Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
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Hello !
J'espère que vous allez tous bien !
Je vous remercie du fond du cœur pour vos reviews ! Merci énormément ! Merci beaucoup !
Désolée pour cette attente, mais je n'ai pas eu beaucoup de temps de libre et le peu que j'ai j'en profite pour avoir un minimum de vie sociale, lol.
Donc, voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira !
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Bonne lecture !
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Résumé : Alors que toute l'équipe d'Edward est à la recherche de Carlisle pour le sauver des griffes de l'Eventreur, celui-ci a réussi à pénétrer au siège du FBI pour essayer d'enlever Stefan et Bella. Le petit garçon a réussi à s'enfuir contrairement à Bella qui se retrouve prisonnière du tueur. Edward ne cesse de chercher ses souvenirs qui sont selon lui la clef de tout. Persuadé que Daniel Richardson a des réponses à ses questions, il demande à l'ancien Marshall, Franz Scheler, il apprend l'enlèvement de Bella. C'est alors que toutes les pièces du puzzle semblent se mettre en place dans son esprit, il comprend qui est le petit garçon tenant le couteau ensanglanté et qui lui ressemble tant : Gabriel… Edward perd connaissance alors que la barrière retenant ses souvenirs se brise.
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Chapitre 23 : Gabriel
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Lentement, il ouvrit les paupières. Il tressaillit quand un vent froid enveloppa son être, le faisant se replier un peu plus sur lui-même. Tout son corps tremblait, replié en position fœtale pour tenter de conserver un peu de chaleur, ses mains lui faisaient mal tant elles étaient crispées sur ses genoux. Tout à coup, l'obscurité qui l'entourait fut fendue par une faible lueur. Il lui sembla entendre une voix douce l'appeler, mais il n'osait quitter le cocon qu'il s'était créé. Il eut un sursaut quand une main se posa sur son épaule pendant qu'une autre caressait tendrement ses cheveux.
« -Ouvre les yeux, mon trésor, maman est là.
Que se passait-il ? Etait-il en train de rêver ? Ou pire… Etait-il mort ? Lentement, il déplia ses membres engourdis autant par le froid que par ses muscles tendus à l'extrême. Avec un peu de crainte, il leva la tête pour croiser le regard emplit d'amour de sa mère.
-Allez, debout, Edward, il ne faut pas rester là.
Le jeune homme saisit la main tendue et sa mère l'aida à se lever avant de le prendre dans ses bras. C'est alors qu'il se rendit compte que son corps n'était pas celui d'un adulte, mais celui d'un enfant. Il enfouit son visage dans le cou de sa mère, inspirant profondément, retrouvant son odeur si apaisante qui lui tira les larmes aux yeux. Son corps se réchauffa lentement grâce à celui de sa mère ainsi qu'à la chaleur des pièces qu'ils traversaient. Il ne tarda pas à se retrouver dans une salle de bain où Elisabeth l'installa sur le rebord de la baignoire.
-Je suis désolée, s'excusa-t-elle, je risque de te faire un peu mal, mon chéri.
Alors qu'il se demandait pourquoi elle lui ferait mal, il la vit découper les manches de son pyjama. Edward frissonna quand il vit le sang séché qui maculait le tissu. Une fois les manches découpées, Elisabeth appliqua des compresses d'eau froide sur le tissu prit dans le sang séché des plaies. Il retint une grimace de douleur alors que sa mère le soignait. Il ne put retenir une larme qui roula le long de sa joue, il se sentait très mal et se retenait tant bien que mal de ne pas vomir.
-Je suis vraiment désolée, Edward. Oh, mon Dieu ! Tu es tout pâle ! Tu veux vomir ? Attends, je t'emmène aux toilettes !
-Elisabeth ! Cesse donc de materner ce gosse ! Déjà que je ne sais pas ce que l'on va en faire !
Edward ne put s'empêcher de trembler en entendant la voix de son père. Craintivement, il tourna la tête vers l'homme qui se tenait sur le seuil de la salle de bain.
-Regarde-moi ! Ordonna Ethan alors qu'il se hâtait d'obéir. Arrête donc de pleurnicher et va te coucher !
Il se hâta d'acquiescer avant de descendre de sur le rebord de la baignoire. A peine ses pieds avaient-ils touché le sol, qu'il sentit ce dernier se dérober sous ses membres. Sa mère le rattrapa avant qu'il ne tombe lourdement sur le carrelage, lui évitant ainsi de se faire un peu plus mal. Un ricanement attira son attention et il ne tarda pas à croiser des émeraudes un peu plus sombres que les siennes.
-Bébé, railla son frère.
-Laisse Edward tranquille, gronda Elisabeth qui pâlit soudain en voyant ce que son aîné tenait entre ses doigts. C'est toi… C'est toi qui as fait ça ?
-Cela m'a paru amusant, se justifia Gabriel avec un haussement d'épaules désinvolte et en jouant avec la lame ensanglantée du poignard.
-Comment… Mais tu as blessé ton frère ? Tu l'as déjà molesté, humilié, il faut maintenant que tu le mutiles ? Et toi, tu ne dis rien ! Gronda Elisabeth en fusillant Ethan du regard.
-Cela mettra peut-être du plomb dans la tête de celui-là !
-Edward, il s'appelle Edward et il est aussi ton fils ! Cela te parait trop demandé que de lui montrer un peu d'amour ?
-Ne me parle pas comme ça ! Rugit Ethan en faisant un pas menaçant dans la salle de bain pour saisir Elisabeth par les cheveux. Quant à lui, combien de fois t'ai-je dit que tu le couvais trop ?
-Ethan, supplia Elisabeth en grimaçant de douleur, tu me fais mal !
Cela ne sembla pas déranger l'homme qui raffermit sa prise arrachant un cri à sa mère.
-Maman !
Edward se précipita contre Ethan pour tenter de protéger sa mère, mais il reçut un violent coup de pied dans le torse qui le projeta contre le mur.
-Dehors ! Hurla Ethan à leur encontre.
-Maman, pleura-t-il.
-Sors, Edward, sors, tout va bien.
Encore à moitié sonné par le coup donné par son père, il sortit néanmoins de la salle de bain, sachant parfaitement que sa mère faisait ça pour le protéger car s'il restait, le coup de pied serait le premier d'une longue série. Alors qu'il s'appuyait contre le mur, il sentit un regard peser sur lui. Avec horreur, il vit Gabriel porter la lame de son couteau à sa bouche, sa langue lécha l'acier récoltant son sang.
-Cours ! Demanda son frère. »
Edward ne réfléchit pas, il partit aussi rapidement qu'il le put, errant dans les couloirs désespérément déserts. Ses mains tremblantes se posèrent sur plusieurs poignées, mais toutes les portes étaient fermées ou on refusait de lui ouvrir. Seuls les appartements de ses parents lui étaient accessibles, mais Gabriel l'y retrouverait facilement. Alors qu'il atteignait le dernier étage, il mordilla nerveusement sa lèvre inférieure pendant qu'il observait l'immense porte en bois. Il était pratiquement sûr que son frère ne viendrait pas le chercher là, mais d'un autre côté, il ne savait pas comment sa venue serait accueillie. Néanmoins, il cessa de réfléchir quand il entendit son frère approcher. Doucement, il ouvrit l'immense porte et se glissa dans les appartements. Il profita de la lumière tamisée pour se déplacer discrètement, peut-être pourrait-il rester cacher là sans que personne ne le sache ? Fort de cette résolution et après avoir vérifié que la lumière soit bien allumée dans le bureau, il s'approcha de la salle de bain. Edward appuya sur l'interrupteur et une faible lueur baigna la pièce. Il se hissa sur la pointe des pieds pour attraper la trousse de secours. L'enfant observa pendant quelques secondes les différents produits composant celle-ci, ne sachant pas trop quoi utiliser. Edward attrapa du coton. Des images revenaient des fois à sa mémoire, il se rappelait vaguement d'un gentil docteur qui l'avait soigné, il aurait bien aimé qu'il soit là ! Le médecin lui avait fait penser à un ange. Un léger cri franchit le seuil de ses lèvres quand il posa le coton imbibé du liquide transparent sur ses plaies. Les larmes glissèrent sur ses joues alors qu'il se demandait pourquoi Gabriel et son papa étaient aussi méchants avec lui !
« -Edward ?
Le petit garçon sursauta quand une violente lueur éclaira la pièce, il alla aussitôt se tasser dans un coin.
-Que s'est-il encore passé ? Qui t'a fait ça ?
Edward ne dit rien, il avait depuis longtemps compris qu'il ne fallait rien dire et surtout ne pas se plaindre.
-Ta mère ne peut pas te soigner ?
-Elle… papa, pleura-t-il.
-Il va finir par la tuer.
L'homme soupira simplement face à cette constatation alors qu'il aurait tant aimé qu'il courre à l'étage inférieur pour sauver sa maman.
-Voyons voir.
Edward tendit ses avant-bras et il serra à nouveau les dents lorsque le coton revint se poser sur sa chair meurtrie. En quelques minutes, ses blessures avaient disparu sous des bandages.
-Allez viens.
L'enfant se redressa et fit un pas dans la direction de son grand-père, il n'avait aucune envie de rejoindre sa chambre qu'il partageait avec Gabriel. Cependant, il fut surpris quand Aro le prit dans ses bras et l'emmena dans sa chambre où il n'était jamais entré. Le Général le déposa sur son immense lit aux draps rouges sang, puis, il attrapa une de ses chemises qu'il lui passa, retroussant ses manches pour que ses mains soient libres. Alors qu'il boutonnait le vêtement, il se figea quand les doigts de son grand-père effleurèrent son torse.
-Ton père ? Demanda-t-il simplement alors qu'il regardait le bleu.
Edward ne répondit pas et continua à boutonner la chemise. Aro soupira et quitta la chambre, l'espoir naquit en lui, peut-être était-il allé arrêter son père ? Malheureusement, ses espoirs furent déçus quand il le vit revenir avec un verre d'eau et un comprimé.
-Prends ça, tu auras moins mal et tu dormiras bien.
-Merci, grand-père.
L'enfant prit docilement le médicament avant de se laisser glisser en bas du lit. Ses pieds avaient à peine touchés le sol que les mains du Général entouraient sa taille pour le faire remonter sur le lit.
-Mets-toi sous la couette tu es gelé.
Etonné que son grand-père l'autorise à dormir avec lui, il obéit tout de même et se glissa sous la couette. Du coin de l'œil, il vit son grand-père partir dans la salle d'eau pour revenir quelques minutes plus tard vêtu d'un pyjama. Un léger sourire se dessina sur son visage, il ne s'était jamais imaginé qu'Aro pouvait porter ce genre de vêtement. Le Général le rejoignit dans son lit et il prit garde de se faire discret.
-Allez, dors.
Edward acquiesça pendant que son grand-père s'adossait contre ses oreillers pour continuer la lecture de son livre de chevet.
-Bonne nuit, grand-père, murmura-t-il.
Bien entendu, il n'eut aucune réponse, il n'y avait que sa mère qui l'embrassait et lui souhaitait une bonne nuit. L'enfant ferma ses paupières tout en ravalant ses larmes, il espérait que sa maman allait bien. Cependant, son esprit lui semblait assez engourdi, sûrement à cause du médicament donné par son grand-père. Edward ne tarda pas à s'endormir. Néanmoins, son sommeil fut de courte durée car il sentit une main caresser sa joue et cela était suffisamment anormal pour le réveiller. Ses paupières papillonnèrent et il put voir son grand-père penché au-dessus de lui, l'observant d'un regard qu'il jugea étrange.
-Grand-père ? L'interpella-t-il un peu inquiet.
-Tu lui ressembles, murmura Aro qui paraissait perdu dans ses souvenirs, vous avez le même caractère, tu es aussi têtu et bon que lui.
-Qui ? Osa demander Edward.
-Ton oncle.
-J'ai un oncle ? S'étonna l'enfant.
-Oui… Mais il ne vit plus ici… Tu sais, reprit doucement Aro en caressant sa joue, je me suis demandé s'il n'avait pas laissé quelque chose ici. Ta mère et lui étaient très proches… Cependant, quand je vois ton frère, je me dis que c'est impossible ! Il ressemble tant à Ethan. Pourtant, vous êtes si semblables…
-C'est normal, on est jumeau ! Lui rappela Edward.
-Et si différents… Allez, il est l'heure de dormir, ferme les yeux, Edward. »
Le petit garçon obéit bien qu'il sente encore peser sur lui le regard de son grand-père. Aro avait l'air tellement triste qu'il posa sa main près de la sienne, n'osant pas le toucher par crainte de sa réaction. Pour la première fois de sa courte vie, il sentit d'autres lèvres que celles de sa mère se poser sur son front pour y laisser un tendre baiser. Edward ne tarda pas à s'endormir.
Lorsqu'il s'éveilla, l'enfant se rendit compte qu'il était dans son lit. Son frère était installé sur le lit voisin, encore endormi. Sans faire de bruit, Edward quitta sa couche pour prendre rapidement quelques affaires et s'enfermer dans la salle de bain. Une fois sa toilette terminée, il sortit de la pièce en prenant garde de ne pas réveiller Gabriel. L'enfant se dirigea ensuite vers la cuisine où il ne trouva pas sa mère, il prit alors la direction du réfectoire où tous les pensionnaires prenaient leurs repas, peut-être Elisabeth s'y trouvait-elle ? Alors qu'il allait atteindre les grandes portes battantes, des voix attirèrent son attention, il n'eut aucun mal à reconnaître celles de son grand-père et de son père, ils semblaient se disputer.
« -Cela suffit, maintenant, Ethan ! Tu l'as pratiquement tué cette nuit !
-Quelques coups n'ont jamais fait de mal à personne c'est toi qui me l'a appris ! Répliqua son père.
-Je sais, mais les garçons ont encore besoin de leur mère !
-Gabriel est très indépendant.
-Tu sais très bien que je parlais d'Edward, il serait très affecté par son décès et nous ne voulons pas ça, dois-je te rappeler les espoirs que je place en lui ?
-Je ne comprends pas que tu te soucies autant de ce morveux alors que Gabriel présente de telles dispositions ! Il sera un parfait soldat !
-Gabriel est bien trop instable psychologiquement, n'es-tu point inquiet de l'obsession qu'il a développé pour son frère ?
-Les jumeaux ont un lien particulier.
-Cette relation n'est pas normale, elle est même dangereuse. Je ne veux plus que Gabriel blesse son frère, est-ce clair ?
-Pourquoi refuses-tu de voir le potentiel de Gabriel ? Edward te décevra, comme Carlisle avant lui !
-Je t'interdis de parler de lui ! Gronda Aro. »
Edward n'écouta pas la suite de la conversation, les deux hommes semblaient se déplacer dans sa direction et il n'avait aucune envie de se faire surprendre, il frissonna rien qu'en pensant à sa punition s'ils comprenaient qu'il les avait espionné. L'enfant partit rapidement en direction du réfectoire qui était quasiment désert, la plupart des pensionnaires étant partis s'entraîner. Il s'approcha d'une table et posa une main tremblante sur le genou de sa mère dont le visage était dissimulé par ses mains. Elisabeth essuya rapidement son visage et inspira profondément avant de le regarder, elle tenta de lui sourire malgré l'œil au beurre noir et sa lèvre fendue. Sans attendre, Edward se jeta dans ses bras pour l'étreindre. Il sentit le visage de sa mère glisser dans ses cheveux où elle prit une profonde inspiration avant de le repousser tendrement. Alors qu'il s'interrogeait sur ce brusque rejet, il vit son père apparaître sur le seuil du réfectoire. Sur un signe de la tête de ce dernier, il quitta sa mère et, le cœur lourd, suivit Ethan à l'extérieur pour son entraînement.
Edward ne se souvenait que vaguement de ce qu'il s'était passé par la suite, il se rappelait des coups, de la douleur, de ses larmes… Il n'avait pas été assez rapide, pas assez futé pour échapper à Gabriel qui s'était une nouvelle fois amusé à entailler sa peau avec un plaisir plus qu'évident. Il s'était réfugié dans une pièce déserte, recroquevillé dans un coin, tentant d'endiguer les saignements avec les vestiges de son tee-shirt, car Edward avait compris que s'il cachait ses blessures à sa mère, celle-ci ne se mettrait plus en colère contre Gabriel et ainsi leur père ne taperait plus sur elle. Régulièrement, les coups, les blessures revenaient et son jumeau semblait prendre un malin plaisir à le voir souffrir, cependant, Gabriel était devenu moins sadique lorsqu'il s'était rendu compte qu'il ne disait rien aux adultes. Malheureusement, ses plaies qu'il soignait tant bien que mal ne tardèrent pas à prendre une couleur étrange et à avoir une odeur bizarre, Edward se sentait aussi étrangement fatigué, mais il n'en dit rien à personne. Jusqu'à ce jour où il se réveilla près d'un inconnu qui ressemblait à un ange et qui avait soigné ces blessures. Ce jour-là, Edward vit pour la première fois de sa vie les yeux de sa mère briller, pour la première fois, il avait espéré, l'ange allait les protéger car il se rappelait de lui, il l'avait déjà soigné une fois !
Sa déception avait été grande quand il avait dû remonter en voiture pour rejoindre son père et son frère. A genoux sur la banquette arrière, il avait regardé l'ange s'éloigner en poussant d'une main distraite le vélo. Edward ne l'avait pas quitté des yeux, espérant qu'il les retienne, mais l'ange avait disparu. N'était-il pas assez gentil pour suivre l'ange ? Peut-être… Mais il était sûr que sa maman, elle, elle méritait de suivre l'ange ! Le cœur lourd, il avait retrouvé le camp et les entraînements. Il continua de subir sans rien dire car l'espoir vivait toujours en lui, il avait vu la lueur renaître dans les yeux de sa maman, il comprit alors que l'ange n'était pas loin. Cependant, il avait cru que jamais il ne le reverrait quand Gabriel l'avait enfermé dans une des pièces réfrigérantes des cuisines, Edward avait longuement attendu que quelqu'un vienne le délivrer.
« -Oh, mon Dieu ! Edward !
Elisabeth s'était précipitée vers lui, il s'était recroquevillé dans un coin de la pièce réfrigérée. Sa mère l'avait enveloppé dans une couverture avant de le porter à l'extérieur.
-Cela suffit !
Edward, comme toutes les personnes présentes, sursauta en entendant l'éclat de voix de son grand-père.
-Gabriel prépare immédiatement tes affaires, tu pars pour le camp du Nord avec Caïus !
Une petite voix souffla à Edward qu'il ne lui paraissait pas judicieux d'associer ces deux-là, mais il ne dit rien trop heureux d'entendre que son frère allait partir loin de lui.
-Hors de question ! S'interposa Ethan. Mon fils reste à mes côtés.
-Alors, tu n'as qu'à partir avec lui ! Répliqua aussitôt son grand-père.
Edward retint péniblement un sourire, l'ange n'était pas venu, mais s'il réussissait à éloigner son père et Gabriel de lui, il voulait bien lui pardonner.
-Très bien, accepta son père, nous partirons tous les 4 dès ce soir.
-Je t'avais demandé de régler le problème et, une fois de plus, tu m'as déçu. Vous partirez tous les trois pour le Nord, Edward reste avec moi ! Je vais faire de lui mon successeur !
-Quoi ? S'écria Ethan. Gabriel est ton digne héritier ! Edward n'oserait même pas faire de mal à une mouche !
-Il est plus intelligent.
-Leurs tests sont identiques ! Protesta son père.
-Edward est plus calme, plus réfléchi et en subissant les brimades de son frère, je pense qu'il a prouvé qu'il pouvait tout supporter sans fléchir.
-Il s'est laissé faire comme une chiffe molle ! S'écria Ethan. Il n'a même pas essayé de se défendre ! De répliquer ! Ne crois-tu pas que son comportement est tout aussi inquiétant ? Il n'est pas un leader !
-Ma décision est prise ! Déclara fermement Aro. Elisabeth, pose immédiatement Edward !
L'enfant perçut l'hésitation de sa mère, elle raffermit quelques secondes la prise sur son corps avant de le poser au sol. Aro l'attira immédiatement à lui.
-Vas m'attendre dans le bureau de mes appartements. Tiens voici une clef, enferme-toi et n'ouvre à personne, si ce n'est à moi, est-ce clair ?
-Oui. »
Edward serra fermement la clef contre sa poitrine, il lança un regard à la dérobée à sa mère qui lui sourit avant de prendre le chemin des appartements du Général. Une fois arrivé, il se dirigea vers la salle de bain pour se réchauffer avec une douche, il remarqua à cet instant que certaines de ses affaires étaient déjà là. Après s'être réchauffé et changé, il alla s'asseoir dans le bureau de son grand-père. Au bout d'un moment, lassé d'attendre, il s'approcha de la fenêtre. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'il vit sa mère traverser la cours d'un pas vif pour se diriger vers les bois où elle avait pris l'habitude de s'isoler pour lire et aussi pour le surveiller du coin de l'œil quand il s'entraînait. Il lui fit un petit signe de la main, mais elle ne remarqua pas sa présence. Un peu déçu, il retourna s'asseoir face au bureau car il venait d'entendre la porte s'ouvrir. Aro entra suivi de son grand-oncle Marcus, les deux hommes l'observèrent en silence pendant quelques minutes, puis, ils partirent. Le Général prit tout de même la peine de lui donner un gros ouvrage à lire pour le soir même. Avant de se mettre au travail, il jeta un dernier regard par la fenêtre. A sa grande surprise, sa mère était en train de quitter son refuge, ses sourcils se froncèrent lorsqu'il remarqua qu'elle avait oublié son foulard au pied de l'arbre.
Le petit-garçon délaissa son livre quand quelqu'un entra dans le bureau, il reconnut Helena et lui adressa un petit sourire. Celle-ci ne le lui rendit pas, il ne s'en offusqua pas, ils n'avaient pas le droit de ressentir de sentiments. Elle déposa un plateau repas sur un petit guéridon avant de prendre la direction de la sortie. Lentement, il s'approcha de son repas, il n'avait pas faim, mais Grand-Père ne serait pas content s'il ne mangeait pas et il comptait bien ne pas le fâcher car il espérait qu'il lui accorde une faveur en lui demandant que sa mère reste avec eux. Edward grimaça en prenant une bouchée de la viande bien trop rose à son goût et tenta de la faire passer avec une fourchette d'épinards, mais cela le fit grimacer un peu plus. Il venait de mettre de toute urgence un morceau de pain dans sa bouche quand il remarqua une feuille pliée sous sa serviette.
Edward,
Prépare un sac léger avec quelques vêtements chauds. Ne dis rien à personne, mon trésor, et détruis cette lettre. Cette nuit, nous partons, demain, nous serons libres.
Je t'aime.
Maman.
L'enfant relut deux fois les mots de sa mère, peinant à croire que celle-ci ait enfin décidé à s'enfuir ! Il était encore plus heureux qu'elle veuille l'emmener avec lui, car tous deux savaient que si elle partait seule, elle serait moins recherchée que s'ils étaient ensemble. Le petit garçon déchira la lettre avant de la jeter dans le feu couvant dans la cheminée, puis, il délaissa sa lecture ainsi que son repas pour rassembler quelques vêtements. Il prit aussi le pain restant et les biscuits disposés sur son plateau pour les mettre dans le sac, ne sachant pas s'ils avaient besoin de provisions ou non. Dès qu'il eut terminé son sac, il cacha ce dernier avant de se replonger dans sa lecture. Pourtant, il n'arrivait pas à se concentrer, il allait devoir contacter sa mère pour lui dire que ce serait lui qui la rejoindrait, il ne voulait pas qu'elle prenne autant de risques. Alors qu'il rédigeait rapidement un petit mot à l'attention d'Elisabeth son regard se posa sur le tiroir fermé à clef du bureau de son grand-père, il savait ce qui y'était caché. Il prit rapidement sa décision, il descendit de sur sa chaise et attrapa un trombone dont il se servit pour forcer la serrure. Ensuite, il prit l'un des nombreux revolvers qui y'était caché, il l'arma et alla le ranger dans son sac.
Edward venait juste de se rasseoir dans le fauteuil qu'il entendit la porte s'ouvrir, il reconnut sans difficulté la démarche de son grand-père, il grimaça légèrement quand il se rendit compte que le Général n'était pas seul. Le petit-garçon releva doucement la tête, observant son grand-père, détournant volontairement le regard de sur son père. Aro contourna le bureau et sortit une clef de son trousseau. Imperceptiblement, Edward se raidit, mais il fit son possible pour rester stoïque. Le Général déverrouilla le premier tiroir et en sortit des documents qu'il jeta presque à la figure de son père. Alors qu'il s'interrogeait sur ces feuillets, son grand-père le congédia d'un regard. Edward sortit précipitamment du bureau alors que son père criait que les tests ne signifiaient rien. Il refermait la porte quand il entendit son nom ainsi que celui de son frère, le petit garçon leva les yeux au ciel, il n'avait pas besoin d'être un spécialiste pour affirmer que quelque chose n'allait pas chez son frère !
Edward gagna l'appartement qui abritait sa famille dont il poussa doucement la porte d'entrée. Aussi discrètement que possible, il en fit le tour et fut soulagé de voir que seule sa mère s'y trouvait. Il pénétra dans la chambre de ses parents où Elisabeth était en train de préparer leurs bagages. Sa mère arrêta de plier une chemise lorsqu'elle le vit, elle posa le vêtement sur le lit pour le serrer dans ses bras. Edward profita de l'étreinte pour glisser le bout de papier dans la poche de son jean, Elisabeth sentit son geste et hocha imperceptiblement la tête. Elle se recula rapidement quand ils entendirent une porte claquer. Quelques secondes plus tard, Gabriel se tenait sur le seuil de la chambre et posa sur lui un regard noir. Avant que la situation ne dégénère, sa mère prit de force chacune de leur main pour les entraîner jusqu'à la cafétéria où elle les fit asseoir face à face avant de leur servir leur dîner. Edward fut étonné de voir leur mère s'installer à côté de Gabriel et caresser tendrement ses cheveux pendant qu'ils mangeaient. D'habitude, elle avait ces gestes tendres envers lui et non pour Gabriel, alors pourquoi ? Le petit garçon comprit alors qu'ils ne reverraient sûrement jamais son frère. Il se demanda un instant s'il était soulagé ou non, il découvrit alors un nouveau trait de son caractère, il était égoïste car il ne souhaitait pas que Gabriel vienne. Edward termina son repas sous l'œil moqueur de son frère qui ne manquait pas de lui faire remarquer qu'il avait l'attention de leur mère. Il se leva pour débarrasser ses couverts, alors qu'il allait gagner la cuisine, Elisabeth lui demanda de les laisser sur la table qu'elle s'en occuperait. Il allait s'approcher pour embrasser sa mère quand son père les rejoignit.
« -Aro ne veut rien savoir, grogna Ethan en se laissant lourdement tomber sur une chaise, comment ne peut-il pas voir que Gabriel est la seule personne digne de son attention ?
Elisabeth ne dit rien, elle serra un peu plus Gabriel entre ses bras et déposa un baiser dans ses cheveux. Edward sentit ses yeux s'embuer alors qu'il voyait le charmant tableau qu'ils formaient à eux trois, peut-être que son père avait raison, peut-être ne servait-il à rien ?
-Edward ne fais pas attendre ton grand-père, lui conseilla sa mère, approche pour me dire au revoir.
L'enfant s'approcha de sa mère pour se fondre dans sa douce étreinte, elle déposa deux baisers sur ses joues. Edward se tourna vers son père, ce dernier le gratifia d'un vague au revoir, puis, il quitta le réfectoire. Il allait poser un pied sur la première marche de l'escalier quand il se figea en entendant une voix qu'il avait appris à haïr.
-Edward ?
Lentement, il se tourna vers son jumeau qui lui faisait face, il resta sur la première marche, mettant ainsi un peu de distance entre eux.
-Je déteste grand-père, confia son frère, je le hais de nous séparer. Il t'écoute, alors, dis-lui que tu dois venir avec nous. Je suis sûr que si tu lui demandes, il acceptera.
Edward mordilla nerveusement sa lèvre inférieure, il hésitait à donner une réponse franche, mais il le devait à Gabriel, surtout si c'était la dernière fois qu'ils se voyaient.
-Non, je ne lui demanderai pas.
-Si ! Tu vas le faire ! S'impatienta Gabriel dont les émeraudes lançaient des éclairs. Je ne veux pas que nous soyons séparés !
-Pourtant, nous le serons, assura Edward. Je n'irai pas parler à grand-père.
-Pourquoi… Pourquoi veux-tu que nous soyons séparés ? Tu ne m'aimes donc pas mon frère ?
-T'aimer ? S'écria Edward surpris. Tu ne sais pas ce que ce mot veut dire !
-Si, bien sûr que si, tu es même la seule personne que j'aime, Edward.
-Tu m'aimes ? Tu plaisantes ? Crois-tu que l'on frappe la personne que l'on aime ? Qu'on la blesse ?
-Ce n'est pas ma faute si ta peau est aussi belle et douce que les pétales de lys, murmura pensivement Gabriel dont un doigt vint caresser son poignet. Tu es aussi beau, fragile et fascinant que cette fleur. Je ne veux que te sublimer en ajoutant un peu de couleur.
-Avec mon sang ? Tu es malade !
-Non, je t'aime Edward. Tu es mon frère ! Tu es mon jumeau ! Tu es mien !
-Non ! Jamais je ne t'appartiendrais ! »
Sur cette affirmation, Edward se détourna et grimpa aussi rapidement que possible les marches menant à l'étage où il s'enferma dans les appartements de son grand-père où il savait qu'il serait en sécurité. Cette confrontation avec Gabriel l'avait profondément blessé, tout son être tremblait, des larmes coulaient le long de ses joues sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Il renifla et essuya ses larmes d'un geste rageur tout en rejoignant péniblement la chambre de son grand-père. Heureusement, celui-ci n'était pas là, il grimpa sur son lit et se roula en boule, serrant fermement un oreiller contre lui alors que ses pleurs redoublaient. Qu'avait-il fait ? Avait-il eu un geste malheureux ? Etait-ce de sa faute si Gabriel le considérait comme un jouet et non un être humain ? Son jouet… Non, il ne voulait plus l'être !
Edward avait dû s'assoupir car il fut réveillé par sa mère dont l'une des mains le bâillonnait alors que l'autre le secouait doucement. Il ne put réprimer un sursaut quand il entendit une explosion. La lueur des flammes dessinaient des arabesques effrayantes sur les murs de la chambre plongée dans l'obscurité. Il descendit du lit et prit son sac à dos avant de suivre sa mère à l'extérieur de la chambre. Alors qu'il pensait qu'ils allaient se diriger vers l'une des portes menant à l'extérieur, Elisabeth l'entraîna vers une fenêtre du premier étage. Elle l'ouvrit et il hésita quand elle lui demanda de sauter, cependant, elle était aussi la seule personne en qui il avait confiance. Edward laissa donc ses pieds pendre dans le vide, il étouffa un cri lorsque les mains de sa mère le lâchèrent, mais il sentit aussitôt des mains enserrer fermement sa taille. Les tremblements de son corps disparurent quand il se rendit compte qu'il était dans les bras de l'ange. Cependant, la quiétude qu'il ressentit à sa vue disparu quand il vit son père agripper fermement sa mère. Sans prendre en considération ses cris, l'ange écouta sa mère et s'enfuit avec lui. Un violent éclair illumina la nuit, un bruit assourdissant l'effraya et il sentit son corps ainsi que celui de l'homme être projetés au loin. Il aurait dû se faire mal vu la violence de la chute, mais l'ange l'avait protégé.
Soudain, tout lui parut différent, les images se troublèrent devant ses yeux. Edward ne revivait plus la scène, non, il était devenu un spectateur impuissant, il se tenait debout, juste à côté de son corps étroitement enveloppé par celui de Carlisle. Il s'approcha suffisamment pour voir son père se redresser et en serrant les dents il le vit retirer sans hésitation le long morceau de verre qui s'était figé dans son épaule. Malgré sa blessure, Carlisle le prit à nouveau dans ses bras et il se mit à courir pour l'éloigner des bruits d'explosion. Edward les suivit même si tout lui semblait flou, il comprit alors que tout ceci n'était pas le fruit de son imagination, mais ses souvenirs, ses souvenirs qu'il avait tant recherchés et si rien n'était clair c'était parce qu'il était évanoui entre les bras de Carlisle.
Les larmes coulèrent sur ses joues d'adulte quand il vit sa mère mourir de l'arme d'Ethan, il fut un instant soulagé que ses souvenirs ne soient pas clairs. Il vit Helena l'emmener au loin alors que Carlisle faisait face à Ethan. Il aurait aimé voir ce qui se passait entre les deux hommes, mais ses souvenirs l'éloignèrent alors qu'il se voyait enfant en train de s'éveiller dans les bras de Franz qui lui était totalement inconnu. Un petit sourire se dessina sur son visage quand il se vit en train de frapper l'ancien Marshall qui lui demandait de se calmer, qu'il ne le lâcherait pas. Ses paroles semblèrent redoubler la fougue de l'enfant qui planta violemment ses dents dans l'avant-bras de Franz qui le lâcha. A peine ses pieds avaient-ils touché le sol, qu'il se vit donner un violent coup de pied dans l'entrejambe de Franz qui tomba lourdement à terre en étouffant un cri de douleur. Edward suivit sa jeune version qui se mit à courir entre les arbres, ignorant les appels d'Helena, de Daniel et des autres évadés. Il ne lui fallut guère de temps pour comprendre que l'enfant courrait vers Carlisle, il se rappela alors que son père lui avait dit qu'il l'avait trouvé tétanisé non loin d'eux après qu'il ait tué Ethan.
Seulement, à sa stupeur, l'enfant se figea. Il put voir ses sourcils se froncer alors qu'il inspectait les alentours sur la défensive. Le jeune Edward ferma les yeux et inspira profondément. En un mouvement souple et gracieux, le petit garçon évita sans difficulté la lame qui venait de fendre l'air dans sa direction. Edward fut stupéfait de se voir en train de bloquer le bras de Gabriel pour que son jumeau ne tente pas à nouveau de le poignarder. Les deux frères bataillèrent pendant quelques secondes avec des gestes rapides et sûrs qu'il n'avait cru apprendre qu'une fois entré au FBI. Rapidement, il se rendit compte que sa version jeune était plus calme, donc, plus concentrée et le jeune Edward ne tarda pas à prendre le dessus. Il donna un violent coup de pied dans le torse de son frère qui chuta lourdement sur le sol.
« -Tu m'as frappé ? Cracha Gabriel furieux. Tu ne m'avais jamais frappé !
-Je sais.
-Pourquoi ? Pourquoi seulement aujourd'hui ?
-Malgré tout ce qui s'est passé, j'ai toujours espéré que nous puissions être un jour frères. Nous sommes jumeaux, nous avons grandi ensemble dans le ventre de notre mère. Nous aurions dû être proches, tu sais, j'ai lu des livres dans lesquels ils disent que les jumeaux sont fusionnels, l'un sait ce que l'autre pense, ils savent si l'un d'eux est mal ou blessé, mais cela n'a jamais été le cas pour nous. Si je n'ai jamais répliqué, si je ne t'ai pas rendu tes coups c'est parce que tu comptais pour moi, tu étais mon frère et je ne voulais pas te faire du mal ! Et quand je me suis enfin décidé à me défendre, je n'ai rien fait pour ne pas blesser maman. Sais-tu à quel point elle aurait aimé que tu te comportes normalement avec moi ? Je ne voulais pas la décevoir à mon tour.
-Elle m'aime.
-Oui, mais elle serait tellement plus heureuse si tu abandonnais tes démons. Je sais que tu n'es pas réellement heureux Gabriel, toute cette noirceur, toute cette douleur, tu dois les dépasser si tu veux enfin être connaître le bonheur.
-Je le connais quand tu es avec moi, quand je peux enfin être maître de toi. Comme tu l'as dit, nous ne sommes qu'un, je suis le mal, tu es le bien, je suis la nuit, tu es le jour, nous ne pouvons exister l'un sans l'autre. Je ne peux être heureux sans ta douceur que je noircis, tu vois nous nous complétons.
-Cesse tes délires, souffla Edward, à partir d'aujourd'hui, c'est fini. Je ne me considère plus comme ton frère, tu n'es plus rien à mes yeux !
-Non ! Je t'interdis de dire ça !
Tout en poussant un hurlement de rage, Gabriel se redressa pour se jeter sur lui. Ils tombèrent à la renverse, son frère le maintint au sol, assit à califourchon sur son bassin. Edward tenta de se dégager quand il sentit la pointe d'une lame caresser la peau fine de son cou.
-Tu ne me toucheras plus ! Assura-t-il.
Avant que son frère n'ait eu le temps de faire un seul geste, Edward posa sa main sur celle de son jumeau qui tenait fermement le manche du poignard. Avec une force qui déconcerta Gabriel, il éloigna la lame de son cou avant de le renverser sur le côté, échangeant ainsi leurs places. Un cri emplit de douleur franchit le seuil des lèvres de son frère quand il planta le couteau dans le sol, entaillant par la même occasion le cou de son jumeau. Gabriel semblait stupéfait par son geste, quant à lui, il ne pouvait détacher son regard du fin filet de sang qui s'écoulait de la blessure de son frère. Edward fronça les sourcils quand il vit le sang jaillir avec plus de force. Il déchira un bout du tee-shirt de son frère et le pressa contre la coupure. Il prit la main de Gabriel et la posa à la place de la sienne.
-On ne devrait pas tarder à te trouver, continue de faire garrot en appuyant bien fort
-Où… Où vas-tu ?
-Je pars avec maman.
-Non ! Tu n'as pas le droit de me laisser.
-Si ! Adieu, Gabriel.
-Edward ! Hurla son frère furieux et en larmes. Edward ! Reviens ! Edward ! Je te forcerai à revenir vers moi, Edward, tu me haïras tellement que tu ne pourras faire autrement que de me retrouver ! Cette cicatrice sera toujours là pour me rappeler que tu m'aimes, non, ne dis rien, car j'ai raison, tu ignores à quel point la frontière entre la haine et l'amour est mince ! »
Edward courut ne voulant plus entendre la voix de son frère, il courut à en perdre haleine en direction de l'ange et de sa mère, ils ne devaient plus être trop loin. Tout à coup, il trébucha sur une racine et tomba lourdement sur le sol. Alors qu'il se redressait, son regard se posa sur ses mains couvertes de sang. Le sang de son frère… Edward vit le petit garçon trembler alors qu'il se rappelait la froideur avec laquelle il avait fait face à Gabriel, il n'avait jamais autant ressemblé à son jumeau qu'en cet instant et cela l'effraya. Terrifié par ses pensées, il continua pourtant à avancer, il devait rejoindre au plus vite sa mère ! Soudain, un coup de feu le fit se figer, car celui-ci était bien plus près que ceux qui provenaient des bâtiments. L'enfant releva les yeux de sur ses mains, un hoquet de frayeur franchit le seuil de ses lèvres et il se mit à trembler. Edward aurait aimé rassurer sa plus jeune version, mais il ne pouvait l'atteindre, ce dernier ne cessait d'observer avec horreur les corps sans vie de ses parents. Son nom résonna et il vit Carlisle se précipiter vers l'enfant pour le prendre dans ses bras. Il le souleva et partit en direction de Franz et Helena qui arrivaient en courant. Edward les regarda partir en direction des voitures, ils passèrent à quelques mètres à peine de Gabriel. Tout devint flou autour de lui alors qu'il fixait les fourrés qui dissimulaient le corps de son jumeau, de Gabriel…
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Edward s'éveilla en sursaut. Il observa durant quelques secondes la pièce où il se trouvait, il ne tarda pas à reconnaître l'une des chambres de l'infirmerie du siège du FBI. Il s'assit et retira sans ménagement les électrodes qui étaient collées sur sa poitrine, puis, il s'attaqua au cathéter et à la perfusion ignorant le bruit strident de l'alarme. Alors qu'il cherchait une compresse ou autre pour endiguer le flot de sang causé par l'arrachement du cathéter, la porte s'ouvrit brutalement sur le médecin de l'unité ainsi que ses équipiers et certains membres de sa famille.
« -Recouche-toi immédiatement ! Ordonna Russell qui paraissait tout aussi furieux qu'inquiet.
-Dis-moi que mon père et Bella vont passer cette porte et je me recouche ! Répliqua Edward.
Il ne fallait pas être devin vu leurs visages fermés pour savoir que les nouvelles n'étaient pas bonnes.
-Depuis combien de temps je suis là ? S'enquit Edward en cherchant du regard ses vêtements.
-Une heure, lui apprit le Docteur Steal, et j'aimerais que vous vous recouchiez Agent Cullen, il a fallu toute la force de persuasion de l'agent Davies pour me convaincre de ne pas vous transférer à l'Hôpital. Vous aviez tous les symptômes d'une crise cardiaque avant que vos constantes ne ressemblent à celles d'une personne dans le coma. Alors, vous allez vous rasseoir pour que je puisse vous examiner.
-Fais ce qu'il te dit ou je te maintiens moi-même au lit, menaça Emmett.
-Je me ferais une joie de l'y aider, assura Jasper en s'approchant, et contrairement à eux, ton regard noir ne nous impressionne pas !
-Actuellement, deux équipes complètes sont à la recherche de l'Eventreur, Caitlin les supervise, Penny passe au crible toutes les vidéos surveillances de la ville pour suivre sa trace, Sam est sur le terrain pour mener à bien les recherches. Stefan est en sécurité avec ses tantes et sa grand-mère dans la salle de repos, il est sous haute surveillance. Alors, obéis et dis-toi que plus vite tu seras examiné, plus vite nous serons rassurés et plus vite tu pourras te mettre au travail. Compris ?
-Comment vous sentez-vous, Agent Cullen ? Lui demanda le Docteur Steal.
-J'ai mal à la tête, admit Edward, mais à part ça, je me sens bien. Où sont Daniel et Franz ?
-Ils arrivent, Daniel a refusé de parler tant que tu ne serais pas éveillé. Il a dit que de toute manière, il ne savait rien qui pourrait nous aider, lui apprit Russell qui ouvrit la porte donnant sur le couloir pour inviter les deux hommes à les rejoindre.
-J'imagine que tu dois avoir des tas de questions, dit Daniel en entrant.
-Pas tant que ça, admit Edward, j'ai retrouvé mes souvenirs. Il faut retrouver Gabriel et rapidement !
-Tu vas finir par nous dire comment tu connais l'identité de l'Eventreur ? S'impatienta Emmett.
-J'ai un frère, confia Edward d'une voix bien trop tremblante à son goût.
-Un frère ? S'étonnèrent Emmett et Jasper.
-Carlisle ne m'a jamais dit qu'il avait un autre enfant à sauver ce soir-là, murmura pensivement Franz.
-Car je pense qu'il n'était pas au courant de l'existence de Gabriel, expliqua Edward, n'est-ce pas Daniel ? C'est de lui dont vous parliez avec Helena ?
-Oui, mais nous le pensions mort, jusqu'à ce que nous fassions le rapprochement avec les agissements de l'Eventreur, il a toujours eu un faible pour les poignards depuis son plus jeune âge.
-Pour… Pourquoi le pensiez-vous mort ? Balbutia Edward.
-Avant que Carlisle ne nous envoie en sécurité aux quatre coins des Etats-Unis, nous nous sommes tous demandés si nous devions parler de Gabriel. Après quelques recherches, on a appris que le corps d'un enfant correspondant à la description de Gabriel avait été retrouvé dans les bois, mort des suites d'une blessure au cou, apparemment, il semblerait aujourd'hui que ce n'était pas ton frère.
-Cela aurait pu, murmura pensivement l'agent Cullen.
-J'imagine qu'Aro ou un garde l'a retrouvé et je ne sais comment un autre enfant a pris sa place.
-Je suis sûr que c'est Gabriel qui a donné l'idée de se faire passer pour mort, comprit Edward, sûrement pour endormir ma méfiance, seulement, il ne pensait pas que j'allais être amnésique.
-Une fois qu'il t'a retrouvé, cela a dû le rendre dingue de voir que tu ne te rappelais pas de lui. Il n'a toujours existé que pour toi et par toi, assura Daniel. Il te veut et il ne s'arrêtera que quand il t'aura à sa merci.
-Super, donc, on va devoir stopper ton frangin rendu dingue par ce fou de Général, résuma Emmett.
-Non, le contredit Edward, Gabriel a toujours été mauvais, il a toujours pris un malin plaisir à me brutaliser, me mutiler, je crois que c'était sa façon de m'aimer. Il…
Edward ne put terminer sa phrase, Penny venait d'entrer précipitamment dans sa chambre, pâle comme un linge.
-Vous ne devinerez jamais ce que j'ai décou… Monsieur ! Vous êtes réveillé ! S'écria Penny qui sans autre forme de procès lui sauta dessus.
-Pe… Penny… Penny ! Tu m'étouffes ! Grogna-t-il en la repoussant doucement. Alors qu'as-tu découvert ?
-Je ne sais si…, hésita sa subordonnée en se tournant vers Russell pour voir son avis.
-Penny !
-Je ne veux pas que vous vous évanouissiez ou que vous nous fassiez une attaque, hésita Penny en mordillant nerveusement sa lèvre inférieure.
-Il me semble que je suis au meilleur endroit pour faire un malaise, répliqua Edward, montre-moi !
Penny se dandina sur ses pieds avant d'allumer sa tablette numérique et de la tourner vers eux pour qu'ils voient Bella marcher dans les couloirs avec Stefan dans ses bras.
-Tu as réussi à débarrasser les images des interférences, constata Russell.
-Oui.
Edward savait ce qui minait sa collaboratrice, mais il ne dit rien, attendant l'angle filmé par la prochaine caméra pour savoir à quel point leur ressemblance était frappante. Des hoquets de stupeurs résonnèrent dans la chambre et ses doigts serrèrent les draps quand il vit sa parfaite copie marcher devant Bella et Stefan. Maintenant, il ne s'étonnait plus que Gabriel ait pu enlever aussi facilement Bella dans leurs locaux, il s'était tout simplement fait passer pour lui.
-Mais…
-Comment…
-Ce n'est pas possible…
-Je pense que vous avez compris que Gabriel n'est pas simplement mon frère, il est aussi mon jumeau. Bien, maintenant, Docteur, si vous avez terminé, j'aimerais retourner travailler.
Le médecin acquiesça et lui rendit ses vêtements qui étaient rangé dans une armoire. Edward passa dans la petite salle d'eau attenante pour s'habiller, laissant le soin à Daniel de répondre aux questions qu'il entendait fuser. Une fois vêtu, il prit la direction de son bureau pour être mis au courant des dernières recherches quand il fut heurté par une petite fusée qui s'accrocha à ses jambes.
-Papa !
-Mon cœur, tu vas bien ?
-Oui et toi ?
-Je vais bien, mon lapin, le rassura-t-il avant d'apercevoir sa mère ainsi que Rosalie et Alice arriver. On revient, leur lança-t-il.
Edward s'enferma dans son bureau avec son fils qu'il assit sur le rebord de celui-ci, il prit place dans son fauteuil pour faire face à l'enfant.
-Stefan, je sais que tu as vu le visage du méchant monsieur, commença doucement Edward en caressant la joue de son fils, pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'il me ressemblait ? Qu'il était exactement comme moi ?
-Tu es fâché ?
-Non, je ne le suis pas, mais j'aimerais comprendre pourquoi tu ne m'as rien dit.
-Il… Il a dit qu'il était toi, murmura Stefan d'un ton douloureux, qu'il ne me ferait pas de mal, mais il m'a dit que si on lui faisait bobo, alors, toi aussi tu aurais bobo parce que vous étiez un. J'ai pas tout compris… Mais voulais pas qu'il t'arrive quelque chose !
-Chut, tout va bien, assura Edward en prenant son fils dans ses bras, je vais bien. Le vilain monsieur a menti, il ne m'arrivera rien, je te le promets. Maintenant, tu vas rester avec mamie et les autres pendant que je vais chercher papi et Bella.
-Tu les ramèneras à la maison ?
-Oui. Stefan, tu sais que je t'aime ?
-Je t'aime aussi, papa.
-Bisous et câlin. »
Stefan noua ses mains autour de son cou et fit claquer deux bises humides sur ses joues avant de le serrer fermement. Edward lui rendit son étreinte et déposa des baisers dans ses cheveux. Puis, doucement, il se leva et s'approcha de la porte qu'il ouvrit. Il embrassa une nouvelle fois son fils avant de le confier à Rosalie. Après un dernier baiser, il laissa son fils aux bons soins des siens pour prendre la direction de l'enquête. Maintenant qu'il avait toutes les cartes en main, il était sûr de pouvoir retrouver Gabriel !
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Bella ouvrit péniblement ses paupières. Sa bouche était pâteuse et son corps lui sembla étrangement engourdi. Elle essaya de bouger. Elle réunit toutes ses forces et réussit à s'asseoir, un soupir de soulagement franchit le seuil de ses lèvres quand elle put s'appuyer contre un mur qui l'aida à rester assise. Malgré l'obscurité ambiante, elle tenta d'identifier les objets meublant la pièce où elle se trouvait. Elle discerna une chaise, un lit et un chevet. La jeune femme tenta de se lever pour atteindre la chaise dont elle pourrait se servir pour se défendre, mais elle n'en avait pas la force. Bella se laissa retomber le long du mur alors qu'elle tentait de comprendre ce qui s'était passé. Comment l'Eventreur pouvait-il autant ressembler à Edward ? Comment était-ce possible ? Ce qui lui parut le plus effrayant c'était que l'homme ne semblait pas porter un masque, il ressemblait vraiment à Edward ! Elle comprenait maintenant comment il avait pu piéger Laila, puis, elle. Toutes deux l'avaient simplement pris pour Edward ! Bella se maudit, comment avait-elle pu se laisser duper ? Elle se rappela alors le comportement étrange de Stefan ainsi que l'agacement dont avait fait preuve Edward, cela l'avait intrigué, mais pas alarmé. Néanmoins en repensant à l'attitude de l'enfant, elle aurait dû être sur ses gardes, en temps normal, jamais le petit garçon ne lui aurait demandé de l'accompagner aux toilettes, la seule fois où elle s'était proposée, il avait rougi et avait violemment protesté. Alors qu'elle se maudissait, un râle de douleur attira son attention. La jeune femme leva la tête vers le lit d'où provenait le son. Bella serra les dents et s'approcha à quatre pattes de la couche, se trainant à moitié sur le sol poussiéreux. Elle s'accrocha au rebord du lit, l'adrénaline coula à nouveau dans ses veines quand elle vit Carlisle allongé sur la couche, lui donnant la force de se lever. Bella tâtonna jusqu'à trouver l'interrupteur de la lampe de chevet qu'elle alluma.
« -Oh, mon Dieu ! Carlisle ! Murmura-t-elle en voyant son corps tremper de sueur. Vous êtes brûlant.
La jeune femme aperçut alors une bassine d'eau qui lui semblait propre et fraîche, elle y trempa un linge qu'elle posa sur le front embrasé du médecin.
-Ca… Ça va aller, chuchota Bella.
Le fait de voir Carlisle sembla lui donner une nouvelle force, elle jeta un coup d'œil à la porte, contrairement au reste de la pièce qui semblait tomber en décrépitude, celle-ci semblait bien trop épaisse pour être brisée par plusieurs coups d'épaule ou de pied. Des gémissements attirèrent son attention et elle se morigéna aussitôt en voyant le médecin se débattre faiblement. Tout en lui demandant de se calmer, Bella ôta le bâillon qui entravait la bouche du blond.
-Ça va, Carlisle ?
-Détache-moi, ordonna faiblement le médecin.
La jeune femme grimaça en voyant l'épaisse corde qui maintenait immobilisée les membres de Carlisle. Elle tira sur les nœuds, mais ceux-ci étaient bien trop serrés pour qu'elle parvienne à les défaire.
-Bella… Arrête, tu n'y arriveras pas, soupira-t-il.
-Si, il le faut ! S'entêta-t-elle.
Bella jura dans sa barbe avant de s'attaquer une nouvelle fois à l'épaisse corde.
-Be… Bella, murmura Carlisle, brise l'ampoule.
-Quoi ?
-La lampe, brise l'ampoule, peut-être qu'avec les morceaux pointus de verre tu pourras fragiliser la corde, ensuite, en tirant, je pourrais sans doute la briser, expliqua le médecin.
-D'accord.
Bella éteignit la lampe, elle protégea sa main avant de dévisser l'ampoule qu'elle brisa ensuite contre le rebord de la table de chevet. Puis, en faisant attention de ne pas blesser le médecin, elle commença à frotter le verre tranchant contre la corde.
-Vous l'avez-vu, n'est-ce pas ? Questionna Bella tout en se concentrant sur sa tâche. C'est pour ça que vous n'avez pas tiré. Comment peut-il autant ressembler à Edward ?
-J'y ai beaucoup pensé, avoua Carlisle. Je ne vois qu'une explication, c'est le frère d'Edward, son jumeau.
-Un jumeau ? Mais comment est-ce possible ?
-Je ne sais pas… Je ne comprends pas qu'Elisabeth ne m'en ait pas parlé.
-Elle a peut-être fait ça pour protéger Edward, supposa Bella.
-Sûrement, sa démence ne doit pas dater d'aujourd'hui, confia le médecin, attends, je crois que c'est bon.
Bella recula le morceau de verre du poignet de Carlisle, ce dernier tira sur le lien, mais elle ne tarda pas à remarquer qu'il était trop faible pour briser le lien, aussi, elle enroula ses mains autour de son poignet et l'aida à tirer. Elle se sentit partir en arrière quand la corde lâcha, elle atterrit lourdement sur les fesses dans un nuage de poussière. Bella toussa tout en tentant d'ignorer la douleur qui irradiait dans le bas de son dos.
-Bella ? L'appela Carlisle. Tu ne t'es pas fait mal ?
-Non, marmonna la jeune femme en se relevant.
Alors qu'elle cherchait, le morceau de verre pour s'attaquer à l'autre poignet du médecin, elle fut surprise par le froncement de sourcils de ce dernier.
-Il arrive ! Annonça Carlisle paniqué. Cache-toi derrière la porte et prends la chaise pour…
Bella hocha la tête, elle saisit la chaise sous le regard inquiet du médecin qui de sa main libre tentait de se libérer. La jeune femme raffermit sa prise sur la chaise. Elle inspira plusieurs fois profondément pour tenter de contrôler les tremblements qui parcouraient son corps et trouver le courage de s'attaquer à l'Eventreur. Son souffle se bloqua dans sa poitrine quand elle entendit la clef tourner dans la serrure. Ses mains moites serrèrent le bois. La porte s'ouvrit et l'homme entra. De toutes ses forces, elle abattit la chaise sur lui. L'Eventreur s'écroula sur le sol, lâchant son couteau qui glissa vers le lit. Alors qu'elle allait essayer de saisir l'arme, Carlisle l'en empêcha.
-Va-t'en ! Hurla le médecin. Sauve-toi !
La jeune femme hésita. Elle ne voulait pas abandonner le médecin, mais le regard que lui lança ce dernier la poussa à fuir. Elle s'élança dans les couloirs déserts de l'appartement. Elle venait d'atteindre un escalier quand elle entendit un juron et des pas de course venant dans sa direction. Le cœur battant à tout rompre, le souffle court, elle s'élança dans les escaliers tout en essayant de se repérer pour trouver une sortie. A peine avait-elle posé un pied sur le palier qu'un poing heurta son dos la faisant trébucher. Bella cria de douleur quand l'Eventreur la saisit par les cheveux, enroulant ceux-ci autour de son poing. Elle tenta de se débattre, mais l'homme était trop fort. Tout devint flou autour d'elle à cause des larmes qui envahissaient ses yeux liées à la douleur. L'Eventreur la traîna le long des escaliers, malmenant son corps à chaque marche, puis, il la ramena dans la pièce où se trouvait Carlisle. Bella se releva sur ses avant-bras pour lancer un regard haineux à l'homme qui possédait un visage si semblable à celui de son amour.
-Je comptais attendre pour te tuer, annonça l'Eventreur en essuyant du revers de la main le sang qui coulait le long de sa tempe, mais tu dois me payer ça, tu comprends, n'est-ce pas ?
-Vous êtes malade ! Gronda Bella en lui lançant un regard dédaigneux.
-Tais-toi ! Tu devrais être heureuse que je t'ai épargné si longtemps ! Gronda l'homme en s'approchant d'un pas menaçant alors qu'elle reculait, effrayée. Tu as osé le toucher ! Tu as osé prendre la place qui est la mienne !
-Je… Comment pouvez-vous penser cela ? Vous êtes vraiment…
-Bella, stop ! Coupa Carlisle. Laisse-la, s'il-te-plaît. Je t'en prie.
L'Eventreur observa pendant quelques secondes le médecin, le tueur sembla s'apaiser sous le regard doux de Carlisle. Bella en profita pour glisser discrètement vers le lit, tâtonnant pour tenter de trouver le poignard que l'homme avait laissé tomber.
-S'il-te-plaît, tu pourrais attacher Bella, elle ne s'enfuira pas, elle ne posera pas de problème, je te le promets. Nous pourrons en profiter pour discuter… Tu pourrais me raconter ton histoire…
-Je n'ai pas confiance en elle, je n'ai confiance en aucune femme ! Elles m'ont toute déçu !
-Belle sera sage, je te le promets.
-Non, tu ne peux pas lui faire confiance, même ma mère m'a trahi !
-Non, Elisabeth…
-Elle a voulu me prendre Edward ! Elle nous a menti ! Et oui ! Oui, je sais qu'Ethan n'est pas mon père ! C'est toi ! Si elle avait dit la vérité, nous aurions pu vivre avec toi et Edward ne m'aurait pas détesté, il ne m'aurait pas fui.
-Elisabeth n'a fait que vous protéger. Si Ethan avait su la vérité, il vous aurait tué Edward et toi.
-Alors, ça aurait été préférable, au moins, on serait resté ensemble ! Je ne la laisserai pas me le prendre ! Je ne laisserai plus personne me le prendre ! Hurla l'Eventreur. »
Bella tressaillit quand l'Eventreur se pencha vers elle. Soudain, elle se rappela qu'elle n'était pas une demoiselle en détresse, combien de fois l'avait-elle clamé haut et fort ? Comment pouvait-elle aujourd'hui l'oublier ? Tout en gardant ses jambes bien droites, elle pivota et faucha les jambes de l'Eventreur qui fut déséquilibré. La jeune femme se redressa aussi vite qu'elle le put et tout en prenant autant d'élan que possible, elle balança son pied dans le ventre de leur geôlier qui laissa échapper un gémissement de douleur. Elle asséna d'autres coups de pied violents à l'homme jusqu'à ce que soudain sa cheville soit bloquée par les mains de l'Eventreur. Ce dernier tira un coup sec sur son membre et elle tomba lourdement sur le dos. Avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, l'Eventreur fut assis à califourchon sur ses hanches, les mains de l'Eventreur se posèrent de part et d'autres de son cou et commencèrent à serrer. Bella tenta de défaire l'emprise du meurtrier sur sa gorge, griffant ses avant-bras, tirant sur ceux-ci alors que l'air commençait à manquer cruellement dans ses poumons…
