine, il lui semblait que n'importe qui pourrait l'entendre. Un petit cri de frayeur franchit le seuil de ses lèvres quand la branche d'un arbre vient violemment heurter une vitre sale, le vent au dehors augmenta provoquant un lugubre sifflement tout autour de lui. Tout en serrant fermement son ours en peluche contre lui, il s'approcha à nouveau de la porte, espérant trouver derrière cette dernière un peu de chaleur et de lueur. Sa petite main se posa sur la poignée qu'il tourna doucement. La porte s'ouvrit soudain et il ne put retenir un cri de terreur, face à lui se tenait Stefan, un couteau ensanglanté à la main qui le fixait d'un air mauvais.
Edward s'éveilla en sursaut. Il se redressa vivement sur son séant, tout en tentant de maîtriser les tremblements de son être ainsi que le rythme effréné de son cœur. Il passa une main tremblante sur son visage, ôtant la sueur provoquée par son mauvais rêve. Le jeune homme tourna légèrement la tête pour voir que Bella dormait toujours, il fut soulagé de ne pas l'avoir réveillé. Sans faire de bruit, il quitta le lit et sortit de la chambre. Il avait besoin de le voir, de s'assurer que tout allait bien. Un soulagement sans nom l'envahit quand il vit Stefan allongé dans son lit, tranquillement endormi, son doudou serré contre lui. Edward s'approcha et embrassa tendrement son enfant avant de regagner sa chambre. C'est alors qu'il se rendit compte que ses bandages étaient quelque peu défaits, il se dirigea alors vers le bureau de son père pour les arranger du mieux qu'il le pouvait. Il était en train d'attacher une bande quand des brides de son cauchemar lui revinrent en mémoire. Il revoyait le couteau ensanglanté que tenait Stefan, il se rappelait du sang qu'il avait vu dans le précédent rêve s'écouler de ses mains, son regard se posa ensuite sur ses blessures, étaient-elles les conséquences de ses cauchemars ? Il frémit avant de se morigéner. Tout ceci n'était rien, juste quelques cauchemars et un léger retentissement physique, se dit-il en regardant ses avant-bras. Edward quitta le bureau de son père pour retourner se coucher, Bella vint se blottir contre lui, il ferma les yeux et huma son parfum avant de se rendormir.
Le soleil était déjà haut dans le ciel quand Edward s'éveilla. Il sourit en sentant contre lui le corps de Bella. Le jeune homme ouvrit un œil pour se rendre compte que sa douce était elle aussi en train de se réveiller. Il se pencha pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres quand des coups furent frappés à la porte, il se rappela alors que c'était ce bruit qui l'avait tiré du sommeil.
« -Mais ze veut entrer ! Entendit-il.
-Tu attends que l'on t'autorise à entrer, ordonna Esmé.
-Pfffff, souffla bruyamment Stefan.
Edward soupira, apparemment, ses parents ne pouvaient plus tenir son fils éloigné de lui.
-Papa ! Pleurnicha Stefan derrière la porte.
-Frappe plus fort, conseilla Carlisle qui paraissait amusé par la situation.
Son fils obéit à son grand-père et Edward s'empressa d'aller ouvrir la porte avant que Stefan ne se fasse mal en frappant contre celle-ci. Il fut étonné de voir que son fils portait une corbeille remplie de viennoiseries, son père tenait entre ses mains un plateau contenant trois tasses, deux théières et des verres de jus de fruit.
-Mais tu devrais être au dodo ! Protesta Stefan en le voyant debout.
-Ok, ok, j'y retourne !
Edward s'empressa de revenir se coucher auprès de Bella. Stefan jeta un coup d'œil à sa grand-mère qui hocha la tête, il s'avança alors fièrement dans la chambre.
-Petit-dézeuner au lit ! Annonça son fils avec fierté.
-Merci, mon cœur.
-Merci, Stefan, le remercia Bella.
L'enfant rosit tout en affichant un timide sourire, puis, il posa sa corbeille sur le lit avant de lui tendre les bras. Edward l'attrapa et le garda dans ses bras pour le câliner pendant que Carlisle posait le plateau sur le rebord du lit. Après leur avoir souhaité un bon appétit, ses parents quittèrent la chambre.
-Ze peux rester avec vous, hein ? Questionna timidement son fils.
-Bien sûr, acquiesça Bella en lui tendant la corbeille pour qu'il se serve.
Stefan prit un pain au chocolat qu'il s'empressa de mordre pendant que Bella approchait le plateau et leur servait un café. La jeune femme prit une gorgée de café et il allait l'imiter quand un bout de chocolatine apparut devant ses lèvres posé sur un petit doigt rose. Edward sourit avant de s'en emparer, gardant le doigt prisonnier dans sa bouche.
-Non ! Non, me manze pas ! S'écria Stefan en riant.
Edward le relâcha avant que son fils ne se mette à se débattre et ne renverse par la même occasion le plateau.
-Tiens si tu as faim et laisse donc tranquille ce pauvre petit-garçon ! Gronda Bella en lui tendant un pain aux raisins.
-Bella ! Il veut me manzer !
Stefan quitta ses genoux pour aller s'asseoir à côté de la jeune femme qui devint aussitôt sa protectrice.
-Il est pas zentil !
-C'est vrai ?
-Voui, il a voulu me manzer et il m'a pas fait de câlin ce matin !
-Hey, bonhomme, c'était quoi tout à l'heure ? Ce n'était pas un câlin ? Se défendit Edward.
Son fils hésita, jouant nerveusement avec sa lèvre inférieure et Edward sut qu'il pensait au moment où ils n'étaient que tous les deux allongés sur le lit, il câlinait son fils pendant que ce dernier somnolait ou lui racontait des histoires abracadabrantes.
-On le fera tout à l'heure, promit-il ce qui rendit immédiatement le sourire à l'enfant. »
Ils terminèrent tranquillement leur repas. Edward était heureux de voir qu'une certaine complicité naissait entre son fils et Bella, Stefan avait quelque peu hésité, mais il avait fini par s'installer sur les genoux de Bella pour lire une histoire pendant qu'il allait se doucher. Une fois prêt, il fit son lit avec l'aide de Stefan et, le temps que Bella termine de se préparer, ils s'allongèrent tous les deux pour un moment de tendresse. Stefan était en train de lui raconter en chuchotant comment papi et mamie l'avait empêché de le rejoindre et avait lancé l'idée du petit-déjeuner au lit quand Bella les rejoignit. Tous les trois ensemble, ils gagnèrent ensuite le rez-de-chaussée. Sa mère était en train de dessiner, pendant que son père lisait le journal. Edward leur proposa de se joindre à eux pour une balade ce que ses parents acceptèrent avec plaisir. Au moment de quitter la cuisine, Edward se rendit compte que le journal de son père était tombé sur le sol. Il se baissa pour le ramasser et le reposer sur la table sans prêter attention au titre annonçant la mort d'une jeune femme dont le corps avait été retrouvé sur un banc le long de la promenade à Port Angeles…
