Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
J'espère que vous allez tous bien !
Je vous remercie du fond du cœur pour vos reviews ! Merci ! Merci !
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Réponses aux reviews anonymes :
Ilonka : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Tu trouveras dans ce chapitre des réponses à tes questions ainsi que l'identité de l'Eventreur… Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Lyna : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances ! Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Hashiko : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Ce chapitre apporte pas mal de réponses, j'espère qu'il te plaira. Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Aussidagility : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Oui, je sais, je suis sadique, mais ce n'est pas nouveau, lol. Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Amimi31 : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Mylene : Oui, je sais désolée, mais la suite arrive ! ^_^ Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Audrey : Merci beaucoup pour ta review ! Merci d'avoir pensé à mon anniversaire ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
Sarah : Effectivement la suite est pour ce soir, j'espère qu'elle te plaira ! Merci pour ta review ! Bonne soirée et passe de bonnes fêtes de fin d'année !
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Pour la suite, je ne peux vous donner de date car avec les fêtes et le boulot, je ne sais pas quand j'aurais le temps d'écrire…
En tout cas, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d'année ! J'espère que le Père Noël vous gâtera et que vous fêterez bien le passage à la nouvelle année !
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Résumé : Edward s'est confié à Bella sur sa détention avec l'Eventreur, la jeune femme l'a écouté, mais elle reste persuadée qu'il lui cache quelque chose. Edward étant au travail, Bella a la garde de Stefan et emmène celui-ci au parc, malheureusement, Stefan semble avoir été terrorisé par quelque chose là-bas et Bella est obligée de l'emmener rapidement auprès d'Edward pour que l'enfant se sente en sécurité. Pendant ce temps, Edward a appris que le corps d'Ethan Volturi n'était pas dans son cercueil à Gaberville. Le jeune homme finit par faire part de ses craintes à Russell quant à la possibilité que l'Eventreur soit toujours en vie. Edward finit aussi par confier à son mentor tout ce qui s'est passé avec l'Eventreur lors de sa détention expliquant ainsi pourquoi il avait dérobé des photos sur la scène de crime. Bella arrive avec Stefan qu'il réussit tant bien que mal à calmer, Edward rentre chez lui pour veiller sur son fils. Le lendemain, il retourne au FBI avec l'enfant et Bella, bien décidé à savoir ce qui a pu effrayer à ce point son fils, mais alors qu'il fait des recherches, Edward reçoit un appel paniqué de sa mère, l'Eventreur est chez eux. Grâce au système de surveillance de la villa connut par Russell, Edward insiste impuissant à la bagarre entre le tueur et Carlisle, un coup de feu résonne, seul l'Eventreur se relève…
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Chapitre 22 : Yin et Yang
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Personne ne put arrêter sa course, il bousculait tous ceux qui avaient le malheur d'être sur son chemin, il ignorait les cris de protestation, les appels de ses amis. Il entra précipitamment dans les toilettes pour homme dont il condamna la porte grâce à une chaise. D'un geste vif, il ôta sa veste qu'il lança sur le siège. Avec des gestes malhabiles, il fit sauter les boutons de sa chemise avant d'en remonter les manches. Il ouvrit le robinet d'eau froide, ses mains tremblantes formèrent une coupelle avec laquelle il recueillit l'eau dont il s'aspergea encore et encore le visage jusqu'à ce qu'il soit rougi. Il entendait les coups répétés contre la porte ainsi que les appels, mais il n'en avait cure, il continua son manège. Ses yeux se fermèrent alors qu'il luttait contre l'envie de vomir qui l'avait saisi. Le raffut dans le couloir semblait s'être apaisé ce qu'il apprécia. Ses mains s'accrochèrent au rebord du lavabo, blanchissant ses jointures tant il le serrait avec force. Il inspira profondément avant de rouvrir les yeux, un masque de froideur s'était dessiné sur son visage, ne laissant transparaître aucune de ses émotions. Avec des gestes sûrs, il remit en place ses manches avant de renfiler sa veste dont il ferma un bouton. Après avoir réajusté sa cravate, il enleva la chaise et ouvrit la porte pour se retrouver face à Sam et d'autres agents qui semblaient prêts à enfoncer la porte.
« -C'est libre, messieurs, leur dit-il, vous pouvez y aller.
Sur un sourire qui sembla glacer ou faire fuir certains des agents, il avança, passant devant Caitlin, se permettant tout juste un léger sourire à l'adresse de Bella.
-Ta famille est escortée par les agents de l'antenne de Seattle jusqu'à l'aéroport, ils devraient arriver en fin de journée, annonça Russell en le voyant revenir, nous venons de recevoir les premières images de la villa.
-Ma mère ?
-Physiquement, elle va bien, mais elle est choquée.
-C'est compréhensible, murmura Edward en regardant la photo montrant des traces de sang. On a le rapport du légiste ?
-C'est trop tôt, répondit son mentor.
-Harcèle-le ! Fais ce que tu veux, mais je veux ce rapport, compris ?
-Edward, il sait que c'est urgent et nous l'aurons dès que possible.
-Les barrages routiers ont-ils donné quelque chose, Sam ? Questionna le superviseur alors que son équipe les rejoignait.
-Non, mais ils sont toujours en place, des hélicoptères survolent la région. On devrait envisager qu'il se cache à Forks ou dans ses alentours.
-Cela m'étonnerait, murmura Edward.
-Il a raison, appuya Bella, tu sais avec toutes ces étendues de forêt, ces cabanes abandonnées, il peut être n'importe où, cela expliquerait pourquoi il n'a pas été intercepté.
-Bella, pourrais-tu, s'il-te-plaît, aller t'occuper de Stefan ? Lui demanda-t-il.
-Mais, je…
-Bella, s'il-vous-plaît, insista Russell en lui souriant, nous allons avoir besoin de Penny et je pense que Stefan sera mieux avec vous. Pourquoi ne vous installeriez-vous pas dans mon bureau ? Il est juste à côté, Stefan sera calme de savoir qu'il est juste à côté de son père.
-D'accord.
Edward n'avait pas besoin d'être devin pour voir que sa compagne lui en voulait de la mettre ainsi à l'écart, mais il ne tenait pas à ce qu'elle soit là, car sa présence ne l'aiderait pas à garder l'esprit clair. Alors que Bella allait refermer la porte derrière elle, la jeune femme ne put le faire. Edward se raidit en voyant le Directeur Carter entrer.
-Bonjour, salua-t-il tous les agents, je viens d'apprendre ce qu'il se passe et j'aurais aimé savoir où en était l'enquête ?
-Malheureusement, nous n'avons pas encore beaucoup de pistes. Aucun des barrages routier mis en place n'a arrêté un suspect malgré les fouilles minutieuses des véhicules, expliqua Edward d'un ton froid.
-Pourtant ceux-ci ont rapidement été mis en place ? Releva son supérieur.
-Nous avons contacté le siège du FBI de Seattle ainsi que les forces de police locale qui sont venues nous aider, précisa Russell.
-Parfait, soupira Monsieur Carter avant de le regarder avec insistance. Agent Cullen, je souhaiterai vous parler en privé.
-Je suis navré, Monsieur, mais je n'ai pas le temps, trancha l'agent superviseur.
-Vous allez le prendre, Edward, assura le Directeur, venez.
-Monsieur, il n'y a rien que vous ne puissiez me dire devant mon équipe, alors, parlez ou laissez-moi travailler.
-Très bien, Agent Cullen, puisque vous le prenez ainsi, regretta son supérieur, je vous retire cette affaire.
-Quoi ? S'écria Edward. Vous n'avez pas le droit !
-J'ai tous les droits, Agent Cullen, et cette affaire vous touche de trop près, vous n'avez pas l'esprit clair.
-Je ne pense pas, Monsieur, avoir commis la moindre erreur jusque-là ! J'ai toujours fait preuve d'intégrité et de sang-froid !
-Ce n'est pas ce que l'on m'a rapporté tout à l'heure après que vous vous soyez barricadé dans les toilettes ?
-Qui ? Gronda Edward. Non, cela n'a pas d'importance ! Pardonnez-moi, Monsieur, d'avoir pris quelques minutes pour moi, mais je puis vous assurer que je suis tout à fait apte à diriger cette enquête !
-Edward a raison, il est le plus à même à arrêter l'Eventreur, plaida Russell, par ailleurs, Monsieur, vous me connaissez suffisamment bien pour savoir que je veillerai sur lui.
-La question n'est pas là, je sais Russell que vous, ainsi que toute l'équipe, prendrez soin de l'Agent Cullen, admit le Directeur, cependant, je suis beaucoup plus inquiet par ce que veut l'Eventreur. N'oubliez pas que par deux fois, Edward, vous vous êtes volontairement jeté dans la gueule du loup et il est hors de question que cela se reproduise à nouveau ! Est-ce clair ?
Edward serra les poings, ses émeraudes luisantes de colère défièrent les prunelles du Directeur qui ne broncha pas, lentement, il s'obligea à hocher la tête.
-Parfait, accepta le Directeur ravi, l'Agent Davies co-dirigera cette enquête avec vous, je veux que tous vos ordres soient approuvés par Russell, c'est compris ?
-Oui, Monsieur.
-Et si jamais cela vous venait à l'esprit de désobéir, sachez que les conséquences seraient lourdes et sans appel, suis-je suffisamment clair ?
-Oui, Monsieur.
Edward savait très bien ce que cette menace signifiait, cependant, Monsieur Carter ne semblait pas comprendre qu'il rendrait lui-même sa plaque si c'était le seul moyen pour sauver son père.
-Je ne cherche qu'à vous protéger, Edward, conclut l'homme avant de sortir du bureau. Tenez-moi au courant de l'évolution de l'enquête.
La porte se referma et il resta quelques secondes à suivre la silhouette du Directeur à travers les stores.
-Ce qu'il vient de dire ne change pas grand chose, murmura Caitlin, il sait très bien que nous agissons toujours ainsi.
-Oserais-tu prétendre que je ne sais pas prendre de décision sans avoir eu l'avis de Russell ? Questionna Edward avec un léger sourire.
-Tout à fait exact, très cher, acquiesça son mentor, je te suis, non, nous te sommes indispensable. »
Les quatre agents échangèrent un sourire complice avant de se remettre au travail. Sam et Caitlin s'occupaient de surveiller à distance l'évolution de la situation à Forks tout en gardant un œil sur sa famille qui venait juste de rejoindre l'aéroport et de monter à bord du jet. Edward soupira, au moins, ils étaient tous en sécurité. Russell, quant à lui, était en train d'examiner les différentes photos de la villa envoyées par l'équipe de scientifiques qui était toujours en train de passer la maison de ses parents au crible. Edward retourna s'asseoir à son bureau. Il ne cessait de revoir la scène, son père avait eu l'Eventreur en joue, cependant, ce dernier avait ôté son masque déstabilisant ainsi suffisamment Carlisle pour prendre le dessus sur lui. Mais qui avait donc ce pouvoir ? Ethan ? Non, cela ne pouvait pas être lui. Il avait eu le temps d'étudier les images de l'assaut et plus précisément celles où les deux hommes se tenaient en joue, Ethan était mort, il en était certain. Pourtant, son instinct lui soufflait que la réponse n'était pas loin. James n'était pas l'Eventreur, la preuve en était faite, néanmoins, il était tout aussi intimement persuadé que ce psychopathe avait un rapport avec son passé. Ce passé qui se refusait obstinément à lui… Il devait retrouver ses souvenirs ! Il devait les avoir pour combattre l'Eventreur à armes égales !
Pris d'une soudaine inspiration, il attrapa le cahier offert par Jasper dans lequel il avait consigné tous ses cauchemars. Lentement, il relut les différents passages, notant son écriture parfois hésitante, brouillonne, alors que cela ne lui ressemblait pas. L'agent superviseur saisit un bloc note et tout en continuant sa lecture, il releva des passages qui l'interpellaient. Au bout d'un moment, il arriva à la dernière page, un soupir empreint de lassitude franchit le seuil de ses lèvres, il n'y avait rien, du moins, il n'y avait rien qui ne l'interpelle lui. Peut-être devrait-il demander à Russell d'y jeter un coup d'œil ? Cependant, aussi proches soient-ils, il ressentait une sourde appréhension à ce que son ami plonge dans ce qui semblait être ses plus sombres secrets. Edward allait se lever pour rejoindre ses agents autour de la table de travail quand il vit Caitlin et Sam commencer à se disputer. Il savait que ces deux-là s'appréciaient, mais ils aimaient tout autant se lancer dans des joutes verbales sans fin. Alors qu'il allait intervenir pour réclamer un peu de calme, une image s'imposa à lui. Une dispute dans la salle d'entraînement dans la planque de son père. Il avait rangé cette information dans un coin de son cerveau et n'y avait plus vraiment repensé, pourtant, la dispute avait été houleuse.
« -Il faut lui dire ! Assura Daniel entre deux tirs.
-Hors de question ! Répliqua Helena furieuse.
-Helena…
-Non ! Daniel ! Tu vas lui faire inutilement du mal ! Laisse les morts là où ils sont, c'est préférable ! »
Edward se traita d'idiot, le « il » faisait sûrement référence à son père, apparemment ces deux-là lui avait dissimulé quelque chose. Qu'avaient-ils voulu dire par les morts ? Qui d'autre qu'Ethan pourrait être un danger pour Carlisle ? Etait-ce pour cela qu'Helena était restée auprès d'eux ? Etait-ce pour cette raison qu'elle avait été tuée ? Avait-elle fait le lien entre leur passé et le tueur en série ? Connaissait-elle l'identité de l'Eventreur ? Il devait contacter de toute urgence Daniel Richardson, mais comment ? Celui-ci avait pris la fuite. Peut-être Franz Scheler pourrait-il l'aider ? Aussitôt, il attrapa son téléphone portable pour chercher dans celui-ci les coordonnées de l'ancien marshal.
« -Une piste ? S'enquit Russell en le voyant s'agiter.
Edward leva un doigt dans sa direction, lui intimant ainsi le silence, alors que son correspondant décrochait.
« -Oui ?
-Monsieur Scheler, bonjour, Agent Cullen à l'appareil.
-Que puis-je faire pour vous Edward ? Car j'imagine que tout comme votre paternel vous ne m'appelez pas pour prendre des nouvelles ?
Edward ferma les yeux et serra les poings quand l'ancien marshal fit référence à Carlisle, il ravala difficilement la boule qui s'était formée dans sa gorge pour reprendre la conversation d'un ton posé.
-J'aurais besoin de contacter Daniel Richardson, savez-vous où il est ?
-Daniel ? Non, mais je peux le retrouver si vous voulez.
-Oui, s'il-vous-plaît, il est urgent que je lui parle.
Un silence s'abattit sur la ligne, Edward se demanda pendant quelques instants si la communication n'avait pas été coupée.
-Tout va bien ? Lui demanda Scheler d'une voix tendue.
-Non, rien ne va, avoua-t-il, je vous en prie, Monsieur Scheler, retrouvez Richardson, faites cela pour mon père.
-Je fais aussi vite que possible, petit, je vous tiens au courant.
-Merci.
-Edward ? Carlisle va bien ?
-Je ne sais pas, murmura l'agent du FBI avant de raccrocher.
Le jeune homme posa le téléphone sur son bureau avant d'inspirer profondément, il pouvait sentir peser sur lui les regards de ses agents qui se demandaient s'il allait craquer.
-Ça va, assura-t-il en passant une main dans ses cheveux.
-Tu nous expliques ? Lui demanda Russell.
-Lorsque nous étions dans la planque de mon père avant que je ne serve d'appât, j'ai surpris une conversation au stand de tir entre Helena et Daniel. Apparemment ce dernier voulait dire quelque chose à mon père, quelque chose qui semblait important, mais Helena l'en a empêché, arguant que Carlisle avait déjà suffisamment souffert et qu'il ferait mieux de laisser les morts à leur place.
-Vous pensez qu'ils auraient pu cacher quelque chose d'important ? Interrogea Caitlin.
-Quelque chose ou quelqu'un, précisa Edward.
-Quelqu'un qu'ils auraient pu penser mort, rappela Sam, peut-être parlaient-ils du cercueil vide d'Ethan ?
-Je ne crois pas, souffla l'agent superviseur, mon instinct me dit que la clef du mystère est peut-être là. Caitlin, Scheler recherche Daniel Richardson, mais demande tout de même à Penny de travailler aussi dessus. Plus vite il sera ici, plus tôt nous aurons des réponses.
Caitlin hocha la tête avant de prendre quelques affaires pour se rendre au bureau de Penny.
-Des nouvelles de Forks ? S'enquit-il.
-Non, répondit avec regret Sam, je…
-Oui ? L'encouragea Edward.
-Peut-être devrions-nous envoyer une brigade cynophile sur place, proposa son agent, il est possible qu'il ait pu passer les barrages parce qu'il était seul, cela voudrait donc dire qu'il a abandonné le corps de votre pè…
C'était la première fois que le superviseur voyait son subordonné buter ainsi sur des mots. Edward acquiesça vaguement de la tête, le dispensant de terminer sa phrase.
-Fais une demande, mais je ne pense pas qu'ils trouvent quoi que ce soit. Il a emmené mon père avec lui, je suis même certain qu'ils sont en route pour Washington où il mettra la touche finale à son plan. D'ailleurs, il faudrait placer une alerte sur les aéroports.
-Jamais il ne pourra prendre un avion avec votre père blessé à ses côtés, fit remarquer Sam.
-Je pense qu'il a suffisamment de ressources pour y parvenir que ce soit par un vol commercial ou privé, renseigne-toi, je te prie.
L'agent Cartland fit signe qu'il s'en occupait avant de sortir de son bureau. Russell se saisit alors d'un dossier qu'il venait d'imprimer, il le rejoignit et lui tendit la liasse de feuilles.
-Qu'est-ce ? Demanda Edward avant de baisser les yeux sur l'en-tête du premier papier.
-Les premières conclusions du légiste même s'il n'a pas de corps. Il y est précisé qu'il a relevé plus de 3 litres et demi de sang, le corps humain en contient approximativement 5. Sans une transfusion rapide, Carlisle n'a pas la moindre chance de survi…
-Tais-toi !
-Edward…
-Je t'ai demandé de te taire ! Gronda le jeune homme en jetant le rapport à la poubelle.
-Je sais que ce n'est pas évident pour toi, je t'assure que moi-même j'ai du mal à garder mon calme, mais tu dois te préparer à envisager le pire.
-L'Eventreur a planifié tout ceci, il a besoin de mon père vivant pour que sa mise en scène soit parfaite, j'en suis certain.
-Je le pense aussi, mais je ne crois pas qu'il avait prévu de tirer sur Carlisle, tout comme je ne pense pas qu'il va le conduire à l'Hôpital.
Edward savait tout cela, il savait que les chances de survie de son père étaient très minces, mais il voulait y croire, il ne pouvait pas faire autrement, sinon, il s'écroulerait.
-Ecoute, pourquoi n'irais-tu pas passer un peu de temps avec Stefan et Bella ? Offrit Russell. Fais une pause, allez déjeuner tous les trois. Je t'appelle s'il y a quoi que ce soit, d'accord ? »
Edward balaya du regard les diverses photos ainsi que les multiples rapports jonchant la table de travail. Le jeune homme prit son téléphone portable qu'il glissa dans la poche de sa veste avant de quitter son bureau pour celui de son mentor. A peine avait-il fait un pas à l'intérieur que Stefan se jeta sur lui, il étreignit son fils, humant son odeur rassurante tout en essayant d'oublier le regard noir que lui lançait sa compagne. Etouffant un soupir de lassitude, il les entraîna vers la cafétéria, puis, une fois leur commande passée, ils s'installèrent sur les tables en extérieur pour profiter du soleil.
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Bella observait à la dérobée Edward qui était assis en face d'elle, son compagnon coupait la viande de son fils pendant que ce dernier s'attaquait déjà à ses frites. La présence de Stefan l'empêchait de faire la moindre récrimination au jeune homme, pourtant, elle lui en voulait de l'avoir ainsi écarté de l'enquête. Elle aussi, elle était morte d'inquiétude pour Carlisle et elle espérait de tout cœur qu'il allait bien. Distraitement, elle commença à piocher dans son assiette, mâchouillant difficilement la nourriture tout en écoutant Stefan qui leur racontait avec enthousiasme une histoire farfelue.
« -Est-ce trop te demander si tu as des nouvelles ? Lui demanda-t-elle du bout des lèvres quand l'attention de l'enfant se porta sur un groupe de pigeons à quelques mètres d'eux.
-Non.
Edward n'avait prononcé qu'un seul et simple mot, mais elle fut frappée par la souffrance qu'elle avait pu y percevoir. Aussitôt, elle regretta le ton froid qu'elle avait utilisé.
-Je suis désolé, poursuivit Edward sans pour autant la regarder, mais j'ai déjà eu du mal à conserver l'affaire, ta présence n'aurait pas été acceptée par mon supérieur.
-Et par toi non plus, lui reprocha-t-elle.
-C'est exact, convint le jeune homme en plantant enfin son regard émeraude dans le sien, ta présence me trouble, je ne pense pas que j'arriverais à contenir mes émotions si tu es là.
-Je peux…
-Bella, je t'en prie, ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. J'ai besoin d'avoir l'esprit clair pour le retrouver. Je t'en prie, Bella, comprends-moi et soutiens-moi, sans toi, je n'y arriverai pas.
Une vague de tristesse submergea la jeune femme qui ne put que céder face à la peine évidente de son compagnon, elle posa sa main sur celle de son amant tout en lui adressant un sourire rassurant. La fin du déjeuner se passa dans une ambiance plus sereine, même si les adultes ne cessaient de penser à Carlisle. Leur repas achevé, Edward prit Stefan dans ses bras, une de ses mains s'enroula autour de la sienne et ils regagnèrent le bureau de Russell. Alors qu'elle pensait que son compagnon allait rejoindre son équipe, elle remarqua que ce dernier ne cessait de fixer son fils d'un air soucieux.
-Stefan, tu veux bien venir sur mes genoux ? Demanda finalement Edward après de longues minutes d'hésitation.
Le petit garçon ne se fit pas prier et grimpa sur les genoux de son père, ce dernier enlaça aussitôt l'enfant pour le câliner.
-Je sais que tu n'as pas envie d'en parler, débuta doucement son compagnon, tu l'as fait comprendre à Russell, mais papa a vraiment besoin de savoir ce qui s'est passé dans le parc.
Bella se raidit au même moment que Stefan, l'enfant ferma les yeux et sembla se tasser sur lui-même.
-Stefan, mon ange, regarde-moi, ordonna Edward. Je sais que ce n'est pas facile pour toi, mais je vais te demander d'être courageux et fort.
-Comme toi ? Murmura son fils.
-Oui, tu seras même plus courageux que moi, mon trésor. Tu veux bien qu'on essaye de discuter ?
Pour toute réponse, Stefan hocha la tête avant de se blottir dans les bras de son père, Bella se hâta de lui donner le doudou qui était resté avec les affaires de l'enfant. Bella vit Edward déposer un baiser sur le front du petit garçon avant qu'il ne se mette à caresser tendrement l'avant-bras de son fils en un mouvement répétitif.
-Tu es bien, là ? Tu sais que tu es en sécurité avec papa et Bella, n'est-ce pas ?
-Oui.
Une fois que son fils eut prononcé ce mot, Edward lui fit signe de s'approcher. Bella les rejoignit et s'assit sur le rebord du bureau pour être près d'eux, elle posa une main sur le genou de Stefan qui lui offrit un petit sourire.
-Alors, dis-moi, commença Edward dans un doux murmure, tu as joué au foot au parc ?
-Non, j'ai joué au toboggan, à la balançoire et sur la cage.
-Tu as grimpé au sommet ?
-Oui.
-Qui était avec toi ? Dylan ?
-Oui.
-Et qui d'autre ?
-Mady, Bob, Martin et Sandy.
-Vous vous amusiez bien?
-Oui.
-Tu as donc joué avec tes amis, puis, tu es revenu voir Bella, non ? Tu avais soif, je crois ?
-Oui, répondit son fils avec une petite voix.
-Après tu es revenu jouer, mon ange, mais là tu as eu peur, très peur. Tu veux raconter à papa ce qui s'est passé ?
Stefan se crispa malgré toutes les attentions de son père, ce dernier ne voulait pas le blesser et Bella voyait bien que l'agent surveillait le moindre signe inquiétant qui lui ferait stopper l'interrogatoire.
-Qu'est-ce qui t'a effrayé, mon cœur ? Quelque chose que tu as vue ou une personne ?
Un léger gémissement de peur franchit le seuil des lèvres de l'enfant, son petit corps se mit à trembler. Aussitôt Edward le redressa pour que son torse repose contre le sien, ses bras se refermèrent sur le corps frêle alors qu'il le serrait fermement.
-Chut, je suis là, tout va bien, Stefan. Je t'aime, mon cœur, je t'aime. Tout va bien.
Les doigts de son compagnon se promenèrent dans les cheveux de son fils en une douce caresse. Bella mordilla nerveusement sa lèvre inférieure pour endiguer les larmes qui menaçaient de lui échapper, elle ne supportait pas de voir Stefan souffrir ainsi. Heureusement, le petit garçon finit par se détendre sous les caresses de son père. Edward posa un doigt sous le menton de son fils pour lui faire relever la tête, le cœur de la jeune femme se serra quand elle vit son petit visage baigné de larmes. Tendrement, Edward les essuya tout en souriant à son fils.
-Suis pas courageux comme papa, murmura Stefan qui paraissait honteux.
-Ne dis pas ça, mon cœur, tu es bien plus courageux et plus fort que moi, Stefan !
-C'est vrai ? Questionna son fils avec espoir.
-Oh, oui ! Crois-tu que je pourrais te mentir ?
-Non !
-Bien, que dirais-tu que nous jouions un peu avant que tu ne fasses la sieste ?
-Avec toi ?
-Non, mais je suis sûr que Bella sera d'accord pour la faire avec toi, moi, je serais juste à côté dans mon bureau en train de travailler, d'accord ?
-Oui !
Stefan se hissa sur les genoux de son père pour déposer un baiser sur sa joue avant de descendre pour aller choisir des jouets. Bella suivit l'enfant du regard, étonnée par sa capacité à endiguer sa peine et sa souffrance.
-Il est drôlement fort, murmura-t-elle.
-Oui, je suis extrêmement fier de lui.
-Tu ne peux pas continuer à l'interroger, plaida soudain la jeune femme, il a trop peur.
-Je sais, la rassura Edward en posant une main sur son genou, et je ne l'interrogerai pas davantage car je sais ce qu'il cache.
-Que veux-tu dire ?
Son compagnon se leva pour se placer contre elle, il se pencha pour embrasser son front avant que ses lèvres ne frôlent son oreille.
-Il a vu l'Eventreur, murmura son amant, il était au parc.
-Quoi ? S'exclama-t-elle sans pouvoir s'en empêcher.
-Chut, souffla Edward, je ne veux plus évoquer cela devant lui.
-Mais… Les vidéos surveillances ?
-Elles n'ont rien donné, toutes les personnes identifiables ont un casier vierge et ne correspondent pas au profil.
-Stefan pourrait…
-Tu l'as toi-même dit, il a trop peur, je ne veux plus qu'on lui demande quoi que ce soit, d'accord ?
-Oui, bien sûr.
-Papa ! Bella ! Vous jouez ? »
Edward sourit avant de rejoindre son fils, Bella les observa quelques secondes tout en se demandant quand ces deux-là pourraient être pleinement heureux et insouciants. Après un deuxième appel de Stefan, la jeune femme plaqua un sourire sur son visage avant de les rejoindre pour participer au jeu. Une fois qu'ils eurent terminés la course de voitures, Stefan protesta quelque peu quand Edward l'allongea sur le canapé pour qu'il prenne un peu de repos. Cependant, après un câlin, l'enfant accepta de laisser partir son père. Bella prit alors un livre et s'allongea auprès du petit garçon pour lui conter la suite de l'histoire. Stefan ne tarda pas à s'endormir. La jeune femme se tourna alors sur le côté pour caresser tendrement le visage de l'enfant. Elle se promit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour le protéger alors même si elle avait envie de participer à l'enquête, elle avait réalisé que sa place était ici, auprès de Stefan, pour l'aimer et préserver son âme innocente.
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Edward entra dans son bureau qu'il trouva désespérément vide. Il s'approcha de la table de travail pour voir s'ils avaient reçu de nouveaux documents. Son cœur se serra à la vue des tâches de sang maculant la buanderie, le couloir, menant à l'intérieur de la villa, le sang de son père… Le jeune homme prit quelques documents pour les étudier avant d'aller s'asseoir à son bureau, il jeta un coup d'œil à sa boîte de messagerie avant de vérifier son téléphone portable, car il se doutait bien qu'à un moment ou à un autre, l'Eventreur allait le contacter. Après avoir constaté qu'il n'avait aucun message, il observa avec sérieux les deux épais dossiers qui trônaient face à lui, l'un concernait l'Eventreur et l'autre le Général Volturi. Edward les ouvrit dans l'espoir de trouver un indice qui leur aurait échappé car il était convaincu qu'ils étaient passés à côté d'un détail.
L'après-midi était bien avancée quand les cris de joie de son fils lui firent relever la tête, il regarda à travers les stores obstruant la baie vitrée donnant sur les bureaux en open-space pour voir sa famille débarquer. Stefan courut vers sa grand-mère qui l'accueillit à bras ouverts. Edward se sentit mal quand il vit les traits tirés d'Esmé ainsi que ses yeux rougis. L'agent referma les dossiers avec un léger soupir de désespoir, il n'avait rien trouvé. Après avoir inspiré profondément, il sortit de son bureau pour aller accueillir les siens. Sa famille n'allait rester que quelques heures sur Washington avant d'être transférée dans un lieu sûr et sous bonne garde.
« -Salut, Edward ! L'interpella son cadet en le serrant dans ses bras. T'as des nouvelles ?
-Non, Emmett, murmura-t-il avant de saluer les autres.
Alice le retint un peu plus longtemps dans son étreinte et il pouvait voir qu'elle était sur le point de craquer. Dès qu'il la relâcha, sa petite sœur courut se réfugier dans les bras de Jasper qui lui offrit un sourire triste. Edward se tourna ensuite vers sa mère qui venait de confier Stefan à Rosalie, il ouvrit ses bras pour l'étreindre, mais il ne reçut en retour qu'une gifle. C'était la première fois qu'Esmé levait la main sur lui. Edward baissa les yeux face à son regard troublé par le chagrin et la colère.
-Je suis déso…
-Je t'interdis de dire que tu es désolé, gronda-t-elle d'une voix tremblante, retrouve-le !
-Oui, acquiesça-t-il en ravalant autant ses sanglots que sa honte.
Sans un mot ou un regard de plus, Esmé prit la direction de la salle de repos où ils devaient patienter avant leur prochain départ. Alice et Rosalie lui lancèrent un regard désolé avant de la suivre, emmenant Stefan avec eux, Emmett hésita quelques secondes avant de leur emboîter le pas.
-Boss, vous devriez venir…, commença Penny qui venait d'arriver et remarquait seulement que tous étaient figés. Tout va bien ?
-Laisse-moi une minute, s'il-te-plaît, demanda Edward dans une supplique.
L'agent superviseur passa devant les différents bureaux, ignorant les regards qui pesaient sur lui, repoussant loin de lui l'idée que tous ses subordonnés avaient vu sa mère le gifler, le renier. A peine était-il arrivé dans les toilettes qu'il s'apprêtait à barricader la porte, cependant, Russell fut plus rapide cette fois et réussit à entrer, Jasper et Bella sur ses talons.
-Une minute, s'il-vous-plaît, répéta-t-il.
-Hors de question, répliqua Russell. Je sais que cela va être dur, mais oublie son geste.
-Je ne peux pas.
-Edward, murmura Bella en s'approchant pour lui prendre la main, elle est bouleversée, son geste a dépassé ses pensées, j'en suis sûre. Elle t'aime comme toute mère aime…
-Ce n'est pas ma mère, coupa soudain Edward en acceptant pour la première fois cette réalité, je ne suis pas son fils, je suis simplement celui par qui le malheur arrive dans sa famille.
-Bon, tu as fini avec tes idioties ? Marmonna Jasper en lui lançant un regard lourd de reproches. Cesse donc de t'apitoyer sur ton sort. Esmé n'avait pas à faire cela et je suis sûr qu'elle regrette déjà son geste. Elle a vécu beaucoup de choses horribles en peu de temps, elle a eu très peur aujourd'hui et Carlisle a disparu, tu ne crois pas qu'il est normal qu'elle pète un peu les plombs ?
-Péter les plombs ? C'est du jargon de psy ? S'étonna Russell.
La réplique de son mentor eut le don de lui arracher un sourire alors que Jasper levait les yeux au ciel.
-Enfin, tout ce que j'essaie de te dire c'est qu'elle t'aime comme si tu étais sa chair et son sang, laisse-lui juste le temps de digérer tout cela, d'accord ?
Edward acquiesça tout en entourant de ses mains la taille fine de Bella pour l'attirer au plus près de lui, il enfouit son visage dans ses cheveux en ignorant les regards complices que se lancèrent Jasper et Russell. Les deux hommes ne tardèrent pas à quitter les toilettes. Bella s'échappa alors de ses bras et tout en lui offrant un petit sourire, elle alla bloquer la porte des toilettes avec la chaise.
-J'aimerais, murmura-t-il, mais je n'ai pas le temps, je dois…
-Chut ! Coupa la jeune femme en posant son index sur ses lèvres. Russell et même Jasper seront d'accord avec moi pour dire que tu as besoin de réconfort. »
A peine Bella avait-elle terminé sa phrase qu'elle se hissa sur la pointe des pieds pour poser ses lèvres sur les siennes. Ses mains se posèrent sur la hanche de sa compagne, plaquant leurs corps l'un contre l'autre, alors que leurs langues se lançaient dans un ballet endiablé. A bout de souffle, leurs lèvres se séparèrent, leurs fronts se touchaient toujours alors que leurs regards se mélangeaient. Il put voir dans les prunelles chocolat la même flamme du désir qui devait brûler dans les siennes. D'un mouvement souple, Bella échangea leur place, se retrouvant ainsi bloquée entre le meuble dans laquelle la vasque du lavabo était encastrée et son corps. Leurs lèvres se retrouvèrent pour un baiser teinté de violence pendant que ses mains soulevaient la jeune femme pour l'asseoir sur le rebord du meuble. Les jambes de sa compagne entourèrent ses hanches, l'emmenant au plus près d'elle. Les mains de Bella étaient loin d'être inactives, il pouvait déjà sentir ses longs doigts fins défaire les boutons de sa chemise après avoir repoussé sa cravate. Les lèvres de sa compagne se posèrent sur son torse ainsi dévoilé alors qu'il glissait ses mains sous son pull. En quelques secondes, il lui ôta le vêtement. Edward déposa une pluie de baisers partant du lobe de l'oreille de sa belle, descendant le long de son cou avant d'enfouir son visage entre ses seins. Alors que sa langue traçait délicatement les contours du sous-vêtement en soie, il sentit les mains de la jeune femme s'attaquer à la ceinture de son pantalon. Les doigts agiles ne tardèrent pas à défaire la boucle avant de faire sauter le bouton et d'abaisser sa braguette. Un gémissement franchit le seuil de ses lèvres lorsque la main de Bella s'invita dans son boxer pour se saisir de son membre déjà douloureusement tendu.
Alors que son pantalon glissait le long de ses chevilles, Edward s'attaqua lui aussi au vêtement de sa compagne. Pendant que ses dents mordillaient l'un des mamelons de Bella, il défit son jean. La main de la jeune femme abandonna sa virilité le temps de nouer ses bras autour de son cou, il en profita pour la soulever et ainsi lui ôter son jean ainsi que sa culotte. D'un geste sec et impatient, Bella fit glisser son boxer, révélant ainsi son érection que la jeune femme s'empressa de guider vers sa féminité. Edward sentit son désir grimper en flèche quand son gland frôla la moiteur dégoulinante de désir de sa moitié. En un coup de reins, il entra en elle. Un baiser emplit d'ardeur étouffa leur cri de plaisir de ne faire plus qu'un. Les doigts de Bella s'enfoncèrent dans ses épaules, il pouvait sentir la pression de ceux-ci malgré sa chemise. La jeune femme s'offrait à lui, s'accordant, acceptant ses coups de reins rapides et brutaux. Edward sentait un désir violent gronder en lui. Son sexe ne cessait de grandir et de palpiter, appréciant la moiteur du fourreau de chair qui le pressait de plus en plus. Soudain, les dents de Bella se plantèrent dans la peau tendre de son cou pour le mordre, étouffant ainsi son cri de jouissance. Edward serra ses lèvres, retenant son râle de plaisir, alors que les chairs de sa belle enserraient violement son membre. L'orgasme le terrassa, il se répandit dans l'antre accueillant de sa compagne qui tremblait encore de plaisir entre ses bras.
Lentement, le souffle court, le corps tressaillant encore de plaisir, il garda sa douce dans ses bras, profitant encore de ces quelques minutes de calme, emmagasinant aussi tout l'amour que la jeune femme lui portait. Au bout d'un moment, Bella releva la tête. Elle l'observa avec amour avant de l'embrasser avec tendresse. Puis, à regret, ils se séparèrent. Sans un mot, ils remirent de l'ordre dans leurs vêtements et leurs coiffures. Ils échangèrent un dernier baiser avant qu'Edward ne débloque la porte. Sa main était posée sur la poignée quand les doigts de Bella s'enroulèrent autour de son avant-bras.
« -Quoi qu'il arrive, n'oublie pas que je t'aime, assura-t-elle.
-Je t'aime aussi. »
Edward lui vola un dernier baiser avant qu'ils ne sortent tous deux des toilettes. L'agent superviseur se figea quand il remarqua que son mentor se tenait au bout du couloir, assis sur une chaise, en train de lire un dossier. Un léger glapissement lui fit tourner la tête, Bella venait de prendre une belle teinte rouge en comprenant que Russell était resté là pour « monter la garde ». L'agent superviseur prit la main de sa compagne dans la sienne et l'entraîna à l'autre bout du couloir, il passa devant son ami sans lui adresser le moindre regard. A son tour, Russell se leva et leur emboîta le pas. Edward ne s'arrêta que lorsqu'ils furent devant la salle de repos, il déposa un baiser dans la paume de la main de Bella avant de lui sourire une dernière fois avant de rejoindre son bureau. L'esprit apaisé, ses blessures pansées par l'amour de Bella, il se replongea dans la noirceur des dossiers qui l'entouraient avec pour seul objectif : retrouver son père.
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Tout son être était terriblement douloureux, il ouvrit péniblement un œil pour ne rencontrer que l'obscurité. Carlisle voulut bouger, mais il se sentait trop faible, trop épuisé pour esquisser le moindre geste. Pourtant, il devait tenter de s'enfuir car il se souvenait parfaitement des derniers évènements, il se rappelait s'être battu contre l'Eventreur, il se revoyait le mettre en joue… Il allait le tuer… Le tuer… Mais l'homme avait dévoilé son vrai visage, troublant suffisamment son esprit pour qu'il baisse sa garde. Le tueur en avait profité pour reprendre le dessus et le blesser. Le reste était assez flou dans son esprit. Il lui semblait que l'Eventreur l'avait conduit ailleurs, son instinct lui souffla qu'il était bien loin de Forks. Néanmoins, il cessa de se poser des questions, il devait fuir, s'échapper, avant qu'il ne se serve de lui pour appâter Edward. Doucement, il bougea ses jambes. Carlisle fut surpris et heureux de ne sentir aucune entrave le retenir, pourquoi ne l'avait-il pas attaché ? Alors qu'il se posait cette question, il entendit une porte grincer. Lentement, la porte s'entrouvrit, laissant entrer un peu de lumière dans laquelle se découpait une haute silhouette. Carlisle cligna des paupières lorsque son ravisseur alluma la lampe posée sur le chevet à côté de son lit. Ses yeux mirent quelques secondes à s'adapter à la faible lueur. Son regard se posa sur les traits de l'Eventreur et il ne put empêcher une douleur sourde s'emparer de son être. Carlisle ne put soutenir bien longtemps les orbes sombres qui le fixaient, il ferma les yeux, détournant légèrement la tête quand il sentit une main se poser sur son front.
« -Tu as un peu de fièvre, remarqua doucement son ravisseur, je vais vérifier tes blessures. »
Carlisle sentit des doigts fins et agiles décoller les bandes adhésives avant de soulever les compresses, il sentit sa peau se tendre, la douleur traversa son être, mais il n'en laissa rien paraître lorsque l'Eventreur ôta la compresse imbibée de sang séché qui s'était collée à la plaie. Une fois qu'il eut dénudé ses deux blessures, Carlisle serra les dents en sentant la brûlure de l'alcool sur ses plaies encore béantes. Ses poings se serrèrent alors qu'il regrettait sa faiblesse, car l'Eventreur avait baissé sa garde, il aurait pu tenter de le maîtriser, de retourner la situation, mais il était bien trop impuissant pour ne serait-ce que lever un doigt. Une fois ses soins terminés, l'homme le redressa avec une douceur qui l'étonna, l'appuyant contre les oreillers, pourquoi prenait-il autant soin de lui ? Il ne comprenait vraiment pas son attitude. Pourquoi ne le torturait-il pas ? Carlisle savait que l'Eventreur ne voulait pas le tuer car il voulait se servir de lui pour attirer Edward, cependant, cela ne l'empêchait pas de le blesser ? Une petite lueur d'espoir s'alluma dans son esprit, peut-être pourrait-il arriver à le raisonner ? Peut-être que s'il trouvait ce dont ce fou avait tant besoin, il arriverait à convaincre l'Eventreur de laisser tranquille Edward, Carlisle était même prêt à rester avec lui du moment où il laissait son fils en paix. Le médecin sursauta quand il sentit une main se poser sur sa bouche, arrachant par la même occasion l'épais morceau de scotch marron qui le bâillonnait. L'Eventreur s'assit à ses côtés tout en ôtant le couvercle d'un bol, aussitôt, une odeur de potage envahit la chambre, réveillant par la même occasion son estomac. Toujours avec une douceur déconcertante, son ravisseur remplit une cuillerée de potage qu'il porta à ses lèvres après avoir vérifié qu'il ne soit pas trop chaud. Carlisle avala sans faire de difficulté, souhaitant mettre le plus de chance possible de son côté et il se doutait qu'il ne valait mieux pas énerver son geôlier. Une fois le potage terminé, l'homme l'aida à boire un peu d'eau tout en lui faisant prendre des médicaments.
« -Etait-ce bon ?
La question le désarçonna, le doute s'empara de son esprit, y avait-il autre chose que des légumes dans le potage ?
-Oui, murmura pourtant Carlisle d'une voix affreusement rauque et faible.
-Tant mieux, tu sais, j'ai suivi sa recette, confia son ravisseur d'un ton heureux qui le fit tressaillir, je sais qu'elle te la faisait souvent, à lui aussi, mais pas à moi… Je n'étais pas assez bien pour elle.
-Tu… Tu te trompes… Je suis sûr qu'elle…
Carlisle se tut. Il était allé trop loin. Il avait vu les prunelles du tueur noircir, ses traits se durcirent, ses poings se serrèrent et le médecin se prépara à recevoir des coups, pourtant, aucun ne vint. L'Eventreur se leva et avec des gestes précipités remis en place son bâillon. L'homme le rallongea avant de commencer à faire les cents pas dans la chambre. Carlisle voyait l'hésitation du ravisseur, ce dernier semblait partagé entre se défouler sur lui ou sortir de la chambre. Soudain, l'Eventreur se figea. Carlisle déglutit péniblement quand il le vit sortir un poignard d'un étui attaché à sa taille. La faible lueur de la lampe se refléta sur la lame qui brilla. Avec un regard enfiévré, l'Eventreur retroussa la manche de sa chemise, dévoilant la peau nue de son avant-bras. Lentement, il enfonça la lame dans sa chair, y laissant un trait ensanglanté, une marque qui lui rappela celles qu'il avait soignées sur un petit garçon…
-Tout va bien se passer, murmura le tueur, nous allons bientôt être réunis. Tu veilleras sur nous… On sera heureux tous les 4… Toi, mon Edward, Stefan et moi… Enfin, surtout Edward… Il me tarde tant de le revoir, de le serrer contre moi, de voir son regard chargé de haine et de douleur… C'est tellement bon…
Carlisle ne put retenir une larme qui roula le long de sa joue. Comment autant de folie pouvait l'habiter ? Que s'était-il passé pour qu'il devienne ainsi ? Il sursauta en sentant des lèvres se poser sur sa joue, cueillant ainsi son unique larme.
-Sais-tu à quel point il est bon, jouissif, même d'enfoncer cette larme dans sa chair ? Susurra l'Eventreur. Un peu comme avec toi, mais la sensation n'est pas aussi forte. Cependant, je devrais me montrer prudent, tu as perdu du sang et tu es faible. »
A peine avait-il terminé sa phrase que la lame quitta sa chair meurtrie. L'Eventreur nettoya les blessures qu'il venait de lui causer avant de les bander. Puis, il se pencha vers lui, déposant un baiser sur son front avant de lui souhaiter une bonne nuit. Sans plus attendre, l'homme partit. Carlisle laissa son corps se relâcher. Que se passait-il ? Pourquoi agissait-il ainsi avec lui ? Pourquoi n'était-il pas enfermé dans un sous-sol lugubre, attaché à un mur ? Pourquoi… Que manigançait-il ? Toutes ces questions embrouillaient son esprit. La douleur et la fatigue tiraillaient son être. Son corps ne tarda pas à rendre les armes. Carlisle sombra dans l'inconscience.
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Edward écoutait d'une oreille distraite les théories et les discussions de ses agents, ceux-ci échangeaient, débattaient pour tenter de percer le mystère. Pour sa part, il ne participait nullement au débat ce qui semblait agacer Russell. Son mentor fronça un peu plus les sourcils quand il commença à faire tourner son fauteuil, fermant les yeux et profitant de l'étrange sensation de liberté que lui provoquait ce simple jeu.
« -Edward, l'interpella Russell d'un ton las, peux-tu rester tranquille deux minutes ? »
Pour toute réponse, l'agent superviseur leva un index dans la direction de son ami, lui intimant le silence tout en continuant d'appuyer ses pieds sur le sol pour obliger son fauteuil à tourner une nouvelle fois sur lui-même. Le soupir exaspéré de son mentor lui arracha un sourire. Soudain, son regard se posa sur son reflet dans la vitre lui faisant face, Edward se figea. Quelque chose était là, juste devant lui, ses sourcils se froncèrent alors qu'il se concentrait, la réponse était toute proche, il le sentait.
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Bella sourit à Alice, elle se leva effleurant par la même occasion la main de Rosalie qui lui jeta un regard embué avant de reporter son attention sur Esmé qu'elle réconfortait tant bien que mal. Jasper et Emmett revinrent à ce moment-là avec leurs boissons, Stefan perché sur les épaules de son immense oncle. A peine avaient-ils passé la porte qu'Esmé sourit, elle se leva pour prendre Stefan dans ses bras, mais l'enfant refusa d'aller avec elle. Dès que ses pieds touchèrent le sol, le petit garçon trouva refuge auprès d'elle.
« -Stefan, mon cœur, pourquoi tu ne veux pas venir avec mamie ? Lui demanda doucement Esmé.
-T'es pas gentille !
-Mais, Stefan…
-T'as tapé papa !
Bella prit Stefan dans ses bras bien décidée à lui expliquer le geste d'Esmé, mais les deux prunelles noires de colère qu'elle croisa lui firent comprendre que cela ne serait pas simple, Stefan était vraiment furieux contre sa grand-mère.
-Je suis désolée, mon grand, tu n'aurais pas dû voir cela, expliqua maladroitement Esmé, c'est entre ton papa et moi, je…
-Demande pardon à papa !
-Stefan, écoute…
Le petit garçon ne sembla pas disposé à en entendre davantage, il enfouit son visage dans le creux de son cou, profitant de ses longs cheveux pour s'y dissimuler.
-Ça te dirait que l'on aille voir papa ? Proposa Bella à l'enfant qu'elle sentait se tendre contre elle.
Stefan acquiesça sans pour autant accorder un regard à qui que ce soit. Esmé fit un geste pour les retenir, mais Rosalie l'arrêta. Bella quitta la pièce, passant devant Alice.
-Emmène-le faire un tour, on va parler à maman, chuchota Alice. Je sais que c'est dur pour elle, mais Edward n'y est pour rien.
Bella sourit à sa meilleure amie avant de quitter la salle de repos. La jeune femme décida de faire un détour par le distributeur de confiseries avant de rejoindre Edward, elle était certaine que quelques bonbons atténueraient la colère du petit garçon. Arrivés devant le distributeur, elle posa Stefan au sol en lui demandant de réfléchir à ce qu'il voulait pendant qu'elle cherchait sa monnaie.
-Je peux avoir des nounours au chocolat ? Lui demanda l'enfant en les observant avec envie.
-Oui, si tu veux, mais tu n'en mangeras qu'un, on ne va pas tarder à dîner normalement, d'accord ?
-Oui. Peux mettre la pièce ?
Bella sourit et donna l'argent à Stefan avant de le soulever pour qu'il puisse atteindre la fente où glisser la monnaie. Puis, elle lui montra les boutons sur lesquels appuyés. La jeune femme ne put que sourire face à son impatience lorsque le bras mécanique fit basculer le paquet. Elle le ramassa avant de l'ouvrir et de donner un bonbon à l'enfant.
-Merci ! S'écria Stefan en mordant dans la tête de l'ours.
-Ah, vous voilà !
Bella se tourna et sourit au nouvel arrivant, ce dernier semblait heureux de les trouver.
-Tout va bien ? Interrogea la jeune femme.
-Oui.
-Des nouvelles ? Murmura-t-elle pendant que Stefan contemplait les autres friandises présentes dans la machine.
-Non, mais nous allons vous transférer en lieu sûr. Il faut y aller.
-Maintenant ? S'étonna Bella.
-Oui, en route !
La jeune femme prit Stefan dans ses bras et lui emboîta le pas à travers les dédales de couloirs. Alors qu'elle devait presque courir pour se maintenir à sa hauteur, Stefan ne trouva pas mieux que de poser ses doigts pleins de chocolat dans le cou de leur ange gardien y laissant une belle trace.
-Stefan ! S'exaspéra-t-il. Tu n'as rien d'autre à faire ? Essuie-toi les mains et tiens-toi tranquille !
Bien que surprise par le ton utilisé, la jeune femme mit cette soudaine montée de colère sur le compte de la fatigue et du stress. Elle rassura Stefan avant de lui donner un mouchoir en papier pour qu'il s'essuie les doigts. Bella remarqua alors les sourcils froncés de l'enfant qui dardait un regard noir sur la nuque de l'agent qui marchait devant eux.
-Veux Emmett ! Déclara soudain Stefan.
-Tu vas le rejoindre, gronda-t-il sans prendre la peine de se retourner.
-Mais…
-Chut, souffla Bella en calmant l'enfant, on va rejoindre tonton Emmett et tous les autres.
Ses paroles ne semblèrent guère rassurer Stefan qui commença à se tortiller entre ses bras à tel point que Bella dut finalement le poser au sol.
-Que se passe-t-il encore ?
-Vais faire caca ! Bella, tu viens ?
-Je…, eut seulement le temps de balbutier la jeune femme.
-Tu es assez grand pour y aller seul !
-Mais, m'essuie pas tout seul…
-Stefan !
La jeune femme lança un regard surpris à Stefan qui se précipita sans attendre vers les toilettes. La porte se referma sur l'enfant et Bella lança un regard ahuri à son garde du corps dont elle ne comprenait pas le comportement.
-Tu devrais peut-être aller l'aider ? Proposa-t-elle.
Il sembla peser le pour et le contre avant de se ranger à son avis, sûrement à cause du regard noir dont elle le gratifia.
-Oui… Attends-moi dans la voiture. »
Bella prit les clefs tout en demandant où elle se trouvait. La jeune femme acquiesça avant de prendre la direction du garage sous-terrain. Une fois sur place, elle fut un peu étonnée de ne voir aucun autre agent, ni un seul membre de la famille Cullen. La jeune femme appuya sur la clef et une voiture tout-terrain noire se déverrouilla, décidément, le FBI ne faisait jamais dans l'originalité, se dit-elle en se glissant sur le siège passager. Elle patienta quelques minutes avant que la porte arrière ne s'ouvre. Bella se retourna sur son siège, un sourire dessiné sur ses lèvres destiné à Stefan, cependant, celui-ci disparut quand elle sentit quelque chose de froid et petit s'enfoncer dans sa chair. La seconde suivante, elle perdait connaissance.
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Stefan entra précipitamment dans les toilettes. Le petit-garçon se tourna vers la porte, cherchant un loquet, mais il n'y en avait pas. Il s'avança ensuite, fébrile, à moitié courbé, cherchant la présence de la moindre personne. Malheureusement, les toilettes étaient vides ! Un petit cri franchit le seuil de ses lèvres et il ravala ses sanglots quand il entendit la porte s'ouvrir. Stefan entra dans une toilette dont il verrouilla la porte derrière lui. Aussitôt, il grimpa sur le siège des toilettes alors qu'il entendait des pas claquer doucement sur le carrelage.
« -Sors immédiatement !
L'ordre le fit tressaillir, il étouffa un gémissement de terreur dans son doudou qu'il serrait fermement contre lui.
-Je sais que tu es là. Je ne te ferai pas de mal, alors, sors.
Stefan ferma les yeux en se recroquevillant un peu plus contre sa peluche, espérant ainsi disparaître. L'enfant sursauta lorsqu'il entendit une porte claquer, apparemment, le méchant était en train d'ouvrir toutes les portes des toilettes. Stefan se mit à trembler quand il comprit que le méchant n'allait pas tarder à le trouver !
-Oh, bonjour, Agent …. »
Une décharge d'adrénaline parcourut son petit corps quand il entendit quelqu'un entrer dans les toilettes. Stefan se laissa guider par son instinct. Aussitôt, il descendit de sur le siège et rampa sous la porte des toilettes. Alors qu'il se dirigeait vers la porte d'entrée qui se refermait doucement, il jeta un coup d'œil aux deux hommes qui ne s'étaient pas rendu compte de sa présence. Sans un regard en arrière, il sortit et courut aussi vite qu'il le pouvait, se laissant guider par son instinct qui le conduisait à l'endroit le plus sûr, les bras de son papa.
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Edward ne cessait de fixer son reflet dans la vitre lui faisant face, il n'entendait plus les propos de ses collègues, non, il restait obnubilé par son image et la vérité qui semblait s'y dissimuler.
« -Edward !
La voix de Russell le fit sursauter, il se tourna vers son mentor pour lui jeter un regard noir car il lui avait fait perdre le fil de sa réflexion.
-Quoi ? Gronda-t-il.
Pour toute réponse, Russell désigna ses avant-bras, Edward remarqua alors qu'il avait recommencé à se gratter. Tout en lâchant un soupir agacé, le jeune homme se leva pour s'approcher de son bureau.
-Qu'y a-t-il ? S'enquit son mentor.
Edward ne prit pas la peine de répondre, ses mains tremblantes fouillaient les monticules de documents qui trônaient sur son bureau. Un sourire de satisfaction éclaira son visage quand il mit enfin la main sur son carnet. Alors qu'il allait l'ouvrir, il vit sa famille entrer précipitamment dans les bureaux en open-space.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-il inquiet à Emmett après les avoir rejoint.
-Tu as des gants ?
Edward attrapa et enfila les gants en latex noir que Caitlin lui tendait, puis, il prit l'enveloppe sur laquelle apparaissait son nom. Il l'ouvrit et tira le papier qui s'y trouvait. Son sang se glaça dans ses veines à la lecture de quelques mots.
-C'est lui ? Demanda Caitlin.
-Que dit-il ? Interrogea Russell.
-« En souvenir de nous », lut-il.
-Qu'est-ce que ça veut dire ? Questionna Caitlin perdue.
Personne ne répondit, Edward repensa au cahier qu'il avait laissé sur son bureau. Une image revint s'imposer à son esprit, Stefan lui faisant face, le regard ténébreux et haineux alors qu'il approchait une lame de son avant-bras.
-C'était dans les affaires de Stefan, lui apprit Jasper.
Les paroles de son beau-frère eurent l'effet de le sortir de sa torpeur, son cœur manqua un battement alors qu'il cherchait son fils du regard.
-Où est-il ? Hurla Edward en sentant la panique l'envahir.
-Il est allé chercher des bonbons avec Bella, répondit Alice, ils vont revenir.
-Boss ! Boss ! Appela Penny en les rejoignant en courant et essoufflée.
-Quoi ? Cria-t-il en sentant son contrôle le quitter lentement.
-J'ai retrouvé Daniel Richardson, annonça sa subordonnée ravie, Franz Scheler aussi, il m'a même devancé, ils sont en train de se garer au sous-sol !
Edward sentit un soulagement immense l'envahir, grâce à Richardson, ils allaient peut-être pouvoir avancer et mettre un nom, un visage, sur l'Eventreur. Cependant, avant, il devait mettre la main sur son fils et le garder à ses côtés. Alors qu'il allait demander où était Sam pour lancer son agent à la recherche de Bella et de Stefan, un étrange sentiment l'envahit. La peur noua son ventre alors qu'il sentait un frison glacé l'enlacer. Il se passait quelque chose ! A peine s'était-il rendu compte que le danger rôdait qu'il vit une petite tornade brune foncer sur lui. Edward s'agenouilla pour réceptionner son fils en pleurs, essoufflé et visiblement terrifié.
-Je suis là, murmura-t-il tout en frottant son dos. Tout va bien, mon cœur, que se passe-t-il ? Pourquoi n'es-tu pas avec Bella ?
-Le… Le…
-Calme-toi, respire profondément, voilà, c'est bien, l'encouragea Edward, maintenant parle-moi.
-Le messant monsieur…, balbutia son fils alors qu'il se raidissait, il… il a voulu me prendre…
-Tu ne risques rien, je suis là, je ne le laisserai pas te faire du mal. D'accord ? Demanda-t-il avant de reprendre une fois que Stefan parut apaisé. Maintenant, il faut que tu me dises où est Bella ?
-Elle… Elle est partie avec lui.
Sans qu'il n'ait à donner le moindre ordre, son équipe se mit en branle, en l'espace de quelques secondes, toutes les entrées et sorties du siège du FBI étaient bloquées. Russell actionna le plan d'urgence, le bâtiment allait donc être fouillé dans les moindres recoins, tout comme les véhicules qui seraient soigneusement contrôlés. L'Eventreur n'irait pas loin et ils allaient retrouver Bella avant qu'il ne lui fasse le moindre mal !
-Tout est bloqué ! Annonça Caitlin. Je vais chercher Sam et nous organiserons les fouilles.
-C'est tout de même étrange, murmura Russell d'un ton pensif.
-Quoi donc ? Demanda Penny.
-Il n'a jamais commis d'erreur, alors, pourquoi se jeter dans la gueule du loup ? Cela ne lui ressemble pas, il doit avoir un plan, quelque chose qui lui garantit de sortir sans difficulté de l'immeuble, expliqua Russell.
-Tu penses qu'il va se servir de Bella ? Comprit Edward.
-Je n'en suis pas sûr. A mon avis, Bella n'est qu'un dommage collatéral, ce n'était pas elle qu'il voulait, confia son mentor en couvant Stefan du regard.
-Penny, peux-tu m'avoir les images des caméras de surveillance ?
-Je m'en charge, Boss.
-Caitlin, trouve-moi Sam !
Sa subordonnée acquiesça et prit son téléphone pour se lancer à la recherche de leur collègue. Edward se redressa tout en gardant Stefan dans ses bras, il essuya les larmes de son fils avant de prendre la direction de la salle de surveillance. Il mourait d'envie d'aller sur le terrain pour chercher Bella, mais pour cela il aurait dû se séparer de Stefan et ça il n'y parvenait pas. L'Eventreur avait failli s'en prendre pour la troisième fois à son fils et encore une fois il n'avait pas été là pour le protéger, il ne referait pas cette erreur. Alors qu'ils allaient entrer dans le local où les murs étaient recouverts par des dizaines d'écrans d'ordinateur, Edward fit demi-tour en voyant entrer Franz Scheler et Daniel Richardson encadrés par quatre agents fédéraux.
-Ah, enfin ! S'écria Scheler en le voyant. Tu veux bien dire, petit, à ces molosses de nous lâcher !
L'agent superviseur fit signe aux agents que tout allait bien, aussitôt, les quatre hommes repartirent quadriller les alentours.
-Que se passe-t-il ici ? Gronda Scheler en voyant l'effervescence qui régnait autour d'eux.
-L'Eventreur a pénétré nos locaux, expliqua-t-il simplement avant de planter son regard dans celui de Richardson. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Helena et vous avez délibérément caché quelque chose à mon père et je veux savoir quoi !
Aussitôt, le visage de Richardson se ferma. Edward avait déjà vu qu'il n'était pas heureux d'être là, mais à cet instant, l'homme paraissait plus enclin à sauter par la fenêtre que de lui répondre.
-Où est Helena ? Demanda Richardson après un moment d'hésitation.
-Tu ne lui as pas dit ? Lança Russell à Scheler.
-J'ai eu tellement de mal à le sortir de sa planque que je n'ai pas cru bon de me compliquer la tâche en lui disant que sa copine était morte, précisa Franz Scheler.
-Qui… Qui l'a tué ? Le Général ?
-Non, répondit Caitlin, c'est l'Eventreur. On surveillait la villa des Cullen à Forks, elle s'est éloignée et…
-Elle savait ce qui allait se passer, coupa Edward, elle savait qui se cachait derrière le masque de l'Eventreur et c'est pour cela qu'elle est morte. Elle a voulu régler seule le problème, mais elle n'était pas de taille. Sachez aussi qu'il détient mon père, nous ne savons pas s'il est vivant, donc, pour eux, vous devez nous dire la vérité !
-Je…
Edward fut stupéfait de voir le visage de Richardson prendre soudain une dizaine d'années supplémentaires, il paraissait à bout et près de la rupture. Russell dû s'en rendre compte car il l'invita à s'asseoir.
-Nous avons toujours pensé qu'il était mort… Cependant, j'estimais que Carlisle avait le droit de savoir… Helena pensait le contraire, elle disait qu'on lui ferait plus de mal que de bien… Puis, Helena est tombée sur le dossier que Carlisle avait constitué sur l'Eventreur, les similitudes nous ont effrayés… Mais il était trop tard, la menace du Général était là et nous… Nous avons mis l'Eventreur de côté… J'ai préféré fuir… J'ai abandonné la seule personne qui avait risqué sa vie pour moi. Helena était bien plus courageuse que moi, j'imagine qu'elle a dû vouloir rester pour vous protéger, réparer son erreur, peut-être parler à Carlisle ?
-Elle est morte avant d'avoir pu le faire, murmura Edward. Alors, qui est-il ?
-Vous le savez, Edward, vous l'avez toujours su, assura Daniel Richardson en plantant son regard dans le sien. »
Le jeune homme allait répliquer qu'il n'en avait aucune idée quand son fils gigota entre ses bras pour prendre le poignard en plastique coincé à sa ceinture qui devait le déranger. Edward le lui prit des mains pour le poser sur un bureau lorsqu'il se figea. Son regard ne pouvait se détacher du manche en bois où de fins sillons traçaient des arabesques, ses doigts effleurèrent la lame légèrement incurvée au bout, il avait l'impression de sentir le métal froid sous sa peau alors qu'il touchait du plastique. Où avait-il déjà vu ce poignard ? Il se souvenait l'avoir rangé parmi les jouets de Stefan, mais il se rappelait aussi ne pas avoir acheté ce jouet à l'enfant. Son sang se glaça dans ses veines alors qu'il se souvenait du mot de l'Eventreur, En souvenir de nous, pourtant, l'arme ne ressemblait pas au poignard utilisé par le tueur. Néanmoins, la dague ne lui était pour autant pas étrangère. Edward ferma les yeux pour essayer de se concentrer. Aussitôt, il revit le Stefan de ses cauchemars, son regard noir, et le couteau qu'il tenait entre ses petites mains. C'était la même arme ! Etait-ce un tour de son esprit ? Non, il ne le pensait pas, il n'avait vu ce jouet que la veille et son cauchemar était bien plus ancien. Les pièces s'assemblèrent peu à peu dans son esprit. L'Eventreur était à Forks, d'une manière ou d'une autre, il avait intercepté le colis d'Esmé pour y placer le poignard ainsi que la lettre.
Alors que tout semblait trouver une place logique dans son esprit, il repensa à la représentation de l'enfant dans son cauchemar. Et si ce n'était pas Stefan ? Edward avait déjà envisagé qu'il puisse s'agir d'une représentation de lui-même lorsqu'il était petit garçon, mais son instinct lui soufflait le contraire. Pourtant, l'enfant de ses cauchemars avait la même carrure que lui, les mêmes traits, seuls ses yeux obscurs différaient des siens.
« -Tu sais quand j'étais dans la maison, Caïus m'a injecté un produit, j'ai eu des hallucinations. J'ai pensé que tu venais me sauver avant de me rendre compte que ce n'était pas toi. »
La phrase de son père lui revint brutalement en mémoire, Edward trembla et si… Et si Carlisle n'avait pas eu une hallucination ? Et si…. Une vive douleur naquit brutalement dans un recoin de son cerveau alors que plusieurs images venaient l'assaillir. Il revoyait une femme au visage doux, au beau regard émeraude, le serrer dans ses bras tout en le berçant. Il n'avait pas besoin de s'interroger, il savait qu'il s'agissait d'Elisabeth, de sa mère. Une vive émotion l'étreignit alors qu'il la voyait en train de lui lire une histoire, de le câliner, de jouer avec lui… La douleur dans sa tête s'accentua alors qu'un cri horrifié franchissait le seuil des lèvres de sa mère. Il pouvait presque sentir ses mains tremblantes le soulever pour l'emmener loin du lit maculé de sang. Edward pouvait ressentir à nouveau le froid du rebord de la baignoire malgré son pyjama. Un homme qui lui faisait peur était apparu dans l'embrassure de la porte, un sourire malsain dessiné sur son visage. Il n'avait rien dit quand sa mère avait remonté les manches de son pyjama imbibées de sang pour dévoiler de larges traces de coupure. Un petit rire l'avait fait tressaillir, il avait tourné la tête pour voir sa copie presque conforme, en pyjama elle aussi, se tenir près de leur père, près d'Ethan, un couteau dégoulinant de sang à la main…
La douleur dans son crâne devint insupportable. Dans un brusque moment de lucidité, il tendit Stefan à Russell avant de s'écrouler lourdement sur le sol. Son corps fut parcouru de spasmes alors que les souvenirs douloureux affluaient dans son esprit. Il entendit des pas, des paroles, des mains se poser sur son visage, son corps. Il sentit qu'on le transportait alors qu'il sombrait dans les ténèbres. Un nom pourtant franchit le seuil de ses lèvres. Un nom honni. Un nom terrifiant.
« -Gabriel ! »
