Disclamer : Je ne possède aucun droits. Pour ce que je pense des disclaimers, se référer à l'épilogue de « histoire d'enfants écorchés » de Lou des Bois.

Message de Jeremiah : Seconde fic sur les phobies des orphelins de la Wammy's House. Ces OS n'auront sûrement pas de réels liens entre elles parce que je compte mettre plusieurs phobies sur un même personnage (sinon, étant donné que je connais trop mal Beyond Birthday pour écrire sur lui, je suis limitée à Lawliet, Mello, Near et Matt). Reviews please ^^ !

Si vous voulez attribuer une peur à un personnage ou simplement voir écrite une peur en particulier, faites-moi signe !

Personnage :

Matt : 9 ans

One-Shot 2 : Agoraphobie

Agoraphobie : peur de la foule, des espaces publics bondés

Je me suis perdu.

Je me noie dans une foule dense qui ne me voit pas.

J'ai peur.

Je m'explique : on est allé à Londres pour une sortie. Tous les pensionnaires de la Wammy's House – moi compris donc, à mon grand dam – sont sortis de notre petit orphelinat du Yorkshire pour passer une journée complète dans la capitale d'Angleterre.

Moi, j'ai eu la brillante idée d'amener ma gameboy (la trop belle gameboy advance sp. C'est autre chose que la gameboy color quand même ! Non mais regardez-moi ce design, ces graphismes ! … je m'égare). Je jouais en suivant distraitement le groupe comme d'habitude avec Mello à côté de moi qui croquait dans une tablette de chocolat.

En fait, j'ai commencé à lever les yeux de mon jeu quand je me suis rendu compte que je n'entendait plus le craquement du chocolat sous la dent d'Alice (petit surnom que je donne à Mello à cause de ses cheveux. J'ai pris le bonne résolution de ne plus l'appeler comme ça qu'intérieurement après avoir reçu un poing dans la figure. Heureusement, les googles dissimulent bien les yeux au beurre noir).

Bref, quand j'ai relevé les yeux, j'étais tout seul. Enfin non, pas vraiment tout seul : il y avait du monde autour de moi, mais personne que je ne connaissais. Où j'étais ? A Londres, ça c'était certain. Sinon, je n'en avais pas la moindre idée. Je m'étais perdu. Comme j'avais eu les yeux rivés à ma gameboy presque tout le temps, je n'aurais même pas su dire de quelle couleur était le bus qui nous avait amené à la capitale, ni par où on était passé pour arriver là où j'étais.

« Quel idiot je fais ! » pestais-je intérieurement contre moi-même.

C'est à cet instant que j'ai pris conscience du point auquel il y avait du monde autour de moi. Ma bulle protectrice avait éclaté à la seconde même où j'avais lâché ma console des yeux mais je ne m'en rendait compte que maintenant.

Et voilà : je suis au milieu d'une foule grouillante, seul, perdu, sans le moindre idée de comment retrouver le groupe.

Certaines personnes, m'évitant à peine, me bousculent. Je commence à paniquer. Je n'arrive même pas à me dire de rester calme.

Où sont les autres ? Mello... Est-ce qu'il a remarqué que je ne suis plus à côté de lui ? Est-ce qu'il a averti Roger ? Est-ce qu'il s'est dit « quel idiot » et m'a laissé tomber ? Combien de temps mettra-t-on à me retrouver ? Est-ce que je me ferais enlever d'ici-là ? Est-ce qu'on m'aura volé ma gameboy ? Est-ce qu'on me retrouvera seulement ?

La foule grouillante ne m'aide pas à me calmer. Mais qu'est ce qu'ils ont tous à me coller. Je me sens mal. J'étouffe. Il y trop de monde. Je me sens ballotté à gauche et à droite par les anonymes sans visages qui se meuvent vers une destination inconnue. Les bâtiments vomissent des humains sans identité qui n'aspirent qu'à se fondre dans la masse qui m'écrase, me presse, me broie le corps et l'âme.

Mes capacités de raisonnement qui m'ont ouvert les portes de la Wammy's House sont en mode « veille ».

J'ai du mal à respirer, ma respiration est de plus en plus irrégulière. Mes inspirations sont lourdes et mes expirations pas assez profondes. C'est comme de l'asthme. Mais moi, je n'ai jamais fais d'asthme. Je manque d'air, je manque de lucidité, je manque de tout ! Est-ce que je vais mourir ?

Mon cerveau devient un brouillon indéfini de mots, d'images et de bouts de phrases qui s'échappent avant que je n'ai pu les saisir. Des larmes me montent aux yeux, une boule se forme dans ma gorge et s'y bloque. J'essaie d'avancer, de sortir de ce flot animal de monstres urbains. Tout se fait lourd, l'atmosphère en particulier, mes jambes aussi. Les corps et les visages me paraissent énormes, monstrueux. Ils se succèdent en un amas compact de chair, d'os et de tissus.

Il faut que je sorte de cette foule.

Il faut que je sorte.

Il faut que je sorte ! Laissez-moi sortir ! LAISSEZ-MOI SORTIR !

Je cours, je tombe. Mais c'est qu'on va me piétiner ! Je me relève, j'étouffe toujours. Il faut que je sorte de cette foule. Si je ne sors pas, je vais mourir, je le sais, je le sens. Une larme coule de mon œil droit sur ma joue. J'ai peur. Je suis terrifié même. Je vais mourir. JE VAIS MOURIR !

Je sens une main se poser sur mon épaule et m'attirer à travers le flot d'humains. Je veux hurler mais la gorge est trop serrée pour ça. Je suis mort de peur.

-Matt, qu'est-ce que tu fous ?

Je me retourne : Mello. Ses yeux bleus me fixent, interrogateurs. Il y a de quoi : je préfère ne pas savoir dans quel état je suis.

-Je... je...

-Les autres viennent d'entrer dans le musée, dépêche-toi un peu ! Tu va finir par te perdre !

-Je... oui. J'arrive !

-Tu devrais vraiment lâcher ta console de temps en temps !

Je respire. La peur et l'angoisse. Mello est là. C'est curieux comme le foule semble tout à coup moins dense. Il a raison, je devrais vraiment lâcher ma console de temps en temps et de suivre le groupe. Il vaudrait mieux que je ne me perde pas ici. Il y a trop de monde tout le temps et partout.

Et moi, j'ai peur de la foule.

Fin

RAPPEL : Si vous voulez que j'écrive une fic sur une peur en particulier, faites-moi signe, je vous l'écrirait ! (dans la mesure du possible bien sûr, mais « impossible » n'est pas Jeremiah !)