Il balaya la place de son regard de braise. Il fallait reconnaître que ses enfants avaient fait du bon boulot. Les quelques soldats restant le regardaient avec crainte et terreur. Il avait vu ce regard bien des fois lors de ses précédentes campagnes. Un autre à sa place se serait très certainement laissé aller à la nostalgie, mais pas lui. Pas quant il y avait du travail à faire.

Il posa d'abord son regard sur le centurion qui faisait face à son fils. Il se dirigea droit vers lui, épée au fourreau, dans sa démarche lente et théâtral de seigneur des ténèbres, chacun des pas de ses lourdes bottes résonnant comme les tambours annonciateur du coup de fouet meurtrier qui va s'abattre sur le dos du pauvre galérien. A sa défense, Macro ne laissa pas paraître ses craintes, et glaive en main se prépara à combattre... Ce qui était à la fois courageux et stupide. A quel moment le pauvre vétéran s'en rendit-il compte ? Quand l'Overlord arrêta son attaque de sa main droite gantelée ? Quand il brisa la lame du glaive d'une simple torsion du poignet ? A moins que ce ne soit quand l'Overlord l'attrapa par le cou de sa main droite et par une jambe de sa main gauche, le soulevant au dessus de sa tête et tira d'un coup sec pour séparer brutalement les deux parties de son corps dans un subtile mélange symphonique de craquement d'os, d'arrachement de chaire, et de cris de douleurs ? Allez savoir...

Ayant obtenu l'attention qu'il désirait, l'Overlord jeta de chaque côté les morceaux de sa victime et s'adressa à l'assemblé :

"Voilà un sort bien doux comparé à celui que je réserve à tout ceux qui essayeront de s'enfuir !"

Puis, laissant les rescapés des combats se vider à la fois de peur et par tout leurs orifices, il se tourna vers sa progéniture qui s'était assemblée devant lui. Morrigane arborait toujours son éternel sourire à la fois sadique et plein d'autosatisfaction. Jaina avait enfin rangé son grimoire et repris cette expression neutre un tantinet blasée que prend un élève en attendant la suite de la leçon. Lokir avait encore son expression d'enfant fautif qui attend que ses parents le réprimande. Harald lui avait un large sourire aux lèvres et des étoiles d'admiration dans les yeux face à la démonstration de force de son père.

"Aucun de vous n'a réussi la mission que je vous avais confié, mes enfants." Il laissa s'écouler une minute, le temps de laisser la honte étreindre leur cœur, avant de poursuivre. "J'espère au moins que vous avez compris la leçon que je vous ai enseignée aujourd'hui ?"

Les quatre enfants échangèrent des regards interrogateurs. Une leçon ? Ils ne voyaient pas de quoi leur père pouvait bien parler. Même Jaina haussa les épaules, déconcertée, quand les trois autres se tournèrent vers elle en quête d'explication. A quel moment leur père avait-il participé à l'attaque, si ce n'est à la fin pour y mettre un terme ?

"Je vois... Il vous reste encore beaucoup à apprendre pour devenir de VRAIS Overlords. Même si vous avez quelques prédispositions..." Il se tourna vers Morrigane et Harald. " Vous deux, vous avez foncé dans le tas, sans réfléchir. Vous avez répandu le chaos, la souffrance et la mort comme le ferai tout vrai serviteur du mal selon vous. C'est bien, mais insuffisant pour faire un Overlord digne de ce nom." Il se tourna vers Lokir et Jaina. " A l'opposé, vous deux n'avez pas beaucoup répandu le chaos. Toi Lokir, tu es resté caché dans l'ombre attendant ton heure pour t'emparer du drapeau. Ce qui est le comportement d'un lâche ! Toi Jaina, tu as subjugué tes ennemis pour en faire des serviteurs dociles qui ont fait tout le travail à ta place, tandis que tu LISAIS TON GRIMOIRE ! " Son regard était plus intense que d'habitude, mettant Lokir de plus en plus mal à l'aise, tandis que Jaina ne laissait transparaitre aucune émotion tout en affrontant le regard ardent sans détourner les yeux. " Et pourtant, vous êtes les deux seuls à avoir agis comme l'aurait fait un Overlord !"

Cette dernière phrase déclencha la stupeur des quatre enfants. Ils savaient qu'ils devaient s'attendre à tout de la part de leur père, mais pas à ça. Morrigane fusilla du regard Jaina, jalouse de l'attention qu'elle venait d'obtenir. Qu'importe, elle se vengerait le moment venu. Harald était content pour son jeune frère, dont la timidité maladive serait peut-être apaisée par cette victoire. Pourtant il aimerait bien comprendre ce que voulait dire leur père par "agir comme l'aurait fait un Overlord". Le seigneur des ténèbres n'eut pas la cruauté de les faire patienter plus longtemps, prouvant ainsi que même le mal absolu n'a pas le cœur de torturer trop ses descendants.

" Réfléchissez ! Comment ai-je agis durant cette bataille ? Exactement comme l'ont fait Lokir et Jaina. J'ai manipulé des êtres simples d'esprits pour faire le travail à ma place, puis je suis apparu au dernier moment pour récolter les fruits de LEUR labeur ! " L'expression sur le visage de ses enfants face à l'insulte qu'il venait de leur faire lui arracha un sourire sadique satisfait, caché par l'intégralité de son casque. " Un Overlord n'est pas un monstre uniquement par les actions démoniaques qu'il commet lui-même, mais bien parce qu'il est capable d'en faire commettre à n'importe qui, même les être les plus innocents en apparence... Comme DES ENFANTS DE 10 ANS PAR EXEMPLE !"

Les spectateurs de cette scène frémirent encore plus de terreur, d'une part face à la cruauté de l'Overlord, d'autre part en comprenant que leurs adversaires d'auparavant n'avaient que 10 ans et qu'ils étaient les héritiers du seigneur des ténèbres. L'humanité voyait ainsi l'espérance du retour du bonheur, après la mort du démon régnant sur cette terre, annihilé par l'existence de ses enfants susceptibles de reprendre le flambeau incendiaire de leur père. Et, à voir la manière dont ils s'étaient comportés durant la bataille, quand ils auraient fini leur formation l'humanité n'aurait pas fini de pleurer des larmes de sang.

" J'espère que vous retiendrez cette leçon…" Le colosse en armure laissa sa phrase en suspend quelques secondes avant d'ajouter : " Ainsi que celle-ci ! "

L'attaque fut vive et prit tous les spectateurs au dépourvu. D'un coup de pied net et précis en pleine tête, le colosse en armure fit s'écrouler son fils. Avant que ce dernier n'ait eu le temps de se ressaisir un violent coup de poing s'abattit sur son visage... puis un second... puis un troisième... l'enchainement se fit plus rythmé... Gauche, droite, gauche, droite, droite, droite, gauche... Le son des gants de métal s'abattant sur le visage de la victime du seigneur des ténèbres fut le seul bruit à résonner sur la place du village pendant une interminable minute. Puis, probablement satisfait (mais qui peut émettre une telle conjecture au sujet du mal incarné ?) l'Overlord agrippa sa victime à la gorge de sa main gauche et la souleva un mètre au dessus du sol comme s'il s'agissait d'un vulgaire fétu de paille. Sans tenir compte des regards médusés de l'assistance, ni des cris hystériques de Kelda, provenant des tréfonds, et implorant la grâce pour leur fils, il s'adressa d'une voix froide à son rejeton qui l'avait tant déçu :

"Je ne pensais vraiment pas que nous en arriverions là..." Son regard pénétra celui de sa victime où il ne lut que le désespoir là où il lisait autrefois du respect et de l'admiration. " Ait au moins la décence de mourir sans faiblir ! Combien de fois Biscournu vous l'a-t-il dit et répété ? Un Overlord ne connait pas la pitié ! Il ne l'attend pas de la part de ses ennemis et ne l'accorde à PERSONNE ! Si tu avais appris cette leçon, tu n'en serais pas là !" Progressivement, martelant chacun de ses mots, il resserra sa prise autour de sa gorge. " Pourquoi a t-il fallu que tu viennes en aide à ton frère, Harald ? Tu aurais pu t'emparer du drapeau et faire un pas de plus vers le titre d'Overlord... Quel gâchis... Comment ai-je pu enfanter quelqu'un d'aussi faible que toi ?" Conclut-il avec mépris.

De tout temps, et dans tous les univers parallèles qui existent et qui ont existé, la pire crainte d'un enfant a toujours été de décevoir ses parents, encore plus lorsqu'il s'agit d'un fils vis-à-vis de son père. Voilà pourquoi les mots du parangon du Mal meurtrirent beaucoup plus le cœur d'Harald que la poigne de fer lui enserrant la gorge. Il fit un effort considérable pour respecter les dernières volontés de son père et mourir dignement. Il arrêta de gesticuler malgré la pression douloureuse de plus en plus intense s'exerçant sur son cou, il fit son possible pour ne pas défaillir malgré le manque d'oxygène dans ses poumons, et enfin, il retint ses larmes quand il vit son père dégainer son épée et la pointer sur son torse...


Un silence pesant et religieux régnait dans la salle du trône des tréfonds, si tant est que l'on puisse reconnaître que les larbins vénèrent une autre déité que l'Overlord. Tous admiraient la magnifique lame de métal noir couverte de runes rouges incrustées qui lui conférait un halo magique flamboyant. Les larbins avec de grands yeux ronds, comme hypnotisés par les flammes qui dansaient sur l'arme de leur suzerain, Faye avec un sourire démoniaque, ravie de la chute à venir d'un des jeunes prétendants et Juno avec inquiétude et frayeur. Kelda, quant à elle, avait détourné le regard dès que la lame démoniaque avait été tirée de son fourreau, et sanglotait tristement dans les bras de Juno, n'ayant pas la force d'affronter la mort de son fils préféré ni le regard jubilatoire de Faye.

"La pitié est une faiblesse dont ne peut s'embarrasser un Overlord ! Que ta mort serve de leçon à tes sœurs et à ton frère, Harald ! Ainsi, ton existence n'aura pas été totalement vaine !" Enonça comme oraison funèbre le père s'apprêtant à sacrifier son fils pour que le mal puisse perdurer.

Puis, alors que chacun retenait son souffle, la lame s'enfonça dans la chair ignorant la protection prodiguée par l'armure et un puissant cri retentit sur la place d'Abondance, glaçant d'effroi le cœur des rescapés assistant au spectacle...


L'épée flamboyante maculée de sang retomba lourdement sur le sol en même temps qu'Harald, dans un soulèvement de poussière et une cacophonie de métal... La respiration de l'enfant se fit plus lente et s'apaisa, tandis qu'il commençait à sombrer dans l'inconscience... son ultime vision fut pour l'arme de son père gisant quelques centimètre près de lui, quand sa tête tomba lourdement sur le côté... Elle était toujours aussi magnifique, les flammes dansant sur sa lame avaient cet effet hypnotisant qui lui faisait tout oublier, même la douleur. Il remarqua cependant que la perfection de l'épée démoniaque était quand même gâchée par le sang noir qui en maculait la garde... Puis il perdit connaissance...

Sans le savoir, l'Overlord était du même avis que son rejeton. Il s'arracha à la contemplation de son épée, pour tourner son regard vers sa main droite gantée de métal d'où dépassait cependant le manche d'une dague... Celle-là même qui lui avait arraché un cri de surprise et de douleur quand elle s'était enfoncée dans la chair de sa main, lui faisant lâcher son arme avant même qu'il n'exécute son fils...Le coup avait été net et précis, pile à l'emplacement de la jonction entre deux plaques de métal... La solidité du matériaux de la dague, du Durium forgé avec art, avait fait le reste... Pour la première fois de son existence à répandre le mal sur terre, l'Overlord avait été blessé ! Pour la première fois son sang noir avait été répandu sur le sol !

Et pas par n'importe qui, comme l'attestait cette dague en Durium qu'il extirpa de sa main avant de la jeter au loin... Ce fut donc sans surprise qu'il vit Lokir se précipiter vers son frère pour tenter de le ranimer. Pour peu, le puissant seigneur aurait été fier de son fils, de sa bravoure, ainsi que de la perfection de son attaque, s'il ne s'était opposé à lui par son acte. Il ramassa son épée et dit dans ce qui ressemblait le plus à un soupire pour un être aussi maléfique que lui :

" Non seulement la pitié est une faiblesse, mais également une faiblesse contagieuse !"

Les statisticiens ont érigé comme norme la règle des "10% de perte" en ce qui concerne l'enseignement. Cette norme explique que, sur une classe de 100 personnes, un professeur est considéré comme performant si seulement 10 de ses élèves n'ont rien compris à son enseignement. L'Overlord n'avait aucune connaissance de cette loi, et pour cause vu qu'il avait éradiqué la race honni des mathématiciens de son royaume, les considérant comme des serviteurs du chaos et du désordre bien trop performant pour prendre le risque qu'ils le détrônent un jour. Mais au final, peu lui importait de perdre d'un seul coup 50% de ses élèves. Son objectif était un taux de réussite de 25% au mieux. Si la mort des deux garçons servait cet objectif, elle devenait acceptable... voir même nécessaire !

Il leva bien haut son épée au-dessus de sa tête, tandis qu'Harald reprenait ses esprits. Se rendant compte de la situation, il se redressa présentant instinctivement son dos à son père pour offrir une protection, certes dérisoire, à son jeune frère qui se serrait contre lui. Conforté dans ses intentions par le geste désintéressé et héroïque de son fils ainé, l'Overlord leur adressa avec mépris ces dernières paroles :

" Puisque vous êtes venus au monde ensemble, ayez au moins la consolation de le quitter de la même façon !"


Morrigane ne pouvait détacher son regard de la lame ardente de son père. Son côté pyromane en devenir était fasciné par la pureté des flammes qui y ondulaient, telles de magnifiques danseuses démoniaques. La jeune sorcière avait toujours considéré que le feu, son plus puissant allié, était vivant et avait sa propre volonté, ses propres désirs... Dans sa tentative de domination de l'élément primaire, elle avait appris à lire et à comprendre son langage afin d'en faire son serviteur. Mais elle avait vite compris que ses pouvoirs ne lui permettaient pas encore d'obtenir une position dominante dans cette relation. Elle pouvait l'invoquer sous forme de boule de feu, certes, mais pas le plier à sa volonté au point de les rendre inoffensif pour elle-même... du moins pas encore. Cela expliquait son émerveillement face à la démonstration de force de son modèle de père. L'Overlord ne dominait pas seulement l'élément primordial... Il l'avait plié à sa volonté au point d'être en parfaite symbiose avec lui... Elle le voyait bien dans la danse rythmée des flammes. Elles aussi voulaient punir Harald pour sa faiblesse... Elles aussi avaient été exaspérées par l'intervention de Lokir... Elles aussi appelaient le sang à couler ! La jeune rousse sentit son sang bouillir dans ses veines et des picotements d'excitations parcourir l'intégralité de son corps. Tout était parfait, l'atmosphère lourde chargée des relents d'odeur de l'incendie qu'elle avait déclenché auparavant mélangée à celle de la terreur qui suintait des spectateurs impuissants face au spectacle insupportable d'un père prêt à sacrifier ses deux fils parce qu'ils avaient fait preuve de pitié, les sanglots de Kelda qui lui parvenaient des tréfonds, et enfin, la mort imminente de deux de ses concurrents au titre d'Overlord. Elle en avait même oublié sa rancune contre Jaina suite au compliment qu'elle avait reçu.

Quand le ballet de feu eut atteint son paroxysme et que la lame zébra l'air de sa trainée éclatante se dirigeant droit vers ses proies, Morrigane sentit monter dans son corps les prémisses de ce que les femmes appellent "un orgasme"…

Mais cette sensation de plaisir et de plénitude absolue s'arrêta aussi brusquement qu'elle était venue, laissant place à une profonde frustration, quand l'épée écarlate stoppa sa course à quelques centimètres de la gorge de Jaina qui s'était interposée entre son père et ses frères. Toujours aussi impassible qu'à l'habitude, elle planta néanmoins un regard déterminé sur le casque de l'Overlord, cherchant la confrontation avec ses yeux démoniaques.

"Dois-je comprendre que la 'Pitié' t'a contaminée toi aussi, ma fille ?"

"Surement pas, Seigneur des Tréfonds !" Répondit-elle sans une hésitation.

"Dans ce cas peux-tu me donner une justification à ton acte ?"

"Le simple désir de vous empêcher de vous contredire, puissant Seigneur, et par là même rendre caduque la leçon que vous nous avez inculqué aujourd'hui."

Le casque qui lui recouvrait le visage cacha la réaction de l'Overlord à l'assemblé. En apparence toujours aussi stoïque, il était surpris, autant par l'acte de Jaina, que par sa bravoure et la justesse de sa réflexion. Il rengaina son arme et désigna ses deux rejetons qui se relevaient avec crainte.

"Tu considères donc que ces deux misérables affaiblis par la pitié peuvent encore être utile ?"

Jaina se tourna vers Lokir et Harald, les transperçant de son regard froid tout en exposant ses arguments :

"Il représente chacun un investissement de dix années. Ils sont mieux entrainés et plus aguerris qu'un vétéran avec plusieurs années d'expérience des champs de bataille et des horreurs de la guerre. Sans compter toutes les connaissances qu'ils ont acquit sous l'égide de Biscornu et Mortis. Vous avez pu juger de leur valeur durant l'épreuve d'aujourd'hui. Harald est un puissant guerrier et Lokir possède également des compétences qui n'ont pas dû vous échapper." Son interlocuteur acquiesça silencieusement en inspectant son gantelet droit d'où perlaient encore quelques gouttes de sang noir. "En les tuants vous perdrez le bénéfice de ces années de formation. Ils sont des pions trop importants pour être sacrifiés à la première erreur. Peut-être même qu'avec le temps ils pourraient devenir des Overlords dignes de ce nom, ce dont je doute grandement, tout comme vous-même devez en douter, mon Seigneur..." Elle avait exprimé cette opinion avec mépris, avant de se retourner vers le colosse en armure, laissant Harald pâlir sous l'insulte et Lokir baisser la tête honteusement comme à son habitude. "Qui plus est, j'ai déjà des plans les concernant en tant que 'potentielle future' Overlord. Si c'est le cas, je n'ose imaginer ce qu'un Overlord accompli comme vous pourrait faire de tels outils..."

Dans les tréfonds, Biscornu et Mortis échangèrent un regard de connivence suite au discours de leur élève. S'il avait eu lieu dans le cadre d'une évaluation, ils lui auraient tous deux décerné la meilleur note. Tout y était savamment dosé et en proportion parfaite : les compliments à la limite de la flagornerie, les arguments pertinents, le mépris à l'encontre de ses frères, et enfin l'argument d'autorité en faisant référence à la leçon donnée auparavant par le représentant du Mal absolu. A tel point qu'il était difficile de deviner les motivations réelles de Jaina. A la surface, même si cela lui en coutait, Morrigane aussi devait reconnaitre la maestria de sa rivale. Ses arguments semblaient avoir également convaincu l'Overlord. Tout en s'avançant vers ses fils qu'il toisa du regard, il répondit à leur avocat.

"Tes arguments sont pertinents. Nous conserverons donc ces 'pions' en attendant de voir s'ils peuvent se rendre utile." Il braqua son regard inquisiteur sur les deux "pions". "Toutefois..."

Un éclair luisant passa entre Harald et l'Overlord, si rapide que peu de personne le remarquèrent. Il devint cependant évident aux yeux de tous que quelque chose s'était passé quand le fils ainé de l'être démoniaque s'écroula, le visage en sang, dans un hurlement à glacer les veines de toute créature, même celle à sang froid comme le serpent.

"Toutefois, la pitié est une faiblesse qui ne peut rester impunie !" Conclut le démon de Nordberg en tournant le dos à ses fils, son épée, enfin rassasiée, à la main. "Biscornu ! Ramène les enfants à la tour ! J'ai encore à faire ici, et je ne suis pas d'humeur à les avoir dans mes pattes..."

Dans un halo de lumière, les défenseurs de la citée virent les quatre prétendants être rapatriés magiquement au cœur de la terre. La dernière vision qu'ils eurent d'eux fut celle de Jaina portant son expression favorite de statue impassible sur le visage, Lokir un masque de terreur, Harald une marre immonde de sang, et Morrigane un sourire sadique couplé à une expression de béatitude totale. Il ne restait plus face à eux que l'Overlord, dans toute sa noirceur, sa fureur d'avoir été déçu par ses fils, et son envie de punir ces larves qui avaient osé se rebeller contre son autorité et vivre tranquillement pendant plus de 10 années...

Ils comprirent alors que, malgré le déshonneur que cela représentait, il aurait mieux valu pour eux qu'ils meurent de la main des quatre enfants...


La journée s'était finalement achevée... Resté seul, assis sur son trône imposant dans la tout aussi imposante salle du trône de sa mille fois plus imposante tour des tréfonds, l'Overlord s'en remémorait les évènements. Il avait congédié tout le monde, gardes, serviteurs, maîtresses, même Biscornu, son plus fidèle conseiller, et Jaseux, son meilleur souffre-douleur et défouloir. Ce genre d'excursion à la surface lui laissait toujours un sentiment de profonde satisfaction, mais en tant que perfectionniste il ne pouvait s'empêcher d'effectuer son auto-évaluation critique, dans le but évident de s'améliorer. Cette habitude le confortait d'ailleurs dans l'idée que, depuis 10 ans qu'il s'était auto-proclamé suzerain du monde, les larves qui lui servaient de sujet avait bien choisi leur dirigeant (à savoir, lui-même).

Concrètement, concernant le châtiment d'Abondance, il avait agit au mieux. Même si, quand ses enfants eurent disparu, le décurion s'était jeté sur lui dans un cri de rage, sans doute pour "venger" la mort de son supérieur, armé de la dague de Durium de Lokir qu'il avait ramassé après que l'Overlord s'en soit débarrassée. D'une formule magique et d'un geste las de la main, il l'avait téléporté juste au dessus d'un volcan en activité, quelque part dans les montagnes dorées, l'envoyant rejoindre son "bien aimé" centurion dans la mort. Ce petit intermède terminé, il avait embrasé du regard, métaphoriquement parlant, les soldats restant ainsi que ces terres avant de les embrasés LITTERALEMENT. Prenant son épée démoniaque à pleine main, il l'avait planté violemment dans le sol, s'en servant comme d'un canalisateur afin de déverser sa magie. Après quelques secondes théâtrales d'attente, le sol se mit à trembler, puis à se fissurer, déversant des flots de lave en fusion provenant du centre de la terre. La lave se répandit dans le village, brûlant tout sur son passage, maisons, échoppes, tables, chaises, nourritures et même les légionnaires... A l'extérieur, la forêt, l'herbes ainsi que les collines elles-mêmes s'étaient enflammées, coinçant les civils qui avaient fuit l'attaque initiale en diverse petits ilots éparpillés de ça de là, qui au milieu d'un ruisseau, qui sur des promontoires rocheux...

Mais l'Overlord n'en était qu'au prélude de sa symphonie. Il augmenta l'intensité de sa concentration, déversant encore plus d'énergie magique dans le sol. Le résultat ne se fit pas attendre, simultanément, en plusieurs endroits de la région, des petits buttes se formèrent, puis devinrent collines, puis montagnes et s'entrouvrirent en leurs sommets achevant ainsi leur croissance accélérée pour entrer dans l'âge difficile de l'adolescence sous la forme de volcans en pleine activité. La progéniture éclaire du sorcier maléfique se mit à déverser à son tour des torrents de lave ainsi que des projections de roches enflammés (plus connues sous le nom de téphras) et des émissions de nuage de cendre. L'atmosphère commença a devenir irrespirable, la lumière de l'astre solaire fut vite cachée par les nuages noirs recouvrant la région. Plusieurs des groupes de réfugié trouvèrent la mort, écrasés par des roches ou emportés par les flots de lave. Là où Morrigane avec ses pouvoirs balbutiant avait seulement réussi à créer une succursale de l'Enfer sur terre, l'Overlord lui avait réellement recréé l'Enfer sur terre...

Rengainant son épée, le seigneur des ténèbres s'avança parmi la fournaise sans que celle-ci ne l'affecte en quoique ce soit. Tel le Messie, il progressa, marchant sur cet océan de lave qu'il avait invoqué, scrutant les environs calcinés et encore fumant à la recherche d'un des ultimes groupes de rescapé. Il en aperçu un finalement, réfugié au sommet de ce qui semblait être un ancien temple à la gloire de l'Empereur Solarius. D'un bond puissant, il s'éleva dans les air et atterrit sur le toit parmi les 5 rescapés. Tandis que le père de famille tombait à genou, les trois enfants, deux filles et un garçon de 4,6 et 8 ans se blottirent contre leur mère, tout aussi rousse qu'eux. L'Overlord sourit, c'était l'heure de l'apothéose.

"Seigneur..." Bredouilla l'homme. "Ayez pitié... Ma femme... Mes enfants..."

L'emploi de ce mot ne plaidait pas en la faveur du suppliant, il rappelait trop à son juge l'incident survenu quelques heures plus tôt avec sa propre progéniture.

"Sache qu'un Overlord ne connait pas la pitié ! Et que pour lui, ceux qui demandent la pitié sont ceux qui ne la méritent pas !" Ses yeux virèrent à l'écarlate tant sa colère était grande, forçant sa victime à baisser sa tête encore plus bas jusqu'à toucher les tuiles du toit tandis que sa femme serrait encore plus ses enfants contre elle. "Cependant..." Ses yeux perdirent un peu de leur éclat. "Cependant, j'ai besoin de témoins pour rapporter ce qui s'est passé ici et ce qui arrive à ceux qui défient l'Overlord... A vous de choisir, lesquels d'entre vous dois-je sauver pour qu'ils rapportent ce qu'ils ont vu ?"

Cette demande désarçonna les deux époux. L'homme se tourna vers sa femme, celle-ci n'hésite pas une seconde. Poussant ses enfants devant elle, elle répondit :

"Mes enfants, puissant seigneur... Sauvez mes enfants ! Et vous verrez, ils voueront leur vie à raconter ce qu'il s'est passé ici et ce qu'il en coûte de vous défier ! Ils seront les hérauts de votre cruauté, de votre puissance et les garants qu'aucune autre rébellion à votre encontre ne voit le jour... N'est-ce pas Livia, Julia, Ambrosius ?"

Les enfants hochèrent timidement la tête... La plus jeune, Livia, rappela à l'Overlord sa fille Jaina au même âge. Il pouvait lire dans ses yeux le même air d'enfant fasciné par le monde qui se dégageait de sa fille du temps où elle faisait ses premiers pas dans les tréfonds, interrogeant Biscornu, sa mère et quelques rares fois son père sur tout ce qu'elle voyait. Il se remémora d'ailleurs la fois où, alors âgé de 3 ans, elle avait fait irruption dans la salle du trône alors qu'il planifiait avec Biscornu des représailles contre les nains du clan Nargdrazill des montagnes dorées. Sans aucune peur, elle s'était assise sur les genoux de son père interrompant l'exposé de Biscornu sur les conséquences démographiques désastreuses d'un génocide sur la population naine en demande le plus simplement du monde qu'on lui explique comment on faisait les bébés... La tête gênée et embarrassé qu'avait fait le vieux larbin ce jour là quant l'Overlord l'avait sommé de répondre à sa fille, était restée à jamais gravé dans sa mémoire, ainsi que le souvenir de cette rare occasion où il s'était laissé aller à ce concept typiquement humain qu'est "l'humour"…

La cadette quant à elle lui rappela sa première maîtresse Kelda lorsqu'il l'avait rencontrée la première fois quand ils étaient tous deux enfants à Nordberg. Même coiffure courtes avec une frange, même couleur de cheveux, même regard à la fois indomptable et plein de gentillesse. Oh, comme il l'avait désirée dès leur première rencontre. Combien son souvenir l'avait hanté chaque nuit quand, chassé de Nordberg, il avait trouvé refuge dans les tréfonds pour y suivre auprès des larbins et de Biscornu la formation qui allait faire de lui ce qu'il est. Combien ce souvenir avait également alimenté sa haine des habitants de la cité et de l'Empire qui l'avaient éloigné d'elle... Et combien l'attente de cette première fois dans ses bras avait rendu jouissif leur première nuit ensemble quand, après des années de frustration, il avait enfin pu la prendre sauvagement à même le sol glacée de la tour, enroulé dans une peau d'ours qu'elle avait elle-même tué... Regardant la petite Julia, l'Overlord se remémorait chacune des 11h de combat intense qu'avait durée la perte de son pucelage, et chacune des cicatrices que son enragée de maîtresse lui avait rendu pour chacun de ses assauts... Elle pouvait s'enorgueillir d'être la seule personne à l'avoir jamais blessé... avec Lokir désormais...

Ambrosius, lui, aurait pu être le fruit des amours incestueux d'Harald et Morrigane. Même musculature que le fils de Kelda au même âge, même regard déterminé que la diablesse engendrée par Faye, même chevelure rebelle également. Il ne doutait pas que, s'il avait eu une chance de l'emporter, le jeune homme lui aurait déjà sauté à la gorge. Il différait en cela de ses propres enfants, le jeune homme réfléchissait avant d'agir. Peut-être même était-il en train de réfléchir au meilleur moyen de vaincre son adversaire en le prenant en traitre. Merveilleux enfant, quel plan machiavélique es-tu en train d'échafauder ? Comptes-tu profiter d'un moment d'inattention pour pousser ton ennemi du haut du toit dans la lave en ébullition ? En tout cas, même si tu ne t'en rends pas compte à cause de ton jeune âge, le bruit des rouages de ton cerveau ainsi que ton regard bleu aussi froid que le métal te trahissent. Le démon de Nordberg éprouva même du respect pour cet enfant qui, s'il était né au sein de sa famille, aurait fait un parfait héritier au titre d'Overlord...

"Qu'il en soit ainsi... Vous avez choisi votre destin !" Annonça-t-il lentement.

Pour l'ultime fois de cette journée, l'épée étincelante fut tirée de son fourreau et fendit l'air, fauchant les trois enfants sous les cris horrifiés de leurs parents. Les deux fillettes tombèrent à terre sans un cri, tuées sur le coup. Ambrosius tomba à genou, les bras enserrant son ventre pour empêcher ses organes de tomber de la large blessure causée par l'épée démoniaque. Après un ultime regard aux cadavres de ses sœurs, il releva la tête, foudroyant son agresseur de ses yeux plein de haine ... Ce dernier s'approcha et posa sa lourde botte de métal sur l'épaule de l'enfant et, avant de le pousser dans l'océan de lave qui entourait le temple, lui dit :

"De toutes les personnes que j'ai vues et tuées aujourd'hui, tu es celui pour qui j'ai le plus de respect... Si tu avais été mon fils, tout aurait été différent pour toi."

Il se tourna ensuite vers le père et le blessa de deux coups précis aux jambes, avant d'agripper la femme par les poignets tandis qu'elle se précipitait en pleurs vers son époux. Rengainant son arme, il s'adressa aux deux humains, jouant l'ultime note de la symphonie macabre qu'il avait joué pour sceller le sort d'Abondance.

"Vous avez choisi votre destin. Vous vouliez vivre ici en dehors de mon règne ? Et bien, vivez-y maintenant ou plutôt mourrez-y. Quand à toi femme, tu feras un bien meilleur héraut que tes enfants ! Tu vas donc vivre, et même longtemps ! Tu arpenteras cette terre disant partout dans le monde et jusqu'à ta mort comment votre rébellion s'est terminée et comment l'Overlord t'a pris tout ce qui comptait pour toi ! Ton village qu'il a brulé, tes enfants qu'il a éventrés sous tes yeux, ton mari qu'il a abandonné en pleine fournaise pour y mourir seul ! Enfin, tu diras comment il t'a refusé la consolation de mourir à leurs côtés pour faire de toi la messagère de sa colère et de son courroux !"


L'Overlord se permit de sourire sous son heaume à l'évocation de ce qui resterait, il en était sûr, un de ses chef-d'œuvre de cruauté. Cela compensait largement la déception que se révélait être ses fils...

Il grogna à l'évocation de ce problème et se renfrogna sur son trône. Lokir l'avait pourtant bien surpris, révélant les caractéristiques d'un futur grand assassin. Patient, précis, sachant déterminer le meilleur moment pour agir, l'œil alerte et le pas sûr. Il était malheureusement regrettable que sa trop grande gentillesse, sa timidité et son manque de confiance en lui le disqualifient pour cette profession, tout comme pour celle d'Overlord... Mais il n'y avait rien de nouveau à cela... Le problème venait plutôt d'Harald. Guerrier impitoyable devant l'ennemi, combattant hors paire, un authentique messager du chaos, la fierté de ses parents, toutes ces qualités qui faisait de lui un parfait successeur étaient annihilé par la trop grande gentillesse et l'attachement qu'il portait à son frère... Il avait profondément déçu les attentes que portait son père en lui. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il avait été le seul à être châtié... Ou tout du moins en apparence... Car si Harald avait été sévèrement puni, physiquement parlant, la punition de Lokir serait de loin plus douloureuse, d'autant plus qu'elle serait uniquement psychologique.

Un vacarme insupportable dans les étages de la tour tira le maître des lieux de ses pensés. Il se leva, un sourire démoniaque aux lèvres, comprenant que le châtiment de Lokir venait de commencer...


En chef consciencieux de la sécurité des tréfonds, Bigleux, qui devait son nom à un accident ayant rendu ses yeux incapables de supporter une trop grande source de lumière et le condamnant ainsi à ne plus jamais arpenter la surface, avait pris la tête d'un contingent de 10 larbins bruns armés jusqu'aux dents dès le début du vacarme. Montant les escaliers quatre à quatre, ils se dirigèrent vers les étages de la tour et arrivèrent vite au niveau des appartements. Les bruits de lutte se faisant plus assourdissant, il parut évident, même pour le leader du groupe et ses deux neurones, qu'ils étaient au bon endroit. L'évidence devint certitude quand la porte des appartements de la première maîtresse s'ouvrirent à la volé, que Lokir en fut expulsé avec force et vint rouler dans le couloir. Bigleux réagit aussitôt :

"Protégez le fils du maître !" Ordonna-t-il en dégainant son épée grossière en fer noir, symbole de son grade.

Immédiatement, ses subordonnés se mirent en position défensive autour de l'enfant, hallebardes pointées vers la chambre de Kelda, prêt à en découdre. Ils marquèrent cependant un temps d'hésitation et se tournèrent vers leur chef quand Harald, le visage bandé, ne laissant voir que ses yeux furibonds, encore vêtu de son armure noir maculée de sang, en émergea.

"Poussez-vous !" Ordonna-t-il aux gardes.

"Jeune maître..." Répondit Bigleux en s'avançant vers lui.

"J'ai dit : POUSSEZ-VOUS !" Eructa-t-il dans une parfaite imitation de son père.

Attrapant le chef des gardes par le cou, il l'envoya voler sur ses collègues avant de se jeter sur un Lokir terrifié qui essayait tant bien que mal de s'enfuir en rampant. Ayant pour consigne de ne jamais attenter à la vie des enfants de leur suzerain, les larbins laissèrent choir leurs armes avant de se jeter dans la mêlé pour séparer les deux belligérants. Tâche ardue, vu qu'Harald n'avait pas l'intention de se laisser faire. Même les injonctions de sa mère, sortie en courant de la chambre à sa suite, ne le détournait pas de sa proie. La dîtes proie, quant à elle, n'en menait pas large. Jamais Lokir n'avait vu son frère si en colère contre lui. Mettant à profit l'entrainement de Rugueux, il esquivait la plupart des coup qu'il lui portait, ainsi que les mains crochues des larbins tentant de le saisir; mais il commençait à manquer de souffle et de vigueur. La fatigue de la journée commençait à se faire sentir, et même au meilleur de sa forme il n'aurait pu tenir tête bien longtemps à son frère... Par conséquent, il saisit sa chance de fuir quand Bigleux et quatre larbins réussirent à immobiliser Harald pendant 10 secondes, exploit à saluer cela dit en passant... Il s'élança donc vers les escaliers, tel un cerf vers l'abri sûr de la forêt, mais stoppa net sa course quand une silhouette imposante en armure émergea du sous-bois... pardon, du seuil des marches...

"Maître... Maître..." Réagirent les larbins en cessant immédiatement le combat et en s'agenouillant.

Comme à son habitude, Lokir baissa la tête devant son père, mais l'Overlord l'ignora, se tournant vers Harald qui lui lança un regard noir, plein d'impertinence. Kelda vint se placer entre ses deux enfants, craignant la suite des évènements. Son suzerain l'interrogeant du regard, elle préféra se taire et laisser la parole à ses fils.

"Des explications ?" Finit-il pas leur demander.

Penaud, Lokir se tourna vers Harald. Avec fureur, celui-ci montra son visage et répondit :

"Je garderai à vie la cicatrice de cette blessure ! A VIE ! Et je ne peux même pas dire que je l'ai obtenue en combattant... Elle sera à jamais la preuve de ma faiblesse... ET TOUT CA, C'EST DE TA FAUTE ! Hurla-t-il en se tournant rageusement vers Lokir. "Le seul moyen de cacher cette honte, c'est derrière le puissant heaume de l'Overlord ! VOTRE HEAUME, PÈRE !" Il dirigea son doigt rageur vers la tête casquée de son géniteur. "Mais pour le prendre... oui, pour le prendre un jour sur votre cadavre encore bouillant..." Son regard se fit plus noir, tel un cyclone de haine et de colère. "Je dois devenir plus fort... Plus fort pour un jour vous terrasser et vous l'arracher ! Le premier pas pour devenir plus fort et atteindre cet objectif est de me débarrasser de ma seule et unique faiblesse... c'est-à-dire... TOI QUE J'APPELAIS JADIS MON FRERE !" Tempêta-il en attrapant Lokir par le col, sous les yeux médusés de l'assistance et ceux approbateurs de l'Overlord. "TU ES MA FAIBLESSE, MON TALON D'ACHILLE ! Je refuse de partager une minute de plus l'air de notre... DE MA CHAMBRE, avec un insecte tel que toi ! Puisqu'ici règne uniquement la loi du plus fort, je t'en bannis ! Tu ne pourras y résider que si tu réussis à m'en chasser ! ET PEU ME CHAUT DE SAVOIR OU TU VAS DORMIR ! Et retiens bien ceci mon frère et n'en doute pas... Quand nous en aurons enfin la permission, je te tuerai de MES MAINS ! Et j'y prendrais beaucoup de plaisir ! MAINTENANT, DISPARAIT !" Conclut-il en projetant son frère contre le mur.

Ce dernier, ayant chu par terre, resta là groggy. Non pas par le choc, il en avait vu d'autres durant les séances d'entrainements, mais bien par la dureté des paroles de son grand frère, ce protecteur si doux et si gentil qui ne lui avait jamais fait faux bond auparavant. Fronçant les yeux, Kelda voulut intervenir pour réprimander son fils ainé dont le comportement la choquait au plus haut point, mais d'un regard son époux lui intima l'ordre de se taire avant d'arbitrer la dispute :

"Qu'il en soit ainsi !" Il foudroya Lokir du regard, lui intimant par là-même l'ordre de se retirer.

Honteux et confus, Lokir se releva, s'inclina, et se retira tête basse, vaincu vers les escaliers où il disparut. Un sourire victorieux aux lèvres, dissimulé en partie par ses bandages, et bombant le torse, Harald pivota et se dirigea vers ce qui était désormais SA chambre... Ou du moins le croyait-il... A peine avait-il fait trois pas vers elle que la main de fer de son père l'agrippa par les cheveux et l'envoya s'écraser contre le mur opposé à l'appartement de la première maîtresse. Le seigneur des ténèbres intercepta ensuite d'une poigne vigoureuse la mère apeurée qui se précipitait vers son fils à terre, interloqué. Sans tenir compte des protestations de sa femme, l'Overlord l'entraina vers la chambre où il la jeta sans ménagement. Avant de s'enfermer avec elle dans l'appartement, il adressa à Harald un regard jubilatoire.

"Comme tu l'as dit Harald : seule la loi du plus fort règne ici !" Il se tourna vers les larbins encore agenouillés. "Larbins ! Escortez mon cher fils aux basses fosses. S'il souhaite réellement devenir plus fort, c'est là qu'est sa place désormais ! Molestez-le si besoin ! Et laissez deux gardes en faction devant cette chambre ! JE NE SOUHAITE PAS ÊTRE DERANGE !" Puis, il claqua la porte derrière lui, sans un au revoir pour son fils, ni un regard à ses serviles serviteurs se mettant au garde-à-vous.

Harald, bouillant de colère faillit se rebeller et contrevenir aux ordres de son père en se retournant contre ses laquais, mais le regard noir de Bigleux le dissuada vite, à moins que ce ne fut les dix hallebardes pointées vers sa tête et son corps... Va savoir... Caché par son sort d'invisibilité, Lokir vit son frère se faire emmener de force par les gardes de son père vers sa nouvelle demeure. Il hésita à lui venir en aide, mais finit par monter vers les étages supérieurs, se demandant où il allait bien pouvoir dormir...

Ce que le second fils de l'Overlord ignorait c'est que, dans l'ombre, un œil noir l'observait et ne le quittait pas des yeux, malgré son sort de camouflage...


Kelda était furieuse, comme jamais elle ne l'avait été. Contre ses enfants d'abord, mais dans une plus grande mesure contre leur géniteur. Même dans ses estimations les plus pessimistes la journée d'aujourd'hui n'aurait pas dû être si catastrophique, et encore le mot était faible pour qualifier le désastre qu'elle avait été... Non seulement les exploits d'Harald et Lokir avaient été balayés par la "faiblesse" apparente dont ils avaient fait preuve, mais en plus ils avaient été à deux doigts de mourir, l'un deux était défiguré à vie et pour finir les séquelles de cette blessure se révélaient pire que le mal vu qu'elles avaient entrainé la fin de l'entente fraternel de ses deux jeunes louveteaux...

Autant dire que lorsque son époux se retourna vers elle après avoir claqué la porte, il se trouva face à une candidate plus que sérieux pour le titre d'Overlord, tant on pouvait lire la colère, la détermination, la haine et l'envie de répandre le chaos dans son regard. Un sourire en coin se dessina sur son visage alors qu'il se rappelait que, s'il régnait sur l'intégralité du monde connu, la chambre de la première maîtresse échappait à sa juridiction. Cela ne le dérangeait pas outre mesure. Il est toujours agréable d'avoir un adversaire à sa valeur, s'il n'en trouvait plus guère sur le champ de bataille au moins ce n'était pas le cas dans la chambre à coucher...

" As-tu perdu la tête, petit sorcier ?" Commença-t-elle sans hausser la voix, tandis qu'il traversait la pièce en direction de la table basse en marbre noir où se trouvaient une carafe et deux coupes. "Comment as-tu pu faire cela à mes... A NOS enfants !" Avec un soupire, il retire son heaume et le posa sur la table. il avait oublié combien les femelles, surtout les louves, étaient protectrices avec leur portée. "Oh et pas de soupire avec moi, je te prie ! Et ne me la joue pas GRAAAAAAAAAND Overlord qui a ses raisons, ses plans obscures etc... A d'autres !"

Il continua de l'ignorer et se servit une coupe de vin. D'un coin de l'œil, il la vit se précipiter vers lui telle une furie et d'un revers de la main envoya valser la coupe à terre où son contenu se répandit telle une flaque de sang.

" NE M'IGNORE PAS, VEUX-TU !" Il la contempla, de ses yeux dénués de tout effet pyrotechnique et regretta d'avoir ôté son casque, perdant ainsi tout l'effet intimidant de son regard de braise. "Comment peux-tu considérer la complicité de nos fils comme une faiblesse ? Il n'a été dit nulle-part qu'ils devaient réussir seuls ! Toi-même à leur âge, n'as-tu pas eu besoin de mon aide et de celle de tes premiers larbins pour ruiner la fête du Solstice d'Hiver de Nordberg ?"

"Je n'avais alors que 7 ans..." Grommela-t-il.

"Est-ce une excuse ? A 10 ans, aurais tu pu t'attaquer à une ville comme Abondance seul ? Aurais-tu réussi ton propre test ?" Le coupa-t-elle, son doigt vindicatif à dix centimètre du nez de son époux. "Et d'ailleurs, serais-tu devenu le TERRIFIANT Overlord sans mon soutien, sans celui de Juno, celui de cette... de Faye, ou encore celui de Biscornu ?"

S'il devait reconnaitre qu'elle avait en partie raison, l'Overlord était bien plus occupé à l'admirer qu'à l'écouter. Quand la colère prenait le pas sur sa raison, toute la beauté de Kelda ressortait. Tout comme un prédateur dévoile la souplesse de son corps durant la chasse, les mouvements de colère de la jeune nordbergdienne rendaient pleinement justice à sa beauté. On pouvait mieux remarquer la souplesse de ses courbes, la rondeur ainsi que la fermeté de ses seins qui ne vacillaient pas malgré l'agitation et la passion qui l'animait. Même ses cheveux semblaient avoir plus d'éclat en bataille plutôt que coiffé. Avec son allure de louve sauvage et indomptable, Kelda était vraiment désirable.

" Et pourtant, tu n'aurais pas hésité une seule seconde à tuer NOS enfants ! Quelle justification peux-tu me donner, petit sorcier ? ET JE TE SIGNALE AU PASSAGE QUE MES YEUX SONT PLUS HAUT!" Le tira-t-elle de sa contemplation.

En réponse à sa réplique, il lui adressa un sourire en coin démoniaque, puis s'approcha d'elle et posa ses deux mains sur chacune de ses épaules, juste à l'emplacement où le haut de sa robe laissait apparaître la chaire de sa peau laiteuse.

"Si c'est la mort de tes enfants qui te préoccupe, ne t'inquiète pas..." D'un geste vif, il arracha le haut de sa robe, dévoilant le galbe de son buste, et faisant jaillir ses seins de son corsage. " Je t'en ferai d'autres !" Conclut-il, son sourire en coin se transformant en large sourire pervers.

Il resta à la contempler un moment, admirant sa beauté mise à nue. Il fut satisfait d'avoir enlevé son casque pour pouvoir profiter pleinement du spectacle... pensé qu'il regretta quelque seconde plus tard quand Kelda lui fracassa la carafe qui se trouvait sur la table en plein sur le crâne. Pris au dépourvu, le seigneur des ténèbres s'écroula de tout son long.

"TU CROIS FRANCHEMENT QUE J'AI ENVIE DE RECHAUFFER TA COUCHE APRES TON COMPORTEMENT D'AUJOURD'HUI !" S'énerva la louve en montrant les croc à ce mâle qui avait osé essayer de la saillir sans permission.

"ET TU CROIS QUE JE TE DEMANDE TON AVIS, FEMME ? JE SUIS L'OVERLORD, JE FAIS ET JE PRENDS CE QUE BON ME SEMBLE !" Répliqua le "mal" incarné et, accessoirement, en rut.

Il se releva d'un bon, quitta son armure tout aussi rapidement, et banda... ses muscles (BANDE DE PERVERS !), tel un prédateur prêt à bondir sur sa proie. Seulement la proie en question était une puissante carnivore qui ne comptait pas se laisser faire. Vive comme l'éclair, elle souleva sa robe pour récupérer la dague qu'elle gardait toujours sur elle accrochée à sa cuisse droite et menaça son agresseur avec.

"Si tu me touches, je te tue, tout puissant Overlord que tu sois !"

D'un geste rapide le "tout puissant" Overlord la désarma, laissa tomber la dague au sol et, avant de l'embrasser à pleine bouche, lui dit :

"Je te connais, quand tu dis ça, tu sous-entends plutôt que tu te tueras si je ne te touche pas !"

Ce n'est pas pour autant que la première maîtresse se laissa faire. Elle remua dans tous les sens, tentant de se libérer de l'étreinte de fer que lui imposait son suzerain, tout en cherchant à mordre ces lèvres qui l'embrassait ainsi que cette langue qui la léchait et fouillait sans ménagement l'intérieure de sa bouche, tel un conquérant prenant possession d'un nouveau territoire. Faisant fit de la douce chaleur qui commençait à monter le long de son bas ventre, Kelda réussit à se séparer de l'Overlord et à le repousser. Toutefois, dans le processus, elle perdit l'équilibre, tomba en arrière et s'étala de tout son long sur le tapis en peau d'ours blanc, cadeau qu'elle avait chassé et offert à son époux des années de cela et qui décorait depuis leur chambre conjugale. Sans perdre une seconde et de sa seule main gauche, son adversaire lui immobilisa les deux bras et les maintint plaqués au sol juste au dessus de la tête de sa victime. Il lui adressa un sourire triomphant.

"Ma louve féroce, tu sais combien j'apprécie quand tu y met du tien en te défendant..." Susurra-t-il, en commençant à lui caresser les seins de sa main libre.

Des frissons de plaisir commencèrent à parcourir la belle Nordbergdienne, tandis que les doigts de son "petit sorcier" frôlaient chaque centimètre carré de peau de ses seins, mais elle aurait préféré mourir plutôt que de l'avouer. La situation lui rappelait pourtant d'agréables souvenirs, comme leur première nuit ensemble et toutes celles qui avaient suivi... Si toutes les femmes du monde craignaient et haïssaient l'Overlord à cause de sa cruauté, beaucoup auraient changé d'avis si elles l'avaient connu dans l'intimité d'une chambre à coucher. Si elles avaient connu l'extase dans ses bras, ainsi que la passion qui animait chacun de ses coups de rein tandis qu'il allait et venait au creux de l'intimité d'une femme, mêlant habilement le chaud et le froid, la passion et la douceur pour lui permettre d'atteindre l'extase, combien auraient assassiné leur époux pour pouvoir ensuite s'offrir à lui. Un soupire de plaisir monta le long de sa gorge, cherchant délibérément à s'échapper de son corps brulant. Elle fit son possible pour le retenir emprisonné dans sa bouche, mais c'est à ce moment là que les lèvres de son partenaire essayèrent à nouveau de se coller aux siennes. En voulant les repousser en les mordants, elle laissa s'enfuir son captif dont l'évasion ne passa pas inaperçu.

"Tu vois qu'au final tu m'apprécies..."

"PAS DU TOUT !" Se récria-t-elle en rougissant "Je pensais à Biscornu, car je préférerai mille fois être avec lui en ce moment !"

"Voilà des paroles qu'il apprécierait..." Ricana l'Overlord, connaissant les goûts du vieux larbin pour les femmes à fort caractère. "Mais tu sais qu'il est dangereux de mentir à son seigneur..." Lui murmura-t-il à l'oreille tandis que sa main descendait le long de son buste, de ses hanches pour enfin s'aventurer sous le jupon de sa robe...

Quand, malgré ses faibles protestations, la main écarta ses cuisses, qu'un doigt pénétra son intimité et commença de lents mouvements de va et vient, il devint impossible pour Kelda de dissimuler plus longtemps le plaisir qu'elle ressentait. D'autres soupires de plaisir suivirent la trace de leur prédécesseur, puis les soupires devinrent cris de jouissance, tandis que le corps de la chasseresse ondulait au rythme des mouvements de main de son amant qui prenait un malin plaisir à la titiller.

"Ne devais-tu pas me tuer si jamais je te touchais ?" Questionna-t-il sa femme de manière rhétorique tout en ralentissement le mouvement de son doigt.

"AAAAAAAh" S'écria-t-elle, frustrée alors qu'elle était au bord de la jouissance ultime. "SOIS SUR QUE JE TE TUERAIS SI TU OSES ENCORE T'ARRETER !"

Dans un rire satanique, l'Overlord accéléra de nouveau le mouvement de va et vient de son index. Sa main droite se trouva bientôt complètement trempée, tant le sexe de sa maîtresse devenait humide, facilitant au passage sa pénétration, au fur et à mesure que montait son plaisir. Alors que le corps de Kelda s'animait de plus en plus, passant du rythme doux et lent d'une valse à celui plus sensuelle et endiablé d'une salsa, le niveau de décibel devint de plus en plus intense. Il était sûr maintenant que tous les habitants de la tour, larbins, esclaves, maîtresses et enfants étaient au courant que l'Overlord s'adonnait à son hobby favori : le dressage de louve... et pas seulement...

Dans un cri de délectation final, Kelda atteint l'orgasme. L'intégralité de ses muscles se contractèrent tandis qu'elle inondait le carrelage de la chambre du fruit de sa jouissance. Puis elle retomba, se laissant aller à l'extase de cette douce "petite mort" qu'il nous est accordé d'atteindre durant notre vie. L'Overlord, la pensant hors d'état de nuire, en profita pour retirer sa main de son vulve et la relâcher, afin de caresser et lécher ce corps parfaits, ces mamelons offerts et sans défense. Malheureusement pour lui, sa victime n'était pas si inoffensive que ça. D'un mouvement brusque des jambes, elle le renversa sur le dos et, s'emparant de sa dague qui se trouvait à quelques mètres de là, la plaça sous la gorge du prédateur devenu proie tout en se plaçant à califourchon sur lui en pesant de tout son poids.

"Je t'accorde la première manche." haleta-t-elle, une lueur de lubricité dans le regard. "Mais je demande ma revanche. Voyons si tu seras à la hauteur ! ou plutôt..." De sa main libre, elle attrapa la verge qu'elle dégagea du pagne de son esclave et la serra bien fort. "Si cet autre petit sorcier que j'aime tout autant que toi sera à la hauteur !"

Sans lui laisser le temps de répliquer, et sans pour autant retirer la lame de sous sa gorge, elle recula ses fesses en direction du "petit sorcier" qu'elle commençait à caresser délicatement. Quand il fut bien dressé et aussi dur qu'une baguette magique en chêne, s'aidant de sa main pour le guider vers son con, elle s'empala dessus à pleine vitesse. Revancharde, elle avait décidé de frapper vite et fort pour ne pas laisser le temps de se ressaisir à son ennemi. Elle enchaina par des mouvements rapides et amples, voulant le pousser à la jouissance, l'intégralité de son corps tanguant au rythme de ses aller et venue, ses seins se balançant de droite à gauche, de haut en bas, tel une invitation aux caresses. Après deux minutes de ce traitement, elle ralentit la cadence afin de s'empaler à nouveau sur lui, arrachant un râle de plaisir à l'Overlord tandis que son membre s'enfonçait bien profondément en elle. Il se mordit même la langue pour ne pas crier quand elle se mit à alterner les deux techniques afin de l'achever. Il dut cependant capituler après quatre minutes de ce traitement, et agonisa dans un râle bruyant d'animal sauvage qu'on abat, pendant que sa semence se déversait dans la caverne aux merveilles de Kelda. Avec un sourire plein d'autosatisfaction, cette dernière se leva gracieusement, tout en se recoiffant.

"Hé bien, petit sorcier. Une manche partout." Dit-elle en lui tournant le dos, se dirigeant vers le lit. "Ne faiblirais-tu pas ? Tu m'as semblé bien précoce durant ce second round."

"Ne me sous-estime pas, femme !" Gronda-t-il en se relevant, furieux, non sans admirer son magnifique dos blanc, dont les courbes affriolantes et graciles étaient dignes des plus belles statues. "Je suis l'OVERLORD ! Le magicien le plus PUISSANT qui existe, le guerrier PARFAIT, l'ULTIME sex-machine ! RIEN ni PERSONNE ne me résiste !"

Kelda s'assit sur le lit, bénissant une fois encore les dieux d'avoir fait les hommes si manipulables avec leur fierté mal placée. Dans un regard plein de défi, elle se tourna vers lui, écarta les jambes, relevant lentement son jupon d'une main, tandis que l'autre remontait progressivement le long de son corps pour venir caresser son sein.

"Alors, prouve-le..." Gazouilla-t-elle en se mordant légèrement la lèvre inférieure.


Moins de cinq secondes plus tard et pendant 6h consécutives, les murs de la tour vibrèrent et tremblèrent de tout leur long, sans la moindre interruption, menaçant de s'écrouler complètement. Le doute n'était plus permis pour la population de la tour : "le loup chevauchait la louve"... et leurs hurlements de plaisir résonnaient à l'unisson dans chaque couloir, chaque galerie, comme un écho amplifié par leur quête conjointe de la concupiscence.

Tandis qu'il besognait avec bestialité sa concubine en position de levrette, la forçant à se cambrer en la tirant par les cheveux à chaque fois qu'il la pénétrait, savourant chacun de ses gémissements, l'ultime "sex-machine" n'eut qu'une seule et unique pensé cohérente à travers le brouillard de plaisir et de volupté qu'il ressentait :

"Que c'est bon d'être l'Overlord !"