Chapitre 5 de mon histoire ! Désolée, ça fait longtemps que je n'ai pas publié ! Mais pour me faire pardonner, un nouveau chapitre très très vite ! Promis !
Chapitre 5
Réveillé depuis plus d'une demi-heure, je regardais mon invité dormir dans mon lit. Il était tout habillé et dormait sans se soucier de rien. Ses traits du visage, détendus, lui donnaient un petit air d'enfant. Cette bouille me rappela les photos que j'avais vu sur son portable. Je n'avais pas réussis à m'endormir et son portable dans ma poche me tentait. J'avais regardé tout ce qu'il contenait.
Il fronça tout à coup les sourcils, grogna un peu - me faisant sourire un peu plus - et bougea jusqu'à se retrouver dans mes bras, sa tête nichée dans mon cou. Il bougea légèrement de nouveau et le dos de sa main toucha ma cuisse dénudée. Moi, je m'étais déshabillé dans la nuit, ne gardant que mon boxer. Respirant difficilement, j'essayais de me calmer. Mes hormones masculines me jouaient de sacrés tours.
- 'jour, murmura-t-il, me faisant sursauter.
Je ne lui répondis pas mais serra mes bras autour de son corps. Sa main qui touchait ma cuisse migrât jusqu'à mon torse, se posant doucement dessus.
- Est-ce que je t'intéresse, demanda-t-il.
Mon sourire s'élargit plus ; il me faisait passer le même interrogatoire que moi, la veille au soir.
- Non, soufflais-je.
- Est-ce que je te plaît ?
- Non.
- Et tu penses m'aimer ? demanda-t-il en plantant son regard dans le mien.
Toujours en souriant, je posais ma main sur sa joue, légèrement rouge sous mes coups de la veille.
- Non, soufflais-je de nouveau en posant mes lèvres sur les siennes.
Il se laissa faire, répondant même à mon baiser. En le poussant un peu, je le mis sur moi sans rompre notre échange. Échange sans douceur, ni amour. Comme si, paradoxalement, nous nous prouvions qu'on ne s'aimait pas. Et alors qu'on devenait plus violents encore, son portable - toujours dans la poche de mon jean échoué au sol - sonna. Nous revenions brutalement à la réalité et Koyama se leva pour rechercher son téléphone.
- Ne décroche pas, lui dis-je, lassé.
Il ne m'écoutait pas, se contentant de chercher dans mon jean. Une fois son portable en main, un sourire naquit sur son visage. C'était ce type, bien sûr. Il me fixa avec défit puis décrocha. Un énorme soupire traversa mes lèvres.
- Kato-san ? Oui, oui, je vais bien… Chez Nishikido-san… Non, je t'expliquerais… Oui, je vois où ça se trouve… D'accord, à tout à l'heure.
Il me dévisagea un peu plus, attendant sûrement que je fasse quelque chose mais je me contentais de le regarder sans bouger.
- Je vais y aller ! dit-il.
- Je t'interdis de le revoir.
- Sinon ?
Il continuait de me défier.
- Sinon je te ferais passer l'envie de le revoir.
Je le vis déglutir avec difficulté. S'il avait un minimum d'intelligence, il n'irait pas le retrouver. Il s'approcha de moi, son visage à quelques centimètres du mien.
- Essaye pour voir, et on ne se verra plus.
- Comme si ça aller me faire quelque chose, dis-je calmement.
- C'est pas l'impression que tu me donnais avant ce coup de téléphone.
Un énorme sourire sur le visage, il s'éloigna de moi, descendit du lit et avant que je ne puisse vraiment m'en rendre compte, j'étais seul dans mon petit appartement.
...
La matinée était déjà bien entamée quand je décidai enfin de me lever et de prendre une douche. Je m'étais préparé en me trainant. Me préparer pour quoi faire de toute façon ? Il était dimanche et je n'avais rien de prévu. Pas de petite amie à aller voir, ni même de petit ami, et je m'étais disputé avec mon meilleur ami. Je ne pouvais décemment pas me rendre à Osaka pour voir ma famille sans les avoir prévenus. Je me retrouvais bloqué dans mon appartement tout vide. Quand mon horloge indiquait quasiment midi, on sonna à ma porte. En soufflant, je me levais de mon petit canapé et alla ouvrir. Je fus surpris de trouver Yamapi derrière. Il me regarda un instant puis entra dans mon appartement sans me parler et sans même se déchausser.
- Tu as oublié ça chez moi hier, dit-il froidement en lançant mes affaires sur la table basse de mon salon/salle à manger.
Je le regardais faire le tour de mon appartement sans rien ajouter.
- Il est pas là ? lâcha-t-il.
- Qui ça ?
- Keii-chan. Shige-chan a téléphoné à Massu et nous a expliqué ce que tu avais encore fais.
Je n'avais aucune envie de parler de ça, et surtout pas avec lui. Je sentais la dispute arriver.
- Bon sang, Ryo ! Il t'arrive quoi avec lui ? Il t'a fait quoi pour te mettre dans cet état ?
Il me fixait les poings sur les hanches. Je passais près de lui et me jeta dans le canapé. Si seulement je savais ce qu'il m'arrivait.
- Tu serais pas… amoureux de lui ?
- He ?
Mon cri l'avait fait sursauter. Moi, amoureux de ce type ?
- Shige a embrassé Keii-chan et tu as réagis comme un type jaloux. Je ne pense pas que tu en pinces pour Shige donc c'est forcément Keii-chan.
- Il a passé la nuit ici.
- Eh ? hurla-t-il presque, complètement paniqué. Qu'est-ce que tu lui as fais ?
- Bah rien, répondis-je, outré qu'il puisse penser que je puisse abuser de lui. Et ce matin, on s'est embrassé.
- He ? cria-t-il de nouveau. Tu vois, je savais que t'en pinçais pour lui !
- Tu crois ça ? J'ai envie de le frapper à chaque fois que je le vois, je le frappe à chaque fois que je le vois !
- Mais tu l'as embrassé !
Il commençait vraiment à m'énerver.
- Et tu ne veux pas qu'il revoit Shige…
Je soupirai de nouveau. Mon meilleur ami avait un sourire idiot collé sur le visage. C'était dans des moments comme ça que je le détestais.
- Il est parti le rejoindre.
J'attendis une réponse ou un nouveau « He ? » de sa part, mais rien ne vint. J'eu tout à coup l'impression d'être face à un psy qui vous demande silencieusement de poursuivre de vous-même.
- J'ai envie de les retrouver et de le tuer.
- Shige-chan ?
- Koyama.
- Pourquoi lui ?
- Parce que c'est celui qui me défit.
- Et celui que tu aimes… Ecoute, Ryo-chan, fait ce que tu juges bon de faire. Ça fait des années que je ne t'ai pas vu dans un état pareil à cause de quelqu'un. Mets un peu ta fierté de côté et poses-toi les bonnes questions. Ça te va qu'il voit Shige ? Ça te va s'il se laisse séduire ? Ça te va s'ils s'embrassent ? Les jeunes aiment les mauvais garçons. IL est jeune et TU es un mauvais garçon. Tu l'as à moitié attrapé déjà ! Hier soir, il n'arrêtait pas de te jeter de rapides regards que, bien sûr, tu n'as pas vu. Tu lui plaît et il te plaît.
- Mais non ! criais-je en me reprenant enfin.
- Arrête de le nier, Ryo. Tu ne me feras pas gober ça. Bon ! Tesshi m'attend en bas, il t'en voulait trop pour monter te voir avec moi. Et arrête de vouloir défigurer son meilleur ami ou je serais obligé de défigurer le mien. Allez, on se voit demain !
Il passa à côté de moi en m'ébouriffant les cheveux. C'était rare qu'il ait l'occasion de le faire donc il ne s'en était pas privé. Et j'entendis son rire s'élever alors qu'il quittait mon appartement.
...
Allongé dans mon lit, nu, je fixais le plafond, essayant d'oublier tous les bruits qui m'entouraient. Mes pensées se déchainaient dans ma tête, ne me laissant aucune seconde de répit. Je le détestais de me rendre comme ça. Mon regard se tourna vers la fenêtre. Le soleil avait déjà bien décliné et il pleuvait. Un soupire s'échappa de mes lèvre alors qu'on sonnait à la porte. Ce n'était vraiment pas le moment. Je laissai passer quelques secondes, me disant que la personne partirait mais un nouveau bruit de sonnette se fit entendre. Fermant les yeux, je me levais et enfila mon jean sans même mettre mon caleçon. Torse nu, je me rendis à l'entrée et ouvrit. Il était là, surpris de me voir dans cette tenue.
- Koyama ? m'exclamais-je, moi aussi surpris.
- Je… te dérange ?
Il baissa la tête. Je ne lui répondis pas, ne sachant quoi dire. J'aurais voulu lui dire que non, mais une voix qui s'éleva dans l'appartement lui prouva bien que oui.
- Ryo-chan, je t'ai emprunté une chemise puisque tu as arraché mon… (la porte de la salle de bains s'ouvrit) …chemisier…
Il s'agissait de Yumi, une camarade de fac. Elle s'était arrêté en me voyant à la porte avec un « invité ». Lui, justement, fit voyager son regard de moi à Yumi, pour enfin revenir sur moi. Bloqués dans les miens, ses yeux semblaient me demander si ce qu'il pensait était vrai. Pourquoi avait-il une mine si déconfite ? Il reposa son regard sur Yumi et s'inclina en s'excusant puis repartis presque en courant sans me regarder. Revenant rapidement dans ma chambre, je pris le premier tee-shirt qui me tomba sous la main.
- Je vais lui parler ! Garde ma chemise et barres-toi, dis-je à Yumi en passant la porte.
Courant dans les escaliers, je cherchais à le rattraper. Dans le hall, je m'arrêtais. Il pleuvait des cordes. Mais que faisais-je ? Pourquoi lui courir après ? Je ne lui devais rien après tout ! Ne pouvant détacher mon regard de la pluie battante, j'entendis une porte claquer derrière moi : c'était la porte menant aux caves de l'immeuble. Et si c'était lui ?
- Koyama ? dis-je en passant la porte.
Un sanglot étouffé se fit entendre. Mon intuition ne m'avait pas trompé. J'avançais jusqu'au fond du couloir et je vis accroupis, dos au mur. Je me baissai devant lui et planta mes yeux dans les siens plein de larmes.
- Koyama ?
- Je te déteste ! s'écria-t-il en baissant les yeux.
- Keii-chan…
Il releva les yeux vers moi, surpris que je l'appelle comme ça. Ses sourcils froncés renforcèrent un peu plus sa mine surprise.
- Pourquoi tu pleures ? lui demandais-je.
- Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi m'en vouloir d'avoir embrassé quelqu'un d'autre alors que toi, tu… tu…
- Pardonnes-moi…
Je me surpris moi-même. Jamais je n'avais été comme ça. Ce type me retournait le cerveau. Je dus me rendre à l'évidence : Yamapi avait probablement raison… M'avançant vers lui, je posais ma main sur sa joue mais il me la poussa vivement.
- Ne me touches pas alors que tu l'as…
Son regard me faisait si mal. Je m'avançais un peu plus vers lui et le pris violemment dans mes bras.
- Koyama… Dis-moi ce que tu ressens vraiment pour moi ? lui demandais-je alors qu'il essayait de me repousser.
- Je… je te déteste…
- Alors arrêtes de pleurer…
- Pourquoi… malgré tout… tu me plais ?
- Embrasse-moi.
Il replanta ses yeux dans les miens. Je le vis hésiter mais il lâcha :
- Avec Kato-san… on s'est de nouveau embrassé…
Je m'éloignai de lui, jusqu'à ne plus le toucher. Je sentis la colère monter en moi. Pourquoi le dire maintenant ?
- Je ne sais pas pourquoi… Cette fois… Je m'en voulais de te faire ça, ajouta-t-il en ne lâchant pas mon regard bien qu'il devait être assez froid.
Je me rendis compte qu'à chaque fois qu'on se voyait, il s'excusait. Même si cette fois, il le disait autrement. Il eut un petit rire nerveux et lâcha :
- Mais si j'avais su…
Essayait-il de me faire culpabiliser ? Déjà que je m'en voulais d'avoir pensé à lui alors que je couchais avec Yumi. Mon regard dû s'assombrir un peu plus car je le vis se tasser contre le mur.
- Ryo-chan… murmura-t-il.
J'aurais du être content qu'il utilise ces mots pour me désigner mais, au lieu de ça, aveuglé par une colère dirigée contre moi-même, mon poing partis rencontrer le mur, m'arrachant un léger grognement. Il regarda mon poing serré qui avait tapé à quelques centimètres de son visage. Il bougea un peu et pris ma main entre les siennes.
- Ryo-chan… murmura-t-il encore. Ryo-chan, regarde-moi.
Je tournai mes yeux vers lui, prenant garde de ne pas les faire tomber dans les siens. Sa bouche tentait tant bien que mal de former un sourire et ses joues étaient encore souillées par les larmes qui avaient coulé. Il me leva le visage et me dit :
- Je… Je crois que… je…
Mes lèvres se posèrent sur les siennes, l'empêchant de finir. Je ne voulais pas l'entendre me dire ça. Jamais personne ne m'avait dit ça. Oui, mais voilà qu'il avait craqué pour moi…
… Et que j'avais craqué pour lui.
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