Il est complètement soûl. Ses ongles gras nous disent qu'il n'espérait qu'à ce moment, une gorgée de rhum, une autre d'eau de vie, un coup de langue a la moitié d'un citron, un cri heureux qui ressemble le début d'une chanson populaire et se perd en un fredonnement incohérent. Toutes les gauloiseries que Holmes raconte le font rire.

Holmes ne peut voir que de son œil droit et sa tête est lourde, non seulement parce qu'elle soit enflammée. Il a trouvé le chaînon perdu et il n'a pas trouvé du calme. Il a voulu lui tordre le cou toute la nuit, mais s'est conformé à lui faire rire, comme il a dû.

Il toussait, c'est ça qu'ils ont tous remarqué, et pourtant il ne dépassait pas les trente ans. Une de leurs voisines était plus observatrice : « L'autre chose que j'avais trouvée curieuse, ce que ce Mason portait parfois des pantalons en… comment on appelle ce tissu ?... En jean ! ».

Holmes en avait déduit qu'il avait été mineur.

Et dans le cache-cache qui ne penserait pas à une grotte ? Le seul mineur engagé dans le moment exact.

Il est déguisé d'un autre qui n'est pas trop différent de lui-même, aussi jeune et aussi déluré soif qu'il a les cheveux plus cours, sa casquette obligatoire, mouvements moins graciles, des dents remués et des autres déplorables, et une manque totale d'hygiène.

L'ami d'Irène se cachait de Holmes et il ne l'a pas vu.

Ils sortent parce que Holmes l'a dit qu'il voulait lui montrer une chose dans le ciel. Ils marchent pour s'éloigner de la maigre lumière artificielle, et s'asseyent dans un monticule de terre. L'ami d'elle lève la tête d'une curiosité trop innocente. Holmes l'appelle par le seul nom qu'il sait qu'il a porté. – Mason.

L'interpellé sursaute et parait vouloir s'enfouir, mais il est à présent trop maladroit pour y réussir. Holmes agrippe son avant-bras et le traine vers le sol sans difficulté. - Asseyez-vous, ne soyez pas connard, vous ne pouvez pas courir.

- Laissez-moi ! Je n'ai rien fait !

Ici il s'appelle John. Qui qu'il soit de tous ses surnoms, John, Mason, William, Carcajou cligne. Il sait que l'homme assis sur la terre humide à son côté est Holmes, mais il voit son visage en aquarelle; sans une vision claire de lui il devienne plus menaçant, comme tous les dangers dans l'obscurité. Il cligne plus, lui met un chapeau dans son esprit et s'arrête sur le froncement de ses sourcils. – Vous êtes lui. Je ne sais pas comment ça m'a échappé.

- Écoutez-moi, je devrais vous arrêter mais je ne vais pas. Je vous fais trêve, seulement parce que je dois trouver Irène.

- Irène est à moi -. Il essaye de se mettre débout une autre fois, y ratant honteusement. Il jette son bras dans une gesticulation ivrogne du rejet. – Dégagez !

- Et pourtant vous ne savez pas où elle est.

- Elle voulait aller vivre avec vous n'est-ce pas ? Sherlock est comme ça, Sherlock m'a sorti du bagne, où étais-toi ? Je ne savais qu'elle était dans le trou !, c'est pour ça que je n'ai rien fait ! Vous êtes heureux ? Casse-toi monsieur le détective ! Vous avez gagné !

- Elle n'est pas avec moi !

Et soudainement Holmes sent ses orbites creuser. – Pourquoi est-ce que vous croyez qu'elle est avec moi ?

- Quelle sorte de jeu…

- Parlez ! Ce jour-là, la dernière fois que vous l'avez vue, où est-ce que vous étiez ?

- Quelle sorte de jeu… Elle était dans la baignoire quand je suis parti. J'ai retourné et la police était hors de chez nous. Bien sûr, elle avait pris toutes ses affaires : elle avait su que la police était derrière nous ou elle m'avait vendu, à eux, à vous c'est plus probable.

Le ciel noir s'effondre sur lui, et il marmonne pour l'assimiler : - Vous n'avez rien vu avant l'arrivée de la police.

Mason semble confus. – Non.

- Et plus tôt ?, quand vous êtes parti ? Quelque chose hors de l'ordinaire ?

- Elle ne m'a pas vendu ?

- Quelqu'un l'a enlevée ! Alors aidez-moi.

– …Enlevée? Mason grimace et ses yeux deviennent rouges des larmes contenues.

Holmes plante les bouts de ses doigts dans un de ses épaules, le ballote en essayant que son jugement ne sois pas proie de ses émotions, ou du torpeur de l'alcool.

- Écoutez-moi, vous devez réfléchir, vous étiez avec elle tout le temps et par conséquence vous devez savoir plus. Elle ne vous a dit quelque-chose qui vous ait choqué ? Vous ne le pressentiez pas ? Est-ce qu'il avait des fiacres garés prés ?

– Non… Oui…-. Il couvre son visage avec ses mains et émets un sanglot aigu.

- Quoi ? Quoi ?

- Non ! Je croyais qu'elle était avec vous !

- Faites un effort ! Qui étaient ses ennemis dernièrement ?

- Pourquoi est-ce que je dois avoir toutes les réponses Détective Sherlock Holmes ?

- Bordel !, je ne peux pas attendre à que vous ne soyez pas ivrogne ! Arrêtez de pleurer et rappelez-vous !

- Non, rien. C'est seulement qu'elle était nerveuse ! Elle m'a dit qu'elle a senti comme si quelqu'un la suivait, jours avant.

- Quoi d'autre ? D'où ?

- Je ne sais pas.

- D'où ? Ses prétendants. Vos ennemis.

- Quels ennemis ?, nous ne sommes pas la mafia ! Ses prétendants : vous. Non !, rien de petits faits monsieur le détective, non je n'ai rien remarqué, et ça, n'est pas l'ébriété qui le dit !

Irrité et déçu Holmes se met débout brusquement. - Vous savez où j'habite, télégraphie-moi si vous vous rappelez quelque chose ! Merde ! Si je aurais été vous je saurais tout !

- Ouais, tout de même bien réussi connard ! Irène doit être morte !

Holmes fait volte-face et s'écarte à grands pas.

- Vous n'êtes pas qui elle croyait, vous êtes une fraude ! Morte !