III

I can feel you touching me

Note de l'auteur : Et voilà le chapitre 3. Will ne fait que s'enfoncer un peu plus, jusqu'au point de non-retour, pour le plus grand plaisir d'Hannibal. Bonne lecture!


Réponse aux reviews des guests : (je ne le fais pas d'habitude, mais là j'avais des choses à dire)

China : Merci ! C'est vrai que les fanfics fr restent trop rares sur ce fandom. Dis-moi ce que tu penses savoir, je ne te dirai pas si tu es dans le vrai, mais je suis curieuse ^^

Alors, pour Will en mode « jeune fille en pleine crise d'adolescence », voilà comment je vois les choses. Will n'a jamais vraiment eu de véritables relations. Son désordre empathique l'a rendu asocial et méfiant. Après tout ce qu'il a vécu avec Hannibal, il a malgré tout trouvé quelqu'un qui l'aime, qui a voulu l'épouser et vivre avec lui. Alors, oui, quand cette personne l'abandonne, il ne gère pas très bien. Je le voyais mal réagir froidement. Pas sur ça. Après, je peux comprendre que ça te gêne. Après, pour le reste, en effet, dans la saison 3 il est « déterminé, mauvais, viril et insulte les fils de putes », on est d'accord. Cependant, quand, presque par accident, il tue cet homme, il est ébranlé. Faut pas pousser quand même, il n'est pas devenu insensible à ce point. Mais, tu verras dans ce chapitre, qu'il ne panique pas pour autant, alors que la situation ne va faire que s'aggraver.

Pour le parti pris du Dark!Alana, c'est une décision que j'assume. Pour moi, l'évolution de Alana est juste celle qui m'a le plus marqué. Honnêtement, dans la saison 1, elle m'agaçait. Quand elle sortait avec Hannibal, je la plaignais autant que je la détestais. Mais maintenant, elle est juste merveilleuse. Et, elle n'a pas « balancé » Will. Elle pensait faire au mieux. Le plus urgent était d'enlever de la tête de Molly l'idée de voir Hannibal, ce qui aurait été bien pire. Elle s'imaginait qu'elle était capable d'entendre la vérité et qu'elle aurait une bonne discussion avec Will. Et là, on en vient au principal inconvénient des récits à la première personne. Le lecteur n'a QUE le point de vue, les déductions et les informations du personnage. Pour ce qu'on en sait, quand Molly dit qu'elle a besoin de temps pour réfléchir, elle est peut-être sincère. C'est Will qui interprète ça comme un adieu et se persuade que c'est fini. Je n'en dirais pas plus, je ne veux pas non plus spoiler la suite.

Je ne prends pas mal tes remarques, ne t'inquiète pas et je les prends même en compte pour la suite ;)

Une admiratrice : La suite maintenant et le chapitre 4 très bientôt.


Patienter jusqu'au soir, dans un local minuscule, à moins d'un mètre d'un cadavre qui, heureusement, resta quelque peu préservé par l'armoire où je l'avais enfermé, ne fut pas une partie de plaisir. Et c'est courbaturé, mais avec un plan que je pensais aussi parfait que possible dans ces circonstances, que je me décidai enfin à sortir, pour vérifier si Alana et Margot étaient parties. Je devais attendre que le bâtiment soit vide, à l'exception du personnel de nuit, que je savais réduit, pour me mettre en action. Je marchai jusqu'à l'angle du couloir, puis jetai un œil discret à la porte du bureau, pour constater qu'elle était fermée et qu'aucun rai de lumière ne perçait en dessous. Il fallait cependant que j'en sois certain. J'avançai donc silencieusement et plaquai mon oreille au battant. Pas un bruit. Prudemment, j'enclenchai la poignée. Fermée à clé. La voie était libre.

Je retournai au local, ouvris l'armoire électrique, et cherchai les disjoncteurs qui alimentaient les lumières et les cameras. Une fois trouvés, je fis sauter les plombs et me retrouvai dans le noir total. Je n'avais plus qu'à attendre l'arrivée du gardien. En embuscade, je n'eus pas à patienter longtemps, avant d'entendre le pas lourd de l'agent de sécurité, dans le couloir. La faible lueur d'une lampe torche brilla sous la porte et je retins mon souffle. Le battant s'ouvrit et sans lui laisser le temps de me repérer, j'empoignai sa veste et le projetai contre le mur, le plus violemment possible. Mais l'homme, plus solide que je ne le pensais, fut à peine ébranlé par le choc et dégaina son arme, alors que je revenais à l'assaut. Par réflexe, je m'emparai du canon du Glock, pour le détourner, et le coup partit brusquement. La détonation, assourdissante dans une si petite superficie, fit siffler mes oreilles. Je plaquai mes mains dessus, en reculant, sous le choc. Devant moi, le gardien s'écroula en gémissant. Sa Maglite tomba au sol, clignota, puis se ralluma, éclairant la scène. À mes pieds, une mare de sang s'étendit, le corps s'immobilisa. L'homme avait pris la balle à bout portant, en pleine poitrine.

Ce n'était définitivement pas prévu. J'attendis la panique, ma vieille ennemie, mais elle ne vint pas. Mon cœur ralentit, mon esprit s'apaisa, l'odeur entêtante du sang envahit la pièce et j'inspirai longuement, avant de relâcher mon souffle. Je ne pouvais pas rester là. La déflagration avait dû être entendue dans tout l'étage. Alors, d'une main ferme, je ramassai la lampe et décidai de poursuivre mon plan. Rapidement, je palpai la ceinture du cadavre, jusqu'à trouver son trousseau de clés, le décrochai et l'empochai, avant de me relever et de me précipiter sur l'armoire électrique, pour rallumer la lumière, en laissant néanmoins les caméras éteintes. Je m'emparai ensuite du chariot, avant de me mettre en route vers la laverie que j'avais repérée plus tôt, en distribuant les repas. En baissant les yeux sur mes mains, je vis alors du sang sur celle qui avait repoussé l'arme et sur la manche. En regardant frénétiquement autour de moi, je me dépêchai de tirer mon t-shirt de mon pantalon, pour m'essuyer dessus, avant de rajuster ma tenue et de retrousser le tissu sur les bras, pour cacher le reste. À ce moment-là, des pas rapides se firent entendre, au bout du couloir. J'empoignai fermement la barre du chariot et me remis en marche le plus naturellement possible, quand une jeune femme arriva en face de moi.

« C'était quoi ce bruit ? » Me lança-t-elle, inquiète.

« Quel bruit ? » Répondis-je, sans hésitation.

« Vous n'avez rien entendu ? » Demanda-t-elle, perplexe.

« Non. »

« Pourtant… J'aurais juré… »

Je me contentai de la regarder, comme si elle racontait n'importe quoi. Et, la crainte de paraître ridicule la dissuada d'insister.

« Oubliez. Ça ne devait être rien. » Conclut-elle, finalement, avant de me regarder plus attentivement. « Vous êtes nouveau ? Je ne vous ai jamais vu ? »

« Oui. C'est mon premier jour. » Improvisai-je.

« C'est vrai ? On ne prévient jamais l'équipe de nuit de ce genre de changements. » Soupira-t-elle. « C'est comme si nous n'existions pas. Tout ça parce que nous travaillons pendant que madame dort. » Continua-t-elle sur sa lancée. Et je compris qu'elle parlait de Alana.

« C'est pas faux. » Je ne savais pas trop quoi répondre à ça.

« Bon courage pour cette première nuit, en tout cas. Tu verras, c'est dur au début, puis on s'y fait. » Ajouta-t-elle, en devenant soudainement familière.

« Merci… » Dis-je, en hochant la tête, avant de regarder son badge. « … Isabelle. »

« De rien… Richard… » Elle me fixa, dubitative, et je crains un instant, qu'elle ait compris. « C'est marrant, il y a déjà un Richard, dans l'équipe de jour. » Fit-elle alors remarquer.

« Ah oui ? » Répondis-je, innocemment. « C'est… Amusant, en effet. Il faut que j'y aille, sinon je vais prendre du retard sur mon emploi du temps. » Enchaînai-je.

« Oui, bien sûr. Je ne voudrais pas que tu sois viré à cause de moi. Je sais, je parle trop. Bonne soirée, Richard. Si tu me cherches, je serais dans les cuisines, au premier sous-sol. » Crut-elle utile de me faire savoir.

Et je compris qu'elle me draguait. Autant aller dans son sens, j'étais pressé.

« Je m'en souviendrai. Peut-être à plus tard. » Conclus-je, avant de reprendre ma route.

« À tout à l'heure. » Souffla-t-elle.

Puis, elle fit demi-tour, et je pus enfin respirer plus librement.

L'adrénaline pulsait violemment dans mes veines, m'empêchant de paniquer, et rapidement, je retrouvai la porte frappée d'une plaque où l'on pouvait lire « buanderie », et l'ouvris le plus naturellement possible, au cas où il y aurait quelqu'un à l'intérieur. Avec soulagement, je constatai que la pièce était vide. Pour parfaire mon rôle, je m'empressai d'empiler des serviettes et des draps sur mon chariot, avant de ressortir et de me diriger directement vers la cellule d'Hannibal. Je n'avais pas le temps de faire semblant d'aller voir les autres résidents.

J'entrai dans la pièce et refermai derrière moi, avant de me tourner vers lui et de m'approcher de la vitre. Il m'attendait, au milieu de sa chambre, dans une patiente curiosité. Je ne comptais pas lui adresser la parole, tant que je pouvais y échapper, mais il ne me laissa ce luxe. Il inspira longuement, le nez en l'air et sourit.

« Tu viens de tuer quelqu'un. »

Ce n'était pas une question. Je me dispensai donc de répondre et m'avançai vers la porte de sa cellule.

« Tu sens la poudre, l'hémoglobine et la peur. » Lista-t-il et, toujours sans parler, je sortis le trousseau, avant de chercher la bonne clé.

« Ce n'était pas prévu. » Me justifiai-je, sans pouvoir m'en empêcher.

« Bien entendu. » Approuva-t-il, sarcastiquement. « Maintenant que tu t'es rendu coupable de meurtre, pour me sortir de là, vas-tu enfin me dire pourquoi ? »

« Plus tard, les questions. » Grondai-je, en arrivant enfin à ouvrir, après plusieurs essais.

Il sortit, sans se faire prier, et j'eus une réaction de recul involontaire qui ne lui échappa pas. Il ne fit, cependant, aucun commentaire.

« Que faisons-nous ? » Demanda-t-il, à la place.

Sans répondre, je retournai près du chariot et posai son chargement au sol, avant de déplier un des draps et d'en recouvrir la surface métallique. Si bien, que le tissu tombait presque jusqu'au sol. Puis, j'en soulevai un pan, et d'une main, l'invitai à s'y cacher. Il ne dit rien, mais haussa un sourcil et me lança ce regard où je pus lire « vraiment, Will ? », comme s'il l'avait prononcé à voix haute.

« J'ai fait avec les moyens du bord, alors accroupis-toi là-dessous et ne fais pas de bruit. » Répliquai-je, à bout de patience.

Il leva alors les yeux sur le haut de la porte et un soupir d'exaspération m'échappa.

« Et j'ai coupé les caméras. » Ajoutai-je.

« Évidemment. » Railla-t-il, avec un sourire narquois, comme s'il avait douté une seule seconde que j'aie pu oublier ce détail.

Il consentit alors à faire ce que je lui demandais et se contorsionna pour se mettre en boule sur l'étagère la plus basse. Je le recouvrai ensuite, vérifiai qu'on ne voyait rien de l'extérieur et remis les serviettes et les draps sur le dessus, avant de ressortir.

Le trajet jusqu'à l'ascenseur de service se fit dans un silence assourdissant, rythmé par le bruit de mes pas et le couinement agaçant des roulettes. Un acouphène persistant à mon oreille droite me portait sur les nerfs. Je n'aspirais qu'à décamper au plus vite, mais courir serait stupide. La sueur coulait abondamment dans mon dos, mon cou, mes aisselles. Le chariot s'apparentait plus à un poids mort, à présent, mais je devais malgré tout donner l'impression qu'il ne pesait rien et forçai donc sur mes abdominaux, pour me tenir droit. Le monte-charge se profila enfin, au bout d'un couloir et je m'y engouffrai avec soulagement, quand les portes s'ouvrirent. La vérité, c'est qu'une fois le gardien neutralisé, j'avais prévu de bêtement sortir par la grande porte. C'était risqué, mais ma connaissance du bâtiment ne s'étendait pas aux sorties de secours et je n'avais aperçu aucun panneau indiquant cette direction. Mais, alors que nous descendions au rez-de-chaussée, une information me revint soudainement en mémoire. Les cuisines. Au premier sous-sol. Il y aurait certainement des lucarnes donnant sur l'extérieur. Ce genre d'installations était forcément aéré. Oui, l'idée était bien meilleure. Quand la cabine s'ouvrit sur le hall, je pressai donc le bouton -1, avant de me souvenir, trop tard, de ce que j'allais également y trouver. Ou plutôt, qui.

Comme je le craignais, pour plus de commodité, les portes s'ouvraient directement sur la vaste pièce. À cette heure avancée, il n'y régnait évidemment pas l'effervescence habituelle de ce type de lieu. Mais, comme promis, Isabelle s'y trouvait, en train de s'occuper de la vaisselle. Au bruit de l'ascenseur, elle se retourna, et au regard qu'elle me lança, je compris qu'elle espérait que ce soit moi. Le plus calmement possible, j'esquissai un sourire que j'espérai sincère en apparence et décider de tirer profit de son béguin pour moi.

« Finalement, j'ai pris de l'avance. J'avais quelques minutes de tranquillité, alors je me suis dit que j'allais descendre ici. »

« C'est gentil. » Gloussa-t-elle, en s'essuyant les mains sur un torchon, avant de le poser sur un plan de travail. « Tu veux… Boire quelque chose ? » Improvisa-t-elle, en se dirigeant vers un des larges frigos.

Il fallait que je trouve un moyen de la faire s'absenter, et vite. Mais, alors que je m'efforçais de réfléchir rapidement, tout en gardant une attitude que je voulais décontractée, l'alarme hurla brusquement dans les haut-parleurs. Je relevai la tête, par réflexe, alors qu'elle sursautait violemment.

« Qu'est-ce qui se passe ? » Hurlai-je, par-dessus le bruit strident.

« Je ne sais pas ! J'espère que ce n'est pas un patient qui s'est échappé ! » Me répondit-elle, effrayée à cette idée. « Allons trouver l'agent de sécurité ! » Proposa-t-elle, en agrippant mon bras.

« Non ! » Répondis-je, en me dégageant. « Vas-y. Je… Je vais rester ici, au cas où quelqu'un viendrait s'y cacher. Tu as raison, c'est peut-être une évasion. »

Elle parut peser le pour et le contre, avant de finalement se décider et de se précipiter sur l'ascenseur… Et le hall que je savais vide. La situation serait bientôt hors de contrôle. Quelqu'un, dans les étages supérieurs, avait soit trouvé le corps du gardien, soit constaté l'absence d'Hannibal. Nous devions nous dépêcher.

À la seconde où les portes se refermèrent sur elles, je soulevai le drap et libérai mon chargement. D'un coup d'œil, je repérai la ligne de fenêtres étroites, en haut d'un des murs, comme je l'avais imaginé, alors qu'Hannibal s'étirait pour délier ses membres certainement engourdis, avant de jeter un regard agacé au haut-parleur qui beuglait toujours. Il suivit rapidement mon raisonnement et, sans attendre, se hissa d'un geste fluide sur un des meubles, pour atteindre une lucarne et l'ouvrir. L'air frais de l'extérieur s'engouffra immédiatement dans la cuisine et je frissonnai. Il était sur le point de se glisser par l'ouverture, quand l'ascenseur s'ouvrit de nouveau. Isabelle se précipita sur moi, en parlant d'une voix hachée, emplie de panique.

« Richard ! Le gardien… Là-haut ! Il est… »

Elle se figea, en apercevant Hannibal. Son regard voyagea de lui, à moi, puis lui de nouveau, et enfin, elle comprit. Une seconde, un couteau traînait sur le plan de travail. Celle d'après, il se trouvait dans ma main, ensanglanté. Entre deux, il avait tranché sa gorge, dans un mouvement précis. Elle écarquilla les yeux et plaqua ses mains sur son cou. Le liquide carmin s'écoula abondamment entre ses doigts, un son inarticulé sortit de sa bouche ouverte. Et je le retrouvai enfin. Cet instinct. Cette impulsion qui avait guidé mon bras. L'assouvissement et la quiétude. Je la regardai froidement s'effondrer sur le carrelage blanc qui se couvrait de rouge. Le bruit de l'alarme me sembla étouffé, les couleurs plus vives. Je ressentis chaque atome de mon être avec une extrême lucidité, la rugosité du manche sous la pulpe de mes doigts, comme une extension de mon corps. Hannibal apparut dans mon champ de vision, m'approcha doucement, puis saisit mon poignet, le caressa du pouce, avant de m'enlever le couteau. C'était notre premier contact physique, depuis trois ans. Une onde de choc remonta dans ma poitrine et m'ébranla jusqu'aux os. Il prit le torchon, essaya efficacement la lame, ainsi que nos empreintes, avant de le glisser dans le compartiment à couvert du lave-vaisselle encore ouvert et de jeter le tissu au fond de la poubelle. Le tout sans un regard pour la jeune femme qui convulsait au sol, en émettant des gargouillis proprement répugnants. Durant une fraction de seconde, je crus voir Abigaïl à sa place. Mais, je repoussai la vision en secouant la tête. Une main douce se posa alors sur ma nuque, sa chaleur irradia mon dos, mon torse, le rayonnement s'étendit sur ma peau, apaisa mes muscles, remplit mes poumons. Et le calme s'abattit de nouveau sur moi.

« Trois meurtres en une journée. J'avoue être quelque peu surpris. » Murmura-t-il à mon oreille, pour que je l'entende par-dessus l'alarme.

« Comment sais-tu qu'il y en a trois ? » Lui demandai-je, en tournant mon visage vers lui.

« Richard n'a toujours pas réclamé son uniforme. » Dit-il, en souriant, avant de remonter sur son perchoir et de se hisser sur le rebord de la fenêtre.

Le haut de son corps disparut à l'extérieur, puis ses longues jambes, et ce fut mon tour. Alors que j'extrayais ma tête et que le froid piquait mes joues, deux mains fermes se glissèrent sous mes aisselles et me tirèrent sur la pelouse du jardin qui entourait le bâtiment, avant de m'aider à me relever. D'un coup d'œil circulaire, je repérai ma voiture, à peine à quelques mètres de nous. Les prémonitions existaient-elles ? Me demandai-je, en courant vers le véhicule. Je sortis précipitamment mes clés, que j'avais empochées plus tôt, en échafaudant mon plan, et ouvris du côté conducteur, avant de me glisser derrière le volant. Hannibal fit le tour et se laissa tomber à ma droite, en claquant sa portière avant même d'être correctement assis, alors que je mettais le contact et passai la première. Sans plus attendre, j'enfonçai l'accélérateur et la voiture s'élança en dérapant sur les graviers. Je passai la deuxième, puis le troisième, et fonçai sur l'entrée sans même ralentir. Personne ne se dressa sur notre route, ils devaient être trop occupés avec les trois cadavres à l'intérieur. Le portail s'ouvrit quand le pare-chocs le percuta sans trop de dommage, et les pneus mordirent l'asphalte dans un crissement strident. Une minute après, je m'insérai dans la circulation, en regardant la silhouette de l'hôpital s'éloigner dans le rétroviseur.