Les deux portaient des robes de chambre, lui, sur son pantalon, et elle, seulement sur sa culotte. Il avait eu la gentillesse de relever sa culotte, comme si ça aidait à la couvrir des intempéries.
C'était sept heures du matin et par la ville s'étalait une lumière pâle et énergisant, de ceux qui sont le même qu'écouter le coq chanter, elles nous appellent à travailler, c'est le nouveau jour.
Irène, jamais ne se réveillait tôt. Elle était une rebelle, parfois elle se croyait une seule avec la nuit, et quand c'était midi elle devait courir pour scandaliser au côté du vertige urbain.
Mais elle avait senti le lit bouger, en serrant fort les yeux avait essayé de l'ignorer… Mais elle avait attendu et Holmes ne retourna pas. Elle roula vers son autre côté et l'observa, dans son pantalon et la robe de chambre, observant tous ces signes de vie, le vapeur des moteurs de toutes les machines, quelqu'un qui balaye le front de sa maison; c'est le brouhaha de la classe ouvrière. Tous les deux, Irène et lui aimaient la ville, parce qu'il n'y avait jamais de la paix.
Ce n'est pas par pudeur qu'Irène enfila la robe : il faisait froid. Elle alla et s'arrêta avec Holmes, dans le balcon de sa chambre d'hôtel. Cet hôtel où tout était du luxe, avait ses meilleures chambres dans les étages plus hauts du bâtiment, presque dans la cime de la ville. Voilà le Thames, et les bateaux, voici les chevaux et les gens qui n'auraient dû les voir dans leurs peignoirs, mais aussi ils jamais ne levaient leurs têtes, parce que leur vision était courte.
Irène fixa l'espace générale que Holmes fixait, mais elle ne savait pas pourquoi.
- Pourquoi est-ce que tu ne peux pas rester calme ? Te reposer ? Pourquoi est-ce que tu crois avoir le devoir de veiller sur ces gens ?
Holmes ne pouvait pas nier qu'elle avait, presque magiquement, déduit quelque chose sur sa façon d'agir, plus surprenant du fait que ça ne faisait guère cinq mois qu'ils étaient ensemble. Elle avait les cheveux longs tous bellement ébouriffés, cascadant fluides comme de la soie. Elle était séduisante et élégante.
- Je ne te pose pas des questions Irène.
- Bof, faut pas s'emporter. C'est seulement que je n'ai pas l'habitude de me réveiller à sept heures du matin. Dès que je suis avec toi je n'ai pas dormi ce que je devrais. – Elle frotta son visage, en remarquant ses mots sans le vouloir.
- Parce que tu ne te couches plus tôt que trois heures.
- Toi non plus.
- Eh bien ?
Irène s'approcha à lui, prit ses côtés et se colla à lui, appuyant le côté de sa tête sur son épaule, regardant encore le gris/jaune du ciel. Holmes entoura ses épaules d'un bras aussi.
Quand il inhala profondément en essayant de s'apaiser, il aspira l'air frais de la ville, bleu de froid, le sentant geler ses paumons, accompagné du parfum d'elle.
Enchanté, il plongea son nez dans ses cheveux; aussi près elle sentait plutôt au rapport sexuel de la nuit dernière. Il posa ses mais sur le bas de son dos, étreignit sa taille justement au-dessus de ses fesses, le tissu de sa robe en les dessinant, rondes. Elle était tellement mince, presque fragile.
- Je veux du gâteau, du vin. On doit appeler la femme de chambre. Je ne peux pas me réveiller ainsi.
Il caressa son dos, essaya de lui donner de la chaleur. Elle ferma les yeux et entoura la taille de lui. Il pensa qu'elle s'était habituée à faire de lui son oreiller, tout de même elle le trouvait trop distinct, surtout dans ce moment-là, il était dur comme du béton et fatiguée elle languissait pour des plumes. Il tourna les yeux vers les troupeaux d'oiseaux.
Eventuellement, après avoir été étourdie par le sifflet d'un bateau elle se détacha. Elle alla s'assoir à la petite table, qui était haute et longue comme la jambe d'Irène, qui faisait saillie entres les bords de sa robe. Il étira les bras pour s'appuyer sur chaque jambage de la porte au balcon; son peignoir n'était attaché et il montrait son torse rigide et rayé dans toute sa gloire.
- T'aime mon violon, n'est-ce pas Irène ?
- Il m'ennuie, elle fit froide en regardant ses ongles rouges, et après esquissa un petit sourire satisfait. Holmes se rappelle trop bien de ses ongles rouges ce jour-là.
- Je vais le jouer pour toi.
Elle roula les yeux, et c'était le tour de Holmes de sourire puisqu'il plaisantait.
- Ce sont sept heures du matin, je veux un café et me coucher de nouveau, pas que tu me donnes un concert.
- Je ne peux pas dormir Irène.
Elle tourna les yeux vers son visage, - Pas ma faute. Pourquoi ? – et après son regard fit un détour.
- Je ne sais pas, ce n'est pas dans ma biologie.
- Dormir ?
- Je crois.
- Mmhmm…
Holmes suivit le regard perdu d'Irène au bas, sur son torse. Il roula les yeux, lâcha les bords de la porte et attacha son peignoir, alla s'assoir sur le lit. Irène lui donna un petit sourire coquin.
- T'es réveillée maintenant ?
Elle leva la tête, capricieuse. – Non. J'ai besoin de quelque chose.
Elle se mît débout et en se promenant trouva la pipe de Holmes. Elle l'alluma et prit une fumée.
Holmes sourit en coin et la regarda avec intérêt.
Elle souffla la fumée dans un fil. – C'est dégoutant ton tabac. – Il gloussa, elle sourit. – Tiens ta pipe. – Il la saisit et fuma, action qui le relâchait un peu.
Elle continua à flâner par la chambre et après, s'accroupit pour commencer à fouiller entre le peu de choses qu'il avait là.
- Qu'est-ce que tu cherches Irène ?
Les deux savaient qu'elle ne cherchait rien.
Elle se leva triomphante. – Ah ! -, fit elle, montrant entre ses deux mains sa solution à sept pour-cent.
- Lâche-la Irène.
- Peut-être ceci me réveillera ?
Il soupira et étira les bras. – Viens.
- Pourquoi ?
- Viens te coucher.
Elle sourit comme si elle avait vaincu dans une concurrence inexistante, et accepta. Elle frétilla pour se pelotonner contre lui et appuya sa tête sur sa poitrine. Holmes l'entoura avec ses bras. Ils étaient bien au chaud, et confortables. Elle ferma ses yeux. Il emballa ses doigts dans sa chevelure insensée et elle se recroquevilla un peu plus.
- Je ne veux pas dormir.
Elle ne lui prêta pas attention.
Il la laissa se reposer sur lui encore par des minutes, pendant lesquels il restait avec les yeux faits des soucoupes, souciant.
Il caressa sa joue et sa tempe, Irène bougea et se plaignit.
Il embrassa sa pommette et susurra contre la même, – Ne t'endormes pas.
- Alors je vais boire ta solution.
- Fais comme tu veuilles.
Mais elle étira le bras vers la bouteille et Holmes l'attrapa, en l'éloignant, dans ce geste, involontairement ses ongles rouges griffèrent un peu l'intérieur de son poignée. Ils se virent face à face avec des petits sourires sur leurs visages.
– Je l'ai bue avant, elle croyait le lui dévoiler, malicieuse.
- Je sais.
- Ah oui ? Elle s'approcha et embrassa ses lèvres sensuellement. – Et alors ?
Les lèvres humides il répondit, - Vole ta propre sept pour-cent. Ça m'a coûté de l'arracher à Watson.
Elle sourit et gloussa, et c'était le tour de Holmes de l'embrasser.
Pas plus tard de trois minutes, il murmurait de nouveau, - Je m'ennuie Irène, ne t'endormes pas.
- Si tu ne peux pas dormir ce n'est pas ma faute. Les gens m'importent peu. Je peux dormir.
- Les gens ?
- Tu ne me trompes pas. Je sais que t'as deux enquêtes Sherlock, – elle soupira et son souffle chatouilla sa poitrine. Holmes fut surpris. - L'une est difficile et aussi la plus importante, des vies sont en jeu. T'es surexcité, tu doutes un peu pouvoir le résoudre, grand coup à ton orgueil.
Il la regarda étonné. Ses yeux fermés, elle sourit.
- Et cela te rend heureuse ?
- Pas de tout.
- Alors ?
- Je ne peux pas m'empêcher si je me sens heureuse ce matin, par ailleurs, d'être ici avec toi tu vois. Écoute-moi Sherlock, si tu ne peux rien faire personne ne peut rien faire alors c'est impossible. On ne peut pas renverser l'impossibilité.
- Tiens, pas de problème alors.
- Les gens sont insignifiants tout de même.
- T'es folle Irène.
- Non. Sherlock, Sherlock, j'ai une foi folle en toi, tu vois tout, rien ne t'échappe, rien, jamais. Tu vas le résoudre, ou ça veut dire que c'est impossible. Et peu de choses sont impossibles. Les citoyens du Londres peuvent se reposer en paix tandis que tu les veilles.
Holmes se tut, et il sentit ses muscles se détendre. Il pouvait, soudainement, penser clair de nouveau.
- Merci, murmura-t-il.
- Non, au nom de tous les londoniens merci à toi. – Il gloussa encore, en la secouant avec les frémissements de son ventre. - Maintenant laisse-moi dormir.
