Les nouvelles aventures de Ryo et Koyama est en ligne !
Je reprends le point de vue de Ryo. C'est à peu près tout ce que j'avais à dire pour ce chapitre !
Bonne lecture !
Chapitre 3
Le week-end arriva bien vite. Trop vite. Je n'avais pas envie de me retrouver dans ce monde de Bisounours. Masuda avait prévenu Pi qu'il amènerait un copain de fac. Nous serions donc six. Je voyais déjà le tableau : tout le monde souriant, content de se rencontrer pour la première fois, dégoulinant de bonne humeur… Sauf moi.
Mon portable vibra dans la poche de mon jean. Je le sortis et regardai le message que je venais de recevoir :
« Nouveau message de Pi :
Bah alors mon Ryo-chan (^0^)/ Tu fais quoi ?
Massu et son ami sont déjà là depuis une bonne demi-heure.
Keii-chan n'est pas encore là non plus. Ne le tue pas si tu le croises dans les escaliers (^o^)
Fais vite ! »
Je soupirais. J'accélérais le pas. Un peu. Je n'étais plus très loin de chez lui. Je passai devant le restaurant où travaillait Koyama. Je regardais à l'intérieur mais ne l'y vit pas. J'en fus presque déçu. Mais déçu de quoi ? Je soupirais de nouveau quand quelqu'un entra violemment en collision avec moi. Sous la surprise, je failli tomber, l'autre se rattrapa au mur.
- Oh, désolé ! dit l'homme en levant les yeux.
Son sourire s'affaissa en me voyant. Quant à moi, je m'énervais. C'était Koyama.
- Mais c'est pas vrai ! C'est une habitude chez toi de me rentrer dedans ?
Nous revivions la même scène qu'il y a quelques jours.
- Désolé… Je suis sorti en retard et j'ai voulu me dépêcher pour aller chez Tomohisa-san.
Je le pris par le col et le plaqua contre le mur. Il n'avait pourtant rien dis de mal. Ou peut-être était-il tout simplement trop poli à mon goût ?
- J'ai envoyé un message à Tego-chan pour lui que j'arrivais. Il saura qu'il m'arrive quelque chose si je tarde trop, dit-il d'une voix tremblante.
Je fus pris d'un rire nerveux. C'était si… mignon. Riant un peu plus, je le relâchais et partis chez mon meilleur ami. Je m'arrêtais au bout de quelques mètres.
- Bah alors, idiot, on est déjà assez en retard. « Tego-chan » risque de s'inquiéter.
Il fit la moue et passa devant moi, me bousculant au passage. Un vrai gosse. Il marcha vite mais pas assez pour me distancer. Il semblait avancer avec assurance mais sa tête enfoncée dans ses épaules prouvait qu'il était gêné que je sois derrière lui. Il s'arrêta devant l'immeuble de Pi et sonna à l'interphone. Notre ami nous ouvrit quelques secondes après, nous disant que la porte de l'appart' n'était pas verrouillée. Nous montâmes les escaliers en silence. Devant la porte, Koyama s'arrêta et se tourna vers moi.
- Ne gâche pas la soirée, s'il te plaît.
Sa remarque me déstabilisa un peu. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me dise quoi que ce soit de ce genre. Avant que je ne puisse répondre, il entra dans l'appartement puis se déchaussa.
- Ryo-chan ! Keii-chan ! Vous voilà enfin ! cria presque Yamapi en déboulant dans l'entrée.
Il récupéra nos manteaux en nous disant d'aller au salon. Masuda se jeta presque sur moi. Je détestais qu'il soit comme ça.
- Ryo-chan ! Tu m'as manqué !
Je ne lui rendis pas son étreinte. Je n'avais jamais rendu l'étreinte de personne mis à part Yamapi, lorsqu'il avait perdu son père. Quand il m'eut relâcher, j'allais saluer Tegoshi et l'ami de Massu.
- Nishikido Ryo, dis-je.
- Shigeaki Kato, répondit-il sans même sourire.
Ma première impression fut : je ne l'aime pas. Il avait l'air trop semblable à moi. Enfin, à première vue. Je m'assis dans le fauteuil dans un coin de la pièce. J'étais bien, là, un peu à l'écart, spectateur de leur vie. Je ressentais souvent ça. Comme si je m'interdisais de vivre pleinement.
Yamapi revint dans le salon et repris sa conversation avec Shigeaki. Il était toujours content de rencontrer une nouvelle personne. Shigeaki avait lui aussi ravi de parler un peu avec lui. Quand à Koyama, je le vis timide ; à part Tegoshi, il ne connaissait personne d'autre. Je continuais à les observer longuement sans rien dire jusqu'à ce que Tegoshi vienne s'asseoir sur l'accoudoir de mon fauteuil. Je n'avais pas remarqué qu'il s'était approché, je n'avais pas remarqué non plus que Pi avait mis une musique de fond. Il y avait vraiment une ambiance agréable. Du moins, quand je ne m'enfermais pas dans mon monde de haine. Je soupirais.
- Tu ne t'amuses pas, Nishikido-san ?
- Appelle moi Ryo. Ca me vieillit sinon… Et puis, j'ai jamais trop aimé ce genre de soirée…
- Votre ami est sympa, dit-il en désignant Massu. Keii-chan s'entend bien avec Shigeaki-san aussi. Tu le connaissais ?
- Non.
Encore une autre chose que je n'avais pas remarqué. Koyama et Shigeaki parlaient en riant souvent. Ils avaient l'air d'être sur la même longueur d'onde. Je les enviais tous de si bien pouvoir parler aux étrangers, de pouvoir créer des liens en quelques minutes. Mon regard dériva sur l'horloge qui surplombait la télé. Ça faisait déjà près d'une heure que nous étions réunis et je n'avais participé à aucunes conversations. Et il avait fallu près d'une heure pour que l'un d'entre eux vienne vers moi. Cette réalité fit naître un sentiment étrange en moi. Je souris faiblement à Tegoshi avant de me lever et d'aller sur le petit balcon.
L'air frais me fit du bien. Je fermais les yeux, laissant le vent me décoiffer. Après quelques secondes, je sortis mon paquet de cigarettes et en pris une. Je la portais à mes lèvres puis l'alluma. Je pris une grande bouffée de cette substance si nocive mais qui me faisait tellement de bien. Refermant les yeux et m'appuyant contre la rambarde, je sentis mes muscles se détendre. C'était vraiment agréable. C'était vraiment mieux d'être seul ici qu'avec eux où je ne me sentais pas à ma place.
- Je t'ai demandé de ne pas gâcher la soirée pas de ne pas y participer.
Je fus si surpris d'entendre quelqu'un que je m'étouffais légèrement avec la nouvelle bouffée de nicotine que je venais de prendre.
- Il n'y a que comme ça que je peux faire pour ne pas la gâcher.
- Je ne te crois pas, répondit Koyama en s'appuyant à son tour à mes côtés.
Je me retournais faisant face à la ville qui s'endormait un peu - jamais complètement. Peut-être que j'aimais ça aussi, cette ville qui ne dort jamais vraiment. Ça faisait me sentir un peu moins seul. Parfois, je me disais qu'il y avait sûrement quelqu'un comme moi, qui attendait des jours meilleurs… Mais que m'arrivait-il ce soir ? Devenir soudainement philosophe, ce n'était pas dans ma personnalité.
- Tu t'entends bien avec ce Shigeaki à ce que j'ai vu ?
Il tourna la tête vers moi en me souriant.
- Oui, il est très gentil. Tu es jaloux ? ajouta-t-il, une pointe de malice dans la voix.
- Très ! répondis-je avec un grand sourire. Ça te dérange ?
Ses joues s'empourprèrent un peu. Quelqu'un d'autre que moi - femmes ou hommes - auraient pu craquer. Koyama était ce genre de personne qu'on avait envie de protéger de tout. Ou alors le genre de personne qu'on a envie de frapper pour lui montrer que le monde n'est pas beau, pas rose. J'étais bien sûr dans cette deuxième catégorie. Je sortis une nouvelle cigarette.
- Tu devrais moins fumer, tu sais.
- La ferme.
Il ne répondit rien mais garda ses yeux dans les miens. J'allumais ma nouvelle cigarette, m'en emplit les poumons, m'approchai de lui et souffla la fumée à son visage. Il ferma les yeux et toussa un peu. Je réprimais un sourire en reportant mon attention loin à l'horizon.
- Quel gosse…
Je jetais un regard derrière moi juste le temps de voir qu'il entrait de nouveau dans l'appartement de Yamapi.
Je frissonnais malgré moi. Il ne faisait pourtant pas si froid pour un mois de janvier. Mais être dehors avec juste un tee-shirt n'arrangeait pas les choses. Je finis rapidement ma cigarette et rentra à mon tour.
- Oh, Ryo-chan, ça tombe bien ! dit Pi. Je viens d'appeler la pizzeria. Dans un petit quart d'heure, on mangera.
Je lui souris et retrouva mon fauteuil. Quelques minutes plus tard, on m'interpella directement dans la conversation.
- Tu en penses quoi, Ryo ? demanda Masuda.
- Pardon ?
- On se disait qu'on ferait bien un karaoké après avoir manger, répondit-il.
- Oui, pourquoi pas.
Je m'en fichais. Au pire, je ne ferais que les écouter. Je n'étais pas vraiment d'humeur à chanter. Ni à faire quoi que ce soit d'autre de tout façon. La sonnette retentit.
- Je vais ouvrir, t'en fais pas, dis-je à l'adresse de Pi.
Ca me permettait de m'échapper une nouvelle fois. Je pris ma veste, ouvris la porte et descendis en bas de l'immeuble pour aller chercher nos pizzas. Je payais en grognant - j'avais négligé ce petit détail. Il fallait dire que Pi n'avait pas fait dans la demi-mesure : cinq grandes pizzas pour nous six, c'était un peu excessif.
À peine rentré dans l'appartement, une tornade s'abattit sur moi, si bien que cinq secondes plus tard, je n'avais plus aucunes boîtes de pizzas dans les mains. Sous la surprise, je ne bougeais pas. Quand je repris contenance, je vis que Koyama, du fauteuil, me regardait en souriant. Quand je me décidais enfin à bouger, je trébuchai sur les chaussures - la tornade les avait toutes dérangé. Tombant sur les fesses, j'entendis des éclats de rire provenant du salon. Relevant les yeux, je vis Koyama rire à gorge déployée. Grognant - définitivement, je ne faisais que ça ce soir, je les rejoignis.
« We are the champions - We are the champions
No time for losers
'Cause we are the champions - of the world - »
Pi et Tegoshi chantaient à tue-tête le succès du groupe Queen. Qu'eux chantent du Queen, quelle ironie… Je ne pouvais m'empêcher de rire en les entendant chanter une mayonnaise de pseudo-anglais. Je ris un peu plus en pensant que Pi était en fac de langue pour devenir traducteur - il devait vraiment se faire du soucis.
- C'est bien mieux quand tu ris, me glissa Koyama à l'oreille.
« 'Cause we are the champions - of the world - »
Les deux amoureux finirent leur chanson, leurs mains jointes vers le plafond. Ils étaient vraiment mignons. Nous applaudissions tous, tandis que Pi me tendait le micro.
- A toi, mon Ryo-chan.
Je pris le micro et regardais la liste de chanson qui s'offrait à moi. Que pourrais-je chanter ? Je choisis une chanson de Green Day, un de mes groupes favoris : « Boulevard Of Broken Dreams ».
Les premières notes se firent entendre et m'emportèrent avec elle.
« I walk a lonely road
The only one that I have ever known
Don't know where it goes
But it's home to me and I walk alone
I walk this empty street
On the Boulevard of Broken Dreams
Where the city sleeps
I'm the only one and I walk alone
I walk alone
I walk alone
I walk alone
I walk up
[Refrain] :
My shadow's the only one that walks beside me
My shallow heart's the only thing that's beating
Sometimes I wish someone out there will find me
'Til then I walk alone
Ah-ah, Ah-ah, Ah-ah, Aaah-ah,
Ah-ah, Ah-ah, Ah-ah
I'm walking down the line
That divides me somewhere in my mind
On the border line
Of the edge and where I walk alone
Read between the lines
What's fucked up and everything's alright
Check my vital signs
To know I'm still alive and I walk alone
I walk alone
I walk alone
I walk alone
I walk up
[Refrain]
Ah-ah, Ah-ah, Ah-ah, Aaah-ah
Ah-ah, Ah-ah »
Ce fût comme si je redécouvrais les paroles. C'était un peu comme ça que je me sentais… Je m'enfermais dans ce monde qui n'était qu'à moi, je m'obstinais à vouloir « marcher seul ».
« I walk alone
I walk up
I walk this empty street
On the Boulevard of Broken Dreams
Where the city sleeps
And I'm the only one and I walk alone...
[Refrain] »
La chanson se termina et les garçons m'applaudirent. Les remerciant d'un petit sourire, je regagnais ma place sur le canapé - c'est-à-dire à côté de Koyama, Shigeaki m'aillant voler mon fauteuil.
- Tu as une bonne voix, s'exclama Tegoshi.
- Avec Ryo, on a toujours voulu chanter. Il joue un peu de guitare aussi.
Koyama tourna le regard lentement vers moi, en souriant. Seulement, avant que ses yeux n'atteignent les miens, ils tombèrent dans ceux de Shigeaki. Koyama rougit légèrement. Je les dévisageai tour à tour. Pourquoi étais-je déçu tout à coup ? Je me levai, rompant ainsi leur contact visuel, ce qui fit légèrement sursauter Koyama. Je lui lançai un regard noir et repartis sur le balcon - en prenant ma veste.
Et voilà pour ce chapitre !
Je suis désolée d'avoir laisser les paroles de la chanson que chante Ryo, mais quand j'ai essayé de les enlever, ça ne me plaisait pas ! Et je trouvais important de savoir ce qu'il pouvait chanter (d'ailleurs, j'ai redécouvert les paroles !)
Ah, et j'ai plus ou moins finis l'épilogue ! Bon, c'est pas pour tout de suite tout de suite pour vous, mais il est au chaud !
Voilà, une review ?
