Plusieurs jours plus tard, Sebastian avait été opéré de sa langue et la retrouva comme avant dans sa bouche bien qu'il n'avait plus prononcé aucun mot depuis ce jour: Il avait arrêté de réfléchir ou d'agir, son cerveau s'étant déconnecté des cette réalité qui n'en était même pas une.

Comme chaque soir, le grand brûlé vînt lui rendre visite en lui infligeant différentes sévices qui étaient soient de l'ordre de la torture, soit sexuelles. Il était sa chose, son objet de divertissement et s'amusait avec lui sans aucun remord en le sous-alimentant pour le rendre encore plus maléable à ses désirs pervers.

Cette nuit-là encore, le scientifique prit les traits de Ruben enfant pour coucher avec lui en sachant pertinemment que Sebastian méprisait de faire l'amour à un enfant, même si celui-ci était le diable en personne! Le voyant se tendre alors qu'il léchait le gland du brun amaigri, le scientifique s'amusa à lui suggérer dans un grand sourire sadique :

-Tu préfères que je prenne l'apparence de Lily?

-...

-...Cela ferait une belle illustration du complexe d'Oedipe, tu ne crois p...?!

Soudain, l'ancien blond se tût pour se redresser en fronçant les sourcils à ce qu'il avait crû entendre. Il tira les draps dans le but de se relever en reprenant son corps d'adulte trentenaire.

En le voyant faire, le brun se demanda vaguement ce qu'il se passait tout en ne cherchant pas plus loin à comprendre: il avait cessé de se battre ou de trouver une logique dans cet enfer. Il vit le regard ambré de son bourreau se porter sur lui avant de ressentir des ronces l'attacher au lit au niveau des poignets :

-Je t'interdis de quitter ce lit tant que je ne suis pas revenu, j'en ai pour une minute.

Sans un mot, le brun vit partir le démon au corps brûlé qui ne revint pas ce soir là, ni même le lendemain.

Complètement affamé et déshydraté, son corps fut pris de tremblement à la fin du second jour en faisant une crise d'hypoglycémie. Ses muscles au niveau des bras lui faisaient un mal de chien et il ne pouvait rien faire d'autre que planter les ronces encore plus profondément dans sa chair tout en sentant son ventre crier famine.

Puis une énorme explosion au niveau du couloir se fit entendre!

Brutalement réveillé par ce bruit infernal, le brun releva sa tête lourde face au long silence qui s'ensuivit après ce vacarme inhabituel.

L'instant d'après, il entendit des bruits rauques et des grognements inquiétants avancer dans sa direction, Sebastian devinant immédiatement qu'il s'agissait de hantés!

Comment avaient-ils pu entrer? Ruvik ne laissait circuler personne dans cette aile….Où était-il passé? ….Était-il mort? Impossible! Le STEM n'existerait plus... Il avait dû lui arriver quelque chose… mais qu'est-ce qui aurait pu parvenir à mettre en difficulté le dieu tout puissant de Beacon ?

Prit d'un frisson, le détective comprit qu'il devait fuir au plus vite : c'était sa seule et unique chance de sortir de cette boucle infernale, d'autant plus que ses vieux ennemis semblaient se rapprocher du côté de sa chambre, sans doute attirés par l'odeur de son sang!

Comprenant que la situation était anormale, il tira de toutes ses forces au niveau des poignets pour se libérer, l'action lui coupant dangereusement la peau l'une de ses veines radiales. En tirant encore, il parvint à libérer son bras gauche, l'autre suivant peu après alors qu'il se retrouvait blessé et épuisé. En sang, il poussa un gémissement sourd de douleur en se redressant avant de remarquer que sa vue se troublait.

Pas maintenant! Je dois sortir d'ici!

En panique, il eut quand même le réflexe de fouiller dans le placard pour trouver un restant de liquide vert dans un flacon qui trainait par là et qu'il bu d'une traite. Il serra ensuite les dents pour ne pas vomir en espérant guérir vite: Il n'avait pas de temps à perdre et devait tenir bon!

Fatigué, il se força à garder l'esprit clair en commençant se rendre à la porte...celle-ci s'ouvrit violemment sur cinq hantés!

Affamés, ils s'approchèrent rapidement du brun qui crut voir sa dernière heure venir alors qu'il perdait encore beaucoup de sang, ses plaies ne s'étant pas entièrement refermées.

C'était donc comme ça qu'il allait mourir? Nu, affamé, sale et extrêmement faible?

Il ne se voyait plus que comme une merde qui faisait partie d'un décor à l'image du grand brûlé : un royaume concentrant le pire des êtres humaines transformées en abominations!

Alors qu'il ferma ses paupières pour ne pas voir plus longtemps les visages déformés de ses assaillants, le brun sentit un liquide rouge et chaud puis de la chair gicler sur son visage : celui des hantés!

En ouvrant les yeux, il vit toutes les créatures giser sur le sol qui disparurent pour laisser des fioles vertes à ses pieds.

Sebastian n'eut pas le temps de relever la tête qu'il entendit une voix inconnue s'adresser à lui en s'approchant :

-Et bien, et bien...voilà un magnifique tableau qui s'offre à moi…

Un homme vêtue d'un costume bleu, d'une écharpe rouge et muni d'un poignard le regardait avec son unique oeil visible.

-Laisse-moi immortaliser ce moment…

Le détective plissa les yeux en le voyant sortir un objet qu'il eut à peine le temps de reconnaître avant d'être aveuglé : l'appareil photo tenu par son sauveur généra un flash qui l'aveugla brutalement avant de tomber à la renverse !

En se redressant sur ses poignets douloureux, le grand brun remarqua qu'il se tenait sur une pile monstrueuse de cadavres ensanglantés! En regardant autour de lui, il vit qu'il se trouvait dans une sorte de salle de spectacle qui n'avait plus rien à voir avec la demeure de Ruvik! Ne comprenant pas ce qu'il se passait, il chercha à se redresser jusqu'à voir une monstrueuse créature à trois pieds s'approcher de lui comme une araignée : muni de ballerine et d'un appareil photo des années 20 en guise de tête, celle-ci s'approcha à quelques centimètres de sa proie qui était trop faible pour bouger.

Le duo resta figé ainsi un long moment jusqu'à ce que Stefano intervienne en grimpant à son tour sans peine :

-Laisse-le tranquille Obscura, tu vois bien que tu l'effraie…

Le photographe retira sa veste pour la passer sur les épaules du brun toujours nu qui ouvrit de grand yeux à ce geste bienveillant…

-...?. Que….?

Surprit quelques secondes, sa méfiance naturelle revint rapidement au galop et l'obligea à faire un pas en arrière. A ce geste, il glissa sur une tête décapitée en manquant de tomber à nouveau :

-HA!

Juste à temps, l'énigmatique inconnu le récupéra contre lui en passant une main au niveau de sa taille pour le maintenir :

-C'était moins une ! dit-il avec un sourire en coin tandis que ses yeux clairs analysait le corps du brun squelettique, un peu de plus et tu aurais fait une belle chute de plusieurs mètres…

-Qu….qUi….eS….T….?

Incapable de prononcer correctement des mots, Sebastian tenta de se dégager en voyant la créature s'approcher dans le dos du photographe qui essayait de le calmer :

-L'heure n'est pas aux questions "Monsieur Castellanos"...il te faut au préalable dormir. Dans ton état actuel, tu ne m'es d'aucune aide pour vaincre le maître des lieux...

Sans qu'il puisse ajouter quoi que ce soit, Obscura généra un flash qui frappa les yeux de l'inspecteur brutalement évanouit dans les bras de son sauveur.

Avec un sourire en coin, Stefano le pressa contre lui avant de laisser sa magnifique oeuvre hybride s'occuper de lui :

-Peu importe ce que m'a promis Mobius si je le ramène, il fera un excellent modèle pour mes oeuvres une fois propre… Prends-en donc soin…

Il sortit son fidèle poignard de sa poche interne en écrasant sans pitié les carcasses entassées. Certaines d'entres elles étant d'ailleurs encore vivantes :

-Avant toute tentative, je dois d'abord nettoyer ce monde hideux pour le mettre à mon image… même si ce Ruvik me met des bâtons dans les roues depuis mon arrivé, j'ai à présent tout ce qu'il faut pour le piéger une bonne fois pour toute…

Le sourire aux lèvres, il passa sa langue d'une commissure à une autre en disparaissant dans les méandres du STEM :

Son plan de conquête allait enfin arriver à maturation en formant un bouquet final qui sera l'apothéose de toutes ses créations !