J'ai pas trop attendu pour mon nouveau chapitre, hein ? Bonne lecture !


CHAPITRE 6

Nous étions retournés dans mon appartement depuis plus de cinq minutes. Yumi était partie et c'était tant mieux. Nous étions tous les deux assis sur mon canapé et je le regardais. Lui se contentait de fixer l'écran noir de la télé. Nous n'avions pas échangé un seul mot depuis que je l'avais embrassé. Pas un seul. Il ne m'avait pas regardé plus. Je m'approchai de lui et je le vis se tendre, ce qui me fit sourire. Depuis que j'avais parlé à Pi, je m'étais enfin avoué que je ne voulais pas qu'il soit à quelqu'un d'autre que moi, que je voulais le protéger de tout, de ce monde horrible qui l'entourait, lui, ce petit naïf. Oui, je… l'aimais. Ma conclusion me fit sourire un peu plus. C'était bien la première fois que j'arrivais à une conclusion pareille.

- C'est intéressant ? lui demandais-je en désignant ma télé fermée.

Il baissa les yeux, jouant avec ses mains.

- Est-ce que… commença-t-il. Est-ce que… ça veut dire qu'on est ensemble ?

- Je… Oui…

Je le vis sourire doucement. Puis il rajouta :

- Est-ce que… (il planta ses yeux dans les miens) Est-ce que… tu me frapperas encore ?

Un petit rire s'échappa d'entres mes lèvres. Est-ce que je pouvais vraiment répondre à cette question ? Bien sûr, dès que quelque chose me déplaisait, je me servais avec mes poings, mais serait-ce pareil avec quelqu'un que j'aime ? Je me découvrais jaloux et ça, ce n'était pas bon du tout. Je l'avais déjà frappé à cause de ça.

- Ton silence veut dire que oui ? insista-t-il.

- Mon silence veut dire que j'en sais rien. J'ai toujours été comme ça. Et… tu as le don de m'énerver.

Mon rire fût accompagné du sien et à ma grande surprise, il vint perdre son visage dans mon cou. Mes bras se fermèrent d'eux-mêmes autour de son corps.

- Ryo-chan, je…

- Ne dis rien. Pas si c'est pour me dire… ça.

- Pourquoi tu ne me laisses le dire ?

- Parce que je ne veux pas t'entendre me le dire.

- Tu m'as intéressé dès notre première rencontre.

- Tais-toi…

- Laisse-moi te le dire.

- Non, m'écriais-je, l'éloignant de moi.

Il se leva, me surprenant. Je ne voulais pas m'énerver, mais je ne voulais vraiment pas qu'il me dise ce qui m'attacherait un peu plus à lui. Il s'avança doucement vers l'entrée et se retourna vers moi.

- Je… Désolé… J'y vais.

- Attends ! dis-je en me levant à mon tour, le rejoignant. Tu… vas revenir, n'est-ce pas ?

- Bien sûr, murmura-t-il, je me rapprochais alors de lui. Et alors, tu seras capable de me l'entendre te le dire.

- Koyama, s'il te plaît.

- Non ! Parce que c'est ce que j'ai envie de te dire. Parce que c'est ce que je ressens. Alors si tu as peur…

- Je n'ai pas peur !

- Nishikido, je t'-

- Koyama ! criais-je pour le couper.

- Tu vois… Bonne nuit, Ryo-chan.

Et il posa ses lèvres au coin des miennes puis passa la porte sans me regarder.

Six jours. Six jours sans le voir. J'avais été trop fier pour aller le voir à la sortie de son travail. Six jours sans le voir… Tous les matins, en me réveillant, je faisais le compte. Pourquoi prenais-je ça tellement à cœur ? C'était comme ça d'aimer alors ? J'avais été d'une humeur massacrante toute la semaine, mais Pi ne m'en avait pas tenu rigueur, sachant pertinemment ce qui me rendait dans cet état. Il savait que ce gamin me retournait le cerveau, et le cœur, par la même occasion. Il savait que je m'étais épris de lui et que je l'aimais. Et que j'aimais l'aimer. Et que j'aimais qu'il m'aime. Me donnant une gifle mentalement devant de telles pensées, je me levai pour aller prendre une douche.

Je me séchai négligemment les cheveux quand j'entendis mon portable sonner. Me précipitant dans ma chambre et me jetant sur le lit, je décrochai.

- Allô !

- Ryo-chan, c'est ton meilleur ami à l'appareil ! dit la voix de Pi.

- Que me vaut le plaisir de si bon matin ? demandais-je ironiquement.

- Je me suis dis que ça serait sympa de passer la journée ensemble. Alors je t'attends devant la fontaine du grand parc.

- T'es sur de toi là ? Parce que ça fait un peu rendez-vous romantique.

- Baka ! Je t'attends, j'y suis déjà.

- Déjà ? Ok, j'arrive alors.

Quinze minutes et je fermais déjà la porte de mon appartement. Vraiment, j'aimais mon meilleur ami ! Je fus rapidement devant la fontaine. Mais n'y vis personne. En plus, le parc était complètement désert. Mais il n'était que 10h. C'est alors que je le vis assis sur un banc. Il me vit aussi et vint à ma rencontre.

- Tu… tu vas bien ? demanda-t-il, tout hésitant.

- Qu… Qu'est-ce que tu fais là ?

- Euh… Tego-chan m'a donné rendez-vous ici.

- Oh les enflures ! m'écriais-je.

Je pris mon portable et composa le numéro de mon meilleur ami à toute vitesse.

- Allo~.

- Yamashita Tomohisa ! Je vais te tuer ! Tu m'entends ?

- Pardon ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Fais l'innocent en plus ! Pourquoi Keii-chan est là à ta place ?

- « Keii-chan » ? Vos relations évoluent, dis-moi ! ria-t-il de l'autre côté du téléphone.

Rageusement, je lui raccrochai au nez. Mais pour qui se prenait-il ? Koyama s'éloigna de moi, se rasseyant sur le banc qu'il venait de quitter. Six jours que je ne l'avais pas vu et mes premiers mots pour lui avaient été blessants. Le rejoignant, je m'assis à ses côtés. Une longue minute passa sans qu'aucun de nous ne parle.

- J'ai pensé toute la semaine que tu viendrais me voir, murmura-t-il.

Il ne m'avait pas regardé mais je devinais la tristesse qui devait teindre ses yeux. La même que celle dans sa voix.

- Tu m'as manqué… dit-il un peu plus bas en venant perdre son visage dans mon cou - une nouvelle habitude.

Enserrant son corps de mes bras, je l'approchais un peu plus de moi.

- Désolé… de ne pas être venu…

Moi qui ne m'excusais jamais, voilà que je le faisais pour la deuxième fois, avec la même personne qui plus est.

- Ryo-chan, dit-il en plantant ses yeux dans les miens.

Je savais ce qu'il voulait me dire. Et j'en étais tout autant retissant qu'il y a une semaine, pourtant, je ne fis rien pour l'arrêter. À ma grande surprise, mon mutisme le déstabilisa.

- Si tu ne m'arrêtes pas maintenant, je vais le dire, ria-t-il nerveusement.

Nerveux, nous l'étions tous les deux. Mais je crois que moi, je ne l'avais jamais autant été. Il allait me le dire, et c'était un point de non retour dans notre relation.

- Je t'aime.

Tout à coup, je compris Yamapi. Je compris comme les sentiments étaient importants. Pour la première fois, la première fois, j'avais des sentiments comme ceux là, et je voulais que ça dure toujours. Et je voulais y croire. Avec lui. Avec Koyama Keiichiro. Et alors, je m'entendis répondre :

- Moi aussi.

Ses yeux montrèrent sa surprise. Nous ne bougions plus, le temps étant comme suspendu autour de nous. Nous nous regardions sans sourciller et sans même sourire. Pourtant, je suis sûr que nous étions heureux tous les deux.

- Est-ce que… tu veux venir chez moi ? demandais-je.

Il rit un peu. C'est vrai que ma proposition pouvait paraître… indécente. Mais pourtant, je ne pensais absolument pas à ça. Je voulais juste m'enfermer dans mon monde. Et l'enfermer avec moi. Pour que, plus jamais, il puisse s'en échapper.

Vingt minutes plus tard, nous étions installés dans mon salon. Koyama était allongé, la tête sur mes genoux, et nous regardions la télé. Un vieux couple ! Je ris un peu, faisant détourner l'attention de mon invité sur moi.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Jamais… j'aurais cru que ça m'arriverait ! riais-je un peu plus.

Ses sourcils se froncèrent d'incompréhension et je lui caressais la joue. Non, jamais j'aurais cru que ça m'arriverait. Alors, je me dis qu'il était en droit de me connaître un peu plus.

- Je me suis toujours moqué de Pi et de son romantisme à deux balles, ses soirées ennuyantes à souhait à regarder des films avec ses copines. Et regarde nous, maintenant, je suis avec mon copain, en train de regarder un drama débile !

Je le vis rougir un peu. Je venais d'utiliser le terme « copain » pour le désigner. Alors mes joues s'empourprèrent également. Il se releva et posa ses lèvres sur les miennes. S'éloignant de moi après plusieurs secondes, il me souffla :

- Et bien maintenant, Pi pourra se venger.

Nous rîmes un peu plus et il se remit dans sa position. Vraiment, je comprenais mon meilleur ami. Rien n'était plus plaisant que de passer des moments à ne rien faire avec la personne qu'on aime. Je me jurais de faire de mon possible pour ce bout d'homme posé sur mes jambes. Il méritait les meilleures attentions, et je savais qu'à tout moment, je pourrais le perdre. J'étais certain que mon caractère pourrait se retourner contre moi.

- Je t'aime comme tu es, dit-il alors, comme s'il avait lu dans mes pensées.

Souriant un peu plus, je me remis à lui caresser la joue. Moi, Nishikido Ryo, aimais pour la première fois de sa vie. Je me promis alors de tout faire pour le garder près de moi, de ne pas le laisser s'envoler loin de moi, quitte à lui arracher les ailes.

Nishikido Ryo, misanthrope, égoïste, capricieux, impulsif et violent aimait Koyama Keiichiro.


Review, s'il vous plaît, s'il vous plaît ! (La fiction est bientôt finie *triste*)