Voilà le chapitre 4 Minna-san ! J'espère que vous aimerez !
Chapitre 4
...
Je fumais ma cigarette quand la porte s'ouvrit dans mon dos ; c'était Pi.
- Tu n'as pas l'air d'aller très bien, Ryo-chan…
Il était déçu. Il avait organiser cette soirée pour qu'on puisse se revoir avec Masuda et aussi apprendre à mieux ce connaître avec Tegoshi et Koyama, et moi, je ne faisais que grogner. Et quand je commençais enfin à sourire, quelque chose me le faisait s'envoler immédiatement.
- Je suis désolé, Pi.
- C'est moi. Je sais que tu n'aimes pas trop ce genre de soirée…
Je m'en voulais tellement de la décevoir. Je n'étais pas quelqu'un de facile à vivre et mon meilleur ami devait bien subir avec moi.
- Dis… hésita-t-il. Tu ne vas pas partir, hein ?
Je lui ébouriffais en souriant légèrement.
- Bien sur que non !
Nous ne dîmes rien pendant plusieurs minutes, respirant l'air frais de la soirée. Puis d'un commun accord, nous décidâmes de rentrer. Tegoshi était en grande conversation avec Masuda, tandis que Koyama et Shigeaki se lançaient de drôles de regards.
- Ces deux-là vont finir ensemble, me glissa Pi à l'oreille.
Je répondis par un grognement incompréhensible. Yamapi ria un peu, en pensant sûrement que je ne supportais pas cette ambiance de plus en plus guimauve. Puis, il alla rejoindre son amant et notre ami, lui adressant un « Tu ne comptes quand même pas me voler mon petit ami ? ». Ils avaient ris. Et moi, je regardais toujours Koyama et Shigeaki se dévorer des yeux. Indéniablement, ils se plaisaient. Je décidais de détailler un peu plus celui que je connaissais le moins. Il était brun, dans le genre ténébreux, avec un sourire aussi insupportablement resplendissant que celui de Koyama. Parfois, un sourire en coin faisait rougir celui à qui il était adressé. J'essayais un instant de les imaginer ensemble. Ils s'apparieraient vraiment bien. J'essayais maintenant Koyama avec moi. Secouant la tête, j'éclatais de rire faisant se tourner tous les regards vers moi. C'était quelque chose de tellement bête et surtout inimaginable. D'abord, j'aimais les femmes - enfin, surtout leur corps, et je détestais ce type autant que lui devait me détester. Je riais un peu plus en pensant que nos deux personnalités ne pourraient pas coller. Je n'étais pas quelqu'un de démonstratif - quand j'aimais, du moins, et lui était du genre très expressif. J'imaginais déjà le nombre de disputes que nous pourrions avoir si nous nous côtoyions plus que maintenant, et également le nombre de coups qu'il se prendrait. Mon rire s'arrêta net.
- Ca va, Ryo ? s'enquit mon meilleur ami.
- Je suis désolé, Pi, mais c'est vraiment au dessus de mes capacités de rester une minute de plus ici.
Yamapi ne m'avait jamais lancé un tel regard. Ce regard mêlait tellement de sentiments différents : déception, incompréhension, regret. Regret de m'avoir invité.
- Tu m'as promis, il y a cinq minutes de ça que tu ne partirais pas…
- Pi, j'y peux rien. T'as vu un peu l'ambiance qu'il y a ici ? Tu me connais, merde !
- Tu ne m'as jamais autant déçu, Nishikido !
- Commence pas avec ça, « Yamashita » ! On se voit lundi à la fac.
- Ca, c'est pas encore sur…
Il se leva, alla chercher mon manteau et me le lança.
- Dégage maintenant.
Soupirant plus fort que je ne le voulais, je mis mon manteau et mes chaussures, et, sans me retourner vers mon meilleur ami, je partis. À chaque marches, je m'insultais un peu plus.
- Quel con… C'est pas vrai d'être aussi con…
…
Je tournais un peu dans la ville endormie. Je n'avais pas le courage de rentrer chez moi pour me retrouver seul avec mes regrets. Enfouissant ma main dans la poche de mon jean pour en sortir mon paquet de cigarettes qui… n'y était pas. Mon portable non plus n'était pas dans mon jean, ni même mon porte feuille. Soupirant, encore, je décidais de repartir chez Tomohisa. Ma montre indiquait 23h41. Ça ne faisait qu'une petite heure que j'étais parti, je ne dérangerais sûrement pas.
À quelques mètres de l'entrée de son immeuble, je m'arrêtais, complètement surpris. Koyama et Shigeaki se tenaient, là, devant la porte. Ils se regardaient et attendaient. Qu'attendaient-ils ? Shigeaki s'approcha lentement de l'autre et tendit sa main vers son visage, caressant doucement sa joue. Koyama sourit un peu plus. Ce sourire permit au plus petit de venir poser doucement ses lèvres sur les siennes. Je n'en croyais pas mes yeux.
Reprenant possession de mes membres, je m'élançais vers eux et les séparais violemment, tenant ce Shigeaki par le col. Koyama laissa échapper un petit cri de surprise en me reconnaissant.
- Nishikido-san, murmura-t-il.
Et s'en fut trop. Tenant toujours Shigeaki, mon poing se leva, et je l'abatis sur Koyama. Je tenais l'un, mais j'avais frappé l'autre. Le plus jeune de nous trois tomba au sol, se tenant le visage. Je n'y avais pas été de main morte, mettant toute ma colère dans mon geste. Celui que je tenais voulu se défaire de ma prise.
- Toi, tu ferais bien de dégager, lâchais-je en le regardant droit dans les yeux.
- Pour que tu le défigures ?
- Si tu n'es pas dans les parages, il ira bien. Dégage !
Il baissa les yeux vers Koyama, toujours par terre.
- Vas-y, Kato-san… Appelle-moi demain…
Koyama avait dis ça en lui souriant. Je sentis ma colère monter un peu plus. Shigeaki le considéra pendant de longues secondes et s'en alla, sans oublier de me bousculer.
Tandis que Koyama essayait de se relever, je lui pris le poignet - de nouveau - et l'emmena plus loin, dans le petit parc, désert à cette heure, de l'immeuble de Pi. Il n'était pas éclairé et on n'y voyait pas grand-chose. Qu'avais-je encore l'intention de faire ?
- Nishikido-san…
Ma main encercla un peu plus fort son poignet. J'entendis une légère plainte de sa part. Je m'arrêtai et me retourna vers lui. Je le sentis trembler mais il défia mon regard.
- Nishikido-san…
- La ferme ! Criais-je presque en le frappant de nouveau.
Je ne l'avais pas vraiment voulu et pourtant ma main était partie d'elle-même. Revoyant les images des deux s'embrassant, mon bras se leva de nouveau. Lui, leva son bras libre pour se protéger le visage, ce qui arrêta mon geste.
- Nishikido-san… répéta-t-il de nouveau en replantant ses yeux dans les miens.
- Tais-toi, s'il te plaît… soufflais-je entre mes dents.
Je ne voulais plus l'entendre. Je ne pouvais plus l'entendre m'appeler comme ça surtout…
- Tu sais… poursuivit-il presque en murmurant. T'es le pire ami qu'on puisse avoir… Comment Tomohisa-san peut-il te supporter ?
- Ferme-la…
- Si seulement tu me frappais pour une raison valable au moins… Qu'est-ce que je t'ai fais bon sang ? Qu'est-ce que je t'ai fais, Nishikido-san ?
Je fermais les yeux, douloureusement, ne lâchant toujours pas son bras, tentant de trouver quoi lui répondre. De longues secondes s'écoulèrent sans que je ne rouvre les yeux.
- Nishikido-san…
- Ne m'appelle plus comme ça, dis-je en plantant brutalement mon regard noir dans le sien.
- Dans ce cas… Ryo-san… Pourquoi ?
- Tu… Tu l'as laissé t'embrasser…
Il fût un instant décontenancé par ma réponse, puis finis par froncer les sourcils.
- Et alors ? Je ne crois pas que tu sois homophobe ?
Je soupirais le plus bruyamment que je pus.
- Et pourquoi je l'aurais repoussé ?
- Parce que tu…
Je m'arrêtais dans ma phrase. Parce qu'il, quoi ? Il avait tous les droits de se laisser embrasser, et par qui il voulait. Pourquoi ça me dérangeait tant ?
- Parce que je ? insista-t-il.
- Tu l'as laissé t'embrasser, répétais-je…
- Tu sais, Nishikido-san, si c'est vraiment ça qui te dérange, si tu l'avais fais avant lui, je me serais laissé faire aussi.
Je m'étais attendu à tout, sauf à ça. Je le regardais comme s'il était fou.
- Pardon ?
- Bah… Si tu as réagis comme ça… Je pensais que c'étais pour ça… dit-il en baissant les yeux. Excuse-moi…
Pourquoi s'excusait-il encore ?
- Tu es définitivement trop poli, dis-je en posant ma main sur sa joue meurtrie.
Il frissonna au contact de ma main froide sur sa joue chauffée par mes coups. J'approchais alors tout doucement mes lèvres de son oreille. « Donne-moi ton portable » lui soufflais-je. Il me regarda sans comprendre. « Donne-le-moi, maintenant » répétais-je le plus gentiment possible. Frissonnant un peu plus, il glissa sa main dans la poche de son jean, en sortit son portable et finit par me le tendre.
- Merci, lui dis-je en le rangeant dans mon propre jean.
- Pourquoi le voulais-tu ?
- Tu ne reverras pas ce type.
Il me regarda droit dans les yeux mais fit un pas en arrière presque immédiatement. Est-ce que je lui faisais peur ? Pourtant, quand il s'était reculer, je l'avais complètement lâché. Il aurait très bien pu partir en courant, mais il n'en fit rien, se contentant de s'asseoir sur le banc qui était à nos côtés.
- Est-ce parce que… commença-t-il en hésitant. Est-ce parce que tu… tu ressens quelque chose pour moi ?
- Ca n'a rien à voir, soufflais-je en m'asseyant à côté de lui.
- Ca a tout à voir, Nishikido-san… Je ne vous connais ni lui, ni toi. Tu n'as pas l'air de beaucoup m'aimer mais tu réagis violemment quand il m'embrasse. Il est tout le contraire de toi. Tu n'as pour l'instant fait que lever la main sur moi.
- Ne le revois pas… S'il te plaît, Koyama.
- Bon sang ! Pourquoi ? Pourquoi je ferais ça pour toi, s'énerva-t-il. Il a l'air de m'apprécier, tu me méprises. Il m'embrasse, tu me frappes. Qui crois-tu que je ne reverrais pas ?
Je lui soupirai pour toute réponse. Je n'avais pas envie qu'il me le dise de vive voix. Pourquoi n'avais-je pas envie qu'un autre le touche ? Sans, pourtant, que je veuille vraiment le toucher.
- Je vais rentrer, soupira-t-il. Je commence à avoir froid…
- Viens là, dis-je en tendant mon bras. Viens là.
Il soupira une nouvelle fois mais vint quand même près de moi. Je l'entourais de mes bras alors qu'il tremblait doucement. Un rire nerveux s'échappa d'entre ses lèvres.
- Je ne sais pas si je tremble à cause du froid ou de toi.
Il enfouit son visage dans mon cou pour trouver un peu plus de chaleur.
- Est-ce que je t'intéresse, demandais-je sans savoir pourquoi ?
- Hum, tu m'intrigues plutôt…
- Est-ce que je te plaît ?
- Si tu me demandes si je te trouve mignon, c'est le cas, oui.
- Et tu penses m'aimer ?
J'avais poser cette question totalement naturellement. Son visage se cacha un peu plus dans mon cou et j'entendis sa réponse qu'il avait à peine soufflé.
- Non.
…
Les minutes passèrent sans qu'aucun de nous n'ajoute un mot. Il avait toujours son visage dans mon cou et son souffle régulier me berçait un peu.
- Tiens, tiens, des PD ! s'exclama une voix un peu plus loin.
Ne réfléchissant pas plus, je me levai, me mettant devant Koyama comme pour le protéger. Je me rendis compte que par ce geste, c'était comme si j'affirmais ses dires.
- Je peux me défendre tout seul, me murmura-t-il.
- J'en suis pas si sûr, lui répondis-je de la même manière tout en lui attrapant la main.
Je m'élançais en courant à l'opposé du petit groupe de gars qui voulaient se trouver quelqu'un à frapper. J'eus peur sur le moment car j'avais pris Koyama par surprise, mais il s'était vite repris et courait à ma suite, toujours main dans la main. Je décidais de prendre la route pour chez moi tandis que j'entendais ces gars courir après nous. Accélérant un peu plus, j'espérais les semer.
Je ne sais depuis quand nous courions mais je n'arrivais pas à m'arrêter.
- Ils… Ils ne sont plus là ! dit Koyama avec difficulté.
Mais je n'y arrivais pas. Impossible. Rentrant dans mon immeuble en trombe, je montais les escaliers, toujours en tirant Koyama qui failli tomber plusieurs fois. M'arrêtant seulement devant ma porte, sans le lâcher, j'eus du mal à détacher mes clés de ma ceinture (je les avais trop perdu, donc je les attachais toujours à ma ceinture). Tremblant, je réussis à ouvrir ma porte et je l'attirais dans mon minuscule salon-salle à manger.
- Ca faisait un moment qu'ils n'étaient plus derrière nous…
- Je serais resté les défoncer si tu n'avais pas été là…
- Ils ne seraient pas venu si je n'avais pas été là…
- Je te laisse pas rentrer seul si tard.
…
C'est comme ça que nous finissions la soirée, tous les deux dans mon lit, Koyama boudant un peu d'être obligé de partager sa nuit avec celui qui lui faisait du mal.
Et voilà le chapitre 4 ! J'espère qu'il vous plaît !
Les choses évoluent un peu, pas vrai ?
Allez, laissez des review ! Je compte sur vous !
