Disclamer : Je ne possède aucun droits. Pour ce que je pense des disclaimers, se référer à l'épilogue de « histoire d'enfants écorchés » de Lou des Bois.
Message de Jeremiah : Tadaaaaam ! Après une assez longue abscence (toute relative ^^) sur cette fic, me revoilà avec la nouvelle phobie de Near ! Mwahahahahahaha ! L'art et la manière de torturer de pauvres petits orphelins qui ne m'ont rien fait ! Pour tout vous dire, ce qui m'a vraiment relancé, c'est la fanficiton "Haptophobie" de Titecla. Je vous la recommande ! Bon, j'espère que cette OS vous plaira ! Je n'aime pas trop le personnage de Near et, en plus, j'ai beaucoup de mal à me mettre dans sa tête, du coup je ne suis pas sûr qu'il soit très réaliste. Enfin bon, vous me direz tout ça pas review, hein ? *attaque des yeux de chibi* Enjoy ! ^^
Si vous voulez attribuer une peur à un personnage ou simplement voir écrite une peur en particulier, faites-moi signe !
Personnage :
Near : 7 ans
One-Shot 5 : Pyrophobie
Pyrophobie : peur du feu
Je dors, tendrement lové au creux de mes draps blancs et propres, ma peluche préférée dans les bras - non, elle n'a pas de nom, je trouve ça idiot de nommer des peluches ; ce ne sont que des morceaux de tissu après tout. Je suis plongé dans un magnifique rêve blanc, tout blanc, aseptisé, loin des inepties colorées du monde réel. Je n'aime pas les couleurs : elles me donnent mal à la tête.
Je suis assis, les genoux repliés contre ma poitrine, dans un univers vide et pur. Je suis bien, comme sur un nuage. Il n'y a rien d'inutile ici : ni couleurs à voir, ni matières à toucher, ni son à entendre, si odeurs à sentir... A si, il y a une odeur. Une odeur âcre indéfinissable qui prend aux narines et qui plonge dans la gorge. Une odeur de brûlé. Je me sens moins bien tout à coup. Et si il y avait le feu quelque part ? Je déteste le feu. Il est tout le contraire ce ce que j'aime : grand, puissant, sauvage, violent, bruyant, destructeur. Il dévore tout sur son passage et ne laisse derrière lui que des cendres fumantes. Non, allons, je suis bête. Il ne peut pas y avoir de feu. Où que je tourne la tête, il n'y a rien de plus que du blanc.
Pourtant l'odeur s'intensifie. Un bruit la rejoint. On dirait le rugissement d'un mistral, mais en beaucoup plus fort (je dirais 94,3765 fois plus fort pour être précis), et continu : ce qui prouve que ce ne peut pas venir d'un vent violent. J'ai pourtant l'impression de ne l'entendre qu'à travers un filtre. Il est accompagné du claquement significatif du bois qui explose sous la chaleur. D'ailleurs, en parlant de chaleur... Qu'est-ce qu'il fait chaud ! J'ai l'impression d'être ans un four. Ce n'est pas normal Quelque chose cloche... Ou est-ce mon rêve qui tourne au cauchemar ? Je tourne la tête dans tous les sens. Du blanc, du blanc, du blanc, pur, clair et limpide, partout. Il n'y a pas de feu. N'est-ce pas ?
Je me réveille en sursaut. Tout s'est intensifié : le bruit, l'odeur, la chaleur...J'étouffe ! Mais qu'est-ce qu'il se passe ? J'entend un cri :
-Naaaaaate !
Maman. Que se passe-t-il ? Je suis complètement perdu. Ma peluche sous le bras, j'ouvre la porte de ma chambre.
...
...
...
Non...
Le rugissement terrible n'est pas celui du vent, l'odeur de brûlé c'est lui et cette chaleur lui appartient. Il est là, partout. Il dévore le tapis du palier, ronge le bois du parquet mais laisse encore l'escalier intact. Lui.
Ce... Ce n'est pas vrai. Je dors toujours ; s'il vous plaît, dites-moi que je dors toujours ! J'ai ouvert la porte sur l'enfer.
Le Feu.
Le Feu !
LE FEU !
Sous le coup de la surprise et de la peur je prend une grande inspiration. Le Feu ! Le Feu est là, dans la maison ! Je suis complètement tétanisé. Ma respiration s'accélère. J'ai chaud, j'ai froid, je transpire, je tremble. Je reste comme pétrifié : il me regarde. C'est certain.
J'entends à peine Papa et Maman qui, en bas des marches, m'appellent, me disent de me dépêcher, de les rejoindre pour sortir, de prendre l'escalier que mon terrible ennemi n'a pas encore envahit.
Le Feu m'hypnotise. Il est prédateur, je suis proie. Et il me le fait bien comprendre.
-Nate ! Descend les escaliers, descend vite !" appelle Maman.
"Je te tiens, Nate" siffle l'incendie, grésillant de toutes ces braises faites de ma maison, mon foyer. C'en est trop : je rentre dans la chambre et claque la porte, sans réfléchir une seule seconde. Mes parents me hurlent de revenir. Je n'écoute pas ; non, je n'entends pas plutôt. Mon coeur bat à cent à l'heure. Je titube : la panique me met dans un état second. J'arrive à peine à penser et réfléchir correctement.
La terreur me tord des entrailles comme pour me les arracher. Que faire ? QUE FAIRE ? Il va me manger, me dévorer doucement, noircir ma peau et mes os et je ne serais plus qu'un petit tas de poussière noire qu'on ne retrouvera même plus au milieu des décombres de la maison. Non, je veux pas mourir ! JE VEUX PAS MOURIR ! JE VEUX PAS, JE VEUX PAS ! Au secours ! A l'aide ! Sauvez-moi !
La fumée noire, annonciatrice de mon ennemi, passe par-dessous ma porte. Elle monte le long des murs bleu-ciel jusqu'au plafond blanc, comme une grande araignée glissant vers sa proie.
Je recule, je recule... Jusqu'à buter inexorablement dans le mur derrière moi. L'odeur est insupportable. Je tousse, je crache malgré moi. J'ai l'impression que je vais vomir mes poumons, bien que ce soit physiquement impossible. La fumée s'approche de moi, me pique les yeux, le nez, la gorge.
Je me colle un peu plus au mur.
...
Ce n'est pas le mur.
C'est la fenêtre.
La fenêtre ! Je l'ouvre. L'air frais envahit mes poumons. Un souffle d'espoir me prend : l'espoir de vivre. Je me retourne : des tâches noires grossissent sur ma porte.
Et le feu entre.
Non... Non pas ici... S'il te plaît, Feu... pas dans ma chambre.
J'entends les cris de mes parents qui m'appellent, des bruits de pas dans l'escalier.
Je m'en moque, ce n'est pas important : le Feu est là.
Il lèche avec délectation les murs blancs, les étagères couvertes de mes peluches. Elles brûlent une par une. Le plastique de mes jouets produit une odeur affreuse que je ne supporte pas : je me cache le nez entre mes mains.
Tout brûle, tout se consume, tout devient cendres autour de moi. Le feu mord un grand coup dans mon tapis aux motifs de voies d'autoroutes où je faisait rouler les petites voitures qui fondent actuellement sur le parquet. Je vois, sous mes yeux effarés et emplis de larmes à cause de la fumée, toute mon enfance se consumer, jouet par jouet, dessin par dessin, souvenir par souvenir.
J'entends un grand fracas, et une série de hurlements répétés : mes parents. Est-ce que... le Feu... les mange ?
Je tremble comme une feuille. Ma gorge et mes yeux me brûlent, la panique la plus totale me déchire les entrailles. Papa et maman sont en train de se faire manger par le Feu ! "Bientôt ce sera ton tour Nate" rugit-il en terminant ma peluche préférée.
J'ai peur ! J'AI TROP PEUR ! IL FAUT QUE JE SORTE D'ICI ! LAISSEZ-MOI SORTIR ! VITE !
Conduit par la panique et un irrationnel instinct de survie, je passe mes jambes par l'encadrement de ma fenêtre et saute.
Noir.
Je me réveille en sursaut, essoufflé et couvert de sueur, dans mon lit à la Wammy's House. Je tremble. Encore ce cauchemar... Je le refais régulièrement, ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé de le chasser de mes pensées.
L'Incendie... Le plus terrible souvenir hantant ma mémoire. Le soir de la mort de mes parents. Après avoir sauté, je m'étais réveillé dans un lit d'hôpital. On m'avait appris que le feu avait été provoqué par une fuite de gaz. Mes parents quant à eux, avaient voulu venir me chercher dans ma chambre voyant que j'avais trop peur pour descendre les escaliers moi-même. Les marches, fragilisées par les flammes, n'avaient pas résisté.
Rien que d'y repenser, j'en ai les larmes aux yeux. Je sors de mon lit et vais choisir une peluche sur mon étagère. Je prend celle en forme de panda, celle avec laquelle j'ai sauté de la fenêtre ce jour-là, et retourne dans mon lit. Je rabats la couverture sur moi, me roule en boule sous les draps et serre bien fort la peluche contre mon cœur. Aussi idiot que ça puisse paraître, ça m'apaise.
Je déteste me rappeler ça.
Me rappeler que si je suis orphelin, c'est peut-être parce que ce jour-là je n'ai pas su maîtriser ma peur du feu.
Fin
RAPPEL : Si vous voulez que j'écrive une fic sur une peur en particulier, faites-moi signe, je vous l'écrirait !(dans la mesure du possible bien sûr, mais « impossible » n'est pas Jeremiah !)
