« J'ai des ennemis, évidemment puisque je suis ici ».

Holmes déglutit, débout devant la fenêtre. Il prend sa pipe et la fait sautiller entre ses doigts, ils bougent deux fois par une de ses palpitations folles.

Son visage ensanglanté parmi lequel ses yeux soudainement resplendissent « Irène… », et après il y a de la méchanceté, « Tu l'aime, hein ? », une taquinerie lourde, mélangée avec une impuissance enragée « Je ne sais pas… T'es un sale con, tous les deux ont la mort bien mérité, maudits assassins ! ». Et après il ne le tue pas.

Watson prend le chapeau souillé de Holmes et l'époussette, le lui remettant; aide morale trop limitée. Du moment le docteur toujours gentil, doux, est aussi inutile, et étrangement les deux sentent une sorte de pitié par lui.

- Vous devriez vous rendre chez vous Watson, fait Holmes à voix basse, ses yeux toujours sur le dehors, sur le monde où les choses se passent, les crimes et les accidents aussi.

Ils viennent de rentrer à Londres, et à Baker Street. Le matin est encore dans ses premières heures. Et Holmes pense aux petites choses qui bougent comme les petits grains de poudre doivent bouger dans des rafales contraires; mitraillades des visages et des petits objets, des ongles, du gravier, bouteille de parfum, un jouet, la langue etc, parmi lesquels il y a ceux qui étincèlent.

- Vous n'allez pas faire une folie.

- Non. Ne vous inquiétez pas pour moi.

Mais il est tout essoufflé, quoique doucement parce qu'il essaye de se contrôler. À la lueur de l'extérieur Watson voit sa poitrine battant frénétique.

Ca sent au danger, le quitter. Mais Marie aux yeux bleus est assisse dans leur lit, en faisant du crochet les deux oreilles sur l'horloge. - Je vous comprends trop bien mon vieux, murmure Watson.

Simple propos qui pour autant gonfle ses muscles. - Irène…-. Fine, belle, la femme aimée, la seule femme qu'il y a.

- Télégraphiez-moi sitôt que vous aurez encore une trouvaille… Croyez en moi, comme vous êtes je n'espère avoir plus que trois heures du sommeil.

Il s'est en allé, jusqu'à atteindre la porte. Il attend deux minutes encore et il saute dehors par la fenêtre pour ne pas le rencontrer : Il va faire quelque chose qui ne plairait personne sage.

Il frappe la porte de leur maison, c'est trois heures quinze, et il n'écoute rien; alors il frappe plus fort, et plus fort, et plus vite. Les chiens dans la maison voisine se réveillent.

Dedans s'écoutent des voix basses, à travers le matériau entre lui et eux elles sont des marmonnements alarmés et cauteleux.

De son temps il avait beau fait sembler de faire son travail et d'essayer d'arrêter le coupable. Par conséquence il connaît toute la famille et tous les amis du pauvre mort. Il connaît leurs métiers, leurs habitudes, et où ils habitent tous tout d'abord.

Des pas. Tel qu'il s'y attendait, le beau-frère s'approche pour le repousser. Il laisse l'espace devant la porte livre en se mettant à l'abri du mur. Il met la main à la poche de son manteau, et à l'extérieur, brandi, son revolver est noir comme la nuit qui l'entoure, peut-être plus concret, la couleur uni, à métal.

La porte s'ouvre un tout petit espace et il a le canon de son arme à la hauteur du visage de l'homme, son pied ne lui laissant fermer la porte de nouveau. C'est un visage grotesque paralysé de la peur, dont les lèvres baveux tremblent, ses yeux en rassemblant des œufs.

- Pas un geste. Laissez-moi entrer -. Son main libre fait la demande : - Donnez-moi votre arme et laissez-moi entrer.

- Il ne, il ne-n-n'est pas ici -, le beau-frère en bégayant dit quand même ce qu'il était planifié.

- Laissez-moi entrer.

L'homme n'obéit pas et il lève le revolver et tire vers le ciel. À l'intérieur une petite-fille et une femme commencent à pleurer, ce sont la sœur et la petite nièce. Un homme au fond crie : - Laissez-nous tranquilles, enfoiré ! Qu'est-ce que vous voulez ? Je suis ici ! Venez !

Le beau-frère enfin lui rend son fusil, Holmes le prend vite et s'élance pour entrer.

Sur le parquet il y a des valises que le frère du pauvre mort planifiait saisir s'il devait fuir. Pendant qu'il les vise tous les deux, les bras étendus en directions contraires, le frère dans un maillot de corps n'arrête pas d'hurler. Le beau-frère ne fait que suer.

- Salaud ! Fils de pute ! Allez ! Tuez-moi ! Sale con !

Le frère n'avait jamais lui fait confiance, il ne pouvait pas admettre que le grand Sherlock Holmes ne pût résoudre son affaire. Dans ce temps-là il avait aussi gigoté, il avait gueulé, il avait remué ciel et terre.

- Tirez !

- Si!, c'est ça que je vais faire si vous ne parlez pas!

Le frère grimace à la manière d'un mauvais acteur, dégoûté et confus. – Parler ?

- Quelqu'un vous a contacté – non, vous avez reçu un message, montrez-le-moi.

- Je n'ai rien reçu.

- Arrêtez vos baratins! Montrez-le-moi !

- Allez vous faire foutre !

Holmes arme son pistolet avec un crac effrayant à geler le sang, toujours visé vers le crâne du beau-frère.

Et la débâcle se déchaîne, le beau-frère supplie et marche à quatre pattes, Holmes suit le frère pour le message et les deux femmes sortent d'une chambre et crient comme des ambulances, pleurent et se cachent, et le frère essaye de le frapper et il doit employer sa culasse. Il doit faire un cadre terrifiant.

« T'es un enfant terrible », Irène avait dit. « Nie-le si tu veux, toi, tu devrais en déceler les signes. C'est pour ça que tu ne te rases pas.» Tout est de la misère là, il a du mal partout, en pensant à elle, et en partageant la douleur qu'il inflige.

C'est une page fripé. Plis mais pas la taille - elle n'avait pas d'enveloppe. Livré personnellement. Papier commun, encre commune. D'écriture pas raffinée, traits d'un enfant, et quand même bien rédigée. Glissée par dessous la porte - s'il est intelligent, ou je vais contre le messager.

- Quelqu'un vous l'a rendue ?

Le frère, avec des larmes sur les joues et du sang sur le menton, partiellement sourd d'une oreille, nie avec la tête.

- Glissée par-dessous la porte -, sa voix est brisée.

Ranald :

J'étais ami de ton frère et je sais que vous vous doutiez que Sherlock Holmes ne sache qui est l'assassine (parce qu'en effet, elle est une femme). À présent je sais que vous aviez raison et je suis, de même que vous, révolté. En effet, il le sait et il n'a rien fait: ils sont un joli couple. Puisque il est gros dans le camp, la loi ne va vous faire justice.

Moi, je suis enragé mais je n'ai pas de courage. Par contre, vous, je sais que vous êtes un homme trop brave, et que vous aimiez votre frère comme il faut. Alan était un vrai copain, et je crois que c'est le devoir de les personnes proches à lui qu'on lui fasse justice.

Il va être dans les mines qui s'appellent Diamants Noirs tout de suite. Je ne veux pas sonner comme le meurtrier qu'il est, mais je sais qu'il va être seul et vulnérable, après avoir passé une nuit blanche. Permettez-moi de vous donner un conseil : faites-le paraître un accident. Les explosions sont courants là-bas, ainsi que les tombées où que l'on soit mis hors de combat par une roche, ou écrasé par les chevaux, les voitures…

Avec cette lettre j'ai joué mon rôle, je ne me doute que vous ferez ce que vous puissiez et pour lequel vous ayez l'estomac. Il me manque votre frère, il était presque mon frère aussi.

Holmes sourit largement, le poids du monde levé de sa tête.

- Après ce que j'ai fait aujourd'hui vous pourrez m'envoyer à la prison aisément -. Il laisse tomber son arme aux pieds du frère. – Voilà, je vous laisse mon révolver. Après, je vais vous rendre le message et vous aurez un une affaire.

Il sourit de nouveau, et en courant, souple et rapide, il s'éloigne. La clarté dans son esprit lui donne espoir, plus que ça, il a un chemin. Il a hâte pour la rencontrer et relativement tout le reste est infime.