Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
.
.
Hello !
J'espère que vous allez tous bien !
Je vous remercie du fond du cœur pour vos reviews qui me font super plaisir et qui me motivent, j'aimerais simplement avoir un peu plus de temps pour vous répondre à tous. Merci encore !
Comme on m'en a fait la remarque je vous mets un petit résumé, n'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions, j'essaierai d'y répondre de mon mieux car le délai entre les deux chapitres peut être long et on oublie des détails !
Sinon, la prochaine publication est normalement prévue pour le week-end du 11 décembre, j'essayerai de mettre à jour le dimanche, mais j'aurais peut-être un ou deux jours de retard car je fête mon annif ce week-end-là, donc, pas trop le temps d'écrire…
Voili, voilou, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter :
Une bonne soirée, une bonne semaine et une bonne lecture !
.
.
.
Résumé : Bella a commencé à passer le concours pour entrer au FBI pendant lequel elle a rencontré Hannah Benedict avec qui elle sympathise rapidement. Elles passent du temps ensemble et Bella l'invite à prendre un thé pour la remercier de les avoir raccompagné Stefan et elle. Stefan reçoit de sa grand-mère un coli contenant ses jouets. Quant à Edward, il a repris le travail sous des serpentins et autres décorations roses mises en place par sa subordonnée Penny Hattaway. Il fait part à Russell de ses craintes, il pense ne pas être débarrassé de l'Eventreur. Edward est d'autant plus troublé quand il apprend que le cercueil d'Ethan Volturi est vide. Il rentre donc chez lui un peu confus et son angoisse ne fait que s'accroître quand il aperçoit Bella avec sa vieille peluche dans les mains dans laquelle il a caché des photos dérobées lors de la fouille de la chambre de James…. Désolée, je suis pas très douée pour les résumés, j'espère que ça ira !
.
.
.
Chapitre 21 : Sombres confessions
.
.
Un léger gémissement franchit le seuil de ses lèvres alors que son dos frottait agréablement contre le matelas du lit, ses doigts agrippèrent le drap sur lequel elle reposait alors qu'une vague de plaisir faisait tressaillir son corps. Bella ouvrit ses yeux encore embués par des traces de sommeil pour apercevoir une scène qui décupla la chaleur qui couvait dans son corps, quelqu'un l'avait débarrassé de sa culotte, la couette avait été repoussée et ses jambes relevées, entre elles, elle put apercevoir la chevelure en pétard du seul homme capable de lui faire voir autant d'étoiles.
« -Edward ! Haleta-t-elle en s'arquant contre la bouche mutine dont la langue venait de s'immiscer en elle.
La jeune femme ravala un cri lorsqu'il mordilla doucement son centre du plaisir, cependant, un grognement de frustration lui échappa quand il se redressa.
-Enfin ! S'exclama Edward en lui lançant un regard éblouissant. Tu es éveillée, j'ai cru que j'allais être seul jusqu'au bout, même si tu es très réceptive, se moqua-t-il.
-Au lieu de dire des stupidités, marmonna la jeune femme, tu pourrais peut-être terminer ?
Edward laissa échapper un léger rire avant de se remettre au « travail » sous son regard impatient. Bella laissa sa tête retomber sur les oreillers pendant que son amant continuait de la torturer tendrement. Ses doigts, sa langue et même ses dents semblaient faire leur possible pour la rendre folle. Son corps ne tarda pas à trembler, sa respiration devint difficile alors qu'elle sentait un boule de plaisir pur se former dans son bas-ventre.
-Edward, s'il-te-plaît, implora la jeune femme.
Bella tenta désespérément d'agripper les épaules de son compagnon pour l'obliger à se redresser pour qu'il comble le besoin qu'elle avait de lui, mais Edward resta sourd face à ses suppliques. Les doigts du jeune homme s'enfoncèrent plus durement en elle alors que sa langue tourbillonnait autour de son clitoris, agaçant, titillant son désir. Soudain, elle sentit la boule comprimant son être se briser, déversant le plaisir dans toutes les parcelles de son corps, ses orteils se recroquevillèrent alors que ses doigts s'accrochaient fermement aux cheveux d'Edward pressant ainsi son visage contre sa féminité. Le souffle court, le corps encore tremblant de plaisir, elle sentit les lèvres de son amant tracer un sillon humide sur son corps, remontant toujours plus haut pour atteindre finalement son visage où il ravit ses lèvres. Les bras du jeune homme se refermèrent sur son corps avant qu'il ne bascule sur le côté, l'entraînant avec lui, toujours blottie au creux de ses bras.
-Bonjour, susurra Edward en lui souriant tendrement.
-C'est effectivement un bon jour, rit doucement Bella, fais attention, je risque d'y prendre goût.
-Aucun problème, assura son compagnon en déposant un baiser sur son front.
Bella se hissa quelque peu sur ses bras pour voler un baiser à son amoureux avant de laisser sa main descendre le long de son corps pour caresser son sexe éveillé à travers son boxer.
-Avons-nous encore le temps ? Questionna-t-elle ne souhaitant pas que Stefan les surprenne.
-Oui, répondit Edward après avoir jeté un coup d'œil au radioréveil.
La jeune femme accentua alors sa caresse avant de glisser sa main dans le boxer pour empoigner le sexe de son amant qui gémit.
-Enlève ton tee-shirt ! Ordonna-t-elle.
-A vos ordres, Madame ! »
Bella sourit avant d'accentuer sa caresse pour faire ravaler le petit sourire suffisant qu'arborait son homme ! Ce qui marcha car sa mâchoire se crispa et il mordit sa lèvre inférieure pour étouffer un gémissement, mince, il était passé de fier à diablement sexy ! Une fois qu'il eut ôté son tee-shirt, Bella s'empressa de le débarrasser de son boxer ce qui lui donna une meilleure emprise sur l'objet de ses convoitises. La jeune femme déposa un baiser sur le gland de son amant avant de le sucer, descendant lentement, en une exquise torture, prenant toujours plus son membre en bouche. Cependant, malgré ses gémissements de plaisir, Edward la stoppa, la forçant à le délaisser. Alors qu'elle allait lui demander de la laisser continuer, le jeune homme échangea leurs places d'un habile coup de reins. Elle oublia toutes ses protestations pour planter ses ongles dans le dos de son amant qui venait de s'enfoncer en elle. Les va et vient d'Edward étaient passionnés, les entraînant toujours plus loin dans leur plaisir. Les dents de son homme mordillèrent la peau tendre de son cou alors qu'elle maltraitait ses cheveux de ses doigts, les ébouriffants encore plus. Tout à coup leurs corps se tendirent comme s'ils voulaient disparaître pour ne faire plus qu'un, leurs lèvres se trouvèrent pour un baiser où transparaissait toute l'urgence de leur désir. Ils tremblèrent à l'unisson, un violent orgasme les terrassa et Bella ne put s'empêcher de penser qu'il n'existait rien de meilleur en ce monde que de sentir son homme en elle en train de se répandre, lui donnant presque un troisième orgasme en peu de temps !
A bout de souffle, Edward se laissa retomber, il voulut rouler sur le côté pour la soulager de son poids, mais elle l'en empêcha, souhaitant le garder encore un peu au plus près d'elle. La jeune femme laissa ses mains caresser tendrement le dos de son amant. Sans qu'elle ne le veuille, elle repensa au moment où Edward avait repris le contrôle de leur étreinte, elle aimait bien qu'il la domine et soit aussi fougueux, sauf que là elle savait que son geste n'était pas dénué d'arrière-pensées. Que croyait-il ? Qu'elle n'avait pas remarqué qu'il refusait qu'elle le touche à cet endroit, il la fuyait d'une manière ou d'une autre dès que ses doigts effleuraient la cicatrice à son aine.
« -Je suis désolé.
Bella sentit son souffle se bloquer dans sa poitrine en entendant les trois mots de son amant, allait-il enfin se décider à se confier ?
-Je suis vraiment désolé, répéta le jeune homme en se redressant pour quitter l'étau de ses bras la laissant perplexe, j'ai oublié le préservatif.
La jeune femme ne put retenir un soupir de déception, ce n'était pas là la confidence qu'elle attendait. Elle ravala son amertume, il fallait lui laisser du temps, ne cessait-elle de se répéter, et lui offrit un beau sourire.
-Toi et moi, nous sommes clean, lui rappela-t-elle, et je prends la pilule, donc, tu peux te détendre.
-Tout va bien, Bella ? S'enquit son compagnon en l'observant avec attention.
Voilà l'une des raisons pour lesquelles il n'était pas toujours évident de partager la vie d'un profileur, sans le vouloir, Edward était à l'affût du moindre geste, de la moindre expression contradictoire.
-Bella, tu sais que tu peux tout me dire, murmura-t-il en se rallongeant à ses côtés.
-Toi aussi.
Un léger silence s'abattit entre eux alors que leurs regards se rencontraient, chacun cherchant à lire dans les prunelles de l'autre des réponses.
-Que veux-tu dire ? Demanda Edward d'un ton un brin tendu.
-Rien, oublie.
Bella souhaitait des réponses, mais pas au point de blesser le jeune homme car elle se doutait bien que la tension perçut dans sa voix provenait de mauvais souvenirs qu'il ne souhaitait sûrement pas évoquer. La jeune femme sursauta en sentant une main se poser sur son épaule pour caresser cette dernière avant de descendre lentement sur ses flancs.
-Pardonne-moi, s'excusa Edward, c'est difficile pour moi. Je n'aime pas en parler.
Elle voulut se retourner pour le regarder, le rassurer, l'encourager, mais la main de son amant sur sa hanche se fit ferme, l'empêchant de bouger.
-Non, ne me regarde pas, quémanda-t-il dans un murmure qui ressemblait à une supplique. Après avoir tué Laila, Stefan et moi avons été séquestrés. Je… L'Eventreur m'avait blessé au ventre, mais il m'avait soigné. Après avoir retrouvé mon fils, je me suis enfermé dans une petite chambre où il m'avait étendu pour que je récupère. J'ai bloqué la porte avec une chaise, mais cela ne nous a fait gagner que quelques heures. Quand il… Quand il est finalement entré, j'ai voulu lui sauter à la gorge, mais… Mais il pointait un revolver sur Stefan. Je l'ai suivi… Stefan est resté dans la chambre… Il m'a poignardé… Plusieurs fois… J'ai fait mon possible pour rester stoïque, pour ne pas hurler de douleur, je ne voulais pas que Stefan entende mes cris, pour ne pas supplier, car je ne souhaitais pas faire ce plaisir à l'Eventreur. Tu te souviens du profil de l'Eventreur ? Tu te souviens pourquoi ce genre de tueur utilise un couteau ?
Bella ne put répondre, elle avait peur que sa voix la trahisse, la jeune femme se contenta d'hocher la tête. Elle frémit légèrement quand elle sentit les doigts d'Edward essuyer ses larmes.
-Le dernier était le plus douloureux, le plus significatif, dans l'aine… Malgré le masque, j'ai pu voir ses yeux… ses yeux se voiler de plaisir… Il… Il a ressenti un plaisir physique… Je…. Je ne sais ce qui s'est passé ensuite… J'ai perdu connaissance. A mon réveil, j'étais seul. Je… Je me suis rhabillé aussi bien que je l'ai pu. J'ignore où j'ai trouvé la force de me lever, de marcher, mais je n'avais qu'une obsession mettre Stefan à l'abri. Sais-tu… Sais-tu ce que cela fait d'entendre ton fils crier ton prénom, pleurer, alors que tu n'es qu'à quelques mètres en train de retenir tes hurlements de douleur ? Je ne pouvais tolérer qu'il recommence. J'ai… J'ai récupéré Stefan dans la chambre et nous avons fui. Heureusement pour nous, l'Eventreur a toujours été friand de mise en scène. J'ai pris l'une des bougies et je m'en suis servi pour mettre le feu à la cave. J'ai pris un morceau de bois et j'ai attendu derrière la porte de la cave, Stefan à mes côtés. Dès qu'il est entré, je l'ai violemment frappé. Il est tombé. J'ai fait sortir Stefan et j'ai tenté de condamner la porte avec mon gourdin improvisé. C'est alors que j'ai senti l'essence. Tout le rez-de-chaussée de la maison empestait, l'Eventreur avait eu la même idée que moi, un feu se propageait dans la cuisine et le salon. Il était impossible de sortir… J'ai pris Stefan dans mes bras pour nous réfugier à l'étage. Le feu a gagné rapidement du terrain ou alors j'étais trop lent à me déplacer… Sûrement les deux… Je me souviens que mon courageux petit bonhomme tirait sur ma main pour me forcer à avancer… Il ne cessait de m'appeler… J'ai chuté dans les escaliers, en pleurs, il m'a même giflé pour que j'avance, confia Edward en ravalant un sanglot alors que sa voix était teintée de fierté. Finalement nous avons atteint l'étage, le feu s'était pratiquement répandu dans toute la maison. C'est là que l'Eventreur nous a rattrapé… Heureusement, l'escalier a lâché avant qu'il ne pose un pied sur le palier… Il était suspendu là… Juste sous mes yeux… Son regard m'implorait de l'aider… Je… J'ai pris Stefan dans mes bras… J'ai caché son visage contre mon épaule avant d'écraser avec mon pied et de tout mon poids les doigts de l'Eventreur… Tu ne peux imaginer ce que j'ai ressenti en le voyant tomber dans les flammes, en entendant son hurlement… Ce sentiment était tellement proche de la joie que cela m'a fait peur… La sirène des pompiers m'a tiré de ce macabre spectacle, je me suis tant bien que mal précipité à une fenêtre et quelques minutes après j'étais allongé sur un brancard, Stefan blottit contre moi, et Russell tenant fermement ma main.
Bella resta quelques secondes figées en entendant la confession de son amant, elle avait voulu savoir, elle savait qu'il avait vécu des instants horribles, mais il y avait une différence entre imaginer son supplice et tout connaître. La jeune femme regretta de l'avoir ainsi pressé à parler, elle se retourna et essuya les larmes qui avaient échappé à son compagnon. Sans un mot, ils se blottirent l'un contre l'autre. Bella le serra aussi fort qu'elle le put contre elle, souhaitant effacer la souffrance qu'elle lisait dans son regard, elle aurait tant aimé pouvoir chasser ses démons, lui faire oublier ces douloureux souvenirs, malheureusement, elle n'en avait pas le pouvoir.
-Je suis sincèrement désolée, avoua-t-elle, je ne voulais pas te faire du mal.
-Je… C'est rien, chuchota Edward, tu avais le droit de savoir avec quel névrosé tu vis.
Le jeune homme laissa échapper un petit rire forcé que Bella étouffa par un baiser. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, elle plongea son regard dans le sien pour lui confier quelques mots avec le plus grand sérieux.
-Je t'aime, Edward.
Son amant lui sourit avant d'effleurer ses lèvres pour un léger baiser.
-Alors, tu ne vas pas t'enfuir en courant ? S'enquit-il.
-Tu n'es pas prêt de te débarrasser de moi, assura la jeune femme.
Aussitôt, elle vit les traits de son amant se détendre avant qu'il ne dissimule son visage dans le creux de son cou. Une partie de la tension qui avait habité son compagnon avait disparu lorsqu'elle l'avait rassuré sur son amour et elle le pensait sincèrement, rien ne pourrait la séparer d'Edward Cullen. Pourtant, ce dernier fut le premier à s'éloigner, allant même jusqu'à quitter le lit. Bella tenta de le retenir, mais il se leva après l'avoir embrassé une dernière fois.
-Je dois aller travailler, lui rappela-t-il.
-Allez, file, soupira la jeune femme.
-Tu es sûre que ça ne te gêne pas de garder Stefan ? Adèle peut très bien…
-Cesse donc de te faire du souci, Stefan et moi nous nous entendons bien, du moins, tant que je n'essaye pas de lui faire manger des légumes.
Edward lui sourit avant de rejoindre la salle de bain pour se préparer. Bella flâna quelques secondes dans le lit qui lui parut soudain bien trop vide. La jeune femme enfila ses vêtements sur lesquels elle passa sa robe de chambre, puis, elle rejoignit la cuisine où elle prépara le petit déjeuner de ses hommes, cette pensée lui arracha un sourire. Elle était en train de faire cuire des pancakes quand Stefan apparut en haut des marches, une de ses mains tenait fermement son doudou pendant que de l'autre il frottait ses yeux. Bella baissa la cuisson et se hâta d'aller récupérer le petit-garçon avant qu'il ne chute. Stefan se laissa faire, allant même à nouer ses bras autour de son cou tout en posant sa tête contre son épaule.
-Hey, bonhomme, souffla Bella en lui caressant les cheveux, pourquoi t'es-tu levé aussi tôt ? Tu ne serais pas mieux dans ton lit à faire dodo ?
-Veux faire un câlin à papa, murmura Stefan d'une petite voix.
-D'accord, alors, tu vas t'allonger sur le canapé, dit la jeune femme en joignant le geste à la parole tout en le couvrant avec le plaid, comme ça, tu ne pourras pas louper ton papa.
-Merci, Bella.
A peine eut-il prononcé ces deux mots que les paupières de Stefan se refermèrent, son doudou serré contre lui, il se lova sous la couverture. Bella embrassa tendrement son front avant d'aller finir la préparation du petit-déjeuner. Le café venait de finir de passer quand Edward descendit les marches, le jeune homme se figea en apercevant son fils allongé sur le canapé.
-Il est déjà debout ? S'étonna-t-il.
-Oui, il ne voulait pas que tu partes sans lui faire un câlin.
Edward s'approcha du canapé sûrement pour prendre son fils dans ses bras, mais il fit demi-tour quand il vit qu'il dormait. Le jeune homme la rejoignit en cuisine, il déposa un baiser sur sa joue avant d'aller remplir deux tasses de café. Il lui en donna une alors qu'elle déposait une assiette de pancakes face à lui. Ils mangèrent tranquillement, échangeant quelques baisers avant que Stefan ne se mette à grogner depuis le canapé. Edward rejoignit son fils et le prit dans ses bras.
-Eh, bien, mon cœur, tu me parais de méchante humeur ? Remarqua Edward en embrassant le front de son fils.
-Ai cru que t'étais parti, marmonna l'enfant en s'accrochant fermement à son père.
-Jamais je ne serais parti sans faire un gros câlin à mon petit loup !
-Suis pas un loup ! Marmonna Stefan avant de grincer des dents qu'il ne tarda pas à planter dans le cou de son père. Suis un vampire !
-Un vampire ? Quelle drôle d'idée, rit Edward en se réinstallant sur son tabouret.
Bella observa d'un œil attendrit son homme qui câlinait le petit-garçon toujours fermement accroché à lui. Au bout d'une dizaine de minutes, Edward termina son café. Il déposa sa vaisselle dans l'évier avant d'aller chercher sa mallette. Bella se leva pour l'accompagner dans le hall où il l'embrassa tendrement, Stefan se retrouva piégé entre leurs deux corps ce qui le fit rire.
-C'est dégoûtant ! S'exclama l'enfant en prenant un air écœuré lorsque leurs lèvres se séparaient.
Les deux adultes échangèrent un regard amusé avant qu'Edward ne dépose pleins de baisers sur le visage de son fils, puis, il le lui donna. Bella réceptionna Stefan qui s'accrocha à son cou.
-Tu seras sage avec Bella ? S'enquit Edward la main sur la poignée.
-Oui ! S'exclama son fils en levant les yeux au ciel.
-Passez une bonne journée !
-Toi aussi, mon amour, lança Bella sans réfléchir.
-Oui, passe une bonne journée, mon amour ! Cria Stefan à sa suite.
Edward sourit, puis, secoua la tête tout en fermant la porte. Alors qu'elle se demandait si Stefan n'avait pas apprécié la marque de tendresse dont elle avait fait preuve envers son père, l'enfant éclata de rire avant de se tortiller dans ses bras. Elle le laissa descendre, rassurée de voir qu'il avait seulement voulu se moquer gentiment d'eux. Stefan partit au pas de course vers la grande baie vitrée qu'il fit coulisser pour rejoindre le balcon. Intriguée par son comportement, Bella le suivit. Elle ne tarda pas à comprendre quand elle vit le 4x4 d'Edward s'engager dans la rue, une main sortit par la fenêtre du véhicule pour s'agiter dans leur direction. Stefan s'empressa de faire de grands signes à son père jusqu'à ce que la voiture disparaisse.
-On fait quoi ? Demanda aussitôt l'enfant.
-Tu pourrais peut-être commencer par déjeuner, non ? »
Stefan acquiesça vivement de la tête avant de courir vers la cuisine où elle s'empressa de le rejoindre quand elle vit qu'il tentait maladroitement de se hisser sur un tabouret. Lorsqu'il eut terminé son repas, la jeune femme l'accompagna à la salle de bain, elle le laissa se doucher seul pendant qu'elle choisissait ses vêtements. Quand elle n'entendit plus l'eau couler, Bella rejoignit le petit-garçon. A peine avait-elle posé un pied sur le carrelage qu'elle se sentit partir en arrière, elle se retint de justesse au chambranle de la porte. Une fois stable sur ses pieds, elle ne put que constater que la salle de bain s'était transformée en piscine. La jeune femme comprit alors pourquoi Edward ne laissait pas l'enfant seul lors de sa toilette. Stefan afficha sa plus belle moue quand il se rendit compte de l'état de la pièce et Bella ne put que se dire que le neveu n'avait rien à envier à sa tante Alice. Elle enveloppa l'enfant dans une serviette, puis, elle le porta dans sa chambre pour qu'il s'habille pendant qu'elle épongeait les dégâts.
Le reste de la journée se passa plus calmement. Stefan joua une partie de la matinée avec ses jeux pendant qu'elle faisait un peu de rangement. Alors qu'elle passait l'aspirateur près de la table basse son regard se posa sur la lettre qu'Esmé avait envoyé à Edward, elle avait complètement oublié de la lui donner. La jeune femme repensa au comportement de son compagnon, il avait eu l'air complètement paniqué lorsqu'elle avait touché à son vieux doudou hier soir. Sa réaction était vraiment disproportionnée et un brin inquiétante. D'un regard, elle s'assura que Stefan était bien occupé avant de gagner la buanderie où la peluche était en train de sécher. Cet ours n'avait rien de particulier, sauf peut-être qu'il pouvait servir de cachette. Tout en mordillant sa lèvre inférieure, elle fit glisser la fermeture éclair, mais bien entendu la poche intérieure était vide ! Bien sûr qu'elle l'était, se morigéna-t-elle, Edward n'aurait pas mis la peluche dans la machine sinon ! Elle se rappela alors qu'elle l'avait surpris en train de refermer le coffre de son bureau. La jeune femme traversa rapidement le salon pour grimper à l'étage. Une fois dans le bureau de son homme elle repoussa le tableau qui dissimulait le coffre. La curiosité la poussait à essayer d'ouvrir ce coffre, mais le côté le plus sage d'elle, lui criait de sortir du bureau, Edward se confierait s'il en avait envie, elle n'avait pas à fouiller !
« -Tu fais quoi ?
Belle sursauta et porta une main à sa bouche pour étouffer un cri. Un sourire dessiné sur ses lèvres, elle se tourna vers Stefan qui l'observait avec ses petits sourcils froncés.
-Je… Je…, balbutia-t-elle face à un regard ressemblant bien trop à celui de son homme.
-On a pas le droit d'aller dans le bureau de papa et surtout pas le droit de toucher à ça ! Rappela Stefan en désignant le coffre.
-Je sais, je… J'étais juste curieuse parce que je n'avais jamais vu de coffre-fort !
-Oh ! Moi aussi, dès fois, ze le regarde et ze m'imagine que suis un voleur !
-C'est vrai ? Sourit Bella amusée.
-Voui, mais j'ai jamais réussi à le voler ! Constata tristement Stefan.
-Tu veux dire que tu as essayé de l'ouvrir ? Comprit Bella en haussant un sourcil.
-Euh…. Tu le dis pas à papa ? Demanda-t-il les joues en feu.
-Non, cela restera entre nous.
-Z'ai déjà appuyé sur tous les boutons, mais ça n'a rien fait, soupira l'enfant d'un air désolé.
Bella jeta un coup d'œil au coffre, puis, au petit-garçon qui était en train de traîner une chaise jusqu'au coffre pour grimper dessus et être ainsi à la hauteur du digicode.
-Que fais-tu Stefan ? Interrogea Bella.
-Ben, on joue au voleur, non ?
La jeune femme mordilla sa lèvre inférieure, hésitante. Mentalement, elle se donna une gifle avant de s'approcher de l'enfant pour le prendre dans ses bras.
-Mais…
-Ce n'est pas bien, Stefan, papa ne serait pas content s'il apprenait que tu jouais à ça. Allons plutôt préparer le déjeuner, tu veux bien ? »
L'enfant acquiesça et ils allèrent préparer leur repas. Tout se déroula bien jusqu'à ce qu'elle tente de lui faire avaler quelques haricots verts, ces derniers étaient mélangés avec quelques dés de pomme de terre que le petit-garçon s'était empressé d'avaler délaissant tout ce qui était un peu trop vert à son goût. Après avoir bataillé plusieurs minutes et cinq haricots verts avalés, elle donna son dessert à l'enfant qui l'engloutit avec beaucoup plus de facilité. Le début d'après-midi se passa dans le calme, Stefan sommeillait sur le canapé pendant qu'elle lisait l'un des livres de l'agent Russell Davies qu'elle avait emprunté dans la bibliothèque de son homme. Vers 15 heures, elle prépara un goûter qu'elle glissa dans un sac-à-dos, puis, elle prit Stefan par la main après qu'il ait choisi des jouets et ils se rendirent au parc se trouvant dans le quartier. Bella s'installa sur un banc pendant que l'enfant rejoignait des petits camarades qu'il connaissait bien pour jouer. La jeune femme allait se plonger dans la lecture quand elle aperçut une silhouette familière.
« -Hannah ! Appela-t-elle en agitant la main.
La jeune femme lui sourit et s'empressa de la rejoindre, elle s'installa à ses côtés.
-Edward Cullen ! Lâcha Hannah en la fusillant du regard.
Bella éclata de rire face à l'air mi-ahuri, mi-choqué d'Hannah qui ne semblait toujours pas se remettre de sa rencontre de la veille.
-Et en plus, il sait qui je suis ! Continua-t-elle.
-C'est plutôt un bon point, non ? Lui fit doucement remarquer Bella.
-Je ne sais pas, confia Hannah, je dois dire que le voir en colère hier m'a quelque peu fait hésiter à entrer dans son service.
Bella sourit en entendant la confession de son amie, elle n'osa pas lui dire qu'Edward Cullen était mille fois pire lorsqu'il était réellement en colère, la seule fois qu'elle l'avait vu ainsi c'était quand l'Eventreur était réapparu à Forks. La jeune femme décida de changer de conversation, Hannah et elles discutèrent tranquillement tout en observant les enfants qui jouaient. Stefan courut soudain vers elle, ses avant-bras prirent appui sur ses genoux alors qu'il tentait de reprendre son souffle.
-Tu t'amuses bien ? Lui demanda-t-elle.
-Oui, répondit Stefan essoufflé. Ai soif, s'il-te-plaît.
Bella sourit au petit-garçon, puis, elle attrapa la bouteille d'eau qu'elle avait pris soin d'emporter. Stefan but plusieurs gorgées avant de la lui rendre.
-Merchi.
-Je t'en prie, tu dis bonjour à Hannah, tu te souviens d'elle ? Elle nous a ramené hier.
-B'jour, murmura Stefan.
-Bonjour, mon grand, le salua Hannah.
-Je peux retourner jouer ?
-Oui, accepta Bella, tu ne veux pas goûter ?
-Non, ai pas encore faim !
Sur ces mots, Stefan repartit vers le terrain de jeux au pas de course pour retrouver ses amis.
-Il est vraiment adorable, soupira Hannah, lui aussi risque de briser des cœurs une fois adulte.
-C'est vrai, admit Bella avant de confier d'un air sérieux, c'est génétique.
-Que veux-tu dire ?
-Le grand-père est magnifique, les fils aussi, donc, il est logique que le petit-fils le soit aussi. D'ailleurs, ils sont tous beaux dans cette famille !
-Les fils ? L'agent Cullen aurait-il un petit ou grand frère super sexy ?
-Oui, cependant, Emmett et Edward ne se ressemblent pas trop, mais son frère est surtout super engagé avec Rosalie.
-C'est pas juste, soupira Hannah.
-Papa ! Papa ! Papa !
Bella se raidit en entendant les hurlements provenant de derrière la cabane aux toboggans, tous les parents se figèrent. Où était l'enfant qui appelait désespérément son père ? D'ailleurs, pourquoi aucun des hommes présents ne bougeaient ? Tout à coup, elle sentit son sang se glacer dans ses veines. Bella se leva et partit au pas de course sur le terrain pour y chercher Stefan. Elle trouva l'enfant en larmes, recroquevillé sur le sol et qui ne cessait d'appeler Edward.
-Stefan ! Stefan, je suis là ? Tu es tombé, mon cœur ? Tu as mal quelque part ?
Bella sentit son angoisse s'accroître quand elle vit que le petit-garçon n'avait aucune réaction. Ce dernier laissa même échapper un gémissement de peur quand elle chercha à le prendre dans ses bras.
-On dirait qu'il fait une crise d'angoisse, murmura Hannah qui l'avait rejoint.
-Stefan, c'est Bella, murmura-t-elle en le prenant tendrement dans ses bras. Calme-toi, mon cœur.
-Papa ! Veux papa ! Sanglota l'enfant.
-Il est au travail, rappela la jeune femme, mais écoute, on va essayer de l'appeler, d'accord ?
Pour toute réponse, Stefan se recroquevilla un peu plus sur lui, ses membres se mirent à trembler tant il se crispait. Son visage rougi était baigné par les larmes, sa respiration sifflante accrut un peu plus son inquiétude.
-Vous voulez que l'on appelle une ambulance ? Proposa l'une des mamans.
-Non, non, c'est bon, répondit Bella.
La jeune femme se releva, Stefan blottit dans ses bras, elle attrapa maladroitement son portable dans la poche de son jean et composa le numéro d'Edward. Un juron lui échappa quand elle tomba sur le répondeur.
-Bella, je pense qu'on devrait l'emmener voir son père, proposa Hannah. »
La jeune femme ne put qu'accepter avec soulagement l'offre d'Hannah. Elles se dirigèrent rapidement vers la voiture de cette dernière où elle s'installa à l'arrière, Stefan blottit contre elle. Ils prirent la route de Quantico. Bella berça l'enfant, tentant de le rassurer aussi bien qu'elle le pouvait, mais aucun mot, aucun geste ne semblait atteindre Stefan. Tout en essayant de garder son calme et de ravaler ses propres sanglots, Bella ne cessait de se demander ce qui avait pu mettre Stefan dans un tel état !
.
.
Edward venait de terminer la lecture des rapports de ses agents sur leur aller-retour à Gaberville. Un petit soupir franchit le seuil de ses lèvres alors qu'il s'adossait contre son fauteuil cherchant à voir clair dans cette disparition de cadavre. Il n'avait cessé d'envisager plusieurs possibilités et il devait admettre qu'il se rangeait à l'avis de Russell, il s'agissait d'un dernier tour de passe-passe d'Aro pour blesser Carlisle. Ethan était mort, il en avait l'intime conviction, mais alors où était son corps ? Où avait-il été enterré ? Edward reprit les rapports que Penny lui avait transmis, la jeune femme avait collecté tous les documents que possédait le gouvernement sur le camp d'entraînement d'Aro Volturi. Alors qu'il étudiait avec minutie les photos prises lors de l'assaut du gouvernement et donc la nuit où Carlisle était venu le chercher, Russell frappa à la porte de son bureau. Son mentor entra et s'installa en face de lui sans dire un seul mot.
« -Oui ? Dit-il simplement au bout d'un moment intrigué par le silence de l'autre homme.
-Etant donné tes angoisses, je me suis replongé dans le dossier de l'Eventreur.
-Et ? Demanda le superviseur en cessant d'observer les clichés qui défilaient sur son écran.
-J'aimerais ton avis sur ceci.
Edward fit son possible pour rester stoïque quand l'Agent Davies disposa devant lui plusieurs clichés représentant l'autel que l'Eventreur avait érigé en son « honneur ». Avec autant de détachement et de naturel qu'il le pouvait, il se pencha vers les photos avant de relever la tête.
-Je ne vois pas ce que tu cherches, avoua le jeune homme.
-Rien, pas d'éclat de colère, pas de lueur de haine dans ton regard, tu n'exprimes aucun sentiment, commenta Russell en l'observant avec attention. Pourquoi Edward ?
-J'ai pris du recul.
-Impossible de prendre autant de recul, personne ne peut faire preuve d'un tel calme face aux traces de son calvaire. Donc, la seule explication à mes yeux est que tu me caches quelque chose, Edward, d'où ton impassibilité, l'accusa son mentor en ne le lâchant pas des yeux.
-Et qu'est-ce qui te laisse penser que je te dissimule quoi que ce soit ? Questionna le superviseur en s'appuyant tranquillement contre le dossier de son fauteuil.
Edward ne put s'empêcher de penser qu'ils ressemblaient à deux joueurs de poker observant leur adversaire, attendant le premier faux pas de l'autre pour en profiter et abattre leurs cartes. Le léger sourire de Russell l'interpella et il perdit un peu de sa tranquillité, qu'avait donc deviné son ami ?
-Je m'étonne que l'excellent profileur que tu es ne se soit pas rendu compte que quelqu'un avait touché aux photos de l'Eventreur ?
-Quoi ? S'étonna Edward en prenant l'une des photos.
-Regarde, l'invita Russell en désignant les clichés, il les a tous disposés en cercle partant des moins importants aux plus précieux à ses yeux. On commence avec des photos de toi prises sur des scènes de crime, lors de tes jours de congés, puis, plus le cercle se referme et on arrive aux clichés qui l'intéressent le plus ceux qu'il a pris lorsque tu étais à sa merci, quand il t'a poignardé. Vois-tu le problème ?
Le jeune homme hocha la tête tout en se traitant de tous les noms d'oiseaux possibles quand il se rendit compte de sa propre erreur. Au centre du cercle, au milieu des photos où il était en sang se trouvaient des clichés de lui en train de faire son jogging ou des gros plans de son visage.
-Ces photos n'ont rien à faire là, poursuivit Russell, elles devraient se trouver à l'extérieur du cercle. Donc, j'en viens à deux conclusions possibles. Soit l'Eventreur est bel et bien vivant, il se serait donc enfui avant notre descente tout en faisant de James un leurre, bien sûr, il aurait pris le soin d'emporter les photos qui lui étaient les plus chères. Cependant, cette version ne me convient guère et je pense que tu conviendras avec moi que ma deuxième option est la plus vraisemblable. Je pense que quelqu'un a dérobé des preuves à conviction lors de notre descente, quelqu'un qui a eu l'opportunité de rester seul dans cette pièce face à cette horreur, quelqu'un qui n'a pas voulu que l'on sache ce qui s'est réellement passé dans cette cave. Alors, Edward, je ne te le demanderai qu'une seule fois et je veux une réponse honnête, as-tu pris ces photos ?
Le jeune homme inspira profondément avant de refermer le dossier, ne supportant plus d'avoir ces horreurs sous les yeux, il passa ensuite une main lasse sur son visage avant d'observer son ami.
-Pourquoi poser la question puisque tu connais la réponse ? Demanda simplement le superviseur.
-Bon Dieu ! Edward ! A quoi pensais-tu ? Eclata Russell. Sais-tu que si quiconque l'apprend tu peux dire adieu à ta place ? Pourquoi as-tu fait ça ?
-Parce que personne n'avait le droit de savoir ! Personne, tu m'entends, personne ! Cria le jeune homme à bout.
-Edward, murmura l'agent Davies d'un ton radoucit. Edward, je suis certes furieux parce que tu as volé des pièces à conviction, mais je suis surtout en colère parce que tu as préféré ne pas nous faire confiance, quoi qu'il y ait sur ces photos, nous aurions été là pour toi, nous t'aurions épaulé. Je les aurais moi-même dérobé !
-Vraiment ?
-Tu me connais, non ?
-Oui… C'est vrai…Je … Mais c'était au-dessus de mes forces… Je n'avais pas pu te le dire quand… quand j'étais à l'Hôpital… Et… Et voir les photos de ça… Je ne pouvais pas…. J'ai paniqué et les ai prises.
-Les as-tu détruites ?
-Non. Elles sont dissimulées dans mon coffre à la maison.
-Bien. Maintenant, je veux que tu me parles, ordonna doucement son ami en s'asseyant sur le recoin du bureau pour être à ses côtés.
-Je ne peux pas.
-Il le faut. Edward, ne comprends-tu pas que c'est en train de te ronger et de te détruire ? Car j'imagine que personne ne sait ?
-Bella connaît une partie de la vérité, avoua-t-il du bout des lèvres, mon père connaît sûrement toute la vérité. J'imagine que le Docteur Cullen n'a eu aucun mal à faire parler le médecin qui s'est occupé de moi.
-Dois-je comprendre que tu as demandé à un médecin de mentir dans son rapport ?
-Mentir, non, seulement d'omettre un détail.
-Lequel ?
-Je….
-Edward, je fais cela pour ton bien. Parle-moi.
-Tu te souviens du profil que nous avions établi ?
-Oui.
-Il a toujours tué les hommes d'une balle dans la tête, alors, que les femmes, il prenait plaisir à les torturer avec son poignard. Nous en avons donc déduit que la pénétration du couteau dans la chair des femmes était pour lui une substitution au sexe parce qu'il était impuissant, incapable de contenter une femme et de ressentir du plaisir autrement.
-Et notre profil était le bon, confirma Russell, il n'a pas changé avec ton agression car l'obsession qu'il a développé pour toi était ce qui ressemblait le plus pour lui à un sentiment amoureux. Il est donc « normal » qu'il t'ait poignardé.
-Oui… Seulement…
-Edward… Il… Enfin, notre profil était juste, nous n'avons retrouvé aucune trace de jouissance sur ses victimes, rappela Russell.
-Si… Il y en a eu une avec qui il a suffisamment pris son pied, confia Edward d'un ton amer et tremblant.
-Mais… Je…
-Je m'étais plus ou moins rhabillé pour sortir de la maison. Le médecin des urgences a été la seule à s'en rendre compte en découpant mes vêtements. Je lui ai fait promettre de ne rien dire, elle a effacé les preuves.
-Elle a détruit… Edward nous aurions eu son ADN !
-Je sais, je lui avais demandé de le dissimuler, pas de le détruire, mais j'ai perdu connaissance et elle a cru bien faire.
-Je savais que je n'aurais pas dû te lâcher d'une semelle ! Marmonna Russell.
-Tu étais avec Stefan et on me préparait pour aller au bloc.
Un léger silence s'abattit dans le bureau. Edward tentait tant bien que mal d'endiguer le sentiment d'insécurité qui grandissait en lui tout en contrôlant les signes de faiblesse que son corps risquait de laisser échapper. Il ravala ses larmes en se demandant s'il avait perdu à jamais l'estime de son mentor. Peut-être ferait-il mieux de démissionner ? Il ne méritait ni ce poste, ni de porter cette plaque !
-Cesse immédiatement de te fustiger, grogna Russell avant de l'enlacer maladroitement, à ta place, j'aurais agi de la même manière. Maintenant tu vas m'écouter et faire ce que je te dis, compris ?
-Oui.
-Tu vas récupérer ces photos et les détruire.
-Mais…
-Personne n'a besoin de savoir, c'est clair ? Si jamais tu ne t'en sens pas capable, amène les moi, je m'en chargerai, compris ?
-Je devrais plutôt les consigner dans le dossier et aller avouer ma faute auprès de Monsieur Carter.
-Tu fais ça et je te promets que je te botterai si fort le cul que tu ne pourras plus jamais t'asseoir ! Personne n'a besoin de le savoir, Edward ! L'affaire est classée et elle le restera, c'est clair ?
-Merci, murmura le jeune homme.
-Je t'en prie, sourit Russell en ramassant le dossier, nous allons clore définitivement le dossier de l'Eventreur et je te promets que maintenant que tu as tout dit, je vais faire mon possible pour que toi aussi tu tournes la page. Bien, maintenant, si tu me disais ce que tu étais en train de faire ?
-J'étais en train d'étudier l'assaut du gouvernement sur le camp de Volturi, tiens, regarde ce cliché satellite.
Russell se pencha vers son écran alors qu'Edward agrandissait peu à peu l'image en améliorant autant que possible la résolution de celle-ci.
-On dirait ton père, commenta l'Agent Davies.
-Oui, ces deux hommes se tiennent en joue.
-Autrement dit, il s'agit de Carlisle et d'Ethan. Tu as un autre time code ?
-J'essaie de voir ce qui s'est ensuite produit, mais ce n'est pas évident, la résolution n'est pas excellente.
-Je suis sûre que Penny se fera une joie de t'aider. Tu veux que nous allions la voir ?
-Tu as décidé de ne pas me lâcher ?
-Oui, mon pied se tient prêt au cas où tu déciderais de faire quelque chose d'idiot ! »
Edward esquissa un petit sourire avant de se lever. Russell et lui se rendirent dans l'antre de l'analyste qui avait fait de celui-ci un petit monde très rose et très pailleté. Bien entendu, Penny qui cherchait toujours un moyen de se faire pardonner s'empressa de lui trouver les images qu'il cherchait. En superposant ces dernières agrandies au maximum, il put voir un éclair s'échapper de l'arme de Carlisle, sur l'image suivante, il aperçut Ethan allongé sur le sol, une plaie bien visible au niveau du front d'où s'écoulait du sang. Alors que Russell fanfaronnait gentiment en lui disant qu'il avait raison et qu'il s'agissait d'une dernière manœuvre du Général pour les déstabiliser, Edward ne pouvait détacher son regard de l'écran.
« -Monsieur ? S'inquiéta l'Agent Hattaway en remarquant sa pâleur.
-Edward ? Tout va bien ? S'enquit Russell en se penchant pour voir ce qui le plongeait dans un tel état.
Edward ne dit rien, le visage soudain tendu de son ami lui apprit que lui aussi avait vu le petit-garçon qui se tenait à l'orée du bois. L'Agent superviseur sentit ses jambes trembler lorsqu'il vit son visage pâle, les traces de coups étaient encore visibles tout comme les longues estafilades sur ses avant-bras.
-Penny, tu veux bien aller nous chercher un verre d'eau ? Demanda Russell.
La jeune femme se leva pour attraper une bouteille d'eau et un verre propre, avant d'apercevoir le regard exaspéré que lui envoya l'Agent Davies. Penny se hâta alors de sortir.
-Tu aurais pu être plus gentil avec elle.
-Rappelle-moi qui lui hurlait dessus hier ? Railla Russell ce qui eut le don de le détendre quelque peu. Comment te sens-tu ?
-Je ne sais pas, admit-il, c'est étrange de me voir là, présent, alors que je n'en ai aucun souvenir. Tu… Tu as vu mes avant-bras ?
Edward tenta de zoomer un peu plus sur sa silhouette, mais l'image devint floue. Il aurait aimé voir les traits de son visage. Qu'avait-il ressenti lorsqu'il avait vu l'homme qu'il prenait pour un ange abattre son père ? De la crainte ? Du soulagement ? De la peur ? Il ne le savait pas.
-Les souvenirs sont là, lui rappela Russell en passant une main dans ses cheveux, il faut juste que tu te laisses du temps pour les retrouver.
-Et si je n'y parvenais pas ? Murmura Edward en avouant sa crainte.
-Si c'est le cas, cela voudra simplement dire que ces souvenirs étaient trop douloureux et qu'ils sont bien mieux enfouis au plus profond de ton esprit.
-Mais… Je ne sais pas comment l'expliquer, j'ai le sentiment qu'il est important que je sache !
-Un peu de patience, jeune homme. En attendant, tu devrais…
Edward n'entendit jamais la fin de la phrase de son mentor, Penny venait d'entrer dans le bureau, essoufflée et un air paniqué peint sur son visage.
-Ste… Stefan ! Haleta-t-elle en désignant l'immense pièce qui abritait les bureaux en open-space.
Sans attendre une quelconque explication, Edward se précipita dans le couloir pour rejoindre les bureaux. Il pénétra dans ceux-ci pour voir Bella tenant fermement son fils qui paraissait en pleine crise, Sam et Caitlin faisaient leur possible pour tenter d'apaiser son petit-garçon qui entre ses sanglots ne cessait de l'appeler. En quelques enjambées, il les rejoignit et pris son fils dans ses bras.
-Que s'est-il passé ? Demanda-t-il à Bella qui était au bord des larmes.
-Je ne sais pas, avoua sa compagne.
Edward aurait aimé avoir un mot, une parole pour la réconforter, l'apaiser, mais il n'en avait cure, seul son fils l'importait. Il se hâta de rejoindre son bureau, alors que Caitlin et Sam s'occupaient de Bella, Russell referma la porte derrière lui. Le jeune père s'installa sur son canapé et commença à caresser doucement le dos de son fils tout en déposant des baisers dans ses cheveux.
-Je suis là, murmura-t-il à son oreille, je suis là, Stefan, papa est là, mon cœur.
Edward raffermit son emprise sur le corps de son fils, des mots emplis de douceurs sortaient de ses lèvres, mais aucun ne semblait être suffisamment fort pour endiguer la crise de son enfant. Inquiet, il leva la tête pour jeter un regard désespéré à Russell.
-Continue de lui parler, l'encouragea son ami qui s'était tout de même emparé du téléphone pour appeler un médecin.
-Stefan, c'est papa.
Son fils était totalement crispé entre ses bras, il ignorait depuis combien de temps il était ainsi, mais son souffle court, ses muscles bandés, lui apprirent que son corps n'allait pas tarder à rendre les armes, il risquait de s'évanouir. Edward se fit violence pour forcer le petit-garçon à relever la tête qu'il avait gardée enfouie contre ses jambes. Une fois leurs visages face à face, il caressa tendrement les paupières de son fils, l'incitant à les ouvrir.
-Stefan, regarde-moi, mon cœur. S'il-te-plaît, regarde-moi. Regarde papa.
Edward faillit pousser un cri de joie lorsqu'il vit les paupières de son enfant s'ouvrir lentement. Ces dernières papillonnèrent le temps que la vision du petit-garçon s'adapte. Le jeune père vit Stefan l'observer avec attention avant d'étudier le décor qui les entourait. Au fur et à mesure de son examen, Edward fut soulagé de sentir le corps de son fils se détendre, un petit sourire apparut même sur son visage baigné de larmes quand il aperçut Russell. A ce moment-là, deux petits bras entourèrent fermement son cou et Stefan vint se blottir contre lui.
-Tu vois, je suis là, chuchota-t-il en caressant ses cheveux, papa est là. Tu n'as pas à avoir peur, mon cœur. Tu veux me raconter ce qui t'a fait peur ?
Edward n'obtint qu'une seule réponse, son fils raffermit son emprise et poussa un petit gémissement de peur. Il ne posa pas d'autres questions, Stefan devait d'abord être rassuré. Le jeune homme garda son fils dans ses bras jusqu'à ce qu'il s'endorme. Il releva alors la tête pour se rendre compte qu'il était seul dans le bureau, Russell était sorti sans qu'il ne s'en aperçoive. Lentement, il se leva et déposa son fils sur le canapé. Stefan se pelotonna aussitôt contre son doudou, Edward le recouvrit avec sa veste pour qu'il ait son odeur autour de lui, puis, il posa un plaid sur l'enfant. Il déposa ensuite un baiser sur le front de Stefan avant de sortir de son bureau. Il resta cependant devant la porte entrouverte de celui-ci, en contrebas, il put voir Russell discuter avec Bella et Hannah, son mentor l'aperçut et il lui fit signe de le rejoindre.
-Je suis désolée, s'excusa Bella quand elle fut à sa hauteur, tu me l'as confié et je…
-Chut, la coupa-t-il, tu n'y es pour rien.
Edward prit la jeune femme dans ses bras, l'enfermant dans une étreinte rassurante et quand il la sentit apaisée, il la relâcha tout en lui en adressant un petit sourire emplit d'amour.
-Personne ne pouvait prévoir ce qui s'est passé, répéta Edward, cependant, avez-vous vu, Hannah et toi, ce qui l'a mis dans un tel état ?
-Non, murmura Bella en fronçant les sourcils alors qu'elle devait revivre la scène dans son esprit.
-Il jouait tranquillement avec ses petits copains, renchérit Hannah.
-On l'a rejoint dès qu'il a commencé à t'appeler, je dois avouer que j'étais paniquée et je n'ai pas observé les alentours.
-Il n'y avait rien d'étrange, assura Hannah.
-Rien d'étrange ou d'inquiétant à vos yeux à toutes deux, corrigea Russell, mais aux siens si. Ce n'est pas une quelconque crise de panique, Edward, poursuivit son mentor en plantant son regard dans le sien, il était terrorisé. J'ai demandé à Penny de récupérer les vidéos surveillances du parc, Sam et Caitlin sont en train de les visionner avec elle.
-Ok, acquiesça Edward.
Le jeune père regarda à tour de rôle son bureau où son fils dormait pour le moment et le bureau de l'analyste se trouvant à l'opposé. Il voulait voir ces images mais n'avait aucune envie de quitter Stefan qui pouvait se réveiller à tout moment.
-Pourquoi ne rentreriez-vous pas chez vous, Agent Cullen ? Offrit un homme d'une cinquantaine d'années à l'allure sportive et aux cheveux grisonnants. Je suis sûr que ce petit bonhomme serait mieux à sa maison.
-Monsieur Carter, salua Edward qui se raidit face à l'apparition de leur Directeur.
-Allez, rentrez chez vous, je suis sûr que l'Agent Davies sera tout à fait apte à vous remplacer, n'est-ce pas, mon cher ?
-Oui, Monsieur.
-Et puis, vous vous ferez un plaisir, j'en suis sûr, d'envoyer les vidéos à l'Agent Cullen pour qu'il les visionne de chez lui ?
-Tout à fait, Monsieur Carter, approuva Russell qui, tout comme lui, se détendit aussitôt. »
Le Directeur partit, Edward entra dans son bureau pour prendre délicatement son fils dans ses bras, puis, en faisant attention de ne pas le réveiller, il se dirigea vers le parking en compagnie de Bella et d'Hannah. Sa compagne d'ailleurs remercia chaudement sa nouvelle amie de les avoir accompagnés avant de prendre le volant de son véhicule, car il tenait à garder Stefan dans ses bras. La circulation étant fluide, ils gagnèrent rapidement leur appartement. Une fois dans celui-ci, il rassura une dernière fois Bella du regard avant d'aller dans la chambre de Stefan où il l'allongea dans son lit avant de prendre place à ses côtés. Quelques minutes s'étaient seulement écoulées quand Bella entra à son tour sur la pointe des pieds dans la chambre. Sous son regard appréciateur, elle se coucha sans un mot de l'autre côté de Stefan, glissant une main dans le dos de l'enfant toujours blottit contre lui.
Le jour était en train de disparaître quand Edward quitta le lit de son fils qui dormait toujours, Bella s'était elle aussi endormie. Le jeune homme récupéra sa mallette d'où il sortit son ordinateur portable qu'il connecta au réseau sécurisé installé par les soins du FBI. Rapidement, il trouva les vidéos que Penny lui avait fait parvenir, elles étaient accompagnées d'un petit mot de Russell qui lui annonçait qu'ils n'avaient pas compris ce qui avait pu terroriser ainsi Stefan. Edward regarda la vidéo plusieurs fois sans pour autant trouver quelque chose qui l'interpelle. Il renvoya un message à ses agents, leur demandant de faire des recherches sur chacune des personnes présentes après que Penny ait fait une reconnaissance faciale de chacun. Russell lui répondit presque instantanément qu'il avait déjà donné cet ordre tout en lui demandant des nouvelles de Stefan. Il était en train de taper que son fils dormait toujours quand il vit celui-ci s'agiter dans son lit. Edward expédia le message avant de se débarrasser de son ordinateur pour se rallonger auprès du petit-garçon qui, encore à moitié endormit, grimpa sur son torse. Stefan ne prononça aucun mot, son fils se contenta de l'observer, l'une de ses mains tenant son doudou pendant que de l'autre il jouait avec ses cheveux.
« -Ai soif, finit-il par dire au bout de plusieurs minutes.
Edward acquiesça, il allait se lever en portant son bonhomme quand il s'aperçut que Bella était elle aussi éveillée.
-Je vais aller te chercher un jus de fruit, proposa aussitôt la jeune femme en se levant.
-Merci, Bella, mais je crois que nous allons descendre ensemble à la cuisine.
Stefan s'agrippa fermement à lui et il en profita pour dégager l'une de ses mains et se saisir de celle de Bella qu'il entraîna avec eux au rez-de-chaussée. Une fois dans la cuisine, il attrapa trois verres qu'il remplit de jus d'orange, il en donna un à son fils qui l'avala pratiquement d'un trait.
-Encore, demanda Stefan la gorge enrouée. »
Edward se doutait bien que toutes les larmes qu'il avait versé avait dû assécher sa gorge, aussi, il remplit à nouveau son verre sans se formaliser du ton utilisé. Puis, quand la soif de Stefan sembla étanchée, son fils se tortilla pour quitter ses bras, il le posa au sol, surpris par son comportement. Cependant, il ne tarda pas à comprendre quand Stefan prit sa main pour l'entraîner vers le piano. Le jeune homme s'installa sur le banc, Stefan s'assit à ses côtés et tous deux tournèrent au même moment la tête vers Bella pour qu'elle les rejoigne. Edward ne commença à jouer que lorsqu'elle fut installée à leurs côtés. Il joua la berceuse composée pour Stefan ainsi que de nombreuses mélodies qu'il lui avait dédié. De sa main libre, son fils prit celle de Bella dans la sienne pendant qu'il restait blottit contre lui. Ils restèrent ainsi à jouer du piano jusqu'à ce que Stefan se sente suffisamment confiant pour aller jouer à quelques mètres d'eux. Bella resta à ses côtés et il devina à son regard qu'elle se posait des questions. Discrètement, il lui confia qu'il préférait que Stefan aborde lui-même le sujet, qu'il ne fallait pas le presser, sinon, il ne parlerait pas. Bella acquiesça. Au bout d'une demi-heure, la jeune femme se leva pour aller préparer le repas, Stefan ne la lâcha pas du regard et il ne retourna à ses jeux que lorsqu'il la vit en train de préparer le repas. Que s'était-il donc passé dans ce parc ? Qu'était-il arrivé pour que Stefan ressente le besoin de les voir auprès de lui en un lieu sûr ? La tête pleine de questions, il arrêta de jouer et rejoignit sa compagne ainsi que son fils pour le repas. Puis, ils montèrent tous trois se coucher dans sa chambre, Stefan s'installa entre eux et attrapa un bout de son tee-shirt entre ses petits doigts, Edward eut la désagréable impression d'être revenu plusieurs mois en arrière lorsqu'il avait débarqué à Forks avec un petit garçon terrorisé…
La journée du lendemain débuta dans le calme. Stefan ne s'était réveillé que deux fois durant la nuit à cause de cauchemars, il l'avait rassuré sans trop de difficulté. Cependant, Edward, lui, avait eu du mal à dormir, il ne cessait de s'interroger sur les évènements de la veille et il avait de plus en plus de mal à ne pas presser son fils de questions. Russell dut sûrement deviner son état car il l'appela pour leur proposer de passer, ils partirent donc tous trois à Quantico, après tout, Stefan se confierait peut-être plus facilement à Russell qu'à lui. A peine furent-ils arrivés dans les locaux que son mentor proposa à son fils d'aller à la cafétéria goûter la tarte au chocolat. Edward sourit en les voyant s'éloigner, néanmoins, il se rappela la raison de cet aparté lorsqu'il vit Sam les suivre à distance. Le jeune homme prit la direction de son bureau, entraînant Bella dans son sillage.
« -As-tu vu les vidéos ? Lui demanda-t-il.
-Non.
-J'aimerais que tu les visionnes, un détail aurait pu nous échapper, quelque chose qui t'aurait interpellé sur le moment et qui aurait été anodin pour nous comme nous n'étions pas là.
-Edward, je suis encore désolée pour…
-Hey, jeune fille ! Gronda gentiment Edward. Tu n'y es pour rien, cela aurait très bien pu m'arriver ou arriver à Esmé, Carlisle, Alice ou quiconque, donc, je veux que tu cesses de te faire des reproches, compris?
-Oui. »
Edward embrassa tendrement sa compagne avant de lancer la vidéo. Bella était en train de regarder avec attention l'écran de l'ordinateur pendant qu'il se débarrassait du sac contenant les jouets de Stefan. A peine le sac à dos toucha-t-il le sol, certes d'une manière un peu brutale, que l'attache se rompit et que les jouets roulèrent dans son bureau. Tout en pestant tendrement contre son fils qui emportait toujours cinquante mille choses, il ramassa les jouets. Soudain, tout son être se figea quand ses doigts se refermèrent sur un poignard en plastique. D'où sortait ce jouet ? Jamais il n'avait acheté celui-ci à Stefan et il était certain que ce n'était pas non plus un présent de ses parents. Alors qui ? Bella ? Il allait le lui demander quand son téléphone portable sonna. Ses sourcils s'arquèrent de surprise lorsqu'il vit qu'il s'agissait du numéro de ses parents…
.
.
Esmé était en train de boucler leur valise quand la sonnette de la porte d'entrée résonna à travers toute la maison. Il ne lui restait plus qu'à attendre que son époux rentre de sa garde à l'Hôpital et ils pourraient enfin partir quelques jours en amoureux ! Elle se dépêcha de quitter l'étage pour rejoindre le hall et ouvrir à Carlisle qui avait sûrement oublié ses clefs ! Depuis que son mari ne vivait plus dans la crainte d'être retrouvé par sa famille, il devenait distrait et même si cela l'agaçait parfois elle aimait cette nouvelle désinvolture chez lui. Esmé ouvrit la porte prête à taquiner gentiment son cher et tendre, mais ses propos disparurent quand elle vit qu'il ne s'agissait pas de Carlisle, mais d'un livreur.
« -Bonjour ! Le salua-t-elle gaiement.
-Bonjour, Madame Cullen ?
-Oui.
-J'ai des fleurs pour vous, annonça l'homme en lui tendant un bouquet.
-Merci, dit-elle en le prenant, attendez-moi un instant s'il-vous-plaît.
Sans se départir de son sourire, Esmé entra dans le hall où elle posa le bouquet de lys blancs sur un meuble pendant qu'elle cherchait un peu de monnaie pour donner un pourboire au livreur. Tout en fouillant son sac à main, elle sourit en pensant que son mari était un incorrigible romantique ! Elle s'étonna tout de même que Carlisle lui envoie des lys, ce n'était pas sa fleur préférée… Tout à coup, un frisson parcourut son échine alors que ses yeux ne pouvaient se détacher des lys blancs, un drôle de sentiment naquit en elle. Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, elle referma sa main sur son téléphone portable avant de se tourner vers le livreur qui avait fait un pas dans sa maison.
-Je suis désolée, je n'ai plus de monnaie. Vous pouvez patienter un instant, je dois en avoir en haut.
-Bien sûr, M'dame.
Esmé offrit un sourire crispé au livreur. Alors qu'elle posait un pied sur la première marche de l'escalier, elle entendit la porte de la villa se refermer. Aussitôt, elle courut vers l'étage, mais une main agrippa fermement sa cheville la faisant lourdement chuter contre l'escalier. Elle poussa un cri autant de frayeur que de douleur quand elle sentit que l'homme la tirait vers lui. Esmé se débattit, son pied alla violemment heurter le visage du livreur. Un grognement de rage échappa à l'homme qui lui lança un regard meurtrier. La peur au ventre, Esmé s'élança pourtant à l'étage. Les pas de son agresseur retentirent, il ne courrait pas, pensant sûrement qu'elle n'avait aucun endroit où se réfugier. Cependant, Esmé savait quoi faire. Elle entra dans le bureau de son époux qu'elle ferma à clef. Elle était en train de s'approcher de la bibliothèque quand la porte trembla.
-Tu ne vas pas m'échapper longtemps, chantonna une voix qui la fit frémir.
Esmé s'obligea à respirer calmement et à contrôler ses tremblements alors qu'elle venait de soulever un livre pour dévoiler un digicode. Carlisle lui avait donné la combinaison il y a bien des années et il lui semblait que les chiffres dansaient devant ses yeux alors que la porte du bureau de son mari tremblait sous les coups de l'intrus. Une lueur verte apparut sur le boîtier et enfin la bibliothèque coulissa. Le bois de la porte craqua alors qu'elle s'élançait dans la pièce sécurisée dont elle actionna la fermeture dès son entrée.
-Non ! »
Le cri de rage résonna à ses oreilles alors qu'elle se laissait tomber sur le sol, le souffle court, le cœur battant la chamade. Esmé se recroquevilla sur elle-même quand elle entendit des coups de feu être tirés sur la bibliothèque. Rien, elle ne risquait rien, Carlisle le lui avait assuré, cette pièce était à l'épreuve des balles, des grenades, du feu et avait une réserve d'oxygène de 24 heures. Il lui avait toujours dit qu'en cas de danger ou au moindre geste suspect, elle devait s'enfermer là avec les enfants. D'un pas tremblant, elle se redressa pour observer la pièce. D'un côté, Carlisle avait entreposé de la nourriture, une trousse de secours, de l'eau ainsi que des couvertures. L'autre côté était recouvert d'écrans, elle y trouva aussi une arme et un téléphone. Esmé alluma les écrans, elle frissonna lorsqu'elle vit son agresseur mettre sans dessus dessous le bureau de son époux sûrement pour trouver un moyen de l'atteindre. Soudain, l'un des écrans de contrôle lui arracha un cri de détresse, la porte du garage venait de s'ouvrir, la Mercedes de Carlisle apparut sur l'écran. Ses yeux se posèrent alors sur l'écran montrant le bureau de son mari. Avec effroi, elle put voir l'homme charger son arme avant de prendre la direction du garage. Un cri de désespoir franchit le seuil de ses lèvres quand elle comprit que son mari allait se retrouver sans défense face à cet homme qui avait commis tant d'atrocités ! Face à ce monstre qui avait blessé leur fils !
.
.
Edward colla le téléphone à son oreille avant de jeter un coup d'œil à l'écran. C'était bien le numéro de ses parents, alors, pourquoi personne ne parlait ?
« -Maman ? Papa ? Appela-t-il.
Edward allait raccrocher en se disant qu'ils avaient sûrement fait une mauvaise manipulation quand il perçut un sanglot.
-Maman ? Maman, c'est toi ?
Du coin de l'œil, il vit Bella se redresser dans son fauteuil pour lui jeter un regard chargé d'interrogations.
-Maman, qu'as-tu ? Tu pleures ? Maman, s'il-te-plaît, parle-moi !
Tout en prononçant ces mots, Edward sortit de son bureau, Bella sur ses talons. Il se rendit dans le bureau de Penny et fit signe à Caitlin d'aller chercher Sam et Russell. Ces derniers arrivèrent rapidement, avant que la porte ne se referme, il vit Caitlin aller dans son bureau en compagnie de Stefan. Edward activa le haut-parleur de son téléphone pour que tous entendent les sanglots de sa mère, Bella s'agrippa aussitôt à sa main, ses ongles s'enfonçant dans sa chair.
-Maman ? Appela-t-il. Maman ?
-Il… Il est là…
-D'accord, maman, qui est là ? Demanda-t-il d'une voix calme qui contrastait avec la peur qui nouait son ventre.
-Il… J'ai ouvert… C'était un livreur… Ton père… Oh, mon Dieu, ton père !
-Papa va bien ? Maman où est papa ?
-Il est dans sa voiture…. Il… Il va en descendre ! Edward ! Edward dis-moi comment charger une arme ! Pourquoi ? Pourquoi j'ai refusé quand Carlisle a voulu m'apprendre !
-Maman calme-toi ! Explique-moi ce qu'il se passe ! Ordonna-t-il avant de se tourner vers Sam. Appelle immédiatement mon frère à Seattle qu'il envoie des voitures chez mes parents ainsi que la police de Forks !
-Edward ? Chéri, tu… Tu es là ?
-Oui, maman. Où es-tu ?
-Penny, entendit-il Russell dire, connecte-toi à ce site.
-Mais c'est top secret, c'est l'identifiant des services secrets ! S'étonna la jeune femme.
-Connecte-toi !
En quelques secondes, Penny fut sur le réseau et Edward put voir s'afficher devant lui différentes caméras montrant chaque pièce de la maison de ses parents. Il aperçut sa mère dans une pièce qu'il ne connaissait pas et qu'il identifia comme une pièce de sureté. Son regard balaya les écrans avant de tomber sur la Mercedes de son père qui venait de s'arrêter dans le garage dont la porte se refermait.
-Edward ! Appela sa mère.
-Je suis là, maman, quelqu'un t'a menacé et est dans la maison, s'est ça ?
-J'ai cru que c'était un livreur, que ton père m'envoyait des fleurs ! Edward aide-le !
Le jeune homme tourna la tête vers son mentor qui essayait déjà depuis quelques secondes de joindre Carlisle sur son portable.
-Pas de réseau, murmura Russell.
-Il a dû brouiller les communications, votre mère doit pouvoir téléphoner car la ligne du bunker est protégée, expliqua Sam.
-Edward ?
-Je suis là, maman. Emmett et Charlie sont en route.
-Ils… Ils ne vont pas arriver assez vite, il sort ! Carlisle, non, ne sort pas ! Il… Edward, je… Je vais sortir….
-Non, maman ! Je t'interdis de quitter cette pièce ! Hurla Edward. Tu es à l'abri, restes-y !
-Je… Je ne peux pas, c'est… C'est mon mari !
Sous ses yeux effarés et impuissants, Edward vit sa mère raccrocher le téléphone avant d'agripper avec ses mains tremblantes un revolver qu'elle arma maladroitement avant d'actionner la porte. Edward pesta. Avec horreur, il vit soudain son père sortir de sa voiture pour se diriger tranquillement vers l'agresseur qui se tenait derrière la porte du garage menant à la buanderie.
-Là ! »
Edward suivit du regard l'endroit désigné par Russell, son sang se glaça dans ses veines quand il vit le bouquet de lys blancs posés sur la commode de l'entrée. Non ! Ces fleurs n'étaient pas là par hasard ! Silencieusement, il hurla à sa mère de remonter à l'abri, sinon, elle n'aurait aucune chance. Ils n'avaient aucune chance, réalisa-t-il soudain avec effroi. La caméra filma d'un œil froid l'Eventreur attaquer son père par derrière, plantant un couteau dans son flanc. Bella et Penny ne purent retenir un cri d'horreur lorsqu'elles virent Carlisle chuter. L'homme au masque blanc allait revenir à la charge, mais son attention fut attirée par autre chose. Edward comprit quand il vit sa mère se tenir bravement face au tueur, le visage baigné de larmes, son arme fumante encore en main. Elle n'avait pas touché l'Eventreur, mais avait fait diversion. Dans un mouvement souple, oubliant sûrement la douleur, il vit son père se redresser tout en balayant d'un mouvement gracieux les jambes de l'Eventreur qui chuta lourdement sur le sol. En quelques secondes, la situation s'inversa pour son plus grand soulagement. Sous l'ordre de son père, Esmé lui donna l'arme et partit se réfugier à nouveau dans la pièce sécurisée. Edward se tendit quand il vit le regard froid de son père se poser sur l'Eventreur toujours à terre et malheureusement hors de leur vision. Le jeune homme savait qu'il ne restait au meurtrier que quelques secondes à vivre, Carlisle serait sans pitié. D'un geste sûr, son père arma le revolver qu'il braqua sans une once de compassion sur l'Eventreur. Alors qu'il attendait que le coup de feu parte, il vit avec surprise un masque blanc voler. Pourquoi l'Eventreur avait-il montré son visage ? La stupeur, l'incrédulité se dessinèrent soudain sur le visage de son père dont la poigne ferme vacilla. Que se passait-il ? Que pouvait donc voir Carlisle qui l'empêchait de tuer cet homme à qui il avait pourtant promis une balle entre les deux yeux ? Profitant de l'absence de réaction de son père, l'Eventreur se jeta sur lui. Les deux hommes se battirent et il était incapable de dire qui avait le dessus sur l'autre. Edward laissa échapper un cri quand il vit son père s'écrouler sur le sol alors que l'Eventreur se relevait avec le revolver de Carlisle entre ses mains. L'homme prit le soin de remettre son masque avant de se tourner vers la caméra dont il avait sûrement deviné la présence. Il pointa son arme vers l'objectif, le coup de feu partit les plongeant dans le noir. Lentement, toutes les caméras s'éteignirent, le privant d'image alors qu'il priait, suppliait pour que son frère et les forces de police arrivent à la villa à temps et surtout, surtout, qu'aucun autre membre de sa famille ne soit blessé !
