Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
.
.
Hello !
J'espère que vous allez tous bien et que vous vous tenez au chaud ! Moi, j'ai eu quelques petites frayeurs sur la route pour le retour de week-end, un trajet de deux heures m'en a pris 4 et demi. Bref, laissons la neige dehors et tenons-nous au chaud avec un bon café et une crêpe au Nut… J'arrête le délire, sorry. (mais c'est trop bon...)
Merci beaucoup, merci énormément pour toutes vos reviews ! MERCI ! MERCI !
Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira… Il y a une petite surprise…
Bon, sur ce… Bonne soirée et à bientôt !
.
.
Bonne lecture !
.
.
Résumé : Edward a retrouvé tous ses souvenirs, il se souvient de son enfance et surtout de son frère jumeau qui prenait un malin plaisir à le martyriser, à le faire souffrir. Bella a retrouvé Carlisle et tous deux sont prisonniers de l'Eventreur, Bella tente de s'échapper, mais Gabriel la rattrape et essaye de la tuer en l'étranglant…
.
.
Chapitre 24 : Face à face mortel
.
.
Edward avança lentement dans l'immense immeuble désert. Il avait étudié les plans pour ne pas être pris au dépourvu, mais cela n'avait pas d'importance car il était attendu. Ses pas prudents se posèrent sur les pétales de lys blancs alors qu'il suivait le chemin qu'ils traçaient, éclairés par des bougies de la même couleur immaculée. Ses sens étaient aux aguets, ses pupilles scrutaient avec attention le moindre recoin sombre, s'attendant à voir surgir à chaque instant Gabriel et sa folie. Tout en faisant le moins de bruit possible, il monta les marches menant au premier étage. Alors qu'une partie de son esprit était concentré à prévoir les possibles pièges tendus par son frère, l'autre partie priait avec ferveur pour qu'il n'arrive pas trop tard… Il ne savait pas quelle serait sa réaction si jamais il découvrait les corps sans vie de son père ou de Bella. Son cœur se serra à cette pensée, mais il avait été obligé de l'envisager s'est pour cela que sa plaque et son arme de service reposaient sur son bureau avec sa lettre de démission. Edward se dit que le service devait être dans une belle pagaille, Russell avait dû trouver sa lettre, son mentor devait sûrement le maudire pour être parti seul tout en hurlant sur ses collègues pour qu'ils le retrouvent, mais ils ne le retrouveraient pas, Edward s'en était assuré. Car si jamais Gabriel avait commis le pire, il ne voulait pas que quelqu'un essaye de le raisonner ou de l'empêcher de tuer son frère !
Arrivé en haut des marches, Edward examina le palier avant de suivre le chemin de pétales. Son regard se posa sur la dernière marche, ses yeux avaient été attirés par une tâche carmin, il se pencha et effleura cette dernière du bout des doigts, le sang colora le bout de ses doigts, cela faisait donc peu de temps qu'une personne avait été blessée ici. L'agent prit quelques secondes pour se reprendre, car ce sang, outre de lui faire penser que Bella ou son père étaient blessés, lui rappela que ce n'était pas la première fois qu'il en voyait à cet endroit. Bien des années auparavant, il était venu à cet endroit, il s'en était rappelé en examinant le tracé effectué par Penny. En effet, l'agent Hattaway avait fait son possible pour suivre le trajet de l'Eventreur grâce aux caméras de sécurité de la ville, mais elle avait fini par le perdre. En partant de la certitude que Gabriel ne s'éloignerait pas trop de lui, ils avaient délimité une zone ou le tueur avait pu établir son refuge. Edward était longtemps resté devant la carte, l'examinant, fouillant ses souvenirs car il était sûr et certain que Gabriel voulait qu'il le rejoigne, autrement dit, ils étaient déjà allés ensemble dans cet endroit. Alors qu'il faisait défiler les différentes façades des immeubles, maisons ou bâtiments peuplant la zone, il avait interpellé par celle d'un immeuble. Il y était déjà allé ! Il pouvait se revoir sur le trottoir tenant fermement la main de sa mère alors qu'Ethan les pressait d'entrer. Il se rappela aussi qu'à peine avait-il fait un pas à l'intérieur il avait été gêné par une étrange odeur de cuivre. Sa mère avait poussé un petit cri avant de le forcer à se retourner pour qu'il enfouisse son visage contre sa cuisse. Elisabeth avait appelé son frère, celui-ci avait rechigné à la rejoindre, mais il avait obéi et elle les avait tous deux soustrait au spectacle macabre qu'il avait plus ou moins eu le temps d'apercevoir. C'est à l'étage qu'ils avaient attendu tous les trois pendant que le Général et Ethan ainsi que leurs hommes de main réglaient leur compte à des fournisseurs qui avaient essayé de les doubler.
Tout en mettant ses souvenirs macabres de côté, Edward s'avança dans le couloir, ouvrant chaque porte et vérifiant que la pièce était vide. Enfin, il arriva au bout du couloir. Son cœur se mit à battre violemment dans sa poitrine lorsqu'il vit que le chemin de pétales continuait sous la porte entrouverte. Il prit une profonde inspiration avant de pousser le panneau en bois, son arme bien ancrée dans ses mains jointes, prête à faire feu au moindre geste suspect. Cependant, la pièce paraissait vide. Contrairement au couloir, il n'y avait aucune ombre, les bougies chassant la moindre trace de pénombre par leur nombre impressionnant. Il n'y avait aucun piège, mais lorsque son regard se posa sur le centre de la salle, il étouffa péniblement un cri de douleur. Avec des pas précipités, il s'approcha du petit lit. Il aurait aimé hurler de douleur lorsqu'il vit le visage blafard de Bella, mais il fit son possible pour se contenir. Gabriel n'avait pas monté cette mise en scène pour rien. Cependant, les minutes s'écoulaient et son frère ne semblait pas vouloir se manifester. Des sanglots secouèrent alors son torse alors qu'il se laissait tomber à genoux à côté du petit lit. Il tendit une main hésitante vers le visage froid de la jeune femme, n'osant la toucher, n'osant croire que Gabriel avait osé la tuer elle aussi !
« -Je suis désolé…. Pardon…. Pardon… Bella, pleura-t-il en caressant le bras dénudé de sa douce. Je… Pardon… Je t'aime… Si tu savais à quel point, je t'aime… »
Edward se moquait que sa vision soit soudain troublée par ses larmes, il ne pouvait détacher son regard du corps de Bella dans cette robe blanche qui lui donnait l'air d'un ange. Ses doigts glissèrent le long de la joue de la jeune femme pour effleurer les marques rouges et bleues qui ornaient son cou, il pouvait presque voir la trace des doigts de son frère. Une vague de désespoir l'envahit alors qu'il gémissait le prénom de son amour ainsi que de vaines excuses. Soudain, il se raidit. Edward n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qu'il n'était plus seul. Lentement et sans geste brusque, sa poigne se referma sur son arme. Il inspira profondément pour laisser libre court à la colère, la haine qui grandissaient en lui. D'un geste rapide et sûr, il se tourna, son arme pointée vers l'ombre qui s'approchait de lui. La rage l'aveuglant, il tira, cependant, au dernier moment une petite voix rendit son poignet moins sûr de sorte que la balle n'atteignit pas le cœur qu'il visait, mais l'épaule de Gabriel. Dans un grondement sourd, celui-ci s'effondra sur le sol. Aussitôt, il se leva pour s'approcher de son frère. Tout en pointant son arme vers le corps affaissé sur le sol, il le retourna à l'aide d'un violent coup de pied. Alors que Gabriel roulait sur le dos, la capuche de son sweat tomba révélant son visage.
« -Oh, mon Dieu ! S'écria Edward. Non ! Non ! Non ! Pardon ! Papa ! Papa, tu m'entends ? Je suis désolé, j'ai cru… Papa ? Papa ?
Edward lâcha son arme sur le sol et ôta précipitamment sa veste pour la poser sur l'épaule de son père et faire un point de compression. Ses yeux balayèrent avec inquiétude le visage blafard et étrangement moite de son père, il effleura son front et laissa échapper un juron quand il constata qu'il était brûlant de fièvre.
-Ca va aller, papa, les secours vont arriver, assura-t-il en fouillant les poches de son pantalon. Tu vas t'en sortir, papa, tu vas t'en sortir, il le faut ! Il le faut pour que tu puisses me passer le pire sermon de ma vie ! Je t'en prie, papa, accroche-toi !
Tout en suppliant son père de continuer le combat, Edward ne cessait de revoir la démarche hésitante de l'homme à la capuche, il aurait dû être interpellé par le fait qu'il s'appuyait contre le mur comme s'il ne pouvait pas tenir debout sans son aide.
-Pardon, pardon, papa, je t'en prie, ne me laisse pas toi aussi, supplia Edward en allumant son téléphone portable après avoir remis la puce à l'intérieur.
-Edward !
Le jeune homme se raidit en entendant la voix qui venait de prononcer son prénom. Il releva la tête pour apercevoir son reflet à l'autre bout du couloir qui le narguait d'un sourire. Aussitôt, il saisit son arme et fit feu, mais Gabriel s'était éclipsé. Edward se releva péniblement, il devait le poursuivre, il devait l'arrêter, le tuer ! Pourtant, il hésitait à laisser Bella et Carlisle. Il fit quelques pas vers le petit lit et se pencha pour embrasser les lèvres carmin de sa douce. Il lui murmura un je t'aime avant de s'approcher de son père.
-Ca va aller, papa, tu vas t'en sortir, dit-il en glissant son téléphone dans la main de son père, ils ont dû localiser le signal de mon portable, ils vont arriver. Je vais revenir… »
Edward déposa un baiser sur le front moite de son père avant de se lever, il jeta un dernier regard au corps de Bella, cela renforça sa détermination. Au pas de course, il s'élança dans le couloir, bien décidé à tuer son frère et, si possible, il mettrait en pratique les techniques de torture dont il avait maintenant le souvenir ! Après tout, il n'avait plus rien à perdre et tant pis s'il passait les prochaines années en prison. Le visage de Stefan se superposa pendant quelques secondes à celui de Bella, son fils… Il serait peut-être mieux avec Esmé, après tout, il avait apporté le malheur dans sa vie, Carlisle mourrait peut-être à cause de lui… Il pourrait peut-être lui apporter quelque réconfort en lui laissant la garde de Stefan, son fils, bien entendu, ne comprendrait pas, il le haïrait sûrement, mais il méritait cette haine. Oui, il la mériterait, car pour le moment rien d'autre ne comptait que sa soif de vengeance.
.
.
Son esprit oscillait entre conscience et inconscience, la balle qui était figée dans son épaule et la douleur qu'engendrait sa présence l'aidait à lutter contre l'obscurité. Carlisle essaya de se redresser, mais cela lui demandait beaucoup trop d'efforts, pourtant, il fallait qu'il trouve la force de se lever, il devait protéger Edward, son fils n'avait aucune idée de la folie de Gabriel et il n'osait imaginer le choc que ressentirait Edward quand il comprendrait qui était vraiment l'Eventreur. Son corps se mit soudain à trembler, lui signalant qu'il était à bout de force. Carlisle inspira plusieurs fois profondément, ignorant la douleur que cela provoquait. Il devait agir maintenant s'il ne voulait pas qu'Edward commette l'irréparable. Le médecin serra les dents et se traîna sur le plancher, son sang tâcha les pétales de lys blanc, il se demanda un instant pourquoi ils étaient là. Il se rappela alors le goût de l'Eventreur pour la mise en scène, cependant, qu'avait-il bien pu mettre en scène ? Son regard fiévreux balaya la pièce, son cœur fit un bond dans sa poitrine quand il aperçut Bella immobile dans sa robe de mousseline blanche allongée sur le petit lit. Non ! Non, elle ne pouvait pas être morte !
Carlisle s'approcha lentement du lit, si Bella était morte, si son fils l'avait vu, Gabriel aurait peut-être gagné et il ne pouvait le tolérer ! Il ne voulait pas que ses deux fils deviennent des meurtriers ! Alors qu'il se hissait jusqu'au centre de la pièce, il tenta de rassembler ses souvenirs. Il se rappelait avoir vu Gabriel se jeter sur Bella après qu'il l'ait eu rattrapé, il avait ressenti une certaine fierté quand la jeune femme s'était bravement battue contre l'Eventreur. Cependant, ce sentiment avait été remplacé par de l'inquiétude, puis, la peur quand il avait vu Gabriel étrangler la jeune femme ! Il s'était alors dépêché de couper les liens avec le poignard qui avait glissé près du lit. Après plusieurs essais Carlisle était parvenu à se lever. Rassemblant toutes ses forces, il s'était jeté sur Gabriel pour lui faire lâcher Bella. Leurs corps emmêlés, ils avaient chuté sur le sol, roulant aux côtés de la jeune femme. Le médecin lui avait jeté un coup d'œil inquiet quand il avait vu son regard chocolaté vitreux. Il avait entendu Gabriel se redresser et alors qu'il aurait dû lui faire face, il ne pouvait détacher ses yeux du corps de Bella, il avait échoué, il n'avait pas réussi à la protéger… Soudain, il avait vu sa poitrine se soulever alors qu'un râle passait le seuil de ses lèvres. Elle respirait ! La joie qui l'emplit fut de courte durée, Gabriel l'avait saisi par le col de sa chemise pour l'obliger à se relever avant de lui coller un violent coup de poing au visage qui lui fit perdre connaissance.
Lorsqu'il s'était réveillé, Carlisle avait remarqué qu'il était seul dans une pièce qu'il ne connaissait pas. Le médecin avait remarqué qu'il ne portait plus ses vêtements, Gabriel lui avait enfilé un pantalon en flanelle noir ainsi qu'un sweat à capuche, cette dernière était d'ailleurs rabattue sur son visage. Carlisle s'était appuyé contre le mur pour se relever. Malgré ses pas chancelants, il s'était approché de la porte, il devait retrouver Bella, il devait s'assurer qu'elle allait bien ! Il avait été étonné de voir que sa porte n'était pas fermée à clef et, même s'il se doutait qu'il s'agissait d'un piège de l'Eventreur, il sortit. A peine fut-il hors de la chambre qu'il aperçut au bout du couloir des pétales blancs qui menaient à une porte ouverte, il avait aussitôt compris que cette mise en scène ne lui était pas dédiée, non, c'était pour Edward. Si son fils était là, il devait le retrouver ! Carlisle avait alors serré les dents et s'était avancé vers la pièce d'où filtrait la lumière. Un soulagement sans nom avait envahi son être quand il avait vu son fils bien portant, cependant, ce sentiment avait vite disparu quand il avait remarqué le corps devant lequel pleurait Edward. Le médecin n'avait pas eu le temps de signaler sa présence qu'il avait vu son fils pivoter, il avait alors su ce qui allait se passer tout comme il avait la certitude que Gabriel avait tout planifié. Il s'était effondré quand la balle avait pénétré son épaule, remerciant le Ciel qu'Edward n'ait pas visé son cœur.
Le médecin réussit enfin à atteindre le corps de Bella, il s'aida de la structure du lit pour se hisser à sa hauteur. Des larmes embuèrent son regard alors qu'il observait son corps pâle. Ses doigts tremblant se posèrent sur le cou de la jeune femme, cherchant, priant pour trouver un pouls. Carlisle mordit sa lèvre inférieure quand il ne perçut rien. Ses poings se serrèrent autour du drap alors qu'un cri de rage franchissait ses lèvres. Il tomba soudain en arrière, ses forces le quittant à la vue de la dépouille de la jeune femme. Le médecin grimaça de douleur avant d'arranger le garrot de fortune fait par Edward avec sa veste. Alors qu'il l'arrangeait, il fronça les sourcils en remarquant que ses doigts étaient étonnement blancs. Son regard se porta aussitôt sur le cou de Bella où il pouvait voir la trace de ses doigts. Carlisle tendit alors la main vers le bras dénudé de la jeune femme qu'il frotta, récoltant sûrement un fond de teint très pâle qui recouvrait sa peau rosée. Il força son cerveau engourdi par la douleur à fonctionner un peu plus rapidement. Il expira, une légère fumée sortie de sa bouche, la pièce était donc plus froide que le reste de l'immeuble. Le médecin pouvait donc expliquer facilement la froideur et la blancheur du corps de Bella, restait à savoir pourquoi il ne percevait pas son pouls, pourquoi sa poitrine ne bougeait pas, signifiant qu'elle ne respirait pas. Carlisle se morigéna, en tant que médecin, il connaissait bon nombre d'association de médicaments qui pouvaient plonger quelqu'un dans un état proche de la mort. Mais pourquoi ? Peut-être pour faire perdre toute raison à Edward ? Si cela était le plan de Gabriel, il l'avait marché ! Si jamais Edward parvenait à le tuer, Gabriel aurait la satisfaction de savoir qu'il avait ruiné la vie de son frère qui se retrouverait en prison pour de longues années alors que Bella vivrait à l'extérieur et referait peut-être sa vie. Ou alors, si Gabriel prenait le dessus, Carlisle était certain que l'Eventreur trouverait jouissif d'éliminer Bella sous les yeux d'Edward. Quel que soit l'issue du duel entre les jumeaux, il devait intervenir. Son cœur se serrait alors qu'il comprenait qu'il n'y avait plus rien à faire pour sauver Gabriel, cependant, il pouvait toujours essayer de préserver Edward ! Si son raisonnement était juste, l'Eventreur avait dû prévoir un sérum ou des médicaments qui lui permettraient de réanimer Bella, ces derniers ne devaient pas être loin, il en était sûr. Alors qu'il fouillait la pièce du regard, il ressentit les premiers signes annonçant une perte de connaissance. Carlisle serra les dents et donna violemment un coup dans le pied du lit avec son épaule blessée, avivant la douleur qui le tiendrait éveillé. C'est alors qu'il aperçut une seringue remplit à moitié dissimulée par le drap qu'il avait tiré tout à l'heure dans sa chute. Ses doigts tremblants saisirent la seringue et enlevèrent le capuchon de protection. Devait-il piquer en intra-musculaire ou dans une veine ? S'il avait eu toutes ses capacités, il ne se serait pas poser de question. Des points sombres commencèrent à apparaître devant ses yeux, il sut alors qu'il n'était plus temps de tergiverser, il enfonça la seringue dans la chair de Bella, priant pour ne pas commettre une erreur. A peine le produit fut-il poussé hors de la seringue qu'il se sentit englouti par les ténèbres. Carlisle tomba lourdement sur le sol, inconscient. Des pétales furent soulevés par sa chute, ils retombèrent autour et sur lui, certains avaient perdu leur couleur immaculée pour une teinte rougeâtre.
.
.
Edward accéléra alors qu'il voyait que Gabriel le distançait. Alors qu'il allait s'élancer dans le couloir que son frère venait d'emprunter, il stoppa net et se jeta au sol quand il vit l'arme de l'Eventreur pointée vers lui. Des coups de feu résonnèrent alors qu'il roulait derrière l'angle du couloir pour se mettre à l'abri. Une fois dissimulé, il se pencha pour riposter. Son jumeau évita les balles, il tira dans sa direction avant de reprendre sa course. Edward se releva et se lança à nouveau à sa poursuite. Finalement, il atteignit un couloir qui se trouvait être un cul de sac, seule la porte se trouvant à son bout pouvait offrir une échappatoire à Gabriel. Sur ses gardes, il ouvrit la porte et entra dans la pièce où il se retrouva face à son jumeau. Il se tenait tout debout l'un face à l'autre, leurs armes visant la tête de l'autre. La colère se lisait sur son visage alors que celui de son jumeau était illuminé par un magnifique sourire.
« -Edward, dit doucement l'Eventreur comme pour le saluer.
-Gabriel, lança-t-il simplement avec haine.
-Enfin ! S'écria son frère ravi. Enfin, tu te rappelles de moi !
-Je me demande comment j'ai pu oublier un monstre tel que toi ! Cracha Edward.
-Oui, moi aussi, je me suis demandé comment tu avais pu m'effacer ainsi de tes souvenirs ! Après tout, nous sommes jumeaux !
-Jumeaux ? Nous n'en avons que le nom !
-Tu plaisantes ? Regarde, nous sommes habillés pareils ! Se réjouit Gabriel. Un lien nous uni, mon frère, nous ne sommes qu'une seule et même personne et nous allons enfin ne plus faire qu'un maintenant que nous sommes réunis.
-Tu délires ! Comment peux-tu croire qu'il peut y avoir la moindre amitié entre nous alors que tu as tué tant de personnes qui m'étaient chères !
-Mais je l'ai fait pour nous, Edward, elles t'éloignaient de moi !
-Tu es malade !
-Peut-être… Mais en attendant, tu es là, tu es à moi !
-Je ne serais jamais à toi, jamais !
-Oh, bien sûr que si, de grès ou de force, nous serons à nouveau tous les deux, enfin, tous les trois.
-Laisse Carlisle tranquille.
-Papa, tu peux l'appeler, papa, je sais qu'il est notre géniteur, mais je ne pensais pas à lui, mais à Stefan.
-Ne t'approche pas de mon fils !
-Il a un tel potentiel et il nous ressemble tellement, tu imagines un mini-toi que je pourrais former et aimer à ma manière, murmura Gabriel d'une voix rêveuse.
-Je ne te laisserai pas le toucher ! Prévint Edward en raffermissant sa prise sur son arme.
-Dis-moi, Edward, tirerais-tu dans le dos de quelqu'un ?
-Quoi ? Demanda-t-il perdu.
Gabriel lui lança un regard amusé avant de baisser son arme et de lui tourner simplement le dos pour s'élancer vers une porte se trouvant au font de la salle.
-Arrête-toi ou je tire ! Menaça Edward.
Son doigt trembla sur la gâchette, il hésita, visant le dos de son frère, mais il ne voulait pas l'abattre ainsi, il voulait lui tirer dessus à la loyale, dans un face à face ! Un grognement de colère franchit le seuil de ses lèvres alors qu'il courrait à la poursuite de son frère dont il put entendre le ricanement qui attisa un peu plus sa rage.
-Je savais que tu ne me tirerais pas dans le dos ! Tu es bien trop prévisible et altruiste ! Railla son frère en montant des marches en courant. »
Edward ravala son cri de rage et courut après Gabriel à travers l'escalier en colimaçon qui devait les entraîner vers le toit. Effectivement, ils ne tardèrent pas à atteindre ce dernier, il fut aveuglé par la vive lueur du soleil. Son frère le fut aussi et malgré sa gêne, Edward se jeta sur lui, le plaquant brutalement au sol, leurs armes leur échappèrent, roulant sur le sol hors de leur portée. Edward s'assit sur le torse de son frère dont le petit sourire avait enfin disparu, il se permit à son tour de lui sourire avant d'abattre un premier poing dans son visage, puis, un second, il se moqua que la tête de Gabriel heurte le sol dur, un troisième…
.
.
Bella ouvrit brutalement les yeux, elle inspira profondément une gorgée d'air, aussitôt, elle ressentit une violente brûlure au niveau de la gorge lui rappelant que l'Eventreur avait tenté de l'étrangler. La jeune femme frissonna, tout son corps était froid. Elle se redressa prudemment tout en se demandant pourquoi elle ne portait plus ses vêtements mais une robe blanche à bustier et avec un jupon de mousseline. Bella voulut se lever, mais elle remarqua à cet instant un corps affaissé au pied du lit. Son sang se glaça dans ses veines quand elle reconnut Carlisle. La jeune femme descendit et s'agenouilla à ses côtés, elle examina rapidement le médecin, son angoisse s'accrut quand elle vit du sang glisser le long de la main de Carlisle. Doucement, elle l'allongea sur le sol. Bella attrapa l'oreiller du petit lit pour le glisser sous la tête du médecin, elle défit ensuite le drap et la couverture pour le couvrir et tenter de le réchauffer. Alors qu'elle se demandait où pouvait être l'Eventreur, la jeune femme arrangea la veste qui comprimait la blessure. Elle observa le vêtement, certaine de l'avoir déjà vu, mais où ? Une vague d'inquiétude naquit en elle quand elle se fit la remarque que c'était le style de vêtement que portait Edward. Etait-il ici ? Si oui, où ? Etait-il en danger ? Allait-il bien ? La sonnerie d'un téléphone la fit soudain sursauter, elle se pencha vers Carlisle d'où émanait le bruit. Elle aperçut l'appareil à côté de la main du médecin. Elle le saisit et sut qu'Edward était là quand elle vit le nom de l'appelant affiché sur l'écran.
« -Edward ? Appela Russell visiblement inquiet quand elle décrocha.
-Non, c'est Bella.
-Bella ! Vous allez bien ? S'enquit aussitôt l'agent. Edward est avec vous ? Carlisle ?
-Je suis avec Carlisle, je vais bien, mais lui, il est grièvement blessé. Russell, je ne sais pas où nous sommes, avoua-t-elle inquiète de ne pouvoir les guider à eux, et… Je n'ai pas vu Edward !
-Calmez-vous, nous sommes en route ! Edward a dû réactiver son téléphone quand il vous a trouvé pour que nous venions à votre secours. Je veux que vous vous barricadiez dans la pièce où vous vous trouvez avec Carlisle, compris ?
-Mais, Edward ?
-C'est un grand garçon, Bella, vous devez protéger Carlisle, c'est clair ? Ne vous lancez pas à sa recherche !
Bella comprit sans difficulté le sous-entendu dans la phrase de Russell, l'homme ne voulait pas qu'elle se lance à la recherche d'Edward car elle pouvait tout aussi bien tomber sur Gabriel que sur le jeune homme.
-D'accord, murmura-t-elle.
-Bien, nous devrions être là dans moins de 5 minutes, savez-vous où vous êtes dans l'immeuble ?
-Je crois… Il me semble que nous sommes au premier étage dans une pièce au fond du couloir de droite, il y a de toute manière des pétales blancs sur le sol.
-Très bien. Maintenant, Bella, je veux que vous fermiez la porte, essayez de la condamner. Je vais rester au téléphone avec vous jusqu'à notre arrivée, d'accord ?
-Russell… Je suis désolée, mais je… Je n'ai plus de batterie, déclara Bella avant de raccrocher. »
A peine avait-elle fait cela que le téléphone se mit à sonner à nouveau, le nom de Russell s'affichant sur l'écran. Bella posa le téléphone près de Carlisle et puis, après s'être assuré que le médecin était aussi bien installé que possible, elle sortit de la pièce. La jeune femme déchira un bout de sa jupe, elle accrocha une extrémité à un bout de bois, sûrement un des vestiges de la chaise qu'elle avait cassé sur le dos de Gabriel. Bella sortit de la pièce et ferma la porte, puis, grâce au bout de tissu, elle tira le bout de bois qui vint se caler contre la porte, la bloquant de l'intérieur. Bien sûr, cela ne retarderait pas beaucoup l'Eventreur, mais au moins cela le ralentirait et si le FBI arrivait d'ici moins de 5 minutes, cela devrait assurer la protection de Carlisle. Rassurée de savoir le médecin en lieu sûr, elle s'élança à travers les couloirs, cherchant une trace du passage d'Edward. Elle ne tarda pas à voir des impacts de balles qui la guidèrent jusqu'à une salle où la porte du fond était grande ouverte. Elle s'y engouffra et grimpa le long escalier en colimaçon qui la mena au toit de l'immeuble. Elle se figea sur le seuil de la porte lorsqu'elle vit deux hommes identiques en train de se battre à main nue, l'un dominant clairement l'autre. Bella remarqua la présence d'un revolver non loin d'elle, elle s'agenouilla pour le prendre, une fois la sécurité enlevée, elle tira un coup en l'air. Aussitôt, les deux hommes se figèrent pour l'observer. Celui qui donnait les coups de poing la regarda avec stupeur, l'autre en profité pour le repousser et ils se retrouvèrent tous deux assis face à elle.
« -Levez-vous, lentement, ordonna-t-elle en les mettant en joue à tour de rôle. Levez vos mains !
-Bella ! Tu… Tu es vivante ! S'exclama celui de droite avec émotion.
-Bella ! Si… Si tu savais… Je t'ai cru morte, admit l'homme de gauche en réprimant un sanglot.
La jeune femme observa les jumeaux, malgré le visage tuméfié de celui de gauche, ils étaient identiques et pour couronner le tout ils portaient les mêmes vêtements !
-Bella ? Bella, appela doucement le jumeau au visage ensanglanté, comment va papa ?
-Ca… Ça allait, Edward ? Murmura-t-elle en sa direction.
-Non, Bella, non, c'est moi Edward ! S'écria aussitôt l'autre jumeau.
La jeune femme mordilla sa lèvre inférieure, indécise. Physiquement, il se ressemblait beaucoup trop pour qu'elle puisse les différencier et elle ne tenait pas à prendre de risque en s'approchant du mauvais jumeau. Soudain, elle entendit des pas dans l'escalier.
-Je suis là ! Cria-t-elle à l'attention des hommes du FBI. La situation est sous contrôle.
En quelques secondes, elle ne fut plus seule. Bella laissa tomber son arme dans un soupir de soulagement, Russell, Sam ainsi que d'autres agents tenant en joue les jumeaux.
-Merde, jura Sam en observant les deux copies conformes. Qui est qui ?
-C'est moi, Sam ! S'écria celui de sur la droite.
-Non, c'est moi ! Répliqua aussitôt l'autre.
-Bien, marmonna Russell qui observait avec attention les deux hommes. Mettons les choses au clair immédiatement, déboutonnez vos chemises !
-Quoi ? S'écrièrent les jumeaux.
-Edward a des traces de blessures sur le corps, rappela l'agent Davies.
Bella remercia silencieusement le mentor de son amour pour sa clairvoyance, cependant, elle ne tarda pas à remarquer que Russell paraissait confus, elle le fut aussi quand elle ne vit aucun des deux hommes paniquer. Les deux ouvrirent leur chemise et elle comprit pourquoi quand elle vit les deux torses portant les mêmes traces de blessures.
-C'est pas vrai, maugréa l'homme de droite. Tu es malade ! T'es-tu infligé cela toi-même ou quelqu'un t'a-t-il aidé ?
-Pourquoi poser la question ? Puisque tu connais la réponse, répliqua celui de gauche. C'est toi, l'Eventreur !
-Je ne suis pas l'Eventreur ! C'est toi le tueur !
-La ferme ! S'écria Bella à bout.
-Il suffit de poser une question dont seul Edward peut connaître la réponse, tempéra Russell en lui offrant un sourire rassurant. Où Edward et moi, nous sommes-nous rencontrés ?
-A la faculté de Cambridge, répondit l'homme au visage ensanglanté.
-Tu n'as pas de question plus simple, railla le jumeau de gauche, n'importe qui peut le savoir !
-Très bien, souffla Sam, qu'a apporté le Boss comme nourriture ou boisson lors de notre première soirée poker ?
Bella eut envie de se frapper la tête contre le sol en voyant les deux jumeaux incapables de répondre à cette question qui semblait faire référence à un élément lointain et qui n'était pas suffisamment important pour qu'Edward le retienne.
-Qu'avais-je préparé pour dîner la première fois que tu es venu manger chez moi ? Demanda Bella.
-Des lasagnes ! S'écria aussitôt l'homme blessé.
Bella sourit aussitôt à Edward tout en hochant la tête en direction de Russell, les agents braquèrent alors leurs armes sur le jumeau de droite.
-Non ! C'est moi ! C'est moi, Edward ! Affirma aussitôt celui-ci.
Cependant, il n'eut pas le loisir de protester davantage que le vraie Edward lui asséna un violent coup de poing dans le visage qui le fit lourdement chuter sur le sol, sa tête heurta brutalement le béton lui faisant perdre connaissance.
-Estime-toi heureux, ce n'est qu'un petit prix à payer pour tout le mal que tu as fait, cracha Edward avant de se tourner vers elle. Bella…. Bella, tu vas bien ?
-Oui, oui, assura-t-elle en se jetant dans ses bras.
Edward la serra doucement contre lui, déposant des baisers dans ses cheveux tout en murmurant des mots d'excuses. Du coin de l'œil, elle vit les agents emmener l'Eventreur toujours inconscient. Soudain, elle sentit Edward vaciller entre ses bras. Aussitôt, Sam et Russell se précipitèrent pour l'aider à l'asseoir. Un groupe de secouristes arrivèrent et le médecin se dépêcha d'examiner Edward.
-Carlisle ? S'enquit son compagnon.
-Les secouristes ont stabilisé votre père, annonça Caitlin en les rejoignant et en fronçant les sourcils en voyant le visage tuméfié de son supérieur. Eh, bien ! Il a une sacrée droite !
-Caitlin ! Grommela Edward en lui jetant un regard noir.
-Pardon, s'excusa-t-elle aussitôt. Je disais donc qu'ils sont en train d'évacuer votre père vers l'Hôpital le plus proche, il a perdu pas mal de sang et il est brûlant de fièvre, le médecin était plutôt optimiste, même si sa blessure au ventre semble infectée.
-Bien, nous allons, nous aussi, aller à l'Hôpital, déclara l'urgentiste qui s'occupait de son homme, vous avez besoin de points et il vaudrait mieux faire une IRM de contrôle, Monsieur, votre tête semble avoir violemment heurtée le sol.
-Je…
-Edward, gronda Bella inquiète qu'il ne veuille pas se faire soigner, écoute le médecin, s'il-te-plaît !
-D'accord, mais quelqu'un aurait un téléphone pour que j'appelle Stefan pour lui dire que tout va bien ? S'enquit Edward de plus en plus pâle.
-Amenez le brancard ! Cria le médecin.
-Je peux marcher, protesta son compagnon avant d'être pris de vertiges.
-Il est hors de question que tu marches, intervint Russell, écoute, tu vas t'allonger sur ce foutu brancard et aller à l'Hôpital faire tes examens. Pendant ce temps, Caitlin et moi allons rentrer au bureau pour informer ta famille que vous allez tous bien. J'en profiterai pour prendre Stefan et te l'amener. Ne crois-tu pas qu'il sera moins traumatisant pour lui de te voir soigné et en pleine forme ?
-Si, tu as raison.
Bella sourit, si Edward avait la force de râler, c'est qu'il allait bien. La jeune femme s'approcha du brancard où son homme était en train d'être sanglé, elle prit sa main dans la sienne.
-Je ne savais pas que tu étais friande des robes meringue, la taquina-t-il.
-Très drôle, Cullen, tu as de la chance d'être blessé !
-Tu n'oserais pas frapper un homme à terre ? S'indigna Edward avant de perdre son petit sourire. Je suis désolé, Bella, je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger.
-Ce n'est rien, l'essentiel c'est que tout se termine bien.
-Nous devons y aller, Mademoiselle, intervint l'un des ambulanciers en poussant le brancard, vous venez avec nous ?
-Oui.
-Je vais donner mes vêtements de rechange à Sam, déclara Caitlin, il va vous suivre à l'Hôpital et tu pourras te changer.
-Merci.
-Hey ! J'ai trouvé une deuxième arme ! Cria un agent du FBI.
-C'est celle de Gabriel, murmura Edward avant de fermer les yeux.
-On y va ! Déclara aussitôt le médecin. »
Bella remercia Caitlin qui venait de lui passer une veste. Elle suivit ensuite le brancard jusque dans l'ambulance où on l'aida à s'asseoir près d'Edward. La jeune femme ne pouvait s'empêcher de contempler le visage de son bien-aimé en se disant que tout était enfin terminé. La tension retombant, elle sentit son corps donner des signes de fatigue. C'est ainsi qu'à peine sortie de l'ambulance, elle se retrouva elle aussi installée sur un brancard pour subir des examens. Heureusement, Sam ne cessa de faire des allers et retours pour lui donner des nouvelles aussi bien d'Edward que de Carlisle.
.
.
Russell porta le gobelet de café à ses lèvres et prit quelques gorgées de la boisson brûlante tout en observant l'Eventreur à travers la vitre sans tain. L'homme avait repris connaissance sur le trajet vers les bureaux du FBI, les agents qui l'avaient escorté lui avaient rapporté qu'il n'avait cessé de clamer qu'il était l'agent Cullen et que s'ils ne le libéraient pas immédiatement il allait se charger lui-même de leur botter le cul. Bien sûr, cet éclat de colère ressemblait à ceux d'Edward, mais cela ne le surprenait pas vraiment, Gabriel avait étudié le caractère de son frère, sans oublier, qu'ils étaient jumeaux et donc semblables sur bien des points. Penny ne tarda pas à le rejoindre, elle lui donna des nouvelles d'Edward, de Bella et de Carlisle tout en l'informant que Caitlin était en route pour l'Hôpital avec toute la famille Cullen. Russell hocha la tête à l'écoute de toutes ces bonnes nouvelles. Il se tourna ensuite vers la salle d'interrogatoire, il était temps qu'il se mesure à Gabriel et il était sûr que cela n'allait pas être une partie de plaisir ! Il poussa la porte et reçut immédiatement un regard noir. Il ne se laissa pas démonter et s'installa tranquillement de l'autre côté de la table, face au prévenu. Après avoir posé son gobelet sur la table, il ouvrit tout aussi paisiblement le volumineux dossier de l'Eventreur.
« -Putain ! Eclata celui-ci en tirant sur les menottes qui le retenait attaché à la table. Russell, bouge-toi et délivre-moi !
-Je suis l'agent Davies, j'aimerais que vous m'appeliez ainsi et non autrement. Bien, Gabriel, si nous commencions ?
-Je te conseille d'arrêter, Russell, dit le tueur en insistant bien sur son prénom, de me relâcher immédiatement, sinon, je te jure que rien ne pourra te protéger de ma colère !
-Pensez-vous vraiment que vous faire passer pour Edward va arranger les choses ?
-Putain ! Je ne me fais pas passer pour Edward ! Je suis Edward ! S'énerva Gabriel.
Russell fut content que l'installation soit solide quand il vit l'Eventreur tirer de toutes ses forces sur ses menottes ! Abandonnant son ton doux, il toisa le meurtrier d'un regard noir.
-Vous devriez vous calmer, cela ne joue pas en votre faveur tout comme les preuves que nous avons recueilli sur le toit.
-Les preuves ? Quelles preuves ? Nos ADN sont identiques, abruti, il est impossible de nous différencier et…
-Ça suffit ! Rugit Russell en tapant du poing sur la table. Nous avons trouvé votre arme.
-Oui, tu n'as qu'à la faire analyser, elle est enregistrée à mon nom, c'est mon arme de secours ! Tu sais que j'ai deux armes, l'officielle et l'autre en cas de problème. J'ai rendu l'officielle avec ma plaque, j'ai donc utilisé mon arme personnelle !
Russell devait admettre que l'Eventreur était convaincant, s'il n'avait pas eu les premiers résultats de la balistique entre les mains, il se serait peut-être laissé troubler.
-Admettons, j'ai bien dit, admettons, que vous soyez Edward, que s'est-il passé sur le toit ?
-J'ai poursuivi Gabriel, il a été distrait par la lueur du soleil, j'ai foncé et je l'ai plaqué au sol. J'ai pris le dessus et je l'ai roué de coups.
-Pourquoi ne pas avoir utilisé ton arme pour le tenir en joue et appeler des renforts ?
-Parce que dans notre chute, nous avons perdu nos armes.
Russell hocha pensivement la tête avant de faire glisser un plan du toit entre eux.
-Une arme a été retrouvée ici et l'autre là. Laquelle est la vôtre ?
L'homme fronça les sourcils avant de désigner l'arme dont il avait le rapport balistique.
-Il semblerait qu'il y ait une faille dans votre petit plan tordu, Gabriel, ricana Russell, il se trouve que cette arme appartient à la personne qui a tiré sur le Docteur Cullen !
L'agent Davies faillit pousser un cri de victoire quand il vit les traits confus du tueur. Russell jubila de voir la tête défaite du tueur qui comprenait qu'il s'était fait piéger !
-Je… Oui, c'est moi, avoua péniblement l'Eventreur, je… J'ai cru que Bella était morte et… Il y a eu cette ombre… J'ai cru que c'était lui… Oh, mon Dieu… J'ai tiré sur mon père… Russell, comment… Comment va-t-il ?
-Voyez-vous, Gabriel, votre frère aurait de suite demandé des nouvelles de son père plutôt que d'hurler pour qu'on le détache.
-Mais tu ne comprends pas ou tu le fais exprès ? Gabriel est libre et il va prendre Stefan ! Il va le prendre ! Détache-moi ! Russell ! Hurla l'homme quand il le vit se lever.
-Par ailleurs, Mademoiselle Swan nous a affirmé qu'elle avait vu l'Eventreur tirer sur Carlisle, ajouta Russell en se dirigeant vers la porte de la salle d'interrogatoire. Nous reprendrons cet entretien quand vous vous serez calmé.
-Putain, Russell ! Tu vas le regretter ! Je te jure que mentor ou non, tu vas payer très cher s'il touche à un seul cheveu de mon fils ! Russell ! »
L'agent Davies ferma la porte et poussa un soupir. Il ne tirerait rien de Gabriel, celui-ci devait d'abord se calmer et comprendre que nul ne le laisserait sortir d'ici. Une fois que le tueur aurait compris et admit cela, il aurait peut-être une chance de le faire parler. Russell prit la direction du bureau de Penny après avoir demandé aux gardes surveillant l'Eventreur de se montrer très prudents. Une fois qu'il eut pris le sac préparé par l'agent Hattaway, il prit la direction de l'Hôpital, persuadé qu'Edward voudrait voir les premières minutes de l'interrogatoire du tueur et, peut-être, son protégé pourrait lui donner des pistes à exploiter.
.
.
Bella avait enfin eut l'autorisation de se lever. Elle en profita pour utiliser la douche de sa chambre et enlever le fond de teint blanc qui recouvrait son corps. Une fois sèche et à l'aise dans les vêtements prêtés par Caitlin, elle sortit de sa chambre. Cette dernière l'attendait pour lui faire signer sa déposition qu'elle avait cependant déjà envoyée à Russell pour l'interrogatoire de l'Eventreur. Bella survola ses propos et se hâta de parapher le tout, pressée de rejoindre Edward et d'avoir des nouvelles de Carlisle. Arrivée dans la salle d'attente, Stefan quitta les bras de Rosalie pour lui faire un câlin. Elle serra l'enfant conter elle et déposa un baiser dans ses cheveux tout en lui assurant que le méchant monsieur ne lui avait pas fait de mal. Elle allait interroger le reste de la famille pour avoir des nouvelles des deux blessés quand le médecin arriva. Celui-ci leur annonça que les examens d'Edward étaient bons et qu'hormis quelques bleus, il allait bien. Quant à Carlisle, ils avaient pu le stabiliser, ses jours n'étaient pas en danger, il venait de sortir de chirurgie et ils pourraient aller le voir dans quelques heures dès qu'il serait sorti de la salle de réveil. Bella laissa échapper un soupir de soulagement, puis, elle s'asseoir sur une chaise pour attendre avec le reste de la famille. Les minutes passèrent et Stefan devint de moins en moins bavards, Bella sourit quand elle vit que le petit-garçon luttait pour rester éveiller et voir son père. D'ailleurs ce dernier ne devrait-il pas les avoir déjà rejoint ?
« -Tu vas bien ?
Bella sourit à Jasper qui venait de s'asseoir à ses côtés, le jeune homme lui tendit un gobelet de café.
-Merci.
-Alors ? Insista-t-il.
-Pour le moment, ça va, j'ai eu très peur, admit la jeune femme, mais je tiens le coup. Ce sera peut-être différent quand je serais sûre que tout le monde va bien.
-Le contre coup arrivera tôt ou tard, n'oublie pas à ce moment-là que tu n'es pas seule.
-Merci, Jasper.
-On dirait que quelqu'un vient de perdre son combat, s'amusa le psy en observant Stefan qui s'était endormi le nez dans son giron, on se demandait quand il cèderait, il n'a dormi que très peu de temps depuis votre disparition.
-J'espère qu'il ira bien, il est si petit que j'ai peur que toute cette histoire lui laisse des traces.
-Stefan est aussi fort que son père et crois-moi lorsque je te dis que nous sous-estimons la capacité des enfants à encaisser, ils sont parfois bien plus forts que des adultes.
-C'est tout à fait vrai ! Mon petit gars est un véritable, champion ! Assura Edward en entrant dans la salle d'attente.
Tous les regards se tournèrent vers le nouveau venu, tous se hâtèrent d'aller le serrer dans leurs bras. Esmé hésita, un peu en retrait, avant de faire un pas vers son fils adoptif.
-Edward, je suis désolée, s'excusa-t-elle, la peur m'a fait perdre la tête, je n'aurais pas dû te parler ainsi, ni t'accuser d'être la cause de tous les maux qui nous accablaient. Je t'aime, mon fils, pourras-tu me pardonner ?
Edward observa durant quelques secondes sa mère et Bella fut surprise pour ne pas dire stupéfaite quand il tourna le dos à Esmé pour s'approcher d'elle. Un sanglot résonna dans la salle d'attente bien qu'Esmé ait essayé de l'étouffer.
-Je sais que maman n'aurait pas dû s'emporter et te gifler, intervint Emmett, mais elle s'est excusée, tu pourrais lui pardonner. Ne vois-tu pas qu'elle souffre ?
-Et moi ? Je n'ai pas souffert ? Déclara Edward d'une voix qui lui fit froid dans le dos.
-Je n'ai pas dit ça, se défendit Emmett, j'ai simplement dit que…
-Plus tard, coupa Edward en se penchant vers elle, tu peux me donner mon fils ?
Bella acquiesça, elle posa son gobelet sur une tablette et délaça tendrement l'emprise de Stefan sur son bras. Edward le prit contre lui et aussitôt Stefan se pelotonna contre lui en murmurant un petit « papa » satisfait. Alors qu'elle pensait qu'Edward allait s'installer près d'elle, Bella le vit sortir de la salle d'attente.
-Edward ? Où vas-tu ?
-J'ai besoin d'être seul, seul avec mon fils, confia le jeune homme, ne t'inquiète pas, je reviens vite.
Rassurée par ses propos, Bella se réinstalla sur sa chaise. Son regard se posa sur Emmett et Alice qui essayaient de réconforter Esmé. Elle surprit alors le visage perplexe de Jasper.
-Qu'y a-t-il ? Lui demanda-t-elle.
-Rien, enfin, je trouve juste le comportement d'Edward un peu étonnant, mais bon, il est normal qu'il soit un peu sur les nerfs après tout ce qui s'est passé, non ? »
Bella ne répondit pas à Jasper, à son tour, elle fixait le seuil de la salle d'attente. Lentement, elle se leva et sous prétexte d'aller au petit coin, elle sortit. Une fois dans le couloir, elle observa les alentours à la recherche d'Edward et de Stefan. Ne les voyant pas, elle se mit à arpenter les couloirs, espérant les trouver et s'assurer qu'Edward allait bien.
.
.
Tout ceci était un cauchemar, un horrible cauchemar, ne cessait-il de se répéter. Comment avaient-ils pu le confondre avec Gabriel ? Comment avaient-ils pu le laisser seul avec sa famille ? Avec Stefan ? Edward ne cessait de fulminer alors qu'il détachait les menottes l'emprisonnant à la table. Attirer les gardes dans la salle et les monter l'un contre l'autre n'avait pas été difficile. Les deux hommes étaient si occupés à se critiquer mutuellement qu'ils n'avaient pas été sur leurs gardes. Ses jambes étant libres, il avait glissé sur la table, autant que ses menottes le lui permettaient, avant de balancer un coup de pied en plein visage de chaque agent. Edward savait qu'il avait peu de temps et que le plus dur restait à faire : sortir des locaux du FBI ! Cependant, Gabriel y était arrivé, certes en se faisant passer pour lui, mais lui aussi pouvait y parvenir ! Une fois libre, il vola les armes des deux agents et se glissa prudemment dans le couloir. Alors qu'il arrivait sans encombre à l'étage supérieur, une alarme résonna, on venait de se rendre compte de son évasion ! Une silhouette attira soudain son attention, il se maudit, détestant ce qu'il s'apprêtait à faire, mais il devait pourtant le faire pour rejoindre Stefan et le protéger. Armant son arme, il se jeta sur l'agent qui poussa un cri en laissant tomber ses dossiers et sa poche de bonbons sur le sol.
.
.
Russell venait d'arriver à l'infirmerie de l'Hôpital, il détestait ces endroits autant parce qu'il ne faisait jamais bon y venir que parce qu'ils étaient de véritables labyrinthes ! Alors qu'il venait d'interpeller une aide-soignante pour demander où se trouvait la famille Cullen, une infirmière entra dans la salle pour appeler le chirurgien et le prévenir que Carlisle était réveillé. L'agent Davies décida de faire une brève visite au médecin, il voulait le rassurer en lui annonçant que Gabriel était prisonnier dans leurs locaux et aussi prendre de ses nouvelles. Russell devait admettre qu'il avait une certaine admiration pour cet homme qui s'était battu pour sa famille, cependant, il ne devait pas être étonné de la résistance et de l'opiniâtreté du Docteur, après tout, les chiens ne faisaient pas des chats ! Arrivé devant la chambre, il frappa doucement à la porte qu'il poussa ensuite. Le médecin tourna la tête vers lui et il vit à son regard qu'il était épuisé.
« -Bonsoir, Carlisle, dit-il en refermant la porte et en posant sa sacoche sur la tablette, je suis venu prendre de vos nouvelles. Je ne vais pas vous déranger longtemps, je sais que vous êtes épuisé.
-Bella ? Edward ? Articula le médecin d'une voix pâteuse.
-Ils vont bien, tous les deux, le rassura aussitôt Russell en versant un peu d'eau dans un verre qu'il l'aida à boire. Ils ne présentaient que quelques contusions et ils ne devraient d'ailleurs pas tarder à venir vous rendre visite.
-Gabriel ?
-Il est dans nos locaux sous bonne garde, vous n'avez plus rien à craindre, Carlisle, tout va bien aller.
A peine avait-il dit ses mots que son téléphone portable vibra dans sa poche. Russell s'excusa auprès du médecin et décrocha. L'agent Davies fit son possible pour rester calme quand il entendit les nouvelles que lui donnait, en personne, le Directeur du FBI.
-Tout… Tout va bien ? Murmura le Docteur Cullen.
-Oui, assura-t-il en raccrochant. Je vais malheureusement devoir vous laisser, le travail m'appelle. Reposez-vous, Carlisle, je vais dire à votre famille de vous rejoindre.
-Merci. »
Russell lança un dernier sourire au médecin tout en se demandant si celui-ci se doutait ou non que quelque chose de grave venait de se produire. Il ne tarda pas à retrouver Sam et Caitlin qui lui lancèrent un regard inquiet. Il ordonna à Caitlin de rester en faction avec deux agents devant la salle d'attente et de surveiller aussi la chambre du Docteur Cullen. Accompagné de Sam, Russell se lança ensuite à la recherche d'Edward, de Bella et de Stefan qui semblaient avoir choisi le mauvais moment pour aller se promener !
.
.
Malgré les drogues qu'on lui avait données, Carlisle était suffisamment conscient pour comprendre que quelque chose de grave se tramait et que l'agent Davies avait tout fait pour le lui cacher. Le médecin voulut se lever, mais il était décidément trop faible. Un soupir franchit le seuil de ses lèvres quand il aperçut la sacoche oubliée par Russell. Doucement, il fit rouler la tablette jusqu'à lui. Il ne lui fallut que peu de temps pour sortir l'ordinateur portable et l'allumer. Alors qu'il se demandait dans quelle application aller pour savoir ce qui se passait, le nom d'un dossier attira son attention. Il cliqua dessus et une vidéo se lança. Carlisle comprit rapidement qu'il s'agissait de l'interrogatoire de Gabriel. Son cœur se pinça quand il vit à quel point son fils était maléfique, il étouffa un sanglot. Jusqu'ici il avait fait son possible pour ne pas penser à Gabriel comme étant le frère d'Edward, comme étant sa chair et son sang. Comment avait-il pu aussi mal tourner ? Ethan ne devait bien sûr pas être étranger à la folie de son fils, même s'il y avait de fortes chances qu'il soit né ainsi. Alors que l'interrogatoire défilait sous ses yeux, Carlisle ne tarda pas à être interpellé par certains petits détails et surtout par la clarté du regard émeraude, il n'y avait que de la colère dans ces prunelles, il n'y discernait aucune trace de folie. Il arrêta la vidéo pour observer avec attention le visage de Gabriel, son cœur s'emballa dans sa poitrine quand il reconnut Edward ! Si son fils était enchaîné dans les locaux du FBI, alors, Gabriel était là dehors avec sa famille ! Carlisle saisit aussitôt le fil relié au boitier d'appel des infirmières, il allait le presser quand il vit Gabriel entrer dans sa chambre, portant Stefan dans ses bras.
« -Ah ! Tu es réveillé, papa, comment te sens-tu ?
-Bien, murmura Carlisle.
Tout en ne quittant pas Gabriel du regard, le médecin appuya sur l'alarme. Une infirmière devait passer à proximité de sa chambre car la porte s'entrouvrit aussitôt.
-Docteur Cullen, que puis-je faire pour vous ?
-Serait-il possible d'avoir d'autres analgésiques pour mon père ? Le devança Gabriel. Il souffre beaucoup. Je pense qu'un dérivé morphinique ou cortisoné ferait l'affaire.
-Bien, je vais demander au médecin.
L'infirmière partit et Gabriel s'approcha de son lit. Sans lui laisser le choix, il mit la sonnette d'alarme hors de sa portée.
-Alors quelle dose, Docteur Cullen, devrais-je utiliser pour condamner un patient au sommeil éternel ? Demanda Gabriel qui n'était pas dupe.
-Laisse Stefan, il a déjà suffisamment souffert à cause de ta folie.
-Je ne peux pas, il doit venir avec nous. J'aurais aussi aimé que tu viennes, mais tu es trop grièvement blessé, tu nous retarderais. Donc, nous n'allons pas attendre que cette aimable infirmière revienne, annonça Gabriel en posant délicatement Stefan à ses côtés. Nous allons opter pour une bonne vieille technique.
Carlisle emprisonna Stefan dans ses bras. Avec horreur, il vit son fils passer une main sous sa tête pour prendre l'un de ses oreillers. Une larme roula le long de sa joue alors qu'il hésitait à le laisser poursuivre pour gagner du temps, peut-être quelqu'un entrerait-il, et protéger ainsi Stefan ou se débattre et risquer de réveiller son petit-fils dont la résistance énerverait un peu plus Gabriel.
-Je suis désolé, papa, j'aurais aimé que nous ayons plus de temps pour nous connaître. Je t'aime.
Carlisle ferma les yeux quand l'oreiller fut pressé contre son visage, il avait réussi à prendre une profonde inspiration, mais il savait que Gabriel ne se laisserait pas duper. Le médecin était en train d'épuiser ses dernières réserves d'oxygène quand il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir.
-Agent Cullen ! Appela un homme alors que l'oreiller disparaissait de son visage. L'agent Davies vous demande sur le toit de l'immeuble. Gabriel Volturi a réussi à s'enfuir !
-Quoi ? »
Carlisle esquissa un léger sourire avant de perdre connaissance. Il sentit cependant deux des doigts de Gabriel se poser sur son cou et il laissa échapper un juron quand il perçut son pouls. Le médecin raffermit son étreinte sur Stefan. Il savait que son fils était en train d'hésiter, tout comme il savait qu'il ne pourrait pas résister à se confronter à nouveau à Edward. Comme il l'avait supposé, Gabriel quitta la chambre, lui laissant Stefan. Maintenant, il lui fallait trouver la force de prévenir Russell ou un membre du FBI qu'ils confondaient ses deux fils ! Malheureusement, le dernier effort qu'il venait de fournir l'avait vidé de ses forces, il sentit sa tête dodeliner contre l'oreiller, il sombra dans l'inconscience, son visage enfouit dans les mèches rebelles de son petit-fils.
.
.
Bella ne cessait d'arpenter les couloirs de l'Hôpital, où pouvait donc être Edward ? Alors qu'elle se dirigeait vers la cafétéria, elle tomba nez à nez avec l'agent Hattaway qui semblait perdue. Elle courut vers elle, la jeune femme aida Penny à s'asseoir avant de lui donner un mouchoir en papier pour qu'elle essuie ses larmes.
« -Tout va bien, la rassura Bella en caressant son dos.
-Non, ça va pas… Me suis fait avoir comme une débutante…
-Je ne comprends pas Penny, vous voulez bien m'expliquer ?
-L'Eventreur… Il…. Il s'est enfui…
-Quoi ?
-Il m'a pris en otage…
-Vous n'êtes pas blessée ? S'enquit Bella en l'examinant rapidement.
-Non, je…
-Penny ! Cria Russell en arrivant au pas de course avec Sam. Tu vas bien ? Il ne t'a pas fait de mal ?
-Non, il… Il était même étonnement gentil.
-Où est-il ma belle ? Lui demanda Sam d'une voix douce.
-Il a pris l'ascenseur… Il allait au dernier étage…
-La famille Cullen est au troisième, pourquoi irait-il là-haut ? S'étonna Russell avant de se reprendre. On file sur le toit. Bella vous pouvez accompagner Penny au troisième, restez auprès de Caitlin.
-Je viens avec vous ! Le contredit-elle.
-Bella, je n'ai pas le temps de polémiquer avec vous, gronda Russell, vous vous arrangerez avec Edward !
Bella hocha la tête, elle savait que son compagnon ne serait pas ravi de la voir aussi près de Gabriel, mais elle tenait à être là. Après s'être assuré que Penny soit capable de rejoindre Caitlin, une équipe emprunta les escaliers pendant que l'autre montait dans un ascenseur. Bella profita de l'ascension de la cage métallique pour enfiler un gilet pare-balle et armer le revolver de secours de Sam qu'il lui avait confié. Arrivé au dernier étage, ils rencontrèrent un groupe d'agents qui avait déjà fouillé les lieux.
-Il n'est pas là, les informa le chef de groupe.
-Alors, il est sur le toit.
Tout le monde hocha la tête face aux paroles de Russell. Prudemment, ils prirent le dernier escalier qui menait au toit de l'immeuble. A peine avait-elle mis un pied sur le sol, que Bella fut aveuglée par l'immense spot de l'hélicoptère qui éclairait les lieux pour eux.
-Là ! Cria Russell.
Bella ne put s'empêcher de se demander quel pouvait être le plan de l'Eventreur ? Celui-ci se tenait debout sur le rebord du toit, comme s'il était prêt à sauter. Les agents du FBI prirent position autour de lui, leurs armes dirigées vers l'homme même si ce dernier ne paraissait pas être armé.
-Gabriel ! Appela Russell. Gabriel, rejoignez-nous ici !
En entendant la voix de l'agent Davies, l'Eventreur se retourna pour leur face, les surplombant de plusieurs centimètres à cause de la hauteur du muret sur lequel il s'était perché.
-Gabriel, venez, s'il-vous-plaît, insista Russell, sauter ne vous apportera rien d'autre que la mort.
Alors que Bella se disait que cela ne serait pas une grosse perte, elle ravala ses propos, leur boulot était de raisonner ce tueur pour qu'il ne mette pas fin à ses jours ! Après tout, les familles des victimes avaient le droit d'assister à son procès et ainsi trouver un certain réconfort.
-Gabriel, vous ne voulez pas que ça se termine ainsi, assura l'agent Davies, vous ne souhaitez pas mourir.
-C'est la seule solution, Russell.
Ce furent les premiers mots que dit l'Eventreur, le mentor de son compagnon semblait étonné par ceux-ci tout comme elle l'était par le désespoir qui suintait de ces mots.
-Pourquoi serait-ce la seule solution ? Demanda doucement l'agent Davies en faisant un pas en avant.
-Si je meurs, je gagne. Si je meurs, le jeu n'aura plus son intérêt.
Russell se figea. Tout comme elle, Sam parut déstabilisé par la soudaine raideur qu'arborait l'agent Davies. Ils virent les sourcils de l'homme se froncer, mais ils n'eurent guère le temps de s'interroger davantage, Edward venait de les rejoindre.
-Qu'essaies-tu de faire ? Cria son compagnon à Gabriel. Tu veux nous faire croire que tu vas sauter ?
-Je ne veux pas te faire croire quoi ce soit. Je vais sauter. Tu m'as battu, blessé, tu as tué, blessé, des gens qui m'étaient chers et maintenant tu me voles mon identité, alors, non, Gabriel, je ne plaisante pas.
-Ne fais pas ça !
-Oh, si ! Il y a une chose, une chose que tu as toujours essayé d'avoir, mais que tu n'auras jamais : mon contrôle ! J'ai toujours été maître de mes décisions et ma décision ce soir est de mettre fin à tout ceci !
Alors que Gabriel se tournait pour faire à nouveau face au vide, son regard croisa le sien. Bella eut l'impression de recevoir un violent coup de poing dans l'estomac, ses yeux s'embuèrent alors que son instinct lui disait d'empêcher cet homme de sauter.
-Edward ! Non ! »
Les deux cris résonnèrent en même temps, Russell et Edward avait crié au même moment. L'hésitation de Sam se refléta en elle, qui était qui ? Avec horreur, elle vit l'homme debout sur la rambarde écarter les bras et observer avec détermination le sol. Il allait sauter ! Il allait sauter et cela n'était pas feint ! Le nom de son amant résonna à nouveau et elle comprit alors que c'était Gabriel qui se tenait à ses côtés. Celui-ci se précipita vers son frère, vers Edward pour l'empêcher de sauter. Cependant, dans sa précipitation pour retenir son jumeau, Gabriel ne fit pas attention à l'élan que sa course lui avait donné. Bella hurla quand elle vit les deux frères basculer dans le vide. Elle s'effondra sur le sol alors que tous les agents se précipitaient vers la rambarde. La jeune femme sanglota sans retenue, des larmes inondaient son visage quand soudain elle sentit deux mains la saisir fermement pour la relever.
« -Ils sont tombés sur une terrasse en contrebas, lui apprit Russell en la soutenant, ils ont fait une chute de trois étages.
Un peu d'espoir renaquit en elle, Russell l'aida à marcher pour rejoindre la terrasse où les jumeaux s'étaient écrasés. Alors qu'ils allaient atteindre l'étage, la radio de l'agent Davies cracha des nouvelles qui l'effrayèrent.
-C'est Sam ! On a besoin d'un brancard de toute urgence ! L'un est mort, l'autre respire faiblement.
-Qui ? Hurla Russell.
-Je sais pas, admit Sam, je sais pas… Ils sont identiques… »
