Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

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Hello !

J'espère que vous allez tous et toutes bien !

Voici enfin la fin de la mini-fic sur Carlisle et Edward, elle devait paraître normalement pour la Saint Valentin, mais je suis à la bourre. Pardon !

Je tenais à vous remercier pour vos messages et alertes concernant cette fic. Merci !

Voilà la suite et fin, j'espère qu'elle vous plaira ! A la semaine prochaine sur Milord !

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Bonne lecture !

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Epilogue : Joyeuse Saint Valentin, Docteur Cullen !

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Edward soupira. Le vampire passa une main nerveuse dans ses cheveux, ses dents mordillant sa lèvre inférieure alors qu'il observait d'un œil critique sa chambre. Il s'approcha du couvre-lit d'un blanc immaculé sur lequel il déplaça quelques pétales rouges avant d'arranger les différents voilages du lit. Après un dernier regard sur le lit, il alla s'agenouiller devant la cheminée pour allumer un feu. Il allait craquer une allumette quand il sentit une présence derrière lui. Le Prince tourna sur ses talons pour se retrouver agenouillé face à Jasper qui retenait péniblement un éclat de rire. Il le fusilla du regard alors que le blond riait maintenant ouvertement de lui. Quand ce dernier ouvrit la bouche, il le devança, préférant lui faire part de l'état de ses nerfs à fleur de peau.

« -Un seul commentaire, prévint-il, et je t'émascule !

-C'est vrai que tu es à la bonne hauteur, railla Jasper alors qu'il remarquait seulement leur position. Je ne serais pas contre une petite gâterie, rajouta son ami.

-Vas te faire foutre, Jasper ! Grogna Edward.

-J'y compte bien, ricana le vampire, et avec toi ce serait parfait.

-Quand je t'ai demandé de venir dans notre chambre, ce n'était pas pour ça, le contredit-il.

-Je savais bien que tu m'oublierais quand tu as transformé, Monsieur Moralité, souffla l'empathe d'un ton peiné.

-Il est pas là, Jasper, ce n'est pas la peine d'essayer de l'asticoter ! S'agaça le Prince. Et je ne t'ai pas oublié !

-T'es vraiment pas drôle, bon, si je ne suis pas là pour une agréable partie de jambes en l'air, pourquoi m'as-tu demandé de venir ?

Edward se redressa, il lissa sa chemise tout en jetant un coup d'œil nerveux à la chambre. Jasper suivit son regard et le Prince put voir le sourire de son meilleur ami s'étirer.

-Rigole et je te fais bouffer tes crocs !

-Non… Mais tu admettras que c'est tout de même drôle, toi, l'Héritier du trône de Volterra, cynique et baisant tout ce qui passe, tu es en train de préparer la Saint-Valentin ? Cullen t'a vraiment retourné le cerveau !

-La ferme ! Bon, t'en pense quoi ?

-Que tu n'as jamais fait ça pour moi, bouda Jasper.

Edward leva les yeux au ciel avant de s'approcher de son meilleur ami, il savait que ce dernier avait dû mal à accepter leur semi séparation, même s'il leur arrivait de passer du temps tous les trois, Jazz et lui ne restaient jamais en tête-à-tête. Le Prince enlaça d'un bras la taille de Jasper, l'attirant à lui pour un tendre baiser. Edward le repoussa doucement quand il sentit les mains du blond glisser sur ses fesses pour presser leurs corps l'un contre l'autre.

-Joyeuse Saint-Valentin, murmura Edward contre ses lèvres.

Jasper soupira. Les doigts de son ami caressèrent sa joue avant qu'il ne s'écarte en balayant la chambre du regard.

-C'est magnifique, Edward. Bien, soupira le blond en se dirigeant vers la sortie tout en traînant des pieds, je vais me retirer dans mon antre solitaire…

-N'essaie pas de me faire culpabiliser, ne crois pas que je ne sois pas au courant de certains rendez-vous !

Jasper eut le bon goût de prendre une mine penaude dont Edward se régala à son tour, prenant un malin plaisir à se moquer du blond.

-Ricane pas trop, répliqua Jazz, j'ose même pas imaginer la tête d'Aro, ou mieux encore, de Caïus si je leur dis de venir voir ta chambre ! »

S'il avait pu, Edward aurait rougi. Effectivement, son père et ses oncles n'apprécieraient pas l'attention, quoi que peut-être Marcus serait-il le seul à comprendre sa démarche ? Edward savait qu'il était égoïste et capricieux. Carlisle lui avait reproché de l'avoir transformé, le traitant d'enfant immature, d'être indifférent aux sentiments des autres, son beau blond avait refusé d'entendre, de croire qu'il l'aimait sincèrement. Il lui avait expliqué maintes fois que « oui », il n'avait pas tenu compte de son opinion, mais pourquoi Carlisle ne pouvait-il pas comprendre qu'il lui était impossible de vivre sans lui ? Les mois qui avaient suivi la transformation de son beau médecin avaient été dur, mais la colère du nouveau-né s'était apaisée au fur et à mesure que son don se développait. Enfin, à ses yeux, il ne s'agissait pas d'un don, pour Carlisle si, quant au reste de leur espèce, ils y voyaient une malédiction. En effet, Carlisle n'avait jamais bu une goutte de sang humain. Jasper et lui s'étaient retrouvés face à un nouveau-né qui refusait obstinément de se nourrir ! Ils avaient eu beau le tenter avec du sang humain, lui assurant qu'il provenait du pire des criminels, Carlisle avait tenu bon et s'était simplement un peu plus recroquevillé sur lui, ses forces l'abandonnant peu à peu. Edward n'avait plus su quoi faire, Jasper envisageait de le nourrir de force quand Carlisle s'était élancé à travers les bois. Ils s'étaient lancés à sa poursuite pour le trouver en train de s'abreuver du sang d'un ours. Depuis, Carlisle se nourrissait d'animaux et ses yeux avaient pris une magnifique couleur ambrée qu'il ne se lassait pas de contempler. Un grognement secoua soudain son torse quand il sentit deux lèvres toucher les siennes.

« -Jasper ! Souffla-t-il exaspéré en repoussant le blond.

-Désolé, mais cela fait 5 minutes que j'essaie d'attirer ton attention, râla son ami. J'imagine que tu vas profiter de cette soirée pour lui offrir son petit cadeau ?

-Ouais… J'espère qu'il comprendra tout ce que cela signifie.

-Edward, Dieu sait qu'il m'en coûte de te dire ça, mais Carlisle t'aime, malgré l'indifférence, la froideur avec laquelle il te traite, il tient à toi. Te rappelles-tu de mon don ?

-Oui, bougonna Edward.

-Laisse-lui du temps. Tout n'a pas été évident pour lui entre sa transformation, son régime particulier, la rencontre avec les Volturi, toi qui ne cesse de le presser, il a besoin de respirer.

-Je sais, pourquoi crois-tu que j'ai autant plaidé auprès d'Aro pour qu'il le laisse aller à sa guise ?

-Plaidé, j'aurais plutôt dit menacé, rectifia Jasper avec un sourire narquois, « sois tu acceptes mon compagnon, sois tu considères que tu n'as plus de fils ! », j'ai cru qu'Aro allait t'arracher la tête et la mienne aussi, rajouta-t-il avec une grimace.

-Je ne te remercierai jamais assez pour ton aide, Jazz, mais rassure-toi, Aro n'a jamais eu l'intention d'arracher nos têtes malgré toute sa fureur.

-Peut-être, mais je n'en dirais pas autant de Caïus.

Les deux vampires échangèrent un regard attendu, se félicitant de leurs dons qui leurs avaient permis de calmer la fureur du Volturi blond tout en trouvant les bons mots qui gardèrent Carlisle sain et sauf ainsi que leurs têtes sur leurs épaules.

-Leurs têtes étaient tout de même amusantes à voir, déclara Edward avec un sourire.

-Ouais, pour ma part, moins je les vois ainsi, mieux c'est. Bon, je te laisse ! »

Le Prince de Volterra hocha distraitement la tête en direction de son ami qui se dirigeait déjà vers la sortie. Edward jeta un dernier coup d'œil à la chambre avant d'aller s'installer dans le salon, il prit un livre et s'installa dans un fauteuil pour attendre le retour de son compagnon.

La patience n'avait jamais été le fort d'Edward, voilà une heure qu'il attendait le retour de Carlisle et le blond ne semblait pas décidé à se montrer. Il avait tenté de le joindre sur son téléphone portable, mais il tombait sans cesse sur le répondeur. Le Prince composa une nouvelle fois le numéro du service des urgences, il se retint difficilement d'aller y faire un carnage quand il tomba sur une voix enregistrée lui demandant de taper un ou deux ou… Il n'entendit pas la suite, son téléphone venant de s'écraser dans le mur où il avait balancé l'agaçant petit appareil. D'un pas décidé, il sortit de sa chambre, bien décidé à se rendre à l'Hôpital. Arrivé dans l'immense garage, ses sourcils se froncèrent quand il aperçut la voiture de Carlisle garée à côté de la sienne. S'il était rentré, pourquoi son compagnon ne l'avait-il pas rejoint ? Un grondement sourd fit écho à sa question alors qu'il se précipitait vers les appartements d'Aro. Sans prendre la peine de frapper, il entra dans la suite.

« -Tes manières ! Gronda aussitôt Aro en le fusillant du regard.

-Où est-il ? Répliqua Edward sur le même ton.

-Où est qui ? Soupira l'Ancien qui semblait déjà agacé par leur future conversation.

-Carlisle !

-Il ne travaille pas ?

-Si, mais il est rentré et je ne le trouve pas !

-Comme tu peux le constater, il n'est point ici. Maintenant, peux-tu partir ?

Au lieu d'obéir, Edward fit quelques pas jusqu'à la chambre d'Aro où il se laissa tomber peu gracieusement sur le lit en poussant un soupir à fendre l'âme.

-Edward ! Il me semble t'avoir demandé de …

Pour toute réponse, Edward leva un doigt en direction de l'Ancien pour le faire taire. Le vampire écarta les pensées bouillonnantes et pleines de promesses de torture de son père d'adoption pour effleurer les pensées de tous les habitants de Volterra et chercher celles de Carlisle.

-Pourquoi je ne perçois pas sa présence alors qu'il est rentré ? S'énerva Edward.

-Peut-être tout simplement parce qu'il n'est pas rentré. J'ai entendu dire qu'il y avait eu grave accident d'autocar…

-Tu as entendu dire ? Répéta Edward en se hissant sur un coude pour lancer un regard soupçonneux au Volturi.

-Il est possible que de jeunes vampires aient fait la course et dans leur empressement aient provoqué un léger accident de la circulation, lâcha Aro. Rassure-toi, ils ont été réprimandés.

-Où sont-ils ? Je vais leur faire passer le goût de gâcher ma soirée !

-Et si tu te contentais de retrouver Carlisle ? Offrit Aro. Allez, ouste !

Edward soupira, mais ne bougea pas pour autant du lit. Au contraire, il se rallongea sur celui-ci pour fixer le plafond de la chambre.

-Tu sais, Jasper dit qu'il m'aime et j'ai envie de le croire, mais Carlisle est tellement… Tellement, tu vois ce que je veux dire ?

-Non, marmonna Aro en se laissant lourdement tomber à ses côtés.

-Il croit toujours que je suis un ado stupide, égoïste et capricieux.

-On se demande bien pourquoi ? Siffla l'Ancien en levant les yeux au Ciel.

-Ah ! Toi aussi tu ne comprends pas ?

-Peut-être que tu étais trop jeune lors de ta transformation, murmura Aro perdu dans ses pensées.

-Quoi ? Que racontes-tu ? S'écria Edward en se redressant sur son séant.

-Edward, tu ne peux nier avoir un comportement parfois infantile ? Certes, j'admets que tu as quelque peu changé depuis que tu as rencontré Carlisle, mais…

-Infantile ? Répéta le Prince en serrant les poings. Tu me trouves infantile ?

-Tous les enfants font des bêtises, désobéissent à leurs parents pour les provoquer, attirer leur attention et tu admettras que cette fois tu as fait très fort !

-Mais pourquoi personne ne veux comprendre et admettre que je suis amoureux de Carlisle ! Gronda Edward.

-Serait-il possible que tu cesses de vociférer à travers tout le château ? Demanda Marcus en sortant de la salle de bain pour les rejoindre. Je suis sûr que tu as déjà fait fuir la moitié des occupants de la cité.

-Très drôle, marmonna le Prince.

-Bien, Edward, nous avons établi que Carlisle n'était pas ici, qu'il était sûrement à l'Hôpital, donc, aurais-tu l'obligeance de sortir ? Insista une nouvelle fois Aro.

-Pourquoi ? Demanda Edward en se vautrant à nouveau sur le lit.

-Tu ne devrais pas t'inquiéter pour Carlisle et faire confiance à Jasper ainsi qu'à mon don, poursuivit Marcus, il tient à toi. Quant à ton côté horripilant, je crois qu'il lui plaît, même s'il ne l'admettra jamais. Tu as su mettre un peu de folie dans sa vie trop cartésienne.

-Un peu seulement ? Railla Aro. Bien, Edward, vais-je devoir te traîner vers la sortie ou tu peux le faire en utilisant tes deux jambes ?

-Mais pourquoi sa voiture est-elle au garage ? Pensa tout haut le Prince.

-Je l'ai croisé ce matin, admit Marcus en lançant un regard apaisant à Aro, il voulait chasser, il a dû se rendre directement ensuite à son travail.

Edward hocha la tête. Il se forçait à garder son visage concentré sur celui de Marcus car il savait qu'il éclaterait de rire s'il croisait le regard noir de son créateur qui ne cessait de fulminer et de le maudire dans ses pensées. Alors qu'il se distrayait des pensées d'Aro qui cherchait un moyen de le mettre à la porte, Marcus posa une main sur sa joue en une tendre caresse.

-Edward, s'il-te-plaît, murmura simplement son oncle.

Le vampire sourit avant de se lever, il glissa hors du lit et se dirigea d'une démarche souple vers la sortie.

-Enfin, soupira Aro.

-Je t'ai entendu ! Lança Edward d'un ton espiègle. Et ne vous inquiétez pas, je ne dirais rien, c'est… C'est un peu trop bizarre, même pour moi…

-Mais de quoi parles-tu ? Demanda Aro confus.

Edward ricana en ouvrant la porte de la suite de son créateur, alors qu'il allait refermer celle-ci, il aperçut le sourire amusé de Marcus. Il échangea un clin d'œil avec son oncle avant de tapoter sa tempe en regardant Aro qui aussitôt se raidit.

-N'avais-tu pas compris qu'il te faisait tourner en bourrique ? Souffla Marcus amusé en s'installant sur le lit. Comment as-tu pu oublier son don ? Il savait depuis le début que j'étais là et il connaît aussi la raison pour laquelle tu voulais tant qu'il sorte. »

Edward ravala difficilement un éclat de rire quand il vit la tête d'Aro, il faudrait qu'il montre cela à Jasper, il était sûr qu'il apprécierait… Cependant, le feulement furieux de son créateur lui fit précipitamment fermer la porte contre laquelle s'écrasa un vase millénaire qui vola en mille éclats. Le Prince de Volterra prit la direction du garage tout en essayant d'oublier les images dérangeantes d'Aro et de Marcus qui se dessinaient dans son esprit. Il avait eu des doutes, mais jusqu'à présent il n'avait jamais réussi à les coincer. Un sourire ravi, il monta dans sa Vanqueesh et prit la direction de l'Hôpital.

Néanmoins, son sourire avait disparu quand il ressortit de l'Hôpital après qu'une infirmière lui ait appris que Carlisle était parti depuis une heure. Les mains enfoncées dans son blouson en cuir noir, Edward observa les alentours avant d'humer l'air à la recherche de son compagnon. Il ne tarda pas à trouver sa trace qu'il suivit d'un pas pressé. Il ne lui fallut que peu de temps pour s'arrêter devant la baie vitrée d'un salon de thé où des amoureux célébraient la Saint Valentin. Un grognement secoua son torse, ses poings se serrèrent lorsqu'il vit son compagnon sourire à Esmé, leurs mains étaient enlacés sur la table… Le vampire fit un effort surhumain pour ne pas bondir à travers la vitre pour l'égorger. Ravalant son chagrin, Edward tourna les talons pour s'enfoncer dans la nuit et se tapir dans une ruelle d'où il observa le couple.

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Carlisle sortait d'une garde difficile. Il avait du mal à contrôler sa soif et prévoyait au plus vite d'aller chasser, mais l'air frais de la nuit atténua la brûlure dans sa gorge. Le médecin referma son manteau, donnant l'illusion que le froid avait une quelconque emprise sur lui, qu'il était humain… D'un pas vif, il s'enfonça dans la nuit. L'immortalité. Il l'avait maudite, il avait haï l'être ténébreux qu'il était devenu, mais… Mais il devait admettre qu'il y avait quelques contreparties intéressantes. Il était plus rapide, ses gestes étaient plus sûrs, il pouvait poser un diagnostic plus rapidement que quiconque et ainsi sauver des vies. L'érudit qu'il était avait apprécié de passer du temps en compagnie de personnes aussi intelligentes et cultivées qu'Eléazar, Carmen, Marcus et même maintenant Aro. Bien sûr, il avait eu quelques problèmes avec les Volturi qui n'avaient guère apprécié sa transformation, mais comme d'habitude Edward avait fait plier tout le monde à sa volonté.

Edward… Il ne savait plus quoi penser du vampire. Il l'agaçait autant qu'il le ravissait. Il avait été en colère, furieux, après sa transformation, il avait mené la vie dure à Edward ainsi qu'à Jasper et s'il arrivait parfois à faire craquer le blond, le Prince avait toujours fait preuve d'une patience illimitée envers lui. Il devait aussi admettre qu'Edward était une sorte de rayon de soleil, cela pouvait paraître paradoxal pour un vampire, mais il appréciait ses taquineries, la moue qu'il affichait quand il souhaitait un peu de son attention et puis… Et puis, il y avait leurs étreintes…S'il avait pu, Carlisle en aurait rougi. La plupart du temps, Edward répondait à ses attentes, se laissant dominer, Carlisle était parfaitement conscient que cela n'était pas dans les habitudes du Prince, mais pour lui, Edward semblait capable de tout accepter et il avait dû mal à comprendre ce que cette soumission pouvait sous-entendre. Sans parler de Jasper, Carlisle avait été gêné par le trio qu'ils formaient, Edward l'avait compris, il savait que cela avait été dur pour son compagnon d'éloigner le garde Volturi et, bien qu'il ne l'admettrait jamais, le blond lui avait en quelque sorte manqué. Bien entendu, il n'avait pu cacher ce sentiment à Edward, du coup, Jasper passait du temps avec eux. Une bouffée de chaleur envahit son être alors qu'il repensait à la dernière partie de chasse qu'ils avaient partagée et qui avait quelque peu déviée… Le vampire retint un feulement et se força à garder une démarche calme alors qu'il mourrait d'envie de gagner Volterra pour retrouver Edward et peut-être aussi Jasper…

« -Carlisle ?

Le médecin se figea. Il put entendre des pas précipités dans son dos qui venaient vers lui, un souffle court, le rythme rapide d'un cœur. Il serra les poings et fit son possible pour bloquer sa respiration après qu'il ait compris que toute fuite était impossible.

-Carlisle ! Carlisle ? C'est… C'est toi ? Balbutia une voix rendue tremblante par l'émotion.

Il sentit une main se poser timidement sur son épaule pour l'inciter à se retourner, il fit son possible pour afficher une mine neutre alors qu'il se retournait pour faire face à Esmé.

-Oh, mon Dieu ! S'écria-t-elle en mettant une main devant sa bouche. Carlisle ? Tu… Tu es vivant !

Il aurait pu mentir, il aurait pu s'enfuir, mais il n'en fit rien car il se retrouva capturé par le sourire d'Esmé, la douceur de son regard, la chaleur émanant de sa main qui caressait sa joue.

-Esmé, murmura-t-il.

A peine eut-il prononcé son prénom qu'elle se jeta dans ses bras pour le serrer fermement contre elle tout en remerciant le Ciel qu'il soit en vie.

-Mais tu es gelé ! Constata Esmé dès qu'elle l'eut relâché. Viens, allons boire un thé, cela te fera le plus grand bien !

La main fine de son ancienne fiancée se glissa dans la sienne alors qu'elle l'entraînait vers le café le plus proche. Il aurait dû trouver un prétexte pour partir, au lieu de cela, il s'installa en face d'elle autour d'une petite table, revoir Esmé lui donnait l'opportunité de retrouver un peu de son humanité, un peu de son ancienne vie dont il était si nostalgique.

-Je… Je n'arrive pas à croire que tu sois là, que tu sois vivant ! Répéta Esmé les yeux brillants de joie. Que s'est-il passé, Carlisle ? Edward va-t-il bien aussi ?

-Oui, répondit Carlisle qui s'était raidi en entendant le prénom du Prince.

-Est-il ici avec toi ?

-Non, il est… Il est chez un ami, mentit-il.

-Donc, tu as du temps devant toi, conclut Esmé enchantée, Carlisle, si tu savais à quel point nous avons tous été bouleversés par ta disparition, j'ai cru que je ne m'en remettrai pas… Pourquoi ne pas m'avoir dit que tu étais vivant ? Que tu allais bien ? D'ailleurs comment as-tu pu survivre à cette explosion ?

-Je ne pouvais pas, expliqua Carlisle en cherchant un mensonge convaincant. Je… Edward, enfin, plutôt sa famille n'est pas très fréquentable, avoua-t-il en se disant qu'il s'agissait d'un euphémisme, en vérité, Elisabeth et lui se cachaient à Forks. Malheureusement à sa mort, Edward est devenu vulnérable, le service de protection des témoins a décidé qu'il serait préférable que nous passions pour morts et que nous partions pour l'Europe.

-Oh…

-Esmé, tu comprends pourquoi il est essentiel que tu ne dises à personne que tu nous as vus, que nous sommes vivants ?

-Oui, je comprends. Carlisle, si tu savais à quel point je suis heureuse ! »

Le médecin ne put que répondre au sourire éblouissant que lui lançait Esmé. Leurs mains se joignirent sur la table, leurs doigts s'enlacèrent, alors qu'ils discutaient avec un plaisir évident. Esmé lui apprit qu'elle était ici pour évaluer et peut-être acheter une collection de tableaux pour un client, apprenant qu'elle serait là pour encore quelques jours, Carlisle se surprit lui-même en proposant une autre rencontre. Esmé parut ravie et il apprécia la légère coloration que prirent ses joues. Il tendit une main pour caresser celles-ci avant de laisser son pouce descendre vers les lèvres de la jeune femme pour en tracer le contour, elles étaient plus douces, plus chaudes que dans son souvenir. Prenant son geste pour une invite, Esmé se pencha, leurs lèvres se retrouvèrent. Carlisle ferma les yeux, ignorant le feu qui brûlait sa gorge pour savourer le baiser. Cependant, il dut admettre que quelque chose manquait… Des mains fortes enserrant fermement son visage ou ses hanches, des lèvres alliant autant la douceur que la rudesse, un parfum moins sucré, plus musqué… Il rompit le baiser en réalisant combien celui-ci était fade par rapport à ceux d'Edward…

« -Tout va bien ? S'enquit nerveusement Esmé. »

Son corps s'était raidi, son cerveau s'était figé, inquiétant son ancienne fiancée, alors qu'il appréhendait peu à peu ce que cette nouvelle révélation signifiait… Rapidement, pourtant, il dut mettre son introspection de côté, il rassura Esmé avant de se rendre compte qu'il n'avait qu'une hâte, mettre un terme à ce rendez-vous. Aussi, il usa de ses charmes vampiriques pour clore leur entrevue, évitant ainsi de blesser Esmé, et la raccompagner dans la rue. Il héla un taxi pour elle et lui tint la porte. Alors qu'elle allait s'installer dans la voiture, Esmé déposa un baiser au coin de ses lèvres. Au même instant, Carlisle sentit son corps se glacer en entendant un feulement furieux. Il n'eut qu'à légèrement relever la tête pour apercevoir à l'autre bout de la place Edward qui les observait d'un œil furieux, les poings serrés par la rage qui émanait de son être. Carlisle se hâta d'aider Esmé à entrer dans le taxi et de fermer la porte, une fois que le véhicule se mit en marche, il se tourna prêt à faire face à Edward. La peur étreignit son être quand il remarqua la disparition du Prince. Aussitôt, il se lança à sa poursuite, il ne laisserait pas Edward faire du mal à Esmé !

Carlisle remercia ses capacités physiques qui étaient encore celles d'un nouveau-né sans lesquelles il n'aurait jamais pu rattraper Edward et le traîner de force vers la forêt. Le Prince lui lança un grognement furieux avant de tenter une nouvelle fois de lui échapper, mais Carlisle le bloqua et l'envoya violemment valdinguer contre plusieurs arbres qui se brisèrent sous le coup de l'impact. Il ne laissa aucune chance à Edward de se relever, se jetant sur lui, le bloquant sous son corps alors qu'il s'était installé à califourchon sur son bassin.

« -Lâche-moi ! Grogna Edward furieux.

-Non ! Tu te trompes lourdement si tu crois que je vais te lâcher pour que tu ailles lui faire du mal ! Tu ne la toucheras pas !

-Tu l'as embrassé ! Hurla le Prince. Comment as-tu pu l'embrasser deux fois ?

-Tu m'espionnais ? Réalisa Carlisle qui se laissa aveugler par sa propre colère. Il ne te suffit pas d'avoir détruit ma vie, tu veux aussi surveiller chacun de mes actes ? Je ne suis pas ton jouet !

-Tu l'as embrassé ! Répéta Edward d'une voix tremblante. Comment… Comment…

-Comment j'ai pu ? Comme ça ! »

Sans laisser une chance à Edward de dire ou de faire quoi que ce soit, ses lèvres s'abattirent brutalement sur celles du Prince. Son compagnon laissa échapper un grognement de protestation et tenta de lui échapper, mais il raffermit la prise de ses cuisses autour de son bassin alors que ses doigts maintenaient les épaules du vampire dans le sol. Lentement, ses lèvres devinrent moins brutales, leurs dents cessèrent de s'entrechoquer alors que leurs langues se caressaient doucement. Ses mains quittèrent les épaules d'Edward pour réduire en miettes les vêtements du jeune Prince qui se retrouva en quelques secondes nu sous lui. Leurs lèvres se séparèrent quand il s'appuya sur ses avant-bras pour observer le délicieux spectacle qu'offrait Edward dénudé dans la neige. Alors que le regard obscurci de son compagnon semblait quelque peu s'éclaircir, Carlisle saisit ses jambes pour les relever et les poser contre son torse pendant que l'une de ses mains s'enroulait autour de l'érection naissante du Prince. Le médecin se pencha, laissant la pointe humide de sa langue glisser le long de la mâchoire d'Edward avant de descendre vers le creux de son cou où il mordilla la peau sensible après l'avoir léchée. Un gémissement franchit le seuil des lèvres de son amant alors que d'une main, il défaisait son pantalon, le bouton sauta, la fermeture glissa, libérant son érection. Un hoquet de stupeur franchit le seuil des lèvres entrouvertes d'Edward quand il s'enfonça brutalement en lui. Il put lire la douleur dans les prunelles du Prince, mais ce dernier ne fit rien pour le repousser ou l'empêcher de se mouvoir en lui, au contraire, Edward semblait s'accrocher désespérément à son corps. Sa jouissance fut à l'image de leur étreinte, violente et dévastatrice, Carlisle se répandit dans l'antre accueillant de son amant. A peine son sexe commença-t-il à ramollir que Carlisle se détacha du Prince, sans attendre, il se releva et réajusta ses vêtements.

« -Ne t'approche pas d'Esmé, est-ce clair ? Ordonna-t-il d'une voix froide qu'il ne se connaissait pas. »

Edward se contenta d'hocher la tête, mendiant du regard pour qu'il revienne auprès de lui et l'aide avec son érection encore douloureuse. Cependant, Carlisle ignora le désir de son amant, il lui tourna délibérément le dos lorsqu'il l'entendit se recroqueviller dans la neige avant qu'il ne s'élance à travers les arbres pour rejoindre l'hôtel d'Esmé. Carlisle connaissait les dons du Prince des vampires, tout comme il connaissait son côté sournois, Edward était tout à fait capable d'ordonner par télépathie aux Gardes d'aller tuer Esmé. Arrivé devant l'hôtel de son ancienne fiancée, il fut soulagé de voir qu'elle allait bien. Il se hâta de lui commander une place sur le prochain vol pour les Etats-Unis où elle serait en sécurité. Puis, il se débrouilla pour trouver un prétexte qui lui ferait quitter immédiatement le sol Italien. Carlisle regarda la femme qui l'avait aimé recevoir l'appel urgent, puis faire ses valises et enfin il la suivit de loin jusqu'à l'aéroport où elle embarqua sans difficulté.

Alors qu'il regardait l'avion d'Esmé s'envoler, Carlisle entendit une annonce pour un prochain départ à destination de Londres. Son cœur se serra quand il repensa à son père. Les Volturi étaient devenus fous de rage face à sa transformation car ils avaient prévu d'envoyer sa tête en cadeau au Pasteur pour Noël. Bien entendu, Edward s'était empressé de les rassurer en leur annonçant qu'il serait pire pour le Pasteur Cullen d'apprendre que son fils était devenu une créature de la nuit. Carlisle avait pensé que cela ne toucherait pas son père, ils n'avaient jamais été proches, il avait eu tort, le Pasteur avait fait une crise cardiaque en l'apprenant. Carlisle s'était alors enfui de Volterra pour voir son père, mais ce dernier était bien gardé, il n'avait pu que le veiller de loin, depuis une haute branche de la forêt voisine qui lui permettait de voir l'intérieur de la chambre. Une nuit, cependant, il s'était approché, il s'était faufilé dans le bâtiment et était entré dans la chambre de son père. Ce dernier était resté calme, persuadé qu'il venait pour l'achever. Il avait été sur le point de parler, de lui expliquer qu'il ne lui ferait pas de mal quand des hommes avaient surgi de toute part pour le mettre en pièce.

« -Je savais que les Volturi t'enverraient pour terminer le travail, avait cinglé le Pasteur, quoi de mieux à leurs yeux que leur dernier monstre portant le visage de mon fils pour me tuer ?

-Non, avait-il protesté, je ne suis pas là pour te blesser, ce n'est pas ce que tu crois. Je ne me nourris pas de sang hu…

-Tuez-le !

L'ordre avait fusé et Carlisle n'avait pas tardé à se retrouver acculé contre un mur. Bien sûr, il aurait pu aisément se débarrasser des hommes de son père, mais il ne voulait blesser personne. Cependant, il avait soudain entendu des os craquer et des cris de souffrance. Il avait baissé les yeux pour voir les corps blessés et sanguinolents des hommes de main de son père, Jasper se tenait au milieu et essuyait tranquillement un peu de sang qui avait maculé son visage.

-Vous… Vous n'êtes que des monstres ! Avait hurlé son père pris de panique.

-Vous devriez vous calmer, Pasteur, était intervenu Edward qui était négligemment appuyé contre l'embrassure de la porte, ce n'est pas bon pour votre cœur.

-Vous… Vous êtes le Prince des vampires !

-Oui, avait théâtralement soupiré Edward, Jasper, ne t'avais-je pas demandé de ne pas faire de cette chambre une boucherie ?

-Désolé, mais j'avais besoin d'un peu d'exercice, c'était gonflant de rester dans la forêt en attendant qu'il se décide à quitter son perchoir.

-Vous étiez là ? S'était étonné Carlisle.

-Tu ne croyais tout de même pas que nous allions te laisser seul, avait souri Edward. Fais tes adieux à ton père si tu le souhaites, nous partons dans cinq minutes. »

Il lui avait fallu moins de temps que cela, le Pasteur ne souhaitant visiblement pas lui donner une chance de lui prouver qu'il était toujours un peu le même. Jasper ayant terminé son « ménage », ils étaient repartis en silence. Carlisle n'avait pu s'empêcher de se sentir triste face à la réaction de son père, doucement, la main d'Edward s'était glissée dans la sienne, lui offrant une étreinte rassurante et il ne l'avait pas lâché jusqu'à leur arrivée à Volterra où il avait réussi à étouffer son chagrin.

Carlisle entra dans Volterra et prit la direction de ses appartements où il se préparait déjà à la confrontation avec Edward, ce dernier ayant sûrement repris du poil de la bête depuis qu'il l'avait laissé dans les bois. Cependant, il fut étonné de se retrouver face aux Volturi et à la moitié de la garde qui se tenaient sur le seuil de leurs appartements. Une odeur de brûlé lui fit froncer les sourcils et il se figea quand il vit qu'un incendie avait ravagé leur lit et une partie de la chambre.

« -Où est mon crétin de fils ? Gronda Aro quand il l'aperçut.

-Je l'ignore, répondit-il étonné de ne pas voir Edward. Que s'est-il passé ?

-Ce crétin est parti en laissant des bougies allumées ! Il cherche quoi ? A nous faire tous brûler ?

Carlisle ravala la réplique qui menaçait de lui échapper, il lui semblait déjà étonnant avec leur odorat surdéveloppé que personne n'ait circonscrit l'incendie avant qu'il ne ravage la chambre.

-Vas me le chercher ! Ordonna Aro.

Carlisle ne put que s'incliner avant de quitter leurs appartements, Jasper sur ses talons.

-Il n'est pas avec toi ? S'étonna le Garde.

-Tu le vois à côté de moi ? Grogna-t-il.

-Hey, du calme ! Je peux savoir pourquoi tu es aussi énervé ? Ce n'est qu'une chambre.

-Je sais, mais pourquoi a-t-il décidé d'allumer des bougies ?

-Tu es parfois exaspérant, soupira Jasper, sais-tu quel jour nous sommes ?

-Le 14 février et alors ?

-Alors ? Cette date ne t'évoque rien ?

Carlisle cessa de marcher quand il se rappela la profusion de cœurs rouges et de boîtes de chocolat qu'il avait vu à l'Hôpital, non, cela ne pouvait être cela !

-Et si, gros malin ! Edward vous avait préparé une petite fête pour la Saint Valentin, d'où les bougies. Il a dû penser qu'il aurait le temps d'aller te chercher et de te ramener avant qu'elles ne se consument totalement, expliqua Jasper. Par contre, je ne comprends pas pourquoi vous ne vous êtes pas retrouvés et surtout pourquoi il n'est pas rentré durant tout ce temps ?

Carlisle sentit la culpabilité naître en lui, Edward n'était pas en train de l'épier, il était à sa recherche pour qu'ils passent la soirée ensemble, la soirée de la Saint Valentin.

-Depuis quand les vampires fêtent-ils la Saint Valentin ? Marmonna-t-il.

-Depuis que leur Prince est tombé amoureux d'un stupide être humain ! Cingla Jasper. Qu'as-tu fait ?

-Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai fait quelque chose ? Se défendit aussitôt Carlisle en soutenant le regard noir du vampire.

-La culpabilité qui émane par chacune des pores de ton être. Accouche, Cullen !

-Nous nous sommes disputés, avoua Carlisle.

-C'est étonnant venant de votre part, railla Jasper, explique !

-Edward m'a surpris en compagnie d'Esmé.

-Esmé ? L'humaine quelconque qui te tournait autour ?

-Elle n'est pas quelconque ! La défendit-il alors que Jasper levait les yeux au ciel. Enfin, bref, il se pourrait qu'il nous ait vus nous embrasser.

-Il me semble que c'est la première fois que l'une de vos disputes est justifiée, murmura Jasper en prenant un air réfléchi. Et, ensuite ?

-Ensuite, je l'ai rattrapé alors qu'il allait tuer Esmé.

-Tuer Esmé ? Tu en es sûr ?

-Jasper ! S'agaça Carlisle.

-Je dis juste que cela me paraît étrange et en totale contradiction avec son changement de régime alimentaire, songea tout haut Jasper.

-Son régime alimentaire ? Oui, je sais qu'il ne tue que les meurtriers, mais sous le coup de la colère et de la jalousie, il aurait pu lui faire du mal !

-Non, il se contrôle bien mieux que toi. Je pense surtout qu'il a dû être triste et déçu par ton comportement. D'ailleurs, moi aussi, tu me déçois, je ne supporte pas que l'on me trompe, Carlisle.

-Arrête d'être aussi narcissique et de tout ramener à toi, s'exaspéra le médecin, nous ne sommes pas ensemble, comment pourrais-je donc te tromper ?

-Aïe, tu as vraiment décidé de briser tous les cœurs qui sont à ta portée ce soir, sanglota Jasper avant d'esquisser un sourire, en tout cas, si j'étais à ta place, je me lancerai à la recherche d'Edward. Il t'aime et tu l'aimes, tu devrais vraiment finir par l'accepter ! Bon, pendant ce temps, je vais essayer de remettre en état votre chambre et je vous y attendrai pour que vous me donniez votre avis.

-Vraiment ? Demanda Carlisle sceptique.

-Bon, peut-être que je pourrais aussi être récompensé pour tous mes efforts.

-Dégage ! »

Jasper s'en alla en le gratifiant d'un léger rire moqueur. Une fois seul, Carlisle repensa aux dernières heures. La culpabilité et la honte ne cessèrent de croître en lui alors qu'il repensait à la manière dont il avait abandonné Edward. Alors qu'il quittait Volterra dans l'espoir de retrouver son compagnon, il fit un détour par la chambre de Jasper pour prendre quelques vêtements du vampire en sachant que cela ne le dérangerait pas, puis, il s'élança dans les bois à la recherche d'Edward. Carlisle ne tarda pas à le retrouver, son cœur pourtant mort se serra lorsqu'il le vit, nu, recroquevillé dans la neige, des tremblements parcourant son corps. Doucement, il s'approcha avant de s'agenouiller à ses côtés, il ouvrit son sac-à-dos pour en sortir une couverture qu'il drapa autour des épaules de son amant, ce dernier laissa échapper un rire amer avant de se tasser un peu plus sur lui-même.

« -As-tu oublié que nous ne ressentons pas le froid ?

-Pourtant, tu trembles, lui fit-il doucement remarquer.

-Ce n'est pas cette couverture qui va me réchauffer. Que fais-tu là ? Tu viens t'assurer que je n'ai pas fait de mal à ta chère Esmé ?

-Non, je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour toi.

-Pour moi ? S'étonna Edward en lui lançant un regard peu amène.

-Oui, répondit-il maladroitement, je suis désolé pour mon comportement, je n'aurais pas dû être aussi dur et blessant avec toi.

-Ce n'est pas ce qui m'a fait le plus mal, lui fit remarquer le Prince, tu l'as embrassé. Pourquoi ?

-Pourquoi ? Je n'en sais rien. Peut-être parce que depuis que tu m'as transformé, je ne cesse de courir après mon ancienne vie et elle en était une partie importante. En passant du temps avec elle, en l'embrassant, j'avais un peu l'impression de retrouver mon humanité.

Un léger silence accueillit ses propos uniquement troublé par la forêt qui s'éveillait lentement. Le soleil ne tarda pas à poindre à travers les collines, faisant légèrement scintiller leurs peaux.

-Je suis désolé.

-Pourquoi donc ? S'étonna Carlisle.

-Je pensais… Je suis égoïste, je ne m'en suis jamais caché, mais je pensais que tu comprendrais que je t'aime, que tu me croirais quand je te le disais, mais ce n'est pas le cas. Tout comme, il est clair que tu n'admettras jamais que tu as des sentiments pour moi. Je croyais bêtement qu'en préparant une soirée romantique, j'arriverai peut-être à te le faire comprendre, mais c'était une mauvaise idée. Tu peux partir, Carlisle, tu peux t'en aller, je ne te retiendrais pas. J'espère que tu trouveras quelque chose ou quelqu'un qui te rend heureux dans cette vie. Je souhaite aussi qu'un jour tu trouves la force de me pardonner.

Carlisle ne put dissimuler sa surprise en entendant les propos du Prince. Ce dernier n'entendant aucune réponse se leva lentement, son corps à l'abri sous la couverture.

-Adieu, Carlisle.

-Attends !

Edward sursauta en entendant son cri du cœur, l'une de ses mains s'enroula autour du poignet du Prince alors qu'il l'attirait et l'enfermait dans l'étau de ses bras.

-Ne me laisse pas, supplia le médecin.

-Mais…

-Je te demande aussi pardon, bien que cette nouvelle vie n'ait pas celle que j'aurais choisi, je ne me vois pas vivre sans toi, j'en suis même arrivé à apprécier Jasper, confessa Carlisle ce qui arracha un léger rire à Edward. Tu sais quand j'ai embrassé Esmé, je n'ai rien ressenti et j'ai été un peu effrayé quand j'ai compris que c'était parce qu'elle n'était pas toi. Je… Je t'aime.

Carlisle se dit que cela était impossible, mais il lui sembla voir les pupilles ambrées de son Prince se troubler, pourtant, les vampires ne pouvaient pas pleurer. Son pouce caressa les paupières d'Edward avant qu'il ne se fige.

-Tes… Tes yeux, murmura-t-il hypnotisé par l'ambre de son regard.

-Joyeuse Saint-Valentin, chuchota Edward un brin gêné.

-Tu… Mais depuis quand ? Pourquoi n'ai-je rien remarqué ? Ce n'est pas une illusion ?

-Non ! Mais j'en ai effectivement créé une pendant mon sevrage qui n'a pas été évident.

-Je t'aurais aidé.

-Cela n'aurait pas été une surprise, mais j'admets qu'entendre les hoquets d'écœurement de Jasper ou alors quand il faisait semblant de vomir quand je me nourrissais d'un animal ne m'ont pas beaucoup aidé. J'ai fini par l'envoyer se balader pendant que je me nourrissais.

-Je suis si fier de toi. Tu as fait tellement d'efforts pour que nous soyons heureux, mon Prince. »

Sur ces mots, Carlisle se pencha pour ravir avec tendresse les lèvres de son amant. Il ne fallut guère de temps pour qu'ils se retrouvent à nouveau allonger dans la neige, mais cette fois, Carlisle prit le temps de vénérer le corps qui s'offrait à lui, parsemant des baisers sur sa peau d'albâtre, tirant des gémissements de plus en plus bruyants alors que le corps ne cessait de s'arquer contre le sien pour chercher toujours plus de contact. Tout en embrassant avec passion son amant, il s'enfonça délicatement en lui. Les ongles d'Edward griffèrent ses épaules alors qu'il allait et venait rapidement en lui, son sexe heurtant à chaque coup le centre du plaisir de son amant dont les jambes encerclaient fermement son corps. Alors que la jouissance approchait, leurs regards s'accrochèrent pour ne pas se lâcher et chacun put se repaître de l'amour de l'autre. Leurs cris déchirèrent l'air frais du petit matin alors qu'il jouissait une nouvelle fois en son amant pendant que celui-ci se répandait entre leurs ventres sans s'être touché. Carlisle serra Edward dans ses bras avant de l'embrasser, tentant de transmettre par ce simple baiser tout son amour. Alors que leurs corps n'étaient pas rassasiés l'un de l'autre, Edward s'écarta pourtant de lui, Carlisle ne put s'empêcher de lui jeter un regard perplexe.

« -Nous serons mieux dans notre lit, non ? Offrit son amant en attrapant son sac. En tout cas, merci d'avoir pensé à me prendre des vêtements, je ne me voyais pas rentrer à Volterra dans le plus simple appareil, Aro n'aurait pas apprécié et je crois l'avoir assez asticoter. Pourquoi ce sont les fringues de Jasper ?

Carlisle mordilla sa lèvre inférieure en repensant à leur lit calciné et à leurs vêtements imprégnés par l'odeur de fumée.

-Oh, mon Dieu ! Aro va me tuer, murmura Edward qui avait lu ses pensées.

-C'était effectivement dans ses projets.

-Bon, c'est pas grave. On a qu'à partir quelques jours, le temps qu'il se calme et puis, de toute manière, je sais quelque chose qui devrait le faire taire, jubila son ange qui avait l'air en cet instant d'un démon.

-A quoi penses-tu ? Demanda-t-il, sa curiosité éveillée.

-Je te le dirais peut-être, si tu es sage… Maintenant, rhabille-toi, nous avons de la visite.

Carlisle se hâta de se vêtir quand il sentit la présence de Jasper et d'Alex.

-Alors, ça à l'air d'aller mieux que tout à l'heure ? Lui lança Jazz avant de se tourner vers Edward. Je me suis dit que tu souhaiterais peut-être prendre quelques jours loin de Volterra, j'ai fait préparer le manoir du lac de Côme et je me suis dit que…

-Demande à Carlisle, le coupa Edward.

-Me demander quoi ? Interrogea-t-il avant de comprendre. Oui, et bien, oui, je crois que tu peux venir avec nous.

-Génial ! Se réjouit Jasper. Alex vient aussi, il n'a jamais vu le manoir !

Avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, les deux gardes étaient déjà partis en direction de la route où leur voiture les attendait. Carlisle se tourna vers Edward pour lui jeter un regard empli de soupçons.

-Tu savais ? Bien sûr que tu savais.

-Tu vois le mal partout, chéri, le tança doucement Edward tout de même amusé, nous ne sommes que deux couples qui partent quelques jours en vacances.

-Et Alex ?

-Alex ? Cela sera selon ton envie, murmura Edward en mordillant le lobe de son oreille. Nous pourrons toujours l'envoyer se promener si nous désirons être seuls tous les trois, cela ne posera pas de problème. »

Carlisle leva les yeux au ciel avant de passer un bras possessif autour de la taille de son compagnon qui ne se fit pas prier pour se coller contre son corps. Tout en montant dans la voiture, Carlisle jeta un regard méfiant à Alex ce qui amusa Jasper. Pour toute réponse, le médecin lui lança un sourire moqueur avant d'appuyer sur la commande qui fit monter la vitre de séparation entre l'avant et l'arrière du véhicule. Avant que celle-ci ne les dissimule à son regard, il put croiser les prunelles mécontentes de Jasper ce qui le réjouit. Carlisle se tourna ensuite vers Edward et il ne lui fallut guère plus de temps pour se jeter sur ses lèvres.

L'éternité avait un prix, mais aujourd'hui il lui paraissait bien peu élevé alors qu'il était blotti dans les bras du Prince des vampires. Certes, il avait perdu son humanité, il devait sans cesse être sur ses gardes pour ne pas blesser un humain, mais cela était bien peu de choses comparé à l'amour d'Edward qui l'accompagnerait jusqu'à la fin des temps.